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Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

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Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:33

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Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

CRITIQUE LITTERAIRE nO 1
David Allen White, Ph.D.,
Professeur de Littérature, Académie Navale des
Etats Unis de Annapolis

La Bataille Finale du Démon

Note: Ce qui suit est un commentaire du nouveau livre:
La Bataille Finale du Démon composé et publié par le Père Paul Kramer.

Dieu dispense avec parcimouie Ses Signes et Ses Miracles. Dans l'Evangile selon Saint Jean, un officier royal de Capharnaüm dont le fils est sur le point de mourir vient trouver Notre-Seigneur et le supplie de guérir le jeune homme. Notre Seigneur l'admoneste en lui disant : « Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croyez pas » et puis Il opère la guérison requise, guérison qui confirme dans le foi l'officier et toute a maison.

On trouve peut-être étrange aujourd'hui que si peu soient devenus Ses disciples parmi ceux qui vivaient au temps où le Christ parcourait la terre, alors qu’ils êtaient témoins des miracles qu'Il operait ou qu’ils en entendaient parler. La remarque de Notre Seigneur s’adresse à notre faiblesse humaine: nous exigeons des signes et des merveilles mais ce n’est pas là une garantie pour que nous nous tournions vers Dieu.

Si nous considérons dans l'Exode le récit de la contestation entre Moïse et le Pharaon, là encore apparaît la remarque. Moïse craint que les enfants d'Israël ne veuillent pas croire que Dieu se soit manifesté à lui. Dieu dit qu'Il prodeura des signes pour que le peuple croie: transformation du bâton en serpent et vice-versa, et pour la main de Moïse, passage à la maladie de la lèpre pius guérison. Moïse montre ces signes au peuple qui est couvaincu.

Pharaon offre un cas plus résistant. Il refuse d’agir selon la volonté de Dieu pour libérer le peuple d'Israël. Il est donc temoin du miracle du bâton qui se change en serpent, mais va trouve ses propres magiciens qui peuvent accomplir un prodige analogue. Le signe ne le touche pas, car, nous diton, Dieu a endurce son coeur. Puis, Moïse transforme en sang les eaux de l'Egypte et Pharaon demeure encore insensible. Alors Dieu envoie comme signes d’autres châtiments: les plaies de grenouilles, de moucherons, de mouches, la peste du bêtail, des ulcères, de la grêle, des sauterelles. D’une part, Pharaon l’endurcit le coeur, apprenons-nous, et d’autre part, son coeur est endurci par Dieu, parfait équilibre entre le dessein providentiel de Dieu et la volonté libre. Cependant il refuse de faire la volonté de Dieu en laissant partir les Enfants d'Israël. Alors Dieu envoie sur le pays d'Egypte de grandes ténèbres et le terrible châtiment de la mort des premiers-nés. Le Pharaon laisse dévaster son pays par le châtiment avant de se plier à une exigence claire de la part de Dieu.

Ce sont les pensées qui viennent à l'esprit après la lecture d’un nouveau livre qui fait frémir mais qui en impose, La Bataille Finale du Démon, rédigé et composé par le Père Paul Kramer. Dès le premier chapître de cette oeuvre de référence a la pensée catholique nouvelle apparaît la déclaration très nette: « Dieu ne gaspille pas les miracles. A travers l'histoire du salut — depuis Josué, jusqu'à Moïse, aux douze Apôtres, aux saints de l'Eglise Catholique tout au long des siècles — Dieu a accordé des miracles dans un seul but primordial: ils servent de garantie divine pour un témoin qui implore le miracle en Son Nom. Quand Dieu choisit un témoin, et ensuite associe un miracle authentique à l'affirmation de ce témoin, nous pouvons savoir avec certitude que le témoin est digne de foi. » (P. 1)

Le prodige en question est un événement miraculeux de notre temps — le Miracle du Soleil — qui s’est produit le 13 octobre 1917 à Fatima (Portugal); le témoin est Soeur Lucie. Ce miracle fut un événement extraordinaire, certainement le fait le plus étonnant du 20e siècle, celui qui éclipse des réalisations humaines aussi mesquines que la marche sur la lune ou l'invention d'une boîte à images pour la salle de séjour.

Des dizaines de milliers de personnes s’etaient rassemblées pour avoir appris que, ce jour-là, il y aurait un signe visible du Ciel. Aux yeux des spectateurs, le soleil, qu'ils pouvaient contempler sans aucun problème, se mit soudain tourner comme une roue dans le ciel, changeant de couleurs dans sa rotation. Puis il sembla quitter sa sphère habituelle pour se mettre à foncer vers la terre, en direction de la multitude assemblée. On criait et se jetait face contre terre, seulement pour constater en levant ensuite les yeux que le soleil était revenu à sa place habituelle avec son éclat ordinaire. Maintenant, miraculeusement, les vêtements et le sol étaient secs.

La Bataille Finale du Démon commence par ce miracle étonnant, puis continue en établissant un brillant rapprochement entre cet événement très significatif de l'histoire de l'Eglise Catholique (et donc de l'histoire de l'humanité) et cet autre moment décisif de l'histoire de la Sainte-Mère l’Eglise au 20e siècle — le Concile Vatican II. Si le Miracle du Soleil est un grand signe donné par Dieu pour sceller la véracité du témoignage et des requêtes du Ciel transmis par les rapports de Soeur Lucie, alors le Concile Vatican II rappelle peut-être dans l'Eglise le triomphe de Pharaon, victoire temporaire d'un groupe de dirigeants ou coeur endurci par Dieu et qui s’endurcissent le coeur.

La crise actuelle, le chaos qui continue d’ébranler l'Eglise Catholique et le monde, dans ce contexte, peuvent très facilement se comprendre — c'est le châtiment de Dieu, à cause du refus des autorités, de se plier à la volonté du Ciel exprimée par un témoin certifié. Sommes-nous au commencement de nos plaies? Faut-il prévoir de pires châtiments? Sommes-nous en presence des ténèbres et de la mort?

L'histoire de Fatima devrait être bien connue de la plupart des Catholiques. La grande oeuvre sur le sujet, c’est l'étude en trois volumes de Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute La Vérité Sur Fatima, une étude générale. Dans ce nouveau livre, le Père Kramer, part de deux points principaux — d’abord le Miracle du Soleil, décrit en détail, avec une série de récits étonnants à la première personne, de la part de témoins oculaires de l'événement. Il fait aussi la chronique de l'opposition qui se fit jour dès le début des apparitions de Fatima. Il retrace l'antagonisme suscité à l’époque par Arturo de Oliveira Santos, Maire de Ourem, chef-lieu du comté de Fatima. Non seulement Arturo Santos était Maire de Ourem, mais aussi président de la loge maçonnique nouvellement fondée. Son acharnement anticatholique avait commencé à produire des fruits: moins d’assistance à la Messe, augmentation du taux de divorce diminution du taux de naissances. A la moitié des apparitions mensuelles, le 11 août 1917, le Maire de Ourem exigea que les trois jeunes visionnaires, Lucie, Jacinthe et François, comparaissent en jugement pour qu’éclate leur mensonge. Cette rage furieuse contre les messages rapportés par les enfants poussa cet homme à menacer les enfants d’une mort horrible — l’huile bouillante — s'ils ne s’avouaient menteurs.

L'opposition farouche à l'Eglise, a révéle une telle conduite, manifeste la haine profonde des Francs-Maçons envers la Sainte Mère l'Eglise. Le livre étudie cet antagonisme à travers le mouvement maçonnique, de même que l'opposition ouverte du parti communiste, en beaucoup de pays du monde, à l'aube du vingtième siècle. Les Francs-Maçons avaient très explicitement exprimé leur but dans la célèbre Formation Permanente de la Alta Vendita, ordre du jour précis et pratique pour la destruction de l'Eglise Catholique. Les témoignages de déserteurs des rangs communistes, tels que Douglas Hyde, Bella Dodd et l’ex-officier du KGB Anatoliy Golitsyn, montrent clairement que les Communistes avaient aussi leur ordre du jour pour la destruction de l'Eglise Catholique. Que les deux groupes aient travaillé ensemble pour réaliser leur abominable projet, c’est indubitable. Paraît surtout inquiétante leur intention de réussir cette destruction en infiltrant l'Eglise par leurs adeptes afin de saper plus facilement la vénérable institution.

Cette réalization se montre assez évidente — la haine de l'Eglise de la part des troupes toujours plus serrées des Francs-Maçons et des Communistes, est devenue une haine des traditions et des dogmes et des doctrines de l'Eglise chez les ecclésiastiques mêmes chargés de protéger et de maintenir ces colonnes mêmes de la Foi. Quand les Messages de Fatima et les consignes qui les accompagnaient parvinrent à ces autorités, elles manifesterent peu d’intérêt. Avec le temps, leurs successeurs s'opposeraient farouchment. Cependant, en cherchant à cacher au grand public cette opposition, ils ont sapé le Message de Notre-Dame tout en feignant de l'aimer et de l’honorer. Cependant, de toute évidence, ils en sont venus à détester les Messages et requêtes de Fatima avec la même véhémence d’abord manifestée par le Maire de Ourem. En fait, pour leurs esprits dérangés et leurs âmes dénaturées, falsifier les désirs de Ciel exprimés aux visionnaires serait le meilleur moyen de falsifier l'Eglise.

La Bataille Finale du Démon suit avec des détails précis et une documentation convaincante, les deux sentiers: Messages de Fatima et sape de l'Eglise jusqu'à leur rencontre au temps du Concile Vatican II. Dans une rétrospective des quarante dernières années, pour tout observateur de bon sens une seule conclusion s’impose la soi-disant « nouvelle Pentecôte » de ce concile oecuménique aux début des années 60, ne fut rien d’autre qu'un assaut délibéré et dévastateur de l'Eglise Catholique et de la Foi Catholique. Inutile de faire le compte intégral du tas de ruines par les réformes du Concile et le démantelement consécutif de tous les aspects de la Foi catholique traditionnelle, de ses croyances et de ses rites. Il suffit de descendre la rue jusqu’à l'église paroissiale fermée ou le nouvel espace de culte oecuménique, ou de poser quelques questions de base à une jeune personne élève d’une classe d’école « catholique », ou de regarder les prêtres somptueux produits par le séminaire local, ou d’avoir un aperçu de la retraite nouvelle vague au couvent de l’endroit. La Foi Catholique comme présence de levain dans le monde a été détruite presque partout.

Si le Concile Vatican II fut la bombe lancée au coeur de l'Eglise, les Apparitions et Messages de Fatima furent censés être le refuge. Le livre fournit les documents montrant comment Soeur Lucie a procédé à la transcription de la troisième partie du Message de Fatima et à son transfert à Rome. Le deux premières parties du message avaient été publiées. Les directives concernant la troisième étaient aussi claires que possible ! Quand Mgr. da Silva, Evêque de Leiria, trouvant que la connaître serait un fardeau, refusa de lire le contenu de l'enveloppe cachetée, Soeur Lucie lui fit promettre, selon les termes du Chanoine Galamba cités dans le livre, que « elle serait absolument ouverte et lue au monde entier soit à sa propre mort, soit en 1960, selon la première de ces deux échéances ».

Au lieu de cela, le Vatican décida de passer sous silence le document. Ou ne peut guère mettre en doute que le message concerne l'apostasie dans l'Eglise. Ce volume en présente des preuves très convaincantes. Le révéler selon le dessein bien clair du Ciel eût changé le cours du Concile et tout le reste du siècle l'histoire consécutive de l'Eglise. La bombe aurait été enlevée ou les fidèles auraient trouvé un abri d’où répliquer à l'ennemi.

Le message réduit au silence, le Concile Vatican II est allé de l’avant. A mesure de ses progrès se sont renforcées les attaques provenant de Rome contre le Message de Fatima:

« Bien que les apparitions de Fatima soient reconnues par l'Eglise » a dit en 1960 le communiqué de presse anonyme du Vatican pour annoncer que le Pape ne publierait pas le Troisième Secret, « Elle ne s'engage pas à garantir la véracité des paroles que les trois bergers prétendent avoir entendues de Notre-Dame ».

Commentaires de l'auteur du livre:

« Prétendent avoir entendu? Pourrait-il y avoir doute de la véracité de leurs témoignages après le Miracle du Soleil? Pourrait-on mettre en doute qu'ils aient reçu du Ciel une authentique prophétie, en vue de l'accomplissement total de toutes les prédictions du Message jusque là-depuis — la fin imminente de la Première Guerre Mondiale, jusqu'à l'expansion des erreurs de la Russie, jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale et l'élection du Pape Pie XI? » (P. 38)

Ce n’était que le début des attaques. Après avoir porté le doute sur la véracité des voyants, les autorités vaticanes ont continué par la mise au secret de Soeur Lucie et l'interdiction à l’accès du public et à la vue du public des 5.000 documents en 24 volumes assemblés entre 1965 et 1976. Le livre déclare: « Le crime était commencé. » Si Soeur Lucie avait déclaré que la Troisième Partie du Secret devrait être révélée en 1960 parce que « alors, ce serait plus clair » cette clarté révélait l’âpre et pénible réalité du Concile et de ses fruits. Impartialement, des documents et des explications sur ces fruits sont exposés sous les titres suivants, incarnant chacun un poids d'erreur et de violation de la tradition qui pendant la quarante années suivantes, accablerait et semblerait extirper la vie même de l'Eglise: « Les "Erreurs de la Russie" Infiltrent l'Eglise »; « Les Néo-Modernistes Triomphent à Vatican II »; « Toute une Nouvelle "Orientation" pour l'Eglise »; « L'Eglise "s'Oeuvre" au "Dialogue" avec les Communistes et Les Ennemis Francs-Maçons »; « L'Eglise Se "Réconcilie" avec le Libéralisme »; « On cesse d'Enseigner Que l'Eglise Catholique Romaine est Exclusivement la Seule Véritable Eglise du Christ »; « L'Eglise Ne Cherche Plus le Retour des Hérétiques et des Schismatiques »; « Plus de Royauté Sociale du Christ »; « La "Civilisation de l'Amour" Remplace la Conversion des Païens ». Un fils fidele de notre Sainte Mère l'Eglise, à la lecture de cette liste, doit pleurer. Voilà ce qu’est devenue l'Eglise de notre temps; telles sont les stupidités proclamées par Ses ecclésiastiques modernes.

Sans se contenter de promulguer ces idées nouvelles et étranges, l’Eglise de Vatican II a également travaillé à détruire toute trace de l'Eglise Traditionnelle et de la Foi Traditionnelle. Dans un chapître intitulé « La Démolition des Bastions » on lit, comme, après une bataille importante la liste des morts évoquée par un commandant militaire, la liste des destructions opérées par les réformateurs: « La Destruction de la Liturgie »; « La Destruction de Théologie »; « La Démolition de l'Ame de l'Eglise ». Aucun doute possible sur l’exactitude de ce dout nous sommes témoines : « La Passion de l'Eglise ».

Comment aurait pu contrevenir le Message de Fatima? Pourquoi représente-t-il une telle menace pour les Hommes d'Eglise de l’Ordre Nouveau? La liste des doctrines les plus combattues ces dernières années est présentee avec étonnante hardiesse dans les termes mêmes de notre Sainte Mère prononcés aux petits bergers de Fatima:

Elle a parlé de la doctrine du Ciel;
Elle a parlé de la doctrine de l'Enfer;
Elle a montré l'Enfer aux enfants;
Elle a parlé de la doctrine du Purgatoire;
Elle a parlé de la doctrine de la Sainte Eucharistie;
Elle a parlé de la doctrine du Sacrement de Pénitence;
Et elle a aussi parlé indirectement de la Royauté Sociale de Jésus-Christ quand Elle a transmis l'ordre du Ciel que la Russie soit consacrée à Son Coeur Immaculé et convertie à la religion catholique, ce que les négociateurs du Vatican, dans la déclaration de Balamand, ont présenté comme « ecclésiologie périmée ». (P. 65)
A la lecture de cette liste qui présente la Foi de Tous les Temps, il faut conclure avec l'audacieuse affirmation de ce livre remarquable: « Il y a une opposition fondamentale entre la "nouvelle" Eglise inaugurée par Vatican II et l'Eglise de Tout Temps, représentée par le Message de Fatima. »

Les lignes de combat sont nettement délimitées : d’une part, l'Eglise de la Tradition, une Eglise qui brille avec éclat dans toute Sa gloire dans les Apparitions et les Messages de Fatima avec la confirmation du Miracle du Soleil, et, d’autre part, la Eglise de l'Ordre Nouveau du Modernisme, une Eglise de nouveautés qui fait pacte avec le monde et son seigneur des ténèbres et qui se distingue par ses scandales et sa stérilité et son apostasie. Mais indubitablement, c’est un vrai combat, différent de tout état de guerre jamais connu sur la terre. C’est un combat spirituel, un combat cosmique, pas différent du combat des Anges du Ciel au premier refus de soumission de la part de Lucifer, à l’époque où, dit-on, il comprit qu’il serait subordonné à une femme humaine. La guerre entre le démon et la Dame en arrive maintenant à ses étapes finales et des millions d'âmes pèsent dans la balance. Nous en connaissons l'issue; Elle nous a également informés dans le Message de Fatima: « A la fin, Mon Coeur Immaculé triomphera, » ce qui signifie que nous savons qui l’emportera et qui retombera en enfer, avec sa défaite et son désespoir.

Une telle certitude téléologique ne signifie pas cependant que le combat sera court ou facile. La férocité de ceux qui, aujourd'hui, détiennent le pouvoir au Vatican, devrait en montrer l’évidence. Ils sont agressifs et inflexibles en leur opposition. Ils détestent ce que représente et exprime Notre-Dame de Fatima. Une grande partie du livre fournit des documents sur cet antagonisme et jusqu’où iront les intendants du pouvoir dans la Rome d’aujourd'hui pour étouffer la Volonté du Ciel.

Faux rapports et contrevérités se déversent comme la pollution qui souille un clair ruisseau. La Consécration de la Russie a été faite, disent-ils, et la Russie s’est convertie. Documents à l’appui, le livre montre l’insanité d’une telle affirmation, informant seu des horreurs de la Russie d’aujourd’hui, depuis le taux d'avortement le plus élevé du monde (huit avortements et moyenne pour la femme russe au cours de ses années de fertilité) jusqu’au taux de natalité qui baisse proportionellement, jusqu’au taux d’alcoolisme le plus haut du monde, jusqu’à la montée du Satanisme, jusqu’à l'homosexualité effrénée, jusqu’à être le centre mondial de distribution de pornographie enfantine, jusqu’à la lutte ouverte contre le fidèles Catholiques, le sacerdoce catholique et l'Eglise Catholique. Et ce sont là les fruits de la Consécration de la Russie au Coeur Immaculé de Marie?

Un autre mensonge de taille s’est produit dans l'été 2000, quand, soi-disant, le Vatican a révélé la troisième partie du Message de Fatima en lui donnant sa propre interprétation. Le livre montre clairement que le papier proposé par le Vatican comme support du secret de Fatima était peut-être quatre pages arrachées à un carnet de Soeur Lucie, mais absolument pas la feuille simple où elle avait écrit le Troisième Secret envoyé à Rome des années auparavant. Absurde aussi l'interprétation: la vision d'un « évêque vêtu de blanc » traversant une cité dévastée en enjambant de nombreux cadavres, avant d’être, lui-même fusillé, cela aurait, en fait, prophétisé la tentative d'assassinat contre John Paul II en 1981.

Non contents de cette feinte particuliere, ils ont lancé vers le public d’autres leurres, dont la stupidité que Soeur Lucie avait pu imaginer tout l'épisode à partir de lectures spirituelles, croyant ainsi fermer la bouche à tous les Catholiques qui n’auraient jamais plus soufflé mot sur Notre-Dame de Fatima et Ses révélations. Même les moins religieux des esprits ont pu discerner leur intention et le Los Angeles Times du 27 juin 2000 rapportait l'annonce fracassante sous le titre: « L'Eglise Catholique Révèle le Troisième Secret: Le Théologien Principal du Vatican Deboulonne le Récit d’une Religieuse sur Sa Vision de 1917 Qui Avait Alimenté des Décennies de Spéculation. »

Plus d’un « théologien de haut niveau » du Vatican furent impliqués dans cette insulte publique ainsi que les fidèles catholiques, insulte publique aussi envers la Mère de Dieu. L’une des gloires du nouveau livre est de nommes, en explorant le rôle tenu par chacun d’eux, les quatre prélats, qui, tout à fait légitimement, sont présentés comme cabale anti-Fatima. Ce sont le Cardinal Angelo Sodano, le Cardinal Joseph Ratzinger, l'Archevêque Tarcisio Bertone et le Cardinal Dario Castrillón Hoyos. Ces prélats ont comploté pour étouffer la Mère de Dieu, réduire au silence Soeur Lucie, laisser dans l’ombre le Message de Fatima et promouvoir une nouvelle Eglise qui s’érige en opposition à toute la Tradition Catholique. Ils méritent d’être démasqués; il faudrait les forcer à répondre devant les fidèles catholiques même avant de se présenter devant leur Créateur à qui il leur faudra répondre. Leur résistance met en péril tant la paix du monde que des millions d'âmes.

La conclusion que tire ce volume, provocant mais courageux, c’est que la décomposition et la destruction de l'Eglise Catholique, tout au long des quarante dernières années, sont directement reliées au silence imposé au Message de Fatima, Message qui de toute évidence, nous alertait sur détournement de l'Eglise qui allait se produire sous l’action de terroristes idéologiques libéraux. Ils ont en de bonnes raisons pour enterrer le Secret, pour harceler ceux qui l’ont étalé aux yeux de public, pour concocter leur propre faux message de remplacement avec une interprétation stupide, substitution aussi nuisible pour la Foi Catholique que leur Eglise nouvellement agencée. Ils ne s’interessent pas à ce que Dieu a voulu pour Son Eglise et Son peuple selon les preuves fournies, par des saints, des évêques et des martyrs et des mystiques et des simples âmes catholiques. Eux tout libéraux, ils savent mieux que le Tout-Puissant. Ils démantèleront l’ancien et construiront du nouveau, fracasseront les vitraux et videront les sanctuaires, malmeneront les rites et imposeront des alternatives à la mode. Ils n'ont aucune crainte de Dieu, ce qui montre leur peu de sagesse; leurs schémas arrogants nous ont menés jusqu’à cet état déplorable.

Nous connaissons l'état de l'Eglise actuelle. Les Fidèles sont peu nombreux et leurs enfants sont apostats, n’ayant jamais étudié la Foi dans les écoles catholiques à l’âme morte; la hiérarchie a soutenu en douce une plaie de perversion déchaînée par des séminaires où règne l’homosexualité; les prêtres ont saisi les occasions offertes par la liturgie protestantisée pour deployer leur imagination sentimentale et insipide pour un culte dégradé — messes rock, messes citrouilles, messes clown, messes guitare, messes motocyclettes, messes guerre des étoiles, n'importe quelle messe sauf la Messe de Tous les Temps, le sacrifice non sanglant de Notre Seigneur Jésus Christ offert par un prêtre pieux et saint sur un autel véritable en réparation envers le Père et pour le salut de l'humanité. A mesure que le nombre de vraies Messes a diminué, le sacrifice non saint de sang innocent sur les tables d’avorteurs a abreuvé le monde. Le Prince des Ténèbres ne peut contenir son allégresse démonique. C’est son heure.

Cet exposé de trahison, est véridique et inquiétant porte un titre approprié. La Bataille Finale du Démon se poursuit et l'année dernière nous a donné des signes de ce qui peut nous attendre: terrorisme et déclin économique, chaos social et horreur culturelle, folie et désespoir et mort. Notre-Dame de Fatima a prédit « beaucoup de nations seront anéanties ». Nous savons tous que nous sommes à la veille de l'accomplissement de cette vision pénible. Et Rome répond en nous disant de garder le silence et de ne plus jamais parler de Fatima.

Que Dieu bénisse le Père Kramer et toutes ces autres âmes catholiques pieuses qui ont oeuvré ensemble pour produire ce livre superbe et essentiel.

En élevant la voix, ils ont tiré une forte salve dans la bataille en cours et leur arme, ce tonnelet de poudre de Vérité Catholique, contribuera certainement à la victoire ultime de Notre-Dame. Ne restez pas hors lignes car vous êtes au milieu du combat, comme toute âme qui vit actuellement en ce monde: lisez ce livre, partagez-le avec vos amis, puis jouez votre rôle en soldat et supporter de Notre-Dame et maniez l'arme ultime: saisissez votre Rosaire, mettez-vous à genoux et priez pour la Consécration de la Russie au Coeur Immaculé de Marie.

Quand surviendra cet événement, il causera plus d’étonnement et sera contemplé par plus de regards consternés que le vertigineux Miracle du Soleil.

David Allen White Ph.D. Professeur de Littérature à l'Académie Navale d’Annapolis et auteur des livres Shakespeare A-Z et The Mouth of the Lion.

- de Catholic Family News, le novembre 2002


Dernière édition par Hercule le Dim 19 Juin - 6:43, édité 4 fois
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:34

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Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

CRITIQUE LITTERAIRE no2
Peter W. Miller
Redacteur en chef au Seattle Catholic

La Bataille Finale du Démon

Différentes controverses et divers scandales ne cessent de passer en tornades sur l'Eglise, laissant tout Catholique décider de la réaction adéquate, intérieurement et publiquement; nous devons donc avoir soin de résister à deux tentations graves en rapport avec cette situation.

La première consiste à perdre la vraie perspective de l'état présent du Corps Mystique du Christ en focalisant une attention déplacée sur des effets particuliers de la crise (par exemple, abus sexuels des clercs, baisse de vocations, catéchèse insuffisante, dissensions, etc.) ou sur une vue limitée de la région géographique affectée (par exemple « c'est seulement un problème américain mais Rome va nous sauver »). Cette tentation peut aussi se manifester per un désir d’accepter (ou même le lutter pour) une situation ou une condition plus représentative d'une étape antérieure du problème que d'une solution réelle.

La seconde tentation relative au problème consiste à sauter dans la même fosse que les modernistes en reléguant implicitement le surnaturel sous l’ordre naturel. Cette tendance peut exister quand les actions temporelles prennent la priorité sur la prière et le sacrifice, ou quand les manifestations extérieures de la conduite immorale d’un prêtre prennent plus d’importance et de considération que le spirituel. Glisser dans une telle erreur et engager sur des terrains strictement rationnels ou naturalistes des clercs dissidents, c’est aller vers une défaite certaine et jouer directement pour le compte du démon. Dans une culture naturaliste en particulier dont la philosophie dangereuse basée sur une idolâtrie de « progrès » et de la « découverte », a envahi l'Eglise (« la pensée mondaine » denoncée par le Pape Paul VI), il peut être difficile de maintenir une perspective catholique exacte.

Quelquefois, quand on est accaparé par le combat et saisi par la laideur de la version américaine du Catholicisme, il est utile de lever les yeux au-dessus des tranchées pour faire l'inventaire des vraies causes, de l’envergure et des objectifs d’une lutte plus vaste. Telle est l’occasion qui fut offerte à cet écrivain quand le facteur lui remit un exemplaire de La Bataille Finale du Démon — livre qui ouvre une perspective comparable à aucun autre.

Une Vision Catholique de l'Histoire

Supposez, cher ami, que le Communisme [l'une des «erreurs de la Russie» mentionnée dans le Message de Fatima] fût seulement le plus visible des instruments de subversion à utiliser contre l'Eglise et les traditions de la Divine Révélation … Je suis tracassé par les messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima. Cette insistance de Marie sur les dangers qui menacent l'Eglise est un divin avertissement contre le suicide par l'altération de la Foi dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme … Un jour viendra où le monde civilisé niera son Dieu, où l'Eglise doutera comme Pierre a douté. Elle sera tentée de croire que l'homme est devenu Dieu … Dans nos églises, les Chrétiens chercheront en vain la lampe rouge là où Dieu les attend, comme Marie-Madeleine en pleurs devant le tombeau vide, ils demanderont, « où L'ont-ils emporté? »1 (C’est moi qui souligne ici et dans tout le texte.)

Dans l’une des plus étonnantes déclarations faites au siècle dernier, tels furent les paroles de celui qui était alors Secrétaire d'Etat du Vatican Mgr. Eugenio Pacelli, futur Pape Pie XII, relevées par son biographe Mgr. Roche. Non seulement le communisme est clairement identifié « comme instrument de subversion à utiliser contre l'Eglise », mais un grave avertissement est émis concernant la diffusion du naturalisme ( « l'Eglise doutera comme Pierre a douté. Elle sera tentée de croire que l’homme est devenu Dieu ») et l’alteration de la Foi catholique, en particulier par rapport à « Sa liturgie. » En outre, chacun de ces éléments se rattachait « les Messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima. »

Les apparitions de Fatima opportent à l'histoire de l'humanité une signification spéciale — signification qui garde jusqu’à ce jour son actualité. Tout au long de l'histoire, certaines événements — clés ont été en grande partie influencés, et même dictés par des facteurs surnaturels — à tel point que toute analyse qui ne tient pas compte de ces facteurs est incomplète ou inexacte.

L'histoire d'une douzaine d'hommes émergeant d'une chambre haute pour affronter courageusement la persécution et une mort certaine en proclamant en diverses langues la Vérité de Notre Divin Sauveur, cette histoire ne peut être complète sans la divine assistance du Saint Esprit.

L'histoire d'un général vainqueur de ses adversaires, prenant la fête de l'Empire romain pour introduire l'Eglise dans une ère de liberté, cette histoire est incomplete sans les instructions célestes reçues par lui en songe.

L'histoire d'une nation entière asservie par l'idolâtrie païenne et le sacrifices humains sataniques et qui se convertit par millions au catholicisme dans le bref espace de quelques années, cette histoire est incomplete sans la visite de la Sainte Vierge à un pauvre paysan et un cadeau miraculeux qu'Elle a accordé au pays.

L'histoire de nombreuses flottes d’Europe Occidentale remportant une première victoire navale remarquable contre les hordes mahométanes à Lepante, cette histoire est incomplète sans la Foi vigoureuse d'un Pape dominicain et la dévotion fervente à la Très Sainte Vierge qu'il a répandue avec zèle les années précédentes.

L'histoire d'une nation catholique, autrefois l’honneur de la chrétienté, succombant aux tentations modernes et subissant une révolution dont les vagues de choc se font encore sentir dans le monde entier, cette histoire est incomplète sans les révélations de Son Sacré Coeur faites par Notre-Seigneur à une religieuse cloîtrée.

Et l'histoire d'une ère qui a commencé par l'athéisme systématique avec la torture et l’assassinat de dizaines de millions de fidèles et qui continue jusqu’à ce jour avec une Eglise décimée incapable de dénombrer l'holocauste sans précédent de l'avortement et qui plaide auprès d’un monde sécularisé pour être reconnue comme « contribuant à la culture », cette histoire est pitoyablement incomplète sans la visite de Notre Sainte Mère et Son Message à trois petits bergers à Fatima (Portugal).

La Visite, le Miracle et le Message

Dans l'année décisive de 1917, quelques mois avant que la Révolution bolchevique ne s’empare de la Russie et n’étrangle le monde par la violence, la terreur et la frayeur sous le nom de « communisme », Notre Dame de Fatima a révélé à Soeur Lucie la nécessité de consacrer « cette nation » à Son Coeur Immaculé et les conséquences de non-accomplissement de cette demande.

Au lieu de fournir une analyse des facteurs socio-politiques qui mènent à la guerre, Notre-Dame a simplement déclaré que la guerre était une châtiment à cause des péchés de l'humanité. Plutôt que de proposer une solution par la coopération et le diplomatie internationales, Elle a prescrit de trouver le remède en établissant la dévotion mondiale à Son Coeur Immaculé. Au lieu de proposer des solutions naturelles possibles, Elle en a ordonné de surnaturelles: la dévotion à Son Coeur Immaculé, la récitation quotidienne du Très Saint Rosaire et la dévotion reparatrice des Cinq Premiers Samedis du mois.

Depuis ce temps-là, surtout depuis le commencement de la Seconde Guerre Mondiale, les Messages de Fatima sont devenus pour certains plutôt une gêne et une responsabilité limitée plutôt qu’une promesse de divine assistance. Deux requêtes spéciales ont finalement causé le plus de problèmes: les indications pour révéler la partie finale du Message de Fatima (le Troisième Secret) et la requête de la Consécration de la Russie au Coeur Immaculé de Marie par le Pape et les évêques du monde.

Ces vingt dernières années ont faite apparaître une nouvelle urgence par suite de campagnes de révision des Messages de Fatima, allant de l’occultation et de la confusion officielle sur le sujet à des attaques ouvertes et excessives. Il en résulte que le conflit entre les members de la hiérarchie de l'Eglise actuelle et le Message simple de Notre Sainte Mère est parvenu à un point digne des films d’Hollywood — certains faits dépassant trop les bornes pour qu’on les croie authentiques:

Un secret confié à l'Eglise pour être révélé en 1960, à l'aube d'un concile révolutionnaire, est encore tenu secret pendant quatre autres décennies pour être révélé en partie de manière inconsistante, laissant dans la perplexité des millions de Catholiques, et présenté comme une « évidente incertitude » même par les athées sceptiques.

Une diplomatie de « tolérance » et de « dialogue » envers d’autres gouvernements et religions empêche le Saint Père de mentionner un simple mot ( « Russie ») pour éviter une querelle.

Une Soeur cloitrée, dans ses 90 ans, a l’interdiction de parler à qui que ce soit du sujet de Fatima, mais est censée donner son approbation à ceux qui attaquent sa personnalité.

Une organisme, face à des centaines de clercs qui se livrent aux perversions les plus repoussantes que connaise l'humanité, emploie ses efforts et ses ressources à persécuter les prêtres et les individus qui n'acceptent pas sa version révisionniste de Fatima et, en général sa « nouvelle orientation ».

Même les meilleurs efforts pour réléguer Fatima dans le passé et séparer le Message de l'événement sont voués à l'échec. Il est impossible d'enseigner à des générations de Catholiques l'histoire de Fatima — simple et belle histoire d'une Mère qui a tant aimé Ses enfants qu'Elle est venue sur terre leur proposer un message d'espérance avec l’intention qu’il soit accompli — puis de demander à ces mêmes Catholiques d'oublier ou de laisser modifier le message la visite pour en contester tout l’enjeu ainsi que le Miracle du Soleil. Avec des églises, des écoles et des associations religieuses sous le titre de Notre Dame de Fatima, avec l'authentification des apparitions par l'Eglise, avec l'insertion d'une nouvelle fête dans le calendrier liturgique, avec une suite de Papes qui tui ont exprimé leur dévotion, et avec la béatification de deux des voyants, les efforts pour réinterpréter cet important message ne peuvent continuer et ne continueront pas. Car si ces parties « gênantes » du Message de Fatima ne sont pas authentiques et dignes de foi, alors pourquoi sont-ce les appels à la prière et à la pénitence? Ou bien si aucun des messages n’est fiable, pourquoi, en premier lieu, authentifier les apparitions et répandre la dévotion? C’est ce que même EWTN a relevé:

« La Déclaration de Béatification de Jacinta et Francisco Marto le 13 mai 2000 représente la dernière étape avant leur canonisation par l'Eglise. C’est aussi une confirmation supplementaire de l'authenticité et de la valeur du Message de Fatima. »2

La gêne envers le Message de Fatima ressemble beaucoup à celle des hommes d'Eglise modernes vis-à-vis des enseignements des Papes et des Saints du passé. Des églises portent leur nom, ou les invoque dans les prières et ou procède à leur béatification, mais leurs enseignements et leurs croyances sont considérés comme depassés et sacrifiés aux dieux insatiables du « développement ». Ce langage en honneur pour l'héritage catholique ne convient pas pour Fatima. Les paroles de la Sainte Vierge ne peuvent être « développées », réinterprétées, reformulées de manière plus « pastorale ». Ou bien Elle les a dites, ou bien Elle ne les a pas dites et on ne peut séparer du message la visite ou le miracle. A Fatima, la guerre de destruction révolutionnaire pour refaire un visage à l'Eglise selon les besoins et les désirs de « l'homme moderne » rencontre une désastreuse impasse. C’est un sujet qui, plus que tout autre, hante les novateurs ecclésiastiques. Même si les officiels du Vatican préféreraient ne pas être considérés comme opposés à Fatima, cependant leurs tactiques ne peuvent s’expliquer autrement.

La Présentation du Cas

La Bataille Finale du Démon vise trois buts principaux. Le premièr consiste à superviser non seulement le Message de Fatima et sa controverse, mais aussi la crise d'Eglise dans son ensemble. Contrairement à des oeuvres qui limitent leur perspective à une courte période de temps, ou à une région géographique restreinte, cette analyse couvre de nombreux événements sur plusieurs ce dernièrs siècles.

Jamais jusqu'à ce jour n’ont été présentés de manière aussi cohérente autant de faits. Depuis les avertissements des papes contre le libéralisme et le modernisme jusqu’aux tactiques et attitudes nouvelles employées à Vatican II, depuis les détails des plans maçonniques de subversion contre l'Eglise jusqu’aux aveux par d'anciens communistes sur l’infiltration des séminaires, depuis les philosophies qui ont dominé la révolution catholique dans les années 60 jusqu’aux scandales homosexuels des clercs aujourd'hui, depuis l’occultation du Troisième Secret dans les temps requis jusqu’aux campagnes de propagande révisionnistes de Fatima, tout cela se trouve dans ce livre.

Le second but consiste à mettre en accusation des ecclésiastiques de haut rang qui, par leurs paroles et leurs actions, contrecarré le Message de Fatima et empêché l’accomplissement des requêtes de Notre-Dame (en particulier, la révélation du Troisième Secret et la Consécration collégiale de la Russie).

Ce livre n'hésite pas à citer des noms et des accusations spécifiques en détail contre les prévenues, en présentant le cas au jugement de la plus haute autorité de l'Eglise.

Selon les études de l’Abbé de Nantes il y a des années (et celles du Père Nicholas Gruner plus récemment), un tel jugement n'est pas susceptible de ce produire de si tôt, mais au Catholique fidèle, il ne reste aucun autre recours puisqu’il n’a pas autorité pour juger ses supérieurs. Aucune apparition ne peut remplacer la Foi catholique ni le Magistère infaillible (en fait, des déviations sur ces deux points serviraient de base pour rejeter l’authenticité d’une apparition). On ne peut non plus s’en servir comme justification ou excuse de schisme ou pour usurper l'autorité réservée au Saint Père. Comme les revendications du Message de Fatima ne sont, en aucune manière contraires à la Foi catholique et se limitent à des événements et des dévotions spécifiques, la diffusion du message ne devrait pas être traitée et considérée comme un acte de subversion (à ce propos, puisqu’il faut encore malheureusement le répéter, rappelons aussi aux lecteurs, exprimer son avis sur des accusations spécifiques contre ses supérieurs, ou même en rajouter, ce n’est pas les juger).

Le but final du livre, est un appel à l'action, en suggérant ce que tout Catholique peut faire pour diffuser le Message de Fatima et en contrecarrer la révision. Il convient tout d’abord et surtout d’agir par la prière et de suivre les consignes du Message qui s’adressent à tous et à chacun d’entre nous. Ce n’est pas la peine d’accuser les autres de ne pas être fidèles au Message de Fatima si l'on agit de même, en négligeant soi-même la prière et la dévotion.

Les Ramifications Apocalyptiques

A première vue, le titre du livre a semblé un peu incongru. Pourquoi un livre sur le Message de Fatima et la corruption ecclésiastique focalise-t-il sur la bataille apocalyptique entre le bien et le mal? Initialement, l’auteur de ces lignes a été frappé par l’inadaptation du titre; pourtant rien ne pouvait être plus loin de la vérité. En traitant la controverse de Fatima comme une simple affaire de « hiérarchie d'Eglise » ou de « philosophie moderne », on tombe dans les pièges dénoncés dans les paragraphes d’introduction de cet article.

Citer la bataille entre le bien, et le mal, ce n'est pas une exagération inutile sur la nature critique de Fatima de la part de l'auteur de ce livre ou de la part de personnes de crédibilité douteuse. Plusieurs sources dignes de foi ont présenté ces références apocalyptiques.

Le 13 mai 2000, au cours de la cérémonie de béatification de Jacinta et Francisco Marto, le Pape Jean-Paul II cite deux fois le Chapitre 12 du Livre de l'Apocalypse — d’abord le verset 1:

« Selon le plan divin, "une femme revêtue du soleil" (Apoc. 12;1) est descendue des cieux vers cette terre pour visiter les enfants privilégiés du Père. »3

Inutile de dire que la première partie de ce verset (« Et un grand signe apparut dans le ciel ... ») pouvait aussi s’appliquer à Fatima. Puis le Pape cite le verset 4:

«Le Message de Fatima est un appel à la conversion, il avertit l'humanité de n'avoir aucune part avec le “dragon” dont “la queue a balayé le tiers des étoiles du Ciel et les projetées sur la terre”.» (Apoc. 12;4).4

Traditionnellement, les commentaires catholiques sur ce passage ont vu dans les « étoiles du Ciel » une référence aux Cardinaux, aux évêques et aux prêtres de l'Eglise Catholique. Et enfin, Soeur Lucie elle-même cite à ce sujet une source digne de foi:

« Elle (la Sainte Vierge Marie) m'a dit que le démon est disposé à entreprendre une bataille décisive contre la Vierge. Et une bataille décisive, c’est la bataille finale où la victoire sera d’un côté et la défaite de l'autre côté. Dorénavant nous devons donc choisir notre côté. Ou bien nous sommes pour Dieu, ou bien nous sommes pour le démon, il n'y a pas d'autre possibilité. »

La Hantise de Fatima

Alors qu'en peu de cas La Bataille Finale du Démon ne tire pas sa reflexion des sources fournies, ses arguments fondamentaux et essentiels s’appuient sur une somme impressionnante de preuves. Provenant de la bouche même de la religieuse maintenant âgée choisie par la Mère de Dieu pour transmettre au monde Son Message, ces preuves expliquent pourquoi Fatima n’a cesse et ne cessera de hanter ces hommes d'Eglise qui en rejettent le message et les vertus surnaturelles qu'il représente. Ce message ne disparaîtra pas. La belle histoire d'une Mère aimante qui visite trois enfants simples ne peut s’affranchir de la vision de l'enfer, du miracle terrifiant d'un soleil qui semble foncer vers la terre, de la mort prématurée de deux des trois enfants ou des avertissements lugubres de guerres, de persécutions et de destructions pour l'Eglise et le monde.

Au déclin du 20 e siècle, on a consacré des efforts à faire cesser la hantise de Fatima chez les autorités d'Eglise et les Pontifes à venir. Tout effort a été fait pour empêcher les aspects « unpopulaires » de Fatima de suivre l'Eglise dans le nouveau siècle. C’est ce qu’a révélé le Secrétaire d'Etat du Vatican, le Cardinal Angelo Sodano:

Dans une interview avec le quotidien italien Corriere della Sera, le Cardinal Sodano a fait remarquer que le message de Fatima concernait « les Papes du 20 e siècle ». Maintenant que le siècle avait pris fin, expliqua-t-il, le Saint Père ne voyait pas de raison pour retarder la révélation publique. Aussi, a-t-il dit, à la lumière de l’évolution historiques, « les visions symboliques ne contient rien de mysterieux maintenant ».5

et il a réitéré cet avis par l’intermediarie des représentants de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui, dans leur libre interprétation sur la sujet, one rattaché en particulier Fatima au siècle dernier au moins quatorze fois, faisant remarquer avec une naïveté et une optimisme choquant que:

« La décision du Pape Jean-Paul II de rendre publique la troisième partie du "secret" de Fatima conclut une période de l'histoire, marquée par de tragiques volontés humaines de puissance et d'iniquité ... »6

Accumuler les révélations de la presse, les campagnes de rapports publics ou les entretiens secrets ne changera rien au fait que Notre Sainte Mère soit venue avertir Ses enfants contre d’horribles tragédies — les tragédies qui ne sont pas toutes partie du passé et qui impliquent des événements beaucoup plus significatifs et réels que ne voudraient nous le faire croire les textes de certaines autorités de l'Eglise.

Si nous croyons vraiment en Notre Dame de Fatima il nous faut aussi croire en Son Message – en tout Son Message:

« Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à Mon Cœur Immaculé. Si l'on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d'âmes se sauveront et l'on aura la paix. La guerre va finir. Mais, si l'on ne cesse d'offenser Dieu, sous le règne de Pie XI en commencera une autre pire. Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c'est le grand signe que Dieu vous donne qu'Il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l'Eglise et le Saint-Père.

« Pour empêcher cela, Je viendrai demander la Consécration de la Russie à Mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l'on écoute Mes demandes, la Russie se convertira et l'on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Eglise. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. À la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père Me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc. ... »7

NOTES:

Mgr. Roche, Pie XII Devant L'Histoire, p. 52-53.
http://www.ewtn.com/fatima/beatification depuis 10/2/2002.
Le Pape Jean Paul II : « Homélie de Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II — Béatification de Francisco et Jacinta Marto, Bergers de Fatima » Réseau du Vatican (www.vatican.va) le 13 mai 2000 — Fatima (Portugal).
Ibid.
« Un Secret Révélé » Rapport du Monde Catholique (Juin 2000).
Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Le Message de Fatima.
Fatima Raconté par Lucia — le Centre de Postulation, Fatima (Portugal) — Mai 1976 — p. 162 dans l'edition anglaise — Le texte se refère au message reçu pendant l'apparition du 13 juillet, 1917.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:34

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

APPROBATIONS DE PRETRES CATHOLIQUES DU MONDE ENTIER :

La Bataille Finale du Démon, traite du rapport de Soeur Lucie de Fatima sur l’avertissement de Notre-Dame « le démon est disposé à … une confrontation décisive » annoncée par « l’inimitié » de la Genèse (3;15) sur son combat continuel contre « La Dame revêtue de lumière. »

Les auteurs des articles ici révisés et rassemblés soutiennent que nous sommes au milieu de la grande Apostasie: ce conflit final pour nos âmes, l'Eglise Catholique et le monde qui est, avec preuves à l’appui, la substance du Troisième Secret de Fatima — occulté par les Papes pendant quarante ans, depuis 1960, et dénaturé et évincé par le Cardinal Angelo Sodano le 13 mai 2000 lors de la Béatification de Jacinta et Francisco Marto, et par le Cardinal Josef Ratzinger le 26 juin de la même année.

La lecture de ce livre est indispensable, specialement pour ceux qui ne voient pas (ou ignorent) le lien direct entre le Troisième Secret non révélé et l'appauvrissement spirituel de l'Eglise millénaire, les événements cataclysmiques humains actuels, la déloyauté sans courage, l’obscurcissement des intelligences et l'ennui moral du clergé, des politiciens, et des « fidèles » en désarroi, face au mal surhumain déchaîné parmi nous par l'adversaire, le tueur d'âmes.

Père Charles Fiore

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La Bataille Finale du Démon

Merci de votre livre La Bataille Finale du Démon dont j'ai achevé la lecture. Ce dernier livre nous offre, une fois encore, le plus haut niveau d’une oeuvre savante. Le Père Kramer s’est bien efforcé d’être objectif, precis et, pourtant, aussi charitable que possible vu les circonstances, même s’il visait directement le Vatican et citant ces quatre Cardinaux qu’on pouvait en fait, charger de la culpabilité dont ils sont accusés. En même temps que beaucoup d'autres « petits gens » dispersés sur des milliers de paroisses à travers le monde, j'ai toujours moi aussi combattir le bon combat depuis le début des changements après Vatican II et aucun d’entre nous n’a jamais noté aucun succès. Jamais, jamais aucun évêque ni Pape n’est venu nous défendre ou nous secourir pendant ces quarante dernières années ; je reste donc assez réaliste pour ne pas attendre un tel miracle dans un proche avenir.
Aujourd'hui, ce n’est pas avec l’hérésie que nous sommes confrontés, mais avec une apostasie quasi générale ! Aujourd'hui la grande majorité des Catholiques ne cherchent pas du tout la vérité, par suite de lavages de cerveau — ne pas savoir ce que Dieu leur demande et ne pas s’en soucier.

Les évêques craignent de quitter la ligne du parti car, ce faisant, ils se savent possibles d’eviction. C'est encore plus vrai pour tout prêtre qui franchit cette ligne. On voit la fermeté de la position des évêques au Canada et en Amérique, puisque lors du scandale de pédophilie/homosexualité, aucun n’a dû renoncer à sa charge.

En ce qui concerne les évêques, vraisemblablement, il ne vont pas se mettre à se soucier de Fatima avant le terrible châtiment final de Dieu. Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pauvres pécheurs!

Père Ed, Canada

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La Bataille Finale du Démon

Le Père Kramer prêsente le « grand crime commis contre l'Eglise Catholique et le monde en général » en refusant de consacrer la Russie au Coeur Immaculé de Marie tout en occultant sciemment et volontairement le Troisième Secret de Fatima : c’est un exposé implacablement méthodique. Le Père Kramer écrit son livre sous la forme d'une accusation légale, donnant un aperçu du crime, des preuves du crime, nommant les suspects du crime, leurs motifs, leur défense et les conséquences dévastatrices qui ont déjà résulté de leur crime et qui ne cesseront de s’intensifier jusqu'à l’abolition du crime.
Le livre est impitoyable. Mais le crime est donc immense. Le livre exprime la colère, et le désarroi des fidèles devant l'échec du Saint Siège à consacrer la Russie à Notre Dame selon Sa requête. On y trouve exposées les nombreuses prétendues consécrations qui ont eu lieu. De plus, on y voit condamnée la non-révélation du Troisième Secret de Fatima selon la requète de Notre-Dame, ainsi qu’une litanie à faire peur ses conséquences tristes et lugubres, actuelles et menaçantes, qui résultent de la non-consécration et de le non-révélation.

Le livre modère ses esquisses de l'avenir. Il insiste cependant avec force sur la foi et l'espérance dans le triomphe final du Coeur Immaculé sur le Malin et ses suppôts.

Il est à publier sans hésitation et à diffuser abondamment. Il faut en adresser des exemplaires aux autorités principales de l’Eglise aussi bien aux Etats-Unis qu’à l'étranger et très certainement au Saint Père lui-même.

Père Louis, E.U.A.

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La Bataille Finale du Démon

Je veux vous remercier de m’avoir adressé ces deux exemplaires du livre du Père Kramer La Bataille Finale du Démon.
Mes problèmes de vue me rendent la lecture presque impossible. Donc j’ai dû avoir recours à l’un de mes amis pour me lire le livre. Mais je dois dire que j'en ai vivement apprécié chaque moment, malgré la colère suscitée en moi par ces gardes noirs du Vatican.

Oui, le Père Kramer a produit là une oeuvre merveilleuse et il mérite des félicitations. A mon avis, il faudrait publier le livre dès que possible et sans en changer un mot.

J'aimerais joindre 1000 dollars pour aider à payer l’édition de ce livre merveilleux.

Père Augustine, Australie

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La Bataille Finale du Démon

Le livre (La Bataille Finale du Démon) rélève les considérations très pertinentes sur les assauts contre Dieu, l'Eglise et Marie.
Envoyez des extraits ou des exemplaires aux évêques et aux prêtres, surtout à ceux de l'Eglise Orthodoxe qui ne savent rien du Message de Fatima.

Il faut que les Orthodoxes connaissent Fatima puisqu’ils sont au coeur de l'ouragan. Mais, ils ont un véritable amour de Marie et sont peut-être la réponse pour la diffusion du Message.

Monseigneur John, EUA

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La Bataille Finale du Démon

Que la Vérité triomphe!

Père Bartley F. Schmitz, Taïwan
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:35

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Avant-propos

Depuis un demi-siècle, une histoire étrange se déroule à l'intérieur de l'Eglise Catholique qui pourrait avoir de graves implications pour le monde entier.

Comme l'explique ce livre, le nœud de l'histoire est un message du Ciel et donc une affaire de foi et de croyance. On pourrait croire qu'elle ne concerne que les Catholiques et les dirigeants de l'Eglise, mais il y a — beaucoup plus.

Le message a été transmis d'une manière unique dans l'histoire de l'Eglise et sa forme et son contenu sont également uniques, ce qui le classe dans une catégorie à part; il ne peut être relégué dans la vaste catégorie des «révélations privées» comme en ont reçu différents saints et mystiques catholiques au cours des siècles. S'il en était ainsi, des non-Catholiques et même beaucoup d'autres pieux Catholiques seraient libres de n'en pas tenir compte. Mais ignorer ce message particulier est impossible pour des Catholiques et peut-être aussi imprudent pour toute autre personne sur cette planète troublée.

Le message en question fut confié par la Sainte Vierge Marie à trois petits bergers près de la petite ville de Fatima (Portugal) en 1917. Loin d'être un événement privé, il fut livré accompagné d'un miracle public devant 70 000 témoins, et rapporté à l'en-tête des journaux du monde entier. Aucune autre apparition, pas même celles qui se rattachent aux sanctuaires mondialement célèbres de Lourdes en France ou de Guadalupe au Mexique, n'a été authentifiée de manière aussi spectaculaire. C'est ce qui met ces apparitions elles-mêmes à part de tous les événements précédents de ce genre, mais ce n'est là que l'un des aspects uniques de Fatima.

Quand le contenu du message reçu par les enfants fut révélé, il était également unique dans les annales du Christianisme. Il contenait une requête aussi bien que l'avertissement de futurs châtiments si la requête n'était pas observée.

Jamais auparavant n'a été rapporté un message de ce genre, public ou privé, par aucun témoin d'apparition.

Comme dans tous les cas de ce genre, le Vatican a soumis les événements de Fatima à un examen méticuleux. Habituellement, l'Eglise hésite à reconnaître de tels faits, souvent tout à fait subjectifs et difficiles à vérifier. Cependant, en ce qui concerne Fatima, la hiérarchie catholique, depuis les évêques locaux du Portugal jusqu'à une série de Papes du Vatican, à l'unanimité, a considéré les apparitions de Fatima comme «dignes de foi.» Le Pape Jean-Paul II est allé jusqu'à dire que le Message de Fatima «impose une obligation» à l'Eglise. Cette approbation hiérarchique unanime au cours des années a solidement renforcé la conviction des fidèles catholiques sur l'authenticité des apparitions de Fatima en tant que message céleste.

Mais alors le 26 juin 2000, l'histoire de Fatima a pris un étrange virage. Ce jour- là, le Cardinal chargé de la doctrine catholique au Vatican et son subordonné immédiat ont tenu une conférence de presse que le Los Angeles Times a présenté comme une tentative de «déboulonner en douce le culte de Fatima.» Le thème de la conférence de presse était que les prophéties de Fatima sont dans la catégorie de «révélations privées» et que, de toute façon, elles «appartiennent au passé.»

Que s'est-il passé? Comment les apparitions de Fatima sont-elles passées d'une déclaration officielle, qui les reconnaissait dignes de foi, à un déboulonnement officiel par un Cardinal de haut rang? Et qu'en est-il du message avec sa requête et sa menace de châtiment? Voilà les questions que pourrait bien se poser tout catholique réfléchi, étant donné l'étrange comportement des chefs de l'Eglise dans cette affaire. Mais, après considération du contenu du message, ce sont aussi des questions que pourrait se poser tout être humain sur terre.

Le contenu du Message de Fatima comporte en grande partie des questions de religion catholique qui relèvent entièrement du domaine de la foi et de la croyance. Une partie du message, cependant, a des implications plus vastes qui méritent plus d'attention. C'est la partie de la requête, et puis des avertissements de châtiment si la requête n'est pas observée.

La requête concerne la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie par le Pape en union avec tous les évêques catholiques du monde. Pour ceux qui se situent en dehors de l'Eglise, ce rite peut-être n'a pas grande signification. A l'intérieur de l'Eglise, par contre, de telles cérémonies sont une tradition bien établie. Les consécrations contribuent à la sanctification, donc aux yeux des Catholiques, une telle cérémonie serait bénéfique pour la Russie.

Bien entendu, cette cérémonie ne peut être accomplie que par l'Eglise Catholique. Cependant, la menace qui accompagne la requête s'étend bien au-delà de l'Eglise Catholique. Si la Consécration se fait, dit le message, «une période de paix sera accordée au monde.» Sinon, avertit le message, entre autres choses, «plusieurs nations seront anéanties.»

Est-ce une menace crédible? Faut-il que les non-Catholiques et les non-Chrétiens s'en inquiètent? A première vue, on pourrait penser que non, mais la question mérite d'être examinée de plus près. Il n'est pas nécessaire de croire absolument, venu du Ciel, ce message pour lui donner une sérieuse considération. C'est ce qui donne à Fatima sa dimension mondiale.

Avec l'approbation du Vatican pour les apparitions et l'enjeu de l'annihilation possible des nations, on pouvait croire que la consécration aurait été accomplie il y a longtemps. Après tout, elle n'exige qu'une simple cérémonie traditionnelle qui évidemment ne peut nuire à personne. Et même si le message n'a que la chance la plus lointaine d'être authentique, le bienfait de l'accomplissement de la cérémonie selon la requête pourrait être de valeur incalculable. Vu les circonstances, même le plus sceptique des étrangers à l'Eglise pourrait bien penser que la consécration «mérite un essai.»

Et pourtant, pour des raisons connues seulement d'un petit groupe de fonctionnaires du Vatican, la requête de Fatima n'a pas été honorée, même si l'Eglise en a connaissance depuis au moins six décennies. A différentes reprises, plusieurs consécrations officielles ont été accomplies dont l'une a même nommé explicitement la Russie, mais dans tous les cas, on a évité d'accomplir les exigences spécifiques requises à Fatima: que le Pape et les évêques catholiques du monde consacrent la Russie nommément dans une cérémonie publique solennelle. Le plus récent exemple fut une consécration du monde, à Rome, en 2001 par le Pape Jean-Paul II et 1 500 évêques en visite. Beaucoup pensaient que le Pape pourrait saisir l'occasion pour accomplir la requête de Fatima, mais à leur déception, la Russie ne fut pas mentionnée.

Pour l'intérieur comme pour l'extérieur de l'Eglise, le Vatican semble traiter cette affaire avec une inconsistance étrange par rapport à ses propres modèles et traditions. Il montre aussi, semble-t-il, une insouciance dédaigneuse pour la sécurité, non seulement des fidèles catholiques, mais également du reste de l'humanité. Si la menace de Fatima est authentique, le prix du refus du Vatican pourrait, à la vérité, être très élevé — et il serait payé par toute l'humanité.

Dans de telles circonstances, toute personne réfléchie pourrait se demander pourquoi l'Eglise persiste à faire peu de cas du message et à risquer des conséquences aussi catastrophiques.

Comment et pourquoi en est-il ainsi, tel est le thème de ce livre. L'histoire qu'il raconte implique un mélange de faits et de questions de foi. Pour les non-croyants, il se peut que les faits n'aboutissent pas à une conclusion d'authenticité pour le message, mais ils vont loin dans cette direction — assez loin pour persuader beaucoup d'esprits ouverts de considérer l'authenticité comme une vraie possibilité. Et pour ceux qui partagent la foi catholique, les faits vont beaucoup plus loin en affirmant l'authenticité et soulevant des questions alarmantes sur l'état de la hiérarchie de l'Eglise aujourd'hui.

L'histoire montre le Vatican sous une série de changements qui d'abord le mènent à reconnaître Fatima, puis à jeter le doute, puis à le taire et finalement à l'écarter complètement. Suivre ce processus est difficile, d'autant plus que ce qui se passe au Vatican se fait en secret et que les attitudes doivent être décodées à travers des déclarations souvent occultes.

Nul ne peut voir dans les cœurs et les esprits des fonctionnaires du Vatican, qui ont conspiré pour traiter de cette manière le Message de Fatima. On ne peut les juger que par leurs actions et par les conséquences logiques de leurs vœux déclarés. Quand on les analyse, comme dans ce livre, il en émerge l'image troublante d'une Eglise divisée contre Elle-même par une fissure qui va droit au sommet.

Cette histoire comporte un aspect ironique qui ne sera pas perdu pour les non-croyants. Les faits relatés dans ce livre convaincront beaucoup de non-Catholiques à l'esprit ouvert au moins de la possibilité de l'authenticité de Fatima. Si on peut dire cela à propos de personnes de l'extérieur, combien plus devrait être convaincante cette histoire pour les Catholiques? Et pourtant, alors que cette histoire mène les non-croyants à la croyance, elle semble avoir l'effet contraire sur certains fonctionnaires du Vatican. Ironiquement, certaines des personnes les moins susceptibles de croire à Fatima se trouvent parmi celles qui devraient en être les plus susceptibles. Des croyances autrefois essentielles à la foi catholique sont aujourd'hui abandonnées, non par les fidèles du rang, mais par certaines des autorités les plus élevées de l'Eglise.

Ironie supplémentaire: la position du Pape dans cette affaire. Comme tous ses prédécesseurs depuis les apparitions de Fatima, Jean-Paul II a professé, ouvertement et à plusieurs reprises, sa foi en l'authenticité des apparitions. Il a visité trois fois le sanctuaire de Fatima et attribue à Notre-Dame de Fatima d'avoir survécu en 1981, à une tentative d'assassinat. Et pourtant même le Pape semble impuissant à empêcher un point de vue fort différent sur Fatima chez ses Cardinaux de premier rang. Il n'était pas présent à la conférence de presse de juin 2000 mentionnée plus haut où deux des fonctionnaires au sommet se sont efforcés de saper la crédibilité des prophéties de Fatima et de les reléguer au passé.

Comme l'expliquent plusieurs chapitres de ce livre, le Message de Fatima comporte aussi des implications politiques qui ont peut-être influencé la manière dont il a été manipulé par les fonctionnaires du Vatican. Le message demande spécifiquement la Consécration de la Russie, afin de convertir cette nation au Catholicisme. Accomplir une cérémonie ouvertement dans cette intention va contre ce qu'on appelle l'«Ostpolitik» adoptée par le Vatican, en considération d'abord du communisme international et, plus récemment, de l'Eglise Orthodoxe de Russie. Dans ces deux domaines, l'appareil du Vatican a abandonné la défense traditionnellement militante de l'Eglise dans son enseignement, en donnant son accord pour cesser de dénoncer le communisme comme un mal et cesser le chercher la conversion des Orthodoxes russes. C'est pourquoi, le Message de Fatima a été et est toujours «politiquement incorrect» dans le contexte de la politique actuelle du Vatican.

On pourrait penser que le Vatican se refuse à consacrer la Russie uniquement pour ces raisons politiques. Mais est-ce vraiment crédible? Etant donné ce qui est en jeu, le Vatican risquerait-il l'anéantissement des nations simplement pour éviter un incident diplomatique avec les Russes? La Russie serait-elle vraiment offensée par une cérémonie qui effectivement confierait ce pays au soin de la Mère de Dieu? Et même si la Russie était offensée, que se passerait-il? Que pourrait-on faire de pire que le châtiment promis pour ne pas avoir consacré la Russie, c'est-à-dire «plusieurs nations seront anéanties»?

Ce livre révèle et étudie les manœuvres politiques qui ont clairement influencé des attitudes envers Fatima parmi quelques diplomates de haut niveau du Vatican. On ne peut guère douter que les architectes de l'«Ostpolitik» de conciliation du Vatican se trouvent incommodés par le Message de Fatima. Mais il semble pourtant invraisemblable que ces considérations diplomatiques suffisent à persuader le Vatican de ne pas faire cas d'un message venu du Ciel. Pour qu'il en soit ainsi, il faut une autre mise en œuvre, quelque chose de plus profond et de plus sombre que la politique mondiale.

Ce malaise plus profond et plus sombre est le thème ultime de ce livre. Il révèle comment l'Eglise Catholique a subi des transformations qui ont laissé dans la confusion de nombreux fidèles. En même temps, de l'extérieur, on voit maintenant une Eglise gardant une apparence de normalité de fonctionnement qui masque seulement les transformations radicales derrière cette façade.

Vue de loin, l'Eglise Catholique apparaît comme une institution qui ne change que lentement et à contre-cœur. Le procédé de réforme inauguré par le Vatican II dans les années 1960, a mené l'Eglise à des changements sans précédent (par exemple messes vernaculaires, abandon de l'habit clérical distinctif, etc.) qui, peut-être, semblaient dramatiques pour ceux de l'intérieur, mais presque invisibles à l'extérieur. En comparaison des modes séculières de la dernière moitié du 20ème siècle, l'Eglise semblait résister aux changements, maintenir son enseignement sur des points tels que le célibat sacerdotal, l'ordination des femmes, la contraception, le divorce et l'avortement. A tous ces points de vue, l'Eglise semble maintenir fermement les positions retranchées qu'Elle garde depuis des siècles.

Mais cela signifie-t-il que le gouvernement du Vatican soit résolument traditionaliste? Ceux de l'extérieur qui se basent sur des choses comme les discours publics du Pape pourraient bien le penser. Mais comme l'explique ce livre, de l'intérieur on connaît mieux. L'Eglise Catholique aujourd'hui n'est pas telle qu'Elle paraît et la différence entre les perceptions publiques et l'exacte réalité va s'élargissant de jour en jour.

Alors que des traditions ont été officiellement maintenues à certains points de vue, dans d'autres domaines, elles ont été abandonnées ou sapées. Et tandis que des positions encore maintenues ont attiré l'attention du public, d'autres abandonnées ou sapées ont été simplement reconnues pour telles. Les Catholiques qui autrefois partageaient dans le monde entier, une certaine somme de croyances communes se trouvent maintenant à la dérive en différents sens et différents lieux, à la suite d'un gouvernement contradictoire et incertain à tous les niveaux.

L'Eglise Catholique, monolithique de réputation, n'est plus monolithique du tout; Elle est pleine de fractures que ce livre fait remonter à leur source. Il nous montre un gouvernement de l'Eglise fragmenté où la première fissure sépare un Pape, ardent croyant, de ses subordonnés immédiats, qui sont tout autre chose.

Quatre de ces fonctionnaires de haut rang sont examinés de près dans ce livre, qui fournit une ample documentation sur leur tentative de «fermer le livre» de Fatima comme expression politiquement incorrecte de la foi catholique traditionnelle. Alors qu'il est impossible d'avoir la certitude de leurs motivations personnelles, il est également impossible d'éviter la conclusion que leurs agissements ont contribué à la crise actuelle de la foi et de la discipline dans l'Eglise.

Maints commentateurs catholiques ont noté que, à l'ère post-conciliaire, des croyances, autrefois partagées par tous les Catholiques pratiquement, sont maintenant marginalisées et réduites à l'état de dévotion personnelle. Au premier rang, la foi dans les apparitions, les miracles et les prophéties. Au cours des siècles, l'Eglise Catholique a élevé au rang des Saints, bien des centaines dont chacun fut canonisé sur la base de miracles accomplis par son intercession. Beaucoup de ces mêmes Saints ont connu des apparitions du Christ ou de la Vierge Marie. La tradition catholique affirme la foi en un dialogue entre la terre et le Ciel, par la médiation de Saints visionnaires, qui s'illustrent comme prophètes de leur temps et qui authentifient leurs prophéties par des miracles. Loin de maintenir cet aspect séculaire de la foi chrétienne, certains des fonctionnaires du Vatican d'aujourd'hui se font un devoir d'affirmer que «les apparitions privées» peuvent être dédaignées comme «non essentielles» à la foi — y compris les apparitions de Fatima, bien que Fatima nous avertisse d'une catastrophe planétaire.

