Le GRAND PAPE, le GRAND MONARQUE et HENRI V de la CROIX, le NOUVEAU ROI de FRANCE
Inscrivez-vous afin de lire et répondre plus facilement Smile

Un journaliste interroge Maria Simma - âmes du purgatoire

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Un journaliste interroge Maria Simma - âmes du purgatoire

Message par lucienne1 le Lun 10 Déc - 22:45

1 - DIMANCHE EN AUTRICHE


Je débouche du tunnel Arlberg en direction ouest et me retrouve bientôt sur une autre autoroute qui me conduit vers Feldkirch, à l’extrémité occidentale de la province autrichienne du Vorarlberg. Si je devais aller plus loin, je traverserais bientôt la frontière pour entrer en Suisse ou dans la Principauté du Liechtenstein. Mais un panneau m’indique la sortie vers Grosseswalser et je tourne juste après Bludenz pour me diriger vers le nord par des routes de campagne.
Me voilà bientôt sur une voie escarpée et sinueuse qui serpente au flanc nord-ouest d’une magnifique vallée alpine. C’est un chemin tortueux qui se faufile à travers les sapins, surplombé ça et là de barrières métalliques qui le protègent des avalanches. À chaque courbe ou pente importante, des boîtes à couvercle remplies de splitt, un mélange de sable et de sel, rappellent la dureté des hivers que doivent endurer les fermiers à ces altitudes. Nous sommes au début du printemps et la neige a fondu, mais on distingue encore les marques d’érosion laissées par les masses d’eau qui ont dévalé ces pentes au cours des dernières semaines.
Chaque village que je traverse a en son centre une église, surmontée tantôt d’une flèche droite et très haute, tantôt d’un clocher rebondi en forme d’oignon de couleur rouille. Des deux côtés de la vallée, des vaches rousses, certaines portant de grandes cloches, s’accrochent aux pentes et broutent l’herbe naissante. Plus je monte, plus je pénètre dans la montagne. (Les citadins racontent parfois que les habitants qui vivent sur ces hauteurs ne peuvent descendre sur les terres plates de la vallée car ils ont une jambe beaucoup plus courte que l’autre ! ) Sur le bord de la route, les derniers crocus blancs ou mauves semblent fatigués de s’être frayé un chemin à travers les brindilles. Tout là-haut, au loin, on aperçoit la surface unie de prés d’un vert lichen couronnés d’une chaîne de pics calcaires ou graniteux qui abritent encore de la neige à l’ombre de leurs crevasses. Je continue mon ascension, suivant avec plaisir les routes bien dessinées des ingénieurs autrichiens.
Je croise des enfants qui rentrent de l’école, par petits groupes, portant des sacs à dos en peau de vache; leurs joues rouge pomme leur donnent à tous un air de famille. Un peu plus loin, c’est un autre village. Le panneau annonce: Sonntag.
Nous voici à « Dimanche », Autriche. Je prends un virage abrupt sur la gauche en direction de l’église. Ce dernier chemin est si escarpé que je dois passer en première. Il serait risqué de rencontrer ici un autre véhicule mais pourtant aucun panneau ne règle le droit de passage. La route contourne les murs du cimetière et, là-bas, nichée dans la pente, repose une petite maison confortable de style chalet.
C’est là que demeure Maria Simma.
Je sonne et j’entends bientôt sa voix chevrotante mais chaude et amicale: « Ja, kommen Sie nur rauf » (Oui, vous pouvez monter!). Un escalier raide m’amène jusqu’au porche situé au même niveau que le clocher de l’église.
Maria est petite et corpulente. Elle est coiffée d’un foulard coloré et, derrière ses lunettes, la clarté cristalline et la profondeur de ses yeux bleus révèlent immédiatement qu’elle a vu bien des choses au cours de ses quatre-vingt-trois ans. Sur un grand panneau de bois accroché à la porte d’entrée on peut lire ces vers, en langue allemande: « Wer bei mir Kritik und Korrektur betreiben will betrete meine Wohnung nicht, denn jeder hat in seinem Leben, auf sich selber acht su geben.» (Que celui qui veut me critiquer et me corriger n’entre pas chez moi, car chacun a dans sa propre vie de quoi s’occuper lui-même.) Traversant un petit corridor étroit et encombré, elle me fait passer du balcon ensoleillé à sa chambre située en arrière. Là, elle me présente une chaise bancale et s’assoit elle-même en poussant un soupir.
Partout où mon regard se pose je vois des images ou des statues de la Vierge Marie, de saint Michel Archange et de saint Joseph, et il y a au moins un crucifix dans chaque espace vide. Tout en parlant du temps splendide et de la multitude de pots sur le porche où elle cultive des fleurs et des herbes pour les revendre, je prépare mon magnétophone à cassettes. Il flotte une légère odeur de cuisine et de poulets que j’ai entendus en provenance de la cave en sortant de ma voiture. Lorsque l’appareil est prêt, je prends soin de lui expliquer que j’ai l’intention d’enregistrer notre conversation et je lui montre le microphone placé entre nous deux.
Je lui demande si elle est d’accord.

Oh oui, c’est très bien. Et pendant qu’on parle, je vais m’occuper. Est-ce que ça vous va ?

Maria se penche, tire deux boîtes de sous la table et les place devant elle. Elles semblent contenir des plumes.

Bien sûr, Maria; mais dites-moi, qu’est-ce que vous faites avec ça?

Ce sont des plumes de canards et ça, c’est le duvet que j’en retire. Vous voyez, quand j’en ai suffisamment, je le vends à une fabrique d’oreillers dans la vallée. Les fermiers d’ici m’apportent leurs volailles. Je les tue et les nettoie, et pour ça ils me laissent les abats et les plumes. Je fais cuire les abats pour les manger et je vends le duvet. C’est une bonne façon de m’occuper quand je dois parler aux gens pendant un certain temps, et d’après ce que vous m’avez dit, ça pourrait durer longtemps.

Eh bien, oui, j’ai beaucoup de questions; on peut tout simplement parler jusqu’à ce que l’un de nous deux soit fatigué. Vous êtes d’accord ?

Certainement.

Je voudrais d’abord vous remercier. Je suis sûr que bien des gens sont venus vous poser des questions, depuis le temps.

Oui, c’est vrai. Mais je le fais volontiers parce que je sais que beaucoup se sont rapprochés de Dieu à cause de ce que je peux leur dire. Alors, allez-y. Je répondrai à tout de mon mieux.

(Note de l’auteur: La discussion suivante résulte de visites par l’auteur chez Maria Simma, aujourd’hui âgée de 87 ans, plus de trente fois sur une période de cinq ans.)

lucienne1

Messages : 96
Date d'inscription : 18/11/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum