Le GRAND PAPE, le GRAND MONARQUE et HENRI V de la CROIX, le NOUVEAU ROI de FRANCE
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Pie XII (1876-1958) Pape et Âme Mystique

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Pie XII (1876-1958) Pape et Âme Mystique

Message par Her le Ven 24 Juin - 8:35

Pie XII
(09-10-1958)

Pie XII, 260e Pape, du 02 mars 1939 au 09 octobre 1958.

Devise 106 – « Pastor Angelicus » (Le pasteur angélique).
Le Pastor Angelicus est souvent évoqué dans des traditions populaires du Moyen-âge, présenté comme un Pasteur dont la sainteté angélique rayonnera sur l'Église et dont le zèle restaurera partout la vie chrétienne pour inaugurer le triomphe de Jésus sur le monde. Connu pour son ascétisme et une grande piété, Pie XII, né Eugène Pacelli ne semble pas être le Pasteur angélique dont parle les prophéties depuis le moyen âge.

Eugenio Pacelli, le futur Pape Pie XII, naquit le 2 mars 1876 à Rome, tout près du Vatican. Après cinq ans de théologie, il fut ordonné prêtre le 2 avril 1899, pour débuter une brillante carrière d’avocat à la Rote, guidée par son oncle, le cardinal Caterini. Diplomate, mêlé très tôt aux affaires de la Curie, secrétaire de Pie IX, il s’intéressa de près à tous les aspects du monde moderne, qu’il s’efforça de christianiser. Élu Pape en 1939, il proclama le dogme de l’Assomption de la Vierge Marie.

Le Pape Pie XII a aussi beaucoup parlé de la Mission divine de la France et de la Fin des Temps, dans ses discours. Il se révéla tout au long de son pontificat un grand ami, admirateur de la France, fille aînée de l’Eglise. Il en connaissait parfaitement toute son Histoire et les plus belles œuvres de la littérature française. Chaque jour, il lisait quelques pages de Bossuet dont il admirait le style et génie.

En 1936, le Pape Pie XI fut très malade, il attribua sa guérison à l’intervention de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Pour la remercier il envoya le Cardinal Pacelli comme légat, à l’inauguration de la grande basilique de Lisieux. Acclamé au cours de son voyage, le légat prononce un grand discours le 13 juillet 1937 dans la chaire de Notre-Dame de Paris, sur la vocation de la France » :

« Tandis que dans la majesté des fonctions liturgiques, entouré d'une foule immense qui manifestait sa foi enthousiaste et sa tendre dévotion, je célébrais au nom du Souverain Pontife l'inauguration de la basilique érigée en l'honneur de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, une inexprimable émotion m'envahissait le cœur d'une suavité si pénétrante que je ne voyais pas sans un mélancolique regret approcher le moment de m'éloigner de Lisieux où je venais de vivre ces heures inoubliables et vraiment célestes.

Mais voici que le parfum dont mon âme était toute embaumée me suivait, m'accompagnait au cours de mon voyage de retour à travers la luxuriante fécondité des plaines et des collines de France, de la douce terre de France, souriante dans la splendeur de sa parure d'été.

Et ce parfum m'accompagne encore ; il m'accompagnera désormais partout. Mais, à me trouver aujourd'hui en cette capitale de la grande nation, au cœur même de cette patrie, toute chargée des fruits de la terre, toute émaillée des fleurs du ciel, du sein de laquelle a germé, sous le soleil divin, la fleur exquise du Carmel, si simple en son héroïque sainteté, si sainte en sa gracieuse simplicité ; à me trouver ici en présence de toute une élite des fils et des filles de France, devant deux cardinaux qui honorent l'Église et la patrie, l'un pasteur dont la sagesse et la bonté s'emploient à garder la France fidèle à sa vocation catholique, l'autre, docteur, dont la science illustra naguère ici même cette glorieuse vocation, mon émotion redouble encore et la première parole qui jaillit de mon cœur à mes lèvres est pour vous porter à vous et, en vous, à tous les autres fils et filles de France, le salut, le sourire de la grande "petite sainte", flos campi et lilium convallium (Cant. 2,1), decor Carmeli (Is. 35,2) (3), messagère de la miséricorde et de la tendresse divines pour transmettre à la France, à l'Église, à tout le monde, à ce monde trop souvent vide d'amour, sensuel, pervers, inquiet, des effluves d'amour, de pureté, de candeur et de paix.

Mais ce n'est pas seulement le charme de Lisieux et de sa "petite fleur" qui me hante en ce moment, dans la chaire de cette cathédrale, c'est aussi l'impression que fait naître en moi cette cathédrale elle-même.

Comment dire, mes frères, tout ce qu'évoque en mon esprit, en mon âme, comme dans l'âme et dans l'esprit de tout catholique, je dirais même dans toute âme droite et dans tout esprit cultivé, le seul nom de Notre-Dame de Paris ! Car ici c'est l'âme même de la France, l'âme de la fille aînée de l'Église, qui parle à mon âme.

Âme de la France d'aujourd'hui qui vient dire ses aspirations, ses angoisses et sa prière ; âme de la France de jadis dont la voix, remontant des profondeurs d'un passé quatorze fois séculaire, évoquant les "Gesta Dei per Francos", parmi les épreuves aussi bien que parmi les triomphes, sonne aux heures critiques comme un chant de noble fierté et d'imperturbable espérance. Voix de Clovis et de Clotilde, voix de Charlemagne, voix de Saint Louis surtout, en cette île où il semble vivre encore et qu'il a parée, en la Sainte Chapelle, de la plus glorieuse et de la plus sainte des couronnes ; voix aussi des grands docteurs de l'Université de Paris, des maîtres dans la foi et dans la sainteté…

Leurs souvenirs, leurs noms inscrits sur vos rues, en même temps qu'ils proclament la vaillance et la vertu de vos aïeux, jalonnent comme une route triomphale l'histoire d'une France qui marche et qui avance en dépit de tout, d'une France qui ne meurt pas ! Oh ! Ces voix ! J'entends leur innombrable harmonie résonner dans cette cathédrale, chef-d’œuvre de votre génie et de votre amoureux labeur qui l'ont dressée comme le monument de cette prière, de cet amour, de cette vigilance, dont je trouve le symbole parlant en cet autel où Dieu descend sous les voiles eucharistiques, en cette voûte qui nous abrite tous ensemble sous le manteau maternel de Marie, en ces tours qui semblent sonder l'horizon serein ou menaçant en gardiennes vigilantes de cette capitale. Prêtons l'oreille à la voix de Notre-Dame de Paris.

Au milieu de la rumeur incessante de cette immense métropole, parmi l'agitation des affaires et des plaisirs, dans l'âpre tourbillon de la lutte pour la vie, témoin apitoyé des désespoirs stériles et des joies décevantes, Notre-Dame de Paris, toujours sereine en sa calme et pacifiante gravité, semble répéter sans relâche à tous ceux qui passent : "Orate, fratres", "Priez, mes frères" ; elle semble, dirais-je volontiers, être elle-même un "Orate fratres" de pierre, une invitation perpétuelle à la prière.

Nous les connaissons les aspirations, les préoccupations de la France d'aujourd'hui ; la génération présente rêve d'être une génération de défricheurs, de pionniers, pour la restauration d'un monde chancelant et désaxé ; elle se sent au coeur l'entrain, l'esprit d'initiative, le besoin irrésistible d'action, un certain amour de la lutte et du risque, une certaine ambition de conquête et de prosélytisme au service de quelque idéal.

Or si, selon les hommes et les partis, l'idéal est bien divers - et c'est le secret de tant de dissensions douloureuses -, l'ardeur de chacun est la même à poursuivre la réalisation, le triomphe universel de son idéal - et c'est, en grande partie, l'explication de l'âpreté et de l'irréductibilité de ces dissensions.

Mais ces aspirations mêmes que, malgré la grande variété de leurs manifestations, nous retrouvons à chaque génération française depuis les origines, comment les expliquer ? Inutile d'invoquer je ne sais quel fatalisme ou quel déterminisme racial. À la France d'aujourd'hui, qui l'interroge, la France d'autrefois va répondre en donnant à cette hérédité son vrai nom : la vocation.

Car, mes frères, les peuples, comme les individus, ont aussi leur vocation providentielle ; comme les individus, ils sont prospères ou misérables, ils rayonnent ou demeurent obscurément stériles, selon qu'ils sont dociles ou rebelles à leur vocation.

Fouillant de son regard d'aigle le mystère de l'histoire universelle et de ses déconcertantes vicissitudes, le grand évêque de Meaux écrivait : "Souvenez-vous que ce long enchaînement des causes particulières, qui font et qui défont les empires, dépend des ordres secrets de la Providence. Dieu tient du plus haut des cieux les rênes de tous les royaumes ; il a tous les cœurs en sa main ; tantôt il retient les passions ; tantôt il leur lâche la bride, et par là il remue tout le genre humain… C'est ainsi que Dieu règne sur tous les peuples. Ne parlons plus de hasard ni de fortune ; ou parlons-en seulement comme d'un nom dont nous couvrons notre ignorance" (Bossuet, Discours sur l'histoire universelle, 3° partie, chapitre Cool.

Le passage de la France dans le monde à travers les siècles est une vivante illustration de cette grande loi de l'histoire de la mystérieuse et pourtant évidente corrélation entre l'accomplissement du devoir naturel et celui de la mission surnaturelle d'un peuple.

Du jour même où le premier héraut de l'Évangile posa le pied sur cette terre des Gaules et où, sur les pas du Romain conquérant, il porta la doctrine de la Croix, de ce jour-là même, la foi au Christ, l'union avec Rome, divinement établie centre de l'Église, deviennent pour le peuple de France la loi même de sa vie. Et toutes les perturbations, toutes les révolutions, n'ont jamais fait que confirmer, d'une manière toujours plus éclatante, l'inéluctable force de cette loi.

L'énergie indomptable à poursuivre l'accomplissement de sa mission a enfanté pour votre patrie des époques mémorables de grandeur, de gloire, en même temps que de large influence sur la grande famille des peuples chrétiens. Et si votre histoire présente aussi ses pages tragiquement douloureuses, c'était aux heures où l'oubli des uns, la négation des autres, obscurcissaient, dans l'esprit de ce peuple, la conscience de sa vocation religieuse et la nécessité de mettre en harmonie la poursuite des fins temporelles et terrestres de la patrie avec les devoirs inhérents à une si noble vocation.

Et, néanmoins, une lumière resplendissante ne cesse de répandre sa clarté sur toute l'histoire de votre peuple ; cette lumière qui, même aux heures les plus obscures, n'a jamais connu de déclin, jamais subi d'éclipse, c'est toute la suite ininterrompue de saints et de héros qui, de la terre de France, sont montés vers le ciel. Par leurs exemples et par leur parole, ils brillent comme des étoiles au firmament, quasi stellae in perpetuas aeternitates (Dan. 12,3) pour guider la marche de leur peuple, non seulement dans la voie du salut éternel, mais dans son ascension vers une civilisation toujours plus haute et plus délicate.

Saint Remi qui versa l'eau du baptême sur la tête de Clovis ; Saint Martin, moine, évêque, apôtre de la Gaule ; Saint Césaire d'Arles ; ceux-là et tant d'autres, se profilent avec un relief saisissant sur l'horizon de l'histoire, dans cette période initiale qui, pour troublée qu'elle fût, portait cependant en son sein tout l'avenir de la France. Et, sous leur action, l'Évangile du Christ commence et poursuit, à travers tout le territoire des Gaules, sa marche conquérante, au cours d'une longue et héroïque lutte contre l'esprit d'incrédulité et d'hérésie, contre les défiances et les tracasseries de puissances terrestres, cupides et jalouses. Mais, de ces siècles d'effort courageux et patient, devait sortir enfin la France catholique, cette Gallia sacra, qui va de Louis, le saint roi, à Benoît-Joseph Labre, le saint mendiant ; de Bernard de Clairvaux, à François de Sales, à l'humble Curé d'Ars ; de Geneviève, la bergère de Nanterre, à Bernadette, l'angélique pastourelle de Lourdes ; de Jeanne d'Arc, la vierge guerrière, la sainte de la patrie, à Thérèse de l'Enfant-Jésus, la vierge du cloître, la sainte de la "petite voie".

La vocation de la France, sa mission religieuse ! Mes frères, mais cette chaire même ne lui rend-elle pas témoignage ? Cette chaire qui évoque le souvenir des plus illustres maîtres, orateurs, théologiens, moralistes, apôtres, dont la parole, depuis des siècles, franchissant les limites de cette nef, prêche la lumineuse doctrine de vérité, la sainte morale de l'Évangile, l'amour de Dieu pour le monde, les repentirs et les résolutions nécessaires, les luttes à soutenir, les conquêtes à entreprendre, les grandes espérances de salut et de régénération.

À monter, même pour une seule fois et par circonstance, en cette chaire après de tels hommes, on se sent forcément, j'en fais en ce moment l'expérience, bien petit, bien pauvre ; à parler dans cette chaire, qui a retenti de ces grandes voix, je me sens étrangement confus d'entendre aujourd'hui résonner la mienne.

Et malgré cela, quand je pense au passé de la France, à sa mission, à ses devoirs présents, au rôle qu'elle peut, qu'elle doit jouer pour l'avenir, en un mot, à la vocation de la France, comme je voudrais avoir l'éloquence d'un Lacordaire, l'ascétique pureté d'un Ravignan, la profondeur et l'élévation théologique d'un Monsabré, la finesse psychologique d'un Mgr d'Hulst avec son intelligente compréhension de son temps ! Alors, avec toute l'audace d'un homme qui sent la gravité de la situation, avec l'amour sans lequel il n'y a pas de véritable apostolat, avec la claire connaissance des réalités présentes, condition indispensable de toute rénovation, comme je crierais d'ici à tous les fils et filles de France : "Soyez fidèles à votre traditionnelle vocation ! Jamais heure n'a été plus grave pour vous en imposer les devoirs, jamais heure plus belle pour y répondre. Ne laissez pas passer l'heure, ne laissez pas s'étioler des dons que Dieu a adaptés à la mission qu'il vous confie ; ne les gaspillez pas, ne les profanez pas au service de quelque autre idéal trompeur, inconsistant ou moins noble et moins digne de vous ! "

Mais, pour cela, je vous le répète, écoutez la voix qui vous crie : "Priez, Orate, fratres !" Sinon, vous ne feriez qu'œuvre humaine, et, à l'heure présente, en face des forces adverses, l'œuvre purement humaine est vouée à la stérilité, c'est-à-dire à la défaite ; ce serait la faillite de votre vocation.

Oui, c'est bien cela que j'entends dans le dialogue de la France du passé avec la France d'aujourd'hui. Et Notre-Dame de Paris, au temps où ses murs montaient de la terre, était vraiment l'expression joyeuse d'une communauté de foi et de sentiments qui, en dépit de tous les différends et de toutes les faiblesses, inséparables de l'humaine fragilité, unissait tous vos pères en un "Orate, fratres" dont la toute-puissante douceur dominait toutes les divergences accidentelles. À présent, cet "Orate, fratres" la voix de cette cathédrale ne cesse pas de le répéter ; mais combien de cœurs dans lesquels il ne trouve plus d'écho ! Combien de cœurs pour lesquels il ne semble plus être qu'une provocation à renouveler le geste de Lucifer dans l'orgueilleuse ostentation de leur incrédulité ! Cette voûte sous laquelle s'est manifestée en des élans magnifiques l'âme de la France d'autrefois et où, grâce à Dieu, se manifestent encore la foi et l'amour de la France d'aujourd'hui ; cette voûte qui, il y a sept siècles, joignait ses deux bras vers le ciel comme pour y porter les prières, les désirs, les aspirations d'éternité de vos aïeux et les vôtres, pour recevoir et vous transmettre en retour la grâce et les bénédictions de Dieu ; cette voûte sous laquelle en un temps de crise, l'incrédulité, dans son orgueil superbe, a célébré ses éphémères triomphes par la profanation de ce qu'il y a de plus saint devant le ciel ; cette voûte, mes frères, contemple aujourd'hui un monde qui a peut-être plus besoin de rédemption qu'en aucune autre époque de l'histoire et qui, en même temps, ne s'est jamais cru plus capable de s'en passer.

Aussi, tandis que je considère cet état de choses et la tâche gigantesque qui, de ce chef, incombe à la génération présente, je crois entendre ces pierres vénérables murmurer avec une pressante tendresse l'exhortation à l'amour ; et moi-même, avec le sentiment de la plus fraternelle affection, je vous la redis, à vous qui croyez à la vocation de la France : "Mes frères, aimez !" "Amate, fratres !"

Tout ce monde qui s'agite au dehors, et dont le flot, comme celui d'une mer déchaînée, vient battre incessamment de son écume de discordes et de haine les rives tranquilles de cette cité, de cette île consacrée à la Reine de la paix, Mère du bel amour ; ce monde-là, comment trouvera-t-il jamais le calme, la guérison, le salut, si vous-mêmes, qui, par une grâce toute gratuite, jouissez de la foi, vous ne réchauffez pas la pureté de cette foi personnelle à l'ardeur irrésistible de l'amour, sans lequel il n'est point de conquête dans le domaine de l'esprit et du cœur ? Un amour qui sait comprendre, un amour qui se sacrifie et qui, par son sacrifice, secourt et transfigure ; voilà le grand besoin, voilà le grand devoir d'aujourd'hui. Sages programmes, larges organisations, tout cela est fort bien ; mais, avant tout, le travail essentiel est celui qui doit s'accomplir au fond de vous-mêmes, sur votre esprit, sur votre cœur, sur toute votre conduite. Celui-là seul qui a établi le Christ roi et centre de son cœur, celui-là seul est capable d'entraîner les autres vers la royauté du Christ. La parole la plus éloquente se heurte aux cœurs systématiquement défiants et hostiles. L'amour ouvre les plus obstinément fermés.

Que d'hommes n'ont perdu la foi au Père qui est dans les cieux que parce qu'ils ont perdu d'abord la confiance dans l'amour de leurs frères qui sont sur la terre, même de ceux qui font profession de vie chrétienne ! Le réveil de ces sentiments fraternels et la claire vue de leurs relations avec la doctrine de l'Évangile reconduiront les fils égarés à la maison du Père.

Au malheureux gisant sur la route, le corps blessé, l'âme plus malade encore, on n'aura que de belles paroles à donner et rien qui fasse sentir l'amour fraternel, rien qui manifeste l'intérêt que l'on porte même à ses nécessités temporelles, et l'on s'étonnera de le voir demeurer sourd à toute cette rhétorique ! Qu'est-elle donc, cette foi qui n'éveille au cœur aucun sentiment qui se traduise par des œuvres ? Qu'en dit Saint Jean, l'apôtre et l'évangéliste de l'amour ? "Celui qui jouit des biens de ce monde et qui, voyant son frère dans le besoin, ne lui ouvre pas tout grand son cœur, à qui fera-t-on croire qu'il porte en lui l'amour de Dieu ?" (1 Jn 3,17).

La France catholique qui a donné à l'Église, à l'humanité tout entière un Saint Vincent de Paul et tant d'autres héros de la charité, ne peut pas ne pas entendre ce cri : "Amate, fratres !" Et elle sait que les prochaines pages de son histoire, c'est sa réponse à l'appel de l'amour qui les écrira.

À sa fidélité envers sa vocation, en dépit de toutes les difficultés, de toutes les épreuves, de tous les sacrifices, est lié le sort de la France, sa grandeur temporelle aussi bien que son progrès religieux. Quand j'y songe, de quel cœur, mes frères, j'invoque la Providence divine, qui n'a jamais manqué, aux heures critiques, de donner à la France les grands cœurs dont elle avait besoin, avec quelle ardeur je lui demande de susciter aujourd'hui en elle les héros de l'amour, pour triompher des doctrines de haine, pour apaiser les luttes de classes, pour panser les plaies saignantes du monde, pour hâter le jour où Notre-Dame de Paris abritera de nouveau sous son ombre maternelle tout son peuple, pour lui faire oublier comme un songe éphémère les heures sombres où la discorde et les polémiques lui voilaient le soleil de l'amour, pour faire résonner doucement à son oreille, pour graver profondément dans son esprit la parole si paternelle du premier Vicaire de Jésus-Christ : "Aimez-vous les uns les autres d'une dilection toute fraternelle, dans la simplicité de vos coeurs" "In fraternitatis amore, simplici ex corde invicem diligite !" (1 P 1,22).

Ce que je connais, mes frères, de ce pays et de ce peuple français, des directions que lui donnent ses chefs religieux et de la docilité du grand nombre des fidèles ; ce que m'apprennent les écrits des maîtres catholiques de la pensée, les rapports des Congrès et Semaines où les problèmes de l'heure présente sont étudiés à la lumière de la foi divine ; ce que je constate aussi de l'idéalisme avec lequel la jeunesse croyante de la France s'intéresse à la question capitale du prolétariat et à sa solution juste et chrétienne, tout cela certes me remplit d'une ferme confiance que cette même jeunesse, grâce à la rectitude de sa bonne volonté, à son esprit de dévouement et de sacrifice, à sa charité fraternelle, si noble en ses intentions, si loyale en ses efforts, cheminera toujours par les voies droites et sûres. Aussi, loin de moi de douter jamais de si saintes dispositions ; mais, à la généreuse ardeur de la jeune France vers la restauration de l'ordre social chrétien, Notre-Dame de Paris, témoin au cours des siècles passés de tant d'expériences, de tant de désillusions, de tant de belles ardeurs tristement fourvoyées, vous adresse, après son exhortation à l'amour : - "Amate, fratres !" - son exhortation à la vigilance, exhortation empreinte de bonté maternelle, mais aussi de gravité et de sollicitude : "Veillez, mes frères ! Vigilate, fratres ! "

Vigilate ! C'est qu'il ne s'agit plus aujourd'hui, comme en d'autres temps, de soutenir la lutte contre des formes déficientes ou altérées de la civilisation religieuse et la plupart gardant encore une âme de vérité et de justice héritée du christianisme ou inconsciemment puisée à son contact ; aujourd'hui, c'est la substance même du christianisme, la substance même de la religion qui est en jeu ; sa restauration ou sa ruine est l'enjeu des luttes implacables qui bouleversent et ébranlent sur ses bases notre confinent et avec lui le reste du monde.

Le temps n'est plus des indulgentes illusions, des jugements édulcorés qui ne voulaient voir dans les audaces de la pensée, dans les errements du sens moral qu'un inoffensif dilettantisme, occasion de joutes d'écoles, de vains amusements de dialecticiens. L'évolution de ces doctrines, de ces principes touche à son terme ; le courant, qui insensiblement a entraîné les générations d'hier, se précipite aujourd'hui et l'aboutissement de toutes ces déviations des esprits, des volontés, des activités humaines, c'est l'état actuel, le désarroi de l'humanité, dont nous sommes les témoins, non pas découragés, certes ! Mais épouvantés.

Une grande partie de l'humanité dans l'Europe actuelle est, dans l'ordre religieux, sans patrie, sans foyer. Pour elle, l'Église n'est plus le foyer familial ; Dieu n'est plus le Père ; Jésus-Christ n'est plus qu'un étranger. Tombé des hauteurs de la révélation chrétienne, d'où il pouvait d'un coup d'œil contempler le monde, l'homme n'en peut plus voir l'ordre dans les contrastes de sa fin temporelle et éternelle ; il ne peut plus entendre et goûter l'harmonie en laquelle viennent se résoudre paisiblement les dissonances. Quel tragique travail de Sisyphe que celui qui consiste à poursuivre la restauration de l'ordre, de la justice, de la félicité terrestre, dans l'oubli ou la négation même des relations essentielles et fondamentales !

Quelle désillusion amère, quelle douloureuse ironie que la lecture des fastes de l'humanité dans laquelle les noms de ceux que, tour à tour, elle a salués comme des précurseurs, des sauveurs, les maîtres de la vie, les artisans du progrès - et qui parfois le furent à certains égards - apparaissent aujourd'hui comme les responsables, inconscients peut-être, des crises dont nous souffrons, les responsables d'un retour, après vingt siècles de christianisme, à un état de choses, à certains égards, plus obscur, plus inhumain que celui qui avait précédé !

Une organisation économique gigantesque a étonné le monde par le fantastique accroissement de la production, et des foules immenses meurent de misère en face de ces producteurs qui souffrent souvent d'une détresse non moins grande, faute de la possibilité d'écouler l'excès monstrueux de leur production. Une savante organisation technique a semblé rendre l'homme définitivement maître des forces de la nature et, dans l'orgueil de sa vie, devant les plus sacrées lois de la nature, l'homme meurt de la fatigue et de la peur de vivre et, lui qui donne à des machines presque l'apparence de la vie, il a peur de transmettre à d'autres sa propre vie, si bien que l'ampleur toujours croissante des cimetières menace d'envahir de tombes tout le sol laissé libre par l'absence des berceaux.

À tous les maux, à toutes les crises, peuvent s'opposer les projets de solution les plus divers, ils ne font que souligner l'impuissance, tout en suscitant de nouveaux antagonismes qui dispersent les efforts. Et ces efforts ont beau s'intensifier jusqu'au sacrifice total de soi-même, pour la réalisation d'un programme pour le salut de la communauté, la disproportion entre le vouloir et le pouvoir humains, entre les plans les plus magnifiques et leur réalisation, entre la fin que l'on poursuit et le succès que l'on obtient, va toujours s'accentuant. Et tant d'essais stériles et malheureux n'aboutissent en fin de compte qu'à exaspérer toujours davantage ceux qui sont las d'expériences vaines et qui réclament impérieusement, farouchement parfois et avec menaces, de vivre et d'être heureux.

Vigilate ! Eh ! Oui, il en est tant qui, pareils aux apôtres à Gethsémani, à l'heure même où leur Maître allait être livré, semblent s'endormir dans leur insouciance aveugle, dans la conviction que la menace qui pèse sur le monde ne les regarde pas, qu'ils n'ont aucune part de responsabilité, qu'ils ne courent aucun risque dans la crise où l'univers se débat avec angoisse. Quelle illusion ! Ainsi jadis, sur le mur du palais où Balthasar festoyait, la main mystérieuse écrivait le Mane, Thécel, Pharès. Encore Balthasar eut-il la prudence et la curiosité d'interroger Daniel, le prophète de Dieu ! Combien aujourd'hui n'ont même pas cette prudente curiosité ! Combien restent sourds et inertes à l'avertissement du Christ à ses apôtres : "Vigilate et orate ut non intretis in tentationem !".

Vigilate ! Et pourtant l'Église, répétant la parole même du Christ, les avertit. Depuis les derniers règnes surtout, les avertissements se sont faits plus précis ; les encycliques se succèdent ; mais à quoi bon les avertissements, les cris d'alarme, la dénonciation documentée des périls menaçants, si ceux-là mêmes qui, régulièrement et correctement assis au pied de la chaire, en entendent passivement la lecture, s'en retournent chez eux continuer tranquillement leur habituel train de vie sans avoir rien compris ni du danger commun ni de leur devoir en face du danger !

Vigilate ! Ce n'est pas aux seuls insouciants que ce cri s'adresse. Il s'adresse aussi à ces esprits ardents, à ces cœurs généreux et sincères, mais dont le zèle ne s'éclaire pas aux lumières de la prudence et de la sagesse chrétiennes. Dans l'impétueuse fougue de leurs préoccupations sociales, ils risquent de méconnaître les frontières au-delà desquelles la vérité cède à l'erreur, le zèle devient fanatisme et la réforme opportune passe à la révolution. Et quand, pour mettre l'ordre et la lumière dans cette confusion, le Vicaire de Jésus-Christ, quand l'Église, en vertu de sa mission divine, élève la voix sur les grandes questions du jour, sur les problèmes sociaux, faisant la part du vrai et du faux, du licite et de l'illicite, elle n'entend favoriser ni combattre aucun camp ou parti politique, elle n'a rien d'autre en vue que la liberté et la dignité des enfants de Dieu ; de quelque côté qu'elle rencontre l'injustice, elle la dénonce et la condamne ; de quelque côté qu'elle découvre le bien elle le reconnaît et le signale avec joie. Mais il est une chose qu'elle exige de tous ses enfants, c'est que la pureté de leur zèle ne soit pas viciée par des erreurs, admises sans doute de bonne foi et dans la meilleure intention du monde, mais qui n'en sont pas moins dangereuses en fait et qui, en fin de compte, viennent tôt ou tard à être attribuées non seulement à ceux qui les tiennent, mais à l'Église elle-même. Malheur à qui prétendrait faire pactiser la justice avec l'iniquité, concilier les ténèbres avec la lumière ! "Quae enim participatio justitiae cum iniquitate ? Aut quae societas luci ad tenebras ? " (2 Co 6,14.) (Cool.

C'est aux heures de crises, mes frères, que l'on peut juger le cœur et le caractère des hommes, des vaillants et des pusillanimes. C'est à ces heures qu'ils donnent leur mesure et qu'ils font voir s'ils sont à la hauteur de leur vocation, de leur mission.

Nous sommes à une heure de crise. À la vue d'un monde qui tourne le dos à la croix, à la vraie croix du Dieu crucifié et rédempteur, d'un monde qui délaisse les sources d'eau vive pour la fange des citernes contaminées ; à la vue d'adversaires, dont la force et l'orgueilleux défi ne le cèdent en rien au Goliath de la Bible, les pusillanimes peuvent gémir d'avance sur leur inévitable défaite ; mais les vaillants, eux, saluent dans la lutte l'aurore de la victoire ; ils savent très bien leur faiblesse, mais ils savent aussi que le Dieu fort et puissant, Dominus fortis et potens, Dominus potens in praelio (Ps 23,Cool se fait un jeu de choisir précisément la faiblesse pour confondre la force de ses ennemis. Et le bras de Dieu n'est pas raccourci ! Ecce non est abbreviata manus Domini ut salvare nequeat (Is. 59,1).

Dans un instant, quand, debout à l'autel, j'élèverai vers Dieu la patène avec l'hostie sainte et immaculée pour l'offrir au Père éternel, je lui présenterai en même temps la France catholique avec l'ardente prière que, consciente de sa noble mission et fidèle à sa vocation, unie au Christ dans le sacrifice, elle lui soit unie encore dans son œuvre d'universelle rédemption.

Et puis, de retour auprès du trône du Père commun pour lui faire part de tout ce que j'aurai vu et éprouvé sur cette terre de France, oh ! Comme je voudrais pouvoir faire passer dans son cœur si aimant, pour le faire déborder de joie et de consolation, mon inébranlable espérance que les catholiques de ce pays, de toutes classes et de toutes tendances, ont compris la tâche apostolique que la Providence divine leur confie, qu'ils ont entendu la voix de Notre-Dame de Paris qui leur chante l'Orate, l'Amate, le Vigilate, non comme l'écho d'un "hier" évanoui, mais comme l'expression d'un "aujourd'hui" croyant, aimant et vigilant, comme le prélude d'un “ demain ” pacifié et béni.

Ô Mère céleste, Notre Dame, vous qui avez donné à cette nation tant de gages insignes, de votre prédilection, implorez pour elle votre divin Fils ; ramenez-la au berceau spirituel de son antique grandeur, aidez-la à recouvrer, sous la lumineuse et douce étoile de la foi et de la vie chrétienne, sa félicité passée, à s'abreuver aux sources où elle puisait jadis cette vigueur surnaturelle, faute de laquelle les plus généreux efforts demeurent fatalement stériles, ou tout au moins bien peu féconds ; aidez-la aussi, unie à tous les gens de bien des autres peuples, à s'établir ici-bas dans la justice et dans la paix, en sorte que, de l'harmonie entre la patrie de la terre et la patrie du ciel, naisse la véritable prospérité des individus et de la société tout entière.

"Mère du bon conseil", venez au secours des esprits en désarroi devant la gravité des problèmes qui se posent, des volontés déconcertées dans leur impuissance devant la grandeur des périls qui menacent ! "Miroir de justice", regardez le monde où des frères, trop souvent oublieux des grands principes et des grands intérêts communs qui les devraient unir, s'attachent jusqu'à l'intransigeance aux opinions secondaires qui les divisent ; regardez les pauvres déshérités de la vie, dont les légitimes désirs s'exaspèrent au feu de l'envie et qui parfois poursuivent des revendications justes, mais par des voies que la justice réprouve ; ramenez-les dans l'ordre et le calme, dans cette tranquillitas ordinis qui seule est la vraie paix !

Regina pacis ! Oh ! Oui ! En ces jours où l'horizon est tout chargé de nuages qui assombrissent les cœurs les plus trempés et les plus confiants, soyez vraiment au milieu de ce peuple qui est vôtre la “Reine de la Paix” ; écrasez de votre pied virginal le démon de la haine et de la discorde ; faites comprendre au monde, où tant d'âmes droites s'évertuent à édifier le temple de la paix, le secret qui seul assurera le succès de leurs efforts : établir au centre de ce temple le trône royal de votre divin Fils et rendre hommage à sa loi sainte, en laquelle la justice et l'amour s'unissent en un chaste baiser, "justitia et pax osculatae sunt" (Ps 74,11) (12).

Et que par vous la France, fidèle à sa vocation, soutenue dans son action par la puissance de la prière, par la concorde dans la charité, par une ferme et indéfectible vigilance, exalte dans le monde le triomphe et le règne du Christ Prince de la paix, Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Amen ! ».

Déjà à Budapest, le 5 mai 1938, le Cardinal Pacelli annonçait :

« En face de nous (l’Eglise catholique) se dresse le lugubre front des sans-Dieu, brandissant, contre le ciel et contre tout ce que nous avons de plus sacré, le poing fermé de l’Antéchrist ».

Le 13 juillet 1939, peu de temps avant d’être élu pape, il proclamait :

« Depuis le jour même où le premier héraut de l’Evangile posa le pied sur les Gaules, la foi en Christ et l’union avec Rome, centre le l’Eglise, constitue pour la France la loi même de sa vie ».

En 1940, il annonçait :

« Nous croyons que l’heure présente est une phase solennelle de l’histoire prédite par le Christ ».

Le 02 juin 1942, il annonçait :

« N'en doutez pas, Dieu a marqué le temps où rentreront dans l’église beaucoup d'esprits et de coeurs... Ce jour doit venir et il viendra, car les paroles de Dieu doivent s'accomplir jusqu'au dernier mot ».

Le Mercredi Saint 1946, il disait :

« Répandre sur le monde la vérité, la justice, la bonté, l’amour dans la lumière, telle est la noble mission de la France ».

Et encore dans la même année 1946, il annonçait :

« Les vingt prochaines années n’auront pas de parallèle dans l’histoire de l’Eglise ».

L’année suivante, en 1947, il ajoutait :

« Il faut que les hommes se préparent à affronter des épreuves comme l’humanité n’en a jamais connu ».

Dans l’« Osservatore Romano » n° 74 du 29 et 30 mars 1948 (page 1, colonne 1), nous trouvons cet extrait de l’Allocution pontificale du saint jour de Pâques prononcée le 28 mars 1948 :

« En cette année d’anxiété et de périls, en cette veille d’évènements mondiaux peut-être définitifs ou irréparables, se pose sur cette multitude croyante, pareil à une ombre pesante, un sentiment d’attente, qui émeut tous les esprits et tous les cœurs. Qui n’est pas aveugle le voit ; qui n’est pas spirituellement engourdi le sent… Rome, disons-nous, se trouve à un tournant des temps qui exige du chef et de ses membres de la chrétienté une souveraine vigilance et infatigable action. Veillez et priez. Ainsi le Seigneur avertissait-il les disciples à la veille de sa Passion. Veillez et priez, c’est le cri que nous vous lançons au nom du Rédempteur ressuscité, à vous et à vos concitoyens, à tous les fidèles du monde. La grande heure de la conscience chrétienne a sonné ».

Et en 1950, il rappelait :

« Il semble que les ténèbres soient sur le point de tomber sur le monde ».

Enfin, au cours de l’année 1951, il disait :

« L’humanité est en proie à une crise suprême ».

Lors d’une allocution radiophonique, du 10 février 1952, il commentait l’Epître de Saint Paul au Romains en lui donnant un sens eschatologique actuel :

« Il est temps de répéter avec l’apôtre : Voici l’heure de nous réveiller de notre sommeil, parce que notre salut est tout proche ! »

Lors d’un autre message radiodiffusé à la jeunesse féminine de l’Action Catholique, le 03 décembre 1954, il parlait encore du jour où Jésus-Christ doit régner sur le monde :

« Nous avons la ferme confiance qu’en un délai peut-être inférieur à ce qui serait humainement possible », « non sans une aide toute spéciale de Dieu », grâce à « une nouvelle et mystérieuse effusion de l’Esprit-Saint ».

Aux enseignants, le 04 novembre 1955, il disait :

« Nous avons la ferme confiance que Dieu prépare à son Eglise un nouveau printemps ».

Le 25 juin 1956, ce fût le brûlant appel – « Un flambeau dans nos ténèbres. » - dont l’extrait qui suit prouve que Dieu n’a pas rompu le pacte de la Nouvelle Alliance :

« … Levez donc les yeux, fils bien aimés, dignes représentants d’une nation qui se glorifie du titre de Fille aînée de l’Eglise et regardez les grands exemples qui vous ont précédés ».

« … S’il arrive que souffle au-dehors le vent mauvais, si le mensonge, la cupidité, l’incompréhension trament le mal, s’il vous semble même devenir victime à votre tour, regardez vos héros réhabilités, vos cathédrales reconstruites et vous vous convaincrez une fois de plus que toujours la dernière victoire est celle de la foi, de la sainte foi que rien ne peut abattre et dont l’Eglise catholique est l’unique dépositaire ».

« … Et s’il peut sembler un moment que triomphe l’iniquité, le mensonge et la corruption, il vous suffira de faire silence quelques instants et de lever les yeux au ciel pour imaginer les légions de Jeanne d’Arc qui reviennent, bannières déployées, pour sauver la patrie et pour sauver la foi ».

Lors de son fantastique message radiophonique de Pâques 1957, aujourd’hui totalement oublié voire méconnu, le Pape Pie XII s’exprimait déjà en des termes d’une clarté absolue sur la proximité de la venue de Notre Seigneur pour nos temps :

« Viens, Jésus, Notre Seigneur ! L’humanité n’a pas la force d’enlever l’obstacle qu’elle a placé elle-même, en essayant d’empêcher ton Retour. Envoie ton Ange, ô Seigneur, et fais que notre nuit devienne lumineuse comme le jour. Combien d’âmes se consument de désir pour le jour où Tu vivras et règneras seul dans les cœurs ! Viens, Seigneur, Jésus ! Il y a tant de signes que ton Retour n’est pas loin ! Ô Marie, toi qui L’as vu ressuscité, toi qui avec la première apparition de Jésus as vu se terminer l’inénarrable angoisse de la nuit de la Passion, Marie, à Toi nous offrons les prémices de ce Jour. Vers Toi, Epouse de l’Esprit Saint, se tournent notre cœur et notre espérance ».

Aux jeunes, quelques mois avant sa mort, le 19 mars 1958, il disait encore :

« L'été est proche... L'été viendra, mes chers fils, et il viendra riche de moissons abondantes... Dieu, qui a permis ce sombre hiver, tient en réserve pour le monde un été lumineux… Nous sommes à un printemps de l’Histoire… qui précède l’un des étés les plus fructueux ».

* *
*

Sous le titre, « Les Prophéties du Pape Pie XII », Belvefer qui s’avoue lui-même franchement hérétique, a fait paraître en 1988 une série de prédictions qu'il prétendait tenir de Pie XII. Ce silence de trente ans qui peut paraître suspect, car après trente ans, comment démêler la pensée du pontife et celle de son biographe ? Voici ces prophéties telles que nous les découvrons dans cet ouvrage :

« En l'an 2007, les fruits, si l'on peut dire, du palier 1986-1990 seront mûrs, et l'humanité abordera une période agitée, dangereuse, très dangereuse, dominée par la menace cataclysmique mondiale. Pour le Très Saint-Père, l'année 2007 est très importante pour la France et il faut regarder vers elle ».

« Les terrorismes intellectuels, d’où qu’ils viennent, sont aussi mortels que les terrorismes physiques ; ils ne servent, les uns comme les autres, que de sordides intérêts particuliers, jamais l’intérêt général ».

« Ne pouvant que rarement s’élever au-dessus des passions, sensible qu’elle est aux pressions de l’opinion et des puissants du moment, la justice humaine ne peut être qu’imparfaite, voire injuste maintes fois ».

« Jésus est venu nous enseigner le pardon. Nous ne saurions prêcher une autre loi ».

« D’aucuns, lucides mais partiaux, suivis de beaucoup d’autres, moutonniers ou mercenaires, oublieront que la vengeance attire la vengeance, et prépareront immanquablement les drames futurs ».

« La licence des moeurs atteindra son apogée dans les années 1980. De nouvelles maladies vénériennes, terribles, apparaîtront ».

« La première apocalypse sera le feu nucléaire si l’humanité n’y prend garde ».

« L’ordinateur est une merveilleuse machine, pourvu que l’homme n’en devienne point l’esclave ».

« En matière de démographie, l’histoire se répète. D’abord, par nécessité, les peuples travaillent, grandissent, prospèrent; puis, à partir d’un certain degré d’aisance, ils se laissent aller, régressent, goûtent les délices de Capoue.
L’intérêt particulier l’emportant alors sur l’intérêt général, ils meurent, phagocytés par des peuples moins avancés, frustes et affamés. La rapidité de leur disparition est proportionnelle à leur densité démographique résiduelle, à leur richesse, les peuples s’amollissant en fonction de leur degré de fortune ».

« Le sort des races blanches d’Occident se jouera à la fin de ce siècle, et ce démographiquement. Ces races ne sont sans doute pas supérieures aux autres génétiquement, mais en raison du rôle prééminent qu’elles ont tenu, depuis près de quatre millénaires, dans l’évolution générale des civilisations, leur déclin pèsera lourdement sur l’avenir de l’humanité, et nos hommes politiques en seront responsables s’ils n’ont rien fait à temps pour enrayer la chute des naissances ».

« Le libre arbitre est un don de Dieu fait à l’homme pour le responsabiliser et pour prix de son intelligence. Toutefois, nous reconnaissons que ce libre-arbitre individuel est limité, canalisé et orienté par les contraintes inhérentes à toute société humaine ».

« Une propagande insidieuse, minant les valeurs les plus sûres et les plus sacrées de l’humanité, défera les nations ».

« Les errements politiques sont tels que les vérités et les valeurs les plus fondamentales changent avec les régimes ».

« Avec l’atome, l’homme joue à l’apprenti sorcier, il y risque son propre devenir, car jamais il n’aura la maîtrise parfaite de cette énergie fondamentale. En revanche, il maîtrisera l’énergie solaire, par voie spatiale, au XXIème siècle ».

« L’homme est une créature sociale, certes, mais discipline et objectivité ne sont pas ses qualités premières ».

« L’homme a des droits et des devoirs. Le juste équilibre entre les uns et les autres définit et donne la vraie liberté ».

« Sur le plan matériel, l’âme s’exprime par le truchement du corps physique. D’où la nécessité d’un organisme en bonne santé. Le plus doué des virtuoses ne pourra rien s’il ne dispose que d’un violon fêlé ».

« Une âme saine réclame un corps sain, cela se sait depuis longtemps. Le respect de la vie conditionne l’avenir de l’humanité, c’est évident, et il ne saurait y avoir de vie digne de ce nom sans ce souci. La thèse de la “guenille corporelle” est une hérésie pure et simple ».

« Une fraction de la jeunesse sera corrompue par les facilités mêmes que lui accorde si largement l’éducation dite moderne ».

« Le travail n’est peut-être pas le propre de l’homme, mais il en constitue, en tout cas, après la prière, l’élément régénérateur ».

« Notre vie terrestre est brève ; ne la gaspillons pas en actions négatives ou futiles, car nous en sommes comptables ».

« L’Église vivra des temps difficiles, subissant les effets néfastes de l’ambiance décadente de cette fin d’époque, de l’aggiornamento qui s’annonce, nécessaire, mais sera mal compris. Le clergé s’appauvrira sur tous les plans et sera troublé. Profitant de ce climat malsain et de ces incertitudes, les sectes prospéreront. Mais cette grave involution mourra avec le siècle. Le XXIème siècle, malgré la présence du premier Antéchrist, malgré l’affaiblissement de l’Occident, tant matériellement que moralement; verra se produire une véritable résurrection de la foi et de l’Église rénovée. Le matérialisme le cédera au spirituel. Les valeurs morales, tant dénigrées, retrouveront leur place première. L’humanité reprendra alors sa marche bien longue et malaisée vers la lumière ».

« Il est licite, souhaitable même que la science tente de percer les secrets de la Vie dans le but d’améliorer la santé humaine, mais que le biologiste se garde de prétendre se substituer au Créateur pour modifier aveuglément les lois de la génétique, les conséquences en seraient effrayantes ».

« La France : Après une période de dix années de prospérité et de prestige retrouvé, la France, que nous aimons paternellement, retournera à ses jeux politiques favoris, à ses obsessions destructrices. Une succession de gouvernements faibles, laxistes, démagogues, laisseront se désagréger le sentiment national et les valeurs élémentaires. Une réaction brutale des forces vives et populaires du pays mettra fin à cette déliquescence voulue par certains, tolérée par d’autres. Pour ne pas sombrer, la France changera de régime sans douceur ».

« Les Etats-Unis : Ce grand peuple, fondamentalement religieux malgré les excès et déviations que nous connaissons, n’a pas toujours les dirigeants qu’il mérite. Les lobbies ou groupes de pression gouvernent en fait le pays, tenant le Président et les Assemblées sous leur coupe, ce qui explique d’ailleurs les maladresses trop fréquentes de la politique étrangère de cette démocratie première, l’un des piliers de l’équilibre mondial. Ce rôle primordial exigera, pour s’affirmer, une doctrine autre que celle du dollar. Le mercantilisme à lui seul, et à long terme, ne saurait régenter le monde. Mais la nation américaine réagira à temps, corrigera partiellement ses concepts politico-économiques bornés, et les USA aborderont finalement le troisième millénaire dans des conditions favorables, confortés par leurs avancées spatiales - quoique talonnés par les Soviétiques dans ce domaine - et malgré de graves problèmes raciaux et financiers ».

« La Russie : Rien ne se produira de notable, en U.R.S.S., avant la fin de la gérontocratie, c’est-à-dire avant le début de l’année 1985. Les relativement jeunes dirigeants de la nouvelle vague nourriront véritablement des intentions libérales ; ils penseront même à rendre une relative liberté, un partiel droit à disposer d’eux-mêmes (moyennant une neutralité strictement contrôlée et des relations privilégiées) à leurs satellites, dont l’orbite est fortement perturbée par l’asservissement au suzerain russe. Mais ce ne seront là, dans un premier temps, que velléités, car le système soviétique est si fragile qu’il risque l’écroulement au moindre signe de faiblesse. Pourtant, cette libéralisation sera en marche, le levain de la liberté fermentera, et une aube nouvelle se lèvera à l’Est. Du nouveau à l’Est puisque, à la fin de ce siècle, la réunification des deux Allemagnes sera en bonne voie, toujours sous condition de neutralité, ce qui n’ira d’ailleurs pas sans conséquences pour toute l’Europe. La première décennie du XXIème siècle verra s’amorcer, en URSS, de profonds changements de structure, l’empire se trouvant menacé de fractures par les pressions conjuguées de ses multiples composantes. Le communisme doctrinal le cédera dès lors, peu à peu, à un réformisme pragmatique ».

« La Chine : Le peuple chinois ne sera jamais vraiment marxiste. Après vingt années d’errements, de folie, la Chine reviendra progressivement à sa sagesse millénaire. Son alliance avec le Japon, à la fin du siècle, changera véritablement la face du monde, dont le pôle économique et politique basculera de l’Atlantique vers le Pacifique, et marquera la prééminence des races jaunes sur les autres ».

« L’Afrique : À l’instar de l’Amérique du Sud, l’Afrique recherchera longtemps son équilibre. Dans un premier temps, la décolonisation en marche ne lui apportera ni la liberté, ni la prospérité attendue, mais au contraire une régression due à des régimes inexpérimentés, parfois sanguinaires, avec pour corollaire une extension de la famine et de la maladie. Les pays développés seront bien inspirés en leur apportant des techniques et du savoir-faire plutôt que de simples dons ou secours, salvateurs dans l’immédiat mais démobilisateurs à terme. Car le plus grand danger qui menace ce continent, c’est l’explosion démographique sans compensation alimentaire ».

« Le Moyen-Orient : Par l’affrontement israélo-arabe, le Moyen-Orient connaîtra l’enfer. Massacres, destructions, souffrances sans nom, tribulations de tout un peuple. Cet état de guerre permanent nous vaudra de surcroît le réveil exacerbé d’un islamisme redoutable pour les valeurs occidentales. Et la force, malgré les sacrifices consentis et les sommes colossales englouties, ne résoudra pas le problème. Pour sortir de l’impasse, la seule chance, le seul espoir, avant qu’il ne soit trop tard, seront les réelles possibilités de négociations qui se présenteront durant les années 1986-1990 aux responsables des deux parties en lutte, aussi motivées l’une que l’autre ».

« L’Islam : Réveillé, fanatisé par le différend israélo-arabe, disposant de moyens matériels considérables, de la puissance du Coran, d’une démographie galopante, l’islamisme reprendra son expansion. L’Occident, pour préserver l’essentiel de ses valeurs, ainsi que son identité, sera soumis à rude épreuve ».

« L’Italie : La pénétration marxiste, en Italie, ne sera que superficielle. Les bases très saines du peuple italien tiendront malgré la vague de criminalité subversive qui culminera au cours des années 1980, et malgré la licence des moeurs. La politique de ce pays restera terne, stagnante, mais nous voyons une bonne fin de siècle pour nos compatriotes ».

« L’Espagne : L’Espagne, pays de foi profonde, changera de régime en douceur pour la première fois de son histoire, mais devra se méfier de ses démons extrémistes. Sa situation politique sera critique, mais non pas désespérée, au début du troisième millénaire. Toutefois, la monarchie perdurera ».

« Le Portugal : Après une longue période de stabilité, ce pays pauvre, mais courageux et fidèle à nos croyances, traversera de graves troubles politiques et des jours sombres. L’embellie économique tardera à se produire; elle ne sera obtenue qu’au prix de nouveaux changements politiques, lesquels n’interviendront pas avant la fin de ce siècle ».

« L’Amérique du Sud : Une mosaïque de peuples chers à notre coeur et de culture essentiellement latine. Mais aussi une chaudière toujours sous pression et prête à exploser. Elle cherchera passionnément, souvent désespérément et violemment son équilibre spirituel et économique. Cet équilibre, très lent à se manifester, ne sera pas trouvé avant la première décennie du XXIème siècle ; il sera d’ailleurs chèrement payé en souffrances de toutes sortes. Les USA ont et auront une lourde responsabilité à assumer dans cette évolution bénéfique, car leur propre avenir en dépendra. Les États-unis y veilleront ».

« Le Québec : La foi solide des Québécois, qui les soutient depuis trois cent cinquante ans, ne sera pas épargnée par la dépression religieuse de cette fin de siècle; mais elle retrouvera toute sa vigueur avec le XXIème siècle et refleurira sur les rives du Saint-Laurent ».

« L’Allemagne : L’Allemagne (de l’Ouest) prospérera sur le plan économique tant que dureront les cadres anciens qui en forment l’ossature. Elle déclinera ensuite rapidement, malgré sa réunification, c’est-à-dire à partir des années 1995, pour se reprendre quinze ans plus tard. Ce déclin de la fin du siècle sera la conséquence de profonds désordres et de la dépopulation ».

Ces prophéties semblent aujourd’hui se confirmer. Depuis trente ans, l’occident chrétien sombre dans une décadence sans précédant, liée une perte de la foi généralisée qui dégénère en crise morale et en crise de l’autorité. Deux critères communs à toutes les civilisations disparues sont aujourd’hui aussi présents : la libération des mœurs et l’émancipation de la femme.

* *
*

En 1950, Pie XII vit le même phénomène solaire surnaturel qui s'était déjà produit le 13 octobre 1917, à Fatima : « J'ai vu » le miracle du soleil « ceci est la pure vérité ».


En 1950, peu avant de proclamer le dogme de l'Assomption, Pie XII, alors qu'il se promenait dans les jardins du Vatican assista plusieurs fois au même phénomène qui s'était produit le 13 octobre 1917 au terme des apparitions de Fatima, et il le considéra comme une confirmation céleste de ce qu'il était en train d'accomplir.

Une circonstance jusqu'à présent connue uniquement grâce au témoignage indirect du cardinal Federico Tedeschini qui en parla pendant une homélie.

Aujourd'hui, un document exceptionnel et inédit sur cette vision, conservé par la famille du Pontife, émerge des Archives privées Pacelli : une note manuscrite de Pie XII lui-même, écrite au crayon de papier au verso d'une feuille dactylographiée, dans les derniers temps de sa vie, où, à la première personne le Pape relate ce qui lui est arrivé. La note sera exposée en novembre prochain lors de l'exposition vaticane dédié à Pape Pie XII pour le cinquantième anniversaire de sa mort. Le compte-rendu est sec, de style presque notarial, sans nulle concession au sensationalisme.

« C'était le 30 octobre 1950 », avant-veille du jour de la proclamation solennelle de l'Assomption, explique Pie XII. Le Pape était donc sur le point de proclamer comme dogme de la foi catholique l'Assomption corporelle au ciel de la Sainte Vierge à l'instant de sa mort, et il le faisait après avoir consulté l'épiscopat mondial, unanimement d'accord : seulement six réponses sur 1181 manifestaient quelque réserve.
Vers 16 heures, il faisait "l'habituelle promenade dans le jardin du Vatican, en lisant et en étudiant".
Le Pape Pacelli se souvient que, tandis qu'il montait de la place de la Madone de Lourdes "vers le sommet de la colline, dans l'allée de droite qui longe la muraille d'enceinte", il leva les yeux de ses feuilles : « Je fus frappé par un phénomène, que je n'avais jamais vu jusqu'alors. Le soleil, qui était encore assez haut, apparaissait comme un globe opaque jaunâtre, entouré tout autour d'un cercle lumineux », qui cependant n'empêchait en aucune façon de fixer le regard « sans en ressentir la moindre gêne. Une très légère nuée se trouvait devant ».
« Le globe opaque — poursuit Pie XII dans la note inédite — se mouvait à l'extérieur légèrement, en tournant, et en se déplaçant de gauche à droite et vice-versa. Mais dans l'intérieur du globe on voyait avec une grande clarté et sans interruption de très forts mouvements ».
Le Pape atteste avoir assisté au même phénomène le 31 octobre, et le 1er novembre, jour de la proclamation du dogme de l'Assomption, puis de nouveau le 8 novembre. « Ensuite plus rien ».
Il se rappelle aussi avoir cherché à "plusieurs reprises" dans les jours suivants, à la même heure et dans des conditions atmosphériques semblables, « à regarder le soleil pour voir si le même phénomène apparaissait, mais en vain ; je ne pus le fixer, pas même l'espace d'un instant, je restai immédiatement la vue éblouie ».


Dans les jours suivants Pie XII relate le fait "à quelques intimes et à un petit groupe de Cardinaux (peut-être quatre ou cinq), parmi lesquels le Cardinal Tedeschini". Ce dernier, en octobre de l'année suivante, en 1951, doit se rendre à Fatima pour clore les célébrations de l'Année Sainte. Avant de partir il est reçu en audience et demande au Pape de pouvoir citer la vision dans son homélie.
« Je lui répondis : "Laissez, il ne faut pas". Mais il insista — continue Pie XII dans le manuscrit — en soutenant l'opportunité de cette annonce, et alors, je lui expliquais quelques détails de l'événement ». « Ceci est, en termes brefs et simples — conclut Pape Pie XII — la pure vérité ».

« Pie XII était très persuadé de la réalité du phénomène extraordinaire, auquel il avait assisté bien quatre fois », déclara Soeur Pascalina Lehnert, la religieuse gouvernante de l'appartement papale. Ce qu'on nomme "le miracle du soleil" s'était déjà produit le 13 octobre 1917 à Fatima, au terme des apparitions aux trois bergers.

Pie XII était très lié à Fatima : la première apparition aux trois bergers s'était en effet produite le 13 mai 1917, le jour-même où Pacelli était consacrés archevêque dans la chapelle Sixtine. Il est attesté que Pie XII et soeur Lucia Dos Santos, resteront toujours en contact, et le Pontife, dans la dernière année de sa vie, conservera le texte du troisième Secret de Fatima dans son appartement.

« Au sujet du prodige solaire dont fut témoin le Pape Pie XII en 1950, il faut noter que la statue « Pèlerine » de Notre-Dame de Fatima se trouvait justement, à ce moment, aux environs de Rome, lorsque le Saint-Père vit se répéter, sous ses yeux, quatre fois de suite, le « miracle du soleil » de Fatima.

* *
*

Le Pape Pie XII, a été injustement calomnié sur la période du génocide du peuple. Le Jeudi 25 janvier 2007, à Rome – Le cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’Etat de Sa Sainteté, a expliqué que l’histoire des Justes « était l’expression du bien, ou plutôt de cette force du bien qui traverse l’humanité en faisant abstraction des différences religieuses ». Il a rappelé l’énorme travail que l’Eglise catholique, et le Pape Pie XII en particulier, ont déployé pour défendre et protéger la vie des juifs. Les Justes « sont ces hommes et ces femmes non juifs qui, partout en Europe, ont brisé les chaînes de l’indifférence, de l’égoïsme et de l’individualisme, pour sauver un grand nombre de juifs de l’extermination nazie, mettant leur vie et celle de leur famille en péril ».

Concernant l’intervention de l’Eglise et en particulier de Pie XII en faveur de la défense des juifs, le cardinal Secrétaire d’Etat, a précisé qu’ « il ne s’agissait pas seulement d’organiser bureaucratiquement la recherche des disparus et l’assistance aux prisonniers ; mais d’avoir une attitude précise vis-à-vis de ces juifs poursuivis par les nazis. Il fallait les aider par n’importe quel moyen ».

A propos des prétendus silences de Pie XII, le cardinal Bertone a affirmé : « Il est clair que le silence du pape n’était pas un silence mais un parler intelligent et stratégique, comme le montre le radio message de Noël prononcé en 1942, qui provoqua une grande colère chez Hitler».

Les preuves se trouvent dans les Archives du Vatican, a poursuivi le Secrétaire d’Etat. Nous y trouvons par exemple la déclaration de l’ancienne Congrégation du Saint-Office qui, en 1928, a condamné de façon claire et nette l’antisémitisme. Un document qui a été totalement oublié, comme s’il n’y avait eu que la déclaration de Vatican II contre l’antisémitisme.
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Re: Pie XII (1876-1958) Pape et Âme Mystique

Message par Her le Ven 24 Juin - 8:36

http://www.zenit.org/

Shoah : « La volonté vaticane de sauver les juifs est un fait » déclare M. Levy

L’ambassadeur d’Israël confère la médaille des justes à Don Piccinini

ROME, Jeudi 23 juin 2011 (ZENIT.org) – « La volonté vaticane de sauver les juifs est un fait », déclare l’ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, M. MordechaiLevy.

« Ce serait une erreur de penser que l’aide apportée aux juifs pendant la guerre à Rome est venue des couvents et des instituts religieux comme si c’était de leur initiative, sans le soutien du Vatican », a déclaré ce matin à Rome M. Levy lors de la cérémonie de reconnaissance d’un religieux de Don Orione, le P. Gaetano Piccinini (1904-1972), comme « Juste parmi les Nations ».

« Ce serait une erreur de déclarer que le Vatican et le pape s’opposaient aux actions en faveur des juifs », a affirmé l’ambassadeur qui a ajouté : « Le Saint-Siège a agi. Il n’a pas pu empêcher le départ du train pour Auschwitz le 18 octobre 1943, trois jours après la rafle du ghetto. Certes, les juifs de Rome s’attendaient à la protection du pape à ce moment-là. Mais c’est un fait que ce 18 octobre, c’est le seul convoi qui soit parti pour Auschwitz ».

Pour l’ambassadeur d’Israël, la « volonté du Vatican » de sauver des juifs « est un fait ».

Lors de la cérémonie de remise des insignes de « Juste » à la famille spirituelle du P. Piccinini, des personnes sauvées par lui ont donné leur témoignage.

Giuseppe Sorani était un enfant juif de 15 ans en septembre 1943, lorsqu’il a été caché et sauvé par don Piccinini : « Ce prêtre a toujours respecté mes convictions et ma foi religieuse et il m’a réintégré dans la vie sociale après des années de marginalisation en tant que juif ». Ce n’est qu’ensuite qu’il a voulu devenir catholique, religieux de Don Orione et prêtre.

Bruno Camerini, sauvé avec ses sœurs et sa mère par don Piccinini, a décrit le religieux comme « un homme d’action qui mettait en pratique le précepte de l’amour du prochain écrit dans la Bible, en le portant aux niveaux les plus élevés ».

C’est de Bruno Camerini qu’est partie la demande de reconnaissance du prêtre italien comme « Juste parmi les Nations ». Il a tenu a souligner lui aussi que Don Piccinini a toujours respecté sa foi religieuse.

Ont participé à la cérémonie : Livia Link, qui représentait l’ambassade d’Israël à Rome, Antonio Floris, maire de la ville d’Avezzano, ville natale de don Piccinini, Mgr Andrea Gemma, religieux de Don Orione, évêque émérite d’Isernia-Venafro.

Elle a eu lieu dans la salle des congrès du centre de Don Orione à Rome, au Monte Mario, visité par le pape le 24 juin de l’an dernier. La statue de la Vierge, qui protège Rome, avait été endommagée par une tempête et avait été restaurée. Le pape était venu la bénir. Elle est l’œuvre du sculpteurArrigo Minerbi, également sauvé par Don Piccinini pendant la guerre.

Le supérieur général des Orioniens, Don Flavio Peloso, a pour sa part déclaré que cette reconnaissance est une nouvelle preuve de la « revanche de la charité et de la solidarité ». Il a fait observer que don Piccinini « concentrait en sa personne une « Protection civile » de la charité » : après la guerre, il a secouru les pauvres et les victimes du tremblement de terre d’Irpinia de 1962, de Vajont, en 1963, deGibellina,de Belice, en 1972, des inondations, comme celle dePolesine en 1951.

DonFlavio Peloso a confié à Radio Vatican que « Gaetano Piccinini est l’un des personnages éminents » de sa famille religieuse, fondée par saint Luigi Orione.

Il avait été recueilli par Don Orione lui-même, à l’âge de 11 ans, après le séisme de Marsica, en 1915. A la mort de Don Orione il a été un moteur de son œuvre en Italie, en Angleterre et aux Etats-Unis.

Pendant la guerre, il a été en quelque sorte le coordinateur de l’action des Orioniens en faveur des juifs, mais aussi des résistants, de tous ceux qui étaient en danger.

Anita S. Bourdin
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