En général, la «modernisation» post-conciliaire de l'Eglise Catholique a laissé les croyances catholiques réduites à un noyau ratatiné et même ce noyau est contesté à de hauts niveaux. Largement publié (et ouvertement hérétique), le «théologien» Hans Küng n'a reçu qu'une petite tape sur le poignet pour avoir mis en question des articles de foi aussi fondamentaux que la Résurrection et la Divinité du Christ.

C'est simple: il n'est plus possible de déterminer clairement ce que croient, en fait, certains fonctionnaires à la tête du Vatican. Le fonctionnaire clé à cet égard, porte le nom de Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Ce poste, traditionnellement, est occupé par un homme engagé de manière absolue et indiscutable à la préservation de la doctrine catholique. Aujourd'hui, le poste est occupé par le Cardinal Joseph Ratzinger dont les déclarations concernant la doctrine catholique (en de nombreux entretiens et même dans certains discours officiels) sont si chargées d'ambiguïté que même les experts en théologie sont incapables de dire avec certitude ce qu'il croit réellement en beaucoup de domaines.

Tout cela, de l'extérieur, peut sembler en dehors de la question et c'est exact, à bien des égards. Il n'est d'aucun intérêt pour les non-Catholiques et les non-Chrétiens que les Catholiques assistent à la messe latine traditionnelle ou à une messe moderne en langue vernaculaire, ou récitent le rosaire ou non. Ce que pense le Cardinal Ratzinger sur des questions de doctrine catholique, ne signifie généralement rien pour ceux de l'extérieur.

Mais ce que pense le Cardinal Ratzinger sur les apparitions, les miracles et les prophéties a de l'importance. Cela importe, car s'il ne croit pas aux apparitions de Fatima, méprise le Miracle du Soleil, et ne fait pas de cas des prophéties du Message de Fatima, il met peut-être en danger le monde entier.

La baisse de la foi traditionnelle émerge donc comme l'explication la plus plausible de la conduite autrement inexplicable de l'Eglise vis-à-vis de Fatima. La croyance catholique traditionnelle aux apparitions, miracles et prophéties est au cœur de l'histoire de Fatima. L'abandon de la foi en ces choses est ce qui a fait passer Fatima de quelque chose de «digne de foi» à une dévotion que le dirigeant doctrinal de l'Eglise essaie de discréditer et de déboulonner.

Ceux de l'extérieur souhaiteraient peut-être que ce fût purement une affaire interne de l'Eglise, mais non. Ce n'est pas nécessaire d'être Catholique pour s'interroger sur Dieu et comment Dieu pourrait choisir de communiquer avec l'humanité. Les personnes qui manquent de foi en toute religion particulière ne nient pas, habituellement, l'existence de Dieu, simplement elles ne savent pas si Dieu existe. Dans cet état d'incertitude, comment pourrait-on biffer quelque chose? Dieu pourrait bien choisir de communiquer avec la race humaine par le Message de Fatima, si bizarre que cela puisse paraître à beaucoup. Comme la Bible nous le dit avec sagesse, les voies de Dieu ne sont pas les nôtres.

L'issue finale n'est donc pas simplement ce que croit l'Eglise Catholique, mais ce que cela pourrait signifier pour l'humanité dans son ensemble. Cette situation invite chacun, Catholique ou non, Chrétien ou non, à considérer comme possible l'authenticité du Message de Fatima. Si impossible que cela puisse sembler superficiellement, il y a quelques preuves persuasives pour soutenir cette idée. L'investigation exhaustive du Vatican n'a trouvé aucune des inconsistances, des contradictions ou divergences qui souvent invalident des événements de ce genre. Au contraire, ils ont trouvé tout en ordre. Ils ont aussi reconnu la nature unique du Miracle du Soleil en présence de milliers de témoins, encore sans explication scientifique adéquate.

Quand le contenu du message fut plus largement divulgué dans les années 1940, les renforts d'authenticité commencèrent à s'accumuler. Le message contenait une série de prophéties dont chacune s'est réalisée comme prédit. Celles-ci comportaient la fin de la Première Guerre Mondiale, l'élection du Pape Pie XI, le commencement de la Seconde Guerre Mondiale, et l'expansion de la Russie communiste. Les preuves se sont avérées suffisantes pour susciter la foi de six papes successifs depuis les apparitions et celle de millions de fidèles catholiques. Elles ont aussi persuadé le Vatican, sous le Pape actuel, de béatifier les deux témoins décédés des apparitions, François et Jacinthe Marto et de commémorer les apparitions de Fatima au Missel romain, livre officiel du culte catholique utilisé par l'Eglise Catholique Romaine pour la célébration de la messe.

Pourtant une autre prophétie de Fatima, qui n'a encore été que partiellement révélée, constitue le Troisième Secret de Fatima. Le témoignage esquissé dans ce livre insiste fortement sur la prédiction de graves problèmes dans le gouvernement de l'Eglise, problèmes qui portent une étrange ressemblance avec ce qui se passe en fait dans l'Eglise d'aujourd'hui.

La plupart des Catholiques ont été accablés par la cascade récente de révélations sur les abus sexuels vis-à-vis d'enfants et d'adolescents, pratiqués par des membres du clergé. Affaire absolument sans précédent dans l'histoire de l'Eglise, même à l'époque médiévale où beaucoup de prélats de haute condition tournaient le célibat en ridicule. Dans leur recherche d'explication pour cette situation épouvantable, il se pourrait bien que les Catholiques et d'autres regardent en direction du Troisième Secret encore non révélé.

Ce livre fournit de bonnes raisons de croire que le Troisième Secret prédit exactement ce qui se passe aujourd'hui. Des scandales dans le clergé, c'est le commencement des châtiments promis si la consécration n'est pas faite. Alors que le monde entier sera puni en dernier lieu, la punition tombe d'abord sur l'Eglise Elle-même. Le flétrissement du Sacerdoce Catholique et sa dégradation morale sont simplement les premiers signes d'une calamité qui, en dernier lieu, engloutira l'humanité toute entière.

Le fait que les quatre bureaucrates du Vatican examinés dans ce livre soient allés loin pour mettre au repos la question de Fatima, en cachant encore le texte du Troisième Secret, apporte un ferme soutien à cette interprétation. Il est clair que ces officiels ont encore quelque chose à cacher. Autrement, pourquoi ne pas publier le document en question, et pourquoi ne pas autoriser Sœur Lucie dos Santos, seul témoin survivant des apparitions, à en attester l'authenticité?

Pour clore l'affaire, il semble évident que la véritable raison pour le Vatican de ne pas accomplir la Consécration, c'est que le faire serait authentifier le Message de Fatima. Et le faire, d'autre part, authentifierait l'apostasie prophétisée qui atteint même l'intérieur du Vatican. Les fonctionnaires incroyants ne vont pas se livrer en tenant compte d'un message qui les montre du doigt. Au lieu de cela, ils ont essayé d'enterrer le message, de manière à éviter de donner crédit à ce que le Vatican lui-même avait précédemment déclaré digne de foi.

Pratiquement, à toute autre ère de l'histoire de l'Eglise, les membres à l'échelon supérieur du Vatican auraient été au premier rang de ceux qui croient en un message du Ciel délivré d'une façon si convaincante. Ils n'auraient pas perdu de temps avant d'en tenir compte et d'en accomplir la requête. Avec la confusion consécutive au Concile Vatican II et la rapide avancée de la sécularisation dans toutes les institutions, y compris l'Eglise dans les 40 dernières années, un tel message reçoit maintenant un accueil hostile, même de la part de certains fonctionnaires du Vatican. En ne faisant pas cas du message, ces prélats se placent non seulement hors des rangs des croyants, mais encore hors des rangs des non-croyants munis du sens commun parce qu'ils n'ont même pas envie de donner au message un essai en quelque manière — juste au cas où ...

Sous ce rapport, la Bible offre un exemple éclairant. Le quatrième livre des Rois (4, Rois, 5:1-15 — référence pour certaines Bibles: 2, Rois 5:1–15) raconte l'histoire de Naaman, gouverneur de l'armée de Syrie, envoyé par son roi au prophète Elisée en Israël pour obtenir la guérison miraculeuse de sa lèpre. Sans l'avoir rencontré en fait, Elisée prescrivit à Naaman de se baigner sept fois dans le Jourdain afin d'être guéri. Naaman fut indigné que Elisée ne soit pas venu en personne lui administrer sa guérison. Simplement se baigner dans le Jourdain, à son avis, ne pouvait absolument pas faire meilleur effet que se baigner dans n'importe lequel des beaux fleuves de Syrie. Rejetant comme insignifiantes les instructions du prophète, Naaman se préparait à repartir, mais ses conseillers l'en dissuadèrent. Ils avancèrent que si le prophète lui avait demandé, pour sa guérison, quelque acte difficile, Naaman l'aurait fait. Donc pourquoi ne pas suivre, au lieu de cela, la prescription très commune qu'il lui avait faite? En effet, ils lui dirent: Pourquoi ne pas l'essayer, puisque c'est si simple? Là dessus, Naaman fut d'accord de faire un essai et bien sûr, à son septième bain dans le Jourdain, sa lèpre disparut.

Il y a un parallèle frappant entre cet événement biblique miraculeux et l'attitude actuelle du Vatican vis-à-vis de la Consécration de la Russie. Comme Naaman, les fonctionnaires du Vatican semblent incapables de croire que quelque chose d'aussi simple qu'une consécration pourrait apporter un bienfait aussi important que la paix du monde authentique. Et ils sont opiniâtres dans leur position au point de ne pas même permettre l'essai du remède, malgré les appels répétés sur des décennies de la part de millions de fidèles, y compris des milliers du clergé catholique.

De l'extérieur, il peut sembler incroyable qu'un petit groupe d'incrédules de haut niveau puisse bloquer une action si ardemment désirée par des nombres énormes de croyants. Pour le comprendre, il faut considérer la structure de l'Eglise qui est très différente d'une démocratie. Les évêques de l'Eglise Catholique ne sont pas choisis par les fidèles, ni même par leurs pairs. Ils sont choisis par le Pape et consacrés par lui ou (plus généralement) par un évêque déjà créé et le pouvoir conféré par cette consécration leur vient directement de Dieu. Une fois consacré, chaque évêque en définitive, est responsable devant Dieu seul et au-dessous de Dieu, doit obéissance en affaires d'Eglise, au Pape seul.

Etant donné le caractère des temps et le style d'administration du Pape actuel, il est certain que le Pape ne donnera aucun ordre direct aux évêques, s'il n'y a pas tout d'abord entre eux un consensus général.

Tout cela pour dire qu'en définitive, c'est l'affaire des évêques de l'Eglise, au nombre de 4 500 environ, de se mettre d'accord volontairement pour faire la consécration telle qu'elle est demandée. Etant donné leurs vastes pouvoirs sur les nominations, promotions et autres privilèges, il est facile pour le petit groupe en fonction au Vatican d'empêcher l'émergence éventuelle d'un accord si spontané.

Aujourd'hui, de toute évidence pour le clergé catholique, élever la voix pour Fatima vaut un billet de non retour pour l'oubli en ce qui concerne tout prêtre, évêque ou même cardinal. Donc la plupart des évêques gardent le silence à ce sujet, quoi qu'ils pensent ou croient en fait. De même pour les prêtres, plus vulnérables encore à une sanction pour avoir été «politiquement incorrects.»

Le livre mentionne aussi le traitement répressif du «Fatima Priest» (Prêtre de Fatima), le Père Nicholas Gruner qui s'est dévoué à la promotion du Message de Fatima à grands frais personnels. Les efforts du Vatican pour le réduire au silence, y compris la menace d'excommunication, forment un vif contraste avec le traitement indulgent de centaines d'autres prêtres et même évêques et Archevêques, mêlés à des allégations d'abus sexuels sur des mineurs. Le triste état du Clergé catholique d'aujourd'hui se résume en ce contraste entre le traitement du Père Gruner et celui qu'on accorde au Clergé catholique coupable en réalité de crimes sérieux.

L'Eglise Catholique a entre les mains un remède qui pourrait opérer ce que nul autre ne sait faire — apporter la paix à ce monde indéfiniment déchiré par la guerre. D'après le cas évident présenté dans ce livre, ceux qui empêchent l'essai de ce remède ont beaucoup à répondre. Aussi bien au monde qu'aux fidèles catholiques, ils doivent une explication de leur conduite. De plus, étant donné son importance pour le monde en général, l'occultation du Message de Fatima est encore plus une circonstance d'outrage public que les occultations épiscopales d'inconduite sexuelle des prêtres, étalées dans la presse en l'année 2002.

Le chapitre final de ce livre offre des suggestions sur ce que pourraient faire des personnes, tant croyantes que non-croyantes, pour persuader les dirigeants de l'Eglise Catholique, d'agir à la fois pour le meilleur intérêt de l'Eglise et celui de toute la race humaine. Comme le montre clairement ce livre, les Catholiques aussi bien que les non-Catholiques, ont beaucoup à gagner, et beaucoup à perdre si le Message de Fatima continue à être méprisé par les hommes mêmes qui sont chargés d'en accomplir les impératifs.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:35

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Préface du Rédacteur

L'homme hypothétique de la rue serait surpris d'apprendre que l'attaque terroriste du 11 septembre 2001 et le scandale sexuel qui détruit actuellement l'Eglise Catholique sont des événements étroitement liés. Ils sont en fait étroitement liés cependant. La relation devient évidente quand les deux événements sont considérés à travers le prisme du Message de Fatima.

On dit souvent que tel va l'Eglise, tel va le monde. C'est essentiellement l'avertissement de la Mère de Dieu quand Elle est venue à Fatima, Portugal, il y a 85 ans, dans une série d'apparitions authentifiées par un miracle public sans précédent dans l'histoire du monde. Depuis ce temps-là, les admonitions prophétiques du Message de Fatima se sont toutes accomplies à la lettre — sauf une: l'anéantissement de plusieurs nations, dont la Vierge de Fatima nous a dit que ce serait l'ultime conséquence d'avoir failli à honorer Ses requêtes.

Les apparitions de Fatima ont été déclarées authentiques par une série de Papes et sont maintenant commémorées dans le Missel Romain (Livre de base du culte catholique), par décret du Pape Jean-Paul II. Et cependant, ce qui doit être vu comme un mystère d'iniquité, les simples requêtes de la Vierge demeurent non accomplies à cause de décisions conscientes de la part de certains prélats au plus haut rang de l'Eglise Catholique. Le résultat, tout comme Elle l'a prédit, c'est une crise toujours plus profonde dans l'Eglise et le monde, accompagnée d'un sentiment de plus en plus net, même parmi les non-Catholiques, d'assister à un commencement d'apocalypse.

Ce livre fut conçu, à l'origine, comme une compilation de certains écrits et discours plus importants à propos de Fatima en ces dernières années!1 On espérait que recueillir ces œuvres sous un seul titre leur donnerait plus vaste distribution et plus longue vie sur les étagères. Mais cette idée fut bientôt supplantée par une meilleure: refondre les articles et discours en un livre intégral avec un thème d'ensemble cohérent. Avec la permission des auteurs, le Père Paul Kramer et le personnel de rédaction de l'Association Missionnaire ont sculpté les articles et discours (en ajoutant beaucoup de nouveaux éléments) pour une œuvre différente de tout ce qui a été publié jusqu'à présent sur Fatima.

C'est au cours de la répartition et du développement des éléments que s'est produit quelque chose de remarquable: un thème s'est dégagé absolument de lui-même, comme par la Providence. En abordant le sujet du Message de Fatima sous différents angles, les différents conférenciers et écrivains avaient tous convergé vers une seule conclusion: les événements de Fatima représentent un point focal céleste dans la bataille qui maintenant fait rage dans l'Eglise et le monde. A la fois la crise de l'Eglise et la crise mondiale se concentrent autour des vérités divines résumées avec concision céleste dans les Apparitions de Fatima. C'est dans l'accomplissement du Message de Fatima que réside la fin de cette double crise. C'est dans le refus de ce Message que réside, en grande mesure, l'origine et le développement des deux crises.

Les événements stupéfiants de Fatima ne furent pas quelque spectacle inutile, car Dieu ne s'engage pas dans des spectacles inutiles. La Mère de Dieu est venue sur la terre avec nos circonstances actuelles clairement en vue, et avec la sollicitude d'une mère, Elle nous a offert le moyen d'en sortir — le moyen choisi par Dieu pour notre temps. Dans ce cas, on ne peut comprendre l'état de l'Eglise et du monde aujourd'hui sans comprendre ce qui s'est passé à Fatima.

Il faut aussi comprendre l'étrange effort systématique de certains ecclésiastiques catholiques pour faire obstruction à l'accomplissement des impératifs célestes du Message de Fatima, y compris la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie; la conversion miraculeuse de la Russie au Catholicisme; et le triomphe du Cœur Immaculé de Marie qui en résultera dans une période de paix mondiale. L'importance capitale de Fatima dans le schéma des événements mondiaux actuels est démontrée par les seuls récents efforts, presque frénétiques, de certains fonctionnaires du Vatican, pour «démolir» et «démystifier» Fatima, afin d'éviter d'offenser différents éléments extérieurs à l'Eglise — surtout l'Orthodoxie russe, dont l'implacable opposition à Rome est aussi intense que jamais après quarante ans de «dialogue œcuménique» inutile avec les représentants du Vatican. Les pages qui suivent présentent la preuve contre les ecclésiastiques les plus éminents impliqués dans cette campagne contre Fatima, en déposant à leurs pieds une vaste part de blâme à cause de la crise de l'Eglise et de la crise mondiale qu'il nous faut tous affronter.

A ceux qui trouvent scandaleuse notre entreprise d'exposer leur campagne contre Fatima, nous pouvons seulement répondre par les paroles de la Vierge Elle-Même: «Si l'on écoute Mes demandes, la Russie se convertira et l'on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Eglise. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.» La Russie ne s'est pas convertie. Les erreurs de la Russie, y compris l'holocauste de l'avortement «légalisé», se sont répandues à travers le monde. Il n'y a pas de paix. Et aujourd'hui même les non-Catholiques et les incroyants vivent dans la crainte de l'anéantissement des nations. Pour faire écho aux paroles du Pape Saint Grégoire le Grand, mieux vaut que survienne le scandale plutôt que soit cachée la vérité — surtout lorsque, la vérité comme dans ce cas, pourrait détourner un désastre mondial.

Nous soumettons cette œuvre au jugement du Pape et à votre jugement, lecteur. Nous soumettons cette œuvre au public parce que de nombreuses suppliques privées, adressées sur plus de cinq ans aux autorités supérieures de l'Eglise, ont toutes été inefficaces. Pendant ce temps, l'entourage d'un Pape de plus en plus fragile le rend effectivement incapable de répondre à des pétitions provenant du clergé et des laïcs du rang commun. En ce moment même, le compte à rebours de la vie du Pape est commencé, avec d'éventuels successeurs au trône papal manoeuvrant pour des postes avantageux au prochain conclave. Comme le montre l'occultation épiscopale, depuis plusieurs décennies, des scandales sexuels parmi les prêtres, le forum public, dans les circonstances actuelles, est le seul forum ouvert aux Catholiques qui cherchent amendement de justes griefs affectant toute l'Eglise.

Notre motivation pour présenter ce livre est celle de fils et filles de l'Eglise, qui connaissent et aiment la Foi et croient en conscience que le courant actuel suivi par certains dirigeants de l'Eglise est gravement erroné, comme devraient le révéler clairement à tout observateur objectif des événements récents dans l'Eglise Catholique. Si nous avons fait des erreurs dans l'un ou l'autre des faits cités, la logique et les conclusions, ou commis quelque injustice, il serait alors du devoir du lecteur de nous présenter, non des injures ou des attaques sans fondement, mais une légitime correction basée sur des faits — pour notre propre bien et le bien de l'Eglise. Mais si le cas que nous présentons est bien fondé, alors survient un autre devoir pour le lecteur: le devoir d'agir sur les preuves que nous avançons — maintenant, pendant qu'il est encore temps.

Père Paul Kramer
et l'Equipe de Rédaction de l'Association Missionnaire

8 décembre 2002
Fête de l'Immaculée Conception.

Notes:

1. Voici parmi les nombreuses sources de ce livre: «Y a-t-il Deux Manuscrits Originaux du Troisième Secret»?, par Andrew M. Cesanek (The Fatima Crusader, N° 64, Printemps 2000); «Le Troisième Secret du Cardinal Ratzinger» par le Père Gregory Hesse (The Fatima Crusader, N° 66, Hiver 2001); «Chronologie d'une Occultation» par le Père Paul Kramer (publié sur www.fatima.org); «La Franc-Maçonnerie et la Subversion dans l'Eglise (la Alta Vendita)» par John Vennari (transcription d'un discours de la Conférence sur Fatima à Rome; octobre 2001); «Cela n'ajoute Rien» par John Vennari (The Fatima Crusader, N° 70, Printemps 2002); «Entendons le Témoin, pour l'Amour du Ciel» Christopher Ferrara (The Fatima Crusader, N° 70, Printemps 2002); «Lucie et les Pirates», par Mark Fellows (The Fatima Crusader, N° 70, Printemps 2002); «La conférence de Presse Mensongère du 26 Juin 2000» par le Père Paul Kramer (Transcription de discours de la Conférence sur Fatima à Rome, octobre 2001); «Notre-Dame de Fatima contre le Désir de Détruire notre Patrimoine Catholique» par John Vennari (Transcription de discours au Rally de Fatima contre le Terrorisme, New York, novembre 2001); «La ‘Ligne du Parti’ et sa Relation avec Fatima» par le Père Paul Kramer (Transcription de discours de la Conférence sur Fatima à Rome, octobre 2001); «Le Pape Jean-Paul II Nous Donne la Clef du Vrai Troisième Secret» Père Nicholas Gruner (Article en Trois Parties, The Fatima Crusader, N° 67-69); «La Stalinisation de l'Eglise Catholique» (Transcription de discours de la Conférence sur Fatima à Rome, octobre 2001); «Le Troisième Secret» Père Nicholas Gruner (Transcription de discours de la Conférence sur Fatima à Rome, en octobre 2001).
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:36

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Introduction

Un grand crime a été commis contre l'Eglise Catholique et le monde en général. Les auteurs de ce crime sont des hommes qui tiennent de hautes charges dans la hiérarchie catholique; leur noms sera introduit dans le cours de cette présentation.

Vous êtes au nombre des victimes de ce crime, ainsi que ceux que vous aimez. Les conséquences de ce crime ont déjà été catastrophiques et si ces responsables ne sont pas détournés très vite de leur courant actuel, le résultat final sera bel et bien apocalyptique dans toutes ses dimensions. En fait, même les non-Catholiques et les incroyants ont aujourd'hui le sentiment que le monde fonce vers une apocalypse. La perpétration de ce crime est l'une des principales raisons de cette situation.

L'affaire du crime qui nous concerne est communément connue sous le nom de Message de Fatima. En 1917, la Mère de Dieu a livré à trois enfants pieux de Fatima, (Portugal) un message d'extrême urgence pour l'Eglise et l'humanité; un message authentifié par un miracle public sans précédent prédit trois mois à l'avance et dont furent témoins 70 000 personnes; un message dont les prophéties de futurs événements mondiaux ont été jusqu'à présent accomplis à la lettre; un message proclamé digne de foi par les plus hautes autorités de l'Eglise Catholique; un message dont l'authenticité est attestée par une succession de Papes, y compris le Pape régnant qui a lui-même, à maintes reprises, fait allusion aux éléments apocalyptiques du message.

La nature du crime est une tentative systématique, depuis l'année 1960, de dissimuler, dénaturer et nier l'authenticité de ce message, même lorsque ses prophéties alarmantes s'accomplissent sous nos yeux mêmes. Comme nous le prouverons, cette tentative d'assassinat du Message de Fatima, a été perpétrée par nul autre que des hommes d'Eglise au sommet même de la hiérarchie catholique — des hommes qui appartiennent à l'organe du Vatican qui entoure un Pape souffrant et de plus en plus affaibli.

Tout crime a un motif, en admettant que le criminel ne soit pas dément. Les hommes impliqués dans ce crime ne sont pas déments et nous croyons qu'ils ont vraiment un motif. Alors que parfois il peut être difficile de prouver le motif, dans ce cas les preuves du motif ne manquent pas.

Sans présumer que les criminels soient des ennemis conscients de l'Eglise (même si certains d'entre eux peuvent bien l'être), en se basant sur les preuves, il apparaît que le motif probable du crime est celui-ci: les criminels reconnaissent que le contenu du Message de Fatima, compris au sens catholique traditionnel, ne peut coexister avec des décisions prises depuis le Concile Vatican II (1962-1965), décisions qu'ils exécutent sans dévier afin de changer complètement l'orientation de l'Eglise Catholique. Ce changement d'orientation convertirait (si possible) l'Eglise Catholique, institution divine qui par son activité terrestre vise au salut éternel des âmes, en une simple coopératrice à des organisations humanitaires pour la construction d'une «fraternité» mondiale utopique entre hommes de toutes religions ou sans religion du tout.

Cette nouvelle orientation de l'Eglise poursuit une vision du monde aussi illusoire que contraire à la mission divine de l'Eglise: faire de toutes les nations des disciples, les baptiser au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Cette nouvelle orientation est, en fait, le but caressé par ces forces organisées qui conspirent contre l'Eglise depuis presque 300 ans et dont les activités se trouvent dénoncées et condamnées par plus de déclarations papales que sur tout autre sujet dans l'histoire de l'Eglise.

Ce n'est pas dire que l'Eglise Elle-même renoncerait un jour officiellement à Sa divine mission, ce qui est impossible selon la promesse de Notre-Seigneur concernant la survie de l'Eglise Catholique sur cette terre jusqu'à la fin du monde. Mais il est indéniable que depuis Vatican II une grande partie de l'élément humain de l'Eglise a effectivement cessé de poursuivre cette mission pour une approche du monde, moderne et plus correcte politiquement. Etant donné les promesses de Notre-Seigneur et de Notre-Dame de Fatima, la fin de cette expérience et de la restauration de l'Eglise Catholique est inévitable, mais en attendant, beaucoup d'âmes seront perdues éternellement et nous continuerons à connaître la pire crise de l'histoire de l'Eglise — crise prédite, comme nous le démontrerons, par la Vierge de Fatima Elle-même.

Les preuves, à la fois directes et indirectes, du crime indiquent qu'il va jusqu'à la dissimulation délibérée de cette partie du Message de Fatima qui prédit de manière précise cette tentative de changer l'orientation de l'Eglise, et les conséquences ruineuses de cette tentative. La partie cachée du Message, communément connue comme Troisième Secret de Fatima, serait ainsi une accusation céleste de décisions prises et d'actions menées par les hommes mêmes qui ont perpétré ce crime.

Les preuves montrent que le crime va jusqu'à essayer de suborner le dernier témoin survivant du Message de Fatima, Sœur Lucie dos Santos. Sœur Lucie a été soumise à des «entrevues» secrètes et autres formes de pression afin de parvenir à modifier son témoignage invariable sur le contenu authentique du Message qui barre la route à la recherche de la nouvelle orientation de l'Eglise par les coupables.

Voilà le crime et voilà le motif. Maintenant, il nous revient de prouver les deux. Nous nous efforcerons de le faire dans les pages qui suivent, en utilisant les déclarations mêmes des accusés; les dépositions d'autres témoins et beaucoup d'autres preuves pour établir leur culpabilité. Et quand nous aurons épuisé la présentation des témoignages, nous vous demanderons, lecteur, de rendre un verdict. Non un verdict au sens légal, car nous n'avons pas le droit de nous constituer un tribunal ecclésiastique. Nous voulons dire, plutôt, un verdict représentant la conviction consciencieuse de la part de certains fidèles qu'il existe de solides bases pour l'investigation du crime que nous alléguons ici et pour la poursuite de ce crime par la plus haute autorité de l'Eglise: le Pontife Suprême, Jean-Paul II ou son successeur, comme ce peut être le cas.

Nous vous demanderons alors de rendre un verdict qui va jusqu'à une sorte d'accusation des coupables du crime allégué. Nous demanderons aussi votre aide pour que parvienne jusqu'au Pape cette accusation, en accord avec le droit divin des fidèles — infailliblement défini par le Premier Concile du Vatican et garanti par la loi de l'Eglise — de faire pétition au Pontife Suprême, directement et immédiatement, pour mettre bon ordre à de justes griefs dans l'Eglise. En faisant ces requêtes nous avons aussi présent à l'esprit l'enseignement de Saint Thomas d'Aquin et l'enseignement unanime des docteurs et théologiens de l'Eglise, à savoir que «si la foi était en péril, un sujet devrait reprendre son prélat même publiquement.»

En considérant les preuves que nous allons présenter, nous vous demandons de garder à l'esprit un principe dominant: Comme l'enseigne Saint Thomas, il n'y a pas d'argument contre un fait — contra factum non argumentum est. Si une déclaration est contraire au fait, alors aucune autorité sur terre ne peut attendre de nous d'y croire. Ainsi par exemple, si un prélat de haut rang allait publier un décret pour faire croire aux Catholiques que la Tour Eiffel se trouve sur la Place Saint-Pierre, cela ne ferait pas qu'il en soit ainsi, et nous serions obligés de rejeter le décret. Car le fait est que la Tour Eiffel est située à Paris et il n'y a pas d‘argument contre ce fait. Par conséquent, nul homme, quelle que soit son autorité, ne peut exiger que nous croyions quelque chose qui est manifestement contraire au fait.

Comme vous verrez, cependant, le crime concernant Fatima est en grande partie une tentative, de la part de certains hommes qui jouissent de hautes situations dans l'Eglise, d'imposer aux Catholiques une interprétation du Message de Fatima qui est de toute évidence contraire aux faits — par exemple ces hommes prétendent qu'une Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie peut être accomplie en consacrant le monde, en évitant délibérément toute mention de la Russie.

Comme l'enseigne l'Eglise Elle-même (cf. Vatican I et l'encyclique de Jean-Paul II Fides et Ratio), la foi n'est pas en conflit avec la raison. Les Catholiques ne sont pas censés suspendre l'usage de leur raison, leur sens commun, afin d'être Catholiques. Ce ne serait pas de la foi, mais de l'aveuglement — l'aveuglement des Pharisiens. Et ainsi en est-il pour le Message de Fatima. Quelle que soit la préférence de certains hommes du Vatican, l'Eglise ne nous demande pas de croire une stupidité quand il s'agit de la véritable signification du Message.

Nous vous demandons, par conséquent, d'user de votre sens commun, de garder l'esprit ouvert, de considérer les témoignages sans parti pris et de décider ensuite. En vérité vous devez décider. Car si l'accusation que nous avons portée est vraie, alors ce qui est en jeu dans cette affaire n'est rien moins que le salut de millions d'âmes (peut-être y compris la vôtre), la prospérité de l'Eglise et la survie de la civilisation elle-même à cette période de l'humanité. C'est pour nulle autre raison que la Mère de Dieu a communiqué le Message de Fatima à notre monde de plus en plus en péril.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:36

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 1

Le Message et le Miracle

Dieu ne gaspille pas les miracles. A travers l'histoire du salut — depuis Josué, jusqu'à Moïse, aux douze Apôtres, aux saints de l'Eglise Catholique tout au long des siècles — Dieu a accordé des miracles dans un seul but primordial: ils servent de garantie divine pour un témoin qui implore le miracle en Son Nom. Quand Dieu choisit un témoin, et ensuite associe un miracle authentique à l'affirmation de ce témoin, nous pouvons savoir avec certitude que le témoin est digne de foi. Dieu n'accorde pas de miracles pour se porter garant de témoins douteux; Dieu ne choisit pas de témoins douteux.

Non, Dieu ne gaspille pas les miracles. Encore moins Dieu gaspille un miracle public en présence de 70 000 personnes, croyants et incroyants de même, qui s'est produit au moment exact prédit trois mois plus tôt par trois témoins dont l'affirmation avait été mise en doute: Lucia dos Santos (mondialement connue sous le nom de Sœur Lucie) et ses cousins, François et Jacinthe Marto1.

C'est le 13 octobre 1917. Dans un humble champ, nommé la Cova da Iria à Fatima, quelque 70 000 personnes se sont rassemblées dans l'attente de l'événement d'un miracle. C'est en soi-même stupéfiant. Car jamais auparavant dans l'histoire du salut un visionnaire n'a prédit des mois à l'avance qu'un miracle public surviendrait en temps et lieu précis. Jamais auparavant ne s'est rassemblée un foule nombreuse pour assister à un miracle public prédit. Cependant c'est exactement ce qui se passait ce jour-là.

Pourquoi ce jour-là? Parce que Lucia dos Santos et ses cousins François et Jacinthe bénéficiaient d'apparitions de «la Dame» le treize de chaque mois depuis mai précédent. La Dame leur était apparue au-dessus d'un chêne-vert à la Cova, et à chaque apparition les foules avaient augmenté. Mais des doutes sur la véracité des voyants s'étaient aussi répandus, ainsi que la moquerie et la persécution contre les voyants et leur famille à une époque où le Portugal était sous le pouvoir d'un régime politique maçonnique et athée.

Et ensuite, le 13 juillet 1917, la Dame leur avait montré quelque chose qui les terrifierait et les changerait à jamais, faisant d'eux des saints qui passeraient leur vie (vie très brève dans le cas de François et Jacinthe) à prier et à faire des sacrifices pour les pécheurs. Selon les rapports de Lucie en témoignage que l'Eglise Catholique a jugé digne de foi, la Dame leur a montré l'enfer:

... Elle ouvrit de nouveau les mains, comme les deux dernièrs mois. Le reflet (de la lumière) parut pénétrer la terre et nous vîmes comme un océan de feu. Plongés dans ce feu nous voyions les démons et les âmes [des damnés]. Celles-ci étaient comme des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant formes humaines. Elle flottaient dans cet incendie, soulevées par les flammes qui sortaient d'elles-mêmes, avec des nuages de fumée. Elles retombaient de tous côtés, comme les étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur. (C'est à la vue de ce spectacle que j'ai dû pousser ce cri “Aïe!” que l'on dit avoir entendu de moi.) Les démons se distinguaient (des âmes des damnés) par des formes horribles et répugnantes d'animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme de noirs charbons embrasés2. Cette vision ne dura qu'un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui, à la première apparition, nous avait promis de nous emmener au Ciel. Sans quoi, je crois que nous serions morts d'épouvante et de peur3.

Ayant montré aux enfants le destin des damnés, ce qui est considéré comme la première partie du Grand Secret de Fatima, la Dame confia alors aux enfants la seconde partie. Tout le monde, y compris ces membres de l'organe du Vatican, qui sont le point de mire de cet exposé, s'accorde à dire que la seconde partie du Secret, tel qu'il est rapporté dans les notes de Sœur Lucie, est le suivant:

Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à Mon Cœur Immaculé.

Si l'on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d'âmes se sauveront et l'on aura la paix. La guerre va finir. Mais, si l'on ne cesse d'offenser Dieu, sous le règne de Pie XI en commencera une autre pire.

Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c'est le grand signe que Dieu vous donne qu'Il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l'Eglise et le Saint-Père.

Pour empêcher cela, Je viendrai demander la Consécration de la Russie à Mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois.

Si l'on écoute Mes demandes, la Russie se convertira et l'on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Eglise. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.

À la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père Me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix.

Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc. Cela, ne le dites à personne. À François, oui, vous pouvez le dire4.

Voici les éléments de base de cet étonnant Message:

Beaucoup d'âmes vont en enfer à cause des péchés qu'elles commettent.
Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde entier la dévotion uniquement catholique au Cœur Immaculé de Marie.
Ceci doit s'accomplir en consacrant la nation de la Russie au Cœur Immaculé de Marie (conjointement avec la Communion Réparatrice du Premier Samedi de chaque mois), moyennant quoi la Russie sera convertie à la Foi Catholique.
Si cela se fait, beaucoup d'âmes seront sauvées et il y aura la paix.
Sinon, la Russie répandra ses erreurs dans le monde entier. Il y aura des guerres, la famine, des persécutions de l'Eglise et le martyre des bons. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir. Et si les requêtes de Notre-Dame ne sont pas encore accomplies, alors plusieurs nations seront anéanties.
Néanmoins, «À la fin Mon Cœur Immaculé triomphera, le Saint-Père Me consacrera la Russie, qui sera convertie, et une période de paix sera accordée à l'humanité.»
A ces choses la Dame ajouta une requête urgente: que les Catholiques introduisent dans la récitation du Rosaire, à la fin de chaque dizaine, la prière suivante: «O mon Jésus, pardonnez-nous, sauvez-nous du feu de l'enfer, attirez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin.» Par obéissance à la requête de la Dame, et comme attestation de l'authenticité de Ses Apparitions à Fatima, l'Eglise a introduit cette prière dans le Rosaire et les Catholiques la récitent jusqu'à présent.

L'Eglise a également adopté la dévotion de la Communion Réparatrice du Premier Samedi, que la Dame a expliqué ainsi:

«Je promets d'aider à l'heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires à leur salut, tous ceux qui le Premier Samedi de cinq mois consécutifs: se confesseront et recevront la Sainte Communion, réciteront cinq dizaines du Saint Rosaire, et Me tiendront compagnie pendant quinze minutes en méditant les quinze mystères du Rosaire avec l'intention de Me faire réparation.»

Nous faisons ici une pause pour noter en passant (discussion ultérieure plus approfondie) l'expression curieuse à la fin des deux premières parties du Secret: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» L'expression incomplète, terminée par «etc.», apparaît dans le quatrième mémoire de Sœur Lucie sur les apparitions. Elle introduit clairement une prédiction céleste, contenant d'autres paroles de Notre-Dame non enregistrées à propos du degré d'adhésion au dogme catholique dans l'Eglise en général, distinguant en particulier le Portugal où le dogme de la Foi sera toujours préservé.

Coupée du reste du texte, l'observation au sujet de l'adhésion du Portugal au dogme catholique apparaît gratuite et tout à fait dépourvue de sens, car l'expression ne découle pas du tout logiquement des deux premières parties du Secret. Tout expert reconnu de Fatima en a conclu que l'expression représente le commencement d'une troisième partie du Secret — ce qu'on a désigné comme le Troisième Secret de Fatima. Comme nous le verrons, Lucie fut tellement terrifiée par son contenu que, même après avoir reçu l'ordre de le mettre par écrit en octobre 1943, elle fut incapable de le faire avant l'apparition suivante, le 2 janvier 1944, où Notre-Dame lui assura qu'il fallait le faire. Et cependant, jusqu'à ce jour, le Vatican n'a jamais révélé les paroles de la Vierge qui suivent de toute évidence: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» Le «etc.» demeure un secret. Cette dissimulation permanente est un élément clef du crime qui est le sujet de ce livre.

Ayant reçu du Ciel lui-même un message d'une importance évidemment considérable pour l'Eglise et toute l'humanité, Lucie savait qu'elle et ses cousins avaient besoin d'une attestation divine si on devait les croire. Pendant l'apparition du 13 juillet, Sœur Lucie a demandé à la Dame «Je voudrais Vous demander de nous dire qui Vous êtes, et de faire un miracle afin que tous croient que Votre Grâce nous apparaît», et la Dame répondit «Continuez à venir ici tous les mois. En octobre, Je dirai qui Je suis, ce que Je veux, et Je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire5.» La Dame répéta cette promesse dans les apparitions ultérieures à Lucie et aux autres voyants le 19 août et encore à la Cova le 13 septembre.

Et donc, on s'était assemblé en grande foule à la Cova le 13 octobre. Et à l'heure précise annoncée en juillet — 12 heures (heure solaire) et 1H 30 de l'après midi au Portugal — c'est le commencement. Soudain, Lucie dit à la foule de fermer les parapluies au milieu d'une pluie battante qui a transformé en boue la Cova. Puis elle entre en extase et la Dame apparaissant de nouveau, dit d'abord à Lucie qui Elle est et ce qu'Elle veut, tout comme Elle l'avait promis: «Je veux te dire que l'on fasse ici une chapelle en Mon honneur. Je suis Notre-Dame du Rosaire.» La Dame est la Mère de Dieu, la Vierge Marie, qui désormais sera aussi connue sous le titre de Notre-Dame de Fatima, l'un des nombreux titres accordés à la Saint Vierge par l'Eglise. Bien sûr, la chapelle fut construite, et puis reconstruite, après avoir sauté le 6 mars 1922 sous une bombe placée là par les amis du Ferblantier, surnom du maire Franc-Maçon de Ourem6.

Et alors commença le Miracle. Nous reportons ici le témoignage d'un journaliste qu'il est impossible d'accuser de partialité dans cette affaire et pour une bonne raison! Nous citons Avelino de Almeida, rédacteur en chef de O Seculo, le grand quotidien de Lisbonne, anticlérical «libéral» et maçonnique. Il écrit:

Depuis la route, où s'étaient amassées les voitures, et où plusieurs centaines de personnes étaient restées, faute d'avoir eu assez de courage pour s'avancer à travers le terrain boueux, on voit l'immense multitude se tourner vers le soleil, qui apparaît au zénith, dégagé des nuages.

Il ressemble à une plaque d'argent mat, et il est possible de le fixer sans la moindre gêne. Il ne brûle pas les yeux. Il n'aveugle pas. On dirait qu'il se produit une éclipse.

Mais voici que jaillit une clameur immense, et ceux qui sont plus près de la foule l'entendent crier: «Miracle! Miracle! ... Merveille! … Merveille!» Aux yeux éblouis de ce peuple, dont l'attitude nous transporte aux temps bibliques, et qui, stupéfait, la tête découverte, contemple l'azur du ciel, le soleil a tremblé, le soleil a eu des mouvements insolites et brusques, en dehors de toutes les lois cosmiques, «le soleil a dansé», selon l'expression typique des paysans ...7

Attaqué violemment par toute la presse anticléricale, Avelino de Almeida renouvela son témoignage, quinze jours plus tard, dans sa revue, Ilustração Portuguesa. Cette fois, il illustrait son récit d'une douzaine de photographies de l'énorme foule extatique et répétait en refrain tout au long de son article: «J'ai vu ... J'ai vu ... J'ai vu.» Et il hasardait en conclusion: «Miracle, comme criait le peuple? Phénomène naturel, comme disent les savants? Pour l'instant, je ne me soucie pas de la savoir, mais seulement d'affirmer ce que j'ai vu ... Le reste est affaire entre la Science et l'Eglise8.»

Le samedi 13 octobre commence pour les pèlerins comme une marche de pénitence parce qu'il avait plu toute la nuit précédente. Maintenant ce «changement presque subit du temps, qui fit qu'une pluie battante transforma les routes poussiéreuses en fondrières bourbeuses, faisant brusquement succéder, pour un jour, aux douceurs de l'automne les plus âpres rigueurs de l'hiver, ne réussit pas à les émouvoir, à les faire renoncer ni à les désespérer9.»

En comparant les nombreux récits de témoins, nous pouvons distinguer les divers aspects et le résultat des phénomènes stupéfiants vus par tous. Pour chacun des phénomènes, il serait possible d'aligner quelque dix pages de témoignages qui constitueraient en eux-mêmes un livre impressionnant.

Voici le premier fait merveilleux décrit par le Dr Almeida Garrett:

Il devait être 13H 30 lorsque s'éleva, à l'endroit précis où étaient les enfants, une colonne de fumée, déliée, ténue et bleutée, qui monta droit jusqu'à deux mètres peut-être au-dessus des têtes et s'évanouit à cette hauteur. Ce phénomène dura, parfaitement visible à l'œil nu, quelques secondes. N'ayant pas marqué combien de temps il avait duré, je ne puis dire s'il fut de plus ou de moins d'une minute. La fumée se dissipa brusquement et, au bout d'un certain temps, le phénomène revint se produire une seconde, puis une troisième fois ...10

Alors que «le ciel bas et pesant avait une couleur très sombre, grosse d'eau, annonce d'une pluie abondante et de longue durée», pendant le temps de l'apparition, la pluie s'arrêta complètement. Brusquement, le ciel s'éclaircit: «Le soleil avait percé victorieusement l'épaisse couche de nuages qui le cachait jusque-là, et brillait intensément.» (Dr Almeida Garrett) Ce brusque changement de temps frappa de surprise tous les témoins oculaires: «C'était une journée pluvieuse, de pluie fine et continue. Mais quelques minutes avant le miracle, il cessa de pleuvoir.» (Alfredo da Silva Santos)

Et ce témoignage d'un médecin, homme de science, concernant l'inexplicable couleur argentée du soleil, qui permettait de la regarder directement sans mal aux yeux:

«Soudain, j'entendis le brouhaha de milliers de voix, et je vis toute cette multitude, dispersée dans le large espace qui s'étendait à mes pieds, ... tourner le dos à l'endroit vers lequel, jusque-là, convergeaient toutes les impatiences anxieuses, et regarder le soleil du côté opposé ... Je me tournai, a mon tour, vers ce point d'attraction de tous les regards, et je pus voir le soleil, semblable à un disque bien net, à l'arête vive, qui luisait sans blesser la vue ... Il ne pouvait sa confondre avec le soleil vu à travers la brume (il n'y en avait d'ailleurs pas en ce moment), car il n'était ni voilé, ni brouillé. À Fatima, il conservait lumière et chaleur, et se dessinait nettement dans le ciel, avec son bord en arête vive, comme une table à jeu ... Le plus étonnant est d'avoir pu fixer aussi longtemps le disque solaire, dans tout son éclat de lumière et de chaleur, sans avoir mal aux yeux, et sans éblouissement de la rétine.» (Dr Almeida Garrett)11

Dans la même veine ce témoignage par le rédacteur en chef de O Seculo:

«Et l'on assista alors à un spectacle unique, ... un spectacle incroyable pour celui qui n'en a pas été le témoin. Du haut de la route ... On voit l'immense multitude se tourner vers le soleil, qui apparaît au zénith, dégagé des nuages. Il ressemble à une plaque d'argent mat, et il est possible de la fixer sans la moindre gêne. Il ne brûle pas les yeux. Il n'aveugle pas. On dirait qu'il se produit une éclipse.» (Article du 15 octobre 1917)

Et de même: «Les gens pouvaient regarder le soleil comme on regarde la lune.» (Maria do Carmo)12

On pourrait multiplier sans fin les témoignages sur les phénomènes solaires suivants, dont fut même témoin le rédacteur en chef laïque d'un journal anticlérical. Examinez ce qui suit:

«Le soleil tremblait, tremblait tellement! Il semblait une roue de feu.» (Maria da Capelinha)13

«Le soleil tournait comme une roue de feu d'artifice, en prenant toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.» (Maria do Carmo)14

«Il paraissait un globe de neige tournait sur lui-même.» (Abbé Lourenço)15

«Ce disque nacré avait un mouvement vertigineux. Ce n'était pas le scintillation d'un astre dans tout son éclat. Il tournait sur lui-même avec une vitesse impétueuse.» (Dr Almeida Garrett)16

«À un certain moment, le soleil s'arrêta et puis recommença à danser, à tournoyer; il s'arrêta encore une fois, et se remit encore une fois à danser.» (Ti Marto)17

«Le soleil prenait toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Tout prenait les mêmes couleurs: nos visages, nos vêtements, la terre elle-même.» (Maria do Carmo)18

«Une lumière, dont la couleur varie d'un instant à l'autre, se reflète sur les personnes et sur les choses.» (Dr Pereira Gens)19

Ce qui arriva ensuite constitue l'aspect le plus terrifiant du Miracle et un aspect avec de profondes implications pour notre ère, où l'homme a atteint la capacité de détruire le monde entier par le feu du ciel: le soleil parut se détacher du ciel et plonger vers la terre.

«On entendit soudain une clameur, comme un cri d'angoisse de toute cette foule. Le soleil, en effet, conservant son mouvement rapide de rotation, sembla se détacher du firmament et, rouge sang, s'avancer vers la terre, menaçant de nous écraser de sa masse ignée. Ce furent quelques secondes terrifiantes.» (Dr Almeida Garrett)20

«J'ai vu le soleil tourner et il semblait descendre. Il était comme une roue de bicyclette.» (Jean Carreira)21

«Le soleil commença à danser et, à un certain moment, il parut se détacher du firmament et se précipiter sur nous, comme une roue de feu.» (Alfredo da Silva Santos)22

«Je l'ai parfaitement vu descendre comme s'il venait s'écraser sur la terre. On aurait dit qu'il se détachait du ciel et courait sur nous. Il s'est maintenu à une petite distance au-dessus de nos têtes; mais cette sort d'attaque fut de très courte durée ... Il semblait très près des gens et il continuait à tourner à l'envers.» (Maria do Carmo)23

«Soudain, dans une lettre expédiée le soir même du 13 octobre, le soleil apparaît, avec une circonférence bien définie. Il semble s'approcher, comme s'il était à la hauteur des nuages, et se met à tourner sur lui-même avec une vitesse vertigineuse, comme une roue de feu d'artifice, pendant plus de huit minutes, avec quelques arrêts.» (Père Pereira da Silva)24

«Puis, soudain, le soleil sembla descendre en zigzag comme s'il allait tomber sur la terre.» (Abbé Lourenço)25

«En voyant le soleil tomber sur nous ...» (Abbé John Gomes Menitra)26

«Finalement, le soleil s'arrêta, et tous poussèrent un soupir de soulagement ...» (Maria da Capelinha)27

«De ces milliers de bouches, j'entendais des clameurs de joie et d'amour à la très Sainte Vierge. Et alors j'ai cru. J'avais la certitude de n'avoir pas été victime d'une suggestion. J'avais vu le soleil comme jamais je ne le reverrais.» (Mario Godinho, ingénieur)28

Autre fait étonnant: tous ces gens qui étaient pour la plupart trempés jusqu'aux os, ont vérifié avec joie et étonnement qu'ils étaient secs. Le fait est attesté dans le procès de canonisation de Jacinthe et François, qui finalement ont été béatifiés le 13 mai 2000.

«Au moment où nous nous y attendions le moins, nos vêtements furent tous secs.» (Maria do Carmo)29

«Mon complet a séché en un instant.» (John Carreira)30

L'académicien Marques da Cruz attesta ce qui suit:

«Cette foule immense se trouvait toute trempée, car la pluie n'avait pas cessé depuis l'aube. Mais — quoique ce fait puisse paraître incroyable — après le grand miracle, tout le monde se sentait à l'aise et avait ses habits complètement secs, ce qui fit l'objet de l'étonnement général ... Cela m'a été garanti avec la plus grande sincérité, par des dizaines et des dizaines de personnes d'une loyauté absolue, que je connais intimement depuis l'enfance et qui vivent encore (en 1937), ainsi que par des personnes de différentes provinces du pays, lesquelles se trouvaient toutes présentes aux événements!31»

Et finalement, il y eut aussi des miracles spirituels de conversion de nombreuses personnes. Dans son livre Meet the Witnesses, John Haffert écrit:

«Le capitaine du régiment de soldats sur la montagne ce jour-là — avec ordre d'empêcher le rassemblement de la foule — se convertit instantanément. Apparemment aussi des centaines d'autres incroyants, comme le montrera leur déposition32.

«Il y avait là un incroyant qui avait passé la matinée à se moquer des “nigauds” qui étaient à Fatima rien que pour voir une fille ordinaire. Il semblait maintenant paralysé, les yeux fixés sur le soleil. Il se mit à trembler de la tête aux pieds et levant les bras, il tomba dans la boue à genoux, en criant vers Dieu.» (Père Lourenço)33

«J'habite à plus de vingt-cinq kilomètres de Fatima. Et en mai 1917, nous avons entendu parler des apparitions extraordinaires, mais la nouvelle nous parvint avec un mélange de fioritures. Naturellement je n'y ai pas cru. J'ai supposé sincèrement que c'était de la pure imagination de quelqu'un ... A la demande de ma mère, je retournai une fois encore à la Cova da Iria en août à l'époque des apparitions. Une fois de plus je revins découragé et déçu. Mais cette fois-là se produisit quelque chose d'extraordinaire. Ma mère, qui avait une grosse tumeur à l'un des yeux depuis de nombreuses années, fut guérie. Les docteurs qui l'avaient soignée lui dirent ne pas pouvoir expliquer une telle guérison. Malgré cela je ne croyais pas aux apparitions. Finalement, et encore à la demande de ma mère, je suis allé encore une fois à la Cova da Iria le 13 octobre ... Malgré ce qui était arrivé à ma mère, j'étais déçu et ne croyais pas aux apparitions. Donc, j'étais assis dans ma voiture. Puis, tout à coup, j'ai remarqué que tout le monde regardait le ciel. La curiosité naturelle attira mon attention, et je sortis de la voiture et regardai aussi le ciel ... De ces centaines de lèvres, j'entendis des paroles de foi et d'amour envers la Sainte Vierge. Et alors je crus.» (Mario Godinho, ingénieur)34

Un certain nombre d'autres cas de guérison et de conversion sont enregistrés entre autres dans les livres suivants: Documentação Critica de Fátima et Fatima from the Beginning35.

Pour ceux qui diraient que le miracle fut un phénomène «d'hystérie collective» mis en scène, Dieu Lui-Même disposa une réfutation toute prête: le phénomène a pu être admiré au delà de Fatima. Des témoins parfaitement crédibles, qui étaient très loin de la Cova da Iria, ont rapporté avoir vu le spectacle sans précédent de la danse du soleil exactement comme les 70 000 pèlerins réunis autour du chêne-vert où la Vierge était apparue36.

Dans le petit village d'Alburitel situé environ à seize kilomètres de Fatima, toute la ville put jouir de la vision du prodige solaire. Le témoignage fréquemment cité est celui du Père Inacio Lourenço, parce que c'est le plus détaillé. Mais ce qu'il rapporte avoir vu, tous les villageois, questionnés par les enquêteurs, ont confirmé l'avoir vu exactement de la même manière.

Les témoins de l'événement furent en vérité innombrables, leurs dépositions concordent et nous sommes envahis des documents qu'ils nous ont laissés37.

En premier lieu, de nombreux récits apparurent tout de suite dans la presse portugaise. Il est à remarquer que les premiers à porter témoignage furent les journalistes anticléricaux. Les trois articles de Avelino de Almeida — celui du 13 octobre, tout de suite avant l'événement; l'autre du 15 octobre, rédigé à Vila Nova de Ourem le soir du 13; et un troisième article du 29 octobre — méritent une mention spéciale. En dépit du ton moqueur et de l'ironie voltairienne qui inspire en partie le premier article, en dépit des tons anticléricaux attendus qui apparaissent encore dans l'article du 15, ces textes de la part d'un journaliste de talent, qui en outre, est honnête et consciencieux, sont des documents historiques de première importance38. Mais il ne fut pas le seul à relater les faits, car d'autres journalistes étaient présents à la Cova da Iria.

Ensuite il y eut les enquêtes officielles. En novembre 1917, à la requête de l'évêque de Lima Vidal, qui administrait alors le diocèse de Lisbonne, le prêtre de la paroisse de Fatima mena son enquête et questionna plusieurs témoins de la paroisse. Malheureusement, il n'a transcrit que quatre dépositions!

Les enquêteurs des historiens compensèrent heureusement la négligence des enquêteurs officiels. Le rapport du Père Formigao, qui obtint du Docteur José Maria de Almeida Garrett, professeur à la Faculté des Sciences de Coimbra, un compte rendu très complet, est le rapport le plus scientifique en notre possession39. En outre, nous avons les rapports du Père da Fonseca (dont l'œuvre a été faite afin de vérifier les points contestés par le Père Dhanis40, qui refusa d'examiner les témoignages), le Père de Marchi, le Chanoine Barthas, le Père Dias Coelho et le Père Richard.

En 1977, pour commémorer le soixantième anniversaire de la dernière apparition, il fut encore possible de rassembler à Fatima plus de trente personnes qui avaient assisté au prodige solaire et qui purent révéler leurs souvenirs. Grâce à ces nombreux témoignages, il est possible de reconstituer un commentaire précis continu, nous permettant de revivre, heure par heure et minute par minute, ce jour décisif, assurément l'un des plus importants de l'histoire du monde. En vérité, la preuve du miracle solaire le 13 octobre 1917, fut si accablante que, en 1952, même Hollywood en garantit l'authenticité en produisant un film classique (avec Gilbert Roland) intitulé «Le Miracle de Notre-Dame de Fatima», qui encore aujourd'hui se vend en vidéo-cassette.

Pourquoi ce jour fut-il si important? Parce que ce fut le jour où un Message céleste de la Mère de Dieu fut authentifié au-delà de toute incertitude raisonnable; un message qui, plus de 84 ans plus tard, se dresse au cœur de la situation périlleuse de l'Eglise et du monde en ce moment même de l'histoire humaine, nous offrant un moyen d'en sortir.

Notes:

1. Ce chapitre est emprunté en grande partie littéralement au Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, (éditions de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1991), Chapitre III, pp. 60-135.

2. D'après la traduction anglaise du texte du «Quatrième Mémoire» de Sœur Lucie, Fatima in Lucia's Own Words (Fatima avec les Propres Termes de Sœur Lucie), (Postulation Centre, Fatima, Portugal, 1976), p. 162. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1983), p. 223.

3. D'après la traduction anglaise du texte du «Troisième Mémoire» de Sœur Lucie, Fatima in Lucia's Own Words, (Fatima avec les Propres Termes de Sœur Lucie), p. 104. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, pp. 223-224.

4. D'après la traduction anglaise du texte du «Quatrième Mémoire» de Sœur Lucie, Fatima in Lucia's Own Words (Fatima avec les Propres Termes de Sœur Lucie), p. 162. Voir aussi Sœur Lucie, Memorias e Cartas da Irma Lucia (Porto, Portugal, 1973. Edité par le Père Antonio Maria Martins), pp. 340-341; dans le manuscrit de Sœur Lucie, il n'y a pas d'ellipse après le «etc.» Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, p. 224.

5. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1984), p. 223.

6. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. II: Le Secret et l'Eglise (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1984), p. 225.

7. O Seculo du 15 octobre 1917. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, p. 317.

8. Article du 29 octobre 1917. Voir aussi Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 89. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, p. 317-318.

9 . Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 91. Voir aussi Ilustração Portuguesa, 29 octobre 1917.

10. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 94.

11. Ibid., pp. 94-95.

12. Ibid., p. 95.

13. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, p. 327.

14. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 95.

15. Ibid.

16. Ibid.

17. Ibid.

18. Ibid.

19. Ibid.

20. Ibid.

21. Ibid.

22. Ibid.

23. Ibid.

24. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, p. 328.

25. Ibid.

26. Ibid., p. 329.

27. Ibid.

28. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 95.

29. Ibid., p. 96

30. Ibid.

31. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, p. 329. Voir aussi le Père Jean de Marchi I.M.C. Fatima depuis le Commencement (Misseos Consolata Fatima, Portugal, 1981, troisième édition, 1ère publication 1950), p. 141 et Joseph A. Pelletier A.A., The Sun Danced at Fatima (Le Soleil a dansé à Fatima), (Doubleday, New York, 1983), pp. 129-130.

32. John M. Haffert, Meet the Witnesses (Rencontrez les Témoins), (AMI International Press, Fatima, Portugal, 1961), p. 62. Ce livre fut publié avec Imprimatur de l'évêque de Leiria (Portugal) et nous fournit des attestations crédibles directes de nombreux témoins du Miracle du Soleil.

33. Ibid., p. 65.

34. Ibid., pp. 86-89.

35. Documentação Critica de Fátima, Vol. II (Sanctuaire de Fatima, 1999), 17 cas documentés, pp. 277-372; et Père Jean de Marchi, I.M.C., Fatima from the Beginning (Fatima depuis le Commencement).

36. Père Jean de Marchi, I.M.C., Fatima from the Beginning. Voir aussi Documentação Critica de Fátima, Vol. I (Sanctuaire de Fatima 1992), p. 408. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, pp. 322-323.

37. Parmi les nombreux travaux de référence, voir Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits; John M. Haffert, Meet The Witnesses (Rencontrez les Témoins); Père Jean de Marchi, I.M.C., Fatima from the Beginning, pp. 135-142.

38. Nous trouvons la photocopie de ces trois articles dans Fatima 50 du 13 octobre 1967, pp. 6-10, 14-15.

39. Novos Documentos de Fatima (Loyola Editions, Sao Paulo, 1984), pp. 60-63.

40. Le prêtre Jésuite moderniste, Père Dhanis, qui voulut plus tard «déboulonner» la vision de l'enfer et les éléments prophétiques du Message, y compris la Consécration et la conversion ultime de la Russie. Le Père Dhanis refusa l'invitation de Sœur Lucie elle-même à venir à Fatima consulter les archives de Fatima. Le Père Dhanis sera finalement cité par des membres-clés du appareil du Vatican pour leur tentative de réviser le Message de Fatima selon un «commentaire» publié le 26 juin 2000.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:37

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 2

La Longue Opposition Commence

Même une lecture hâtive des deux premières parties du Grand Secret dans le Message de Fatima révèle que c'est un défi céleste aux pouvoirs du monde, dont l'emprise même sur le Portugal catholique n'avait cessé d'augmenter depuis le début du 20ème siècle.

Si l'on rappele le texte du Secret commencé au chapitre premier, il est évident que ce que le Ciel y a proposé a voulu être un anathème au régime maçonnique du Portugal et, en vérité, à l'ensemble des forces organisées contre l'Eglise qui, au début du siècle dernier, complotaient (de leur propre aveu, comme nous le verrons) un assaut final contre la citadelle catholique. Les éléments de base du Message constituent une véritable charte d'opposition à ces forces: sauver les âmes de l'enfer; établir dans le monde entier une dévotion catholique au Cœur Immaculé de Marie; consacrer la Russie à ce Cœur Immaculé, et, en conséquence, la convertir au Catholicisme; apporter la paix mondiale par le triomphe du Cœur Immaculé.

Le Message de Fatima est important pour le salut des âmes; c'est bien absolument évident. Mais un peu moins évident — et c'est ce qui mettra en fureur les ennemis de l'Eglise aussi bien externes qu'internes — le Message et l'apparition de Notre-Dame sont aussi très importants pour le gouvernement correct de la société humaine. Si l'humanité tient compte du Message de la Vierge, alors la paix entre les individus, les familles, les cités et les pays, et en fait le monde entier, peut être réalisée sous la forme de l'ordre social catholique. (Nous verrons dans le chapitre suivant que cet ordre social n'est pas un rêve utopique, mais une chose qui a été réalisée même au 20ème siècle — au Portugal, par sa Consécration au Cœur Immaculé de Marie en 1931.) Bien sûr, le Péché Originel subsisterait, mais nous verrions une période, de l'histoire humaine, telle que celle prophétisée par Isaïe qui, sous inspiration divine, voyait un temps où les hommes ne feraient plus la guerre, n'apprendraient plus l'art de la guerre, transformeraient leurs épées en socs de charrue1. La tendance humaine au péché serait grandement rectifiée et contrôlée par l'influence bénéfique de l'Eglise et de Ses Sacrements. Et qui pourrait sérieusement prouver, en regardant le monde actuel, que même les pires «excès» des hommes, dans l'ordre social catholique qui existait en l'Europe de la pré-«Réforme», soient quelque chose, en comparaison du mal et de la violence qui ont été pratiquement institutionnalisés dans toutes les nations à notre époque — d'abord et avant tout l'holocauste sans fin de l'avortement «légalisé.»

Les implications qui découlent du simple texte du Grand Secret de Fatima sont assez claires pour quiconque a un minimum d'intelligence: Un tel plan de paix pour le monde pourrait seulement se réaliser avec la coopération libre d'un nombre suffisant d'individus à tout niveau de la société. (Nous ne parlons pas ici de quelque dictature imposée par force, comme il en existe dans certains Etats islamiques, mais d'un ordre social émanant naturellement de la foi catholique commune du peuple.) Même alors, le plan ne pourrait réussir que basé sur les desseins du Créateur de l'humanité, Qui a oint Jésus-Christ, Rédempteur de l'humanité, comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs (Apoc. 19:16). Jésus est Roi, non seulement des individus, mais aussi des sociétés et du monde entier. Par conséquent, si ce plan de la Bienheureuse Vierge Marie, Qui est Reine du Ciel et de la terre, doit réussir, l'humanité doit reconnaître la souveraine Royauté du Christ sur toute l'humanité telle qu'elle s'exerce par Son Eglise Catholique. Que les hommes, en fait, veuillent être poussés à le faire en nombre suffisant — d'abord en Russie, puis ailleurs — c'est le miracle même promis par la Vierge, si Ses requêtes sont honorées.

On peut comprendre que le prince de ce monde, comme Jésus-Christ désignait le démon, n'accepterait pas facilement la destruction proposée de son royaume florissant ici sur terre. Et ce plan du Ciel ne serait pas accepté non plus par ces hommes, ces associations et sociétés secrètes dont le pouvoir et les richesses mal acquises seraient confisquées si le plan devait être mis à exécution et si la conversion de la Russie et le triomphe du Cœur Immaculé — et donc de la Foi Catholique — devaient s'ensuivre.

Avec cet arrière-plan, nous pouvons mieux apprécier pourquoi l'opposition féroce au Message de Fatima s'est manifestée dès le temps même des apparitions et pourquoi elle continue jusqu'à ce jour, enrôlant même des hommes d'Eglise comme adversaires des requêtes de la Vierge.

Au temps des apparitions de Fatima, le Maire de Ourem, siège du comté dont dépendaient Fatima et Aljustrel (village où vivaient les enfants qui avaient vu Notre-Dame) était Arturo de Oliveira Santos, qui ne professait aucune foi en Dieu. Forgeron de métier, on le dénommait le «Ferblantier.» Il avait peu d'instruction classique et de grandes ambitions. Arturo Santos était un jeune parvenu intrépide, qui devint rédacteur de Ouriense, gazette locale où ses opinions antimonarchistes et antireligieuses s'exprimaient avec un zèle amer et quelque talent. A vingt-six ans il rejoignit la Loge Maçonnique du Grand Orient à Leiria.

Comme le fait remarquer le grand historien catholique, William Thomas Walsh, Santos se fit endoctriner par la tradition ésotérique d'une religion syncrétiste et naturaliste qui avait été l'adversaire principal de l'Eglise Catholique des temps modernes et qui s'était déjà vantée d'avoir, en projetant et réalisant la révolution portugaise de 1910, avancé d'un bon pas vers l'élimination du Christianisme dans la Péninsule Ibérique. De plus, Walsh nous informe que, en 1911, le chef du Grand Orient, Magahaes Lima, prédisait que, en quelques années, aucun jeune homme ne voudrait faire des études pour le Sacerdoce au Portugal, tandis que l'éminent Franc-Maçon portugais Alfonso Costa assurait à toute sa fraternité et à quelques délégués des loges françaises, que la génération suivante verrait la fin du Catholicisme, «la principale cause de la triste condition dans laquelle est tombé notre pays.» En vérité, il y avait beaucoup de preuves pour étayer la prédiction, mais non l'accusation.

Le Professeur Walsh continue de noter que, en 1911, les nouveaux maîtres du Portugal ont saisi des biens d'Eglise, ont dispersé, emprisonné et exilé des centaines de prêtres et de religieuses et donné au Cardinal Patriarche de Lisbonne cinq jours pour quitter cette ville et n'y jamais revenir. Des prêtres et des religieux se sont réfugiés en France ou ailleurs. Certains se sont agenouillés à Lourdes et ont prié la Mère de Dieu d'aider leur pays malheureux, autrefois fier de s'appeler «Le Pays de Sainte Marie», maintenant spectacle d'incroyance et d'anarchie, avec une nouvelle révolution chaque mois.

Arturo Santos fonda une nouvelle loge maçonnique à Ourem, où il avait transporté sa forge vers 1917, il en était devenu le président. Par les amis de sa fraternité, il put devenir Maire de Ourem. Ce titre comportait les titres corollaires de Président de l'Administration de la ville et de la Chambre et de Juge-Député du Commerce. Avec tous ces honneurs et l'autorité qui s'y rattachait, Senhor Santos devenait l'homme le plus redouté et le plus influent de son secteur du Portugal.

Sous son administration, la Messe et les Sacrements étaient de moins en moins fréquentés, il y avait plus de divorces et moins d'enfants. Quand il arrêta six prêtres et les tint au secret pendant huit jours, les dirigeants laïcs catholiques au Conseil et à la Chambre étaient trop occupés à des compromis profitables, donc ils n'ont pas eu le temps de protester assez fort pour se faire entendre. Pour le Ferblantier et ses amis, le combat pour «le progrès et les lumières», comme ils préféraient désigner leur conflit avec l'Eglise Catholique, ne fut que victoires2.

En août 1917, tout le Portugal connaissait l'histoire des Apparitions de Fatima, bien que sous différentes interprétations. Les journalistes de la presse antireligieuse se plaisaient à écrire des versions comiques de l'histoire. Selon les écrits du Père de Marchi sur l'attitude de la presse antireligieuse, ils déclaraient que «ces enfants étaient des marionnettes des Jésuites. Pas des Jésuites? Eh bien, alors, du clergé en général, ou du Pape en particulier — attirant à la Cova da Iria des ignorants et des inconscients, pour leur soutirer leur argent. Ils n'avaient pas d'argent? Eh bien alors, leur adhésion politique, pour que l'échafaudage humain de la République éclairée puisse être saboté à l'avantage de Rome et de l'Opposition. La presse jouissait de ses joyeuses excursions. Les Francs-Maçons étaient ravis3.» Tous les soutiens loyaux du Nouvel Ordre régnant trouvaient la situation de plus en plus drôle.

Mais Arturo Santos, Maire de Ourem, ne la trouvait pas si drôle parce que la manifestation religieuse ouverte se passait dans son propre comté. Certains de ses électeurs croyaient déjà que Notre-Dame apparaissait à Fatima et il ne pouvait trouver quelles explications fournir à ses collègues politiques si cette manifestation religieuse chrétienne, qui était contraire aux espoirs du Maire de construire une République sans Dieu, continuait à prospérer dans son propre comté. Donc il décida d'abattre le poing lourd de la loi sur les trois voyants.

Le 11 août 1917, le Maire de Ourem ordonna aux parents des trois enfants de les présenter pour un jugement à la Mairie. Ti Marto, le père de Jacinthe et François, dit, «Cela n'a pas de sens de conduire de si jeunes enfants devant un tribunal de ce genre. De plus, c'est à trois lieues, et c'est trop loin pour qu'ils y aillent à pied, et ils ne savent pas monter un animal. Je ne vais pas le faire. Et j'irai m'expliquer avec l'Administrateur.» Sa femme Olimpia fut du même avis. Le père de Lucie, Antonio, penchait pourtant à dire, d'accord avec sa femme Maria Rosa, que si Lucie mentait, ce serait bien qu'elle reçoive une bonne leçon, tandis que si elle disait la vérité (et ils en doutaient), alors Notre-Dame prendrait soin d'elle. Antonio mit sa fille à dos d'âne (elle tomba trois fois en chemin) et ils entreprirent le voyage pour aller voir le Maire. Ti Marto laissa ses enfants à la maison et partit seul pour parler de leur part. Avant le voyage, Jacinthe dit à Lucie, «Peu importe, s'ils te tuent, dis leur simplement que je suis comme toi et François encore plus et que nous voulons mourir aussi. Et maintenant, je vais aller au puits avec François prier très fort pour toi.»

Le Maire demanda à Lucie si elle avait vu une Dame à la Cova da Iria et qui elle pensait que c'était. Il exigea qu'elle lui dise le secret confié par Notre-Dame aux enfants, et qu'elle promette de ne plus jamais retourner à la Cova da Iria. Lucie refusa de lui dire le secret et de faire une telle promesse. (Notre-Dame avait demandé aux enfants de retourner à la Cova da Iria le 13 de chaque mois et ils avaient promis d'y aller à l'heure et date désignées pour les 3 prochaines visites également.) Alors le Maire demanda à Antonio si les habitants de Fatima croyaient à cette histoire et il répondit: «Oh non, Monsieur! Tout ça, ce n'est rien que des contes de femmes.»

«Et vous, que dites-vous»? demanda le Maire à Ti Marto. «Je suis ici à vos ordres», répondit-il, «et mes enfants disent les mêmes choses que moi.» «Alors, vous pensez que c'est vrai?» «Oui, Monsieur, je crois ce qu'ils disent.»

Rires des assistants. Le Maire fit un geste de renvoi et l'un de ses hommes leur dit de partir. Le Maire les suivit jusqu'à la porte et dit à Lucie: «Si tu ne dis pas ce secret, ça te coûtera la vie!» Alors Lucie et son père et Ti Marto s'en retournèrent à Aljustrel.

Le soir du 12 août, trois policiers firent venir les enfants chez Ti Marto où les attendait le Maire en personne. Il dit aux enfants que la mort pourrait être la punition pour n'avoir pas révélé le Grand Secret qu'ils avaient appris le 13 juillet. Les enfants refusèrent de le dire, pour le motif qu'ils ne pouvaient désobéir à Notre-Dame. «Peu importe», chuchota Jacinthe aux autres. «S'ils nous tuent, tant mieux, car alors nous verrons Jésus et Notre-Dame.»

Le matin du 13 août, Ti Marto était sorti travailler dans les champs. Il rentra chez lui pour se laver les mains couvertes de terre. Il y avait autour de la maison une foule de gens venus pour assister à l'apparition qui devait avoir lieu ce jour-là à la Cova da Iria. Sa femme Olimpia était bouleversée et elle lui indiqua la salle de séjour. Ti Marto entra dans la salle de séjour et comme nous le lisons dans son propre rapport au Père de Marchi: «Qui fallait-il que je voie sinon le Maire lui-même? Même alors, je suppose, je ne fus pas très poli envers lui, parce que j'ai vu qu'un prêtre était là aussi et je suis d'abord allé serrer les mains du prêtre. Puis j'ai dit au Maire, “Je ne m'attendais pas à vous voir ici, Monsieur.”»

Le Maire dit qu'il emmènerait les enfants à la Cova da Iria dans sa voiture et il dit qu'il leur donnerait du temps pour parler au prêtre de la paroisse à Fatima, qui, dit-il, voulait les questionner. Les enfants et leurs parents avaient des appréhensions quant à sa suggestion de les emmener dans sa voiture mais ils obéirent. Il les emmena d'abord voir le prêtre de la paroisse à Fatima et puis, au lieu de les emmener à la Cova da Iria, on le vit faire claquer le fouet et faire descendre la route à son cheval emballé dans la direction opposée. Il les emmena à Ourem, et les enferma à clef dans une pièce de sa maison.

Il y avait environ quinze mille personnes à la Cova da Iria et tout le monde se demandait où étaient les enfants. Au moment où Notre-Dame devait apparaître, un certain nombre de manifestations surnaturelles se produisirent, également remarquées par la foule lors de Ses autres apparitions à Fatima, qui convainquirent beaucoup de gens, même incroyants, qu'Elle était arrivée. Mais les enfants n'étaient pas là pour recevoir Son Message. Alors certaines personnes arrivèrent avec la nouvelle que le Maire de Ourem avait kidnappé les enfants et les avait d'abord emmenés chez le prêtre de la paroisse de Fatima et puis chez lui, à Ourem. La foule en conclut vite qu'ils étaient tous deux de connivence pour le kidnapping, ce qui, au sentiment de tous «avait gâché l'apparition et déçu la Mère de Dieu.» Des voix amères se firent entendre contre le Maire et le prêtre de la paroisse. Mais Ti Marto persuada la foule de ne pas se venger: «Les gars, du calme! Ne faites de mal à personne! Quiconque mérite un châtiment le recevra. Tout cela est (permis) par le pouvoir de Celui d'En Haut!»

Le lendemain matin, le Maire de Ourem interrogea de nouveau les enfants, qui dirent encore avoir vu une belle Dame et refusèrent encore de lui dire le Secret, même quand il les menaça d'emprisonnement à vie, de torture et de mort. Le Maire était résolu à obtenir des enfants quelque genre d'aveu qui mettrait fin à la manifestation religieuse qui se passait dans son comté. Alors, il les fit jeter dans la prison de la ville aux cellules sombres et malodorantes munies de barreaux de fer. Ils furent mis dans la salle commune où étaient entassés la plupart des prisonniers. Les enfants furent effrayés et tristes, surtout la petite Jacinthe de sept ans qui pensait ne plus jamais revoir ses parents. Mais ils se rassuraient mutuellement, se répétant ce que Notre-Dame leur avait dit sur le Ciel, et ils offraient leurs souffrances pour la conversion des pécheurs. Les enfants récitèrent le Rosaire dans la prison et les prisonniers se joignirent aux prières.

Quelques temps plus tard, le Maire se fit présenter les enfants par un policier et il exigea une dernière fois le Secret. Alors, sur le nouveau refus de le dévoiler, il leur dit qu'ils seraient jetés vivants dans l'huile bouillante. Il cria un ordre et un garde ouvrit une porte. Il demanda au garde si l'huile était au point et très chaude et la réponse fut affirmative. Alors, il ordonna au garde de jeter la plus jeune, Jacinthe, la première, dans l'huile bouillante. Le garde saisit l'enfant et l'emmena. Un garde vit François remuer les lèvres en silence et lui demanda ce qu'il disait. «Un Ave Maria», répliqua François, «pour que ma petite sœur n'ait pas peur.» Lucie et François étaient convaincus que le garde reviendrait les tuer aussi. François dit à Lucie, «Pourquoi s'inquiéter s'ils nous tuent? Nous irons droit au Ciel.»

Plus tard, le garde revint dans la pièce où le Maire questionnait les enfants et informa Lucie et François que Jacinthe avait été bouillie dans l'huile puisqu'elle ne voulait pas révéler le Secret. Et le Maire essaya de persuader les deux enfants qui restaient de révéler le Secret ou la même chose leur arriverait. Puis-qu'ils ne voulaient pas révéler le Secret, François fut emporté pour le même sort. Ensuite, le garde revint pour Lucie. Même si elle croyait que François et Jacinthe avaient été tués pour n'avoir pas révélé le Secret, elle aussi préférait mourir plutôt que de révéler le Secret que la Sainte Vierge lui avait confié. Donc elle aussi fut emmenée sous la tutelle du garde vers ce qu'elle croyait être une mort certaine.

Il se trouva que Jacinthe avait tout simplement été conduite dans une autre pièce, et François et Lucie, quand ce fut le tour d'être «bouillis dans l'huile», furent conduits dans la même pièce et ils se retrouvèrent tous ensemble. Ce n'avait été qu'un bon tour pour les amener par le peur à révéler le Secret. Lucie, en rédigeant ses Mémoires, rappelant l'incident, nous informe qu'elle était certaine, ainsi que ses deux cousins, qu'ils allaient être martyrisés à les mains du Maire.

Le lendemain matin, dans un autre interrogatoire, le Maire fut encore incapable de les amener à révéler le Secret. Donc, il admit que c'était inutile et les fit renvoyer à Fatima. C'était le 15 août, fête de l'Assomption de Notre-Dame.

Que le Maire Franc-Maçon de Ourem aille jusqu'à menacer trois petits enfants d'une mort horrible, afin d'empêcher peuple de croire et de manifester ouvertement la foi en Dieu, en Sa Sainte Mère et en l'Eglise Catholique, cela nous indique jusqu'à quel point iraient dans leur désespoir, les Francs-Maçons pour abolir l'Eglise une fois pour toutes et ériger à sa place leur République sans Dieu — non seulement au Portugal, mais dans le monde entier.

Notes:

1. «Et Il jugera les Gentils et reprendra beaucoup de personnes: et ils transformeront leurs épées en socs de charrues et leurs javelots en faucilles: une nation ne lèvera pas l'épée contre une autre nation et elles ne s'exerceront plus à la guerre.» (Isaïe 2:4) Egalement «et ils forgeront leurs épées en socs de charrue et leurs épées en pelles; une nation ne prendra pas l'épée contre une autre nation; et elles n'apprendront plus l'art de la guerre.» (Michée 4:3)

2. William Thomas Walsh, Our Lady of Fatima (Notre-Dame de Fatima), (Image-Doubleday, New York, Imprimatur 1947), pp. 95-97.

3. Père Jean de Marchi I.M.C., The Immaculate Heart: The True Story of Our Lady of Fatima (La Cœur Immaculé: La Vérité du Notre-Dame de Fatima), (Farrar, Straus and Young, New York, 1952) p. 87.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:37

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 3

Plan Céleste de Paix
en Microcosme

Les esprits «éclairés» du «monde moderne» tournent en ridicule la notion qu'une simple cérémonie publique consacrant la Russie au Cœur Immaculé de Marie pourrait produire la conversion de cette nation et par le fait même, d'énormes avantages pour le monde entier, y compris la paix entre les nations. Mais alors, le «monde moderne» tourne en ridicule les miracles en général, et en fait, les divines déclarations de l'Eglise dont les Saints ont accompli des miracles en si grande abondance.

Mais une Consécration de la Russie, c'est précisément ce qu'avait ordonné Dieu dans le Message même qu'Il a authentifié par le Miracle solaire du 13 octobre 1917 — message qui, nous nous hâtons de le souligner de nouveau, a reçu l'approbation des plus hautes autorités de l'Eglise Catholique, y compris une série de Papes depuis le temps des apparitions à Fatima. Comme nous le verrons, en 2002, le Pape actuel régnant a décrété que soit introduite la Fête de la Vierge de Fatima dans le calendrier universel des fêtes liturgiques de l'Eglise, pour l'inclure à la Troisième Edition Propre du Missel Romain. Donc, le Magistère reconnaît formellement l'authenticité des apparitions.

Nous rappelons que dans le Message du 13 juillet 1917, Notre-Dame avait promis à Lucie: «Je viendrai demander la Consécration de la Russie à Mon Cœur Immaculé et la Communion Réparatrice des Premiers Samedis.» Fidèle à Sa parole, la Vierge est apparue de nouveau à Lucie le 13 juin 1929 à Tuy, en Espagne, où Lucie — alors Sœur Lucia dos Santos, Religieuse Dorothée (elle n'a voulu entrer au Carmel qu'en 1948) — était en prière dans la chapelle du couvent pendant l'Heure Sainte d'Adoration et de Réparation. Même parmi les annales des apparitions célestes reconnues chez les Saints de l'Eglise Catholique, celle-ci fut extraordinaire.

Nous laisserons Sœur Lucie raconter l'apparition en ses propres termes simples, mais tout à fait dramatiques — et souvenez-vous que là encore nous traitons d'une apparition que l'Eglise, y compris le Pape actuellement régnant, a prononcée digne de foi:

J'avais demandé et obtenu la permission de mes supérieures et de mon confesseur de faire une heure sainte de onze heures à minuit, dans la nuit du jeudi au vendredi de chaque semaine.

Me trouvant seule une nuit, je m'agenouillai près de la balustrade, au milieu de la chapelle, pour réciter, prosternée, les prières de l'Ange. Me sentant fatiguée, je me relevai et continuai à les réciter les bras en croix.

La seule lumière était celle de la lampe [du sanctuaire]. Soudain, toute la chapelle s'éclaira d'une lumière surnaturelle, et, sur l'autel, apparut une croix de lumière qui s'élevait jusqu'au plafond.

Dans une lumière plus claire, on voyait sur la partie supérieure de la Croix, une face d'homme, avec un corps jusqu'à la ceinture; sur sa poitrine une colombe, également lumineuse, et cloué à la croix, le corps d'un autre homme.

Un peu en dessous de la ceinture (de celui-ci), suspendu en l'air, on voyait un calice et une grande hostie sur laquelle tombaient quelques gouttes de sang qui coulaient sur les joues du Crucifié et d'une blessure à la poitrine. Coulant sur l'Hostie, ces gouttes tombaient dans le Calice.

Sous le bras droit de la Croix se trouvait Notre-Dame (c'était Notre-Dame de Fatima avec Son Cœur Immaculé ... dans la main gauche ... sans épée ni roses, mais avec une couronne d'épines et des flammes ...)

Sous le bras gauche [de la Croix], de grandes lettres, comme d'une eau cristalline qui aurait coulé au-dessus de l'Autel, formaient ces mots: «Grâce et Miséricorde.»

Je compris que m'était montré le mystère de la Très Sainte Trinité1 ...

Frère Michel, avec raison, a nommé cette apparition «La Théophanie Trinitaire.» Comme pour le Miracle du Soleil, il n'y a rien d'autre de semblable dans l'histoire du monde. Dieu Lui-même signifiait ainsi l'importance singulière de ce que Notre-Dame allait dire à Sœur Lucie:

Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la Consécration de la Russie à Mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen.

Dieu Lui-même l'avait demandé. Sœur Lucie avait été en présence non seulement de la Mère de Dieu, mais de la Très Sainte Trinité. Bien sûr, Sœur Lucie transmit immédiatement la requête divine à son confesseur, le Père Gonçalves, comme on en trouve trace dans sa correspondance publiée2.

Pendant au moins les soixante-dix ans qui ont suivi, Sœur Lucie — la même Lucie qui ne voulut pas nier la vérité même sous la menace d'une horrible mort par le Maire maçonnique de Ourem — a donné le même témoignage: Notre-Dame, comme Messagère de Dieu avait requis la Consécration publique de la Russie dans une cérémonie qui devait être dirigée conjointement par le Pape et tous les évêques du monde. Comme il a été noté dans la Préface et l'Introduction, l'effort persistant de certaines personnes pour changer ce témoignage par respect humain (éviter d'offenser les Russes), et pour offrir une nouvelle orientation de l'Eglise, voilà le nœud de la grande controverse de Fatima qui persiste jusqu'à ce jour et qui a provoqué ce livre. Nous reviendrons sur ce sujet en temps voulu.

Comme pour démontrer l'efficacité de la Consécration que la Vierge avait requise, Dieu considéra l'opportunité de permettre pour ainsi dire, un projet de démonstration, au Portugal. A l'anniversaire de la premiere Apparition de Fatima, 13 mai 1931, et en présence de 300 000 fidèles venus à Fatima pour l'événement, les évêques du Portugal ont placé leur nation sous la protection de Notre-Dame pour préserver cette nation de la contagion communiste qui balayait l'Europe, et surtout l'Espagne. En vérité, la prophétie de la Vierge sur la diffusion des erreurs de la Russie à travers le monde était déjà en train de s'accomplir avec une exactitude implacable. Et qui, en juillet 1917, avait pu prévoir; l'émergence du communisme mondial à partir de la Russie — des mois avant la révolution bolchevique et l'arrivée au pouvoir de Lénine? Seul le Ciel avait pu le prévoir; seule la Mère de Dieu, informée par Son Divin Fils.

Comme résultat de cette consécration (de 1931) le Portugal connut un triple miracle. Nous ne donnerons ici que les plus simples détails.

Il y eut tout d'abord, une magnifique Renaissance Catholique, un grand renouveau de la vie Catholique si frappant que ceux qui le vécurent l'attribuèrent incontestablement à l'œuvre de Dieu. Pendant cette période, le Portugal jouit d'une explosion vigoureuse de vocations sacerdotales. Le nombre de religieux a presque quadruplé en 10 ans. Des communautés religieuses se sont également développées. Il y eut un vaste renouveau de la vie chrétienne qui se montra en différents domaines, y compris le développement d'une presse catholique, radio catholique, de pèlerinages, de retraites spirituelles et un robuste mouvement d'Action Catholique qui fut intégré dans la structure de la vie paroissiale et diocésaine.

Cette Renaissance Catholique fut de telle amplitude que, en 1942, les évêques du Portugal déclaraient dans une Lettre Pastorale Collective: «Celui qui aurait fermé les yeux il y a vingt-cinq ans et les rouvrirait maintenant, déclaraient-ils, ne reconnaîtrait plus le Portugal, si profonde et si vaste est la transformation opérée par le facteur modeste et invisible que fut l'apparition de la Sainte Vierge à Fatima. Réellement, Notre-Dame veut sauver le Portugal3.»

Il y eut aussi un miracle de réforme politique et sociale, un accord avec les principes sociaux catholiques. Peu près la Consécration de 1931, au Portugal, un gouvernant catholique monta au pouvoir, Antonio Salazar, qui inaugura un programme de contre-révolution catholique. Il s'efforça de créer, autant que possible, un ordre social catholique où les lois du gouvernement et les institutions sociales s'harmonisaient avec la loi du Christ, Son Evangile et Son Eglise4. Féroce adversaire du socialisme et du libéralisme, il était opposé à «tout ce qui diminue, divise, dissout la famille5.»

Le Président Salazar ne fit pas que parler de bon ordre; il mit en œuvre une législation pour protéger la famille, y compris des lois qui attaquaient le divorce. L'article 24 disait: «En harmonie avec les propriétés essentielles du mariage catholique, il est entendu que, par le fait même de la célébration du mariage canonique, les conjoints renoncent à la faculté légale de demander le divorce6 ...» L'effet de cette loi fut que les mariages catholiques ne diminuèrent pas en nombre, mais augmentèrent. Si bien que, en 1960 — année très critique, comme nous le verrons — presque 91 pour cent de tous les mariages du pays étaient des mariages religieux.

Outre ces étonnants changements religieux et politiques, il y eut un double miracle de paix. Le Portugal fut préservé de la terreur communiste, surtout de la Guerre Civile d'Espagne qui faisait rage à côté. Le Portugal fut aussi préservé des dévastations de la Seconde Guerre Mondiale.

Considérant la guerre civile d'Espagne, les évêques du Portugal avaient fait vœu en 1936 que si Notre-Dame protégeait le Portugal, ils exprimeraient leur gratitude en renouvelant la Consécration Nationale au Cœur Immaculé de Marie. Fidèles à leur parole, le 13 mai 1938, ils ont renouvelé la Consécration du Portugal au Cœur Immaculé en remerciement de la protection de Notre-Dame. Le Cardinal Cerejeira a publiquement reconnu: «Depuis que Notre-Dame de Fatima est apparue en 1917 ... une Bénédiction spéciale de Dieu est descendue sur la terre du Portugal ... surtout si nous passons en revue les deux années qui se sont écoulées depuis notre vœu, on ne peut manquer de reconnaître que la main invisible de Dieu a protégé le Portugal, lui épargnant le châtiment de la guerre et la lèpre du communisme athée.»

Même le Pape Pie XII exprima son étonnement que fussent épargnés au Portugal les horreurs de la Guerre Civile d'Espagne et la menace communiste. Dans un discours au peuple portugais, le Pape parla «le péril rouge si proche de vous, si menaçant, et conjuré cependant d'une manière si inespérée7.»

Les Portugais ont passé sains et saufs ce premier danger, mais immédiatement il y eut de nouveau en vue un sujet d'effarement. La Seconde Guerre Mondiale était sur le point d'éclater. Selon encore un autre accomplissement de la prophétie de la Vierge du 13 juillet 1917, la guerre commencerait «sous le règne de Pie XI» à la suite «d'une nuit éclairée d'une lumière étrange ... »

Le 6 février 1939, sept mois avant la déclaration de la guerre, Sœur Lucie écrivit à son évêque, Monseigneur da Silva. Elle lui dit que la guerre était imminente, mais parla ensuite d'une promesse miraculeuse. Elle dit que «dans cette guerre horrible, le Portugal serait épargné à cause de la consécration nationale faite par les évêques au Cœur Immaculé de Marie8.»

Et au Portugal furent épargnées les horreurs de la guerre, dont les détails sont trop nombreux à relater ici9. Plus remarquable encore! Sœur Lucie écrivit au Pape Pie XII le 2 décembre 1940 pour lui dire que le Portugal recevait pendant la guerre une protection spéciale que d'autres nations auraient reçue si les évêques avaient consacré leur nation au Cœur Immaculé de Marie. Elle écrivait: «Très Saint-Père!... Notre-Seigneur promet à notre patrie une protection spéciale durant cette guerre, en considération de la Consécration que les Révérends Prélats portugais ont faite de la Nation au Cœur Immaculé de Marie. Et cette protection sera la preuve des grâces qu'il accorderait à d'autres nations, si comme elle, elles lui étaient consacrées10.»

De même, le Cardinal Cerejeira du Portugal n'a pas hésité à attribuer à Notre- Dame de Fatima les grandes grâces qu'Elle avait obtenues pour le Portugal pendant cette époque. Le 13 mai 1942, il dit: «Pour exprimer ce qui s'est passé ici depuis vingt-cinq ans, … le vocabulaire portugais n'a guère qu'un seul mot: miracle. Oui, nous avons la ferme conviction que nous devons à la protection de la Très Sainte Vierge la transformation merveilleuse du Portugal11.»

Le Cardinal Cerejeira a soutenu ce que nous soutiendrons tout au long de cet exposé: que les bénédictions miraculeuses obtenues au Portugal par Notre-Dame comme récompense céleste pour la consécration de cette nation en 1931 ne furent qu'un avant goût de ce qu'Elle fera pour le monde entier, une fois que la Russie sera également consacrée correctement à Son Cœur Immaculé12. Comme a dit le Cardinal:

Ce qui s'est passé au Portugal proclame le miracle. Et c'est l'annonce de ce que le Cœur Immaculé de Marie prépare pour le monde13.

Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi le Portugal à cette époque a été nommé «la Vitrine de Notre-Dame.» Et le triple miracle du Portugal n'est que la préfigure de ce qu'on verra en Russie et dans le monde après la Consécration Collégiale de la Russie. L'exemple miraculeux du Portugal nous aide aussi à mesurer à quoi nous pouvons juger le présent. Si nous mettons en contraste le triple miracle du Portugal avec l'actuelle condition de la Russie et du monde, il est évident que la Consécration de la Russie reste à réaliser. (Nous reviendrons sur ce point dans un chapitre ultérieur.)

Pour de hauts dignitaires de l'Eglise mener des actions qui entravent la Consécration de la Russie, niant par là devant l'Eglise et le monde, la libéralité céleste de l'intercession de Marie obtenue pour le Portugal, ce n'est pas seulement une absurdité monumentale, mais aussi un crime incommensurable. C'est ce crime qui a motivé la publication de ce livre.



Le 6 février 1939, sept mois avant la déclaration de guerre, Sœur Lucie (ci-dessus) a écrit à son évêque, Mgr da Silva (ci-dessus). Elle lui a dit que la guerre était imminente, puis elle a parlé d'une promesse miraculeuse. Elle a dit que, «dans cette horrible guerre, le Portugal serait épargné à cause de la consécration nationale au Cœur Immaculé de Marie faite par les évêques.» Et Portugal furent épargnées les horreurs de la guerre.

Notes:

1. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. II: Le Secret et l'Eglise (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1984), p. 293.

2. Les paroles de Sœur Lucie rapportées par Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. II: Le Secret et l'Eglise, p. 293. Voir aussi Sœur Lucie, Memorias e Cartas da Irma Lucia (Porto, Portugal, 1973, édité par le Père Antonio Maria Martins), pp. 463-465.

3. Collective Pastoral Letter for the Jubilee of the Apparitions in 1942 (Lettre Pastorale Collective pour le Jubilé des Apparitions de Fatima en 1942), Merv. XXè s, p. 338. Citation de Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. II: Le Secret et l'Eglise, p. 258.

4. L'influence de Salazar au gouvernement du Portugal croissait depuis 1928. Il devient Président du Conseil en 1933. Plus tard, Salazar reçut pour ses efforts, les félicitations et la bénédiction du Pape Pie XII, «Je le bénis de tout mon cœur, dit Pie XII, et je forme le plus ardent souhait qu'il puisse achever avec succès son œuvre de restauration nationale, tant spirituelle que matérielle.» Citation de Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. II: Le Secret et l'Eglise, p. 259.

5. Ibid., p. 261. (Les propres paroles de Salazar.)

6. Ibid., p. 266.

7. Ibid., p. 267.

8. Ibid., p. 270.

9. Voir Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. II: Le Secret et l'Eglise, pp. 231-276.

10. Ibid., pp. 270-271.

11. Ibid., p. 255. Le Cardinal Cerejeira a prononcé ces mots pendant la célébration du Jubilé des Apparitions de Fatima en 1942.

12. Nous nous fions plus à la parole d'un adepte de Fatima tel que le Cardinal Cerejeira qu'à un déboulonneur de Fatima tel que le Cardinal Ratzinger. Voir chapitres suivants.

13. Le Cardinal Cerejeira. Préface à Jacinta (1942). Obras Pastorais (Œuvres Pastorales), Vol. II, p. 333. Cf. aussi son homélie du 13 mai 1942. Merv. XXè, p. 339. Cité de Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. II: Le Secret et l'Eglise, p. 276.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:38

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 4

Le Troisième Secret

Comme l'avait précisément prédit la Vierge en 1917, la Seconde Guerre Mondiale a éclaté sous le règne de Pie XI. En 1943 Joseph Staline etait bien entraîne à la liquidation des Catholiques et l'exportation du communisme athée à partir de la Russie soviétique. En juin de cette même année, Sœur Lucie, alors âgée de 36 ans, avait contracté une pleurésie. Cet événement alarma grandement Monseigneur da Silva de Leiria-Fatima, et son ami intime et conseiller le Chanoine Galamba. Tous deux craignirent que Sœur Lucie ne mourût sans avoir rédigé le Troisième Secret.

Si terrible qu'elle ne pouvait le rédiger

En septembre 1943, ils lui suggérèrent de le rédiger, mais elle omit de se plier à la suggestion, parce qu'elle ne désirait pas prendre de son propre chef la responsabilité d'une telle initiative. Sœur Lucie attachait beaucoup d'importance au fait que, sans ordre formel de son évêque, elle n'avait pas encore la permission de Notre-Seigneur de révéler le Troisième Secret. Elle déclara que, cependant, elle obéirait à un ordre formel de Monseigneur da Silva.

A la mi-octobre 1943, pendant une visite à Sœur Lucie au couvent de Tuy en Espagne (environ à 380 kilomètres de Fatima et près de la frontière portugaise), Monseigneur da Silva donna à Sœur Lucie l'ordre formel de rédiger le Secret. Alors Sœur Lucie essaya d'obéir à l'ordre de l'évêque mais fut incapable de le faire pendant les deux mois et demi suivants.

La Vierge Elle-Même enjoint
a Sœur Lucie de Révéler le Secret

Finalement, le 2 janvier 1944, la Sainte Vierge Marie apparut de nouveau à Lucie pour lui donner du courage et pour confirmer que c'est bien la Volonté de Dieu qu'elle révèle la partie finale du Secret. C'est seulement alors que Sœur Lucie put vaincre son inquiétude et rédiger le Troisième Secret de Fatima1. Cependant même alors, ce ne fut que le 9 janvier 1944 que Sœur Lucie écrivit la note suivante à Monseigneur da Silva, l'informant que le Secret avait été finalement consigné par écrit:

J'ai écrit ce que vous m'avez demandé; Dieu a voulu m'éprouver un peu, mais finalement, c'était bien cela sa volonté: [le texte] est cacheté dans une enveloppe et celle-ci est dans les cahiers2 ...

Une simple feuille de papier

Il fut donc apparent tout de suite que le Secret impliquait deux documents: l'un cacheté dans l'enveloppe et l'autre contenu dans le cahier de Sœur Lucie. (Pour quelle autre raison aurait-elle transmis le cahier ainsi que l'enveloppe cachetée?) Nous nous concentrerons pour le moment sur ce qui était cacheté dans l'enveloppe.

Lucie était encore si remplie d'inquiétude sur le contenu du Secret qu'elle ne voulut confier le Secret dans l'enveloppe cachetée (ainsi que le cahier) à personne d'autre qu'un évêque pour qu'il soitporté à Monseigneur da Silva. Le 17 juin 1944, Sœur Lucie quitta Tuy, franchit la rivière Minho et arriva à Asilo Fonseca où elle remit à l'Archevêque Manuel Maria Ferreira da Silva (l'Archevêque de Gurza) le cahier dans lequel elle avait inséré l'enveloppe contenant le Secret. Ce même jour, l'Archevêque da Silva remit le Secret à Monseigneur José Alves Correia da Silva (l'évêque de Leiria) dans sa maison de campagne non loin de Braga. Alors, l'évêque de Leiria porta le Secret au Palais Episcopal de Leiria. Ces détails seront très importants étant donné ce qui a été rapporté dans le commentaire du Vatican sur le Troisième Secret finalement publié le 26 juin 2000.

Depuis le début, selon le témoignage unanime, le Troisième Secret est écrit sous forme de lettre sur une simple feuille de papier. Le Père Joaquin Alonso (archiviste officiel des documents sur les Apparitions de Fatima) rapporte que Sœur Lucie et le Cardinal Ottaviani ont tous deux déclaré que le Secret était écrit sur une simple feuille de papier:

Lucie nous dit qu'elle l'a écrit sur une feuille de papier. Le Cardinal Ottaviani, qui l'a lu, nous dit de même: «Elle l'a écrit sur une feuille de papier ...3»

Le Cardinal Ottaviani, en tant que Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en 1967, a déclaré avoir lu le Troisième Secret et qu'il était écrit sur une simple feuille de papier. Il a certifié ce fait le 11 février 1967, au cours d'une conférence de presse à Rome, pendant une rencontre de l'Académie Pontificale Mariale. Le Cardinal Ottaviani a déclaré:

Et alors, qu'a-t-elle fait pour obéir à la Très Sainte Vierge? Elle a écrit sur une feuille, en portugais, ce que la Sainte Vierge lui avait demandé de dire au Saint-Père [sic] ...4

Le Cardinal Ottaviani a témoigné de ce fait. Dans la même conférence de presse, il déclare:

Moi qui ai eu la grâce et le don de lire ce qui est le texte du Secret, — mais je suis secret moi aussi parce que je suis tenu au Secret5 ...

Nous avons aussi le témoignage de Monseigneur Venancio, alors évêque Auxiliaire de Leiria-Fatima. Il avait reçu l'ordre de Monseigneur da Silva, à la mi-mars 1957, d'apporter des copies de tous les écrits de Sœur Lucie — y compris l'original du Troisième Secret — au Nonce Apostolique de Lisbonne pour transfert à Rome. Avant d'apporter les écrits de Lucie au Nonce, Monseigneur Venancio regarda l'enveloppe contenant le Troisième Secret en la tenant à la lumière et vit que le Secret était «écrit sur une petite feuille de papier6.» Frère Michel identifie d'abord la nature de ce témoignage:

Cependant, grâce aux confidences de Mgr Venancio, à l'époque évêque auxiliaire de Leiria et qui fut intimement mêlé à ces événements, nous disposons maintenant de plusieurs données sur que nous nous garderons bien de négliger. Je les ai moi-même recueillies de la bouche de Mgr Venancio le 13 février 1984, à Fatima. L'ancien évêque de Leiria me répéta sur ce sujet, presque mot pour mot, ce qu'il avait déjà dit auparavant à l'abbé Caillon, qui en a fait le récit très détaillé dans ses conférences7.

Voici maintenant le témoignage de Monseigneur Venancio. Selon Frère Michel:

Monseigneur Venancio raconte qu'une fois seul chez lui, il prit la grande enveloppe du Secret et qu'il essaya de voir, par transparence, quel en était le contenu. Dans la grande enveloppe de l'évêque, il discerna une enveloppe plus petite, celle de Lucie, et à l'intérieur une feuille ordinaire, avec trois quarts de centimètre de marge de chaque côté. Il prit le soin de noter la taille de tout cela. L'ultime Secret de Fatima est donc écrit sur une petite feuille de papier8. (c'est nous qui soulignons)

Les témoignages suivants montrent que cette unique feuille de papier contenait quelque 20 à 25 lignes de texte. Sur ce point concordent tous les témoignages de Sœur Lucie, du Cardinal Ottaviani, de Monseigneur Venancio, du Père Alonso, du Frère Michel et du Frère François:

Nous sommes aussi sûrs que les quelque vingt ou trente lignes du troisième Secret9 ...

L'ultime Secret de Fatima, écrit sur une petite feuille de papier, n'est donc pas très long. Probablement vingt à vingt-cinq lignes10 ...

Monseigneur Venancio a regardé «l'enveloppe (contenant le Troisième Secret) en la tenant à la lumière. Il a vu à l'intérieur une petite feuille dont il a mesuré la taille exacte. Nous savons ainsi que le Troisième Secret n'est pas très long, probablement 20 à 25 lignes11...»

Ecrit sous la forme d'une lettre

Il est également clair que le Troisième Secret fut rédigé sous la forme d'une lettre à Monseigneur da Silva. Sœur Lucie elle-même nous dit que le Troisième Secret était écrit sous forme de lettre. Sur ce point, nous avons le témoignage écrit du Père Jongen qui, les 3-4 février 1946, interrogea Sœur Lucie comme suit:

«“Vous avez déjà donne à connaître les deux premières parties du Secret. Quand sera-ce pour la troisième?” “Cette troisième partie, je l'ai communiquée par une lettre adressée à Mgr l'évêque de Leiria; ...”» a-t-elle répondu12. (c'est nous qui soulignons)

Ensuite, nous avons les paroles décisives du Chanoine Galamba:

Quand Mgr l'évêque refuse de l'ouvrir, Lucie lui fait promettre qu'il serait ouvert définitivement et lu au monde à sa mort [à elle, Lucie], ou en 1960, selon ce qui se produirait d'abord13. (c'est nous qui soulignons)

Pour être Révélé au Monde vers 1960

Pourquoi 1960? En 1955, le Cardinal Ottaviani lui demanda pourquoi l'enveloppe ne devait pas être ouverte avant 1960. Elle lui dit: «parce qu'alors cela semblera plus clair (mais claro).» Sœur Lucie avait fait promettre à l'évêque de Leiria-Fatima que le Secret serait lu au monde à sa mort, mais en tout cas pas plus tard que 1960 «parce que la Sainte Vierge le veut ainsi14» et du Chanoine Barthas: «De plus, il (le Troisième Secret) sera bientôt connu, puisque Sœur Lucie affirme que Notre-Dame désire qu'il puisse être publié à partir de 1960.»

Ce témoignage introduit un troisième fait capital concernant le Secret: il devrait être révélé vers 1960. En vérité, en février 1960, le Patriarche de Lisbonne déclarerait:

Monseigneur da Silva enferma (l'enveloppe cachetée par Lucie) dans une autre enveloppe sur laquelle il indiqua que la lettre devait être ouverte en 1960 par lui-même, Mgr José Correia da Silva, s'il était encore en vie, ou sinon, par le Cardinal Patriarche de Lisbonne15. (c'est nous qui soulignons)

Le Père Alonso nous dit:

D'autres évêques, ajoute le P. Alonso, ont également parlé — et avec autorité — de la date de 1960 comme indiquée pour ouvrir la fameux document. Ainsi, quand l'évêque, alors titulaire de Tiava, et auxiliaire de Lisbonne, interroge Lucie au sujet de la date à laquelle sera ouvert le Secret, il reçoit toujours la même réponse: en 196016. (c'est nous qui soulignons)

Et en 1959, Monseigneur Venancio, nouvel évêque de Leiria, déclarait:

Je pense que la lettre ne sera pas ouverte avant 1960. La sœur Lucie avait demandé qu'elle ne fût pas ouverte avant sa mort, ou pas avant 1960. Or, nous sommes en 1959, et la sœur Lucie jouit d'une bonne santé17. (c'est nous qui soulignons)

Finalement, nous avons l'annonce du Vatican du 8 février 1960 (parue dans un communiqué de l'agence de presse portugaise A.N.I.) concernant la décision de taire le Secret, document sur lequel nous reviendrons au chapitre 6. L'annonce du Vatican déclare:

«... il est fort probable que la lettre dans laquelle sœur Lucie écrivit les paroles que la Vierge Marie adressa aux trois pastoureaux à la Cova da Iria, ne soit jamais ouverte18.» (c'est nous qui soulignons)

Jusqu'ici tous les témoignages convergent vers ce qui suit: un secret rédigé sous forme de lettre sur une seule feuille de papier contenant 20-25 lignes de texte calligraphié, avec ¾ de centimètre de marge de chaque côté; secret à révéler au plus tard en 1960 et en cette année-là, particulièrement, parce que «alors ce sera beaucoup plus clair.»

C'est ce document que Monseigneur Venancio transféra au Nonce du Pape, qui alors le transféra en 1957 au Saint-Office (maintenant connu sous le nom de Congrégation pour la Doctrine de la Foi):

Arrivé au Vatican le 16 avril 1957, le Secret fut sans doute placé presque aussitôt par le Pape Pie XII dans son bureau personnel, à l'intérieur d'un petit coffre de bois, portant la mention Secretum Sancti Officii. (Secret du Saint-Office)19.

Il est important de noter que le Pape était le chef du Saint-Office avant la réorganisation du Vatican par le Pape Paul VI en 1967. Par conséquent, il était tout à fait normal pour le Pape de garder en sa possession le Troisième Secret et que la boîte la contenant soit étiquetée «Secret du Saint-Office.» Le Pape étant le chef du Saint-Office, cette boîte faisait partie des archives du Saint-Office. Retenez ces faits essentiels pour examen ultérieur.

Une Prédiction d'Apostasie dans l'Eglise

Quel est le contenu du Secret? Nous retournons maintenant à l'expression qui en dit long: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» ce qui, nous l'avons noté dans un chapitre précédent, apparaît dans le Quatrième Mémoire de Lucie, à la fin du texte intégral des deux premières parties du Grand Secret.

Sur ce point, nous devons considérer le témoignage capital du Père Joseph Schweigl, à qui fut confiée par le Pape Pie XII une mission secrète: interroger Sœur Lucie sur le Troisième Secret. Il le fit au Carmel de Coimbra le 2 septembre 1952. A son retour à Rome, le Père Schweigl se rendit à sa résidence au Russicum et dit à un collègue le lendemain:

Je ne peux rien révéler de ce que j'ai appris à Fatima à propos du troisième Secret, mais je peux dire qu'il a deux parties: l'une concerne le Pape. L'autre, logiquement — bien que je ne doive rien dire — devrait être la continuation des paroles: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi ...20»

Ainsi se confirme la conclusion qu'une partie du Secret est en fait la continuation de l'expression dont le Vatican doit encore révéler la suite: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.»

Cette conclusion est confirmée par maint autre témoin, y compris les suivants:

Le Père Fuentes

Le 26 décembre 1957, le Père Fuentes eut une entrevue avec Sœur Lucie. L'entrevue fut publiée en 1958 avec imprimatur de son Archevêque, Monseigneur Sanchez de Véracruz au Mexique. Entre autres choses, Sœur Lucie dit au Père Fuentes ce qui suit:

Père, la Très Sainte Vierge est bien triste, car personne ne fait cas de Son Message, ni les bons, ni les mauvais. Les bons continuent leur chemin, mais sans faire cas du Message. Les mauvais, ne voyant pas tomber sur eux actuellement le châtiment de Dieu, continuent leur vie de péché sans se soucier du message. Mais, croyez-moi, Père, Dieu va châtier le monde et ce sera d'une manière terrible. Le châtiment céleste est imminent.

Que manque-t-il, Père, pour 1960 et qu'arrivera-t-il alors? Ce sera bien triste pour tout, nullement réjouissant si auparavant le monde ne prie pas et ne fait pas pénitence. Je ne peux donner d'autres détails puisque c'est encore un secret ...

C'est la troisième partie du Message de Notre-Dame qui restera secrète, jusqu'à cette date de 1960.

Dites-leur, Père, que la Très Sainte Vierge, plusieurs fois, aussi bien à mes cousins François et Jacinthe qu'à moi-même nous a dit que beaucoup de nations disparaîtront de la surface de la terre, que la Russie sera l'instrument du châtiment du Ciel pour le monde entier si nous n'obtenons pas auparavant la conversion de cette pauvre nation.

Père, le démon est en train de livrer une bataille décisive avec la Vierge, et comme il sait ce qui offense le plus Dieu et qui en peu de temps lui fera gagner le plus grand nombre d'âmes, il fait tout pour gagner les âmes consacrées à Dieu, car de cette manière il laisse le champ des âmes désemparé, et ainsi il s'en emparera plus facilement.

Ce qui afflige le Cœur Immaculé de Marie et celui de Jésus, c'est la chute des âmes religieuses et sacerdotales. Le démon sait que les religieux et les prêtres en manquant à leur belle vocation, entraînent de nombreuses âmes en enfer. … Le démon veut s'emparer des âmes consacrées; il essaie de les corrompre pour endormir les autres dans l'impénitence finale21.

Le Père Alonso

Avant sa mort en 1981, le Père Joaquin Alonso, qui pendant seize ans fut l'archiviste officiel de Fatima, a certifié ce qui suit:

Il est donc tout à fait probable, que le texte [du troisième Secret] fasse des allusions concrètes à la crise de la foi de l'Eglise et à la négligence des Pasteurs eux-mêmes ... [et aux] luttes intestines au sein de l'Eglise même et de graves négligences pastorales de la haute Hiérarchie22.

Dans la période qui précède le grand triomphe du Cœur de Marie se produiront des choses terribles qui sont l'objet de la troisième partie du Secret. Lesquelles? Si «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi,» ... on peut en déduire en toute clarté que dans d'autres parties de l'Eglise ces dogmes ou bien vont s'obscurcir, ou bien même se perdre23.

Le texte inédit parle-t-il de circonstances concrètes? It est fort possible qu'il ne parle pas uniquement d'une véritable crise de la foi dans l'Eglise pendant cette période intermédiaire, mais que, comme par exemple le fait le secret de La Salette, il y ait des références plus concrètes aux luttes intestines des Catholiques ou aux défaillances des prêtres et des religieux. Peut-être même y a-t-il référence aux défaillances de la haute Hiérarchie de l'Eglise.

Rien de tout cela, du reste, n'est étranger à d'autres communications qu'a eues sœur Lucie sur ces points24.

Le Cardinal Ratzinger

Le 11 novembre 1984, le Cardinal Ratzinger, tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, donna un entretien à la revue Jésus, publication des Sœurs Pauliniennes. L'entretien intitulé «Voici pourquoi la Foi est en crise» fut publiée avec l'autorisation explicite du Cardinal. Dans cet entretien, le Cardinal Ratizinger admît qu'une crise de la foi affecte l'Eglise dans le monde entier. Dans ce contexte, il révèle qu'il a lu le Troisième Secret et que le Secret se réfère à des «dangers qui menaçent la foi, et la vie du Chrétien, et donc (la vie) du monde.»

Le Cardinal confirme ainsi la thèse du Père Alonso: le Secret se rapporte à l'expansion de l'apostasie dans l'Eglise. Le Cardinal Ratzinger dit dans le même entretien que le Secret se réfère aussi à «l'importance des Novissimi (les Derniers Temps/les Derniers Evénements)» et que «si on ne publié pas, — du moins pour le moment, — c'est pour éviter de voir confondre la prophétie religieuse avec le sensationnalisme» … Plus loin, le Cardinal révèle que «Mais les choses contenues dans ce “Troisième Secret” correspondent à ce qu'annonce l'Ecriture et sont confirmées par beaucoup d'autres apparitions mariales, à commencer par celles mêmes de Fatima25 ...»

Monseigneur Amaral

Avec le Cardinal Ratzinger s'accorde tout à fait Monseigneur Amaral, le troisième évêque de Fatima. Dans un discours à Vienne, en Autriche, le 10 septembre 1984, il a dit ce qui suit:

Son contenu, insista-t-il, ne concerne que notre foi. Identifier le (Troisième) Secret avec des annonces catastrophiques ou avec un holocauste nucléaire, c'est déformer le sens du message. La perte de la foi d'un continent est pire que l'anéantissement d'une nation; et il est vrai que la foi diminue continuellement en Europe26. (c'est nous qui soulignons)

Le Cardinal Oddi

Le 17 mars 1990, le Cardinal Oddi a donné le témoignage suivant au journaliste italien Lucio Brunelli sur le journal Il Sabato:

Il (le Troisième Secret) n'a rien à voir avec Gorbachev. La Sainte Vierge nous alertait contre l'apostasie dans l'Eglise.

Le Cardinal Ciappi

A ces témoignages, nous devons ajouter le témoignage du Cardinal Mario Luigi Ciappi qui ne fut rien moins que le théologien papal personnel du Pape Jean-Paul II. Dans une communication personnelle au professeur Baumgartner de Salzburg, le Cardinal Ciappi a révélé que:

Dans le Troisième Secret il est prédit, entre autres choses, que la grand apostasie dans l'Eglise commencera au sommet27.

Tous ces témoignages correspondent aux remarques répétées de Sœur Lucie elle-même. Non seulement au Père Fuentes, cité plus haut, mais à beaucoup d'autres témoins dignes de foi. Bien qu'elle soit liée au secret concernant le contenu précis du Troisième Secret, ses remarques à des témoins dignes de confiance, sont pleines de références à des hommes d'Eglise «tromper par de fausses doctrines»; à une «désorientation diabolique» atteignant «tant de personnes qui occupent des places de responsabilité» dans l'Eglise; à des «prêtres et âmes consacrées» qui «sont tellement trompées et égarées» parce que «le démon a réussi à infiltrer le mal sous couvert de bien … induire en erreur et à tromper des âmes ayant une lourde responsabilité par la place qu'elles occupent … ce sont des aveugles qui guidant d'autres aveugles», et ainsi de suite28.

Pie XII Confirme
La Prédiction d'Apostasie dans le Secret

Mais peut-être le témoignage le plus remarquable de tous à ce sujet, bien qu'en rapport indirect, est celui du Cardinal Eugénio Pacelli, avant de devenir le Pape Pie XII, et alors qu'il était encore au service du Vatican comme Secrétaire d'Etat sous le règne du Pape Pie XI. Parlant même avant que Sœur Lucie ait confirmé par écrit le Troisième Secret, le futur Pie XII fit une prophétie étonnante sur un bouleversement futur dans l'Eglise:

Je suis tracassé par les Messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima. Cette insistance de Marie sur les dangers qui menacent l'Eglise est un avertissement divin contre le suicide par altération de la Foi, dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme. … J'entends tout autour de moi, des novateurs qui veulent démanteler la Sainte Chapelle, détruire la flamme universelle de l'Eglise, rejeter Ses ornements et Lui faire éprouver du remords pour Son passé historique.

Le biographe du Pape Pie XII, Monseigneur Roche, a noté que, à ce moment de la conversation, Pie XII dit alors (en réponse à une objection):

Un jour viendra où le monde civilisé reniera son Dieu, où l'Eglise doutera comme Pierre a douté. Elle sera tentée de croire que l'homme est devenu Dieu. Dans nos églises, les chrétiens chercheront en vain la lampe rouge là où Dieu les attend. Comme Marie-Madeleine, pleurant devant le tombeau vide, ils demanderont: «Où L'ont-ils emporté29?»

Il est tout à fait remarquable que le futur Pape ait associé cette intuition, apparemment surnaturelle, d'une dévastation qui survenait dans l'Eglise, spécialement aux «Messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima» et «cette insistance de Marie sur les dangers qui menacent l'Eglise.» La prédiction serait complètement dépourvue de sens si elle avait été basée sur les deux premières parties du Grand Secret, qui ne font aucune mention de faits tels que «le suicide de l'altération de la Foi dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme» ou de «novateurs qui veulent démanteler la Sainte Chapelle, détruire la flamme universelle de l'Eglise, rejeter ses ornements et lui faire éprouver du remords pour son passé historique.» Il n'y a pas non plus une indication quelconque dans les deux premières parties pour «dans nos églises, les Chrétiens chercheront en vain la lampe rouge où Dieu les attend.»

Comment le futur Pape Pie XII connaissait-il ces choses? Sinon par intuition surnaturelle, puis par connaissance directe d'une certaine partie jusque là non dévoilée «des Messages de la Sainte Vierge à Sœur Lucie de Fatima» révélant ces futurs événements dans l'Eglise.

Bref, chaque témoignage relatif au contenu du Troisième Secret depuis 1944 au moins jusqu'à 1984 (date de l'interview de Ratzinger) confirme qu'il signale une perte catastrophique de la foi et de la discipline dans l'Eglise, représentant une avancée des forces rangées contre Elle depuis si longtemps — les «novateurs» qu'entendait le futur Pape Pie XII «tout autour de moi» réclamant à grands cris le démantèlement de la Sainte Chapelle et les changements de la liturgie et de la théologie catholique.

Comme nous le montrerons, cette avancée a commencé en 1960 précisément l'année où (Sœur Lucie avait insisté) la troisième partie du Secret devait être révélée. Mais avant de retourner à cette année décisive, où le grand crime dont nous parlons a d'abord commencé, nous devons d'abord discuter du motif qui a précédé le crime. C'est ce que nous allons nous efforcer de faire maintenant.


Sœur Lucie à l'époque de cette photo était chez les Sœurs Dorothées et c'est environ trois ans après cette photo, qu'elle reçut un message de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même lui disant de transmettre au Pape et aux évêques ce qui leur arrivera personnellement s'ils retardent trop longtemps pour faire la Consécration de la Russie. Jésus a dit:

«Fais savoir à Mes ministres, étant donné qu'ils suivent l'exemple du roi de France en retardant l'exécution de Ma demande, qu'ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et à Marie.»

La vision de l'exécution du Pape et des évêques qui fut révélée par le Vatican le 26 juin 2000 trouverait une explication dans les mots de Notre-Seigneur Lui-même cités plus haut.

Notes:

1. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1985), p. 38.

2. Ibid.

3. Père Joaquin Alonso, La Verdad Sobre el Secreto de Fatima (La Vérité sur le Secret de Fatima), (Centre Mariano, Madrid, Espagne, 1976), p. 60. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 437.

4. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 486.

5. Ibid., p. 488.

6. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1991), p. 291.

7. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 320.

8. Ibid., p. 321.

9. Ibid., p. 419.

10. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 291.

11. Frère Michel de la Sainte Trinité, The Secret of Fatima ... Revealed (Le Secret de Fatima ... Révélé), (Immaculate Heart Publications, Buffalo, New York, U.S.A.), p. 7.

12. Revue Médiatrice et Reine, octobre 1946, pp. 110-112. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 313.

13. Père Joaquin Alonso, La Verdad Sobre el Secreto de Fatima, p. 46-47. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 313.

14. Barthas, Fatima, Merveille du XXè siècle, p. 83. Fatima Editions, 1952. Il faut noter que le Chanoine Barthas a publié ce compte-rendu après avoir eu le privilège de rencontrer Sœur Lucie de nouveau le 15 octobre 1950 en compagnie de Monseigneur Bryant, O.M.I., Vicaire Apostolique de L'Athabaska-Mackenzie. Voir Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 314.

15. Novidades, 24 février 1960. Cité par la Documentation Catholique, 19 juin 1960, col. 751. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 314.

16. Père Alonso, La Verdad Sobre el Secreto de Fatima. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, pp. 316-317.

17. Ibid. , p. 318.

18. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, pp. 386.

19. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 291.

20. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 476.

21. Traduction de l'interview de Sœur Lucie avec le Père Fuentes tirée de Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, pp. 336-337. Frère Michel explique que le texte est tiré du livre de l'expert de Fatima le Père Joaquin Alonso, La Verdad Sobre el Secreto de Fatima (pp. 103-106), et depuis le text publier par Père Ryan dans le juin de 1959 issue du Fatima Findings (Conclusions de Fatima), et le no 8-9 août-septembre 1961 issue du italien magazine Messaggero del Cuore di Maria (Message du Coeur de Maria). L'interview de Sœur Lucie avec le Père Fuentes fut publiée avec Imprimatur de l'Archevêque Sanchez de Veracruz, Mexique.

22. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 472.

23. Ibid., p. 460.

24. Ibid., pp. 472-473.

25. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, pp. 555-556. Voir aussi Jesus Magazine du 11 novembre 1984, p. 79. Voir aussi The Fatima Crusader, n° 37, Eté 1991, p. 7.

26. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 400. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 453.

27. Voir Père Gérard Mura «Le Troisième Secret de Fatima: A-t-il Eté Complètement Révélé?», le périodique Catholic (publié par les Rédemptoristes transalpins, Orkney Islands, Scotland, Great-Britain) mars 2002.

28. Ces citations sont résumées à partir de nombreuses lettres qu'écrivit Sœur Lucie au début des années 1970 à deux de ses neveux qui étaient prêtres et à d'autres religieux qu'elle connaissait. Voir Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, pp. 509-512.

29. Roche, Pie XII Devant l'Histoire, pp. 52-53.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:38

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 5

Un Motif Emerge

Selon l'accusation portée dans l'Introduction, le crime contre l'Eglise et le monde que nous avons l'intention de prouver dans ce livre, implique «une tentative systématique, depuis l'année 1960, de dissimuler, dénaturer et nier l'authenticité de ce message — le Message de Fatima — alors même que ses prophéties alarmantes sont en train de s'accomplir sous nos propres yeux.»

Mais pourquoi des hommes au plus haut rang de l'autorité dans l'Eglise commettent-ils un tel crime? Comme l'a observé Aristote, pour comprendre une action, il faut examiner le motif. C'est ce que nous ferons dans ce chapitre.

A coup sûr, prouver un motif est toujours une affaire difficile, car on ne peut lire dans l'esprit d'un autre, moins encore juger l'état de son âme. Arriver à une conclusion sur ce qui motive comme tout jury dans une affaire purement civile, permet de baser le jugement seulement sur les actions externes de l'accusé, à la lumière des circonstances environnantes. Quand un jury découvre qu'un homme a assassiné sa femme pour le motif d'obtenir l'argent de l'assurance, par exemple, il fait reposer sa découverte de motif sur une déduction raisonnable tirée des circonstances du contexte. Il serait rare pour un meurtrier dans un tel cas d'avouer: «Je l'ai tuée pour l'assurance.» Au lieu de cela, le motif pourrait être déduit du fait d'une récente souscription par le mari d'une très importante police d'assurance en faveur de l'épouse.

Or personne n'accuserait un jury de «jugement téméraire» en déduisant à partir des circonstances que le mari dans notre cas hypothétique, a nourri l'intention de tuer sa femme pour de l'argent. Dans le cas de Fatima aussi, le motif peut-être tiré des circonstances; ce n'est pas «jugement téméraire» de parvenir à une conclusion raisonnable pour un motif basé sur ce que les accusés eux-mêmes ont dit et fait. De plus, comme nous le démontrerons dans ce cas, nous avons l'équivalent d'un aveu quant au motif. Les accusés ont été tout à fait explicites sur leurs approbations et en fin de compte leur intentions concernant le crime.

Une Nouvelle et Ruineuse
Orientation de l'Eglise

Selon l'accusation portée dans l'Introduction, le motif dans ce cas, vient du fait que les accusés reconnaissent que le Message de Fatima, compris au sens catholique traditionnel, ne peut s'accorder avec les décisions qu'ils ont prises depuis le Concile Vatican II, de changer toute l'orientation de l'Eglise Catholique. C'est-à-dire que le Message barre la route aux efforts de faire précisément ce que prévoyait le futur Pape Pie XII en son moment d'illumination surnaturelle: restaurer l'Eglise en une institution orientée vers le monde. Le scandale qui fait rage actuellement dans le sacerdoce catholique n'est qu'un symptôme de cet effort ruineux pour «mettre à jour» l'Eglise Catholique. Autre manière de le montrer: la condition actuelle de l'Eglise Catholique est le résultat d'une invasion sans précédent de l'Eglise par le libéralisme. Nous rappelons encore une fois ces paroles prophétiques de Monseigneur Pacelli (le futur Pape Pie XII) prononcées à la lumière du Message de Fatima:

Je suis tracassé par les messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima. Cette insistance de Marie sur les dangers qui menacent l'Eglise est un avertissement divin contre le suicide par l'altération de la Foi, dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme. … J'entends tout autour de moi des novateurs qui veulent démanteler la Sainte Chapelle, détruire la flamme universelle de l'Eglise, rejeter Ses ornements et Lui faire éprouver du remords pour Son passé historique.

Un jour viendra où le monde civilisé reniera son Dieu, où l'Eglise doutera comme Pierre a douté. Elle sera tentée de croire que l'homme est devenu Dieu. Dans nos églises, les Chrétiens chercheront en vain la lampe rouge là où Dieu les attend. Comme Marie-Madeleine, pleurant devant le tombeau vide, ils demanderont: «Où L'ont-ils emporté?»

Dans l'Introduction, nous avons aussi noté que ce grand changement d'orientation dans l'Eglise — dans «Sa liturgie, Sa théologie, Son âme», selon le futur Pape Pie XII — était le but longuement caressé par les forces organisées qui complotent contre l'Eglise depuis des siècles; les mêmes forces qui étaient à l'œuvre au Portugal en 1917, mais furent repoussées par la Consécration de cette nation au Cœur Immaculé de Marie en 1931. Repousser ces forces dans le monde entier fut la raison même pour laquelle le Ciel lui-même a envoyé la Mère de Dieu à Fatima pour prescrire la Consécration de la Russie. Ces forces allaient bientôt devenir l'arme principale de la longue guerre de Satan contre l'Eglise. A vrai dire, l'issue de la guerre contre l'Eglise de notre temps est axée sur le combat pour l'accomplissement du Message de Fatima.

Notre présentation des preuves du motif dans ce procès — C'est-à-dire, le désir d'imposer à l'Eglise une nouvelle orientation à l'exclusion du Message de Fatima — exige un arrière-plan historique considérable que nous allons maintenant vous présenter. Cet arrière-plan intéressera non seulement les Catholiques, mais aussi les non-Catholiques qui cherchent à comprendre ce qui se passe dans l'Eglise Catholique depuis Vatican II.

Le But de la Franc-Maçonnerie Organisée:
Neutraliser et «Instrumentaliser» l'Eglise Catholique

Comme nous l'avons vu avec l'exemple du Portugal en 1917, les forces de la Maçonnerie (et de leurs compagnons de voyage les Communistes) ont conspiré pour empêcher le Message de Fatima de trouver son accomplissement au Portugal. Le Message fut qualifié de fraude ou de mensonge enfantin; les voyants eux-mêmes furent persécutés et menacés de mort. Telle était la haine de ces forces pour l'Eglise Catholique et la Vierge Mère de Dieu.

Et ainsi en est-il de ces forces aujourd'hui dans le monde en général. Il n'est pas nécessaire de descendre dans les marais enfiévrés des théories de la conspiration pour savoir que, avant 1960, les Papes prononcèrent plus de condamnations et d'avertissements sur le complot des Francs-Maçons et les Communistes contre l'Eglise que sur d'autre sujet de l'histoire de l'Eglise.

Sur ce point, on ne peut manquer de considérer l'infâme Formation Permanente de la Alta Vendita, document maçonnique qui dressa tout un plan d'infiltration et de corruption de l'Eglise Catholique au 20ème siècle1. Tandis qu'il est devenu à la mode depuis le Concile Vatican II de ridiculiser l'existence d'une telle conspiration, il faut noter que les papiers secrets de la Alta Vendita (société secrète italienne), y compris la Formation Permanente, sont tombés entre les mains du Pape Grégoire XVI. La Formation Permanente fut publiée à la requête du Bienheureux Pape Pie IX par le Cardinal Cretineau-Joly dans son œuvre: L'Eglise Romaine et la Révolution2. Par son bref d'approbation du 25 février 1861 (adressé à l'auteur) le Pape Pie IX a garanti l'authenticité de la Formation Permanente et des autres papiers maçonniques, mais il n'a autorisé personne à divulguer les vrais noms des membres de la Alta Vendita impliqués dans les documents. Le Pape Léon XIII en avait également requis la publication. Les deux Papes ont agi sans doute pour empêcher une telle tragédie de se produire. Ces grands Pontifes savaient qu'une telle calamité était loin d'être impossible. (Le Pape Pie XII le savait aussi, comme nous le voyons par ses remarques prophétiques alors qu'il était encore Secrétaire d'Etat au Vatican.)

Le texte complet de la Formation Permanente est aussi contenu dans le livre de Monseigneur Georges E. Dillon, La Franc-Maçonnerie du Grand Orient Démasquée3. Quand le Pape Léon XIII reçut un exemplaire du livre de Monseigneur Dillon, il fut si impressionné qu'il ordonna d'en réaliser et publier une version italienne aux frais personnels du Pape4.

La Alta Vendita fut la plus haute loge des Carbonari, société secrète italienne liée à la Franc-Maçonnerie et qui, en même temps que la Franc-Maçonnerie fut condamnée par l'Eglise Catholique5. L'estimable historien catholique, le Père E. Cahill, S.J., qu'on qualifierait difficilement de «gandin de conspiration», déclare dans son œuvre La Franc-Maçonnerie et le Mouvement Anti-Chrétien que la Alta Vendita fut «communément taxée à l'époque de noyau dirigeant de la Franc-Maçonnerie européenne6.» Les Carbonari étaient très actifs en Italie et en France.

Dans son livre Athanase et l'Eglise de Notre Temps (1974), Monseigneur Rudolph Graber, autre autorité objective et tout à fait inattaquable écrivant après le Concile Vatican II, citait un éminent Franc-Maçon qui déclarait que «le but (de la Franc-Maçonnerie) n'est plus de détruire l'Eglise, mais de l'utiliser en l'infiltrant7.» En d'autres termes, puisque la Franc-Maçonnerie ne peut pas complètement oblitérer l'Eglise du Christ, elle projette non seulement d'éradiquer l'influence du Catholicisme dans la société, mais d'user de la structure de l'Eglise comme instrument du «renouveau», du «progrès», des «Lumières» — c'est-à-dire comme moyen de faire avancer beaucoup de ses propres principes et buts.

Discutant sur la vision maçonnique de la société et du monde, Monseigneur Graber présente le concept de synarchie: «Ce à quoi nous sommes ici confrontés, c'est l'ensemble complet des forces secrètes de tous les “ordres” et écoles qui se sont unis pour établir un gouvernement mondial invisible. Au sens politique, la synarchie vise à l'intégration de toutes les forces financières et sociales, que le gouvernement mondial, sous direction socialiste naturellement, doit soutenir et promouvoir. Le Catholicisme, comme toutes les religions, serait absorbé, par conséquent, en un syncrétisme universel. Loin d'être supprimé, il serait intégré, manœuvre déjà en cours dans le principe des relations entre clergés (de différentes religions).»

La stratégie développée dans la Formation Permanente pour parvenir à ce but est étonnante dans son audace et son habileté. Depuis le début, le document parle d'un processus dont la réalisation exigera des décennies. Ceux qui ont rédigé le document savaient qu'ils n'en verraient pas l'accomplissement. Ils inauguraient une œuvre qui serait accomplie par des générations successives d'initiés. La Formation Permanente dit: «Dans nos rangs le soldat meurt et la lutte continue.»

La Formation préconisait la diffusion d'axiomes et d'idées libérales à travers la société et les institutions de l'Eglise Catholique de sorte que les laïcs, les séminaristes, le clergé et les prélats soient avec les années, imbus de principes progressistes. Avec le temps, cette nouvelle mentalité serait si répandue que des prêtres seraient ordonnés, des évêques consacrés et des Cardinaux nommés, dont la pensée serait dans la voie de la pensée moderne enracinée dans les «Principes de 1789» (c'est-à-dire les principes de la Franc-Maçonnerie qui a inspiré la Révolution Française) — à proprement parler, le pluralisme, l'égalité de toutes les religions, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la liberté totale d'expression et ainsi de suite.

Finalement, serait élu un Pape sorti de ces rangs qui mènerait l'Eglise sur le sentier des «Lumières et du renouveau.» Il faut bien souligner que leur but n'était pas de placer un Franc-Maçon sur la Chaire de Pierre. Leur but était de créer un environnement qui finalement produirait un Pape et une hiérarchie gagnée aux idées du Catholicisme libéral tout en se croyant fidèle Catholique.

Ces chefs catholiques libéralisés ne voudraient plus, alors, s'opposer aux idées modernes de la révolution (selon la pratique constante des Papes de 1789 à 1958, qui condamnaient unanimement ces principes libéraux), mais les amalgameraient ou les «baptiseraient» pour les faire entrer dans l'Eglise. Le résultat final serait un laïcat et un clergé catholique marchant sous la bannière des «lumières», tout en croyant qu'ils marchent sous la bannière des clefs apostoliques.

C'est sans doute en pensant à la Formation Permanente que dans Humanum Genus le Pape Léon XIII lançait un appel aux chefs catholiques pour «arrachez à la Franc-Maçonnerie le masque dont elle se couvre et faites la voir telle qu'elle est8.» La publication de ces documents de la Alta Vendita était un moyen de «arrachez le masque.»

De peur qu'on nous accuse d'avoir mal caractérisé la «Formation Permanente», nous en citons maintenant un long extrait. Ce qui suit n'est pas toute la Formation, mais la partie la plus appropriée à notre démonstration. Le document dit:

Le Pape, quel qu'il soit, ne viendra jamais dans les sociétés secrètes. C'est aux sociétés secrètes de faire le premier pas vers l'Eglise, avec le but de conquérir les deux.

La tâche que nous allons entreprendre n'est pas l'œuvre d'un jour, ou d'un mois, ou d'une année; elle peut durer plusieurs années, peut-être un siècle; mais dans nos rangs le soldat meurt et la lutte continue.

Nous n'avons pas l'intention de gagner les Papes à notre cause, d'en faire des néophytes de nos principes, des propagateurs de nos idées. Ce serait un rêve ridicule et si les événements se retournent de quelque manière, si les Cardinaux ou les prélats, par exemple, de leur propre volonté libre ou par surprise, devaient entrer dans quelque partie de nos secrets, ce n'est pas du tout un encouragement à désirer leur élévation au Siège de Pierre. Cette élévation nous ruinerait. L'ambition seule les aurait conduits à l'apostasie, les exigences du pouvoir les forceraient à nous sacrifier. Ce qu'il nous faut demander, ce qu'il nous faudrait chercher et attendre, comme les Juifs attendent le Messie, c'est un Pape selon nos besoins ...

Avec cela, nous monterons plus sûrement à l'assaut de l'Eglise que par les pamphlets de nos frères en France et même l'or de l'Angleterre. Voulez-vous savoir pour quelle raison? C'est que, avec cela, pour ébranler le haut roc sur lequel Dieu a bâti Son Eglise, nous n'avons plus besoin du vinaigre d'Hannibal, plus besoin de poudre à canon, même plus besoin de nos armes. Nous avons le petit doigt du successeur de Pierre engagé dans la manœuvre, et ce petit doigt, pour cette croisade a autant de valeur que tous les Urbain II et tous les Saint Bernard de la chrétienté.

Nous n'avons pas de doute que nous arriverons à cette fin suprême de nos efforts. Mais quand? Mais comment? L'inconnu n'est pas encore révélé. Néanmoins, comme rien ne devrait nous faire dévier du plan tracé, et au contraire tout devrait y tendre, comme si dès demain, le succès devait couronner l'œuvre simplement esquissée, nous désirons, dans cette formation, qui demeurera secrète pour les simples initiés, donner aux officiers supérieurs de la Vente Suprême quelques conseils qu'ils devraient infuser chez tous les frères, sous forme d'information ou de mémorandum ...

Or donc, pour nous assurer un Pape aux dimensions requises, la première question est de lui donner forme ... pour ce Pape, une génération digne du règne dont nous rêvons. Laissez de côté les vieillards et l'âge mûr; allez à la jeunesse et si c'est possible, même aux enfants ... Vous vous débrouillerez pour vous faire, à peu de frais, une réputation de bons catholiques et de purs patriotes.

Cette réputation donnera accès à nos doctrines au milieu du jeune clergé ainsi qu'au fond des monastères. Dans quelques années, par la force des choses, ce jeune clergé aura gravi les échelons; ils formeront le conseil suprême, ils seront appelés à choisir un Pontife pour le trône. Et ce Pontife, comme la plupart de ses contemporains, sera nécessairement plus ou moins imbu des principes humanitaires italiens que nous allons commencer à faire circuler. C'est un petit grain de sénevé que nous confions au sol; mais le soleil de justice le développera jusqu'au pouvoir suprême, et vous verrez un jour quelle riche moisson produira cette petite semence.

Dans le sentier que nous traçons pour nos frères, se trouvent de grands obstacles à vaincre, des difficultés de plus d'une sorte à maîtriser. Ils en triompheront par l'expérience et la lucidité; mais le but est si splendide qu'il est important de mettre toutes voiles au vent afin de l'atteindre. Vous voulez révolutionner l'Italie, cherchez le Pape dont nous venons de tracer le portrait. Vous voulez établir le règne des élus sur le trône de la prostituée de Babylone, que le Clergé marche sous votre étendard, croyant toujours marcher sous la bannière des clefs apostoliques. Vous avez l'intention de faire disparaître les derniers vestiges des tyrans et des oppresseurs; posez vos filets, comme Simon Bar-Jona; posez-les dans les sacristies, les séminaires et les monastères plutôt qu'au fond de la mer; et si vous n'êtes pas trop pressés, nous vous promettons une prise plus miraculeuse que la sienne. Le pêcheur de poisson est devenu pêcheur d'hommes. Vous amènerez des amis autour de la Chaire apostolique. Vous aurez prêché une révolution en tiare et en chape, défilant avec la croix et la bannière, une révolution qu'il faudra seulement un peu continuer à stimuler pour mettre le feu aux quatre coins du monde9.

La Montée du Catholicisme Libéral

Comme nous l'avons noté, le but de la Franc-Maçonnerie n'était pas de détruire l'Eglise, ce que les Maçons savaient impossible, mais de neutraliser et d'instrumentaliser l'Eglise — c'est-à-dire de faire de l'élément humain de l'Eglise un instrument pour l'avancée des buts maçonniques, en amenant les membres de l'Eglise à embrasser des idées libérales. Une hiérarchie libéralisée se prêterait tout de suite à l'œuvre d'établir l'idéal maçonnique d'un nouvel ordre mondial (novus ordo seclorum) — une fausse «fraternité» pan-religieuse où l'Eglise abandonne Sa prétention d'être la seule arche de salut et cesse Son opposition aux forces du monde. Le premier niveau de ce processus se manifesta au 19e siècle, époque où la société s'était peu à peu imprégnée des principes libéraux de la Révolutions Françaises. Même au milieu des années 1800, ce programme causait déjà de grands dommages à la Foi catholique et à l'Etat catholique. Les notions supposées «plus aimables et plus nobles» de pluralisme, d'indifférentisme religieux, une démocratie qui croit que toute autorité vient du peuple, de fausses notions de liberté, des rassemblements inter-religieux, la séparation de l'Eglise et de l'Etat et autres nouveautés s'emparaient des esprits de l'Europe après le temps des «Lumières», contaminant de même hommes d'Eglise et hommes d'Etat.

La Condamnation du Catholicisme Libéral

Les Papes du 19e et du début du 20e siècles engagèrent la lutte contre ces vagues dangereuses en pleine tenue de combat. Avec une présence d'esprit enracinée dans la certitude sans compromis de la Foi, ces Papes ne se laissèrent pas duper. Ils savaient que les principes mauvais, si honorables qu'ils paraissent, ne peuvent porter de bons fruits, et que c'étaient des principes du mal en ce qu'ils avaient de pire, puisque enracinés non seulement dans l'hérésie, mais dans l'apostasie. Comme des généraux aux commandes, qui reconnaissent le devoir de garder à tout prix leur terrain, ces Papes ont braqué leurs canons puissants sur les erreurs du monde moderne et fait feu incessamment. Les encycliques furent leurs boulets de canon et ils n'ont jamais manqué leur cible.

La rafale la plus dévastatrice vint sous la forme du mémorable Syllabus d'Erreurs du Bienheureux Pape Pie IX qu'il ajouta à son encyclique Quanta Cura (1864). Quand la fumée se dissipa, tous ceux qui étaient impliqués dans la bataille n'avaient aucun doute sur qui était de quel côté. La ligne de démarcation avait été clairement tracée. Dans le Syllabus, le Bienheureux Pie IX condamnait les principales erreurs du monde moderne, non parce qu'elles étaient modernes, mais parce que ces nouvelles idées étaient enracinées dans le naturalisme panthéiste et, par conséquent, étaient incompatibles avec la doctrine catholique et, en même temps, destructrices de la société.

Les enseignements du Syllabus étaient l'anti-libéralisme et les principes du libéralisme étaient anti-syllabus. Ceci fut clairement perçu par tous les partis. Le Père Denis Fahey signalait cette finale en ces termes: «Pie IX contre la Deification Panthéiste de l'Homme10.» Parlant pour l'autre côté, le Franc-Maçon français Ferdinand Buisson déclarait également «Une école ne peut rester neutre entre le Syllabus et la Déclaration des Droits de l'Homme11.»

Pourtant le 19e siècle vit une nouvelle génération de Catholiques chercher un compromis utopique entre les deux. Ces hommes cherchaient ce qu'ils croyaient être «bon» dans les principes de 1789 et essayaient de les introduire dans l'Eglise. Beaucoup de membres du Clergé, contaminés par l'esprit de l'époque, furent pris dans un filet qui «avait été jeté dans les sacristies et dans les séminaires» par la Franc-Maçonnerie. Ces hommes en vinrent à être désignés comme Catholiques libéraux. Le Bienheureux Pape Pie IX les considérait avec une horreur absolue. Il disait que ces «Catholiques libéraux» étaient «les pires ennemis de l'Eglise.» Dans une lettre à la délégation française dirigée par l'évêque de Nevers le 18 juin 1871, le Bienheureux Pie IX déclarait:

Ce que je crains, ce n'est pas la Commune de Paris — non — ce que je crains, c'est le Catholicisme libéral ... Je l'ai dit plus de quarante fois et je vous le répète maintenant, pour l'amour que je vous porte. Le vrai châtiment de la France, c'est le Catholicisme libéral, qui s'efforce d'unir deux principes aussi contradictoires que le feu et l'eau12.

La Montée du Modernisme

Cependant, malgré cela, le nombre de Catholiques libéraux ne cessait de croître. La crise atteignit un sommet au tournant du siècle où le libéralisme de 1789 qui avait «soufflé comme un vent» se changea en tornade du modernisme. Le Père Vincent Miceli identifia cette hérésie comme telle en décrivant la «trinité de parents» du modernisme. Il a écrit: «Son ancêtre religieux est la Réforme Protestante ... sa parenté philosophique est la philosophie des Lumières ... son ascendance politique vient de la Révolution Française13.»

Que faut-il entendre par «modernisme»? Le modernisme, c'est ni plus ni moins qu'une synthèse ou une combinaison de toutes les erreurs du Catholicisme Libéral en un système philosophique et théologique général qui a pour effet de saper l'intégralité de la Foi catholique dans son ensemble. Alors qu'un examen complet du vaste système de pensée moderniste dépasse de beaucoup les visées de ce livre, il suffit pour notre propos, de dire que, par différentes erreurs subtiles, le moderniste nie ou sape la divinité et la révélation divine du Christ, la fondation par Lui d'une seule et véritable Eglise, et l'immutabilité absolue de la doctrine catholique (qui selon les prétentions modernistes, peut «évoluer» avec le changement de circonstances). Le moderniste embrasse également et encourage les notions libérales de «liberté d'expression», de «liberté de conscience», et l'erreur de l'indifférentisme religieux, qui estime que toutes les religions sont plus ou moins bonnes et louables, parce que toutes, elles suscitent un prétendu «sens religieux» chez l'homme — erreur qui, bien entendu, nie implicitement la réalité du Péché Originel en suggérant que tous les hommes peuvent être vraiment religieux et peuvent trouver le salut dans les différentes religions qu'ils inventent, sans nécessité du Baptême, de la Foi, et des Sacrements de l'Eglise Catholique.

Saint Pie X Réprime la Révolte Moderniste

Le Pape Saint Pie X, qui accéda au trône papal en 1903 reconnut le modernisme comme fléau extrêmement mortel qu'il faut arrêter. Saint Pie X engagea le combat contre le modernisme en sériant, définissant et condamnant systématiquement ses nombreuses propositions erronées. En particulier Saint Pie X publia une encyclique mémorable contre le modernisme (Pascendi) et un Syllabus d'erreurs modernistes (Lamentabili). Dans son encyclique Pascendi, ce grand Pape a écrit: «Il n'y a aucune partie de la vérité catholique qu'ils laissent intacte, aucune qu'ils ne s'efforcent de corrompre.» Dans la même encyclique, il a qualifié le modernisme «de synthèse de toutes les hérésies», déclarant que l'obligation la plus importante du Pape est d'assurer la pureté et l'intégrité de la doctrine catholique et que s'il ne faisait rien, alors il aurait manqué à son devoir essentiel14.

Mais Saint Pie X ne s'en est pas tenu là. Quelques années après Pascendi, comprenant que les modernistes devaient être écrasés avant de se lever pour causer des ravages dans l'Eglise, ce saint Pape publia sa lettre Sacrorum Antistitum avec le mandement que le Serment Anti-Moderniste soit prêté par tous les prêtres et professeurs. Il supervisa l'expulsion des modernistes des séminaires et universités et excommunia les entêtés et les impénitents. Saint Pie X savait que rien moins que la nature même de l'Eglise était attaquée par les Modernistes qui, dans leur audace, agissaient alors ouvertement pour renverser le Dogme et la Tradition Catholique:

[L]a gravité du mal croit de jour en jour et doit être étouffée à tout prix. Nous ne traitons plus, comme au commencement, avec des adversaires «déguisés en moutons», mais avec des ennemis à découvert et sans masque, dans notre propre maison, qui ayant fait un pacte avec les principaux adversaires de l'Eglise (c'est-à-dire les Francs-Maçons, les libéraux, les Protestants, les Juifs, les Musulmans, etc. …) s'efforcent de renverser la Foi ... Ils veulent la renouveler comme si elle était consumée par l'âge, la développer et l'adapter aux goûts, aux progrès et aux facilités du monde, comme si elle était opposée non seulement à la frivolité de quelques-uns, mais au bien de la société. ... Il n'y aura jamais assez de vigilance et de fermeté de la part de ceux à qui est confiée la sauvegarde fidèle du dépôt sacré de la doctrine évangélique et de la tradition ecclésiastique afin de faire opposition à ces attaques contre elle15.

Saint Pie X a effectivement arrêté l'expansion du modernisme en son temps. On rapporte cependant que lorsqu'on le félicitait d'avoir éradiqué cette grave erreur, Pie X répondait immédiatement qu'en dépit de tous ses efforts, il n'avait pas réussi à tuer cette bête, mais l'avait seulement traînée sous terre. Il avertit que si les chefs de l'Eglise n'étaient pas vigilants, elle reviendrait à l'avenir plus virulente que jamais16. Comme nous allons le voir, la prédiction de Saint Pie X s'est avérée — en prenant sa revanche.

Le Modernisme Commence à Resurgir

Une scène peu connue qui se déroula durant le règne du Pape Pie XI montre que le courant souterrain de la pensée moderniste était vivant et se portait bien dans la période immédiate après Saint Pie X.

Le Père Raymond Dulac rapporte qu'au consistoire secret du 23 mai 1923, le Pape Pie XI questionna les trente Cardinaux de la Curie sur l'opportunité de réunir un concile œcuménique. Dans l'assistance se trouvaient d'illustres prélats tels que Merry del Val, De Lai, Gasparri, Boggiani et Billot. Les Cardinaux donnèrent un avis défavorable. Le Cardinal Billot fit observer, «L'existence de profondes différences au sein de l'Episcopal lui-même ne peut passer inaperçue … [Elles] risquent de donner lieu à des discussions qui se prolongeront indéfiniment.»

Boggiani rappela les théories modernistes dont, dit-il, une partie du clergé et des évêques n'est pas exempte: «Cette mentalité peut pousser certains Pères à présenter des notions, à introduire des méthodes incompatibles avec les traditions catholiques.»

Billot fut même plus précis. Il exprima sa crainte de voir le concile «manipulé» par «les pires ennemis de l'Eglise, les Modernistes, qui se préparent déjà, comme le montrent certaines indications, à provoquer la révolution dans l'Eglise, un nouveau 178917.»

Prédictions Maçonniques
d'un Assaut Moderniste lors d'un Concile œcuménique

En décourageant l'idée d'un Concile pour de telles raisons, ces Cardinaux se sont montrés plus aptes à reconnaître «les signes des temps» que tous les théologiens de l'après-Vatican II réunis. Cependant leur prudence pouvait s'être enracinée dans quelque chose de plus profond. Ils avaient pu être hantés par les écrits d'un illuminé infâme, le Chanoine Roca excommunié (1830-1893) qui prêchait la révolution et la «réforme» de l'Eglise, et qui prédit, avec des détails étonnamment précis, la subversion de l'Eglise qui serait produite par un Concile.

Dans Athanase et l'Eglise de Notre Temps, Monseigneur Graber cite la prédiction de Roca sur «une Eglise nouvellement éclairée» qui serait influencée par le «socialisme de Jésus18.» Au milieu du 19e siècle, Roca a prédit que «la nouvelle Eglise, qui peut-être ne pourrait rien garder de la doctrine scholastique ni de la forme originale de l'Eglise primitive, recevra néanmoins la consécration et la juridiction canonique de Rome.» Roca également, chose assez étonnante, a prédit la «réforme» liturgique d'après-Vatican II: «[L]e culte divin sous la forme dirigée par la liturgie, le cérémonial, le rituel, et les règles de l'Eglise Romaine subiront en peu de temps une transformation lors d'un concile œcuménique qui y restaurera la simplicité vénérable de l'âge d'or des Apôtres en mettant d'accord les préceptes de la conscience et de la civilisation moderne.»

Roca a prédit que par ce concile viendrait «un accord parfait entre les idéaux de la civilisation moderne et l'idéal du Christ et de Son Evangile. Ce sera la consécration du Nouvel Ordre Social et le baptême solennel de la civilisation moderne.» En d'autres termes, ce concile introduirait le triomphe du plan maçonnique pour la subversion de l'Eglise. Roca parla aussi de l'avenir de la Papauté. Il a écrit: «Il y a un sacrifice au large qui représente un acte solennel d'expiation ... La Papauté tombera; elle mourra sous le couteau sacré que forgeront les pères du dernier concile. Le césar papal est une hostie (victime) couronnée pour le sacrifice.» Roca prédit avec enthousiasme ni plus ni moins «qu'une nouvelle religion, un nouveau dogme, un nouveau rituel, un nouveau sacerdoce.» Il a qualifié les nouveaux prêtres de «progressistes» et parle de la «suppression» de la soutane et du «mariage des prêtres19.»

Signalant les écrits de l'hérésiarque français, l'Abbé Mélinge (qui usait du pseudonyme de Docteur Alta), Monseigneur Graber a averti d'un programme révolutionnaire de «remplacement de la Foi Romaine par un pontificat “pluri-confessionnel,” capable de s'adapter à un œcuménisme polyvalent, tel que nous le voyons s'établir aujourd'hui dans la concélébration de prêtres et de pasteurs protestants.» (Mélinge faisait allusion à certains prêtres renégats; aujourd'hui, cependant, le Pape lui-même dirige des offices communs, y compris les Vêpres, avec des «évêques» protestants.)20

On trouve des échos à faire frémir de Roca, de Mélinge et de la Alta Vendita, dans les paroles du Rosicrucien, le Docteur Rudoph Steiner qui déclarait en 1910: «Il nous faut un concile et un Pape pour le proclamer21.»

L'Alliance Maçonnique avec le Communisme

Il faut noter que dans leurs efforts pour atteindre ces buts, les Maçons étaient proches des Communistes, qui complotaient à leurs côtés pour la chute à la fois de l'Eglise et de l'Etat. Comme l'observait le Pape Léon XIII dans Humanum Genus (1884), son encyclique mémorable sur la menace formulée par les sociétés secrètes:

«Vraiment, ce changement et ce bouleversement sont délibérément planifiés et avancés par maintes associations de communistes et de socialistes; et à leurs entreprises, la secte des Francs-Maçons n'est pas hostile, mais favorise grandement leurs desseins et détient en commun avec eux leurs principales opinions.»

Comme nous l'avons appris depuis de la part de nombreux témoins indépendants, l'infiltration communiste de l'Eglise22 commença dès les années 1930. Lénine lui-même (le fondateur même du Communisme russe) déclarait dans les années 1920 qu'il voulait infiltrer l'Eglise Catholique, particulièrement le Vatican. La preuve historique en a été récemment résumée dans le périodique respectable Christian Order (Ordre Chrétien):

L'ex-Communiste et célèbre converti Douglas Hyde a révélé il y a longtemps que dans les années 1930, les dirigeants communistes ont publié une directive mondiale sur l'infiltration de l'Eglise Catholique. De son côté au début des années 1950, Madame Bella Dodd fournissait aussi des explications détaillées sur la subversion communiste dans l'Eglise. Parlant comme ancienne fonctionnaire de haut niveau dans le Parti Communiste Américain, Mme Dodd disait: «Dans les années 1930, nous avons fait entrer dans le sacerdoce onze cents hommes afin de détruire l'Eglise de l'intérieur.» L'idée était que ces hommes soient ordonnés et acquièrent des postes d'influence et d'autorité en tant que Prélats et évêques. Une douzaine d'années avant Vatican II, elle déclarait: «En ce moment, ils sont aux plus hauts postes de l'Eglise» — où ils travaillent à opérer des changements pour affaiblir l'efficacité de l'Eglise contre le communisme. Elle a dit aussi que ces changements seraient si vigoureux «qu'on ne reconnaîtra plus l'Eglise Catholique23.»

Comme le fait remarquer Christian Order (Ordre Chrétien), l'existence d'une conspiration communiste pour infiltrer l'Eglise a été abondamment confirmée, non seulement par les anciens communistes Dodd et Hyde, mais aussi par des dissidents soviétiques:

L'ex-officier du KGB Anatoliy Golitsyn qui a fait dissidence en 1961 et prédit en 1984, avec 94% de précision, toute l'évolution étonnante du Bloc Communiste depuis ce temps-là, a confirmé il y a plusieurs années que cette «pénétration des Eglises Catholiques et autres fait partie de la “ligne générale” du Parti (c'est-à-dire politique inchangée) dans la lutte contre la religion.» En fait, des centaines de dossiers, passés clandestinement en Occident par l'ancien archiviste du KGB Vassili Mitrokhin et publiés en 1999, racontent la même chose, au sujet du KGB cultivant des relations aussi intimes que possible avec des catholiques «progressistes» et finançant leurs activités. L'un des organismes gauchistes identifiés fut la petite agence de presse italienne catholique Adista qui depuis des décennies, fait promotion de toute cause ou «réforme» post-conciliaire imaginable et dont le Directeur était cité dans Les Archives de Mitrokhin comme agent financé par le KGB.

Madame Dodd, qui s'est convertie à la Foi peu avant sa mort, fut conseillère officielle du Parti Communiste des Etats-Unis. Elle donna un volumineux témoignage sur l'infiltration communiste de l'Eglise et de l'Etat devant le Comité d'Activités Non-Américaines de la Chambre dans les années 1950. Comme pour expier son rôle dans la subversion de l'Eglise, Dodd a donné une série de conférences à l'Université de Fordham et ailleurs pendant les années de préparation à Vatican II. Christian Order (Ordre Chrétien) rapporte le témoignage d'un moine qui assista à l'une de ces conférences au début des années 1950:

J'ai écouté cette femme pendant quatre heures et elle m'a fait dresser les cheveux sur la tête. Tout ce qu'elle a dit s'est accompli à la lettre. On penserait que c'était le plus grand prophète du monde, mais elle n'était pas prophète. Elle exposait simplement pas à pas le plan de bataille de la subversion communiste dans l'Eglise Catholique. Elle expliquait que de toutes les religions du monde, l'Eglise Catholique était la seule redoutée par les Communistes, car c'était son seul adversaire efficace. Toute l'idée était de détruire, non l'institution de l'Eglise, mais plutôt la Foi du peuple, et même d'utiliser l'institution de l'Eglise si possible, pour détruire la Foi par la promotion d'une pseudo-religion: quelque chose qui ressemblât au Catholicisme sans l'être réellement. Après la destruction de la Foi, on introduirait dans l'Eglise, expliquait-elle, un complexe de culpabilité ... pour étiqueter l'Eglise du passé comme oppressive, autoritaire, pleine de préjugés, arrogante en revendiquant d'être seul possesseur de la vérité et responsable des divisions des corps religieux à travers les siècles. Ce serait nécessaire afin d'humilier les chefs de l'Eglise pour les amener à «l'ouverture au monde», et à une attitude plus souple envers toutes les religions et philosophies. Les Communistes exploiteraient alors cette ouverture afin de saper l'Eglise24.

Or, si les ennemis de l'Eglise devaient réussir leurs plans que nous venons de tracer, nous verrions se produire dans l'Eglise ce qui suit:

D'abord, il y aurait, selon la prédiction de Roca, un bouleversement d'une telle amplitude, lors d'un concile œcuménique que le monde entier comprendrait que l'Eglise Catholique aurait subi une révolution dans le sens des idées modernes. Il serait clair pour tout le monde qu'une «remise à jour» de l'Eglise s'était produite.
En second lieu, une nouvelle «théologie» serait introduite qui tendrait à contre-dire les enseignements précédents.
Troisièmement, les Francs-Maçons et les Communistes eux-mêmes vociféreraient leurs cocoricos de triomphe, croyant que l'Eglise avait finalement «vu la lumière» sur des points comme le pluralisme, la laïcité, l'égalité des religions et tous autres compromis qui aient été réalisés.
Quatrièmement, comme résultat de cette subversion, la nouvelle orientation de l'Eglise en viendrait à prendre la priorité sur les dogmes et les traditions mêmes de l'Eglise dans Son enseignement et sa pratique — y compris le Message de Fatima, qui devrait être «révisé» ou enterré pour s'accommoder à la nouvelle orientation.
Maintenant, il nous reste à démontrer jusqu'à quel point ce dessein de subversion dans l'Eglise est parvenu à s'accomplir et comment il a fait surgir le motif du grave crime commis: la tentative d'annuler le Message authentique de Fatima. Par ce crime, les accusés ont laissé l'Eglise et le monde exposés aux dangers les plus graves possibles, y compris l'anéantissement de plusieurs nations et la perte de millions d'âmes. Vraiment, c'est un crime non seulement contre l'Eglise, mais aussi contre l'humanité.

Notes:

1. Pour un livret sur la relation entre la Alta Vendita et la nouvelle orientation de l'Eglise depuis le Concile voir John Vennari, The Permanent Instruction of the Alta Vendita (La Formation Permanente de la Alta Vendita), (TAN Books and Publishers, Rockford, Illinois, 1999).

2. Deuxième volume, éditions originales 1859, reproduit par le Cercle de la Renaissance française, Paris 1976. Monseigneur Delassus a reproduit ces documents dans son oeuvre, The Anti-Christian Conspiracy (La Conspiration Anti-chrétienne), DDB 1910, Tome III, pp. 1035-1092.

3. Monseigneur Dillon, Grand Orient Freemasonry Unmasked (La Franc-Maçonnerie du Grand Orient Démasquée), pp. 51-56, texte entier de la Alta Vendita (Christian Book Club, Palmdale, Californie).

4. Michael Davies, Pope John's Council (Le Concile du Pape Jean), (Angelus Press, Kansas City, Missouri, 1992), p. 166.

5. The Catholic Encyclopedia (Encyclopédie du catholique), Vol. III (New York Encyclopedia Press, 1913), pp. 330-331.

6. Rev. E. Cahill, S.J., Freemasonry and the Anti-Christian Movement (La Franc-Maçonnerie et le Anti-chrétienne mouvement), (Dublin, Gill, 1959), p. 101.

7. Monseigneur Graber, Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Eglise de Notre Temps), (Christian Book Club, Palmdale, Californie, 1974), p. 39.

8. Le Pape Léon XIII, Humanum Genus (TAN Books and Publishers, Rockford, Illinois), para. 31.

9. Ce passage de La Formation Permanente de la Alta Vendita a été traduit en français à partir du texte anglais. Monseigneur Dillon, Grand Orient Freemasonry Unmasked (La Franc-Maçonnerie du Grand Orient Démasquée), pp. 51-56, texte complet de la Alta Vendita.

10. Le Père Denis Fahey, Mystical Body of Christ in the Modern World (Le Corps Mystique du Christ dans le Monde Moderne), (Regina Publications Dublin, Irlande, 1939), Chapitre VII.

11. Ibid., p. 116.

12. Cité de The Catholic Doctrine (Le Doctrine du catholique), Père Michael Muller (Benzinger 1888), p. 282.

13. Père Vincent Miceli, The Antichrist (Le Anti-Christ), (Roman Catholic Books, Harrison, New York, 1981), p. 133.

14. Le Pape Pie X, Pascendi Dominici Gregis (On the doctrine of the Modernists, [sur la Doctrine des Modernistes]), 8 septembre 1907.

15. Le Pape Sainte-Pie X, Sacrorum antistitum.

16. Père Vincent Miceli, The Antichrist (Le Anti-Christ), cassette lecture, (Keep the Faith Inc., Ramsey, New Jersey).

17. Raymond Dulac, Episcopal Collegiality at the Second Council of the Vatican (Collégialité Episcopale au Concile Vatican II), (Paris, cèdre, 1979), pp. 9-10.

18. Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Eglise de Notre Temps), p. 34.

19. Le rapport complet de toutes les citations de Roca imprimées ici se trouve dans, Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Eglise de Notre Temps), pp. 31-40.

20. «Joint Catholic-Lutheran Vespers at Vatican (Vêpres Luthero-Catholiques au Vatican),» CWNews.com. 13 novembre 1999 «les Archevêques G. H. Hammar et Jukka Paarma — Primats Luthériens de Suède et de Finlande respectivement — et les Evêques Anders Arborelius de Stockholm et Czeslaw Kozon de Copenhague se sont joints au Saint-Père pour l'Office des Vêpres. Plusieurs autres évêques Luthériens des Pays Scandinaves étaient présents à la cérémonie, y compris deux femmes évêques.»

21. Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Eglise de Notre Temps), p. 36.

22. Voir, «The Secret Red Plan to Take Over the Catholic Church (Le Plan Rouge Secret Pour Dominer l'Eglise Catholique),» publié en Chine rouge en 1959. Publié en anglais dans The Fatima Crusader, n° 19, février-avril 1986, p. 6. Voir aussi « The Prophecy of Bella Dodd (La prophétie du Bella Dodd),» sur une colonne Internet de Chris Ferrara dans Fatima Perspective (Perspective de Fatima), ( www.fatima.org/perspective235.htm); Cette prophétie se trouve aussi, pp. 47-48 de ce livre. Voir aussi Père Paul Kramer, «The “Party Line” in Relation to Fatima (La “Ligne du Parti” en Relation avec Fatima),» The Fatima Crusader, n° 69, Hiver 2002, pp. 10ff.

23. «The Greatest Conspiracy (La Plus Grande Conspiration),» Christian Order, novembre 2000.

24. Un autre ex-communiste, un M. Manning Johnson, a donné un témoignage semblable. En 1953, au Comité d'Activités Non-Américaines de la Chambre, Manning a dit, «autrefois la tactique d'infiltration des organisations religieuses fut établie par le Kremlin ... Les Communistes ont découvert que la destruction de la religion pourrait avancer beaucoup plus vite par l'infiltration de l'Eglise avec des Communistes opérant à l'intérieur de l'Eglise Elle-Même.» Il déclara ensuite, «Cette politique d'infiltration des séminaires eut un succès qui dépassa même nos attentes communistes.» Parlant de l'infiltration des institutions religieuses en général, Manning Johnson expliqua encore, «Le complot majeur pour dominer les organisations religieuses fut vraiment mis au jour pendant cette période particulière (1935) et le fait que les Communistes dans les gros titres du Daily Worker, peuvent se vanter de l'appui de 2300 Ministres Protestants, pour les soutenir est le résultat de ce rôle qui commença dans les années 30 alors que j'étais membre du parti communiste.» Témoignage de Manning Johnson, Investigation sur les Activités Communistes dans la région de New York City, Partie 7. Audition devant le Comité d'Activités Non-Américaines, Chambre des Représentants, quatre-vingt-troisième Congrès, Première Session, 8 juillet 1953. Publié par le Bureau de Presse du Gouvernement, Washington, D.C., 1953, p. 2214. Une collection de citations d'ex-communistes sur l'infiltration de l'Eglise se trouve dans «Heaven's Request for Reparation to the Holy Face of Jesus (Le Ciel Demande Réparation Envers la Sainte Face),» de John Vennari, Partie III, Catholic Family News, août 2001.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:39

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 6

Le Motif S'Installe

Autour de 1948, le Pape Pie XII, à la requête du Cardinal Ruffini, solidement orthodoxe, envisagea de réunir un Concile général et passa même quelques années à faire les préparatifs nécessaires. Il existe des preuves que des éléments progressistes de Rome dissuadèrent peu à peu le Pape Pie XII d'en assurer la réalisation, puisque ce Concile présentait des signes précis dans la ligne de Humani Generis et de sa condamnation des erreurs modernistes. Comme cette encyclique de 1950, le nouveau Concile combattrait «les fausses opinions qui menacent de saper les fondations de la doctrine de l'Eglise1.»

En même temps, «les erreurs de la Russie» auxquelles faisait allusion la Vierge de Fatima, pénétraient l'Eglise Elle-même. Différents Ordres Religieux catholiques étaient en voie d'infiltration. Par exemple, le prétendu mouvement «Prêtres Ouvriers Catholiques» fut si clairement infiltré par les Communistes que le Pape Pie XII y mit fin dans les années 1950.

Tragiquement, le Pape Pie XII en arriva à la conviction qu'il était trop avancé en âge pour assumer la charge importante d'un Concile destiné à combattre les rangs grossissants des ennemis de l'Eglise, et il se résigna à la décision: «ce sera pour mon successeur2.» Le Pape Pie XII mourut le 9 octobre 1958.

Et nous voici parvenus tout près de l'année critique pour notre cas. Nous voici parvenus à 1958, deux ans avant 1960 — l'année où le Troisième Secret devait être révélé en accord avec les souhaits de la Vierge de Fatima, selon l'attestation de Sœur Lucie. Tout au long du Pontificat du Pape Pie XII, le Saint-Office, sous la conduite compétente du Cardinal Ottaviani, entretint la sécurité du paysage catholique en gardant avec fermeté au corral les chevaux sauvages du modernisme. Beaucoup de théologiens modernistes d'aujourd'hui rapportent avec dédain comment, ainsi que leurs amis, ils avaient été «muselés» durant cette période.

Cependant même le Cardinal Ottaviani ne put empêcher ce qui devait arriver en 1958: un nouveau modèle de Pape «que les progressistes croyaient favorables à leur cause3» monterait sur le Trône Pontifical et forcerait un Ottaviani réticent à tirer le loquet, à ouvrir le corral et à réunir toutes ses forces pour le sauve-qui-peut. Cependant, un tel état de la situation n'était pas imprévu. A la nouvelle de la mort du Pape Pie XII, le vieux Dom Lambert Beauduin, l'un des amis de Roncalli (le futur Pape Jean XXIII) confia au Père Bouyer: «S'ils élisaient Roncalli, tout serait sauvé, il serait capable de réunir un Concile et de consacrer l'œcuménisme4.»

A ce point de notre présentation, il faut bien faire remarquer, surtout pour le lecteur non-Catholique, que les changements d'orientation de base de l'Eglise dont nous allons discuter, sont totalement sans précédent et représentent peut-être la pire crise de Son histoire. Une étude attentive de ce qui suit explique pourquoi le Message de Fatima, avec son appel à la consécration et à la conversion de la Russie comme gage de la paix du monde, est devenu inacceptable pour les ecclésiastiques libéralisés, politiquement corrects, des cinquante dernières années. Ces changements, sans précédent dans l'Eglise Catholique, ne sont pas un bienfait, mais un grand détriment pour les non-Catholiques, puisque le résultat du «renouveau» de l'Eglise a comporté non seulement les scandales cléricaux actuels, mais aussi l'omission, par l'élément humain de l'Eglise, de l'accomplissement d'une action — la consécration solennelle de la Russie — qui serait un avantage pour toute l'humanité.

Un Concile est Réuni au Moment
où le Message de Fatima est Attaqué

Et il en fut tout comme l'avait prédit Don Lambert. Roncalli fut élu et, en tant que Pape Jean XXIII, réunit un Concile et consacra l'œcuménisme. La «révolution en tiare et en chape» prédite par la Alta Vendita, était en route.

Et l'un des premiers actes de la révolution fut de faire abstraction du Troisième Secret de Fatima. Contrairement aux espérances du monde entier, le 8 février 1960, (juste un an après la réunion du Concile), le Vatican publia l'annonce anonyme suivante par l'agence de presse A.N.I.:

Cité du Vatican, 8 février 1960 (A.N.I.) — Il est probable que «le Secret de Fatima» ne sera jamais rendu public. Dans des cercles du Vatican hautement dignes de foi, on vient de déclarer au représentant de l'Union de la Presse Internationale que, selon toute vraisemblance, ne sera jamais ouverte la lettre où sœur Lucie a noté les paroles que la Vierge Marie adressa aux trois bergers de la Cova da Iria … Il est très probable que le «Secret de Fatima» restera pour toujours sous le sceau absolu.

Et dans le même communiqué, nous trouvons la première atteinte directe, en provenance du Vatican, à la crédibilité du Message de Fatima dans son ensemble:

Bien que l'Eglise reconnaisse les Apparitions de Fatima, Elle ne s'engage pas à garantir la véracité des paroles que les trois bergers prétendent avoir entendues de Notre-Dame.

Prétendent avoir entendu? Pourrait-il y avoir doute de la véracité de leurs témoignages après le Miracle du Soleil? Pourrait-on mettre en doute qu'ils aient reçu du Ciel une authentique prophétie, en vue de l'accomplissement total de toutes les prédictions du Message jusque là-depuis — la fin imminente de la Première Guerre Mondiale, jusqu'à l'expansion des erreurs de la Russie, jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale et l'élection du Pape Pie XI?

Nous voyons ici la première attaque officielle concentrée sur le Message de Fatima, en provenance du sein du Vatican, en 1960, au moment où, le Vatican commence à poursuivre une nouvelle orientation de l'Eglise qui apparaît (comme nous le verrons bientôt) au Concile Vatican II. Que l'on considère ces commentaires à propos du communiqué du 8 février 1960:

Le communiqué remet publiquement en question la véracité de Lucie, Jacinthe et François.
A partir de 1960, Sœur Lucie est réduite au silence, par ordre du Vatican5, pour l'empêcher de se défendre contre l'accusation impliquée du caractère douteux de son témoignage.
Les documents des archives officielles de Fatima, rassemblés entre 1965 et 1976, par le Père Alonso, (plus de 5 000 documents en 24 volumes) seront interdits de publication, même si ces documents confirment que les prophéties de Fatima dans les deux premières parties du Secret (l'élection du Pape Pie XI, la déclaration de la Seconde Guerre Mondiale, l'expansion du Communisme dans le monde entier, etc.) avaient été révélées en privé par Sœur Lucie bien avant leur accomplissement, son témoignage étant parfaitement précis et fondé.
Le crime était commencé. Et maintenant, le motif du crime — le désir d'écarter l'Eglise des certitudes catholiques du Message de Fatima et de l'orienter dans le sens d'une adaptation «éclairée» au monde — se développerait pour de bon avec le commencement du Concile Vatican II le 11 octobre 1962. Nous rappelons encore les paroles de Sœur Lucie sur le souhait de Notre-Dame que le Troisième Secret soit révélé en 1960, parce que «alors il sera plus clair (mais claro).» Maintenant il deviendrait très clair, en effet.

«Les erreurs de la Russie» Infiltrent l'Eglise

Tout d'abord, juste avant le début du Concile, il y aurait une autre trahison du Message de Fatima, signe de beaucoup d'événements futurs, sans précédent. Au printemps de 1962, à Metz, en France, le Cardinal Eugène Tisserant eut une rencontre avec nul autre que le Métropolite Nikodim de l'Eglise Orthodoxe Russe — agent du KGB, comme les autres prélats orthodoxes. Lors de cette rencontre, Tisserant et Nikodim négocièrent ce qu'on a désigné par le pacte de Metz, ou plus populairement, l'Accord Vatican-Moscou6. L'existence de l'Accord Vatican-Moscou est un fait historique irréfutable, attesté dans tous les détails par Monseigneur Roche, qui fut secrétaire personnel du Cardinal Tisserant.

En substance, l'accord était comme suit: Le Pape Jean, selon son profond désir, «bénéficierait» au Concile de l'assistance de deux observateurs orthodoxes russes. En retour, l'Eglise Catholique accorderait que le Concile Vatican II se gardât de toute condamnation du Communisme Soviétique ou de la Russie Soviétique. Essentiellement, le Concile compromettrait la liberté morale de l'Eglise Catholique, en faisant comme si n'existait pas la forme la plus systématique du mal humain dans l'histoire de l'humanité — même si, à l'époque même de l'ouverture du Concile, les Soviets persécutaient, emprisonnaient et assassinaient des millions de Catholiques.

Sa liberté ainsi étouffée dans une bonne affaire avec les Communistes, le Concile ne mentionna même pas le Communisme. Par ce manquement, le Concile se départit de l'enseignement du Pape Léon XIII, du Bienheureux Pie IX, de Saint Pie X, et aussi du Pape Pie XI, qui rappelaient à l'Eglise que nous ne pouvions pas cesser de condamner ce mal incomparable. Comme il est dit dans Divini Redemptoris:

Ce péril si menaçant, vous l'avez déjà compris. Vénérables Frères, c'est le communisme bolchevique et athée qui prétend renverser l'ordre social et saper jusque dans ses fondements la civilisation chrétienne.

En face d'un pareil danger, l'Eglise Catholique ne pouvait se taire et, en fait, elle n'a pas gardé le silence. Le Siège apostolique, qui a pour mission spéciale la défense de la vérité, de la justice, de tous les biens éternels niés et combattus par le communisme, le Siège apostolique, tout particulièrement, n'a pas manqué d'élever la voix7.

Et cependant, le Concile n'a voulu prononcer aucun mot sur le Communisme Soviétique mais a voulu, à la place, commencer un «dialogue» avec les forces mêmes combattues autrefois par l'Eglise.

Pourquoi cela? Ce ne fut sûrement pas pure «coïncidence» que le silence du Concile sur le Communisme se fit exactement au même moment, que l'infiltration communiste de l'Eglise Catholique, révélée, ainsi que nous l'avons montré dans un précédent chapitre, juste avant Vatican II par des témoins-clefs qui n'avaient aucun motif de mentir (Dodd, Hyde, Golitsyn, Mitrokhin et d'autres). Même sans ces témoignages, notre sens commun devrait nous dire que les forces du Communisme (travaillant de concert avec la Franc-Maçonnerie) tenteraient inévitablement de détruire l'Eglise Catholique de l'intérieur. Satan est assez intelligent pour savoir que l'Eglise Catholique est la seule citadelle contre laquelle il doit diriger la tempête pour s'efforcer de conquérir le monde entier, au profit du royaume des ténèbres.

Telle était alors la situation de l'Eglise, au moment même où le Concile Vatican II était contraint à tort d'observer le honteux silence sur le mal du Communisme. Et, inutile de le dire, sous l'Accord Vatican-Moscou, la Consécration de la Russie soviétique au Cœur Immaculé par les Pères du Concile, afin de l'amener à se convertir, serait absolument hors de question. Cette dérive précoce vers une nouvelle orientation de l'Eglise, que le Concile accélérait de façon dramatique, allait déjà en sens opposé au Message de Fatima.

Et ainsi en est-il toujours depuis la rencontre de Metz, qui a developpé la recherche de l'Ostpolitik, politique mise en œuvre par le Secrétaire d'Etat du Vatican, sous laquelle l'Eglise a cessé toute condamnation et tout combat des régimes communistes, au bénéfice du «dialogue» et de la «diplomatie tranquille» — une politique qui jusqu'à ce jour a réduit au silence le Vatican à propos de la persécution dépravée de l'Eglise en Chine Rouge.

Donc le 12 octobre 1962, deux prêtres représentants de l'Eglise orthodoxe débarquèrent d'un avion à l'aéroport Fiumicino et assistèrent au Concile Vatican II. Le Concile commença, alors que des observateurs orthodoxes en regardaient le déroulement, s'assurant qu'était respecté l'Accord Vatican-Moscou. L'intervention écrite de 450 Pères du Concile contre le Communisme fut mystérieusement «perdue» après avoir été portée au Secrétariat du Concile et les Pères du Concile qui se levèrent pour dénoncer le Communisme furent poliment priés de s'asseoir et de se taire8.

Les propres chefs de l'Eglise avaient baissé le pont-levis pour les Communistes, en même temps, Communistes et Francs-Maçons tentaient de La détruire de l'intérieur (pour rappeler les prédictions de Bella Dodd):

En encourageant «la promotion d'une pseudo-religion, quelque chose qui ressemblerait au Catholicisme, sans l'être vraiment»,
En désignant «l'Eglise du passé» comme oppressive, autoritaire, pleine de préjugés, arrogante dans sa prétention d'être la seule détentrice de vérité, et responsable des divisions de corps religieux à travers les siècle»,
En humiliant les chefs de l'Eglise pour les amener «à “l'ouverture au monde” et à une attitude plus souple envers toutes les religions et philosophies.»
Et finalement, selon la prédiction de Dodd, «les communistes exploiteraient alors cette ouverture afin de saper l'Eglise.»

Ce grand effort de subversion impliquerait d'abord et avant tout, l'assaut de la «théologie» moderniste dans un Concile œcuménique — tout comme s'en étaient vantés le Chanoine Roca et les autres illuminés de la Franc-Maçonnerie.

Les Néo-Modernistes triomphent au Concile Vatican II

Le 13 octobre 1962, lendemain de l'arrivée des deux observateurs communistes au Concile, et anniversaire même du Miracle du Soleil de Fatima, l'histoire de l'Eglise et du monde fut profondément changée par le moindre des événements. Le Cardinal Liénart, Evêque de Lille, saisit le micro, lors d'un célèbre incident, et exigea que les candidats proposés par la Curie Romaine, pour présider aux commissions de rédaction du Concile, soient mis de côté et que soit dressée une nouvelle liste de candidats. La demande fut accordée et l'élection ajournée. Finalement, au moment de l'élection, des libéraux, à majorité ou à majorité près, furent élus aux commissions conciliaires — dont beaucoup parmi les «novateurs» mêmes décriés par le Pape Pie XII. Les schémas préparatoires, formulés selon la tradition pour le Concile, furent écartés et le Concile commença littéralement sans ordre du jour écrit, laissant la voie ouverte à la rédaction, par des libéraux, de documents entièrement nouveaux.

Il est notoire et magnifiquement prouvé par des documents9 qu'une clique de periti (experts) et d'évêques libéraux procéda alors au détournement de Vatican II, avec un ordre du jour destiné à rénover l'Eglise à leur propre image par la mise en place d'une «nouvelle théologie.» Les critiques aussi bien que les défenseurs de Vatican II sont d'accord sur ce point. Dans son livre, Vatican II Revisité, Monseigneur Aloysius J. Wycislo (avocat passionné de la révolution de Vatican II) déclare avec vertigineux enthousiasme que «des théologiens et des spécialistes bibliques qui étaient “à l'ombre” depuis des années firent surface comme periti (experts en théologie, conseillers des évêques au Concile) et leurs livres et commentaires post-conciliaires devinrent lecture populaire10.»

Il a noté que «l'encyclique du Pape Pie XII Humani Generis eut … un effet dévastateur sur l'œuvre d'un certain nombre de théologiens pré-conciliaires11», et montre que «Au début de la préparation du Concile, ces théologiens (surtout des Français avec quelques Allemands), dont les activités avaient été modérées par le Pape Pie XII, étaient encore en disgrâce. Le Pape Jean leva tranquillement le ban qui affectait certains des plus influents. Cependant un certain nombre restèrent suspects aux fonctionnaires du Saint-Office12.»

Sur ce point, ce qu'écrit le témoin oculaire Monseigneur Rudolf Bandas, lui-même peritus conciliaire, est d'une importance capitale pour notre cas:

Sans doute le bon pape Jean pensait que ces théologiens suspects rectifieraient leurs idées et rendraient un service authentique à l'Eglise. Mais ce fut le contraire qui se produisit. Soutenus par certains Pères Conciliaires du Rhin, et agissant souvent d'une manière absolument rustre, ils allaient s'exclamant: «Regardez, nous sommes choisis comme experts, nos idées sont approuvées.» … Quand je suis arrivé à ma tribune au Concile, le premier jour de la quatrième session, la première annonce émanant du Secrétaire d'Etat fut la suivante: «Plus d'autres periti ne seront engagés.» Mais il était trop tard. La grande confusion était en route. Il était déjà clair que ni Trente, ni Vatican I, ni aucune encyclique ne seraient autorisés à en endiguer l'avancée13.

En vérité, le Pape Jean XXIII lui-même fut heureux d'annoncer que, à partir de ce Concile, l'Eglise cesserait, de manière tout à fait inexplicable, de condamner l'erreur et arrêterait tous ses tourments sur l'affreuse condition du monde:

De nos jours … l'Epouse du Christ préfère user de la médecine de miséricorde plutôt que des armes de la sévérité. Elle considère qu'Elle fait face aux besoins de l'actualité, en montrant la validité de Son enseignement plutôt qu'en publiant des condamnations. … Nous éprouvons la nécessité de nous distinguer de ces prophéties de malheur qui prévoient toujours le désastre, comme si la fin du monde était à portée de la main14.

Mais l'optimisme du Pape Jean XXIII était tout à fait à l'opposé de la profonde incertitude sur l'état du monde, qu'il faut noter à travers les discours de ses prédécesseurs immédiats (sans parler du Message de Fatima lui-même). Voici quelques exemples à considérer.

Le Pape Saint Pie X:

Nous avons éprouvé une sorte de terreur en considérant les conditions désastreuses de l'humanité à l'heure actuelle. Pouvions-nous ignorer un mal si profond et si grave qui, en ce moment beaucoup plus que dans le passé, la pénètre jusqu'à la moelle et la mène à sa ruine? … Vraiment quiconque pèse ces choses doit nécessairement et intensément se demander avec crainte si une telle perversion des esprits n'est pas le signe de l'annonce et du commencement des derniers temps … [E Supremi].

Le Pape Pie XI:

Dieu et Jésus-Christ ayant été exclus de la législation et des affaires publiques, et l'autorité ne tenant plus son origine de Dieu, mais des hommes, il arriva que... les bases mêmes de l'autorité furent renversées dès la qu'on supprimait la raison fondamentale du droit de commander pour les uns, du devoir d'obéir pour les autres. Inéluctablement, il s'en est suivi un ébranlement de la société humaine tout entière, désormais privée de soutien et d'appui solides.

Le Pape Pie XII (après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale):

Nous sommes accablés de tristesse et d'angoisse, en voyant que la méchanceté des hommes pervers est parvenue à un degré d'impiété incroyable et absolument inconnue en d'autres temps [Lettre du 11 février 1949].

Vous savez parfaitement, vénérables Frères, que l'humanité actuelle est emportée vers deux camps opposés, pour ou contre le Christ. Elle court les plus grands dangers; il en résultera ou le salut du Christ ou d'épouvantables ruines. [Evangelii Praecones, 1951].

A coup sûr, il y aurait des batailles innombrables à Vatican II, entre le groupe international des Pères qui luttaient pour maintenir les dogmes de la Foi et de la Tradition Catholique, et le groupe progressiste du Rhin. Tragiquement, cependant, ce fut l'élément libéral et moderniste qui prévalut, déchaîné par l'optimisme de Jean XXIII, selon lequel la vérité prévaudrait par sa propre force, sans nécessité de condamnations médicinales par le Magistère. Wycislo chante les louanges des progressistes triomphants, tels que Hans Küng, Karl Rahner, John Courtney Murray, Yves Congar, Henri de Lubac, Edward Schillebeeckx et Grégory Baum, qui avaient été tenus pour suspects avant le Concile (pour juste raison) et sont maintenant les phares de la théologie post-Vaticane15.

En effet, ceux que le Pape Pie XII considérait impropres à cheminer dans les rues du Catholicisme avaient maintenant le contrôle de la ville. Et comme pour couronner leur succès, le Serment Anti-Moderniste et l' Index des Livres Interdits furent tous deux tranquillement supprimés peu après la clôture du Concile — décision que Monseigneur Graber qualifiait «d'incompréhensible16.» Saint Pie X avait prédit juste. Le manque de vigilance de la part de l'autorité avait provoqué la revanche du modernisme.

Deux Exemples Eminents de
Neo-Modernistes «Réhabilités»

Considérons deux exemples des «nouveaux» théologiens qui furent déchaînés sur l'Eglise pour faire le travail de destruction: Dominque Chenu et Hans Küng.

Chenu était avocat de la Nouvelle Théologie rendue célèbre par Henri de Lubac. Chenu fut condamné pour ses idées progressistes en 1942 sous le Pape Pie XII17. Son livre Une école de théologie fut placé à l'Index des Livres Interdits et il perdit son poste de recteur au Collège Dominicain du Saulchoir18. Le Père David Greenstock, écrivant dans le Thomist de 1950, contre la Nouvelle Théologie de Chenu et de Lubac, expliqua les dangers de leur système et la raison de leur condamnation. Greenstock souligna que les partisans de la Nouvelle Théologie rejettent la philosophie aristotélicienne et thomiste, en faveur de philosophies modernes. Il faut le faire, proclament-ils, afin d'attirer «l'homme moderne» qui trouve «hors de propos» la philosophie thomiste. Il en résulte que la théologie catholique est abattue de sa base philosophique solide et dérive sur les systèmes philosophiques fluides du 20e siècle, dont la plupart sont basés sur l'athéisme et l'agnosticisme.

Chenu a rejeté aussi l'immutabilité de la doctrine catholique, prétendant que la source de toute théologie n'est pas le dogme immuable, mais plutôt l'existence vitale19 de l'Eglise dans ses membres, qui ne peut être séparée de l'histoire. Donc, à strictement parler, dit Greenstock, Chenu a soutenu que «la théologie est la vie des membres de l'Eglise, plutôt qu'une série de conclusions tirées de données révélées à l'aide de la raison» — principe qui est délicat, imprécis et erroné. En conséquence, Chenu a soutenu que la religion peut changer avec les temps, et devrait changer avec les temps, selon que l'exigent les circonstances.

Greenstock a expliqué que les partisans de cette Nouvelle Théologie sont à la fois non orthodoxes et faux. «La principale contestation de ce nouveau mouvement», écrit Greenstock, «c'est que la théologie, pour demeurer vivante, doit évoluer avec les circonstances. En même temps, ils ont bien soin de répéter toutes les propositions fondamentales de la théologie traditionnelle, presque comme s'il n'y avait aucune intention de l'attaquer. C'est très vrai d'auteurs tels que les Pères de Lubac, Daniélou, Rahner, … dont tous sont incontestablement au centre de ce mouvement20.»

L'éminent théologien dominicain, le Père Reginald Garrigou-Lagrange, dans son célèbre essai de 1946 «Où nous mène la Nouvelle Théologie?21», démontrait que les pourvoyeurs de la Nouvelle Théologie (Blondel, de Lubac, Chenu) pervertissent complètement le concept de l'immutabilité de la vérité. Donc, avertissait-il, la Nouvelle Théologie ne peut que mener dans une seule direction — retour direct au Modernisme.

Pendant ce temps là, le Père Chenu et le Père de Lubac recevaient, des coulisses, protection et encouragement de la part du Cardinal Suhard, Archevêque de Paris. Suhard disait à Chenu de ne pas s'inquiéter: «Dans vingt ans, tout le monde dans l'Eglise parlera comme vous.» Comme nous le voyons, le Cardinal a prédit exactement l'invasion de l'Eglise par la pensée néo-moderniste. La plupart des hommes d'Eglise d'aujourd'hui parlent vraiment comme Chenu. Au début des années 1960, le Père Chenu était un des nombreux théologiens radicaux invités à Vatican II par le Pape Jean XXIII. A la fin, grâce à l'orientation progressiste du Concile, le Père Chenu vit présenter, parmi les nouveaux enseignements de Vatican II, surtout dans Gaudium et Spes. Beaucoup de ses théories formellement condamnées. Chenu rapporte avec joie que les points mêmes qui valurent à son œuvre une condamnation en 1942 sont exactement les mêmes qui sont maintenant mis en avant au nom du Concile22.

Quant à Hans Küng, ce «phare» de la période post-conciliaire avait étroitement collaboré au Concile avec d'autres radicaux tels que Congar, Ratzinger, Rahner et Schillebeeckx. Dans les années 1970, cependant, Küng, étant allé «trop loin», fut censuré par le Vatican à cause de certaines vues hérétiques, y compris les suivantes: rejet de l'infaillibilité de l'Eglise; déclaration que les évêques ne reçoivent pas du Christ leur autorité d'enseignement; suggestion que tout laïc baptisé a le pouvoir d'accomplir la Sainte Eucharistie; le fait de nier que le Christ est «consubstantiel» au Père; la sape des doctrines (sans spécifier) concernant la Vierge Marie23.

Il faut souligner que ce sont là, certaines seulement, des vues hérétiques de Küng, mais ce furent les seules mentionnées parmi les sanctions du Vatican. Donc, en réalité le Vatican a laissé intacts les autres principes hétérodoxes de Küng. Par exemple, dans l'un de ses livres célèbres intitulé Le fait d'Etre Chrétien, Hans Küng:

nie la Divinité du Christ (p. 130)
ne retient pas les miracles de l'Evangile (p. 233)
nie la résurrection corporelle de Jésus (p. 350)
nie que le Christ ait fondé une Eglise institutionnelle (p. 109)
nie que la Messe soit le renouvellement du Calvaire (p. 323)24.
Küng n'a jamais rétracté ces déclarations non-orthodoxes et hérétiques. De plus, Küng a publiquement appelé à une révision de l'enseignement de l'Eglise sur des sujets tels que l'infaillibilité pontificale, le contrôle des naissances, l'obligation du célibat pour les prêtres et le sacerdoce des femmes. En dépit de ce rejet tapageur de l'enseignement de l'Eglise, la seule sanction jamais infligée par le Vatican à Küng fut de «ne pas être autorisé» au titre de théologien catholique et, comme tel, de ne pas être autorisé à enseigner la théologie dans une université catholique. Cette «sanction» fut circonvenue quand l'Université de Tübingen, campus de la résidence de Küng, le retint comme professeur enseignant et restructura simplement une partie de l'université de sorte que Küng, grande célébrité, puisse continuer à enseigner dans cette partie de l'université qui est maintenant louée comme école «laïque».

En attendant, le Vatican n'a jamais condamné Küng comme hérétique, ne l'a jamais excommunié (comme le prévoit le Droit Canon), n'a jamais ordonné que ses livres soient retirés des bibliothèques dans les séminaires et universités catholiques (où ils se trouvent maintenant en abondance), ne l'a jamais empêché d'être conférencier-invité dans les institutions catholiques, n'a jamais mis d'obstacles à la parution de ses articles dans Concilium ou autres publications «catholiques» progressistes. Le Père Hans Küng n'est pas même suspendu. Au contraire, jusqu'à ce jour, Küng demeure un prêtre en situation régulière dans le diocèse de Basle, sans autres sanctions canoniques levées contre lui.

Cela signifie qu'un prêtre, qui continue à vomir son venin hérétique sur quiconque à sa portée, est encore autorisé à diriger la liturgie en public, à prêcher et à donner des conseils au confessionnal. La Congrégation Vaticane pour le Clergé, sous la direction du Cardinal Castrillón Hoyos, le laisse indemne. Donc, en dépit de la faible «condamnation» du Vatican, Küng garde accès à une grande variété de «pipelines» d'influence pour disséminer sa doctrine empoisonnée dans toute l'Eglise. En fait, ce sont, dit-on, les «assauts théologiques» de Hans Küng sur la nature de l'Eglise sont ce qui a contribué à la «base théologique» qui a rendu possible “l'Accord Luthero-Catholique” de 1999.

Plus tard, en 1998, le Secrétaire d'Etat du Vatican, le Cardinal Sodano, le plus puissant Cardinal de l'Eglise, fit la louange de Küng dans un discours public à Saint-Jean-de-Latran, dans lequel il fit la louange «des belles pages de Küng dédiées au mystère chrétien25.» Le Cardinal Sodano a aussi désigné Küng comme «le théologien allemand», même si Küng était supposé avoir été dépouillé de ce titre. (C'est le même Cardinal Angelo Sodano qui est finalement derrière la persécution actuelle du Père Nicholas Gruner et de son groupe de Fatima, comme nous le verrons.)

Or, la condamnation de 1942 portée contre Chenu fut beaucoup plus sévère que celle qui fut lancée contre Küng. Cependant, non seulement Chenu survécut, mais devint un phare de l'Eglise Conciliaire sans jamais changer ses vues erronées. Ce qui est vrai de même pour Rahner, Congar, de Lubac et von Balthasar — dont tous furent théologiquement suspects avant le Concile mais en vinrent à jouir d'un grand prestige — même sans abandonner jamais une seule de leurs opinions hétérodoxes. Même un Küng a des raisons de croire que, même s'il subit une douce condamnation, c'est simplement inconfort temporaire, gêne ennuyeuse, sort distribué à tous les vrais «prophètes». Tout comme Chenu a vu finalement mettre au grand jour ses opinions hérétiques, grâce à un Concile révolutionnaire, ainsi Küng peut de même se gonfler la poitrine de l'espoir que ses erreurs, dans un avenir pas si lointain, finiront par émerger de facto dans le Catholicisme «courant», bien que non admises par le véritable enseignement du Magistère authentique, qui ne pourrait jamais lier l'Eglise à de telles erreurs.

Les Neo-Modernistes Saluent
la «Nouvelle» Eglise de Vatican II

C'est avec bonne raison donc que les progressistes tels que le Cardinal Suenens, Küng, Louis Bouyer et Yves Congar ont célébré Vatican II comme une Révolution, comme la mort d'une ère et le commencement d'une nouvelle:

Le Cardinal Suenens, qui a exercé une grande influence sur le Pape Paul VI et cher à ceux qui dans l'Eglise se nomment «charismatiques», se réjouissait que Vatican II ait marqué la fin de l'époque Tridentine et la fin de l'ère Vatican I26.
Hans Küng jubilait: «Comparé à l'époque post Tridentine de la Contre-Réforme, le Concile Vatican II représente dans ses caractéristiques fondamentales un virage à 180 degrés … C'est une nouvelle Eglise qui a surgi depuis Vatican II27.»
Le Père Bouyer, peritus français au Concile, s'est écrié avec délices que l'aspect anti-protestant, anti-moderniste de l'Eglise Catholique «pourrait également mourir28.»
De même, le magazine jésuite, basé à Rome La Civiltà Catholica s'est aussi écriée joyeusement: «Avec le Concile Vatican II l'époque tridentine a pris fin pour l'Eglise29.»
Ces déclarations sont surtout audacieuses si l'on considère que les Conciles de Trente et de Vatican I sont des Conciles dogmatiques dont les enseignements ne peuvent jamais être changés, mal considérés ou réinterprétés au nom d'une «compréhension plus profonde.» Le Premier Concile du Vatican a déclaré infailliblement:

La signification des Dogmes Sacrés, qui doit toujours être préservée, est ce qu'a déterminé notre Sainte Mère l'Eglise. Jamais il n'est possible de permettre de s'en départir au nom d'une compréhension plus profonde30.

Les Modernistes, cependant, comme en avertissait le Pape Saint Pie X, n'acceptent rien comme fixe ou stable. Leur premier principe, c'est «l'évolution du dogme.» Ils défendent l'idée que la religion doit changer en raison des circonstances changeantes. A cet égard, comme à beaucoup d'autres, les premiers novateurs de Vatican II se révèlent des hommes imprégnés de l'erreur du Modernisme.

Francs-Maçons et Communistes Se Réjouissent

En même temps que les néo-modernistes, les Maçons et les Communistes se sont réjouis de l'issue du Concile. Tout comme l'avaient espéré les auteurs de la Formation Permanente de la Haute Vente, tout comme l'avaient espéré les infiltrés communistes évoqués par Bella Dodd, les notions de culture libérale avaient gagné finalement l'adhésion des principaux acteurs de la hiérarchie catholique. Les Francs-Maçons et les Communistes ont célébré la tournure stupéfiante des événements opérés par le Concile. Ils se réjouissent de ce que les Catholiques aient enfin «vu la lumière», et que beaucoup de leurs principes maçonniques aient été sanctionnés par l'Eglise.

Par exemple, Yves Marsaudon du Rite d'Ecosse dans son livre: «L' Œcuménisme vu par un Franc-Maçon de Tradition» a fait l'éloge de l'œcuménisme nourri à Vatican II. Il a dit:

Les Catholiques … ne doivent pas oublier que tous les chemins mènent à Dieu. Et ils devront accepter que cette courageuse idée de la libre-pensée, que, nous pouvons vraiment appeler une révolution, déversée de nos loges maçonniques, s'est répandue magnifiquement sur le dome de Saint-Pierre31.

Yves Marsaudon fut ravi d'ajouter «On peut dire que l'œcuménisme est le fils légitime de la Franc-Maçonnerie32.»

L'esprit post-conciliaire de doute et de révolution a évidemment réchauffé le cœur du Franc-Maçon français Jacques Mitterand qui a écrit avec approbation:

Quelque chose a changé à l'intérieur de l'Eglise et les réponses données par le Pape aux questions les plus urgentes telles que le célibat sacerdotal et le contrôle des naissances, sont chaleureusement débattues à l'intérieur de l'Eglise Elle-même; la parole du Souverain Pontife est mise en question par les évêques, par les prêtres, par les fidèles. Pour un Franc-Maçon, un homme qui remet en question le dogme est déjà un Franc-Maçon sans tablier33.

Marcel Prelot, sénateur de la région du Doubs en France, est probablement le plus précis dans la description de ce qui s'est vraiment passé. Il a écrit:

Nous combattions depuis un siècle et demi pour faire prévaloir nos opinions à l'intérieur de l'Eglise et n'avions pas réussi. Vint finalement Vatican II et nous avons triomphé. Depuis lors, les propositions et principes du catholicisme libéral ont été absolument et officiellement acceptés par la Sainte Eglise34.

Les Communistes furent également ravis des résultats du Concile. Comme le Parti Communiste Italien déclarait en 1964 à son 1e Congrès du Parti: «L'extraordinaire “réveil” du Concile, comparé à bon droit aux Etats Généraux de 1789, a montré au monde entier que la vieille Bastille politico-religieuse est secouée jusqu'à ses fondations35.» L'Unita, publication Officielle du Parti Communiste Italien, donna effrontément son avis au Pape Paul VI concernant l'Archevêque Marcel Lefebvre qui menait l'opposition traditionaliste aux libéraux conciliaires et avait milité pour une condamnation conciliaire du Communisme: «Soyez conscients du danger que représente Lefebvre, et continuez le magnifique mouvement d'approche commencé avec l'œcuménisme de Vatican II36.»

Toute Une Nouvelle «Orientation» pour l'Eglise

Rien de surprenant dans les exclamations publiques de ravissement à propos de Vatican II de la part des astres néo-Modernistes, Communistes et Francs-Maçons. Il était évident, pour quiconque avait des yeux pour voir, que le Concile Vatican II semblait embrasser les idées qui avaient été condamnées par le Bienheureux Pape Pie IX dans le Syllabus d'Erreurs, mais étaient dans la foulée de la pensée moderniste. (Comme nous en discuterons plus loin, le Cardinal Ratzinger lui-même a présenté certains aspects des enseignements du Concile comme un «contresyllabus».) Ce n'est pas arrivé par accident, mais à dessein. Les progressistes de Vatican II cherchaient à éviter des déclarations directes qui apparaîtraient comme erreurs modernistes condamnées. Ils ont aussi délibérément placé, dans les textes du Concile, des ambiguïtés qu'ils avaient l'intention d'exploiter après le Concile37.

En utilisant des ambiguïtés délibérées, les documents du Concile donnaient l'élan a un œcuménisme qui avait été condamné par le Pape Pie XI, une liberté religieuse pour de fausses sectes qui avaient été condamnées par les Papes du 19e siècle (principalement par le Bienheureux Pape Pie IX), une nouvelle liturgie alignée sur le Protestantisme et l'œcuménisme que l'Archevêque Bugnini38 appelait «une conquête majeure de l'Eglise Catholique», une collégialité qui atteint au cœur la primauté papale, et «une nouvelle attitude vers le monde» — surtout dans l'un des plus radicaux de tous les documents conciliaires, Gaudium et Spes. Même le Cardinal Ratzinger a admis que Gaudium et Spes est imprégné de l'esprit de Teilhard de Chardin39.

Le résultat de tout cela ne fut rien d'autre qu'une orientation tout à fait nouvelle de l'Eglise ou ce que le Pape Paul VI a qualifié «d'ouverture au monde.» Comme le Pape Paul VI lui-même fut forcé de l'admettre, cependant, l'ouverture au monde s'est avérée un désastreux mécompte.

Le Pape Paul VI Reconnaît Que l'Eglise
A Eté Envahie par la Pensée du Monde

Comme le Pape Paul VI, lui-même l'a reconnu, huit ans seulement après le Concile, «l'ouverture au monde est devenue une véritable invasion de l'Eglise par la pensée du monde. Nous avons été peut-être trop faibles et imprudents.» Trois ans seulement après le Concile, le Pape Paul VI avait admis que «l'Eglise est dans une période troublée d'autocritique, ou, pour mieux dire d'autodémolition40.» Et en 1972, dans la formule peut-être la plus étonnante jamais prononcée par un Pontife Romain, Paul VI déplorait que «d'un point ou l'autre, la fumée de Satan ait pénétré dans le temple de Dieu41.»

Examinons certaines des raisons manifestes de ces aveux stupéfiants du Pape Paul VI.

L'Eglise S'Ouvre au «Dialogue»
avec Ses Ennemis Communistes et Francs-Maçons

C'est avec Vatican II que commença la grande entreprise de collaboration avec les forces du monde, la grande ouverture au monde. Ce n'est nulle part plus apparent que dans Gaudium et Spes lui-même qui déclare: «Par une étude incessante ils» — c'est-à-dire tous les prêtres de l'Eglise Catholiques, tous les évêques, tous les membres de la hiérarchie — «devraient se disposer à faire leur part en établissant le dialogue avec le monde et avec des hommes de toutes nuances d'opinion.»

Or, on objectera: Quel mal y-a-t-il dans la collaboration pacifique et le dialogue avec des hommes de toute nuance d'opinion, dans ces domaines où l'Eglise peut trouver quelque sorte d'accord de base? Ici encore les Papes pré-conciliaires nous ont avertis sur l'une des ruses et illusions du démon, sous apparence de bien. Parlant précisément sur cet appel à collaborer et dialoguer avec les Communistes pour des causes prétendues communes à toute l'humanité — ce qui est en réalité l'appel du démon pour que l'Eglise dépose les armes et rejoigne l'ennemi — le Pape Pie XI nous donne l'avertissement suivant dans Divini Redemptoris:

Le communisme athée s'est montré au début tel qu'il était, dans toute sa perversité, mais bien vite il s'est aperçu que de cette façon il éloignait de lui les peupler; aussi a-t-il changé de tactique et s'efforce-t-il d'attirer les foules; par toutes sortes de tromperies, en dissimulant ses propres desseins sous les idées en elles-mêmes bonnes et attrayantes. ...

Ainsi encore, sous divers noms de s'infiltrer jusqu'en des associations franchement catholiques et religieuses. Ils invitent les catholiques à collaborer avec eux sur le terrain humanitaire et charitable, comme on dit, en proposant parfois même des choses entièrement conformes à l'esprit chrétien et à la doctrine de l'Eglise. ...

Veillez, Vénérables Frères, à ce que les fidèles ne se laissent pas tromper. Le communisme est intrinsèquement pervers, et l'on ne peut admettre sur aucun terrain la collaboration avec lui de la part de quiconque veut sauver la civilisation chrétienne42.

Le Pape Pie XI n'aurait pu être plus clair sur le devoir de fuir le «dialogue» et la collaboration avec les Communistes. Et pourquoi? Les Italiens ont un dicton: Dimmi con chi vai, e ti diro che sei — «Dis-moi qui tu hantes et je te dirai qui tu es.» Comme l'a reconnu le Pape Pie XI, si on s'associe avec une certaine catégorie de personnes, on subira inévitablement leur influence pour devenir comme eux, malgré soi. Si on collabore avec les forces du monde, on a tendance a être séduit, on leur deviendra semblable. Si l'Eglise S'ouvre au monde en cessant Son opposition aux pouvoirs qu'Elle a autrefois combattus, et si Elle dit, au contraire, que l'Eglise va maintenant collaborer et dialoguer avec Ses ennemis, Ses membres, avec le temps, deviendront semblables à ceux qu'Elle a autrefois combattus. Et de l'ouverture au monde il résultera que l'Eglise deviendra semblable au monde — comme le Pape Paul VI lui-même fut forcé de l'admettre dans la citation ci-dessus.

L'Eglise Se «Réconcilie» Avec le Libéralisme

Ces «conservateurs» qui nient que Vatican II constitue une rupture avec la tradition ou contredit les enseignements précédents, ont omis d'écouter les novateurs et agitateurs mêmes du Concile qui reconnaissent impudemment la vérité. Yves Congar, l'un des «experts» du Concile et l'un des principaux artisans des réformes du Concile a fait remarquer avec une tranquille satisfaction que «l'Eglise a eu, pacifiquement, sa Révolution d'Octobre43.» Congar a également reconnu, comme si on pouvait s'en glorifier que la Déclaration sur la Liberté Religieuse de Vatican II est contraire au Syllabus du Pape Pie IX44. Il a dit:

On ne peut nier que l'affirmation de liberté religieuse par Vatican II dit textuellement autre chose que le Syllabus de 1864, et même presque juste le contraire des propositions 16, 17 et 19 de ce document45.

Congar suggère ainsi joyeusement que Vatican II a défait une infaillible condamnation d'erreur par le Pape.

Très remarquables sont les déclarations du progressiste Cardinal Suenens, l'un des prélats les plus libéraux du 20e siècle, lui-même Père du Concile, qui parla avec feu des anciens régimes qui se sont écroulés. Les paroles qu'il a employées pour louer le Concile sont extrêmement évocatrices, peut-être les plus à faire frémir et les plus injurieuses de toutes. Suenens a déclaré: «Vatican II est la Révolution Française de l'Eglise46.»

Et il y a quelques années seulement, nul autre que le Cardinal Ratzinger, apparemment paisible devant de tels aveux, y ajouta l'un des siens. Selon lui, le texte conciliaire de Gaudium et Spes n'est rien moins qu'un «contre-Syllabus». Il a dit:

S'il est souhaitable d'offrir un diagnostic du texte (Gaudium et Spes) dans son ensemble, nous dirions peut-être que (quant aux textes sur la liberté religieuse et les religions du monde) c'est une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contresyllabus … Contentons-nous de dire ici que le texte sert de contresyllabus et, en tant que tel, représente de la part de l'Eglise, une tentative de réconciliation officielle avec la nouvelle ère inaugurée en 1789 … La déloyauté de la position adoptée par l'Eglise sous Pie IX et Pie X en réponse à la situation créée par la nouvelle phase de l'histoire inaugurée par la Révolution Française fut, en grande mesure, corrigée via facti, surtout en Europe Centrale, mais il n'y avait encore aucune déclaration de base sur la relation qui devait exister entre l'Eglise et le monde telle qu'elle avait commencé d'exister après 1789. En fait, une attitude qui fut en grande partie pré-révolutionnaire continua d'exister dans des pays à forte majorité catholique. Presque personne ne niera aujourd'hui que les Concordats espagnols et italiens se sont efforcés de préserver trop d'une manière de voir le monde qui ne correspond plus aux faits. Presque personne ne niera aujourd'hui que, dans le domaine de l'éducation et eu égard à la méthode de critique historique dans la science moderne, il existait des anachronismes qui correspondaient étroitement à cette adhésion à une relation obsolète entre l'Eglise et l'Etat47.

Prenez en considération la simple audace d'un Cardinal accusant «de partialité» deux des plus grands Papes de l'histoire de l'Eglise, dans leurs efforts de protéger l'Eglise contre les erreurs du libéralisme et du modernisme! Selon le Cardinal Ratzinger lui-même, au Concile Vatican II, l'Eglise a fait «la tentative» de «corriger» et de «contrecarrer» l'enseignement du Bienheureux Pie IX et du Saint Pie X et de se réconcilier, par contre, avec la Révolution Française et les Lumières.

Mais ce fut le but même de la Formation Permanente, code de la Maçonnerie pour la subversion de l'Eglise! C'est précisément pourquoi, dans son Syllabus d'erreurs, le Bienheureux Pie IX a condamné la proposition que «le Pontife Romain peut et doit se réconcilier et se mettre en bons termes avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne.» (Proposition # 80 Condamnée.) Et Saint Pie X dans sa lettre apostolique: Notre Charge Apostolique, a condamné le mouvement du Sillon en France, adressant des reproches à ses membres parce que: «Ils ne craignent pas de faire des rapprochements blasphématoires entre l'Evangile et la Révolution.»

Mais selon le Cardinal Ratzinger, «il ne peut y avoir aucun retour au Syllabus, qui a peut-être masqué la première étape de la confrontation avec le libéralisme, mais ne peut être la dernière étape48.» Et quelle est cette dernière «étape» dans la «confrontation avec le libéralisme»? Apparemment, selon les vues du Cardinal Ratzinger, c'est, pour l'Eglise, l'acceptation des idées mêmes qu'Elle a autrefois condamnées! Confronter le libéralisme en se réconciliant avec lui. De quelle sorte de double langage s'agit-il? La «confrontation» de Ratzinger n'est rien de plus qu'une abjecte abdication.

De plus, selon l'opinion du Cardinal Ratzinger, non seulement les condamnations du libéralisme dans le Syllabus du Bienheureux Pie IX, mais aussi l'enseignement anti-moderniste de Saint Pie X dans Pascendi, doivent maintenant être considérés comme périmés. En 1990, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a publié une «Instruction sur la Vocation Ecclésiastique du Théologien.» En exposant «l'Instruction» à la presse, le Cardinal Ratzinger prétendit que certains enseignements du Magistère «n'étaient pas considérés comme parole finale sur le sujet en tant que tels, mais devaient, plutôt servir d'amarres dans le problème et surtout, d'expression de prudence pastorale, une sorte de disposition temporaire49.» Comme exemples de ces «dispositions temporaires», Ratzinger cita «les déclarations des Papes, au cours du siècle dernier, sur la liberté religieuse, ainsi que les décisions anti-modernistes au début de ce siècle50 ...» - c'est-à-dire l'enseignement anti-moderniste de Saint Pie X au début des années 1900.

Ces commentaires du Cardinal Ratzinger devraient troubler tout Catholique, non seulement parce qu'ils reconnaissent que le Concile a embrassé un but caressé par les ennemis de l'Eglise, mais parce qu'ils viennent de l'homme même qui, à la tête de la Sacrée Congrégation de la Doctrine de la Foi (CDF), est supposé responsable de garder la pureté pour la Doctrine catholique. Et comme nous allons le voir bientôt, c'est le même homme qui a mené la charge pour en finir avec la compréhension catholique traditionnelle du Message de Fatima.

L'Eglise Catholique Romaine est Exclusivement
la Seule Véritable Eglise du Christ:
Cet Enseignement est Abandonné

Comme la tentative de réconcilier l'Eglise avec les principes de la Révolution Française neutraliserait l'ancienne opposition catégorique de l'Eglise aux erreurs de l'ère moderne, ainsi «l'aventure œcuménique» lancée au Concile amènerait bientôt de facto l'abandon de tous les efforts pour convertir les Protestants et les schismatiques à la foi catholique — comme dans la conversion de la Russie.

En même temps, le Concile a embrassé le «mouvement œcuménique» — seulement 35 ans après sa condamnation par le Pape Pie XI dans son encyclique, Mortalium Animos — le document Lumen Gentium du Concile a jeté dans la confusion toute la doctrine de l'Eglise Catholique comme seule véritable Eglise. Selon Lumen Gentium, «l'Eglise du Christ … subsiste dans l'Eglise Catholique.» (c'est nous qui soulignons)

Voilà quelque chose d'ahurissant. Pourquoi le document ne proclame-t-il pas clairement ce que l'Eglise Catholique a toujours enseigné, comme on le voit dans les encycliques de Pie XII — c'est-à-dire que la seule Véritable Eglise du Christ est l'Eglise Catholique?51 Pourquoi employer un terme favorable à l'erreur progressiste selon laquelle l'Eglise du Christ dépasse en fait les limites de l'Eglise Catholique, de sorte que les sectes schismatiques et protestantes, «de quelque manière mystérieuse», font partie de l'Eglise du Christ (ou lui sont reliées)? Cette erreur, basée sur l'usage conciliaire du mot «subsiste», est répercutée avec éclat par le Père Avery Dulles, récemment créé Cardinal par le Pape Jean-Paul II:

L'Eglise de Jésus-Christ n'est pas exclusivement identique à l'Eglise Catholique Romaine. Elle subsiste en effet dans le Catholicisme Romain, mais elle est aussi présente, sous des modes et à des degrés divers, dans d'autres communautés chrétiennes, dans la mesure où elles sont aussi ce que Dieu a inauguré en Jésus et obéissent aux inspirations de l'Esprit du Christ. En conséquence de leur participation commune à la réalité de la seule Eglise, les différentes communautés chrétiennes sont déjà en communion réelle mais imparfaite52.

De même, le Cardinal Ratzinger encore une fois, embrasse les vues de la «nouvelle théologie.» Dans une interview avec le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, le Cardinal Ratzinger a dit ce qui suit:

Quand les Pères du Concile ont remplacé le mot «est» par le mot «subsistit» (subsiste), ils l'ont fait pour une raison très précise. Le concept exprimé par «est» (être) est beaucoup plus large que celui exprimé par «subsiste.» «Subsister» est une manière très précise d'être, c'est-à-dire d'être comme sujet qui existe en lui- même. Ainsi les Pères du Concile ont voulu dire que l'être de l'Eglise en tant que telle est une entité plus large que l'Eglise Catholique Romaine, mais à l'intérieur de cette dernière, il acquiert de manière incomparable, le caractère d'un sujet propre et véritable53.

Le Cardinal Ratzinger déclare que les Pères du Concile ont eu l'intention de dire que «l'être» de l'Eglise est plus vaste que l'Eglise Catholique, mais sa déclaration est fausse. La généralité des Pères du Concile n'avait pas l'intention de contredire l'enseignement du Pape Pie XII selon lequel l'Eglise du Christ est l'Eglise Catholique, non pas quelque vague «entité» qui est «plus vaste» que l'Eglise Catholique.

En vérité, ce fut l'intention de Ratzinger d'utiliser l'ambiguïté pour saper l'enseignement traditionnel selon lequel la seule et unique Eglise du Christ est l'Eglise Catholique — intention qu'il partageait avec ses pareils, partisans de la «nouvelle théologie» au Concile Vatican II. Nous le savons parce que ce fut le Père Ratzinger lui-même, en tant que peritus théologique au Concile, qui introduisit le terme «subsistit» (subsiste) dans le projet du document conciliaire Lumen Gentium. Il inséra ce terme à l'instigation d'un Ministre Protestant, le Pasteur Schmidt, d'Allemagne.

Si le lecteur trouve déconcertante l'explication du Cardinal Ratzinger à propos de l'usage du terme «subsistit» (subsiste), qu'il sache que c'était intentionnel. «Subsiste» et «est» peuvent, cependant, signifier la même chose, contrairement à ce que suggère Cardinal Ratzinger. A cause de la précision qui devrait caractériser tout document conciliaire, le Concile aurait dû déclarer clairement que «l'Eglise du Christ subsiste seulement dans l'Eglise Catholique.» Mais comme l'a reconnu le Père Edouard Schillebeeckx, autre peritus conciliaire, ses confrères libéraux avaient délibérément inséré des ambiguïtés dans les textes conciliaires54, sachant que, plus tard, ils pourraient les interpréter de manière hétérodoxe après le Concile.

C'est précisément ce que fait maintenant le Cardinal Ratzinger avec le terme ambigu «subsistit» (subsiste). En vérité, le texte allemand original de l'entrevue citée ci-dessus dans le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung montre que le Cardinal Ratzinger est encore plus radical dans son écart de l'enseignement du Pape Pie XII: «... die Konzilsväter das von Pius XII gebrauchte Wort “ist” durch “subsistit” ersetzten» — littéralement, «... les Pères du Concile ont remplacé le mot “est”, utilisé par Pie XII, par “subsistit”» — c'est-à-dire, le Cardinal Ratzinger avoue que Vatican II a remplacé la terminologie du Pape Pie XII — grâce à nul autre que le Cardinal Ratzinger et son ami le ministre protestant! Pire encore, la version originale allemande de l'entrevue déclare aussi: «So wollten die Väter sagen: Das Sein der Kirche als solches reicht viel weiter als die romisch-katholische Kirche», — littéralement: «Ainsi les Pères ont voulu dire: l'être de l'Eglise en tant que telle s'étend bien au-delà de l'Eglise Catholique Romaine55.» Donc, Dulles et Ratzinger contredisent carrément l'enseignement catholique de tous les temps, selon lequel l'Eglise du Christ existe exclusivement dans l'Eglise Catholique. Cependant leur opinion est maintenant l'interprétation de Vatican II.

Nous voyons là un premier exemple de la manière dont les «nouveaux théologiens» de Vatican II se sont passé le ballon tout en faisant croire que c'était le «Concile» qui faisait la passe.

L'Eglise Ne Cherche Plus la Conversion
et le Retour des Hérétiques et Schismatiques

Avec cette nouvelle manière de voir «l'Eglise du Christ» comme beaucoup plus vaste que l'Eglise Catholique Romaine, rien d'étonnant que, après 40 ans «d'activité œcuménique», même les prélats du Vatican rejettent maintenant ouvertement le retour à Rome des Protestants et des schismatiques.

Un exemple éminent de cet écart de l'enseignement traditionnel, c'est la récente déclaration du Cardinal Walter Kasper, ancien secrétaire du plus éminent hérétique post-conciliaire de l'Eglise, Hans Küng. Kasper, dont les opinions modernistes sont bien connues à travers toute l'Eglise, fut créé Cardinal par le Pape Jean-Paul II en février 2001 et jouit maintenant du titre de Préfet du Conseil Pontifical du Vatican pour la Promotion de l'unité des Chrétiens. Kasper a dit:

… Aujourd'hui, nous ne comprenons plus l'œcuménisme au sens d'un retour, selon lequel les autres «seraient convertis», et reviendraient se faire «catholiques.» Ceci fut expressément abandonné au Concile Vatican II56.

En fait, la déclaration de Kasper méprise le dogme infaillible trois fois défini «hors de l'Eglise, point de salut» (extra Ecclesia nulla salus). La formulation réelle de ces trois définitions solennelles, infaillibles (et donc inchangeables)57 qui engagent tous les Catholiques58 (de quelque rang qu'ils soient, y compris Cardinaux et Papes) à croire sous peine d'excommunication automatique (en se mettant hors de l'Eglise Catholique) sont les suivantes:

Il n'y a qu'une seule Eglise universelle des fidèles, hors de laquelle absolument personne n'est sauvé. (Pape Innocent III, Quatrième Concile du Latran, 1215; D.S. 802; Dz-Hünermann 802)

Nous déclarons, disons, définissons et prononçons qu'il est absolument nécessaire au salut de toute créature humaine d'être soumise au Pontife Romain. (Pape Boniface VIII, Bulle Unam Sanctam, 1302; D.S. 875; Dz- Hünermann 875)

La très Sainte Eglise romaine croit fermement, professe et prêche qu'aucun de ceux qui existent hors de l'Eglise Catholique, non seulement les païens, mais aussi les juifs, les hérétiques et les schismatiques, ne peuvent avoir part à la vie éternelle, mais sont destinés au feu éternel qui fut «préparé pour le démon et ses anges» (Matt. 25:41), à moins que, avant la mort, ils l'aient rejointe; et si importante est l'unité de ce corps ecclésiastique que seuls ceux qui restent dans cette unité peuvent bénéficier du salut par les sacrements de l'Eglise, et eux seuls peuvent recevoir une récompense éternelle pour leurs jeûnes, leurs aumônes, leurs autres œuvres de piété chrétienne et les services d'un soldat du Christ. Nul, si importantes que puissent être ses aumônes, nul, même en versant son sang pour le Nom du Christ, ne peut être sauvé, s'il ne demeure dans le sein et l'unité de l'Eglise Catholique. (Pape Eugène IV, Bulle Cantate Domino, 1442; D.S. 1351; Dz-Hünermann 1351)58a

Par cet enseignement, il ne faut pas comprendre que soit écartée la possibilité de salut pour ceux qui ne deviennent pas membres effectifs de l'Eglise Catholique si, sans aucune faute de leur part, ils ne connaissent pas leur obligation objective de le faire. Néanmoins, comme l'a enseigné le Bienheureux Pape Pie IX dans Singulari Quadem, les Catholiques ne doivent pas se préoccuper de discussions insignifiantes sur le salut pour ceux qui ne sont pas membres effectifs de l'Eglise, puisque Dieu seul sait qui Il sauvera (de manière extraordinnaire) parmi la grande masse de l'humanité qui n'a pas extérieurement professé la religion catholique. Pour cette raison, le Bienheureux Pie IX — béatifié par le Pape Jean-Paul II lui-même — a exhorté les fidèles à tenir ferme au dogme «hors de l'Eglise pas de salut» et à continuer, avec une ferveur toujours plus grande, l'œuvre divinement engagée de faire de toutes les nations des disciples. Quant au sort de ceux qui demeurent hors de l'Eglise visible, Sa Sainteté nous a avertis que «toute information plus approfondie est illégitime.»

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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:40

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 6

Le Motif s'Installe - (suite) -

Qui peut douter de la sagesse des avertissements du Bienheureux Pape Pie IX? En vérité, l'Eglise a aussi enseigné constamment et infailliblement que nul en ce monde (sauf révélation privée spéciale) ne peut savoir avec absolue certitude l'état subjectif d'aucune âme, encore moins si une âme-même — la sienne propre — est au nombre des élus. Puisqu'il n'est pas possible pour l'Eglise de présumer du salut ou de la damnation de qui que ce soit, les ministres de l'Eglise sont liés par le devoir de chercher la conversion de tout homme, femme et enfant sur la surface de la terre, suivant l'ordre même de Notre-Seigneur: «Allez, faites des disciples de toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, leur enseignant à observer tout ce que Je vous ai commandé (Matt. 28:19-20). Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé. Celui qui ne croira pas sera condamné.» (Marc 16:16)

En déclarant que les Protestants ne sont plus obligés de se convertir au Catholicisme, le Cardinal Kasper contredit carrément l'enseignement infaillible du Magistère et le commandement de Notre-Seigneur Lui-même. Le point de vue de Kasper est en pleine contradiction avec l'enseignement constant de l'Eglise selon lequel la seule voie de salut pour l'unité chrétienne est le retour des dissidents à l'Eglise Catholique par leur conversion. L'admonition du Saint-Office en 1949 par le Pape Pie XII, par rapport au «mouvement œcuménique», avertissait les évêques que, pour toutes discussions «œcuménique» qu'ils puissent autoriser, ils devaient présenter aux interlocuteurs protestants «la Vérité catholique», et «l'enseignement des Encycliques des Pontifes Romains sur le retour des dissidents à l'Eglise59.» La doctrine catholique du retour des dissidents a été réaffirmée par le Pape Pie XII le 20 décembre 1949: «La doctrine catholique devra être proposée et exposée totalement et intégralement: Ce que l'Eglise Catholique enseigne sur la vraie nature et les moyens de justification, sur la constitution de l'Eglise, sur la primauté de la juridiction du Pontife Romain, sur la seule véritable union qui s'accomplit par le retour des dissidents à la seule véritable Eglise du Christ, ne doit pas être passé sous silence ni voilé sous des paroles ambiguës60.»

Kasper, au moins, dit ouvertement ce que la plupart des prélats d'aujourd'hui semblent croire de toute façon, sans jamais le confirmer ni le nier. La politique de Kasper en fait représente «l'esprit dominant de Vatican II.» Ceci fut confirmé par nul autre que le Cardinal Ratzinger, quand il était encore le Père Ratzinger, dans son livre de 1966: Theological Highlights of Vatican II (Points théologiques). Dans Points théologiques, Ratzinger prétend que le Concile avait donné à l'Eglise une nouvelle orientation vers les non-catholiques, qui dispense de tout appel à leur conversion:

L'Eglise Catholique n'a pas le droit d'absorber les autres Eglises. … Une unité de base — d'Eglises qui restent des Eglises, devient pourtant une seule Eglise — doit remplacer l'idée de conversion, même si la conversion garde sa signification pour ceux qui, en conscience, sont motivés pour la rechercher61.

Or le Cardinal Ratzinger a écrit ce livre pendant le Concile. Comme collaborateur de Karl Rahner, il fut considérablement impliqué dans la rédaction des documents conciliaires. Il est bien placé pour nous dire quelles étaient les vraies intentions des «architectes» de Vatican II, qu'il ne faut pas confondre avec l'intention des Pères du Concile eux-mêmes. Et il déclare que l'enseignement de Vatican II, selon ceux qui ont rédigé les documents, fut que la conversion est une option62. C'est-à-dire, selon Ratzinger, les non-Catholiques n'ont pas besoin de se convertir à la véritable Eglise — que ce soit pour le salut ou pour l'unité.

Ce point de vue n'est pas moins radical que celui du Père Edouard Schillebeeckx, autre peritus progressiste du Concile, qui fut examiné par le Vatican après le Concile, (mais jamais sanctionné) pour son refus manifeste de différents dogmes catholiques. Schillebeeckx exultait «Au Concile Vatican II, l'Eglise Catholique a officiellement abandonné son monopole sur la religion chrétienne63.»

De même, un journal «catholique» du Service International de Documentation Judéo-chrétienne basé à Rome (SIDIC)64 parlait de la nouvelle orientation de Vatican II envers les non-catholiques. En 1999, il attirait l'attention sur ce qu'il considère être le «principal problème» avec les soi-disant «Catholiques traditionnels», y compris l'Archevêque Lefebvre:

Le refus de Lefebvre d'accepter l'œcuménisme trouve son origine dans les enseignements clairs du Magistère: l'encyclique Satis Cognitum de Léon XIII (1896); l'encyclique Mortalium Animos de Pie XI (1928); l'Instruction du Saint-Office du 20 décembre 1949 concernant l'œcuménisme. Le seul œcuménisme accepté par Lefebvre et ses adeptes est celui qui lutte de toutes ses forces pour le retour inconditionnel des membres des autres confessions à la seule Eglise du Christ, l'Eglise Catholique Romaine. Ce sectarisme endurci est précisément le genre de logique que Vatican II, par une profonde réflexion sur la nature de l'Eglise a refusé d'accepter65 ...

La nouvelle déclaration selon laquelle, les non-Catholiques n'ont pas besoin de se convertir parce que «de quelque manière mystérieuse», ils font partie de l'Eglise du Christ66, méprise l'enseignement permanent de l'Eglise sur la nécessité pour les non-Catholiques d'abandonner leurs erreurs et de revenir à la seule véritable Eglise de Jésus-Christ, comme l'ont enseigné unanimement les Papes pré-conciliaires.

Il existe les cas relatés de Cardinaux du Vatican, evidemment dans la ligne de cette même fausse interpretation du Concile, qui découragent activement les non-Catholiques désireux de se convertir au Catholicisme. Catholic Family News a publié l'histoire du Père Linus Dragu Popian, qui avait été élevé dans la religion orthodoxe roumaine. En 1975, il risqua sa vie pour échapper à la Roumanie communiste et se présenta comme Séminariste au Vatican, exprimant son désir de se convertir au Catholicisme. Le Secrétaire d'Etat d'alors, le Cardinal Villot, et d'autres Cardinaux du Vatican, furent horrifiés. Ils ont dit au jeune Popian qu'il ne devait pas fuir le communisme et ne devait pas devenir Catholique, parce que cela nuirait aux relations du Vatican avec la Roumanie communiste et l'Eglise orthodoxe de Roumanie67.

Il y a eu peu de changement à Rome depuis lors. Monseigneur Fellay de la Fraternité Saint Pie X a relaté, dans une entrevue récente, qu'il avait rencontré un évêque schismatique (orthodoxe) qui voulait se convertir à l'Eglise Catholique. Monseigneur Fellay lui conseilla de s'adresser directement à Rome. Quand l'évêque orthodoxe dit au Vatican qu'il voulait devenir Catholique, «ce fut la panique.» Le lendemain, le Cardinal Neves, Préfet de la Congrégation des Evêques, dit à l'évêque schismatique: «Votre Excellence, ce n'est pas nécessaire de vous convertir. Depuis le Concile, les choses ont changé! Il n'y a plus besoin de se convertir68.»

Ce refus délibéré d'autorisation pour un Evêque Orthodoxe schismatique de retourner à Rome est complètement dans la ligne de la Déclaration de Balamand en 1993, négociée entre certains fonctionnaires du Vatican et différentes Eglises Orthodoxes. Dans ce document, le représentant du Vatican (le Cardinal Cassidy du Conseil Pontifical pour «l'Unité des Chrétiens») a reconnu, en fait, que grâce aux «perspectives totalement modifiées et donc, aux attitudes» engendrées par Vatican II, l'Eglise Catholique va former de nouveaux prêtres «pour paver la voie à de futures relations entre les deux Eglises, outrepassant à l'ecclésiologie périmée du retour à l'Eglise Catholique69.»

C'est une hérésie de déclarer «ecclésiologie périmée» l'enseignement constant du Magistère sur le retour des dissidents (hérétiques et schismatiques) à la seule véritable Eglise comme le seul moyen de véritable unité des Chrétiens, puisque cela contredit carrément, non seulement l'enseignement de l'Eglise sur le retour des dissidents, mais aussi le dogme Catholique infailliblement défini hors de l'Eglise, pas de salut.

L'abandon de l'enseignement traditionnel de l'Eglise dans ce domaine ne représente pas «la charité» envers les frères séparés mais plutôt un recul devant le devoir de l'Eglise de leur dire la simple vérité. De nouveau, le résultat n'est pas un bienfait pour les non-Catholiques, mais plutôt un affaiblissement de l'Eglise en proie au scandale, à peine capable de servir de levain à la société, comme elle est censée l'être. En attendant que l'Eglise, institution divine aussi bien qu'humaine, soit inévitablement restaurée en sa première vigueur, comme après d'autres crises de Son passé, l'Eglise et le monde subiront de grandes souffrances jusqu'à la fin de cette crise de la foi.

L'Abandon de la Royauté Sociale du Christ

En conséquence de la nouvelle orientation de l'Eglise depuis Vatican II, il y a eu un abandon de facto de l'enseignement constant de l'Eglise sur la royauté sociale du Christ. Selon cet enseignement, non seulement les individus, mais toutes les nations, ont l'obligation de se soumettre au Christ et de se conformer à Son enseignement. C'est l'enseignement du Christ, non le «dialogue» avec les incroyants, qui amènera la paix au monde; c'est Son Eglise qui doit servir d'instrument principal pour la paix mondiale. L'enseignement constant de l'Eglise, sur cette doctrine, est résumé avec une admirable concision par le Pape Pie XI dans son encyclique Ubi Arcano Dei:

L'Eglise, qui détient la vérité et le pouvoir du Christ, a seule mission de donner aux esprits la formation qui convient; elle est aussi seule en mesure non seulement de retablir aujourd'hui la véritable paix du Christ, mais encore de la consolider pour l'avenir en conjurant les menaces imminentes de nouvelles guerres que Nous avons signalées. Seule en vertu d'un mandat et d'un ordre Divin, l'Eglise enseigne l'obligation pour les hommes de conformer à la loi eternelle de Dieu toute leur activité, publique aussi bien que privée, en tant que particuliers comme ent tant que membres de la collectivité; par ailleurs, il est évident que ce qui a trait au sort du grand nombre a une importance beaucoup plus grande.

Le jour où Etats et Gouvernements se feront un devoir sacré de se régler, dans leur vie politique, au dedans et au dehors, sur les enseignements et des préceptes de Jésus-Christ, alors, mais alors seulement, ils jouiront à l'intérieur d'une paix profitable, entretiendront des rapports de mutuelle confiance, et résoudront pacifiquement les conflits qui pourraient surgir...

C'est qu'il n'est point d'institution humaine en mesure d'imposer à toutes les nations une sorte de Code international, adapté à notre époque, analogue à celui què régissait au moyen age cette véritable Société des Nations qui s'appelait la chrétienté. Elle aussi a vu commettre en fait beaucoup trop d'injustices; du moins la valeur sacrée du droit demeurait incontestée, règle sûre d'après laquelle les nations avaient à rendre leurs comptes70.

Parlant d'efforts pour obtenir la paix mondiale au moyen d'une Ligue de Nations, le Pape Pie XI déclarait:

Une tentative dans ce sens a déjà été faite et est encore en cours, maintenant; ses résultats cependant sont presque négligeables et surtout dans la mesure où ils touchent pour ainsi dire ces questions majeures qui divisent sérieusement et servent à soulever les nations l'une contre l'autre. Aucune institution purement humaine d'aujourd'hui ne peut parvenir à créer une série de lois internationales, correspondant aux conditions du monde, avec autant de succès que le Moyen-Age à posséder cette vraie Ligue des Nations, la Chrétienté. Il est indéniable que, au Moyen-Age, cette loi fut souvent violée; pourtant elle a toujours existé comme idéal, selon lequel on avait le droit de juger les actes des nations, et comme phare remettant sur la route sûre celles qui s'étaient égarées71.

Afin de renforcer cet enseignement, le Pape Pie XI a inauguré la Fête du Christ-Roi par son encyclique Quas Primas:

De cette doctrine, commune à tous les Livres Saints, dérive naturellement cette conséquence: royaume du Christ sur la terre, appelée à embrasser tous les hommes et tous les pays de l'univers, l'Eglise Catholique se devait de saluer, par des manifestations multiples de vénération, au cours du cycle annuel de la liturgie, en son Auteur et Fondateur le Roi, le Seigneur, le Roi des rois...

Ainsi donc, l'empire de notre Rédempteur embrasse la totalité des hommes. Sur ce sujet, Nous faisons volontiers Nôtres les paroles de Notre prédécesseur Léon XIII, d'immortelle mémoire: «Son empire ne s'étend pas exclusivement aux nations catholiques ni seulement aux chrétiens baptisés, qui appartiennent juridiquement à l'Eglise même s'ils sont égarés loin d'elle par des opinions erronées ou séparés de sa communion par le schisme; il embrasse également et sans exception tous les hommes, même étrangers à la foi chrétienne, de sorte que l'empire du Christ Jésus, c'est, en stricte vérité, l'universalité du genre humain.»

Et, à cet égard, il n'y a lieu de faire aucune différence entre les individus, les familles et les Etats; car les hommes ne sont pas moins soumis à l'autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée72.

La «Civilisation de l'Amour»
Remplace la Conversion des Païens

Après Vatican II, cependant, la Royauté Sociale du Christ fut remplacée par ce qu'on a appelé la «civilisation de l'amour» — terme forgé par le Pape Paul VI pour présenter la notion utopique selon laquelle «le dialogue avec le monde» mènerait à une fraternité mondiale de religions qui ne seraient pas du tout explicitement chrétiennes. Le slogan «civilisation de l'amour» a été répété sans cesse depuis lors. Ainsi, le Pape Jean-Paul II a développé cette récente notion dans son discours pour la Journée Mondiale de la Paix en 2001:

Le dialogue mène à une reconnaissance de la diversité et ouvre l'esprit à l'acceptation mutuelle et à la collaboration authentique exigées par la vocation fondamentale de la famille humaine à l'unité. En tant que tel, le dialogue est un moyen privilégié pour construire la civilisation de l'amour et de la paix qu'indiquait mon vénéré prédécesseur Paul VI comme l'idéal pour inspirer la vie culturelle, sociale, politique et économique de notre temps ... Les différentes religions peuvent et doivent aussi contribuer à ce développement de manière décisive. Mes nombreuses rencontres avec des représentants d'autres religions — je me rappelle surtout de la rencontre d'Assise en 1986 et sur la Place Saint-Pierre en 1999 — m'ont assuré davantage que l'ouverture mutuelle entre les adeptes des différentes religions peut grandement servir la cause de la paix et le bien commun de la famille humaine73. (c'est nous qui soulignons)

Même le Pape Jean-Paul II a été amené à penser que les assemblées de prière inter-religieuses, telles que celles d'Assise en 1986 et 2002, sont parmi les moyens mêmes par lesquels cette notion utopique est censée se réaliser. Pourtant la simple vue de tels spectacles aurait horrifié le Pape Pie XI et chacun de ses prédécesseurs. Pendant ce temps, la Royauté Sociale du Christ, dans un ordre social catholique, est de facto exclue de la nouvelle orientation.

Bien sûr, la nouvelle orientation «œcuménique» et «inter-religieuse» de l'Eglise est absolument impossible à concilier avec le Message de Fatima, ce qui explique pourquoi, à partir de Vatican II, un effort a été fait pour réviser le Message en rapport avec la nouvelle orientation, voire pour l'enterrer complètement.

Les Catholiques Doivent-Ils Accepter
La Nouvelle Orientation de l'Eglise?

Les Catholiques sont obligés de se soumettre à l'enseignement établi de l'Eglise sur la foi et la morale; ils ne sont pas obligés de se soumettre à de nouvelles attitudes et orientations d'hommes d'Eglise devenus libéraux qui disent et font ce dont on n'a jamais entendu parler dans toute l'histoire de l'Eglise. Ainsi, les Catholiques ont le droit, et même le devoir, de résister à cette nouvelle orientation émanant des ambiguïtés du Concile et des opinions de la «nouvelle théologie», en conflit avec le Magistère infaillible et permanent. Depuis des années, les Catholiques peinent sous le malentendu d'avoir obligation d'accepter le Concile pastoral, Vatican II, avec la même adhésion de foi qu'ils doivent aux Conciles dogmatiques.

Pourtant, ce n'est pas le cas. Les Pères du Concile ont répété constamment que Vatican II est un Concile pastoral. C'est-à-dire que c'était un Concile qui traitait non de définition de la Foi, mais de mesures dans le domaine du jugement pratique et sage — telles que le lancement de «l'aventure œcuménique.» Le document propre du Concile, la Note Préliminaire de Lumen Gentium (en latin, Nota Praevia), le déclare nettement: «En vue de la pratique conciliaire et du but pastoral du Concile actuel, le Saint Synode définit des matières de foi et de morale comme obligatoires pour l'Eglise seulement quand le Synode lui-même le déclare ouvertement74.» Aucune matière de foi ni de morale ne fut définie «comme obligatoire dans l'Eglise», en ce qui concerne la nouvelle «orientation œcuménique», ni par rapport à aucune des autres formulations «pastorales» nouvelles dans le langage des documents conciliaires.

Que Vatican II fût inférieur en autorité à un Concile dogmatique, c'est confirmé par le témoignage d'un Père du Concile, Monseigneur Thomas Morris. A sa propre requête, ce témoignage ne fut décacheté qu'après sa mort:

Je fus soulagé quand on nous a dit que ce Concile n'avait pas pour but de définir ou de donner des déclarations finales sur la doctrine, parce qu'une déclaration sur la doctrine doit être formulée très soigneusement et j'aurais considéré les documents du Concile comme incertains et passibles de réforme75.

Et puis, il y a l'important témoignage du Secrétaire du Concile, l'Archevêque (plus tard Cardinal) Pericle Felici. Lors de la clôture de Vatican II, les évêques demandèrent à l'Archevêque Felici ce que les théologiens appellent «la note théologique» du Concile — c'est-à-dire le «poids» doctrinal de ses enseignements. Felici a répondu:

Etant donné la pratique conciliaire et le but pastoral du présent Concile, ce Saint Synode définit, comme obligatoires dans l'Eglise, les matières de foi et de morale seulement quand le Synode lui-même le déclare ouvertement76.

Il a dit aussi:

Nous devons distinguer, selon les schémas et les chapitres, ceux qui ont déjà fait l'objet de définitions dogmatiques dans le passé; quant aux déclarations qui ont un caractère récent, nous devons faire des réserves77.

Le Pape Paul VI lui-même a fait remarquer que: «Etant donné le caractère pastoral du Concile, cela évitait de prononcer, de manière extraordinaire, des dogmes pourvus de la note de l'infaillibilité78.»

Donc, à la différence d'un Concile dogmatique, Vatican II n'exige pas un assentiment sans réserve de la foi. Les documents prolixes et ambigus du Concile ne sont pas à mettre sur le même plan que les déclarations doctrinales des Conciles passés. Les nouveautés de Vatican II n'engagent pas inconditionnellement les fidèles, et le Concile lui-même n'a jamais dit qu'elles les engageaient.

Et pourtant les enseignements ambigus du Concile et la nouvelle orientation post-conciliaire de l'Eglise ont eu pour résultat rien moins que ce que le Cardinal Ratzinger lui-même a qualifié de «démolition de bastions» dans l'Eglise — y compris, comme nous le verrons, la démolition du Message de Fatima. Comme nous allons maintenant le démontrer, cette entreprise de destruction a largement accompli les rêves des ennemis de l'Eglise, et les avertissements prophétiques du Message de Fatima, signalés par le Pape Pie XII.


Deux «théologiens» libéraux modernistes, les Pères Dominque Chenu (à gauche) et Hans Küng (à droite) à l'époque de Vatican II. (Voir aussi p. 179)

Des théologiens libéraux tels que Karl Rahner (p.50), Yves Congar (à gauche) et Henri de Lubac (à droite) ont vu censurer leurs écrits sous le règne du Pape Pie XII. Dans les années 60, cependant, les opinions progressistes de ces mêmes «théologiens» ont reçu une vaste audience au Concile Vatican II.


Notes:

1. Un récit complet de cette fascinante histoire se trouve dans Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1985), pp. 170-199.

2. Ibid., p. 198.

3. Vicomte Léon de Poncins, Freemasonry and the Vatican (La Franc-Maçonnerie et le Vatican), (Christian Book Club, Palmdale, Californie, 1968), p. 14.

4. L. Bouyer, Dom Lambert Beauduin, A Man of the Church (Dom Lambert Beauduin, un Homme de l'Eglise), (Casterman, 1964), pp. 180-181, cité par le Père Dilder Bonneterre dans The Liturgical Movement (Le Mouvement Liturgique), Ed. Fideliter, 1980, p. 119.

5. Le Père Jésuite Aparicio était le confesseur de Sœur Lucie — et son directeur spirituel de 1926 à 1938. Puis il fut envoyé au Brésil comme missionnaire et correspondait avec Sœur Lucie pendant ces années-là. En 1950, il retourna au Portugal pendant une courte période et visita Sœur Lucie en 1950 et 1951 sans difficulté. Le Père Aparicio a certifié qu'en août 1960, pendant une visite d'un mois au Portugal, il ne fut pas autorisé à parler à Sœur Lucie. «Je n'ai pas pu parler à Sœur Lucie parce que l'Archevêque n'a pas pu donner la permission de la rencontrer. Les conditions d'isolation dans laquelle elle se trouve ont été imposées par le Saint Siège. En conséquence, nul ne peut lui parler sans une autorisation de Rome. L'Archevêque n'a qu'un nombre très limité de ces autorisations.» Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, (édition de La Contre- Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1991), pp. 287-288.

La situation n'a pas changé depuis lors. Le 16 janvier 1983, le Père Joseph de Sainte-Marie, O.C. écrivit à l'éminent laïc catholique Hamish Fraser pour l'en avertir, «De plus, je vous le rappelle, — elle (Sœur Lucie) me l'a rappelé récemment dans une requête que je lui avais adressée — Sœur Lucie ne peut parler à personne de la question des apparitions sans la permission expresse de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi ou du Saint-Père lui-même.» (The Fatima Crusader, n° 13-14, p. 13.) Et le 19 mars 1983, Sœur Lucie a dit au Nonce du Pape au Portugal le Très Révérend Sante Portalupi, qu'elle n'avait pas pu commenter plus tôt l'inadéquation de la cérémonie de la consécration de 1982 (consécration du monde et non de la Russie) parce que le Saint Siège ne lui avait pas donné permission de parler. «La Consécration de la Russie n'a pas été faite comme l'a requis Notre-Dame. Je ne pouvais pas le dire (auparavant) parce que je n'avais pas la permission du Saint Siège.» (Ibid., p. 3 et The Fatima Crusader, n° 16, septembre-octobre 1984, pp. 22ff, reprenant l'article du Père Pierre Caillon dans Fidélité Catholique paru d'abord en 1983.)

Le 19 février 1990, Monseigneur A. Duarte de Almeida, Chapelain au Carmel de Coimbra, déclara ce qui suit, «afin de rencontrer Sœur Lucie, il faut obtenir la permission du Cardinal Ratzinger.» (Dans David Boyce, «Fatima Inquest - August 1990 [Enquête sur Fatima - août 1990],» The Fatima Crusader, n° 35, Hiver 1990-1991, p. 13.)

Aussi récemment que «l'entretien» supposé de Sœur Lucie avec Monseigneur Bertone le 17 novembre 2001, Monseigneur Bertone a reconnu (dans son communiqué concernant l'entretien) qu'il avait été organisé avec le consentement du Cardinal Ratzinger. Donc, en 2001 encore, même un prélat de haut rang du Vatican a besoin de la permission du Saint Siège pour s'entretenir avec Sœur Lucie.

6. Voir Jean Madiran, «L'accord Vatican-Moscou» The Fatima Crusader, n° 16, septembre-octobre 1984, p. 5. Egalement articles, pp. 4, 7 et 11 dans The Fatima Crusader, n° 17, février-avril 1985. Voir aussi Atila Sinke Guimarães, «The Metz Pact (Le Pacte de Metz),» Catholic Family News, septembre 2001.

7. Le Pape Pie XI Divini Redemptoris, Encyclique sur le Communisme athée, 19 mars 1937. Voir aussi la citation, p. 63 avec référence à la note 42 de ce chapitre.

8. On trouve à ce sujet un rapport plus complet dans The Rhine flows into the Tiber (Le Rhin se jette dans le Tibre) Père Ralph Wiltgen (New York: Hawthorne, 1967; TAN, 1985), pp. 272-278.

9. E.g. The Rhine flows into the Tiber (Le Rhin se jette dans le Tibre) du Père Ralph Wiltgen; Pope John's Council (le Concile du Pape Jean) de Michael Davies (Angelus Press, Kansas City, Missouri) et même Vatican II Revisited (voir note suivante) qui chante les louanges de la réforme.

10. Très Révérend Aloysius Wycislo S.J., Vatican II Revisited, Reflections by One Who Was There (Vatican II revisité, réflexion d'un Participant), (Alta House, Staten Island, New York, U.S.A.), p. x.

11. Ibid., p. 33.

12. Ibid., p. 27.

13. The Wanderer, 31 août 1967, p. 7.

14. Council Daybook (Le journal du Concile), (National Catholic Welfare Conference, Washington, D.C., Vol. I), pp. 25-27.

15. Vatican II Revisited, Reflections by One Who Was There (Vatican II Revisité, Réflexions d'un Participant), pp. 27-34.

16. Monseigneur Graber Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Eglise de Notre Temps), p. 54.

17. Atila Sinke Guimarães, Animus Delendi (The Desire to Destroy [Le Désir de Détruire]), (Tradition in Action, Los Angeles, Californie, 2001), p. 128. Le titre exact est Animus Delendi - I (le premier des deux livres avec ce titre).

18. Ibid.

19. «Vital life (Vital vie)» semble être simplement un autre terme pour «Vital Imminence (Eminence Vitale),» condamné dans l'encyclique Pascendi du Pape Pie X, contre le modernisme (Traduction anglaise par Newman Press), voir p. 8.

20. Greenstock, David, «Thomism and the New Theology (Le Thomisme et la Nouvelle Théologie),» The Thomist, (octobre 1950), tout l'article vaut la peine d'être lu si l'on veut saisir la nature erronée de la «Nouvelle Théologie.»

21. Publié dans l'Angelicum en 1946. Première traduction anglaise publiée dans Catholic Family News, août 1997, «Where is the New Theology Taking Us? (Où nous mène la Nouvelle Théologie?)»

22. Animus Delendi - I (Le Désir de Détruire), p. 129.

23. Ibid., pp. 146-149.

24. Ces observations sont tirées du livre de Monseigneur Kelly, The Battle for the American Church (La Bataille pour l'Eglise Américaine) cité par John Vennari dans, «Vatican Praises Purveyor of Heresy (Le Vatican Félicite un Pourvoyeur d'Hérésie),» The Fatima Crusader, Printemps-Eté 1998.

25. Ibid.

26. Tiré de Guimarães, Animus Delendi - I (Le Désir de Détruire), p. 60.

27. Ibid., p. 61.

28. Ibid., p. 59.

29. Ibid., p. 62.

30. Vatican I, Session III, Chap IV, Foi et Raison.

31. Tiré de Open Letter to Confused Catholics (Lettre Ouverte aux Catholiques dans la Tourmente), pp. 88-89.

32. Yves Marsaudon, L'œcuménisme Vu par un Maçon de Tradition, pp. 119-120.

33. Tiré de Open Letter to Confused Catholics (Lettre Ouverte aux Catholiques dans la Tourmente), pp. 88-89.

34. Ibid., p. 100.

35. Monseigneur Graber, Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Eglise de Notre Temps), p. 64.

36. L'Archevêque Marcel Lefebvre, They Have Uncrowned Him (Ils L'ont Découronné), (Kansas City, Missouri, Angelus Press, 1988), p. 229. L'Archevêque Lefebvre note ici que le journal communiste Izvestia a demandé du Pape Paul VI le condamne ainsi que son séminaire d'Ecône.

37. Les periti (experts) progressistes du concile sont notés avoir déclaré, «Nous l'exprimerons de manière diplomatique, mais après le Concile, nous en tirerons les conclusions implicites.» Dans le livre de Père Ralph Wiltgen, The Rhine flows into the Tiber (Le Rhin se jette dans le Tibre), p. 242.

38. L'Archevêque progressiste Annibale Bugnini fut l'architecte principal de la révolution liturgique qui eut pour sommet la Nouvelle Messe (Novus Ordo). Il fut finalement banni du Vatican pour l'Iran parce que le Pape Paul VI eut connaissance de documents démontrant que Bugnini était Franc-Maçon. Michael Davies consacre un chapitre entier à l'Archevêque Bugnini dans Pope Paul's New Mass (La Nouvelle Messe du Pape Paul), (Angelus Press, Kansas City, 1992), Chapitre 24.

39. Cardinal Joseph Ratzinger, Principles of Catholic Theology (Les Principes de Théologie Catholique), (Ignatius Press, San Francisco, 1987), p. 334.

40. Discours au Lombard College, 7 décembre 1968.

41. Discours du 30 juin 1972.

42. Le Pape Pie XI, Divini Redemptoris, Encyclique sur le Communisme Athée, 19 mars 1937.

43. Yves Congar, O.P. «Le Concile au jours le jours, Deuxième Session,» (Paris, Cerf, 1964), p. 115.

44. En vérité, il ne peut exister rien de tel qu'un «Contre Syllabus,» puisque le 1864 Syllabus du Bienheureux Pie IX déclarait solennellement, Au milieu donc d'une telle perversité d'opinions corrompues, Nous souvenant de Notre charge Apostolique, dans notre plus vive sollicitude pour notre très sainte religion, pour la saine doctrine, et pour le salut des âmes à Nous confiées par Dieu, et pour le bien de la société humaine elle-même, Nous avons jugé bon d'élever à nouveau Notre Voix Apostolique. En conséquence, toutes et chacune des opinions déréglées et des doctrines rappelées en détail dans ces Lettres, Nous les réprouvons, proscrivons et condamnons de Notre Autorité Apostolique; et Nous voulons et ordonnons que tous les fils de l'Eglise catholique les tiennent absolument pour réprouvées, proscrites et condamnées.» (C'est nous qui mettons en italiques.) Tiré de l'œuvre The Popes Against Modern Errors (Les Papes contre les Erreurs Modernes), (TAN Books and Publishers, Rockford, Illinois, 1999), p. 21.

45. Yves Congar, La Crise d'Eglise et Msgr. Lefebvre (Paris, Cerf, 1977), p. 54.

46. Tiré de Open Letter to Confused Catholics (Lettre Ouverte aux Catholiques dans la Tourmente), p. 100.

47. Cardinal Joseph Ratzinger, Principles of Catholic Theology (Principes de Théologie Catholique), pp. 381-382.

48. Ibid., p. 191.

49. L'Osservatore Romano, édition anglaise hebdomadaire, 2 juillet 1990, p. 5.

50. Ibid.

51. Dans l'Encyclique de 1943 Mystici Corporis, le Pape Pie XII enseignait que «La Véritable Eglise de Jésus-Christ ... est l'Eglise Romaine Une, Sainte, Catholique et Apostolique.» Ceci veut dire que l'Eglise du Christ n'est pas composée de l'Eglise Catholique et des autres dénominations «chrétiennes.» Le Pape Pie XII a réitéré cet enseignement dans son Encyclique de 1950 Humani Generis: «Le Corps Mystique du Christ et l'Eglise Catholique Romaine sont une seule et même chose.»

52. Tiré de Vatican II, the Work that Needs to Be Done (Vatican II, la Tâche qu'il est Nécessaire de Faire), édité par David Tracy avec Hans Küng et Johann Metz (Concilium, Seabury Press, New York, 1978), p. 91 (C'est nous qui soulignons.)

53. L'Osservatore Romano édition italienne, 8 octobre 2000, p. 4. «Quando i Padri conciliar sostituirono la parola “è” con la parola “subsistit,” lo fecera con un scopo ben preciso. Il concetto espresso da “è” (essere) è piu ampio di quello espresso da “sussistere.” “Sussistere” un modo ben preciso di essere, ossia essere come soggeto che esiste in sé. I Padri conciliari dunque intendevano dire che l'essere della Chiesa in quanto tale è un entità piu ampia della Chiesa cattolica romana. [Quand les Pères Conciliaires ont remplacé le mot “es” par le mot “subsiste,” ils l'ont fait avec un but bien précis. Le concept formel de “est” (être) est plus large que celui exprimé par “subsister”. “Subsister” une manière bien précise d'être, ou bien, être comme un sujet qui existe en soi. Les Pères Conciliaires ont donc voulu dire que l'existence de l'Eglise en tant que telle est une entité plus vaste que l'Eglise Catholique Romaine.]»

54. Voir les déclarations du Père Schillebeeckx dans la revue hollandaise, De Bauzuin, nº 16, 1965, cité en traduction française dans Itinéraires, nº 155, 1971, p. 40.

55. Frankfurter Allgemeine Zeitung, 22 septembre 2000. Traduction italienne dans L'Osservatore Romano, 8 octobre 2000.

56. Adista, 26 février 2001. Traduction anglaise citée de «Where Have They Hidden the Body? (Où Ont-Ils Mis le Corps?)» de Christopher Ferrara, The Remnant (Le Petit Reste), 30 juin 2001.

57. «Nous, avec l'approbation du Saint Concile, enseignons et définissons que c'est un dogme divinement révélé: que le Pontife Romain, lorsqu'il parle ex-cathedra, c'est- à-dire lorsque agissant en qualité de pasteur et enseignant de tous les chrétiens, il définit en vertu de Son autorité apostolique suprême, une doctrine, concernant la Foi ou la morale, qui doit être observée par l'Eglise universelle, possède par la divine assistance promise à lui en la personne du Saint Pièrre, l'infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu doter Son Eglise pour la définition de la doctrine concernant la foi et la morale; et par conséquent de telles définitions du Pontife Romain sont irrévocables de par leur nature et non au gré de l'Eglise.» (D.S. 1839)

58. «Mais si quelqu'un prétend contredire cette définition Nôtre (A Dieu ne plaise qu'il le fasse!), qu'il soit anathème!» (D.S. 1840)

59. Acta Apostolicae Sedis 42-142.

60. «On the Ecumenical Movement (Sur le Mouvement Œcuménique),» 20 décembre 1949.

61. (C'est nous qui soulignons) Theological Highlights of Vatican II, (Lumières Théologiques de Vatican II), Père Joseph Ratzinger (Paulist Press, New York, 1966), pp. 65-66. Cette partie du livre insiste sur le motif œcuménique délibéré qui sert de base au document Lumen Gentium. Pour une discussion plus complète du livre du Père Ratzinger, voir «Vatican II vs the Unity Willed by Christ (Vatican II contre l'Unité Voulue par le Christ),» de John Vennari, Catholic Family News, décembre 2000.

62. Mais si le Cardinal Ratzinger a voulu changer complètement ses propres idées personnelles pour une position plus orthodoxe, les textes du Concile eux-mêmes demeurent ambiguës, imprécis et semblent être orientés vers un œcuménisme non orthodoxe qui ne cherche pas la conversion au Catholicisme des non-Catholiques.

63. E. Schillebeeckx, OP, Igreja ou igrejas? (Eglise ou églises?), dans V.A. Cinco problemas que desafiam a Igreja hoje (Cinq problèmes qui lancent un défi à l'Eglise d'aujourd'hui), p. 26ff. Cité de In the Murky Waters of Vatican II (Dans les Eaux Sombres de Vatican II), Atila Sinke Guimarães (Maeta, Métairie, Louisiana, 1997), p. 243.

64. Le SIDIC est une association s'identifiant comme Catholique, «fondée à Rome en 1965 à la demande d'un groupe d'experts du Concile Vatican II, à la suite de la promulgation de Nostra Aetate,» pour promouvoir le «dialogue» judéo-catholique. Le SIDIC basé à Rome a des représentants locaux dans les pays suivants: Angleterre, Australie, Belgique, Canada, Etats-Unis, France, Hollande, Israël, Italie.

65. Aussi la citation entière, «Le refus de Lefebvre d'accepter l'œcuménisme a son origine dans les enseignements clairs du Magistère, l'Encyclique Satis Cognitum de Léon XIII (1896); l'Encyclique Mortalium Animos de Pie XI (1928); l'Instruction du Saint-Office, sur l'œcuménisme, du 20 décembre 1949. Le seul œcuménisme accepté par Lefebvre et ses adeptes est celui qui oeuvre pour le retour inconditionnel des membres des autres confessions à la seule Eglise de Christ, l'Eglise Catholique Romaine. Ce sectarisme endurci est précisément le genre de logique que, par sa profonde réflexion sur la nature de l'Eglise, Vatican II a refusé d'accepter. Bien qu'enraciné dans la Tradition [sic], le but de la réflexion du Concile fut sans précédent dans l'histoire du Christianisme. Pour les intégristes, l'œcuménisme est l'une des trahisons fondamentales de Vatican II» (c'est nous qui soulignons). Service International de Documentation Judéo-Chrétienne, Rome [édition anglaise, Washington, D.C.] Vol. XXXII, n° 3, 1999, p. 22.

66. L'ambiguïté verbale utilisée par Vatican II pour promouvoir cette fausse notion se trouve dans Lumen Gentium 8, où il est dit «l'Eglise du Christ subsiste dans l'Eglise Catholique» au lieu de la définition du Pape Pie XII, l'Eglise du Christ est l'Eglise Catholique (Mystici Corporis Pape Pie XII). Voir discussion et notes précédentes dans ce chapitre, en ce qui concerne l'origine et l'effet de cet ambiguïté, comme le reconnaît le Cardinal Ratzinger.

67. Pour un bref rapport de l'histoire du Père Popian, voir «Vatican Says: Do Not Convert to Catholicism (le Vatican dit: Ne Vous Convertissez Pas Au Catholicisme),» John Vennari, Catholic Family News, décembre 2001. Voir aussi “Vatican says, ‘You Must Not Become Catholic!’” John Vennari, The Fatima Crusader, n° 69, Hiver 2002. Le témoignage du Père Popian sur cassette audio orale intitulée, «Vatican's Ostpolitik and Ecumenism Tried to Prevent My Conversion to Catholicism (L'Ostpolitik et l' œcuménisme du Vatican Ont Essayé d'Empêcher Ma Conversion au Catholicisme),» est également disponible à Fatima Center, 17000 State Route 30, Constable, New York, 12926.

68. «Nous Sommes un Signe de Contradiction» entrevue avec Monseigneur Bernard Fellay, Société Sainte Pie X, Latin Mass Magazine, automne 2001, p. 11.

69. La déclaration de Balamand, n° 13 et 30 (1993) fut citée avec approbation du Pape Jean-Paul II dans Ut Unum Sint (Pour qu'ils soient Un), n° 59.

70. Le Pape Pie XI, Ubi Arcano Dei, Lettre Encyclique sur la Paix du Christ dans Son Royaume, 23 décembre 1922.

71. Ibid.

72. Le Pape Pie XI, Quas Primas, Encyclique sur la Royauté du Christ, 11 décembre 1925.

73. Le message du Pape Jean-Paul II pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2001, «Dialogue Between Cultures for a Civilization of Love and Peace (Dialogue Interculturel pour une Civilisation de l'Amour et la Paix).»

74. Supplément à Lumen Gentium, note explicative de la Commission Théologique, dans Walter M. Abbott, S.J. ed. The Documents of Vatican II (Les Documents de Vatican II), (New York, America Press, 1966), pp. 97-98.

75. Témoignage personnel de Monseigneur Morris rapporté dans un article de Kieron Wood, Catholic World News, 22 janvier 1997.

76. The Documents of Vatican II (Les Documents de Vatican II) , Edit. Walter M. Abbott, S.J., p. 98.

77. Tiré de «Open Letter to Confused Catholics (Lettre Ouverte aux Catholiques dans la Tourmente),» p. 107.

78. Pape Paul VI, Audience Générale du 12 janvier 1966 dans Insegnamenti di Paolo VI (Les Enseignements de Paul VI), Vol. 4, p. 700, tiré de Atila Sinke Guimarães, In the Murky Waters of Vatican II (Dans les Eaux Sombres de Vatican II ), (Métairie, Louisiane, Maeta, 1997; TAN, 1999), pp. 111-112.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:41

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 7

La Démolition des Bastions

Rien d'étonnant que les pires ennemis de l'Eglise aient été si ravis du Concile et des changements radical qu'il a inaugurés. Ils sont aussi très contents sans doute de l'effondrement ecclésial soudain et catastrophique dans tous les ministères à la suite de Vatican II. Toute statistique mise à disposition montre que les changements soudains et spectaculaires introduits par Vatican II ont été accompagnés de déclins également soudains et spectaculaires dans le nombre de prêtres et religieux, le nombre des nouvelles ordinations, le nombre des séminaristes et le nombre des conversions et baptêmes. Immédiatement après Vatican II, quelque 50 000 prêtres ont fait défection, et aujourd'hui, il reste à peu près 50 000 prêtres catholiques de moins qu'il y a trente et un ans. En 1997, il y a eu moins de baptêmes aux Etats-Unis qu'en 19701.

Même le Cardinal Ratzinger a parlé d'un «continuel processus de déclin qui, en grande partie, s'est développé sur la base des appels au Concile et a donc discrédité le Concile aux yeux de beaucoup2.» Cependant, le Cardinal Ratzinger ainsi que les autres qui ont présidé à cette débâcle, répète avec insistance — chose assez incroyable — qu'il nous fait continuer de même, continuer la nouvelle orientation de Vatican II:

Cela signifie-t-il que le Concile lui-même doit être révoqué? Certainement pas. Cela signifie seulement que la véritable acceptation du Concile n'a pas encore commencé. Ce qui a dévasté l'Eglise après le Concile, ce n'était pas le Concile, mais le refus de l'accepter … La tâche à accomplir n'est donc pas de supprimer le Concile, mais de découvrir le véritable Concile, et d'en approfondir la véritable intention à la lumière de l'expérience actuelle3.

Allant encore plus loin et basant son autorité sur l'un des théologiens néomodernistes mêmes qui ont contribué à créer ce désastre pour l'Eglise, le Cardinal Ratzinger a déclaré:

Le fait est, comme l'a fait remarquer Hans Urs von Balthasar dès 1952 ... qu'Elle (l'Eglise), doit abandonner beaucoup de ces choses qui, jusqu'à présent, lui ont attiré la sécurité et qu'Elle a considérées comme admises à jamais. Il lui faut démolir des bastions de vieille date et faire confiance uniquement au bouclier de la foi4.

L'appel du Cardinal à la «démolition de bastions de vieille date» dans l'Eglise est peut-être l'aveu le plus accablant de tous en ce qui concerne la nouvelle orientation révolutionnaire de l'Eglise produite par le Concile Vatican II. Car que pourrait vouloir dire le Cardinal par «des bastions de vieille date» sinon les défenses traditionnelles contre Ses ennemis — ce que le Cardinal lui-même présente avec condescendance comme «beaucoup d'aspects qui, jusque là lui ont attiré la sécurité et qu'Elle a semble aller de soi»? Le Cardinal avoue qu'il veut démolir les aspects même qui donnent à l'Eglise la sécurité! L'Eglise doit, selon l'étrange idée du Cardinal sur ces aspects, faire confiance «uniquement au bouclier de la Foi». Mais qu'est-ce que cela signifie? Comment les Catholiques peuvent-ils maintenir leur foi, si elle n'est pas gardée en sécurité par les bastions même que le Cardinal veut démolir?

En basant son autorité sur le «nouveau théologien» Hans Urs von Balthasar pour cette «démolition de bastions» le Cardinal lui-même bénit la «nouvelle théologie» dans son projet de mettre en pièces la théologie traditionnelle de l'Eglise avec Ses claires et précises définitions des vérités que doivent croire les Catholiques. Dans l'appel du Cardinal, à démolir «les bastions de vieille date» de l'Eglise, nous voyons clairement ce qu'on peut appeler seulement un «désir de détruire.» Cette expression est tirée d'un livre de l'écrivain catholique Atila Sinke Guimarães, intitulé Animus Delendi (traduit du latin par «le désir de détruire.» Guimarães montre que les «réformateurs» conciliaires et post-conciliaires de l'Eglise sont motivés par une mentalité qui voit la destruction de l'Eglise «ancienne» comme «tragique mais nécessaire» pour «l'extension et le renouveau» de l'Eglise dans le «monde moderne.»

Comment les «bastions» vont-ils être démolis? Notre-Dame dit que le dogme de la Foi sera préservé au Portugal. Les dogmes sont en eux-mêmes les bastions de l'Eglise. Evidemment donc, la démolition des bastions impliquera la sape des définitions dogmatiques, précisément puisque l'interprétation des dogmes est faite par les «nouveaux théologiens» néo-modernistes qui sont en train de les saper. Les dogmes peuvent être sapés de différentes manières: 1) les ignorer tout simplement et ils cesseront d'exister dans toutes les circonstances pratiques; 2) remplacer les termes clairs par des termes ambigus — par exemple «est» par «subsiste»; 3) rejeter le dogme comme «théologie périmée» comme dans la déclaration de Balamand et différentes remarques faites par des ecclésiastiques de haut rang cités dans le précédent chapitre; 4) prétendre qu'il n'existe rien qui soit définitions dogmatiques infaillibles que tout Catholique soit tenu de croire tels qu'elles sont écrites; et 5) là où le dogme «hors de l'Eglise point de salut» est concerné, désigner toujours les non-Catholiques simplement comme «croyants» ou «Chrétiens.»

Quels sont précisément les bastions qui, aux yeux des «réformateurs» comme le Cardinal Ratzinger, doivent être démolis? Nous rappelons encore une fois ce que le Pape Pie XII a prédit de manière précise dans ses commentaires inspirés au sujet de la crise à venir dans l'Eglise:

Je suis tracassé par les Messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima. Cette insistance de Marie sur les dangers qui menacent l'Eglise est un avertissement divine contre le suicide par l'altération de la Foi dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme ... J'entends tout autour de moi des novateurs qui veulent démanteler la Sainte Chapelle, détruire la flamme universelle de l'Eglise, rejeter Ses ornements et Lui faire éprouver du remords pour Son passé historique.

Le Pape Pie XII a identifié trois éléments de l'Eglise que les «novateurs» voulaient changer: Sa liturgie, Sa théologie et Son âme (c'est-à-dire Sa nature même). Notez que le Pape Pie XII, se basant sur le Message de Fatima ainsi que sur les témoignages personnels qu'il avait reçus dans l'Eglise à cette époque-là, parlait d'une future tentative pour démanteler, détruire et rejeter ces choses dans l'Eglise. En d'autres termes pour «la démolition de bastions.»

La Démolition de la Liturgie

Avant Vatican II, les Papes défendirent unanimement l'ancienne liturgie latine de l'Eglise contre les innovations, reconnaissant que la langue latine immuable était une barrière contre l'hérésie, comme le Pape Pie XII l'a enseigné dans son encyclique mémorable sur la liturgie Mediator Dei. A la vérité, les «réformateurs» protestants du XVIème siècle ne détestaient rien plus que la Messe Catholique traditionnelle en latin, la liturgie grégorienne qui fut le centre de la vie de l'Eglise depuis au moins le 4ème siècle (et probablement avant) jusqu'à la «réforme» liturgique du Pape Paul VI en 1969.

Nulle part le désir de détruire, la démolition de bastions, ne se voit plus clairement que dans l'explication du Pape Paul VI sur sa décision de supprimer la Messe Latine Traditionnelle de plus de 1 500 ans d'existence et de la remplacer par un rite nouvellement concocté d'une Messe en vernaculaire — une action absolument sans précédent que ses prédécesseurs auraient considérée comme absolument impensable:

C'est là que la plus grande nouveauté va être remarquée, la nouveauté de langue. Non plus le Latin, mais la langue parlée sera la langue principale de la Messe. L'introduction du vernaculaire sera certainement un grand sacrifice pour ceux qui connaissent la beauté, le pouvoir et l'expression sacrée du Latin. Nous nous séparons du discours des siècles chrétiens; nous devenons comme des envahisseurs profanes dans les archives littéraire de l'expression sacrée. Nous perdrons une grande partie de cet élément prodigieux et incomparable, artistique et spirituel, le chant grégorien. Nous avons des raisons de regretter, presque des raisons d'être déconcertés. Que pouvons-nous mettre à la place de cette langue des anges? Nous abandonnons quelque chose d'inestimable. Pourquoi? Qu'y a-t-il de plus précieux que ces sommets des valeurs de notre Eglise?

Qu'y a-t-il, en effet, de plus précieux que «ces sommets des valeurs de notre Eglise»? Selon Paul VI, ce qui était plus précieux, c'était un attrait pour «l'homme moderne» que le Pape voyait apparemment assez obtus pour ne pas être capable de comprendre les prières en latin du Missel Romain, même si le même Missel donnait la traduction vernaculaire en face du Latin. Paul VI continuait, répondant à ses propres questions:

La réponse semblera banale, presque prosaïque. Cependant, c'est une bonne réponse parce qu'elle est humaine, elle est apostolique. La compréhension de la prière est plus importante que les ornements de soie dont elle est vêtue royalement. La participation des personnes a plus de valeur — particulièrement la participation des «personnes modernes» si passionnées de langage simple facilement compris et converti en discours du quotidien5.

Le discours du Pape Paul VI est un plan de ce qui est arrivé à toute l'Eglise depuis le Concile. Les changements conciliaires et post-conciliaires — tous sans précédent dans l'histoire de l'Eglise — sont l'œuvre d'envahisseurs profanes, qui s'efforcent de détruire quelque chose d'inestimable, de démolir des bastions séculaires, non seulement dans la liturgie sacrée, mais dans l'enseignement permanent de l'Eglise. Ce n'est pas par accident que Vatican II a causé une destruction sans précédent, puisque les principaux novateurs du Concile projetaient une destruction sur toute la ligne.

La Démolition de la Théologie

Dans le numéro de l'Osservatore Romano du 19 décembre 1946, le Pape Pie XII (visant les théories hétérodoxes de modernistes comme Chenu et de Lubac) avertissait que ce qu'on acclamait comme «nouvelle théologie» finirait par saper la Foi:

On parle beaucoup (mais sans la nécessaire clarté de concept) d'une «nouvelle théologie» qui doit être en continuelle évolution, à l'exemple de toutes les autres choses du monde qui sont en état permanent de flux et de mouvement, sans jamais atteindre leur terme. Si nous devions accepter une telle opinion, qu'adviendrait-il de l'unité et de la stabilité de cette Foi?6

Comme nous l'avons vu, le Pape Jean XXIII méprisa les avertissements du Pape Pie XII; au Concile Vatican II, le Pape Jean réhabilita les présentateurs même de la «nouvelle théologie» qui étaient suspects d'hérésie sous le pontificat du Pape Pie XII. Pour rappeler le témoignage de Monseigneur Bandas «Nul doute que le bon Pape Jean pensait que ces théologiens suspects rectifieraient leurs idées et rendraient un service authentique à l'Eglise. Mais c'est exactement le contraire qui se produisit ... La grande confusion était lancée. Il était déjà visible que ni Trente ni Vatican I ni aucune encyclique n'auraient le droit d'en entraver l'avancée.»

Or, quels ont été les effets de la «nouvelle théologie» sur l'Eglise? Aujourd'hui, au nom de Vatican II, on nous dit:

Que l'Eglise doit dialoguer et collaborer avec les Communistes, les Musulmans, les hérétiques, les schismatiques et les autres ennemis reconnus de la Foi;
Que l'enseignement constant pré-conciliaire contre le libéralisme (tel que dans le Syllabus du Bienheureux Pie IX) est contre le Modernisme (dans le sens de Pascendi de Saint Pie X), est «partial» et périmé, (selon le Cardinal Ratzinger);
Que l'Eglise (comme le prétend encore le Cardinal Ratzinger) doit «tenter» une «réconciliation» avec les principes de la Révolution Française;
Que «l'Eglise du Christ» dépasse les frontières de l'Eglise Catholique;
Que les Protestants et les schismatiques n'ont plus besoin de se convertir et de revenir à l'Eglise Catholique pour leur salut ni même pour l'unité.
Bref, les ennemis de l'Eglise dans les camps néo-Modernistes, Maçonniques et Communistes ont vu s'avérer en grande partie leurs rêves théologiques.

La Démolition de l'Ame de l'Eglise

Le futur Pape Pie XII ne parlait pas pour rien quand, à la lumière du Message de Fatima, il prédisait la tentative à venir pour changer non seulement la liturgie et la théologie de l'Eglise mais Son Ame même — Ce qu'Elle est. Bien entendu, ce projet ne peut jamais réussir complètement, parce que Notre-Seigneur a promis que les portes de l'Enfer ne prévaudront pas contre Son Eglise. Mais cette divine promesse n'exclut pas que l'élément humain souffre des plus graves blessures possibles de la part de Ses ennemis, à défaut d'une mort finale. C'est la perspective de ces blessures graves pour l'Eglise, qui alarmait tant le Pape Pie XII, surtout à la lumière des prophéties de Fatima.

Et, en vérité, les pires craintes du Pape Pie XII se sont réalisées dans la période de l'après Concile, où nous avons été témoins d'un effort pour transformer l'Eglise de la seule arche du salut, hors de laquelle nul n'est sauvé, en une simple collaboratrice avec «d'autres églises et communautés ecclésiales» des religions non-Chrétiennes et même athées, pour construire une utopique «civilisation de l'amour.» Dans cette «civilisation de l'amour», sauver les âmes de l'enfer — ce qui n'est plus mentionné — est remplacé par une nouvelle forme de «salut»: le salut par une «fraternité» mondiale et la paix mondiale. C'est la notion même que met en avant la Franc-Maçonnerie depuis trois siècles.

En lien avec cette notion maçonnique de «salut» par la «fraternité de l'homme» (à comprendre au sens séculier et non au sens chrétien), beaucoup d'ecclésiastiques catholiques nous disent maintenant que nous devons respecter les différentes sectes protestantes et schismatiques comme partenaires du «dialogue œcuménique» et de la «recherche de l'unité chrétienne.» En lien avec cette nouvelle notion, il y a des «liturgies» œcuméniques communes entre Catholiques, Protestants et églises Orthodoxes schismatiques, pour manifester la prétendue «communion partielle» entre «tous les chrétiens.» A coup sûr, les exécutions de la nouvelle orientation de l'Eglise Catholique admettent encore qu'Elle soit la plus parfaite de toutes les églises, mais la prétention que l'Eglise Catholique soit la seule véritable Eglise, à l'exclusion absolue de toutes les autres, a été abandonnée de facto par tous sauf un petit reste de Catholiques fidèles, considérés comme «rigides sectaires» et «pré-conciliaires», simplement parce qu'ils croient ce qu'ont toujours cru les Catholiques avant 1965.

Mais «l'unité chrétienne» n'est qu'un pas vers l'unité pan-religieuse de la fraternité humaine. En même temps, «l'unité chrétienne» est prônée par des activités pan-chrétiennes que les grands Papes pré-conciliaires auraient considérées comme sacrilèges, le «dialogue inter-religieux» a rendu l'Eglise plus «ouverte» à la «valeur» des religions non-chrétiennes, dont les adeptes ne seraient plus considérés comme ayant besoin de la foi et du Baptême pour sauver leur âme. La «Chrétienté anonyme» de Karl Rahner qui assure que les adeptes sincères de toute religion peuvent être, et sont probablement, «Chrétiens» sans même le savoir — est devenue de facto la théologie de l'Eglise. En conséquence, il y aurait des rencontres de prière inter-religieuses où les membres de toutes les religions se rassemblent pour prier pour la paix et manifester leur «unité» comme membres de la famille humaine sans qu'on dise à aucun d'entre eux qu'ils sont en danger de damnation, sans Baptême, sans foi au Christ et sans appartenance à Son Eglise. Dans la liturgie «réformée» du Vendredi Saint, les Catholiques (pour la première fois dans l'histoire liturgique de l'Eglise) ne prient plus officiellement et sans équivoque pour la conversion des non-Catholiques à l'Eglise Catholique comme démarche nécessaire pour le salut de leur âme.

Comme quiconque peut le voir, le remplacement de la Royauté Sociale du Christ par «la civilisation de l'Amour» a totalement neutralisé l'Eglise Catholique, qui ne joue plus le rôle central d'autorité spirituelle et morale du monde, selon les intentions de Son divin Fondateur.

Les théologiens progressistes qui ont promu cette nouvelle orientation de l'Eglise ont formé maintenant presque deux générations de laïcs et de clercs catholiques. Les travaux de Rahner, Küng, Schillebeeckx, Congar, de Lubac, von Balthasar et leurs disciples dominent maintenant les textes d'enseignement des séminaires et universités catholiques. Depuis ces 35 dernières années, les principes progressistes de ces hommes servent de formation principale aux prêtres, religieux et théologiens et étudiants d'universités catholiques. Nous avons donc atteint maintenant un stade où les prélats préfèrent la théologie de Rahner à celle de Saint Robert Bellarmin, par exemple, Saint canonisé et Docteur de l'Eglise, ou de Saint Thomas d'Aquin, le grand Docteur et l'un des plus grands Saints de l'histoire de l'Eglise. L'enseignement de Bellarmin et de Saint Thomas d'Aquin — en vérité l'enseignement de tous les Papes avant Vatican II — tend à être accepté seulement en accord avec le sens donné par Rahner et les autres «nouveaux théologiens.» Il en est de même de la plupart des professeurs d'universités et séminaires catholiques.

Ce processus de tentative pour changer l'âme même et la théologie de l'Eglise, comme le craignait le Pape Pie XII, a impliqué non seulement «l'aventure œcuménique» et le «dialogue inter-religieux», mais aussi de la part d'ecclésiastiques catholiques, plus ou moins élevés en dignité une série interminable d'excuses pour le «triomphalisme» passé de l'Eglise, revendiquant être la seule dépositaire de la divine révélation et pour les prétendus péchés de Ses membres décédés contre d'autres «chrétiens» et d'autres cultures. C'est précisément ce que prédisait le Pape Pie XII quand il parlait des novateurs qui voudraient «la faire se repentir de Son passé historique.»

L'Accomplissement des Prédictions de l'Ennemi

Voici maintenant le résumé de l'étroite correspondance entre ce que nous avons vu se produire dans l'Eglise post-conciliaire et les buts conjugués de la Franc-Maçonnerie (révélés par Roca et différents Francs-Maçons dont beaucoup sont cités par Monseigneur Graber et la Formation Permanente) et le communisme (selon les attestations de Bella Dodd et autres ex-communistes):

La révision radicale de la liturgie romaine à la suite d'un Concile Œcuménique. (Roca)
Un accord entre «les idéaux de la civilisation moderne et l'idéal du Christ et de Son Evangile. Ce sera la consécration du Nouvel Ordre Social et le baptême solennel de la civilisation moderne» — c'est à dire la libéralisation générale des ecclésiastiques catholiques en accord sur les mêmes faux principes condamnés par le Syllabus du Bienheureux Pape Pie IX. (Roca, Melinge, La Formation Permanente de la Haute Vente)
L'émergence d'un «pontificat pluriconfessionnel, capable de s'adapter à un œcuménisme polyvalent, tel que nous le voyons s'établir aujourd'hui avec la concélébration de prêtres et de pasteurs protestants» — aujourd'hui seulement, le Pape lui-même célèbre des liturgies communes avec les clercs protestants7. (Roca, Melinge)
L'introduction d'un complexe de culpabilité dans l'Eglise … pour qualifier «l'Eglise du passé» d'être oppressive, autoritaire, pleine de préjugés, arrogante dans ses prétentions d'être seule en possession de la vérité et responsable des divisions de corps religieux tout au long des siècles.» (Dodd)
«L'ouverture» de l'Eglise au monde et à une attitude plus «souple» envers toutes religions et philosophies. (Dodd)
L'utilisation de cette nouvelle orientation pour saper l'Eglise, sans vraiment la détruire. (Dodd, Watson, les déserteurs soviétiques et La Formation Permanente)
Et tous ces développements furent prédits par le futur Pape Pie XII se référant spécifiquement «aux messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima» et «à cette insistance de Marie sur les dangers qui menacent l'Eglise.»

La Passion de l'Eglise

Ainsi la passion que souffre actuellement notre Sainte Eglise n'est vraiment pas un grand mystère. En ignorant avec insouciance les Papes du passé, en abandonnant la condamnation d'erreurs, en «réhabilitant» des théologiens suspects et en faisant d'eux des héros de l'Eglise, en abolissant l'Index des Livres Interdits et le Saint-Office, en se débarrassant de la liturgie catholique traditionnelle qui fut une barrière contre l'hérésie, en déclarant «partial» et «périmé» l'enseignement anti-libéral du Bienheureux Pie IX et l'enseignement anti-moderniste de Saint Pie X — bref, en dépouillant sans pitié et systématiquement l'Eglise de presque toutes ses défenses — nos dirigeants actuels de l'Eglise ont démoli presque tous les bastions qui protégeaient autrefois l'Eglise de l'infiltration et de la corruption, créant ainsi une structure de compromis que nous voyons maintenant s'écrouler sur elle-même dans le scandale, la corruption, la désobéissance et la perte de la Foi.

Cependant nos dirigeants de l'Eglise continuent à insister pour que le désastreux processus de changement responsable de cette reconnaître invasion et auto-démolition de l'Eglise continuent à avancer à toute vapeur. C'est précisément pourquoi le Cardinal Ratzinger, bien des années après Vatican II, a déclaré que l'Eglise «doit démolir des bastions de vieille date8.»

Comme nous l'avons déjà démontré, tout ceci fut prédit par les ennemis de l'Eglise. Monseigneur Graber, commentant la crise post-conciliaire à la lumière des propres prédictions des Maçons sur ce qu'ils réussiraient bientôt à faire, déclarait:

Face à ces aveux sans ambiguïté (des Maçons, etc.) si l'on garde encore l'idée que les événements de l'Eglise (depuis Vatican II) sont des phénomènes marginaux ou des difficultés transitoires qui mourront en temps voulu de leur propre gré, on espère simplement trop — mais d'autant plus grande est la responsabilité des gouvernants de l'Eglise, s'ils ne s'occupent pas de ces questions et imaginent que tout peut se réparer en rapiéçant çà et là9.

Mais ce sont ces «dirigeants même de l'Eglise» qui font l'objet de notre étude. Cependant, nous nous hâtons de le dire, une fois de plus, nous ne prétendons pas que tout ecclésiastique qui fait avancer de nouvelles pratiques, telles que l'œcuménisme, agit délibérément comme ennemi de l'Eglise. Le prêtre célèbre du 19ème siècle, le Père Frédérick Faber, fut un vrai prophète quand il disait dans un sermon remarquable, prêché à la Pentecôte 1861, à l'Oratoire de Londres:

Nous devons nous souvenir que si tous les hommes manifestement bons étaient d'un côté et tous les hommes manifestement mauvais de l'autre, il n'y aurait de danger pour personne, au moins pour tous les élus, d'être trompé par des mensonges prodigieux. Ce sont les hommes de bien, autrefois bons, que nous devons espérer encore bons, qui doivent faire l'œuvre de l'anti-Christ et donc déplorablement crucifier de nouveau le Seigneur ... Gardez en mémoire cette caractéristique des derniers jours. Cette fourberie vient des hommes de bien placés du mauvais côté10.

Comme nous allons procéder à le prouver, les hommes qui nous concernent sont du mauvais côté. Dans leur «démolition de bastions» de l'Eglise Catholique, par l'imposition de leur nouvelle orientation — ou ce que le Cardinal Ratzinger a désigné par la «tentative de réconciliation officielle du Concile» avec «la nouvelle ère» commencée par la Révolution Française, ils se sont rangés nécessairement contre le Message de Fatima, car il n'y a rien de plus intégralement catholiques, rien de plus opposé à l'esprit de «la nouvelle ère», rien de plus ennemi de l'œcuménisme conciliaire, rien de plus opposé à l'écroulement des bastions catholiques que l'appel de la Vierge Marie à la Consécration de la Russie à Son Cœur Immaculé, la conversion de la Russie à la Foi catholique qui en résultera, et le glorieux triomphe du Cœur Immaculé à travers le monde en un ordre social catholique.

Le Message de Fatima: Un Bastion Final

A partir de ce que nous avons dit jusqu'ici, il devrait être apparent que le Message de Fatima, dans sa pure intégrité catholique, ne peut coexister avec la nouvelle vision de l'Eglise qui nous est imposée leusement par ceux qui «désirent détruire» en parlant de «démolition de bastions». Cette destruction s'est produite, précisément, parce que le vaste programme de aggiornamento de Vatican II va en sens contraire des vérités catholiques qui pénitrent le Message de Fatima.

Notre-Dame n'est pas venue à Fatima pour demolir des bastions de l'Eglise, mais plutôt pour exhorter les membres de l'Eglise à defendre Ses bastions dans la crise à venir. Elle n'a pas prêché «l'œcumenisme» ou le «dialogue interreligieux», mais l'enseignement constant et immuable de l'Eglise, à savoir que «hors d'Elle», il n'y a pas de salut. Quand Notre-Dame est venue à Fatima, Elle ne nous a pas donné de «nouvelle théologie»; Elle ne nous a pas donné de «nouvelle interprétation» de la doctrine opposée en quelque manière à l'enseignement constant du Magistère.

Que voyons-nous dans le Message de Fatima? Nous voyons renforcées les doctrines-clés de notre Foi, les doctrines mêmes qui se trouvent face à l'attaque la plus acharnée de notre temps11. Quand la Mère de Dieu est venue à Fatima:

Elle a parlé de la doctrine du Ciel;
Elle a parlé de la doctrine de l'Enfer;
Elle a montré l'Enfer aux enfants;
Elle a parlé de la doctrine du Purgatoire;
Elle a parlé de la doctrine de la Sainte Eucharistie;
Elle a parlé de la doctrine du Sacrement de Pénitence.
Et elle a aussi parlé indirectement de la Royauté Sociale de Jésus-Christ quand Elle a transmis l'ordre du Ciel que la Russie soit consacrée à Son Cœur Immaculé et convertie à la religion catholique, ce que les négociateurs du Vatican, dans la déclaration de Balamand, ont présenté comme «ecclésiologie périmée.»
Un Motif Clairement Exposé

En conclusion, pour ceux qui poursuivent sans dévier la «nouvelle orientation» de l'Eglise, le Message de Fatima ne peut que représenter un autre bastion à démolir. C'est pourquoi, comme l'a révélé le Pape Pie XII dans ses remarques prophétiques, les Messages de la Vierge à Sœur Lucie concernaient «les dangers qui menacent l'Eglise.» Même si ce n'est pas révélé dans ces parties du Message de Fatima que nous avons été autorisés à voir jusqu'a présent, le Pape Pie XII a parlé d'un «avertissement divin» à Fatima sur «les novateurs de mon entourage» qui nuiraient gravement à l'Eglise par «l'alteration de la foi dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme».

Nous voyons maintenant, clairement exposé, le motif du crime qui est le sujet de ce livre. Il y a opposition fondamentale entre la «nouvelle» Eglise introduite par Vatican II, et l'Eglise de tout temps, telle que la représente le Message de Fatima. Le Message de Fatima est un indicateur céleste sur la voie de ceux qui sont déterminés à abattre les bastions de l'Eglise d'autrefois de manière à pouvoir ériger sur les décombres une Eglise nouvelle «plus éclairée».

Ces deux visions rivales de l'Eglise — vision d'une «nouvelle» Eglise et vision de l'Eglise de tout temps telle qu'on la voit à Fatima — ne peuvent coexister. Une vision doit céder le pas à l'autre. Les hommes qui font l'objet de ce livre (explicitement ou implicitement) ont fait leur choix quant à la vision de l'Eglise qui, selon leur jugement, doit gouverner. Ils ont choisi la vision nouvelle, la nouvelle orientation de l'Eglise inaugurée à Metz et à Vatican II. En ce choix réside leur motif et en ce motif réside notre perception de leurs actions autrement inexplicables contre le Message de Fatima.

Mettant de côté la question des motifs subjectifs des défenseurs de cette nouvelle orientation — qui parlent pour eux-mêmes dans les déclarations que nous avons présentées — incontestablement leurs actions sont objectivement scandaleuses, suicidaires pour l'Eglise (au sens relatif, bien sûr) et nuisibles à des millions d'âmes. Ainsi leurs actions constituent un crime, quelle que soit l'intention subjective des malfaiteurs, car on peut commettre un crime par insouciance ou négligence coupable sans avoir l'intention de nuire. Car tout comme celui qui croit sincèrement avoir raison de tuer autrui est néanmoins coupable de meurtre, de même ceux qui ont nui à l'Eglise — même avec les meilleures intentions — sont coupables de crimes contre Elle. C'est la différence entre ce que la loi appelle l'intention spécifique de nuire à autrui et une intention générale de faire une action qu'on devrait savoir dangereuse, même si subjectivement on n'a pas l'intention de nuire. En d'autres termes, la loi punit les actes délibérés commis par celui qui aurait dû savoir mieux faire que de commettre l'acte.

Pour certains des responsables de ce désastre, c'est peut-être un égarement du sens des «lumières» — «faire le mal sous couleur du bien» ou «une désorientation diabolique» dans le gouvernement de l'Eglise, pour citer les mots de Sœur Lucie elle-même. Avec ces hommes, c'est le cas «Ce sont des aveugles qui guident d'autres aveugles», comme a dit Sœur Lucie12 se référant aux paroles de Jésus dans l'Evangile (Mt. 15:14), «les aveugles conduisant les aveugles.» C'est aussi le cas d'aveugles refusant d'admettre qu'ils sont aveugles. Certains de ces hommes, en fait, se sont convaincus que leurs actions sont les meilleures pour l'Eglise, même si elles sont manifestement ruineuses.

En tous cas, nous montrerons que les accusés, objectivement parlant, sont coupables d'un crime terrible contre l'Eglise et le monde, en participant à une conspiration véritable contre l'accomplissement du Message authentique de Fatima. Que Dieu soit le juge de leur âme. Leurs paroles et faits objectifs, cependant, se jugent au for externe de l'histoire.

Ce qui est plus, les actions de ces hommes peuvent se juger à la lumière de l'enseignement infaillible de l'Eglise, qu'ils ont (comme nous l'avons montré, ouvertement déclarée «périmée», ou qu'ils ont «corrigée» par rapport à la pensée «moderne» et à la «nouvelle théologie.» Les résultats de cet écart des enseignements infaillibles sont mauvais, comme chacun devrait le voir démontrer par l'actuelle situation de l'Eglise. Les Catholiques doivent juger que le mal est un mal quand ils le voient, plutôt que de prétendre que c'est bien, sur la simple insistance de certains personnages d'autorité: «Malheur à vous qui appelez mal ce qui est bien et bien ce qui est mal ...» (Isaïe. 5:20)

Il nous faut examiner maintenant comment le motif que nous avons établi à stimulé le récent effort du Vatican pour enterrer une fois pour toutes le Message de Fatima.


A la fin des années 1950, Hans Urs von Balthasar fut considéré comme tellement faux doctrinalement que les évêques Suisses ne l'ont pas autorisé à être conseiller théologique à Vatican II.
Notes:

1. Voir par exemple analyse statistique du sacerdoce dans L'Osservatore Romano, 13/20 août 1997 et «The Index of Leading Catholics Indicators (L'index des Indicateurs Catholiques Principaux),» The Latin Mass, Hiver 2000, présentant des données extensives à partir de Vatican Statistical Yearbook of the Church (l'Annuaire des statistiques de l'Eglise) et d'autres ouvrages ordinaires de références.

2. Le Cardinal Ratzinger, Principles of Catholic Theology (Principes de Théologie Catholique), p. 391.

3. Ibid., p. 390.

4. Ibid., p. 391.

5. Discours d'Audience du 26 novembre 1969.

6. Tiré de David Greenstock «Thomism and the New Theology (Le Thomisme et la Nouvelle Théologie),» The Thomist, octobre 1950.

7. Par exemple, voir «Joint Catholic-Lutheran Vespers at Vatican (La célébration commune des Vêpres Luthero-Catholiques au Vatican),» CWNews.com, 13 novembre 1999: «L'Archvêques G.H. Hammar et Jukka Paarma — respectivement primats Luthériens de Suède et de Finlande — et les Evêques Anders Arborelius de Stockholm et Czeslaw Kozon de Copenhague unis avec le Saint-Père pour l'Office des Vêpres. Plusieurs autres évêques des Pays Scandinaves étaient présents à la cérémonie, y compris deux femmes évêques.» Egalement au début de l'année Jubilaire, le Pape Jean-Paul II ouvrit les Portes Saintes de Saint-Paul Hors les Murs avec l'Archevêque anglican Carey et le Métropolite schismatique Athanasios. Les représentants de 20 autres fausses confessions assistaient à la cérémonie œcuménique. Voir, «Non-Catholics Joining Pope in Rite (Non-Catholiques dans un Même Rite avec le Pape),» Los Angeles Times, 19 janvier 2000.

8. Cardinal Ratzinger, Principles of Catholic Theology (Principes de Théologie Catholique), 1987.

9. Graber, Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Eglise de Notre Temps), pp. 170-171.

10. Citation tirée de The Mystical Body of Christ in the Modern World (Le Corps Mystique du Christ dans le Monde Moderne), Père Denis Fahey, (Regina Publications, Dublin, 1er Edition en 1935), p. xi.

11. Pour des réflexions plus approfondies sur le fait que Notre-Dame de Fatima a renforcé les Doctrines Catholiques-clés aujourd'hui niées, voir John Vennari «A World View Based on Fatima (Le Monde Vu sur les Bases de Fatima ),» The Fatima Crusader, Printemps 2000, n° 64.

12. Voir Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1985), pp. 508-512.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:42

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 8

Le Message de Fatima
Contre la Ligne du Parti

Quel a été l'effet général des changements soudains, et tout à fait spectaculaires dans l'Eglise qui ont commencé surtout au 20e siècle? Comme l'ont remarqué les écrivains catholiques, ce qu'ont vécu les Catholiques ces 40 dernières années représente une sorte de «Stalinisation de l'Eglise Catholique Romaine» qui affiche une étrange ressemblance avec ce qui fut désigné à l'époque par «l'Adaptation» de l'Orthodoxie russe aux exigences du régime stalinien.

La subversion de l'Eglise Orthodoxe par Staline est certainement parmi les événements de Russie prévus par la Vierge de Fatima. C'est précisément pourquoi Elle est venue demander la Consécration de la Russie à Son Cœur Immaculé, pour que la Russie embrasse la seule vraie religion et la seule véritable Eglise, non pas l'Eglise Orthodoxe Schismatique qui fut fondée par rébellion humaine contre Rome quand elle se sépara du Corps Mystique du Christ il y a plus de 500 ans, et fut ainsi constitutionnellement incapable d'éviter sa totale Adaptation au Stalinisme.

L'Adaptation Orthodoxe a officiellement commencé lors de la publication, par le Métropolite Sergius de l'Eglise Orthodoxe Russe d'un «Appel» dans Isvestia du 19 août 1927. L'Appel de Sergius, comme on l'a désigné, établit une nouvelle base de départ pour la sphère d'action de l'Eglise Orthodoxe de Russie. Le laïque russe Boris Talantov l'a présenté comme «une Adaptation à la réalité athée de l'URSS.» En d'autres termes, l'église dut trouver un moyen de vivre, tel est l'argument donné, avec la «réalité athée» de la Russie stalinienne. Donc Sergius a fait une proposition, connue en bref par la suite, sous le terme Adaptation.

L'Adaptation consistait d'abord et avant tout en une fausse séparation entre les prétendus besoins spirituels de l'homme, les besoins purement religieux de l'homme, et ses besoins socio-politiques. En d'autres termes, une séparation de l'Eglise et de l'Etat. L'église devait satisfaire les besoins purement religieux des citoyens de l'Union Soviétique mais sans toucher aux structures socio-politiques qui avaient été érigées par le Parti Communiste.

L'Adaptation exigea une nouvelle administration de l'église de Russie selon les directives qui furent établies après la publication de l'appel de Sergius. Au fond, cela se limitait à se mettre d'accord pour ne pas critiquer l'idéologie officielle de l'Union Soviétique sous Staline. Et ceci se refléterait dans l'ensemble des activités de l'église. Toute opposition de la part de l'Eglise Orthodoxe de Russie au Régime Soviétique serait désormais considérée comme une déviation de l'action purement religieuse et comme une forme de contre-révolution qui n'était plus autorisée ni approuvée.

Effectivement, l'Eglise Orthodoxe, par son silence, devint une arme de l'Etat Soviétique. En fait, Sergius continuerait à défendre cette trahison et même à demander la condamnation et les sentences pour les camps de concentration à l'égard de ses propres co-religionnaires, pour des activités prétendues contre-révolutionnaires. Talantov, qui condamna l'Adaptation dans son ensemble, en a parlé ainsi: «En réalité, toute l'activité religieuse se réduisit à des rites extérieurs. La prédication à l'église de ce clergé qui s'en tenait strictement à l'Adaptation, était totalement éloignée de la vie et par conséquent n'avait aucune influence quelconque sur les auditeurs. En conséquence, la vie intellectuelle, sociale et familiale des croyants, et l'éducation de la jeune génération, restait hors de l'influence de l'église. On ne peut adorer le Christ, et en même temps, dans la vie sociale et familiale, dire des mensonges, faire ce qui est injuste, pratiquer la violence et rêver d'un Ciel terrestre1.»

Donc, voici ce qu'impliquait l'Adaptation; l'église se tairait sur les maux du régime stalinien. Elle deviendrait une communauté purement «spirituelle» «dans l'abstrait», ne prononcerait plus d'opposition au régime, ne condamnerait plus les erreurs et les mensonges du communisme, et deviendrait ainsi l'Eglise du Silence, comme fut souvent désignée la Chrétienté derrière le Rideau de Fer.

L'Appel de Sergius causa une fissure dans l'Eglise Orthodoxe de Russie. Les vrais croyants qui rejetèrent l'Adaptation, qui dénoncèrent l'Appel et qui restèrent attachés au Métropolite Joseph plutôt qu'à Sergius, furent arrêtés et envoyés en camps de concentration. Boris Talantov lui-même mourrait finalement en prison, comme prisonnier politique du régime stalinien. En même temps, l'Eglise du Silence fut, effectivement, transformée en organe du KGB. Staline décima l'Eglise Orthodoxe de Russie; tous les vrais croyants orthodoxes furent envoyés en camps de concentration ou exécutés et remplacés par des agents du KGB.

Peu avant sa mort en août 1967, Talantov écrivit ce qui suit à propos de l'Adaptation:

L'Adaptation à l'athéisme implantée par le Métropolite Sergius a conclu (a été achevée par) la trahison de l'Eglise Orthodoxe de Russie de la part du Métropolite Nikodim et autres représentants officiels du Patriarche de Moscou basés à l'étranger. Cette trahison prouvée irréfutablement par les documents cités doit être publiée à tous les croyants en Russie et à l'étranger, parce qu'une telle activité du Patriarcat, reposant sur la collaboration avec le KGB, représente un grand danger pour tous les croyants. En vérité, les chefs athées du peuple russe et les princes de l'Eglise se sont unis contre le Seigneur et Son Eglise2.

Ici Talantov fait allusion au même Métropolite Nikodim qui a fait entrer le Vatican dans l'Accord Vatican-Moscou, sous lequel (comme nous l'avons montré au chapitre 6) l'Eglise Catholique fut contrainte de se taire sur le Communisme au Concile Vatican II. Ainsi, le même prélat orthodoxe qui a trahi l'Eglise Orthodoxe a servi d'agent dans un accord qui trahit aussi l'Eglise Catholique. Au Concile Vatican II, certains ecclésiastiques catholiques, en coopération avec Nikodim ont été d'accord pour dire que l'Eglise Catholique, également, deviendrait une Eglise du Silence.

Et depuis le Concile, indiscutablement, l'Eglise Catholique est tombée dans le silence, non seulement quant aux erreurs du Communisme — que l'Eglise a presque complètement cessé de condamner, même en Chine Rouge, qui persécute violemment l'Eglise — mais aussi quant aux erreurs du monde en général. Nous rappelons que, dans son discours d'ouverture au Concile, le Pape Jean a reconnu sans aucune gêne que le Concile (et la plupart de l'Eglise après lui) ne condamnerait plus d'erreurs mais s'ouvrirait au monde avec une présentation «positive» de Son enseignement aux «hommes de bonne volonté.» Ce qui suivit, comme l'a reconnu Paul VI lui-même, ce ne fut pas la conversion espérée des «hommes de bonne volonté», mais ce que Paul VI lui-même a appelé «une véritable invasion de l'Eglise par la pensée du monde.» En d'autres termes, dans la mesure du possible pour l'Eglise Catholique (qui ne peut jamais complètement faillir à Sa Mission), il y a eu une sorte d'Adaptation à la Sergius du Catholicisme romain.

Or, en relation avec cette Adaptation de l'Eglise Catholique, vers l'an 2000, le Message de Fatima avait été solidement soumis aux exigences de la nouvelle orientation. Il avait déjà été décidé par certains membres de l'organe du Vatican que la Russie ne devait être mentionnée dans aucune cérémonie de consécration que pourrait entreprendre le Pape en réponse aux requêtes de la Vierge. Dans le numéro de novembre 2000 de A l'intérieur du Vatican, un Cardinal de premier plan, identifié seulement comme «l'un des conseillers les plus intimes du Pape» est cité pour avoir laissé entendre les craintes de Rome: «La Russie Orthodoxe pourrait considérer comme un ‘délit’ une mention spéciale de la Russie par Rome dans une telle prière, comme si la Russie spécialement avait besoin d'une aide alors que le monde entier, y compris l'Occident post-chrétien, fait face à de sérieux problèmes ...» Le même Cardinal-conseiller ajoutait: «Gardons-nous d'avoir l'esprit trop au pied de la lettre.»

En d'autres termes, «Rome» — c'est à dire quelques membres du Vatican qui conseillent le Pape — a décidé de ne pas honorer la requête spécifique de Notre-Dame de Fatima par crainte d'offenser la Russie Orthodoxe. «Rome» ne souhaite pas donner l'impression que la Russie soit convertie à la Foi Catholique par sa Consécration au Cœur Immaculé de Marie, car ce serait tout à fait contraire au nouveau «dialogue œcuménique» lancé par Vatican II. La consécration et la conversion de la Russie demandée par la Mère de Dieu serait aussi contraire à l'accord diplomatique du Vatican (dans la Déclaration de Balamand en 1993) selon lequel le retour des Orthodoxes à Rome est «une ecclésiologie périmée» — déclaration qui contredit carrément — nous l'avons montré — le dogme catholique infailliblement défini affirmant que les hérétiques et les schismatiques ne peuvent être sauvés hors de l'Eglise Catholique. Par rapport à cette rupture éclatante avec l'enseignement Catholique, l'administrateur apostolique du Vatican pour la Russie, l'Archevêque Tadeusz Kondrusiewicz, a déclaré publiquement en janvier 1998: «Le Concile Vatican II a déclaré que l'Eglise Orthodoxe est notre Eglise Sœur et possède les mêmes moyens de salut. Donc, il n'y a pas de raison d'avoir une politique de prosélytisme3.»

Etant donné cet abandon de facto de l'enseignement constant de l'Eglise selon lequel les hérétiques, les schismatiques, les Juifs et les païens doivent s'agréger au troupeau catholique s'ils doivent être sauvés, une Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie pour obtenir la conversion de la Russie serait, bien sûr, hors de propos — au moins dans la mesure où sont concernés ceux qui font avancer la nouvelle orientation de l'Eglise.

Ainsi le 13 mai 1982 et de nouveau le 25 mars 1984, le Pape avait consacré le monde au Cœur Immaculé, mais sans mention de la Russie. En aucun cas les évêques du monde n'avaient participé. Donc aucune des deux conditions requises, attestées par Sœur Lucie toute sa vie, n'avait été remplie. Le reconnaissant clairement, le Pape lui-même avait fait des remarques révélatrices pendant et après la cérémonie de 1984. Pendant la cérémonie, devant 250 000 personnes sur la Place Saint-Pierre, il ajouta spontanément au texte préparé ce qui suit: «Eclairez spécialement les peuples dont Vous attendez Vous-Même notre Consécration et acte d'offrande»4. Des heures après la cérémonie, comme le rapporte le journal des évêques Catholiques d'Italie Avvenire, le Saint-Père priait à l'intérieur de Saint-Pierre, devant 10 000 témoins, demandant à Notre-Dame de bénir «ces peuples pour qui Vous attendez Vous-Même notre Acte de Consécration et d'offrande5.» Peu après cet acte de consécration, le Pape expliqua à Monsigneur Paul Josef Cordes, vice-président du Conseil Pontifical pour des Laïcs, pour quelle raison il n'avait pas accompli la Consécration de la Russie, parce qu'il craignait «que ses paroles soient interprétées comme une provocation par les dirigeants soviétiques6.»

L'Emergence de la «Ligne du Parti»
à propos de Fatima

Mais les fidèles tout simplement n'ont pas voulu abandonner la Consécration de la Russie car il était évident que dans la période de 1984-2000, la Russie n'avait pas connu la conversion religieuse que la Vierge avait promise comme fruit d'une consécration particulière au Cœur Immaculé. Tout au contraire, malgré certains changements politiques, la condition matérielle, morale et spirituelle de la Russie n'avait fait que se détériorer depuis la «consécration» de 1984.

Que l'on examine ces preuves, qui ne fournissent qu'un aperçu de la gravité de la situation de la Russie en l'année 2000 (et cela n'a fait qu'empirer depuis lors comme nous allons voir):

Quelque 16 ans après la «Consécration», la Russie a le taux d'avortement le plus élevé du monde. Le Père Daniel Maurer, CJD, qui a passé ces huit dernières années en Russie, dit que, statistiquement, la femme russe a, en moyenne, huit avortements dans sa période de fécondité — alors que le Père Maurer croit que le nombre réel est d'environ 12 avortements par femme. Il a parlé à des femmes qui ont eu jusqu'à 25 avortements. Une raison majeure de ces chiffres ahurissants, c'est que d'autres méthodes de contraception (qui sont immorales de toute façon) n'ont pas été introduites en Russie, et ne sont pas considérées comme fiables. L'avortement reste «le moyen le moins cher pour limiter la taille de la famille.» Actuellement en Russie les avortements sont gratuits, mais pas les naissances7.
Le taux de natalité de la Russie est en baisse et la population de la Russie diminue à la cadence de 70 000 personnes chaque année — événement sans précédent pour une nation civilisée en «période de paix8.»
La Russie détient le record de consommation d'alcool dans le monde9.
Le satanisme, l'occultisme et la sorcellerie sont en hausse en Russie, comme le reconnaît même le Patriarche Orthodoxe de Russie, Alexis II10.
L'homosexualité est déchaînée à Moscou et dans tout le pays. En fait, en avril 1993, neuf ans après la «Consécration» de 1984, Boris Eltsin avait libéralisé l'homosexualité qui est maintenant «légale» en Russie11.
La Russie est un centre mondial de premier plan pour la distribution de pornographie pour les enfants. L'Associated Press a fait un reportage sur un réseau pornographique pour enfants basé à Moscou, lié à un autre réseau pornographique pour enfants au Texas. Pour citer l'AP «La loi russe ne fait pas de distinction entre pornographie pour enfants et pornographie impliquant des adultes et traite en crime mineur la production et la distribution des deux, dit Dimitry Chepchugov, chef du Ministère de l'Intérieur en Russie pour les crimes de haute technologie. La police russe se plaint souvent du chaos légal qui a transformé la Russie en un centre international de production de pornographie enfantine. “Malheureusement, la Russie est devenue une poubelle mondiale de pornographie enfantine,” a dit Chepchugov à des journalistes à Moscou12.»
Les Russes regardent avec avidité une télévision «basée sur la réalité.» Pour les spectacles les plus ignobles «basés sur la réalité», les caméras filment la vie personnelle intime de «couples» russes, y compris leur activité sexuelle. En dépit des grognements de désapprobation des vieux communistes parmi les durs, les spectateurs russes «ne sont jamais rassasiés» de cette pornographie. L'émission «affiche un auditoire de plus de 50 % et des milliers de Russes ont enduré des températures au dessous de zéro et ont fait la queue plus d'une heure pour en avoir un coup d'œil par une fenêtre de l'appartement. Des millions se sont inscrits sur internet qui a fréquemment cédé sous le poids de la communication13.»
Quant à la situation de l'Eglise Catholique, la Russie a mis en œuvre en 1997 une nouvelle loi sur «la liberté de conscience» qui a donné un statut privilégié à l'Orthodoxie russe, à l'Islam, au Judaïsme et au Bouddhisme comme «religions traditionnelles» de Russie, en exigeant au contraire que les paroisses catholiques obtiennent une approbation des bureaucrates locaux pour leur existence même. Résultat:
Le minuscule sacerdoce Catholique en Russie, quelque 200 prêtres, se compose presque entièrement de clercs d'origine étrangère dont beaucoup ne reçoivent des visas d'entrée que pour trois mois, alors que les hommes d'affaires reçoivent des visas de six mois14.
Il y a seulement dix prêtres d'origine russe dans tout le pays — cinq en Sibérie et cinq en Kazakhstan. Quatre-vingt-quinze pour cent des prêtres et des religieuses de Russie sont d'origine étrangère. Selon l'opinion franche de l'Archevêque Bukovsky, l'Eglise Catholique «est petite ... et sera toujours petite15.»
Les Catholiques comprennent moins de un demi pour cent de la population russe et les Musulmans russes surpassent les Catholiques en nombre par plus de 10 à 1. Selon un reportage par Radio Europe Libre, en Russie le Catholicisme est considéré «comme une sorte d'excentricité inexplicable — pourquoi un Russe devrait-il être Catholique16?»
Selon le Vatican, il y a 500 000 Catholiques en Russie et la plupart d'entre eux sont en Sibérie où Staline a envoyé leurs grands-parents17.
Etant donné ce genre de preuves, la question de savoir si la Consécration de la Russie avait été faite de la manière requise par Notre-Dame de Fatima n'allait pas simplement passer sous silence. Par conséquent, à partir de la perspective des exécutants de la nouvelle orientation de l'Eglise — l'Adaptation de l'Eglise au monde — il fallait faire quelque chose pour Fatima. Et en particulier, il fallait faire quelque chose pour un prêtre canadien du nom de Père Nicholas Gruner, dont l'Apostolat sur Fatima était devenu un point de repère pour des millions de Catholiques convaincus que la Consécration de la Russie avait été écartée par les plans de certains hommes du Vatican. Tout simplement, Fatima et le «Prêtre de Fatima» devaient être, une fois pour toutes, enterrés.

Ce processus commença dès 1988, lorsque, selon Frère François: «Adressé aux autorités de Fatima, à Sœur Lucie, et à divers ecclésiastiques dont l'abbé Messias Coelho et un prêtre français (sans doute le Père Pierre Caillon) très dévoué à Notre-Dame, demandant de cesser d'importuner le Saint-Père avec la Consécration de la Russie.» L'abbè Caillon, écrit: «Une consigne arriva de Rome, obligeant tout un chacun à dire et à penser: “La Consécration est faite. Le Pape ayant fait tout ce qu'il pouvait, le Ciel a daigné agréer son geste”18.» C'est vers cette période, 1988-1989, que beaucoup d'œuvres de Fatima, après avoir soutenu que la Consécration n'avait pas été faite, ont soudain fait marche arrière et déclaré que la Consécration de 1984 accomplissait les désirs du Ciel. Malheureusement, même le Père Caillon bientôt après changea son témoignage et se mit à dire que la Consécration de 1984 avait répondu aux exigences de la Vierge.

C'est aussi à ce moment là que commencèrent à circuler des lettres dactylographiées et passées à l'ordinateur, supposées émaner de Sœur Lucie. Typique des lettres manifestement non crédibles: celle datée du 8 novembre 1989, à un Monsieur Noelker, qui contient la déclaration par «Sœur Lucie» que le Pape Paul VI a consacré le monde au Cœur Immaculé de Marie au cours de sa brève visite à Fatima en 1967 — consécration qui n'a jamais eu lieu, comme Sœur Lucie le savait certainement en tant que témoin de toute la visite19.

C'est ainsi qu'émergea la Ligne du Parti sur Fatima. Que voulons-nous dire, au juste, par «la Ligne du Parti»? Vladimir Ilyich Lenin a dit une fois: «Le mensonge est sacré et la duperie sera notre arme principale.» Rien de surprenant donc que la Pravda, au temps où c'était l'organe officiel du Parti Communiste Soviétique, fût remplie de mensonges, même si le mot russe Pravda signifie «vérité». Un journal dont le nom est «vérité» fut toujours rempli de mensonges parce que Lénine disait «Le mensonge est sacré et la duperie sera notre arme principale.»

Or, un menteur ne convaincra personne de ses mensonges s'il porte sur la poitrine une grande affiche qui dit «Menteur!» Pas même un sot ne croirait un tel homme. Car pour qu'un menteur fasse croire que ses mensonges sont la vérité, il faut redéfinir la vérité. C'est ce que veut dire l'expression de Lénine: «Le mensonge est sacré …» Le mensonge devient la «vérité» et on y adhère en esclave à la place de la vérité. Comme dit l'Ecriture prononçant la malédiction au livre d'Isaïe, «Malheur à vous qui appelez bien le mal, et mal le bien, qui mettez ténèbres au lieu de lumière, et lumière au lieu de ténèbres.» (Is. 5:20) Les ténèbres de la fausseté reçoivent l'apparence de la lumière de la vérité, et c'est l'une des principales erreurs de la Russie.

Mais cette ruse de transformer un mensonge en «vérité» n'a pas son origine en Russie ni chez les Communistes; il a trouvé son origine dans le démon, qui est le Père du Mensonge. Saint Paul parle du démon sous l'apparence de l'ange de lumière. Pour être plus précis, il se réfère à l'Evangile de Notre-Seigneur Jésus-Christ: «Cependant si nous, ou un ange du Ciel, vous prêche un évangile hors de celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème.» (Gal. 1: C'est le démon apparaissant déguisé en ange de lumière, qui donne l'air de la vérité afin de tromper au moyen du mensonge. Voilà d'où vient l'erreur! «Le mensonge est sacré» et «le faux est la vérité.»

Le Père Paul Kramer relate une conversation qu'il a tenue avec le Général Daniel Graham, général de l'Armée des Etats Unis. «Le Général Graham lui a dit qu'il s'était une fois trouvé en Russie avec un fonctionnaire soviétique et que le fonctionnaire soviétique lui demanda: “Ne voulez-vous pas la paix?” Et le Général répondit; “Non! Parce que je sais comment vous définissez la paix. Je ne veux pas de ce genre de paix.” Tandis qu'ils conversaient, ils passèrent en voiture près d'un immense panneau qui montrait des soldats avec des fusils. Sur le tableau on lisait: “Pobieda kommunista eta mir.” C'est à dire (en français) “La victoire Communiste, voilà la Paix”.»

Selon l'enseignement marxiste, l'Etat communiste engage la guerre pour faire la révolution et utilise tous les moyens possibles de ruse — la guerre totale — afin de soumettre le monde entier au Communisme. Et une fois que la guerre totale a été engagée et que le Communisme est victorieux sur la planète entière, alors voilà la version communiste de la «paix». Mais qu'est-ce que la paix en réalité? La meilleure définition est de Saint Augustin: «La Paix est la tranquillité de l'ordre.» Quelle définition est exacte? Ce n'est pas une affaire d'évaluation subjective. Saint Thomas d'Aquin explique: «ens et verum convertuntur», ce qui est une manière scolastique de dire que la vérité est interchangeable avec la réalité. Ce qui est objectivement réel est, pour cette raison même, objectivement vrai. En d'autres termes, la vérité est ce qui est, tandis qu'un mensonge est ce qui n'est pas. Ce qui n'est pas ne peut être vrai. Par conséquent, si l'on déclare par exemple que le blanc est noir, cette déclaration que le blanc est noir est un mensonge — quel que soit l'autorité de celui qui le prétend.

Selon la doctrine marxiste cependant la vérité est ce qui fait avancer la révolution communiste. Et qu'est ce qui fait avancer la révolution communiste? C'est tout ce qui a été décidé comme tel par la Ligne du Parti. Ce que le Parti dicte comme vrai devient «la vérité» même si, en réalité, c'est un mensonge. Donc si la Ligne du Parti est que le noir est blanc, alors c'est ce que doivent croire tous les membres du Parti, simplement parce qu'il a été décidé par le Parti que le noir est blanc.

Tout comme il y a eu un genre de «stalinisation» de l'Eglise, au sens d'une Adaptation de l'Eglise au monde, il doit donc y avoir aussi une sorte de Ligne du Parti stalinien sur Fatima — une version de Fatima dictée d'en haut à laquelle doivent adhérer tous les membres de l'Eglise d'Adaptation post-conciliaire. La Ligne du Parti de Fatima se résume essentiellement en ceci: La «Consécration de la Russie» est accomplie et terminée, et tout le monde doit cesser de la demander. Nous avons la «paix» prédite par Notre-Dame de Fatima. La Russie subit «la conversion» que Notre-Dame a promise. Donc — poursuit la Ligne du Parti — rien du Message de Fatima ne reste à accomplir, et Fatima appartient maintenant au passé.

Comme nous le verrons, tous les termes entre guillemets — «Consécration de la Russie», «paix» et «conversion» — ont été redéfinis au gré de la Ligne du Parti sur Fatima. En ce qui concerne Fatima, on nous demande maintenant de croire l'équivalent de «noir est blanc», car telle est la Ligne du Parti.

La Dictature du
Secrétaire d'Etat du Vatican

Or toute Ligne du Parti exige un dictateur, une tête du Parti, pour l'imposer. D'où au Vatican la Ligne du Parti tient-elle exactement son origine? Les preuves sont accablantes: du Secrétaire d'Etat du Vatican. Ici s'impose un bref arrière-plan.

Tout d'abord, dans l'ordre normal des choses — ce que Saint Augustin a appelé «la tranquillité de l'Ordre» ou la paix — l'Eglise n'est pas une dictature. La dictature est une institution barbare. Comme dit Euripide: «Chez les Barbares tous sont esclaves, sauf un.» Notre-Seigneur a dit: «Les princes des gentils exercent leur autorité» sur leurs sujets. (Mat. 20:25) Il a dit à Ses Apôtres: «Pour vous il ne doit pas en être ainsi.» Cependant, la tranquillité de l'ordre — la paix de l'Eglise — a été énormément troublée dans la période post-conciliaire. Ce que nous voyons dans l'Eglise d'aujourd'hui, c'est que la hiérarchie de la Curie Romaine (non le Pape, mais quelques uns de ses ministres du Vatican) exercent leur autorité sur leurs sujets avec un despotisme oriental. Pour être plus précis, ils exercent leur autorité sur certains sujets, qui encouragent la Ligne du Parti, tandis que l'Eglise en général souffre d'un quasi-effondrement de la foi et de la discipline que méprisent ces mêmes potentats.

Comment en est-on arrivé là? Depuis la restructuration de la Curie Romaine, vers 1967, par ordre du Pape Paul VI — qui fut en fait projetée et entreprise par le Cardinal Jean Villot — les dirigeants des différents dicastères romains ont pu se comporter comme des dictateurs. Avant le Concile Vatican II, la Curie Romaine était structurée comme une monarchie. Le Pape était le Préfet du Saint-Office, tandis que le Cardinal chargé des affaires quotidiennes du Saint-Office était le second. Les autres dicastères étaient de rang inférieur. Et tout en ayant leur propre autorité et juridiction, toujours en accord avec le principe de subsidiarité20, ils étaient subordonnés au Saint-Office et le Saint-Office était directement régi par le Pape. Cette organisation était entièrement en relation avec la Divine Constitution de l'Eglise. Le Pape, Vicaire de Jésus-Christ sur terre, était à la tête de la chaîne de commandement.

Mais après Vatican II, le Cardinal Villot travailla à la restructuration de la Curie Romaine. Bien avant que Gorbachev annonçât son programme de perestroïka dans l'Union Soviétique, l'Eglise subit sa propre perestroïka à la Curie Romaine. Le Saint-Office changea de nom — mais bien plus significatif, le Saint-Office perdit sa position suprême à la Curie. La Curie fut restructurée de telle manière que le Cardinal Secrétaire d'Etat fut placé au-dessus de tous les autres dicastères, y compris l'ancien Saint-Office. Restructuré sous un nom nouveau, c'était maintenant la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) et le Pape n'en était plus le Préfet. Mais elle (CDF) avait maintenant à sa tête un Cardinal Préfet (aujourd'hui, c'est le Cardinal Ratzinger) et il est sous l'autorité du Secrétaire d'Etat.

Selon l'organisation précédente, avec le Pape et son Saint-Office à la tête, la foi et la morale étaient des facteurs dominants qui déterminaient la politique curiale. Dans l'organisation post-conciliaire, cependant, sous le Cardinal Secrétaire d'Etat et son dicastère, le Secrétariat d'Etat, c'est la Ligne du Parti — la politique du Secrétariat d'Etat — qui est le facteur suprême déterminant dans la formulation de la politique de l'Eglise. Même l'ancien Saint-Office, maintenant CDF, est subordonné au Secrétaire d'Etat. En conséquence de cette restructuration, le Saint-Père, le Souverain Pontife, est réduit à un personnage de premier rang qui donne son approbation, comme un tampon, à des réglementations qui lui sont présentées comme fait accompli par le Secrétaire d'Etat. Ce qui porte à répéter: Le Pape a été réduit à un personnage de premier rang au service de la dictature du Secrétaire d'Etat21.

Dans le registre maçonnique requis par la loi italienne, on a bien trouvé le nom de Jean Villot — le même Villot qui a supervisé la réorganisation de la Curie. Après la mort du Cardinal Villot, dans sa bibliothèque privée, on a trouvé un message calligraphié du Grand Maître de la Loge Maçonnique à Villot, louant Villot de maintenir les traditions maçonniques22. Comme l'a dit un prêtre français vivant à Rome: «Dans un domaine au moins, il était traditionnel.»

L'utilisation de la Fausse «Obéissance»
Pour imposer la Ligne du Parti

En 1917, l'année même où Notre-Dame est apparue à Fatima, Saint Maximilien Kolbe était à Rome, où il vit les Maçons montrer leur hostilité ouverte envers l'Eglise Catholique et porter des affiches annonçant leur intention d'infiltrer le Vatican de sorte que Satan gouverne à partir du Vatican et que le Pape soit son esclave23. Ils se vantaient aussi en même temps qu'ils détruiraient l'Eglise. L'intention maçonnique de détruire l'Eglise va parfaitement avec le dicton maçonnique bien connu: «Nous détruirons l'Eglise par le moyen de la sainte obéissance.» Comme nous l'avons montré dans un chapitre précédent, Monseigneur Graber de Regensburg (Allemagne) a rassemblé d'autres témoignages de ce genre de la part des luminaires maçonniques et la Formation Permanente de la Haute Vente elle-même déclarait audacieusement «que le Clergé marche sous votre étendard, croyant toujours qu'il marche sous la bannière des clefs apostoliques.» C'est-à-dire que l'exigence «d'obéissance» serait utilisée de façon dictatoriale pour miner la véritable obéissance et la foi elle-même.

Et la réorganisation curiale de 1967 serait un moyen d'accomplir ce but en soumettant toute l'Eglise à la Ligne du Parti du Secrétaire d'Etat — y compris la Ligne du Parti sur Fatima — sous le déguisement d'une fausse «obéissance» à une autorité qui a clairement dépassé les limites établies par Dieu Lui-même. Comme nous le démontrerons brièvement, ce fut le Cardinal Sodano qui dicta littéralement «l'interprétation» de la vision du Troisième Secret de Fatima, qui a été publié sans les mots mêmes de la Vierge pour l'expliquer.

Le Secrétaire d'Etat
Cible le Message de Fatima

Ceci nous amène au rôle précis du Secrétaire d'Etat dans l'imposition de la Ligne du Parti vis-à-vis de Fatima. Comme nous l'avons noté, ce processus impliquerait le Message de Fatima en général et, en particulier, peut-être son principal défenseur dans l'Eglise, l'œuvre de Fatima du Père Nicholas Gruner.

Dès 1989, le Secrétaire d'Etat de l'époque, le Cardinal Casaroli (le grand «propagandiste» de l'Ostpolitik) avait communiqué à l'évêque du Père Gruner du moment, Son Excellence Gerardo Pierro du diocèse d'Avellino (Italie) ce que l'évêque avait appelé «des signaux de détresse» au sujet de l'œuvre de Fatima du Père Gruner. Le Père Gruner avait été ordonné en 1976 à Avellino pour une communauté franciscaine qui n'assurait pas la formation espérée. Depuis 1978, avec la permission de l'évêque, il résidait au Canada, où il avait été placé à la tête d'une petite œuvre de Fatima, devenue la plus vaste du monde dans son genre. Mais après imposition, par ordre anonyme de 1988, de la Ligne du Parti par rapport à la «Consécration» de 1984, le conflit était inévitable entre l'oeuvre du Père Gruner et le Secrétaire d'Etat — tout comme le conflit entre l'orientation traditionnelle et la nouvelle orientation de l'Eglise après Vatican II.

La technique de base pour essayer de se débarrasser du Père Gruner, avait été de monter un faux scénario où, après avoir reçu l'ordre de trouver un autre évêque pour l'incardiner ailleurs qu'à Avellino, le Père Gruner se verrait bloquer toute incardination partout ailleurs par des torsions de bras sans précédent dans les coulisses, de sorte que le Père Gruner serait forcé de «retourner» à Avellino et d'abandonner son œuvre. Après avoir bloqué l'incardination du Père Gruner proposée successivement par trois évêques bienveillants, amis de Fatima, le Vatican (en un processus complexe qui dépasse les visées de ce livre)24 avait finalement baissé le ton: Le Père Gruner doit «retourner» à Avellino ou être «suspendu» pour «désobéissance.» En résumé, le Père Gruner était sous menace de «suspension» pour ne pas avoir accompli ce que ses accusateurs mêmes l'avaient systématiquement empêché de faire — c'est à dire, trouver un autre évêque pour l'incardiner25.

Tandis que les différents appels canoniques du Père Gruner contre ces actions sans précédent à son égard allaient leur chemin devant les tribunaux du Vatican, son œuvre de Fatima continuait à prospérer. Vers l'an 2000, l'œuvre était devenue, surtout par son journal The Fatima Crusader, la voix la plus forte et la plus persistante de l'Eglise, à la fois pour la Consécration de la Russie et pour la révélation du Troisième Secret.

De plus, le Pape lui-même avait compliqué le tableau de Fatima par sa décision de béatifier Jacinthe et François au cours d'une cérémonie à Fatima le 13 mai 2000. Son intention de béatifier les deux enfants fut publiée dès juin 1999, et cet événement avait déclenché nettement une lutte interne au sein du Vatican. On le voit par la nature contradictoire quant au lieu de la cérémonie de béatification qui est très inhabituelle au Vatican. D'abord, le Secrétariat d'Etat, le Cardinal Angelo Sodano, annonça en octobre 1999, que la béatification de Jacinthe et François aurait lieu le 9 avril 2000, Place Saint-Pierre, en même temps que quatre autres béatifications. Le Patriarche de Lisbonne, dans la presse portugaise, est cité avoir reçu du Vatican l'information qu'il était «tout à fait impossible» au Pape de venir à Fatima pour la béatification des enfants et que la question était «close». Le Patriarche dit aux journalistes portugais qu'il était convaincu que cette «impossibilité» de la venue du Pape à Fatima était exclusivement due à nul autre qu'au Secrétariat d'Etat du Vatican.

Mais le Pape avait d'autres idées. En novembre 1999, Sa Sainteté — outrepassant évidemment le Cardinal Sodano — informa directement Monseigneur Serafim, évêque de Fatima, qu'il devait annoncer la venue effective du Pape à Fatima le 13 mai pour proclamer les béatifications. Monseigneur Serafim ne fit la nouvelle annonce qu'en décembre 1999. Et puis, en mars 2000, l'évêque laissa aussi entendre que «le Pape ferait quelque chose de spécial pour Fatima.» Ceci provoqua dans la presse l'hypothèse enflammée que le Pape allait, enfin, révéler le Troisième Secret. Monseigneur Serafim fut immédiatement blâmé en public par le Cardinal Patriarche de Lisbonne, sous les ordres possibles de quelqu'un du Vatican au service du Secrétaire d'Etat, qui souhaitait que personne ne sût que le Pape envisageait la révélation du Secret. Mais le chat proverbial était sorti du sac proverbial26.

Et donc le Pape est allé à Fatima le 13 mai 2000 pour béatifier Jacinthe et François. La présentation du Pape fut une sorte de démonstration vivante du conflit entre les deux visions de l'Eglise dont nous avons discuté. Evoquant l'Eglise de toujours, le Pape donna un sermon après les béatifications. Dans ce sermon furent soudain rappelées beaucoup de choses que l'Eglise semblait avoir oubliées depuis ces quarante dernières années:

Selon le plan divin, «une femme revêtue du soleil» (Apoc.12:1) descendit du Ciel sur cette terre, pour visiter les enfants privilégiés du Père. Elle leur parle d'une voix et d'un cœur maternels: Elle leur demande de s'offrir en victimes de réparation, disant qu'Elle était prête à les conduire sûrement à Dieu. ...

Plus tard, François, l'un des trois enfants privilégiés, s'écria: «Nous brûlions dans cette lumière qui est Dieu et nous n'étions pas consumés. Comment est Dieu? Il est impossible de le dire. En fait nous ne pourrons jamais le dire.» Dieu: Une lumière qui brûle sans se consumer. Dieu: Moïse connut la même expérience quand il vit Dieu dans le Buisson Ardent. ...

«Un autre prodige apparut dans le Ciel; regardez! un grand dragon rouge» (Apoc.12:3). Ces mots de la première lecture de la Messe nous font penser au grand combat entre le bien et le mal, qui montre comment, l'homme, en mettant Dieu de côté, ne peut trouver le bonheur mais finit par se détruire. ...

Le Message de Fatima est un appel à la conversion; avertissant l'humanité de n'avoir rien à faire avec le «dragon» dont la «queue balayait le tiers des étoiles du Ciel, et les jetait sur la terre.» (Apoc.12:4)

Le but final de l'homme est le Ciel, sa vraie demeure, où le Père Céleste attend chacun avec Son amour miséricordieux. Dieu veut que nul ne soit perdu; c'est pourquoi il y a 2 000 ans, Il a envoyé Son Fils sur la terre, «pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus» (Lk. 19:10). ...

Dans Sa maternelle sollicitude, la Sainte Vierge est venue ici à Fatima pour demander aux hommes et aux femmes «d'arrêter d'offenser Dieu, Notre-Seigneur qui est déjà trop offensé.» C'est sa tristesse de Mère qui La pousse à parler; la destinée de Ses enfants est en jeu. Pour cette raison, Elle demande aux petits bergers: «Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs; beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui prie et fasse des sacrifices pour elles.» (c'est nous qui soulignons)

La relation directe établie par le Pape entre le Message de Fatima et le livre de l'Apocalypse et la ressemblance entre la rencontre des voyants de Fatima avec Dieu et celle de Moïse devant le Buisson Ardent, comportait une stupéfiante authentification papale des apparitions de Fatima comme prophéties données par Dieu pour notre temps. Tout à coup, Fatima fut nettement remis devant les yeux de toute l'Eglise.

Il y eut tout d'abord, la référence étonnante du Pape au Message de Fatima comme moment biblique, l'accomplissement même du Chapitre 12 verset 1 de l'Apocalypse qui parle de la «Femme revêtue du soleil.» Ici le Pape Jean-Paul II faisait écho au Pape Paul VI qui, dans sa lettre apostolique Signum magnum, publiée à Fatima, le 13 mai 1967 déclarait:

Le signe grandiose que saint Jean vit dans le ciel: une femme enveloppée de soleil (cf. Apoc. 12, 1), la liturgie l'interprète, non sans fondement, comme se rapportant à la Très Sainte Vierge Marie, Mère de tous les hommes par la grâce du Christ rédempteur...

A l'occasion des cérémonies religieuses qui se déroulent ces jours-ci à Fatima, au Portugal, en 1'honneur de la Vierge Mère de Dieu, où elle est vénérée par des multitudes de fidèles pour son cœur maternel et miséricordieux, Nous désirons attirer encore une fois l'attention de tous les fils de l'Eglise sur le lien très étroit qui existe entre la maternité spirituelle de Marie, ...

Encore plus étonnant, dans son sermon le Pape Jean-Paul II avait explicitement lié le Message de Fatima à l'Apocalypse, chapitre 12, verset 4 qui prophétise que «la queue du dragon» balaiera un tiers des étoiles du Ciel et les jettera sur la terre. Comme le noterait plus tard le Père Gruner: «Dans le langage de la Bible, les “étoiles du Ciel” sont celles qui sont placées dans le Ciel pour illuminer la route afin que d'autres aillent au Ciel. Ce passage a été classiquement interprété dans des commentaires catholiques pour signifier que un tiers du clergé — c'est à dire Cardinaux, évêques, prêtres — manquent à leur état de consacrés et travaillent en réalité pour le démon.» Par exemple, le Commentaire Haydock à la Bible Douai-Rheims note que l'image du tiers des étoiles du Ciel a été interprétée comme référence aux «évêques et personnages éminents qui tombent sous le poids de la persécution et qui ont apostasié … Le démon est toujours prêt, dans la mesure où Dieu le permet, à faire la guerre contre l'Eglise et les fidèles serviteurs de Dieu.»

Sous ce rapport, le Père Gruner, Gerry Matatics — spécialiste catholique de la Bible (et ancien ministre presbytérien) — et d'autres ont cité le commentaire sur Apoc. 12:3-4 du Père Herman B. Kramer, dans Le Livre de la Destinée. Cette œuvre fut publiée avec Imprimatur, assez providentiellement en 1956, seulement six ans avant l'ouverture de Vatican II. Par rapport au symbole du tiers des étoiles du Ciel, le Père Herman Kramer note: «C'est un tiers du Clergé» et ce «“tiers” des étoiles suivra le dragon» — ce qui signifie un tiers du clergé qui sont les «étoiles», les âmes consacrées dans l'Eglise27. C'est à dire, un tiers du clergé Catholique sera au service du démon, travaillant à détruire l'Eglise de l'intérieur. Le commentaire du Père Herman Kramer fait remarquer que le dragon rouge — signe du démon qui pourrait aussi symboliser le Communisme parce que le rouge est la couleur emblématique du Communisme — amène la grande détresse dans l'Eglise en la sapant de l'intérieur.

Le commentaire continue, disant que, par le moyen de ce clergé apostat, le démon imposera probablement à l'Eglise «l'acceptation de morales non chrétiennes, de fausses doctrines, de compromis avec erreur, ou d'obéissance aux gouvernants civils avec violation de la conscience.» En outre, il suggère que «la signification symbolique de la queue du dragon révèle peut-être que le clergé, qui est mûr pour l'apostasie, tiendra dans l'Eglise les postes influents, ayant acquis la promotion par hypocrisie, ruse et flatterie.» Le clergé qui suivra le dragon — c'est à dire le démon — inclurait ceux «qui ont négligé de prêcher la vérité ou de reprendre le pécheur par le bon exemple, mais plutôt ceux qui ont cherché la popularité en étant relâchés et esclaves du respect humain» ainsi que ceux «qui craignent pour leurs propres intérêts et ne protesteront pas contre les mauvaises pratiques dans l'Eglise» et les évêques «qui détestent les prêtres droits qui osent dire la vérité28.» Le Père Herman Kramer observe aussi ce qui suit, concernant l'état de l'Eglise Catholique dans les temps prophétisés par Apoc.12:3-4:

«La démocratie apostolique fondée par Notre-Seigneur a pu céder la voie à la monarchie absolue où l'épiscopat gouverne avec un despotisme oriental. Les prêtres sont peut-être réduits à un état de servilité et de flagornerie par flatterie. Le gouvernement par la raison, la justice et l'amour a peut-être été supplanté par la volonté absolue de l'évêque, dont toute action et toute parole doivent être acceptées sans question, sans recours au fait, à la vérité ou à la justice. La conscience a peut-être perdu son droit à guider les actions des prêtres et demeure peut-être ignorée ou condamnée. La diplomatie, l'opportunisme et autres fourberies sont peut-être encouragés comme les plus grandes vertus29.»

Mais rien de cela n'est mentionné dans ces parties du Message de Fatima révélées jusqu'ici. Le Pape avait-il donc, par sa surprenante référence à l'Apocalypse 12:3-4 simplement donné au monde de jeter un coup d'œil dans le Troisième Secret? Révèlerait-il maintenant le Secret dans son intégralité?

Mais hélas! c'est le fin du sermon. Ce n'est pas le Pape qui va commenter le Troisième Secret. Aussi vite qu'il a commencé, le retour momentané du Pape à la vision de l'Eglise de toujours est terminé et un exécutant principal de la nouvelle vision surgit à ses pieds. C'est le Cardinal Angelo Sodano, le Secrétaire d'Etat du Vatican — le même Cardinal Sodano qui avait essayé, sans y réussir, d'empêcher le Pape d'aller à Fatima pour béatifier Jacinthe et François. Pour quelque raison étrange, c'est Sodano, et non le Pape, qui annoncera que le Pape a décidé de révéler le Troisième Secret de Fatima:

A l'occasion solennelle de sa visite à Fatima, Sa Sainteté m'a chargé de vous faire une annonce. Comme vous le savez, le but de sa visite à Fatima a été de béatifier les deux «petits bergers.» Néanmoins il souhaite aussi, par son pèlerinage, renouveler un geste de gratitude envers Notre-Dame pour Sa Protection au cours des années de son Pontificat. Cette protection semble aussi liée à ce qu'on appelle la «troisième partie» du secret de Fatima.

Et puis ce qui avait semblé si étrange devint soudain tout à fait explicable. La tâche du Cardinal Sodano serait de préparer les fidèles à accepter la notion que le Message de Fatima, y compris le Troisième Secret, devait maintenant être considéré comme une chose du passé. Le processus commencerait par «l'interprétation» du Troisième Secret selon le Cardinal:

Ce texte constitue une vision prophétique comparable à celles de l'Ecriture sainte, qui ne décrivent pas de manière photographique les détails des événements à venir, mais qui résument et condensent sur un même arrière-plan des faits qui se répartissent dans le temps en une succession et une durée qui ne sont pas précisées. Par conséquent, la clé de lecture du texte ne peut que revêtir un caractère symbolique. …

Selon l'interprétation des petits bergers, interprétation confirmée récemment par Sœur Lucie, «l'Evêque vêtu de blanc» qui prie pour tous les fidèles est le Pape. Lui aussi, marchant péniblement vers la Croix parmi les cadavres des personnes martyrisées (évêques, prêtres, religieux, religieuses et nombreux laïcs), tombe à terre comme mort, sous les coups d'une arme à feu. (c'est nous qui soulignons)

Comme l'apprendront bientôt les fidèles, c'est tout simplement un mensonge. «Un Evêque vêtu de Blanc» dans la vision n'est pas «comme mort», mais est tué — comme le déclare nettement le texte de la vision — selon la manière d'une exécution militaire, en même temps que beaucoup d'évêques, de prêtres et de religieux, devant une ville à demi écroulée.

Pourquoi donc insérer le mot «comme» dans «l'interprétation»? Le Cardinal Sodano, immédiatement y montre un peu la main:

Après l'attentat du 13 mai 1981, il apparut clairement à Sa Sainteté qu'il y avait eu «une main maternelle pour guider la trajectoire du projectile», permettant au «Pape agonisant» de s'arrêter «au seuil de la mort.» ...

Les événements ultérieurs de 1989 ont conduit, en Union soviétique et dans de nombreux Pays de l'Est, à la chute du régime communiste, qui se faisait le défenseur de l'athéisme. ...

Bien que les situations auxquelles fait référence la troisième partie du secret de Fatima semblent désormais appartenir au passé, l'appel de la Vierge de Fatima à la conversion et à la pénitence, lancé au début du vingtième siècle, demeure encore aujourd'hui d'une actualité stimulante. (c'est nous qui soulignons)

Tout simplement, Sodano préparait le voie à une «interprétation» du Message de Fatima qui l'enterrerait une fois pour toutes: le Message culminait avec la tentative d'assassinat de 1981 et la «chute du communisme» en 1989 — Dans la mesure où des événements particuliers sont représentés, ils appartiennent désormais au passé. Pour assurer ce résultat, un «commentaire» serait préparé avant que le texte du Troisième Secret soit révélé:

Pour permettre aux fidèles de mieux recevoir le message de la Vierge de Fatima, le Pape a confié à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi le soin de rendre publique la troisième partie du secret, après en avoir préparé un commentaire approprié.

Mais pourquoi ce commentaire n'avait-il pas été prêt à temps pour la cérémonie du 13 mai? Après tout, la nouvelle de la révélation imminente du Troisième Secret circulait depuis au moins mars 2000. Ce mois-là, Monseigneur Sérafim avait annoncé que le Pape lui avait dit, au cours d'une visite à Rome, que le Pape «ferait quelque chose de spécial pour Fatima»30 quand il s'y rendrait pour la cérémonie de béatification en mai 2000.

Assez curieusement, le Pape avait bien recommandé à Monseigneur Sérafim de n'en rien dire tant qu'il était à Rome, mais d'attendre d'être de retour à Fatima. Cependant l'affaire était dans les intentions du Pape depuis novembre précédent, donc pourquoi le «commentaire» n'avait-il pas été préparé au cours de la période novembre 1999-mai 2000? Certainement, un tel commentaire aurait pu facilement être préparé pour ce moment-là.

On peut penser à deux solutions. Ou bien le Pape n'avait pas parlé au Cardinal Sodano de son intention concernant la révélation du Troisième Secret — auquel cas le Pape n'a pas confiance en Sodano — ou bien le Pape l'avait dit effectivement à Sodano, sur quoi Sodano présuma qu'il pourrait d'une manière ou d'une autre empêcher cette révélation à la cérémonie du 13 mai 2000. Ceci expliquerait que Sodano n'ait pas préparé de commentaire à l'avance : il pensait que ce ne serait pas nécessaire parce qu'il pourrait empêcher toute révélation du Troisième Secret. Mais le Pape avait pris les devants, et maintenant il fallait «gérer» le Secret de telle manière que la question de Fatima soit suspendue.

Une Conférence de Presse
Pour Annoncer la Ligne du Parti de Sodano

Nous arrivons ainsi à la date fatidique du 26 juin 2000. A cette date, le Troisième Secret est «dévoilé» à une conférence de presse du Vatican, ainsi qu'un commentaire préparé par le Cardinal Ratzinger et Monseigneur Tarcisio Bertone, Secrétaire de la CDF, sous le titre Le Message de Fatima (désigné dans la suite par TMF). Dans TMF, La Ligne du Parti sur Fatima serait promulguée officiellement — sous le commandement direct du Cardinal Angelo Sodano.

Tout d'abord, on a dit aux fidèles que le texte suivant d'une vision de Sœur Lucie dit tout sur le Troisième Secret de Fatima:

Après les deux parties que j'ai déjà exposées, nous avons vu sur le côté gauche de Notre-Dame, un peu plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la main gauche; elle scintillait et émettait des flammes qui, semblait-il, devaient incendier le monde; mais elles s'éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre-Dame en direction de lui; l'Ange, indiquant la terre avec sa main droite, dit d'une voix forte: Pénitence! Pénitence! Pénitence! Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu: «Quelque chose de semblable à la manière dont se voient les personnes dans un miroir quand elles passent devant», un Evêque vêtu de Blanc, «nous avons eu le pressentiment que c'était le Saint-Père.» Divers autres Evêques, Prêtres, religieux et religieuses monter sur une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande Croix en troncs bruts, comme s'ils étaient en chêne-liège avec leur écorce; avant d'y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d'un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu'il trouvait sur son chemin; parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups aven une arme à feu et des flèches; et de la même manière moururent les uns après les autres les Evêques, les Prêtres, les religieux et religieuses et divers laïcs, hommes et femmes de classes et de catégories sociales différentes. Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un arrosoir de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des Martyrs et avec lequel ils irriguaient les âmes qui s'approchaient de Dieu.

La réaction immédiate de millions de Catholiques pourrait se résumer en deux mots: C'est ça? Nettement, quelque chose n'allait pas puisque rien, dans ce texte, ne correspondait à ce qu'avait dit lui-même le Cardinal Ratzinger sur le Troisième Secret en 1984 — un point sur lequel nous reviendrons bientôt. Et il ne contenait rien qui expliquât son occultation érieux depuis 1960.

Le plus important: cette vision ambiguë, rédigée sur quatre feuilles de cahier, ne contenait aucun mot de Notre-Dame. En particulier, elle ne contenait aucun complément à l'expression célèbre prononcée par Notre-Dame en conclusion de la partie consignée du Message de Fatima telle que fidèlement transcrite par Sœur Lucie dans ses Mémoires: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» Sœur Lucie avait ajouté cette expression, y compris le «etc.» à son quatrième mémoire comme partie du texte intégral du Message. Cette addition avait amené tout expert honorable de Fatima à conclure qu'elle signalait le début du Troisième Secret non publié, et que le Troisième Secret se rapportait à une vaste crise dogmatique de l'Eglise hors du Portugal. Il était clair que la Vierge avait autre chose à dire qui n'était pas noté parce que Sœur Lucie avait reçu l'ordre de le garder secret — jusqu'en 1960, comme nous l'avons vu.

Par une curieuse manœuvre, cependant, TMF avait évité toute discussion sur l'expression révélatrice en prenant le texte du Message de Fatima dans le troisième mémoire où l'expression n'apparaît pas. TMF le justifie comme suit: «En ce qui concerne la description des deux premières parties du “secret,” déjà publiées par ailleurs et donc connues, on a choisi le texte écrit de Sœur Lucie dans le troisième mémoire du 31 août 1941; dans le quatrième mémoire du 8 décembre 1941, elle y a ajouté quelques annotations.» L'expression-clé concernant la préservation du dogme au Portugal n'était pas une «annotation», mais une partie intégrante des mots prononcés par Notre-Dame, après avoir dit; «Ne le dites à personne. Oui, à François vous pouvez le dire.»

Ayant faussement taxé «d'annotation» le caractère d'une partie intégrante du Message de Fatima, TMF l'enterre ensuite dans une note qui n'est plus jamais mentionnée: «Dans le “quatrième mémoire,” Sœur Lucie ajoute: “Au Portugal, se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.”»

Pourquoi Sodano/Ratzinger/Bertone rusent-ils sur cette expression-clé qu'ils écarteraient si ouvertement de leur voie jusqu'à l'éviter en usant d'un Mémoire plus ancien et moins complet du texte du Message? S'il n'y a rien à cacher dans cette expression, pourquoi ne pas utiliser tout simplement le Quatrième Mémoire et tenter une explication sur la signification de cette expression? Pourquoi les auteurs de TMF allèguent-ils si clairement que l'expression est une simple «annotation», alors qu'ils savent parfaitement qu'elle apparaît dans le texte intégral comme faisant partie des mots prononcés par la Mère de Dieu? Nous reviendrons sur cette conduite suspecte dans un chapitre ultérieur.

Autre domaine suspect: la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc» n'était pas du tout la «lettre d'une seule page où Sœur Lucie a noté les mots qu'a confiés Notre-Dame en secret aux trois bergers de la Cova da Iria» — comme l'avait présenté le Vatican lui-même dans la déclaration de presse de 1960 déjà mentionnée. Le texte de la vision couvre quatre pages de ce qui semble être du papier de cahier réglé.

Autre circonstance suspecte: le 26 juin apparut clairement le mensonge du Cardinal Sodano du 13 mai: le Pape est tué par les soldats qui font feu sur lui au moment où il s'agenouille au pied d'une grande Croix de bois aux portes d'une cité à demi-écroulée. Le Pape n'est pas «comme mort», comme l'avait faussement affirmé Sodano en mai; le Pape est mort. La vision, quelle qu'en soit la signification, n'a absolument rien à voir avec la tentative d'assassinat de 1981. Les fidèles avaient déjà été dupés en mai et maintenant le processus de duperie continuait nettement.

Les douzaines de contradictions suscitées par ce texte incitant les Catholiques du monde entier à douter de la révélation intégrale du Troisième Secret — seront abordées dans un chapitre ultérieur. Pour le moment, nous considérons dans son ensemble le «commentaire» du Message de Fatima par Ratzinger/Bertone dans TMF.

Le Cardinal Sodano Dicte
«l'Interprétation» du Troisième Secret

Tout d'abord, TMF est un aveu pratique que «l'interprétation» du Message de Fatima que vont «tenter» (pour employer le mot du Cardinal Ratzinger) le Cardinal Ratzinger et Monseigneur Bertone, a été dicté par nul autre que le Cardinal Sodano. Pas moins de quatre fois, TMF déclare que c'est «l'interprétation» suivante du Troisième Secret par Sodano — c'est à dire que Fatima appartient au passé:

Avant d'entreprendre une tentative d'interprétation, dont les lignes essentielles peuvent être trouvées dans la communication que le Cardinal Sodano a prononcée le 13 mai dernier …

C'est pour cela que le langage imaginatif de ces visions est un langage symbolique. Le Cardinal Sodano dit à ce sujet …

Comme il ressort de la documentation précédente, l'interprétation que le Cardinal Sodano a donnée dans son texte du 13 mai a, dans un premier temps, été présentée personnellement à Sœur Lucie.

Avant tout, nous devons affirmer avec le Cardinal Sodano: «Les situations auxquelles fait référence la troisième partie du “secret” de Fatima semblent désormais appartenir au passé.»

Et simplement, au cas où le lecteur n'aurait pas encore bien saisi, le but essentiel de TMF reparaît une fois encore:

Dans la mesure où des événements particuliers sont représentés, ils appartiennent désormais au passé.

N'est-il pas curieux que l'interprétation du message vital de la Vierge de Fatima pour le monde ait été remise non au Pape, ni même à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, (qui imitait simplement l'opinion du Cardinal Sodano), mais au Secrétaire d'Etat du Vatican? Quelle autorité possède le Cardinal Sodano pour imposer ses vues à l'Eglise? Aucune, bien entendu. Mais le Cardinal Sodano s'était arrogé cette autorité en s'en tenant à l'influence générale post-conciliaire du Secrétaire d'Etat du Vatican par rapport au statut du Pape de facto quand il s'agit du gouvernement quotidien des affaires de l'Eglise.

Il serait opportun d'apporter ici un autre exemple très révélateur de cette usurpation d'autorité par le Secrétaire d'Etat. Dans un article intitulé «Le Pape, la Messe et la Politique des Bureaucrates du Vatican» (Magazine de La Messe Latine — Supplément d'Hiver, janvier 2002), le journaliste italien Alessandro Zangrando raconte un incident où le Secrétaire d'Etat a bloqué la publication par l'Osservatore Romano de l'éloge du Pape sur la Messe Latine traditionnelle. L'éloge avait été exprimé dans un Message papal à une réunion de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements: «Dans le Missel Romain de Saint Pie V, comme dans beaucoup de liturgies orientales, se trouvent de très belles prières où les prêtres expriment le sentiment très profond d'humilité et de respect devant les Saints Mystères, les prières révélant la Substance Même de chaque Liturgie.»

Zangrando a noté que si les Messages du Pape aux Congrégations Vaticanes sont régulièrement publiés aussitôt leur émission, celui-ci ne le fut pas. Ce ne fut que après la publication de l'éloge du Pape sur la Messe Traditionnelle par le journal civil Il Giornale que le Secrétaire d'Etat du Vatican émit soudain (dans les 24 heures) par le Bureau de Presse du Vatican, le texte du message du Saint-Père — plus d'un mois après le discours du Pape. Mais jusqu'à ce jour, et contrairement à l'usage normal, le Message du Pape à la Congrégation n'a pas été publié dans L'Osservatore Romano, le journal même du Pape. Zangrando a cité la conclusion du célèbre «Vaticaniste» (spécialiste des affaires du Vatican) Andrea Tornielli: «Le fait même que 24 heures après la publication de l'article [dans Il Giornale], le Secrétariat d'Etat du Vatican ait rendu public le texte de la lettre du Saint-Père, prouve qu'avait été faite une véritable tentative de “censurer” les paroles du Pape … L'opération a eu un retour de flammes aux effets imprévus» — c'est à dire, la louange du Pape sur la Messe traditionnelle a fini par obtenir plus vaste publicité par la presse civile.

Nous voyons par là comment un autre élément clé de la nouvelle orientation de l'Eglise — l'abandon de Sa liturgie Latine tradionnelle — fut appliqué par le Secrétaire d'Etat, qui essaya de censurer l'éloge du Pape sur la Messe traditionnelle. Qui sait combien d'autres paroles du Pape ont été censurées — avec succès — par le Secrétariat d'Etat du Vatican? Cet incident est seulement typique du fonctionnement actuel du gouvernement de l'Eglise, étant donné surtout le déclin de santé physique du Pape.

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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:42

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 8 (Suite)

Le Cardinal Ratzinger Exécute
la Ligne du Parti de Sodano

De retour au «commentaire» avec ces faits à l'esprit, on peut voir que la conférence de presse du 26 juin 2000 avait un seul but prédominant: exécuter l'ordre du Cardinal Sodano concernant l'interprétation «correcte» du Message de Fatima. Au moment où les journalistes quittaient cette salle, le Message de Fatima — tout entier — devait être enterré. Et une fois enterré, le Message ne gênerait plus le Cardinal Sodano et ses collaborateurs dans leur poursuite sans relâche de la nouvelle orientation post-Fatima de l'Eglise qui comporte (comme nous le verrons) les affaires importantes de l'Eglise, telles que porter aux nues les pareils à Mikhail Gorbachev, dîner et trinquer avec eux au Vatican, faire présenter par le Pape des excuses à la Chine Rouge, faire pression sur les Catholiques de Roumanie pour qu'ils cèdent à l'Eglise Orthodoxe les droits de l'Eglise Catholique locale aux propriétés volées par Joseph Staline, soutenir et même financer une Cour Criminelle Internationale sans Dieu et irresponsable sous les auspices des Nations Unies qui pourraient juger des Catholiques de n'importe quelle nation pour «crimes contre l'humanité» non spécifiés et autres «triomphes» du même genre de la diplomatie Vaticane.

En d'autres termes, toute dernière résistance dans l'Eglise doit être ramenée à la nouvelle manière vaticane de penser et de parler au monde, ce qui ne cadre pas bien avec la prophétie de Notre-Dame de Fatima sur le triomphe de Son Cœur Immaculé, la diffusion de la dévotion à Son Cœur Immaculé et la conversion résultant de la Russie qui doit en résulter par l'intervention du Cœur Immaculé. Ce genre de propos tout simplement ne sera plus de mise, même s'il vient assurément de la Mère de Dieu. Donc la tâche précise confiée au Cardinal Ratzinger et à Monseigneur Bertone le 26 juin fut de trouver un moyen pour détacher une fois pour toutes les fidèles des aspects explicitement catholiques du Message de Fatima qui nous rappellent tous trop clairement l'Eglise «triomphaliste» de «l'obscurantisme pré-conciliaire» comme le ferait remarquer le Los Angeles Times dans son en-tête du 27 juin 2000: «L'Eglise Catholique Dévoile le Troisième Secret: Le Premier Théologien du Vatican Déboulonne en Douce le Récit d'une Religieuse sur Sa Vision de 1917 Qui Alimentait des Décennies de Spéculation.» La tentative était si patente que même un journal laïc ne pouvait s'empêcher de le remarquer. Fournissons la preuve de ce crime contre la Vierge de Fatima et les Saints voyants que Dieu a choisis pour recevoir Son message.

Il y eut d'abord dans TMF la tentative de Cardinal Ratzinger de disposer du triomphe du Cœur Immaculé:

Je voudrais enfin reprendre encore une autre parole-clé du «secret» devenue célèbre à juste titre: «Mon Cœur immaculé triomphera». Qu'est-ce que cela signifie? Le Cœur ouvert à Dieu, purifié par la contemplation de Dieu, est plus fort que les fusils et que les armes de toute sorte. Le fiat de Marie, la parole de son cœur, a changé l'histoire du monde, parce qu'elle a introduit le Sauveur dans le monde — car, grâce à son «oui», Dieu pouvait devenir homme dans notre monde et désormais demeurer ainsi pour toujours.

Le lecteur attentif remarquera tout de suite que le Cardinal Ratzinger a, pour sa convenance, enlevé les trois premiers mots de la prophétie de la Vierge: A la fin. Cette censure nettement délibérée de la Mère Même de Dieu était nécessaire pour «l'interprétation» révisionniste du Cardinal Ratzinger à propos des lignes dictées par Sodano: c'est à dire, que Fatima appartient au passé.

Ainsi, «A la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera» — après la suppression opportune des trois premiers mots — doit être compris comme suit: «Il y a 2 000 ans, Mon Cœur Immaculé a triomphé.» La prophétie de Notre-Dame sur ce qui arrivera à la fin est indiscutablement falsifiée en une simple ratification de ce qui s'était déjà passé il y a vingt siècles au commencement de l'histoire chrétienne. Quatre événements futurs — le triomphe du Cœur Immaculé, la Consécration de la Russie, la conversion de la Russie, et la période de paix qui en résultera pour le monde — sont convertis avec ruse en un seul événement d'il y a 2 000 ans!

Cette manipulation d'un message que Dieu Lui-Même a envoyé à la terre par Sa Sainte Mère devrait faire se lever chacun des fidèles pour réclamer justice au Nom du Ciel. Mais le massacre du Message de Fatima par le Cardinal Ratzinger ne s'arrête pas là; il est même bien pire que cela. Par rapport à l'appel de Notre-Dame pour établir la dévotion à Son Cœur Immaculé à travers le monde comme «Dieu le souhaite», le Cardinal Ratzinger a offert cette plaisanterie:

Le «cœur immaculé» est, selon Mt. 5:8, un cœur qui, à partir de Dieu, est parvenu à une parfaite unité intérieure et donc «voit Dieu.» La «dévotion» au Cœur immaculé de Marie est donc une façon de s'approcher du comportement de ce cœur, dans lequel le fiat — que ta volonté soit faite — devient le centre qui informe toute l'existence.

A remarquer tout d'abord les guillemets que place le Cardinal Ratzinger pour consacré et cœur immaculé qu'il dépouille de sa majuscule I — signe certain que ces mots vont acquérir une nouvelle signification.

Ainsi, «Dieu souhaite établir dans le monde la dévotion à Mon Cœur Immaculé» doit s'entendre maintenant: «Dieu souhaite que tout le monde fasse Sa volonté.» En fait, toute personne dont le cœur est ouvert à la volonté de Dieu acquiert un «cœur immaculé» pour lui-même. Donc la dévotion au Cœur Immaculé de Marie signifie ouvrir son propre cœur à Dieu, non pas répandre la dévotion à Son Cœur afin de rendre le monde catholique (spécialement la Russie). Immaculé avec une majuscule I, devient immaculé avec une minuscule i et Son Cœur devient le cœur de chacun, au moins en puissance. Comme dirait un magicien: «Presto, change-o!»

Il n'y a, bien sûr, qu'un seul mot pour qualifier le rabaissement du seul et unique Cœur Immaculé — conçu sans le Péché Originel et coupable d'aucun péché personnel quel qu'il soit — au niveau du cœur de toute personne qui se détourne de ses péchés et trouve l'unité intérieure avec Dieu. Ce mot, c'est blasphème. On reparlera, dans le chapitre prochain, de cet outrage particulier.

La conversion de la Russie fut un peu plus difficile à faire disparaître. On ne peut pas trouver beaucoup à dire pour rendre obscure la déclaration très claire de la Mère de Dieu: «Le Saint-Père Me consacrera la Russie qui sera convertie.» Mais, comme nous l'avons abondamment démontré, la conversion de la Russie n'est plus acceptable pour le personnel du Vatican. La solution à ce problème fut simplement d'éviter toute discussion sur le sujet dans TMF, même si les mots de Notre-Dame sont cités sans commentaire. La conversion de la Russie? Quelle conversion?

Le comble de l'insulte de la part du Cardinal Ratzinger fut de citer, dans TMF une seule «autorité» sur Fatima: le Théologien flamand Edouard Dhanis, S.J., qualifié par le Cardinal Ratzinger d'«éminent connaisseur» de Fatima. Bien entendu, le Cardinal Ratzinger sait que Dhanis, Jésuite moderniste, a fait une véritable carrière en jetant le doute sur les Apparitions de Fatima. Dhanis a avancé que tout dans le Secret de Fatima, en dehors d'un appel à la prière et à la pénitence, fut monté dans l'esprit des trois enfants à partir de choses qu'ils avaient vues et entendues dans leur propre vie. Dhanis classa donc comme «Fatima II» toutes ces choses que rejetait arbitrairement comme montages «l'éminent connaisseur» — sans jamais avoir une seule fois rencontré Sœur Lucie ni étudié les archives officielles de Fatima.

Comme Dhanis l'a dit: «Tout compte fait, il n'est pas facile de préciser le crédit qu'il y a lieu d'accorder aux rapports de Sœur Lucie. Sans mettre en doute sa sincérité, non plus que le jugement sain dont elle fait preuve dans la vie quotidienne, on peut juger prudent de ne s'appuyer qu'avec circonspection sur ses écrits.» … «Remarquons aussi qu'une personne peut être sincère et faire preuve d'un jugement sain dans la vie quotidienne, mais avoir un propension à la fabulation inconsciente dans un certain secteur ou, en tout cas, rapporter avec des enrichissements et des modifications appréciables des souvenirs vieux de vingt ans31.»

Dhanis, qui refusa d'examiner les archives officielles de Fatima, jetait le doute sur tout aspect du Message de Fatima qui ne concordait pas avec ses penchants néo-Modernistes: la prière enseignée par l'Ange, il la disait «peu exacte», la vision de l'Enfer, il la taxait de «représentation exagérément médiévale», la prophétie d'une «nuit éclairée par une lumière inconnue» annonçant l'approche de la Seconde Guerre Mondiale, il la présentait comme «domaine suspect.» Et quant à la Consécration de la Russie, Dhanis déclarait tout platement que «la Russie ne pouvait être consacrée par le Pape, sans que cet acte prît une allure de défi, tant à l'égard de la hiérarchie séparée, qu'à l'égard de l'Union des Républiques Soviétiques. Ceci rendrait la Consécration pratiquement irréalisable ...» Dhanis déclarait donc que la Consécration de la Russie serait «moralement impossible en raison des réactions qu'elle devait normalement susciter32.»

La démolition du Message de Fatima par Dhanis est un exemple typique de la manière dont les modernistes sapent les vérités catholiques en les basant sur des principes qu'ils inventent eux-mêmes. Puisque (principe inventé) la Consécration de la Russie est moralement impossible, comment Notre-Dame de Fatima aurait-Elle pu la requérir? Ayant ainsi truqué la présentation contre Sœur Lucie, Dhanis déclare «l'inévitable» conclusion: «Mais la Très Sainte Vierge aurait-Elle pu requérir une consécration qui, en toute rigueur de termes serait pratiquement irréalisable? … Cette question semble en vérité appeler une réponse négative … Ainsi, il semble à peine probable que Notre-Dame ait demandé la Consécration de la Russie …» Basé entièrement sur le principe que Dhanis a inventé, le témoignage de Sœur Lucie est taxé de fraude.

Telle est précisément la ligne adoptée par le Cardinal Sodano et ses fonctionnaires du Vatican: il était absolument impossible que la Mère de Dieu ait fait une requête aussi gênante diplomatiquement qu'une consécration publique de la Russie: et donc il nous faut, une fois pour toutes, nous débarrasser de cette questions embarrassante. Et c'est cette ligne, la Ligne du Parti, que confirme le Cardinal Ratzinger dans son «commentaire» en qualifiant Dhanis «d'éminent connaisseur» de Fatima. Le Cardinal Ratzinger, suivant la Ligne du Parti, suggère que le Troisième Secret se compose «des images que Sœur Lucie peut avoir vues dans des livres de piété et dont le contenu provient d'anciennes intuitions de foi.» En d'autres termes, qui peut dire vraiment quelles parties du Troisième Secret sont authentiques et lesquelles sont des souvenirs purement personnels ou des «intuitions»? Et si cela était du Troisième Secret, ce serait aussi vrai du reste du Message de Fatima.

L'essai furtif du Cardinal Ratzinger de saper la crédibilité de Sœur Lucie, tout en professant grand respect pour le Message de Fatima, sera repris dans le chapitre suivant. Il suffit de dire ici que l'accord évident du Cardinal Ratzinger avec Dhanis sur le fait que tous les éléments spécifiquement prophétiques du Message ne sont pas fiables, sert à le disqualifier de toute «interprétation» du Troisième Secret, ou de toute autre partie du Message de Fatima. Tout simplement, le Cardinal Ratzinger ne croit pas que la Mère de Dieu ait demandé la Consécration de la Russie, la conversion de la Russie à la Foi Catholique, le Triomphe de Son Cœur Immaculé et l'établissement dans le monde entier de la dévotion spécifiquement catholique au seul et unique Cœur Immaculé. Puisqu'il en est ainsi, le Cardinal se devait de révéler son préjugé et de s'abstenir de cette affaire, au lieu de prétendre donner une «interprétation» qui est en réalité une tentative de démonter et de discréditer ce qu'il veut paraître «interpréter.»

Que restait-il du Message de Fatima quand le Cardinal Ratzinger et Bertone en ont disposé le 26 juin? Sur ce point sont tous d'accord, le Cardinal Ratzinger, Monseigneur Bertone et Dhanis: «Ce qui reste, nous l'avons vu dès le début de notre réflexion sur le texte du “secret”: l'exhortation à la prière comme chemin pour le “salut des âmes” (sic) et, dans le même sens, l'appel à la pénitence et à la conversion.» Le 26 juin 2000, le Message de Fatima devint l'Eau de Rose de Fatima: une prescription délavée pour piété personnelle sans aucun rapport spécifique avec le futur.

Est-ce pour cela que la Mère de Dieu est venue sur la terre et a fait descendre le Miracle du Soleil? Il est intéressant de noter que même en présentant cette version minimaliste du Message, le Cardinal Ratzinger n'a pas pu écrire sur le salut des âmes sans mettre ces mots entre guillemets avec les mêmes signes de ponctuation dédaigneux qu'il a utilisés pour se tenir à distance des mots dévotion, triomphe et immaculé dans son commentaire. Il semble même que Eau de Rose de Fatima n'est pas assez léger dans son contenu catholique pour les palais œcuméniques des ecclésiastiques modernes.

Quant à l'avertissement prophétique de Notre-Dame: «plusieurs nations seront anéanties» si la Consécration de la Russie n'était pas faite, cela nous sommes apparemment censés l'oublier. Il n'y aura pas d'anéantissement des nations, «Fatima est complètement dans le passé.» Le Cardinal Sodano en dit autant. Le Cardinal Ratzinger est d'accord.

La Ligne du Parti
sur la Consécration de la Russie

Nous avons mentionné le rôle de l'Archevêque Bertone dans TMF. Ses principales contributions à la farce furent au nombre de deux:

D'abord, Bertone a donné «l'ordre» (contraignant pour personne, bien sûr) que les fidèles doivent cesser de demander la Consécration de la Russie: Donc, «toute discussion, toute nouvelle pétition [de la Consécration] est sans fondement.»

Pour soutenir cette revendication, Bertone a cité rigoureusement une seule pièce à conviction «la lettre du 8 novembre 1989» de «Sœur Lucie», à Monsieur Noelker, manifestement truquée, que nous avons déjà mentionnée. La même lettre où «Sœur Lucie» écrit à propos d'une consécration du monde par le Pape Paul VI à Fatima dont elle n'a jamais été témoin puisqu'elle n'a jamais eu lieu. Fait assez frappant: Bertone omet d'identifier le destinataire de la lettre. Et il ne fournit au monde aucune copie à examiner, de peur qu'on remarque la fatale bévue concernant la non-existence de «la consécration du monde» par le Pape Paul VI. Fait plus frappant encore: TMF ne contient absolument aucun témoignage direct de Sœur Lucie elle-même sur la Consécration, bien que Bertone lui-même l'ait rencontrée, à propos du Troisième Secret, seulement deux mois plus tôt, et qu'elle fût entièrement à la disposition du Cardinal Ratzinger et de tout le Vatican pendant la cérémonie de béatification en mai.

Chose un peu étonnante: la version TMF de la «Consécration de la Russie» — autant dire la version du Cardinal Sodano — contredit carrément toute une vie de témoignage du contraire par Sœur Lucie. Nous considérons ici quelques exemples.

Il y a plus de 55 ans le 15 juillet 1946, l'éminent auteur et historien, William Thomas Walsh a rencontré Sœur Lucie, ce qu'il a rapporté dans son œuvre importante: Notre-Dame de Fatima, vendue à plus d'un million d'exemplaires. Au cours de cette entrevue qui apparaît à la fin du livre, Monsieur Walsh a posé ses questions explicites sur la procédure correcte pour la Consécration Collégiale:

Finalement, nous en sommes venus au sujet important du second secret de juillet, dont on a publié tant de versions différentes et contradictoires. Lucie a dit clairement que Notre-Dame n'a pas demandé la Consécration du monde à Son Cœur Immaculé. Ce qu'Elle a demandé spécialement, c'était la Consécration de la Russie. Elle n'a pas commenté, bien sûr, le fait que le Pape Pie XII ait consacré le monde, et non la Russie, au Cœur Immaculé en 1942. Mais elle a répété plusieurs fois et avec une insistance délibérée: «Ce que veut Notre-Dame, c'est que le Pape et tous les évêques du monde consacrent la Russie à Son Cœur Immaculé le même jour spécial. Si cela se fait, Elle convertira la Russie et il y aura la paix. Si cela ne se fait pas, les erreurs de la Russie se répandront sur tous les pays du monde33.»

Sœur Lucie est claire et sans détours. La consécration collégiale requise par le Ciel est la Consécration de la Russie, et non du monde, qui doit être faite par le Pape en union avec les évêques du monde le même jour.

Puis, il y a la révélation peu connue de Notre-Dame à Sœur Lucie au début des années 1950, qui est rapportée dans Il Pellegrinaggio Della Meraviglie, publié sous les auspices de l'Episcopat italien. La Vierge Marie est apparue à Sœur Lucie en mai 1952 et a dit; «Fais savoir au Saint-Père que j'attends toujours la Consécration de la Russie à Mon Cœur Immaculé. Sans cette consécration, la Russie ne pourra se convertir, ni le monde avoir la paix34.»

Donc, 10 ans après la Consécration du monde par le Pape Pie XII en 1942, nous avons le rapport de Notre-Dame rappelant à Sœur Lucie que la Russie ne sera convertie et il n'y aura la paix, que si la Russie est nommément consacrée.

Trente ans plus tard, en 1982, le témoignage de Sœur Lucie demeure inchangé. Le 12 mai 1982, la veille de l'essai de consécration de 1982, le propre journal du Vatican, L'Osservatore Romano, a publié une entrevue de Sœur Lucie avec le Père Umberto Maria Pasquale, prêtre salésien, au cours de laquelle elle a dit au Père Umberto que Notre-Dame n'avait jamais requis la Consécration du monde, mais seulement la Consécration de la Russie:

A un certain moment, je lui ai dit: «Sœur, j'aimerais vous poser une question. Si vous ne pouvez me répondre, soit! Mais si vous pouvez répondre, je vous en serais très reconnaissant ... Notre-Dame vous a-t-elle jamais parlé de la Consécration du monde à Son Cœur Immaculé?»

«Non, Père Umberto! Jamais! A la Cova da Iria en 1917 Notre-Dame avait promis: “Je reviendrai demander la Consécration de la Russie …” En 1929, à Tuy, comme Elle l'avait promis, Notre-Dame est revenue me dire que le moment était venu de demander au Saint-Père la Consécration de ce pays-là (la Russie).»

Ce témoignage fût confirmé par Sœur Lucie dans une lettre calligraphiée au Père Umberto, que le prêtre a également publiée (voir reproduction photographique suivante). Voici une traduction de cette lettre:

Révérend Père Umberto, en réponse à votre question, je veux préciser: Notre-Dame de Fatima dans Sa requête, a cité seulement la Consécration de la Russie. ... Coimbra 13 IV -1980 — (Signée) Sœur Lucie



Le 19 mars 1983, de nouveau, à la requête du Saint-Père, Sœur Lucie a rencontré le Nonce du Pape, l'Archevêque Portalupi, le Docteur Lacerda, et le Père Messias Coelho. Au cours de cette rencontre, Sœur Lucie a confirmé que la Consécration du Pape Jean-Paul II de 1982 n'a pas accompli les requêtes de Notre-Dame. Sœur Lucie a dit:

Dans l'acte d'offrande du 13 mai 1982, la Russie n'est pas apparue nettement comme étant l'objet de la consécration. Et chaque évêque n'a pas organisé dans son diocèse une cérémonie publique et solennelle de réparation et de consécration de la Russie. Le Pape Jean-Paul II a simplement renouvelé la consécration du monde fait par Pie XII le 31 octobre 1942. De cette consécration de monde, on peut espérer certains bienfaits, mais non pas la conversion de la Russie35.

Elle concluait: «La Consécration de la Russie n'a pas été faite comme Notre-Dame l'avait exigée. Je n'ai pas pu le dire, parce que je n'avais pas la permission du Saint Siège36.»

Un an plus tard, le 25 mars 1984, le Pape Jean-Paul II a fait un acte d'offrande, où de nouveau, il a consacré «le monde», pas la Russie. Comme pour la consécration de 1982, «chaque évêque n'a pas organisé dans son propre diocèse une cérémonie publique et solennelle de réparation et de Consécration de la Russie.» Par rapport à cette cérémonie, le Frère François écrit: «Dans les mois qui suivirent l'Acte d'offrande du 25 mars 1984, qui n'était donc qu'un renouvellement de celui de 1982, les principaux experts de Fatima s'accordaient à dire que la Consécration de la Russie n'avait pas encore été faite comme le voulait le Ciel37.»

Telle était aussi la conviction de Père Antonio Maria Martins38, et du Père Messias Coelho qui, à la veille du 25 mars 1984, avait annoncé dans Mensagem de Fatima, dont il est éditeur-rédacteur, «Consécration de la Russie: Ce ne sera pas encore cette fois-ci.» Il expliqua plus loin: «Il est sûr que le plus contient le moins. Apparemment donc la Consécration du monde donnera peut-être l'impression de pouvoir se substituer à celle de la Russie. Cependant, le problème ne peut être résolu en termes logiques, ni même à la lumière d'une théologie systématique39.»

Ces théologiens basaient leurs déclarations non seulement sur le fait patent qu'une Consécration de la Russie nécessite la mention du mot «Russie», mais aussi sur le témoignage de Lucie elle-même.

Le jeudi 22 mars 1984, deux jours avant l'acte d'offrande, le Carmel de Coimbra célébrait le soixante-dix-septième anniversaire de Sœur Lucie. Elle reçut ce jour-là, selon sa coutume, sa vieille amie Madame Eugénia Pestana. Après avoir présenté de bons vœux à son amie carmélite, Madame Pestana demanda ensuite: «Alors, Lucie, dimanche, c'est la consécration?» Sœur Lucie qui avait déjà reçu et lu le texte de la formule de consécration du Pape fit un signe négatif et déclara: «Cette consécration ne peut avoir un caractère décisif40.»

Le «caractère décisif» qui est le sceau de la consécration propre est la conversion miraculeuse de la Russie. Même si la nouvelle «orientation œcuménique» de l'Eglise a jeté la confusion sur le but à atteindre, la conversion de la Russie veut dire la conversion au Catholicisme. Ce n'est pas seulement une affaire de sens commun, mais on le trouve aussi dans le témoignage du Père Joaquin Alonso, probablement le premier des experts de Fatima du 20ème siècle. Le Père Alonso, qui eut beaucoup d'entrevues avec Sœur Lucie, a écrit en 1976:

... nous devrions affirmer que Lucie a toujours pensé que la “conversion” de la Russie ne doit pas se limiter au retour du peuple russe aux religions chrétiennes orthodoxes, en rejetant l'athéisme marxiste des Soviets, mais que plutôt cela signifie purement, franchement et simplement la conversion de la Russie à la seule véritable Eglise du Christ, l'Eglise Catholique41.

Dans une entrevue en 1985 avec Sol de Fatima, on interrogea Sœur Lucie pour savoir si le Pape avait accompli la requête de Notre-Dame en consacrant le monde en 1984. Sœur Lucie répliqua: «Il n'y a pas eu de participation de tous les évêques et il n'y a pas eu mention de la Russie.» Puis on lui demanda: «Donc la Consécration n'a pas été faite comme l'a requise Notre-Dame?» à quoi elle a répondu: «Non, beaucoup d'évêques n'ont attaché aucune importance à cet acte42.»

Même le Père René Laurentin, camarade des progressistes, a reconnu en 1986 que «Sœur Lucie est restée insatisfaite43 ... Lucie semble penser que la Consécration “n'a pas encore été faite” comme le voulait la Vierge44.»

Puis le 20 juillet 1987, Sœur Lucie eut une rapide entrevue hors de son couvent au cours d'un vote. Elle a dit alors au journaliste Enrique Romero que la Consécration de la Russie n'a pas été faite selon la demande45.

On pourrait citer d'autres affirmations de Sœur Lucie sur le fait que la Consécration de 1984 n'a pas accompli les conditions du Ciel46, mais la question est réglée: Monseigneur Bertone et le Cardinal Ratzinger, suivant la Ligne du Parti de Sodano, se sont appuyés entièrement sur une seule lettre, manifestement fausse, pour triompher de plus de cinquante ans de témoignage invariable de la part de Sœur Lucie sur les exigences du Ciel pour une consécration valide de la Russie. Ils n'avaient pas osé interroger Sœur Lucie eux-mêmes sur la question ou, s'ils avaient osé, elle n'avait pas fourni des réponses en rapport avec la Ligne du Parti47.

La Ligne du Parti sur Fatima et la Paix Mondiale

Ceci nous amène à la seconde contribution de Monseigneur Bertone à la farce. Elle s'est présentée sous la forme de cette déclaration:

La décision du Pape Jean-Paul II de rendre publique la troisième partie du «secret» de Fatima conclut une période de l'histoire, marquée par de tragiques volontés humaines de puissance et d'iniquité, mais pénétrée de l'amour miséricordieux de Dieu et de la vigilance prévenante de la Mère de Jésus et de l'Eglise.

Il est difficile de trouver des mots pour exprimer le caractère injurieux de cette déclaration. La Ligne du Parti de Sodano y expose sérieusement que toute une ère d'avidité humaine de pouvoir et de mal est parvenue à sa fin avec la «révélation» vaticane de la vision ambiguë d'«un Evêque vêtu de Blanc.» Auquel cas, pourquoi le Vatican a-t-il attendu quarante ans pour apporter au monde la paix, alors qu'il suffisait, selon Monseigneur Bertone, de monter une conférence de presse en 1960 pour publier cette vision?

Le Cardinal Sodano a compris évidemment son obligation de fournir aux fidèles quelque sorte de feinte pour tenir lieu du triomphe du Cœur Immaculé, qui ne s'était jamais concrétisé à la suite de la «Consécration de la Russie» en 1984. La conférence de presse du 26 juin 2000 fut alors présentée comme le point culminant du Message de Fatima!

Mais en quelque sorte Monseigneur Bertone et le Cardinal Ratzinger également avaient réussi à ignorer les implications évidentes de la lettre du 12 mai 1982 de Sœur Lucie au Pape, qu'ils avaient eux-mêmes (en partie) photocopiée dans TMF:

Et si nous ne constatons pas encore la réalisation totale de la fin de cette prophétie, nous voyons que nous nous y acheminons peu à peu à grands pas48. Si nous ne renonçons pas au chemin de péché, de haine, de vengeance qui viole les droits de la personne humaine, d'immoralité et de violence, etc.

Et ne disons pas que c'est Dieu qui ainsi nous punit; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment.

Cette lettre de 1982 ne fait absolument aucune référence à la tentative d'assassinat de 1981. Encore moins considère-t-elle la tentative comme quelque sorte d'accomplissement du Troisième Secret. De toute évidence un an après la tentative, Sœur Lucie demeurait inquiète d'un châtiment mondial en conséquence du manquement de l'Eglise à tenir compte des impératifs du Message de Fatima. Elle n'écrivait certainement pas au Pape sur le triomphe du Cœur Immaculé, mais plutôt sur l'anéantissement des nations.

Il est très curieux également que la même lettre de Sœur Lucie (que Ratzinger et Bertone nous disent avoir été adressée au Pape Jean-Paul II) contient l'expression: «La troisième partie du Secret que vous êtes si avide de connaître (que tanto ansiais por conhecer).» Pourquoi le Pape serait-il «si avide de connaître» la troisième partie du Secret s'il avait déjà le texte en sa possession au Vatican, où il réside depuis 1957? Pourquoi Sa Sainteté serait-elle «si avide de connaître» ce qu'elle avait déjà lu en 1981 (selon la déclaration Bertone/Ratzinger), ou dès 1978, comme l'a dit à la presse portugaise le porte-parole du Pape Joaquin Navarro-Valls?

Il est grandement suspect que l'expression «que vous êtes si avide de connaître» soit supprimée dans toute la traduction vaticane de la lettre originale portugaise dans les versions en différentes langues du commentaire Cardinal Ratzinger/Bertone. Même la version en langue portugaise de TMF omet l'expression «que vous êtes si avide de connaître» dans la reproduction portugaise à la machine de la lettre originale. Il est clair que le personnel du Vatican voulait éviter une tempête de questions pour savoir comment le Pape pouvait être avide de savoir quelque chose qu'il savait déjà. Mais au moment où les journalistes pouvaient comparer leurs traductions avec la lettre portugaise originale, la conférence de presse était finie et on ne pouvait poser de questions supplémentaires.

On peut tirer deux conclusions: ou bien la lettre n'a pas vraiment été écrite au Pape, ou bien il y avait quelque chose de joint au Secret que le Pape ne savait pas vraiment à la date du 12 mai 1982, date de la lettre prétendue de Sœur Lucie. Comme dit le célèbre aphorisme de Walter Scott: «Oh! quelle toile enchevêtrée nous tissons, quand nous nous mettons à pratiquer le mensonge49.» Le premier mensonge — Fatima appartient au passé — mène à une toile enchevêtrée d'autres mensonges afin d'occulter le premier.

Le Père Gruner pour Cible

Mais il y avait plus à faire dans cette campagne pour enterrer Fatima dans le passé. Que faire du «prêtre de Fatima», dont les publications et émissions de l'œuvre, avec persistance et grande efficacité, ramenaient la question que le Vatican, poursuivant sa nouvelle vision de l'Eglise, avait tourné le dos aux requêtes de la Vierge? A la fin de la conférence de presse du 26 juin, le Cardinal Ratzinger est sorti de son propos pour mentionner nommément le Père Gruner, déclarant que le Père Gruner doit être «soumis au Magistère» sur la question de la Consécration de la Russie, qui (selon la Ligne du Parti) était désormais terminée et achevée. Mais le Magistère — le Bureau officiel de l'enseignement de l'Eglise — n'avait rien enseigné de ce genre. Il n'y avait que l'interprétation de Fatima par Sodano, «l'essai» non contraignant de TMF de faire disparaître toute explication du contenu prophétique spécial du Message de Fatima50 (en ne retenant que la prière et la pénitence.)

Pour engager cette persécution, la Congrégation Vaticane pour le Clergé avait envoyé au Père Gruner, seulement quelques jours avant la conférence de presse du 26 juin, une lettre contenant la menace ahurissante qu'il serait excommunié de l'Eglise Catholique. Cette lettre fut suivie d'un communiqué aux évêques des Philippines (où l'œuvre du Père Gruner est vigoureusement soutenue), avisant que le Père Gruner serait excommunié si (entre autres exigences) «il ne se réconciliait avec les autorités de l'Eglise» — c'est à dire ne retournait au Diocèse d'Avellino, ne fermait son œuvre et ne s'inclinait devant la Ligne du Parti à propos de Fatima. Pour sa part, l'évêque d'Avellino n'avait jamais eu besoin des services du Père Gruner, ne l'avait jamais soutenu financièrement depuis 1978, n'avait jamais pris aucune mesure pour lui assurer un visa d'immigration adapté pour le «retour» à Avellino. L'évêque d'Avellino n'était rien qu'un pion sur l'échiquier du Secrétaire d'Etat. (Nous aurons plus à dire dans les chapitres ultérieurs sur ce travestissement.)

Dans ses réflexions sur le Père Gruner à la fin de la conférence de presse du 26 juin, le Cardinal Ratzinger avait aussi remarqué que le Père Gruner souffrait sans doute d'angoscia — terme italien pour désigner l'extrême angoisse mentale. Le Cardinal Ratzinger, de toute évidence, était au courant de la menace d'excommunication qui provoquerait en vérité angoscia en tout prêtre fidèle qui aime l'Eglise. Mais l'état du Père Gruner n'est qu'emblématique de l'état de l'Eglise dans son ensemble à l'époque post-conciliaire: un prêtre qui n'a commis aucun délit contre la foi et les mœurs est menacé personnellement d'excommunication par la tête même de la Congrégation pour le Clergé, alors que dans toute l'Eglise, des prédateurs en col romain tourmentent les enfants de chœur et répandent l'hérésie, tandis que les évêques les déplacent et cachent leurs activités et les protègent de tout châtiment et que la Congrégation pour le Clergé ne fait rien.

Qu'est-ce qui va expliquer cette outrageante disparité de justice? Une seule explication logique, nous semble-t-il, basée sur ce que nous avons montré jusqu'ici: dans l'Eglise Catholique de l'Adaptation post-conciliaire: le seul délit impardonnable, tout comme dans la Russie stalinienne, c'est de résister à la Ligne du Parti. Et le Père Gruner avait résisté à la Ligne du Parti à propos de Fatima.

Sort Notre-Dame, Entre Gorbachev

Nous avons déclaré que cette dérision et occultation du Message de Fatima — la Ligne du Parti sur Fatima — avait pour but de l'enterrer une fois pour toutes, de sorte que le Cardinal Sodano pût poursuivre la nouvelle orientation de l'Eglise. En voici la preuve explicite:

Fatima ayant été «déboulonné en douce» (pour citer le Los Angeles Times) par le Cardinal Ratzinger et Monseigneur Bertone le 26 juin, le personnel du Vatican, à la suite du Cardinal Sodano, est descendu à ce qu'il considère comme l'affaire sérieuse de l'Eglise. Le lendemain même Mikhail Gorbachev siégeait comme hôte d'honneur entre les Cardinaux Sodano et Silvestrini à une «conférence de presse» du Vatican. Quel était le but de cette conférence de presse? Elle était rassemblée pour célébrer l'un des éléments-clés de la nouvelle orientation de l'Eglise: l'Ostpolitik, la politique de «dialogue» et de compromis avec les régimes communistes (dont la Chine Rouge) qui persécutent l'Eglise. L'occasion immédiate de la conférence de presse était la publication posthume des mémoires du Cardinal Casaroli, grand propagandiste de l'Ostpolitik, et prédécesseur du Cardinal Sodano dans la mise en vigueur de la Ligne du Parti par le Secrétaire d'Etat51.

Selon la vraie méthode stalinienne, aucune question de la part de la presse ne fut autorisée à cette curieuse «conférence de presse» — une conférence de presse sans aucune question de la part de la presse! Le Vatican voulait évidemment être sûr que personne ne résiste à la Ligne du Parti avec des questions sur Fatima ou sur les raisons du Vatican pour honorer des hommes comme Mikhail Gorbachev, qui se reconnaît encore léniniste et dont les fondations non-imposables favorisent l'usage de l'avortement et de la contraception pour éliminer quatre milliards de personnes de la population mondiale52. Et sans mentionner encore la défense publique de ce personnage abreuvé de sang lors de l'invasion soviétique en Afghanistan quand il était encore à la tête du Parti Communiste Soviétique — campagne génocide qui comportait la pose de bombes déguisées en jouets pour faire sauter les membres et les têtes des enfants afghans53.

Pourrait-il y avoir une démonstration plus spectaculaire de l'opposition fondamentale entre l'Eglise de tout temps et l'Eglise de l'Adaptation? Le 26 juin 2000, on a montré la porte à Notre-Dame, Son Message Céleste fut effrontément censuré et révisé par des hommes qui voulaient le consigner à l'oubli. Puis le lendemain, Mikhail Gorbachev entrait au Vatican pour célébrer la nouvelle orientation de l'Eglise exécutée par le défunt Cardinal Casaroli et par son successeur, le Cardinal Sodano.

Gorbachev, à la tête de la culture de mort, fut encore honoré par le Vatican de nouveau le 4 novembre 2000 où il fit un discours au Pape et autres prélats, lors du «Jubilé des Politiciens» — un dîner de gala pour environ 5 000 chefs d'Etat du monde, gouvernants de Républiques civiles sans Dieu. Les photographes ont saisi le Pape en train d'écouter très attentivement un discours prononcé par ce promoteur-clé de l'holocauste de l'avortement54. Ce mélange grotesque d'un Jubilé — tradition spirituelle dans l'Eglise, héritée d'une coutume de l'Ancien Testament — avec des discours sur des affaires civiles par des politiciens pro-avortement, c'est seulement typique de la nouvelle orientation qui cherche constamment à fondre l'Eglise avec le monde dans la grande Adaptation du Catholicisme Romain à la «civilisation moderne».



Vladimir Lénine, le mauvais génie de la Révolution Communiste de Russie en 1917, sans qui, selon l'accord des historiens, la Révolution Russe n'aurait pas réussi. Selon lui-même, deux principes fondamentaux pour établir et répandre la révolution mondiale communiste: le principe du terrorisme (stratégiquement utilisé) ainsi que le principe que «le mensonge est sacré.» En d'autres termes, Lénine a enseigné: si le mensonge favorise la Révolution Communiste, en toute circonstance où se trouve un agent (ou des agents) communiste(s), alors, selon Lénine, mentir est un devoir sacré pour lui (pour eux). Mais parce que le mensonge peut être découvert, si le premier mensonge dit par l'agent n°1 ne concorde pas avec le second mensonge dit par l'agent n°2, Lénine en arrivait à la nécessité d'un mensonge commun que tous les agents répéteraient pour être d'accord devant le public général. C'est ce mensonge général commun qui est désigné par la «Ligne du Parti.» C'est ce qui est développé plus loin dans le chapitre suivant, où il est également expliqué comment fonctionne une «Ligne du Parti» à l'intérieur de l'Eglise Catholique pour détruire Fatima.



Notes:

1. «The Moscow Patriarchate and Sergianism (Le Patriarcatat de Moscou et le Sergianisme),» Boris Talantov, tiré de Russia's Catacomb Saints (Les Saints des Catacombes en Russie), (St. Herman of Alaska Press, Platina, Californie, 1982), pp. 463-486.

2. «The Moscow Patriarchate and Sergianism, An Essay by Boris Talantov (Le Patriarcatat de Moscou et le Sergianisme, Essai de Boris Talantov),» www.orthodoxinfo.com/resistance/cat_tal.htm.

3. Remarques du 17 janvier 1998, à la Conférence de l'Aide à l'Eglise en Russie. www.catholic.net/rcc/Periodicals/Faith/1998-03-04/Russia.html. Réédité dans The Catholic Dossier (Le Dossier Catholique), mars/avril 1998, p. 4.

4. L'Osservatore Romano, 26-27 mars 1984, pp. 1 et 6.

5. Avvenire, 27 mars 1984, p. 11.

6. Le Père Fabrice Delestre «Fatima: Why Isn't the Mother of God Being Obeyed as She Should Be? (Fatima: Pourquoi N'obéit-On Pas à la Mère de Dieu Comme On Devrait?),» (Angelus, juin 2000), Vol. 23, n° 6. Voir aussi Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial (Contre-Réforme Catholique, France, 1991), p. 364.

7. Les remarques du Père Maurer ont paru dans un entretien du Catholic World Report (Rapport du Mondial catholique), février 2001. Un synopsis et un commentaire de cet entretien a été publié dans «The Myth of a Converted Russia Exposed (Exposé sur le Mythe d'une Russie Convertie),» de Marian Horvat (Ph.D.), Catholic Family News, mars 2001.

8. Voir Mark Fellows «This Present Darkness (Ces Ténèbres Actuelles),» Partie III, Catholic Family News, octobre 2000.

9. En ce qui concerne l'alcool en Russie, des chercheurs ont conclu, «Le taux de consommation d'alcool en Russie, traditionnellement parmi les plus hauts du monde et en augmentation significative dans les années 1990, est un facteur majeur de la crise nationale de santé ... L'alcoolisme a atteint des proportions épidémiques, particulièrement chez les hommes ... Une étude russe de 1995 a montré que l'état régulier d'ivresse affectait entre 25 et 60 pour cent des travailleurs ... En 1994 quelque 53 000 personnes sont mortes par empoisonnement de l'alcool, augmentation d'environ 36 000 depuis 1991.» Dans les dix ans qui ont suivi la prétendue conversion de la Russie, il y a eu aussi forte augmentation d'usage illégal de drogue. «En 1995, on estimait que 2 millions de Russes usaient de narcotiques, plus de vingt fois le total enregistré dix ans plus tôt dans toute l'Union Soviétique, le nombre d'usagers augmente de 50% tous les ans pour les années 90.» Tiré de Mark Fellows «This Present Darkness (Ces Ténèbres Actuelles),» Partie II, Catholic Family News, septembre 2000.

10. «Satanism on the Rise in Russia (La Montée du Satanisme en Russie),» recueilli par John Vennari. Voir www.fatima.org/satanism.html.

11. «Russia Legalizes Homosexuality (La Russie Légalise L'Homosexualité),» United Press International, 28 mai 1993. Pour citer le début de l'article, «Les activistes homosexuels de Russie ont célébré vendredi une victoire majeure pour les droits des gays dans la Russie post-soviétique à la suite du retrait officiel de l'article 121 du Code criminel soviétique, qui excluait l'homosexualité entre hommes. “C'est une grande nouvelle pour les gays et les lesbiennes en Russie” dit Vladislav Ortanov, rédacteur en chef de la revue gay de Moscou Risk.»

12. «Un Promoteur Dit Que Seront Difficiles Les Poursuites Pour Pornographie Auprès des Enfants en Indonésie, en Russie,» Christine Brummitt, Associated Press, 9 août 2001. (C'est nous qui soulignons).

13. «Big Brotherski goes too far for Staid Russians (Big Brotherski va trop loin pour les Russes Sérieux),» Mark Franchetti, Sunday Times (London), 25 novembre 2001.

14. «New Visa System Seen Choking Russia's Catholic Parishes (Le Nouveau Système de Visas Paraît Etouffer les Paroisses Catholiques du Russie),» Russia Reform Monitor, n° 485, 28 juillet 1998. Egalement, «Catholic Clergy in Siberia Face Growing Visa Difficulties (Le Clergé Catholique en Sibérie Fait Face à de Croissantes Difficultés de Visa),» Catholic World News, 19 novembre 1997.

15. Sarah Karush, «Foreign Priests Spark Controversy (Les Prêtres Etrangers Provoquent la Controverse),» Associated Press, 12 février 2002.

16. Radio Free Europe Report, 20 juin 2001.

17. Ibid. Voir aussi Catholic News Service, 17 février 2002.

18. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 374.

19. Pour un bon traité du mensonge dans la lettre de Noelker, voir Mark Fellows, «This Present Darkness (Ces Ténèbres Actuelles),» Partie II, Catholic Family News, septembre 2000.

20. Le principe qui exige que l'autorité soit exercée au niveau le plus bas possible pour éviter la tyrannie par centralisation excessive du gouvernement. Par exemple, le budget d'une ville devrait être déterminé par le Conseil Municipal, non par l'Etat, ou le Gouvernement Fédéral.

21. Dans l'ancienne structure, avant 1967, le Pape présidait à la Curie Romaine. Dans la nouvelle structure, depuis 1967, c'est le Secrétaire d'Etat du Vatican qui préside à la Curie Romaine. Le lecteur est invité à vérifier l'Annuario Pontificio à la fois avant et après 1967 pour voir le changement de structure de la Curie Romaine.

22. Un prêtre français a montré le document maçonnique, entre autres, au prêtre américain le Père Paul Kramer.

23. Paul Fisher Their God is the Devil (Leur Dieu, c'est le Démon), (American Research Foundation, Washington, D.C., 1990), p. 40.

24. Voir Francis Alban et Christopher Ferrera, Fatima Priest (Le Prêtre de Fatima), Quatrième Edition, (Good Counsel Publications, Pound Ridge, New York, 2000), Chap. 12, 14, 17-22; App. I, App. II.

25. Pour les détails des «procédés» longs et tortueux afin de réduire au silence le Père Gruner, le lecteur peut consulter Fatima Priest (Le Prêtre de Fatima), (Quatrième Edition), A Law For One Man (Une Loi pour Un Seul Homme) (tous deux disponibles Fatima Center, 17000 State Route 30, Constable, New York 12926) ou visiter le site Internet de Fatima www.fatima.org.

26. Sur les tergiversations concernant la cérémonie de Béatification et ce qui s'y rapporte, voir le quotidien Correio de Manhã du 14 octobre 1999, l'article, p. 12; l'hebdomadaire Jornal de Leiria du 14 octobre 1999, p. 24; l'hebdomadaire A Ordem du 21 octobre 1999, p. 1; l'hebdomadaire officiel du Patriarcat de Lisbonne Voz da Verdade du 31 octobre 1999, p. 6; l'article intitulé «La Béatification des Petits Bergers se fera Certainement à Rome»; l'hebdomadaire officiel du Patriarcat de Lisbonne Voz da Verdade du 5 décembre 1999, titrait, «Le Pape retournera au Portugal; Fatima est le lieu de la Béatification,» un article dans Euronoticias du 24 mars 2000, p. 8, intitulé «l'évêque de Leiria-Fatima,» Conférence de Presse du 21 mars; Euronoticias du 24 mars 2000, p. 8, «Crise: L'évêque de Leiria-Fatima Crée Un Mystère Autour de la Visite du Pape Sans Dire au Patriarche en Quoi elle Consiste, le Pape Révélera-t-il le Troisième Secret?»; Euronoticias du 24 mars, un article p. 9 intitulé, «Analyse: Des Personnes Qui Ont Etudié les Apparitions Disent que le Troisième Secret Pourrait Concerner la Destruction de la Foi. Une Crise Interne de l'Eglise, ce serait le Troisième Secret.»

27. Le Père Herman Bernard Kramer, The Book of Destiny (Le Livre de la Destinée), (1ère publication 1955, republié par TAN Books and Publishers, Inc., Rockford, Illinois, 1975), pp. 279-284.

28. Ibid.

29. Ibid.

30. Sur ce point, nous renvoyons le lecteur aux articles suivants, dans Euronoticias du 24 mars 2000, p. 8, intitulé «L'évêque de Leiria-Fatima.» Conférence de Presse du 21 mars; Euronoticias du 24 mars 2000, p. 8, «Crise: L'évêque de Leiria-Fatima Crée Un Mystère Autour de la Visite du Pape Sans Dire au Patriarche en Quoi elle Consiste, le Pape Révélera-t-il le Troisième Secret»?; Euronoticias du 24 mars, un article, p. 9 intitulé, «Analyse Des Personnes Qui Ont Etudié les Apparitions Disent que le Troisième Secret Pourrait Concerner la Destruction de la Foi. Une Crise Interne de l'Eglise, ce serait le Troisième Secret.»

31. Toute la thèse de Dhanis contre Fatima est expliquée et critiquée dans Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1983), Chap. 1, pp. 11-40. Toutes les citations concernant cette fausse théorie viennent de cette source.

32. Ibid.

33. William Thomas Walsh, Our Lady of Fatima (Notre-Dame de Fatima), (Image-Doubleday, New York, Imprimatur 1947), p. 221. Souligné dans l'original.

34. Il Pellegrinaggio Della Meraviglie, p. 440, Rome, 1960. Cette même oeuvre, publiée sous les auspices de l'épiscopat italien, affirme que ce message fut communiqué au Pape Pie XII en juin. Le Chanoine Barthas mentionna également cette apparition dans sa communication au Congrès Mariologique de Lisbonne-Fatima, en 1967; voir, De Primordiis cultus marianae, Acta Congressus mariologici-mariana in Lusitania anno 1967 celebrati, p. 517, Rome, 1970. Voir Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 280.

35. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 360.

36. Reporté dans un article du Père Pierre Caillon du Centre Saint Jean 61 500 Sées (Orne) France. Cet article fut publié par le mensuel Fidélité Catholique BP 217-56402. Auray Cedex, France. Traduction anglaise dans The Fatima Crusader, n° 13-14 (octobre-décembre 1983), p. 3.

37. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 364.

38. Voir Fatima e a Coraçao de Maria (Fatima et le Cœur de Marie), pp. 101-102.

39. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 364.

40. Ibid., p. 361.

41. La Verdad Sobre el Secreto de Fatima, Fatima sin Mitos (La Vérité sur le Secret de Fatima, Fatima sans Mythes) Père Joaquin Alonso (2e édition, (l'Armée Bleue) Ejercito Azul, Madrid, 1988), p. 78. Traduction anglaise de Joseph Cain. Voici l'Espagnol original: «... podriamos decir que Lucia ha pensado siempre que la “conversión” de Rusia no se entiende solo de un retorno de los pueblos de Rusia a la religion cristiano-ortodoxa, rachazando el ateismo marxista y ateo de los soviets, sino que se refiere pura y llanmente a la conversion total e integral de un retorno a la unica y verdadera Iglesia, la catolica-romana.» [«Nous pourrions dire que Lucie a toujours pensé que la «conversion» de la Russie ne signifiait pas seulement un retour des peuples de Russie à la religion chrétienne-orthodoxe, en rejetant l'athéisme marxiste et l'athéisme des soviets, mais qu'elle se référait purement et simplement à la conversion totale et intégrale pour un retour à l'unique et véritable Eglise Catholique Romaine.»]

42. Sol de Fatima, septembre 1985.

43. Chrétiens-Magazine, mars 1987, #8. Tiré de Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 373.

44. Père Laurentin, «Multiplication des Apparitions de la Vierge aujourd'hui,» p. 45, Fayard, septembre 1988. Tiré de Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 373.

45. Ce témoignage de Sœur Lucie a été rapporté début août 1987 dans l'édition de Para Ti publié en Argentine. Voir, World Enslavement or Peace … It's up to the Pope (l'Asservissement Mondial ou Paix ... C'est l'affaire du Pape),» Père Nicholas Gruner (Immaculate Heart Publishing, 1989), pp. 212-213.

46. Pour témoignage supplémentaires, voir chapitre XVIII de Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, pp. 429-441.

47. L'entretien rapporté le 17 novembre 2001, entre l'Archevêque Bertone et Sœur Lucie est traité en entier au chapitre 14, «Entendons le Témoin, pour l'Amour du Dieu.»

48. La traduction vaticane, «nous y allons peu à peu à grands pas» est nettement défectueuse. Les mots «peu à peu» n'apparaissent pas dans le manuscrit portugais original, publié le p. 9 dans TMF fourni par le Vatican lui-même. Nous avons donc communiqué notre propre traduction précise.

49. Marmion, Canto 6 stance 17, “Une Histoire de Champ Piétiné”. Poèmes de Sir Walter Scott.

50. Il faudrait noter que le Cardinal Ratzinger lui-même a dit, par rapport à l'interprétation vaticane du Troisième Secret, «l'Eglise ne veut pas imposer une interprétation.» Cette citation fut rapportée dans «Final Secret of Vatican published by Vatican» Boston Herald, 27 juin 2000; «Vatican's Secret is Out (Le Secret du Vatican est Sorti),» The Express, 27 juin 2000; «Vatican Unease as it Reveals the Full Third Secret of Fatima (Malaise au Vatican pour la Révélation Intégrale du Troisième Secret de Fatima),» Financial Times (London), 27 juin 2000; «Fatima: “Snapshot of Martyr's Past Century”» The Irish Times, 27 juin 2000.

51. Nouvelles de la Conférence de Presse du 27 juin 2000, «Gorbachev Helps Introduce Casaroli Memoirs (Gorbachev Aide à Présenter les Mémoires de Casaroli),» Catholic World News, 27 juin 2000.

52. En septembre 1995, Gorbachev a tenu son «Forum sur l'Etat Mondial» à San Francisco. Plus de 4 000 des «élites» mondiales ont payé 5 000 dollars par personne pour assister à cet événement de 5 jours. En une session plénière de clôture du forum, un philosophe/auteur nommé Sam Keen a fourni un résumé et des remarques de conclusion sur la conférence. Elle révèle une éthique anti-vie et anti-chrétienne du Forum. Aux participants à la conférence, Keen a dit, «Il est apparu un accord très net pour que les institutions religieuses prennent la responsabilité première de l'explosion de population. Nous devons parler beaucoup plus clairement de sexualité, de contraception, d'avortement, des valeurs qui contrôlent la population, parce que la crise écologique, en bref, est la crise de population. Diminuez la population de 90 % et il ne reste pas assez de population pour faire beaucoup de nuisances écologiques.» Voir «l'élite mondiale se rassemble pour parler de dépopulation» John Henry Western; The Interim, avril 1996.

53. Voir entretien avec l'officiel afghan Abdul Shams dans Review of the News, juillet 1985.

54. Photographie publiée dans Catholic Family News, janvier 2001, p. 13.


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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:43

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 9

Mise en Vigueur de la
Nouvelle Orientation dans
une Eglise «Post-Fatima»

Les mois qui ont suivi la conférence de presse du 26 juin ont vu s'accélérer la campagne de mise en vigueur de la nouvelle orientation du Message de Fatima et de l'Eglise en général.

Par exemple, le 29 juin 2000, deux jours seulement après la farce de Gorbachev, eut lieu un événement apparemment sans relation, mais en réalité, tout à fait en rapport. Le Cardinal Castrillón Hoyos a publié une lettre en sa qualité de chef de la Commission Ecclésia Dei, qui est censée assurer l'accès à la Messe Latine traditionnelle pour ceux qui la recherchent. La lettre annonce quelque chose de tout à fait remarquable à une époque d'absence générale de discipline dans l'Eglise. Le Chapitre Général (rencontre) de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (officialisée par le Pape Jean-Paul II pour servir les aspirations des Catholiques traditionnels qui n'ont pas accueilli les changements dans l'Eglise) sera supprimé. Les élections n'y auront pas lieu. Les prêtres membres de la Fraternité ne seront pas autorisés à réélire comme Supérieur le Père Josef Bisig, qu'on s'attendait à voir nommer et réélire au chapitre à une écrasante majorité. Le Cardinal Castrillón Hoyos voulait simplement imposer à la Fraternité un candidat plus à son goût. En outre, les recteurs des deux séminaires de la Fraternité seraient écartés et remplacés par des prêtres d'esprit plus libéral.

La logique de ces actions du Cardinal est déclarée dans sa lettre:

Vous savez très bien que votre séminaire est observé par beaucoup de personnes de l'Eglise et qu'il doit être exemplaire à tous égards. En particulier, il est requis d'éviter et de combattre un certain esprit de rébellion contre l'Eglise d'aujourd'hui, lequel esprit trouve facilement des adeptes parmi les jeunes étudiants, qui, comme tous les jeunes, sont enclins à des positions extrêmes et rigoureuses1.

Dans une entrevue postérieure avec la revue 30 Jours, le Cardinal expliqua en outre qu'il ne faisait qu'aider la Fraternité «à établir un équilibre entre leur charisme original et la conséquence de leur insertion dans la réalité ecclésiale d'aujourd'hui2.»

Considérez en même temps ces deux expressions: «un sûr esprit de rébellion contre l'Eglise d'aujourd'hui», et «leur insertion dans la réalité ecclésiale d'aujourd'hui.» Or, les séminaristes de la Fraternité Sacerdotale sont baptisés dans l'Eglise Catholique. Ils sont nés et ont été élevés dans l'Eglise Catholique «courante». Ils n'étaient pas membres de la Fraternité Saint Pie X prétendument «schismatique» fondée par l'Archevêque Marcel Lefebvre, connu pour sa résistance aux changements post-conciliaires. Non, c'étaient des jeunes qui venaient du «courant général» de l'Eglise et sont entrés dans la Fraternité pour recevoir une formation traditionnelle et célébrer la Messe Latine traditionnelle.

Et cependant ces jeunes gens, qui ne sont jamais entrés dans le schisme (soi-disant), s'entendent dire que néanmoins, ils doivent être insérés dans «l'Eglise d'aujourd'hui» et «la réalité ecclésiale d'aujourd'hui.» Mais s'ils sont déjà Catholiques, quelle est donc cette chose dans laquelle ils doivent «s'insérer»? Est-ce la Sainte Eglise Catholique? Il est clair que non. Ce dont parle le Cardinal — qu'il le sache explicitement ou non — c'est l'Eglise de l'Adaptation; l'Eglise de la nouvelle orientation. Nous le savons, parce que les prêtres et les séminaristes de la Fraternité Saint-Pierre reconnue par le Pape, sont indubitablement Catholiques, de sorte que si on est en train de les insérer dans quelque chose, ce n'est pas la Sainte Eglise Catholique mais quelque chose d'autre.

Et c'est pourquoi nous parlons de la stalinisation de l'Eglise. Ce n'est pas comme si l'Eglise avait été complètement détruite et avait complètement cessé d'être ce qu'Elle était, car c'est impossible, étant donné la promesse de Notre-Seigneur que les portes de l'enfer ne prévaudraient pas contre Son Eglise. C'est plutôt une sorte de cheval de Troie dans l'Eglise — une église dans l'Eglise, une collection de pratiques et d'attitudes nouvelles — jamais vues auparavant dans l'histoire de l'Eglise — qui maintenant souhaite dire avec insistance qu'elle est l'Eglise. Et quiconque souhaite suivre l'Eglise aujourd'hui, la Sainte Eglise Catholique, doit consentir à s'insérer dans cette «réalité ecclésiale d'aujourd'hui» à l'intérieur de la constante réalité ecclésiale de l'Eglise. «La réalité ecclésiale d'aujourd'hui» est seulement un phénomène temporaire que Dieu rectifiera certainement à cause des dommages indicibles qu'elle a causés à l'Eglise; mais le Cardinal Castrillón et ses collaborateurs, soutenant la nouvelle orientation de la Ligne du Parti en générale de l'Eglise, veulent prétendre que ce sera une chose permanente.

On ne pourrait demander meilleur preuve de l'existence de la nouvelle orientation de l'Eglise, de Son Adaptation stalinienne, pour ainsi dire, que le comportement brutal du Cardinal vis-à-vis de la Fraternité Sacerdotale. De telles mesures ne seraient jamais prises contre les Jésuites ou les autres ordres sacerdotaux qui sapent l'Eglise depuis Vatican II. Pourquoi? Parce que ces ordres, moralement et doctrinalement corrompus, adhèrent à l'Adaptation, à la Ligne du Parti, à la nouvelle orientation. Dans la crise actuelle, la seule chose que le Vatican désire appliquer, immédiatement et vigoureusement, c'est l'Adaptation de l'Eglise au monde — ni saine doctrine, ni saine pratique dont on se moque dans toute l'Eglise, en toute impunité de fait — mais seulement l'Adaptation.

En septembre 2000, nous trouvons encore un autre exemple spectaculaire de l'Adaptation de l'Eglise. Du 12 au 19 septembre 2000, le Cardinal Roger Etchegaray était en Chine Rouge pour assister à un «Symposium sur les Religions et la Paix.» Il y célébra alors la Messe en présence des évêques schismatiques de l'Association Patriotique Catholique (CPA). La Messe fut célébrée dans le Sanctuaire de Notre-Dame, Secours des Chrétiens, que le régime de la Chine Rouge a volé à la véritable Eglise Catholique de Chine3.

La CPA a été fondée dans les années 1950 pour remplacer l'Eglise Catholique quand le «Président Mao» eut déclaré «illégale» en Chine Rouge l'Eglise Catholique. Le CPA est donc une organisation humaine créée par un gouvernement communiste et établi comme «église» que doivent obligatoirement rejoindre les Catholiques chinois, en abandonnant l'Eglise Catholique Romaine, dont l'existence même a été déclarée «illégale» par le régime de la Chine Rouge. La constitution de la CPA rejette explicitement la soumission au Pape et déclare l'autonomie de la CPA par rapport à Rome. Les évêques et les prêtres de la CPA, sont, donc, tous schismatiques par définition.

Plus de 100 évêques ont été consacrés illicitement par la CPA sans mandat papal, en violation directe du Code de Droit Canon; pire encore, ces évêques consacrés illicitement ont déclaré publiquement leur allégeance primordiale au régime communiste de Chine tout en désavouant (par la Constitution de la CPA) toute allégeance ou soumission au Pape. En conséquence, ces évêques illicites, et ceux qui les ont consacrés, sont excommuniés. En 1994, les évêques de la CPA ont publié une prétendue lettre pastorale dans laquelle ils reconnaissaient la politique de contrôle des naissances, y compris les avortements obligatoires sur toutes les femmes qui ont déjà un enfant, appelant les Catholiques chinois à soutenir cette abomination.

Bref, la CPA est une organisation pro-avortement, créée par les communistes, contrôlée par les communistes, indiscutablement schismatique, indiscutablement hérétique, créée par le démon lui-même, agissant par Mao Tsé Tung et son successeur le «Président» Jiang. Et cependant, le Vatican n'a déclaré aucun schisme, aucune excommunication de ce clergé pro-avortement sous contrôle communiste. Au contraire, le Cardinal Etchegaray est allé en Chine et a célébré la Messe en présence des évêques de la CPA, dans un Sanctuaire Marial que la CPA, avec l'aide de la racaille communiste, a volé à l'Eglise Catholique et aux fidèles catholiques. Le Cardinal Etchegaray a même déclaré «reconnaître la fidélité au Pape des Catholiques de l'église officielle (c'est-à-dire la CPA).» Fidélité au Pape de la part d'évêques qui reconnaissent l'avortement obligatoire et dont l'association sous contrôle communiste rejette la primauté du Pape dans sa constitution même? Quel genre d'absurdité est-ce là?

Tandis que le Cardinal Etchegaray était en Chine, un prêtre catholique de 82 ans de l'Eglise Catholique «souterraine» qui demeure en union avec Rome, tombait dans le coma à force d'être battu, puis était transporté en prison par la police de «sécurité»4. Suivant l'Ostpolitik, le Vatican n'a publié aucune protestation contre la bastonnade presque fatale pour ce prêtre, ni aucune protestation contre l'arrestation, l'emprisonnement et la torture par le régime de la Chine Rouge de prêtres, évêques et laïcs catholiques fidèles. Le personnel du Vatican est encore enchaîné à la nouvelle orientation de l'Eglise, «dialogue» avec les ennemis de l'Eglise et silence, même en face d'indiscutables tortures et persécution de Catholiques fidèles. C'est le fruit de l'abandon, par la nouvelle orientation, de l'opposition équitable au mal. Et cette politique de l'Adaptation de l'Eglise, à la longue, aura l'effet voulu sur des millions d'autres qui apostasieront et perdront la foi, parce que le l'appareil du Vatican ne se lèvera plus pour s'opposer au mal, avec la colère équitable d'autrefois.

Nous voyons ici également la disparité de traitement entre les Catholiques traditionnels qui, d'une manière ou d'une autre présentent un obstacle à la nouvelle orientation et ceux qui embrassent, dans l'ensemble et entièrement, la nouvelle orientation. En contraste avec la complaisance du Vatican pour la CPA, l'Archevêque Marcel Lefebvre fut publiquement déclaré excommunié et schismatique par un motu proprio préparé pour la signature du Pape dans les 48 heures de la consécration de quatre évêques par l'Archevêque Marcel Lefebvre sans mandat du Pape5 — action menée par l'Archevêque dans un effort (si inopportun que puissent le penser certains) de maintenir la tradition catholique dans une Eglise qui semble devenue folle.

La Chine Rouge procure (par d'anciens évêques catholiques) la consécration de 100 évêques sans mandat papal pour leur «église» pro-avortement et le Vatican ne prend aucune mesure punitive. Tout au contraire, elle envoie un Cardinal (pas moins) comme représentant, pour faire la fête avec certains des évêques illicites! Cependant, quand l'Archevêque Lefebvre consacre quatre évêques pour servir la tradition catholique, il est immédiatement jeté dans les ténèbres extérieures par le même personnel du Vatican, même si l'Archevêque Lefebvre et les quatre évêques nouvellement consacrés ont constamment professé leur fidélité au Pape qu'ils essayaient de servir en préservant la foi et la pratique catholiques traditionnelles. Pourquoi cette frappante disparité de traitement? La réponse, encore une fois, c'est que l'Archevêque Lefebvre a résisté à l'Adaptation; les évêques de la Chine Rouge, au contraire, en donnent l'exemple.

Mais c'est même pire que cela. Selon une Lettre Ouverte de protestation au Cardinal Sodano et d'autres membres du personnel du Vatican, publiée par la Fondation du Cardinal Kung, des prêtres de la CPA — «église» schismatique pro-avortement sous contrôle communiste — ont reçu des missions canoniques et des autorisation sacerdotales dans des diocèses américains. Donc ces prêtres communistes célèbrent la Messe et entendent des confessions de fidèles catholiques romains dans leurs paroisses locales où ces agents d'un gouvernement communiste apprennent les péchés secrets d'innombrables Américains qui peuvent fournir l'occasion d'extorquer de l'argent pour les maîtres communistes en Chine. Ceci fut confirmé par l'Archevêque Levada de San Francisco, qui déclare que le Vatican — et sans doute le Cardinal Sodano était impliqué dans cette décision — a autorisé d'accorder «une mission apostolique» à ces prêtres de la CPA pro-avortement, sous contrôle communiste et schismatique6.

Voici une infiltration textuelle, visible du pouvoir communiste dans le corps de l'Eglise. Il ne pourrait y avoir de manifestation plus spectaculaire de l'Adaptation. Mais la présence de ces prêtres sous contrôle communiste dans les paroisses américaines est seulement une image de tout le processus qui se répandit à partir de Metz, en France, dès 1962, quand le pont-levis de l'Eglise fut abaissé et que les forces du monde, les ennemis jurés de l'Eglise, ont commencé à entrer ouvertement dans l'Eglise, amenant même le Pape Paul VI à parler de l'invasion de l'Eglise par la pensée du monde.

L'Adaptation du Message de Fatima

Nulle part on ne peut trouver exemple plus triste de l'Adaptation de l'Eglise que ce qui s'est passé le 8 octobre 2000: une cérémonie au Vatican pour «confier» différentes choses à Marie — un «acte de recommandation» des masses pour leur enlever de l'esprit la Consécration de la Russie. Au cours de cette cérémonie, «tous les peuples», le monde, les sans emploi, même «les jeunes en quête de sens» — n'importe quoi et tout sauf la Russie — étaient «confiés» à Notre-Dame. La veille de cette cérémonie, la prière du Rosaire sur la place Saint-Pierre fut diffusée mondialement par satellite. Mais une chose manquait: les prières de Fatima. Personne au Vatican ne voudrait faire la prière «O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer — Conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de Votre Miséricorde» Une dizaine du Rosaire, cependant, fut récitée par Sœur Lucie pour les caméras dans le couvent de Coimbra. Avec un air absolument pitoyable, Sœur Lucie a bien récité les prières de Fatima — en portugais. Elle avait été réduite à une béquille dans un tour d'adresse publicitaire.

Nous voyons ici la Sergianisation du Message de Fatima, l'adaptation de Fatima au monde — Notre-Dame de Fatima devient Notre-Dame des Chômeurs, Notre-Dame de la Jeunesse en Quête de Sens; et le Rosaire est dépouillé des prières de Fatima.

Et ceci nous amène au début de 2001. L'année 2000 avait été une année occupée à l'Adaptation, mais il y avait quelque rafle à faire. Le Père Gruner dirigeait toujours son œuvre de Fatima très efficace. Donc, le 16 février 2001, le Cardinal Castrillón Hoyos écrivit au Père Gruner pour renouveler sa menace d'excommunication de juin précédent. Si le Père Gruner n'arrêtait pas son action, alors il y aurait «des mesures définitives pénibles pour toutes les personnes concernées.»

Dans la même lettre, le Cardinal Castrillón pourvoyait à une autre manifestation de la nouvelle orientation dirigée contre le Message de Fatima. Selon le Cardinal Castrillón, «la Sainte Mère apparue aux trois petits visionnaires de la Cova da Iria au commencement du siècle, a établi un programme pour la Nouvelle Evangélisation, dans laquelle se trouve engagée toute l'Eglise, ce qui est encore plus urgent au début du troisième millénaire7.» Notre-Dame de Fatima était maintenant Notre-Dame de la Nouvelle Evangélisation — dont elle n'avait pas dit un seul mot à Fatima!

Notre-Dame n'est pas venue à Fatima pour annoncer la «Nouvelle Evangélisation» — slogan qui présente une nouvelle campagne inefficace pour stimuler la foi mourante de ceux qui sont déjà Catholiques8. Et Notre-Dame n'est pas venue non plus pour annoncer aucun des autres slogans ambigus qui parcourent l'Eglise depuis quarante ans: «dialogue œcuménique», «dialogue inter-religieux», «solidarité», «la civilisation de l'amour», «inculturation» et ainsi de suite. Elle est venue pour annoncer l'Ancienne Evangélisation, l'Evangile permanent de Jésus-Christ, qui est le même hier, aujourd'hui et à jamais. Le même Christ Lui-même qui a enseigné au monde que «Celui qui croit et reçoit le Baptême sera sauvé; celui qui ne croit pas sera condamné.» Voici la protestation du groupe de soutien du Père Gruner dans la réponse au Cardinal:

Votre Eminence, où peut-on trouver l'un ou l'autre de ces éléments dans votre interprétation du Message de Fatima? Où est le Ciel, et où est l'Enfer? Car vous ne parlez que vaguement «d'Ultimes Réalités» — un terme que tout Franc-Maçon trouverait acceptable? Où est le triomphe du Cœur Immaculé? Où sont la consécration et la conversion de la Russie? Où sont les avertissements de Notre-Dame? Où se trouve en vérité le Message de Fatima?

Le Message au monde de Notre-Dame de Fatima était dépourvu de slogans tels que «la Nouvelle Evangélisation.» Elle n'avait prononcé absolument aucun slogan, mais seulement la simple vérité catholique que: beaucoup d'âmes brûlent en Enfer par manque de foi catholique; pour sauver les âmes, Dieu ordonne qu'il faut établir dans le monde — pas simplement parmi ceux qui sont déjà Catholiques — la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Son Cœur Immaculé doit triompher par la Consécration de la Russie à ce Cœur; c'est le seul moyen pour obtenir la véritable paix à notre temps. Et Notre-Dame de Fatima nous a donné aussi un avertissement sur les conséquences du mépris de Ses requêtes: les guerres et persécutions de l'Eglise, le martyre des bons, la souffrances du Saint-Père, les souffrances du monde entier — dont tous surviennent en ce moment même de l'histoire — et puis, si nous continuons à ignorer Ses requêtes, l'anéantissement de plusieurs nations.

Le Message de Fatima avait, tout simplement été rayé de l'existence, transformé en slogans de l'Adaptation. Et, alignée sur cette Adaptation stalinienne de l'Eglise, il y aurait eu censure pour quiconque prêtait l'oreille à l'ancienne interprétation des anciens termes. Dans la même lettre du 16 février, le Cardinal Castrillón Hoyos avait exigé que le Père Gruner «rétractât publiquement» certaines opinions de la revue de son œuvre que le Cardinal jugeait répréhensibles. Dans une Eglise regorgeant de littérature hérétique, qui a sapé la foi de millions de personnes et mis en danger leur âme, le Cardinal Castrillón Hoyos désirait censurer la revue du Fatima Crusader! Et pourquoi? Parce que la revue avait osé critiquer, non l'enseignement catholique sur la foi et la morale, mais les décisions prudentes du Cardinal Sodano et de ses collaborateurs — y compris leurs conférences de presse et leurs dîners avec les pareils de Mikhaël Gorbachev, leurs relations de causettes avec la CPA schismatique et leur tentative d'enterrer le Message de Fatima sous une montagne de fausses interprétations.

Le traitement du Père Gruner, avec celui de la Fraternité Saint-Pierre, de l'Archevêque Lefebvre, de la Fraternité Saint Pie X et d'autres perçus comme obstacles à la nouvelle orientation de Vatican II, illustre que l'ère post-conciliaire présente une situation très semblable à celle que déplorait Saint Basile au sommet de l'hérésie arienne: «Un seul délit est maintenant vigoureusement puni: une observance exacte des traditions de nos pères. C'est pour cette raison que les hommes pieux sont chassés de leur pays et transportés dans des déserts.»

Un seul délit est maintenant vigoureusement puni: une observance précise des constantes traditions pré-conciliaires de l'Eglise — résumées dans le Message de Fatima. Etrangement, nul autre que le Cardinal Ratzinger ne fit l'observation suivante sur le prétendu «schisme Lefebvre» dans son discours de 1988 aux évêques du Chili:

Ce qui précédemment était considéré comme Très Saint (la forme sous laquelle se transmettait la liturgie) soudain apparaît le plus interdit de tout, la seule chose qui puisse être interdite en toute sécurité. Il est intolérable de critiquer les décisions prises depuis le Concile. D'un autre côté, si certains remettent en question d'anciennes règles ou même les grandes vérités de la Foi, par exemple la virginité physique de Marie, la Résurrection corporelle de Jésus, l'immortalité de l'âme, etc., personne ne se plaint ou ne le fait qu'avec la plus grande modération. Tout cela mène un grand nombre de personnes à se demander si l'Eglise d'aujourd'hui est vraiment la même que celle d'hier ou si on l'a changée pour quelque chose d'autre sans rien dire à personne.

Plus étrange encore, le Cardinal Castrillón Hoyos a fait le même aveu. Dans l'entrevue déjà mentionnée avec 30 Jours, il a dit: «La grande urgence de notre temps est de montrer peuple que l'Eglise d'aujourd'hui est la même que l'Eglise a toujours été.» Mais tout d'abord, pourquoi y a-t-il une telle «urgence»? Dans toute l'histoire de l'Eglise Catholique, quand a-t-il jamais fallu démontrer que l'Eglise était encore la même qu'auparavant? Pourquoi même une telle démonstration serait-elle nécessaire, s'il n'y avait pas une très bonne raison de soupçonner que l'Eglise a été changée?

Et, en effet, il y a une très bonne raison de le soupçonner, comme nous l'avons montré. Depuis Vatican II, l'Eglise Catholique subit une Adaptation, précisément dans la ligne prédite, complotée et entreprise par Ses pires ennemis. Et les autorités de l'Eglise aujourd'hui refusent de reconnaître ce qui s'est passé, même s'ils ne sont pas eux-mêmes des agents conscients de la destruction. Ils sont, comme l'a dit Notre-Seigneur des Pharisiens: «aveugles et conducteurs d'aveugles. Et si les aveugles conduisent les aveugles, ils tombent ensemble dans le fossé.» (Mt. 15:14)

Comme l'a dit Sœur Lucie elle-même: «c'est pour cela que le démon lui fait tant la guerre (Le Rosaire)! Et le pire est qu'il a réussi à induire en erreur et à tromper des âmes ayant une lourde responsabilité par la place qu'elles occupent! … Ce sont des aveugles qui guidant d'autres aveugles9.»

Et comme Saint Paul le déclarait à propos du même genre de personnes au cou raide: «Il n'y a pas pire aveugles que ceux qui ne veulent pas voir.» Il est aussi noté dans la Sainte Ecriture: «Car le cœur de ce peuple est devenu grossier, et de leurs oreilles ils sont lents à entendre, et leurs yeux ils les tiennent fermés; peut-être de crainte de voir de leurs yeux, d'entendre de leurs oreilles, et de comprendre avec leur cœur, et d'en venir à la conversion, et que Je doive les guérir.» (Actes 28:27) Aveuglément et avec entêtement, ils défendent l'Adaptation de l'Eglise Catholique, comme si c'était un dogme de la Foi, tandis que les vrais dogmes de la Foi sont actuellement sapés par toute l'Eglise, sous leurs yeux, sans qu'ils y fassent rien.



Sœur Marie Lucie du Cœur Immaculé (Sœur Lucie), photographiée à Fatima lors du pèlerinage du Pape Paul VI le 13 mai 1967. Elle est entrée au Carmel de Coimbra le Jeudi Saint 1948 et s'y trouve encore au moment de cet écrit. C'est à peu près à l'époque de cette photo que Sœur Lucie, dans ses lettres privées, parle de la «désorientation diabolique» de certaines personnes qui ont une grande responsabilité dans l'Eglise. Elle désigne aussi ces mêmes personnes comme «aveugles et conducteurs d'aveugles» et «faisant le mal sous couleur de bien». Pour de plus amples détails sur les remarques de Sœur Lucie à propos de membres égarés de la hiérarchie, voir pages 24, 66 et note 28 page 240.



Notes:

1. Lettre au Chapitre Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, 29 juin 2000.

2. Revue 30 jours, n° 11, 2000, p. 17.

3. Zénit, 19 septembre 2000.

4 . CWN News Brief, le 18 septembre 2000.

5. Même si, à vrai dire, dans des circonstances normales, un évêque ne doit pas faire un nouvel évêque sans autorisation explicite ou permission du Pape, néanmoins il est prévu, à la fois légalement et dans la pratique, à travers les siècles de l'histoire de l'Eglise, qu'un évêque peut et parfois doit consacrer — c'est-à-dire faire — un autre évêque sans permission explicite et même à l'encontre d'un ordre direct du Pape. Le Droit Canon reconnaît à un sujet le droit d'aller contre un ordre explicite d'une autorité supérieure — même celle d'un Pape — dans une circonstance spécifique, après avoir dûment réfléchi et prié, d'aller directement en sens contraire, si sa conscience, informée par la doctrine Catholique, le persuade qu'il doit le faire (voir canon 1323, spécialement Section 4; et canon 1324, spécialement Section 1 subdivision 8, et Section 3). De plus, dans la loi, ce n'est pas ipso facto un acte de schisme de désobéir dans un cas spécifique tout en étant soumis à l'autorité du Pape en général — tout au plus c'est un acte de désobéissance.

Mais ce n'est pas même un acte de désobéissance, au moins subjectivement, si on ne se sent pas obligé d'obéir à l'autorité supérieure, à cause de la préservation de la Foi et des exigences du bien de l'Eglise. L'acte de l'Archevêque Lefebvre le 29 juin 1988 consacrant quatre prêtres au rang d'évêque est hors de propos dans ce livre, mais il y a des articles très savants de canonistes et théologiens qui plaident fort, pour la défense subjective et objective de cet acte (voir articles de Patrick Valdrini, Doyen du Droit Canon à l'Institut Catholique de Paris [France] et du Comte Néri Caponi, Professeur Emérite à la Faculté de Droit Canon, Université de Florence [Italie].) Même différents Cardinaux du Vatican ont publiquement, à des degrés différents, défendu, dans cet acte, l'Archevêque Lefebvre.

6. Open Letter to the Vatican (Lettre Ouverte au Vatican) de la fondation du Cardinal Kung, Sec. III, 28 mars 2000 (www.cardinalkungfoundation.org/cpa/openletter.html). Une réponse à la fondation Kung (citée dans la Lettre Ouverte), l'Archevêque Levada a révélé que le «ministère apostolique» des prêtres du CPA «s'accomplit selon les directives reçues du Saint Siège.»

7. Lettre au Père Gruner, 16 février 2001.

8. La Nouvelle Evangélisation est présentée comme Evangélisation «nouvelle dans son ardeur, nouvelle dans sa méthode et nouvelle dans son expression.» C'est sous la protection de la «Nouvelle Evangélisation» qu'a été «justifié» le «Mouvement Charismatique» qui fait grand bruit, et les Congrès Eucharistiques Rock and Roll, les Journées Mondiales de la Jeunesse surnommées le «Woodstock Catholique» et autres aberrations de l'Eglise d'aujourd'hui. Pour un traitement complet du sujet, voir John Vennari «Catholicism Dissolved: The New Evangelization (Catholicisme Dissous: la Nouvelle Evangélisation).» (En quatre séries partielles dans Catholic Family News, d'octobre 1998 à janvier 1999.)

9. Voir la citation de Soeur Lucie dans Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1985), p. 512.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:44

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 10

On Cite des Noms

Voici pour nous le moment venu de résumer maintenant ce qu'ont montré les preuves jusqu'à présent et finalement qui est impliqué dans le crime.

Jusqu'à présent, les preuves ont montré ce qui suit:

Le Message de Fatima est une prophétie d'origine divine pour notre temps, authentifiée par un miracle public sans précédent et reconnu par une série de Papes, y compris le Pape actuellement régnant.
Les avertissements prophétiques du Message se sont en grand partie réalisés, sauf surtout l'anéantissement des nations qui serait la conséquence d'avoir omis de réaliser à temps la Consécration de la Russie.
Dieu a déjà manifesté les bienfaits d'une consécration nationale au Cœur Immaculé dans le cas du Portugal en 1931, dont la transformation miraculeuse d'un jour à l'autre, d'une république maçonnique athée en un pays catholique, a été considérée par la hiérarchie portugaise elle-même comme un avant-goût de ce que Dieu accorderait au monde après la Consécration de la Russie.
Au lieu de suivre la voie indiquée à Fatima, les chefs de l'Eglise Catholique ont choisi une autre voie — la voie d'une nouvelle orientation de l'Eglise, inaugurée à Vatican II, avec une «ouverture au monde» et «des réformes» de l'Eglise, accomplissant les rêves de ses pires ennemis, qui ont avoué que leur but était précisément d'apporter ces changements dans l'Eglise.
En prenant cette voie d'une nouvelle orientation, les chefs de l'Eglise ont méprisé les avertissements répétés des Papes pré-conciliaires (y compris le Bienheureux Pie IX, Léon XIII, Saint Pie X, Pie XI et Pie XII) selon lesquels les ennemis de l'Eglise complotaient de la transformer de la manière même dont Elle a été, en fait, transformée dans la période post-conciliaire.
Les changements ont commencé en 1960 — l'année même où Sœur Lucie avait insisté pour que soit révélé le Troisième Secret, parce qu'il serait alors plus clair.
Le résultat de ces changements a été une perte catastrophique de la Foi et de la discipline de l'Eglise qui semble être prédite dans cette partie du Grand Secret de Fatima commençant par les mots «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» — expression qui demeure mystérieusement incomplète, même si le Vatican a déclaré avoir révélé intégralement le Troisième Secret.
Plutôt que de reconnaître ces innombrables bévues et leurs conséquences ruineuses pour l'Eglise, l'appareil du Vatican actuel a obstinément poursuivi la nouvelle orientation, qui, de toute évidence, est inconciliable avec les impératifs expressément catholiques du Message de Fatima: c'est à dire l'établissement dans le monde de la dévotion au Cœur Immaculé, la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé, la Conversion de la Russie à la Foi Catholique, et le triomphe du Cœur Immaculé, accompagné d'une période de paix mondiale dans un ordre social catholique.
Au contraire, puisants membres du appareil du Vatican avont volontairement et délibérément refusé de consacrer nommément la Russie au Cœur Immaculé de Marie, mais au contraire ont dirigés une campagne systématique de neutralisation du Message de Fatima, afin de le soumettre à la nouvelle orientation qu'ils ont imporé sur beaucoup de l'Eglise — leur nouvelle orientation, leur adaptation de l'Eglise aux idéologies maçonnique et communiste — tout en persécutant les Catholiques fidèles qui ne suivent pas la Ligne du Parti.
L'appareil du Vatican, sous la conduite du Secrétaire d'Etat, méprise délibérément les prophéties, impératifs et avertissements du Message de Fatima, en faveur de nouvelles politiques ecclésiales «éclairées», dont le fait d'éviter tout délit vis-à-vis de la Russie par une consécration publique de cette nation.
En conséquence de ces erreurs de jugement monumentales, la Russie n'a pas réussi à se convertir, l'Eglise souffre d'une crise de la foi et de la discipline sans précédent, et le monde continue à descendre en spirale, entraîné par la violence et la rébellion contre Dieu et Sa Sainte Eglise — en réponse à quoi l'appareil du Vaticane fit que redoubler ses efforts pour suivre la nouvelle orientation absolument stérile de l'Eglise.
Surtout au vu des événements des 26 et 27 juin 2000, et au cours des mois suivants, nous avons maintenant la preuve suffisante pour identifier les quatre hommes que nous devons, en conscience, accuser dans ce livre. Ce sont:

Le Cardinal Angelo Sodano
Le Cardinal Joseph Ratzinger
L'Archevêque Tarcisio Bertone
Le Cardinal Dario Castrillón Hoyos

Pourquoi ces quatre hommes et pas d'autres? Comme nous l'avons déjà montré, ce sont ces hommes qui ont pris le commandement pour essayer rien moins que de tuer le Message de Fatima et, avec lui, l'espoir envoyé par le Ciel au monde de notre temps. Ils ont combiné et conspiré et puis, ils ont agi publiquement, pour imposer à l'Eglise une version du Message de Fatima qui ne ressemble en rien à la prophétie catholique que la Mère de Dieu a délivrée au monde pour l'aide de toute l'humanité. Alors que ces quatre hommes, de toute évidence, ne manquent pas de collaborateurs pour ce que regrettait le Pape Paul VI comme étant «l'auto-démolition» de l'Eglise, ce sont eux qui, pour ainsi dire, se sont spécialisés dans la démolition de Fatima. Ils méritent donc d'être identifiés comme les responsables du crime que nous alléguons ici.

Mais il y a bien d'autres preuves de ce crime et notre dossier est loin d'être complet. Nous allons maintenant examiner, avec d'autres détails, les éléments fondamentaux des preuves que nous avons esquissées jusqu'à présent. Au début du chapitre suivant, nous ferons un examen plus détaillé de «l'interprétation» par le Cardinal Ratzinger, du Troisième Secret de Fatima, un élément clé de l'effort pour enterrer le Message de Fatima une fois pour toutes.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:44

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 11

Le Message de Fatima
Selon le Cardinal Ratzinger

Dans le chapitre 8, nous avons montré comment, en rapport avec la nouvelle orientation post-conciliaire, le Vatican a publié un «commentaire» — une Ligne du Parti — sur le Message de Fatima qui cherche à oblitérer tout contenu prophétique spécifique du Message de Fatima pour notre temps. Nous avons noté comment même un journal civil, le Los Angeles Times, a vu que le but de TMF était une tentative pour «déboulonner en douce» ce qu'on appelle «le culte de Fatima.»

Le lecteur devrait soutenir avec nous une confrontation dans un commentaire polémique éventuel de cette exégèse théologique plus détaillée de TMF, mais il n'est pas nécessaire pour nous de nous excuser d'être polémique, parce que, lorsque elle est nécessaire, la polémique est une bonne chose. La société d'aujourd'hui, de plus en plus, remplace la Foi Catholique par la foi dans les prétendues «sciences exactes.» Aujourd'hui, par conséquent, on n'a pas d'estime pour la science et l'art de la polémique dont le but est de défendre la Foi et l'Eglise contre les ennemis du Christ, qui est la Vérité. «Ho Polémos» est l'ancien mot grec pour guerre. Il n'y a rien de mal à engager la guerre pour la défense du Christ et de la Foi Catholique; mais ceux qui n'ont pas la foi, ou dont la foi est affaiblie, ne le comprendront pas parce qu'ils accordent trop de foi aux prétendues «sciences exactes.»

«L'introduction»

Déjà le second paragraphe de l'introduction du commentaire Bertone/Ratzinger sur le Troisième Secret contient un exemple de politique vaticane qui semble oublier à la fois l'histoire récente et la Théologie Morale:

Après les événements dramatiques et cruels du vingtième siècle, un des siècles les plus cruciaux de l'histoire de l'humanité, qui trouve son point culminant avec l'attentat sanglant envers le «doux Christ sur la terre.»

Que même la tentative d'assassiner le Pontife Suprême soit un crime haineux, aucun esprit droit n'en doutera. C'est en vérité passible d'excommunication, même dans le Code de Droit Canon de 1983, plutôt libéral. Cependant, la déclaration montre un manque tragique de proportion. Que «les événements dramatiques et cruels» auraient été à leur point «culminant» dans l'attentat à la vie du Pape c'est absolument hors de proportion et en grave mépris des soixante millions de victimes de Staline, plus les victimes de toutes les guerres du siècle qui vient de finir, et les cinquante-cinq millions de victimes de l'avortement chaque année! Le manque de proportion est infiniment pire dans son mépris de l'aspect surnaturel tel que le vrai «doux Christ sur la terre» du Tabernacle, dont la Présence Réelle est distribuée dans la main et lâchée sur la Place Saint-Pierre1, comme il arrive en des milliers d'autres lieux. Il y a un but dans cette déclaration et il réside, dans les commentaires du Cardinal Ratzinger, pour déjouer l'importance du Troisième Secret.

L'introduction de TMF déclare à la page suivante «il existe seulment un manuscrit, qui est ici reproduit photographiquement.» Ce serait une vérité déroutante, mais littérale si cela signifiait qu'un seul des manuscrits a été copié, mais à la lumière de la déclaration du Cardinal Ratzinger, que le Secret est publié ci-joint dans son «intégralité» (TMF, p p. 32, 40), il faut la considérer comme un mensonge. Il y a une montagne de preuves qu'en fait, il y a deux parties du Troisième Secret, la première étant la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc», prise dans les archives ou l'ancien Saint-Office et publiée le 26 juin 2000, et la seconde dans les appartements du Pape. La preuve est fournie de manière incontournable par un article où Monsieur Andrew Cesanek (cf. Chapitre 12) fait remarquer que le texte publié ne contient aucun mot de Notre-Dame. Donc, la présentation Ratzinger/Bertone du Troisième Secret manque totalement de crédibilité.

Sans accusation illicite d'un péché délibéré contre le Huitième Commandement, nous sommes néanmoins face au fait d'un mensonge imprimé — comme il n'y a eu aucune déclaration publique du contraire jusqu'à présent, il est virtuellement impossible de parler d'erreur quant au nombre de manuscrits. Qui et combien de personnes sont impliquées dans ce mensonge, cela n'a aucune importance, mais le mensonge publié comme tel, c'est d'importance théologique, même si c'était seulement une erreur, cela affecterait toute l'interprétation théologique présentée dans le document. Si c'est un mensonge, ce que nous croyons fermement, cela signifie donc que les interprétations théologiques et historiques présentées mènent délibérément vers une fausse conclusion ou un faux message. Cela s'appelle communément une fraude. Cela, comme nous le verrons, affecte beaucoup plus que la théologie évoquée dans les commentaires publiés.

Il est aussi d'importance théologique de voir les guillemets pour «secret» ainsi que pour «Notre-Dame.» Si une «apparition» dit que toutes les religions plaisent à Dieu, ce qui est hérésie et blasphème2, nous devrions mettre «Notre-Dame» entre guillemets, puisque nous savons que «l'apparition» est quelqu'un d'autre, très probablement un démon. Mais placer Notre-Dame entre guillemets pour une apparition qui a été approuvée par plusieurs Papes et prouvée par un miracle précis devant 70 000 témoins, communique un message: c'est-à-dire la possibilité que ce ne fût pas Notre-Dame après tout. En tant que pièce de ce puzzle de vérités, demi vérités, mensonges, ceci est hautement significatif.

Les pages suivantes de l'introduction de TMF réitèrent le mensonge sur l'accomplissement de la consécration, surtout la page 9 qui cite une lettre non signée de «Sœur Lucie» qui est, comme nous l'avons montré dans un chapitre précédent, et comme le montre aussi le Père Paul Kramer3, un faux manifeste. Le Fatima Crusader a suffisamment traité de ce mensonge dans le passé et il n'est pas nécessaire de le retracer ici. Dans le présent document, cependant, les anciennes citations de cette fausse lettre présentent un contexte explicatif pour les nouveaux mensonges.

Enfin, nous notons de nouveau l'incroyable déclaration de l'Archevêque Bertone en page 10 de l'introduction de TMF:

La décision du Pape Jean-Paul II de rendre publique la troisième partie du «secret» de Fatima conclut une période de l'histoire, marquée par de tragiques volontés humaines de puissance et d'iniquité, mais pénétrée de l'amour miséricordieux de Dieu et de la vigilance prévenante de la Mère de Jésus et de l'Eglise.

Différents articles déjà publiés ont suffisamment expliqué l'absurdité de cette déclaration au sens historique4. En vérité, historiquement parlant, c'est une déclaration idiote qui frôle la démence.

Or, l'Archevêque Bertone, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, n'est pas idiot ni dément. Il faut donc que cette déclaration soit de nature théologique. Le Père Gruner a suggéré à bon droit que selon Monseigneur Bertone, nous sommes censés croire que «la prétendue “chute du communisme” signifie que Fatima n'est plus applicable à la politique mondiale et que la conversion de la Russie n'est plus à mentionner5.» Ce n'est pas seulement une interprétation politique concernant la continuation de l'Ospolitik du Cardinal Casaroli et la relation étrangement intime du Pape avec le propagateur du génocide Gorbachev, mais c'est une analyse claire d'une théologie changée, capitale dans la nouvelle orientation de l'Eglise, une théologie appelée œcuménisme.

Pour le moment, les questions qui résultent de ces observations devront attendre, puisqu'on peut mieux les comprendre à la lumière de la théologie du Cardinal Ratzinger.

Le «Secret»

Dans la mesure où est concernée l'authenticité du texte publié, alors que le Père Gruner semble convaincu de son authenticité6, certaines questions se présentent: pourquoi Sœur Lucie — qui, vers 1944 avait sûrement lu la Sainte Ecriture et beaucoup de «livres de piété,» comme les appelle le Cardinal Ratzinger — dit-elle que le Saint-Père «il priait pour les âmes des cadavres qu'il trouvait sur son chemin» (cadaveres en portugais)? A travers l'histoire du salut, on parle des «âmes des morts ou des défunts» comme dans le Credo (… résurrection des morts ...). C'est seulement dans l'Ancien Testament que l'on peut trouver le terme «cadavre» et on le trouve dans le contexte d'apostats ou d'âmes perdues.

Il est étrange également, dans le contexte du Premier et du Second Secret, que la voyante parle d'«un Evêque vêtu de Blanc» alors que les événements de 1939 furent nettement prophétisés avec les termes «Pape» et même son nom: Pie XI — «un Evêque vêtu de Blanc» pourrait être l'Abbé de Brixen dans le Tyrol du Sud, n'importe quel évêque des tropiques, ou un imposteur à Rome qui se fait passer pour le Pape — comme le prétendent les sedevacantistes. Nous ne pouvons et ne devons pas risquer une réponse, mais l'expression «un Evêque vêtu de Blanc» est étrangement vague dans le contexte historique de tous les événements depuis 1917.

Il y aura plus à dire à ce sujet dans la conclusion de ce chapitre. Pour le moment nous continuerons comme si le texte publié était authentique.

L'interprétation du «Secret»

A - La Lettre du Pape à Sœur Lucie

Dans cette lettre, en date du 19 avril 2000, citée dans TMF (p. 27), le Pape dit:

Au cours du jour attendu de, la béatification de François et Jacinthe, (13 mai 2000) que, si Dieu le veut, je proclamerai le 13 mai prochain.

Comme il n'y aura cependant pas de temps pour une rencontre mais seulement pour une brève salutation, j'ai expressément chargé Monseigneur Tarcisio Bertone, … Monseigneur Bertone, … vient en mon nom [sic] pour vous poser quelques questions sur l'interprétation de la «troisième partie du secret».

Nous en concluons que Sa Sainteté n'a pas le temps de converser avec Sœur Lucie. Le défenseur toujours vigilant du Pape Jean-Paul II pourrait objecter à cette conclusion en nous rappelant qu'il n'est pas en notre pouvoir de conseiller le Pape sur son emploi du temps, ni de contester ses décisions quant à la discipline et au gouvernement de l'Eglise, in rebus … quae ad disciplinam et regimen Ecclesiae … pertinent (D.S. 3060).

C'est assurément vrai. Mais nous sommes autorisés à poser une question évidente: pourquoi les conseillers et assistants du Pape ont-ils mis au programme de Sa Sainteté de recevoir les Francs-Maçons de la Commission Trilatérale7, Mikhaël Gorbachev déjà cité, la Haute Loge Juive du B'nai B'rith8, de prêcher dans la chaire de l'Eglise Luthérienne de Rome9, de visiter la synagogue de Rome10, de rencontrer le «patriarche» bouddhiste Vasana Tara11, le Dalaï Lama12, Yasser Arafat13, et pourquoi ont-ils permis au Patriarche Dimitrios I de Constantinople14, schismatique et hérétique, de se tenir près de lui à la loggia papale de la Basilique Saint-Pierre de Rome (!), mais ne pourraient-ils pas réussir à programmer du temps pour que le Pape converse avec la messagère personnelle et peut être la plus importante de tous les messagers de Notre-Dame de ce siècle?

Nous ne connaissons pas la réponse et ne pouvons risquer de la donner, mais la relation théologique avec la dégradation du Troisième Secret par le Vatican est évidente.

B - «La conversation avec Sœur Lucie ...»

Ce compte-rendu non signé d'une prétendue conversation (en avril 2000) entre l'Archevêque Bertone et Sœur Lucie, qui commence à la page 28 de TMF est un remarquable tissu de mensonge, probablement écrit par l'Archevêque Bertone lui-même. Comme l'a justement fait remarquer le Père Paul Kramer, non seulement Monseigneur Bertone a omis de demander à Sœur Lucie si la Consécration de la Russie avait été faite, mais encore il juxtapose deux déclarations logiquement séparées, c'est-à-dire l'affirmation de Sœur Lucie que la silhouette en blanc était un Pape dont, pourtant, elle ne connaît pas le nom (!) et son accord avec la déclaration du Pape que ce fut «une main maternelle qui guida la trajectoire du projectile» le 13 mai 1981.15

Il y a eu beaucoup de coïncidences plutôt étranges — ou bien était-ce la Providence? — dans l'attentat d'Ali Agça, pour considérer une digression non théologique:

Pourquoi le pistolet s'est-il bloqué après le troisième coup? Il n'est pas rare pour un pistolet semi-automatique de se bloquer, mais il est presque impossible que la meilleure force de police d'Italie, les Carabinieri n'en aient pas trouvé la cause après des semaines d'examen microscopique dans leurs laboratoires. Etait-ce l'interférence de l'Ange Gardien? Ce serait hautement probable du point de vue théologique.
Pourquoi Ali Agça n'a-t-il pas utilisé des balles avec pointe creuse ou les munitions Federal Hydra-Shok prêtes à l'usage qui auraient accompli son but d'assassiner le Pape? La plupart des sources déclarent que quelque organisation ou service secret était derrière l'attaque. Etaient-ils tous des amateurs?
Pourquoi a-t-il choisi la Place Saint-Pierre et une petite arme à main, sans aucune chance d'échapper, pourquoi pas un fusil (facilement récupérable ensuite) et l'un des nombreux postes élevés autour de la Place Saint-Pierre, avec au moins une chance de s'esquiver. N'était-il qu'un fanatique muet?
Nous ne saurons probablement jamais de la vie la vérité au sujet de ce jour là, mais nous savons bien la vérité que cette tentative d'assassiner le Pape n'a rien à voir avec le Troisième Secret, parce qu'il n'a pas été tué. L'événement fut tragique, mais il a coûté au Pape moins d'un an de pleine activité — sur plus de vingt. C'est une insulte à la Divine Providence et à Notre-Dame de déclarer que cet événement, relativement peu important, serait au Cœur d'une prophétie sur l'Enfer, deux Guerres Mondiales, le Communisme et le châtiment encore à venir.

Il nous faut demander enfin: pourquoi l'incident de 1981 serait-il mieux compris après 1960, comme a dit Sœur Lucie à propos du Troisième Secret? N'importe qui au 20ème siècle l'aurait compris comme nous. La génération qui avait combattu dans la Seconde Guerre Mondiale et en Corée aurait-elle mieux compris le rôle des soldats dans cette vision seulement après 1960? L'insistance de Sœur Lucie sur la révélation en l'an 1960, puisque «Notre-Dame le veut ainsi,» peut seulement signifier que Lucie savait qu'il allait se passer quelque chose vers 1960, ou peu après, qui rendrait le Secret nettement compréhensible comme prophétie d'événements futurs. Il est clair que le Secret n'a pas de rapport avec l'assassinat du Président Kennedy, mais que dire de l'encyclique Pacem in terris de Jean XXIII publiée en 1963 ou de Vatican II qui fut ouvert en 1962, mais annoncé le 25 janvier 1959?

C - «L'annonce faite par le Cardinal Angelo Sodano ...»

La duperie continue quand le Secrétaire d'Etat déclare que le texte du Troisième Secret doit être interprété avec «la clé de lecture du texte ne peut que revêtir un caractère symbolique» (TMF, p. 30). Le but de cette suggestion devient évident quand le Cardinal Sodano dénature la vraie vision en disant: «Lui aussi, (le Pape) tombe à terre comme mort.» Comme nous en avons discuté dans un chapitre précédent, les mots «comme mort» sont exactement le contraire du mot de Sœur Lucie: «tué.»

Ensuite, le Message est relégué dans le passé, soit en soulignant l'événement de 1981, soit par la déclaration ridicule que 1989 mettait fin au communisme et à l'expansion de l'athéisme. Dans les numéros du Fatima Crusader, on a suffisamment traité de la «glasnost» et de la «perestroïka» de Gorbachev pour qu'il soit nécessaire de retracer ici ces analyses. Cependant, il est juste de voir que le Secrétaire d'Etat ne se refuse pas à utiliser un mensonge vieux d'une décennie pour démonter un message venant de Notre-Dame.

D - «Le Commentaire Théologique» du Cardinal Ratzinger

i) Coup bas en introduction

La troisième ligne même de ce Commentaire (TMF, p. 32) contient déjà la déclaration que le «prétendu troisième “secret” de Fatima» a été «publié ci-joint dans son intégralité»! Ce mensonge est répété plus loin (TMF, p. 40). L'article cité de Andrew Cesanek fournit la preuve suffisante que c'est un mensonge (voir chapitre suivant). Nous traiterons de cette duperie en conclusion de ce chapitre.

La déclaration suivante est cynique, c'est le moins qu'on puisse dire:

Aucun grand mystère n'est révélé; le voile de l'avenir n'est pas déchiré. Nous voyons l'Eglise des martyrs du siècle qui s'achève représentée à travers une scène décrite dans un langage symbolique difficile à déchiffrer16.

En premier lieu, si aucun grand mystère n'est révélé, alors pourquoi Notre-Dame a-t-Elle pris la peine d'en faire un secret? Il est possible — comme nous le verrons plus tard — que l'avenir soit révélé dans l'autre partie du Troisième Secret qui nous a évidemment été dissimulée, la partie qui contient les paroles de Notre-Dame à la suite de «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» En tout cas, déclarer que la vision de soldats tirant le Pape à coups de fusil est simplement un symbole du passé, surtout dans le contexte des messages exceptionnellement clairs du reste du Message de Fatima, c'est absurde.

En comparaison de la plupart des prophéties — on pense aux difficultés d'interpréter l'Apocalypse — les secrets de Fatima, en vérité, sont d'une clarté exceptionnelle et sans détour; pourquoi le Troisième Secret serait-il «symbolique et difficile à déchiffrer?» Pourquoi le Vingtième siècle finirait-il en mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf?

Dans l'année 1900, le Kaiser Guillaume II d'Allemagne décréta que c'était le début du Vingtième Siècle, ce qui est mathématiquement impossible. Il semblerait que les mathématiques du Cardinal Ratzinger, ainsi que sa théologie, dépende de l'autorité et non de la vérité. Dire cela n'est pas s'engager dans une «polémique à bon marché» à la lumière d'un changement de mentalité plutôt remarquable entre 1984 et 2000. En 1984, en discutant le contenu du Troisième Secret, le Cardinal Ratzinger a parlé des «derniers temps» et de «prophétie religieuse» et a dit:

«... mais les choses contenues dans ce troisième secret correspondent à ce qui est annoncé dans la Sainte Ecriture et sont confirmées par beaucoup d'autres apparitions mariales dont on connaît le contenu17.»

La déclaration de 1984 du Cardinal Ratzinger est en contradiction directe avec sa dénaturation du Troisième Secret dans TMF. Le Père Paul Kramer18 rassemble les messages marials les plus importants sur ce point dans les autres apparitions mariales. Elles sont absolument effrayantes et certainement — au moins dans une partie de la prophétie — prédisent des événements encore à venir.

Nous sommes encore une fois face à la même teneur fondamentale de la publication entière, qui est profondément malhonnête en essayant de minimiser le Troisième Secret en une prédiction insignifiante d'un attentat manque à la vie du Saint-Père. Peut-on taxer «d'insignifiante» prédiction l'attentat manque à la vie du Saint-Père? Oui! Nous l'avons déjà dit et c'est la vérité: l'attentat a échoué et même si le Pape avait été tué, cela n'aurait eu rien à voir avec le Troisième Secret. En dialecte romain, on dit: «Morto un Papa, se ne fa un'altro»: à la mort d'un Pape, on en fait un autre.

Une autre question surgit: pourquoi personne au Vatican ne s'est-il inquiété de suggérer que le Troisième Secret puisse traiter de la mort prématurée du Pape Jean-Paul I? Etait-il un personnage totalement insignifiant? Aucun Pape ne l'est, mais Dieu n'a jamais su l'avenir. Il sait. L'attentat manque à la vie d'un Pape est en vérité «sans grand mystère,» selon la formule habile du Cardinal Ratzinger, mais la réelle — et tout à fait mystérieuse — mort d'un Pape a été opportunément oubliée.

La prophétie et les commentaires des trois voyants ont expliqué abondamment «que le Saint-Père aura beaucoup à souffrir.» Dans le contexte de deux guerres mondiales et — comme nous verrons — bien pire, c'est frôler l'idolâtrie que de hausser l'importance d'un Pape au point de faire de quelques mois d'hôpital le Troisième Secret. Ce que le Pape eut à souffrir à l'hôpital Gemelli de Rome est quelque chose qu'on ne souhaiterait même pas examiner. Cependant, avec la médecine d'aujourd'hui, la souffrance du Pape, à ce moment-là, n'est même pas comparable au destin du simple prêtre dans les camps de concentration nazis — pour ne pas mentionner le sort de beaucoup d'autres prêtres et évêques derrière le Rideau de Fer.

Le plus fort de tout: si le Troisième Secret prédit seulement qu'un Pape survivra à une tentative d'assassinat, alors pourquoi le Cardinal Ratzinger a-t-il dit en 1984 que si le Secret n'avait pas été révélé, c'était pour éviter «de confondre la prophétie religieuse avec le sensationnalisme»? Quoi de sensationnel en 1984 sur une prophétie concernant une tentative d'assassinat manquée qui avait eu lieu trois ans plus tôt? Evidemment rien. Pour le point à lui seul, la flagrante contradiction du Cardinal Ratzinger par rapport à son propre témoignage précédent, est fatale à sa crédibilité. Sa version actuelle du Troisième Secret est ce que les hommes de loi appellent une invention récente. Le contenu «sensationnel» qu'il avait à l'esprit en 1984 n'aurait absolument pas pu être l'attentat de 1981.

ii) Révélations publiques et privées

C'est avec intention que le Cardinal Ratzinger place tout le phénomène de Fatima dans le contexte des «révélations privées» — on devrait les appeler soit «du trucage» soit «de l'extraordinaire,» suivant leur degré d'authenticité. Le Cardinal Ratzinger déclare que le Message de Fatima, comme toutes «les révélations privées,» reconnues comme authentiques par les autorités de l'Eglise, «peut être une aide valable pour comprendre et mieux vivre l'Evangile à l'heure actuelle; c'est pourquoi il ne doit pas être négligé. Il est une aide qui est offerte, mais dont il n'est nullement obligatoire de faire usage.» En d'autres termes, selon le Cardinal Ratzinger, nul dans l'Eglise n'est obligé de suivre le Message de Fatima — ni le Pape, ni les évêques, ni les prêtres, ni les membres du laïcat. Fatima — avec la Consécration de la Russie et la dévotion des Cinq Premiers Samedis du mois — est purement optionnel. Si nous préférons, nous pouvons simplement l'ignorer complètement — comme si le Miracle du Soleil ne s'était jamais produit; comme si les requêtes de Notre-Dame de Fatima avaient été faites par un fantôme! Fatima est une simple «aide» que nous pouvons prendre ou laisser à notre gré.

L'un des Papes les plus érudits de l'histoire, Benoît XIV, dit avec raison que ces révélations ne peuvent être retenues avec l'assentiment de la Foi, mais avec «plutôt un assentiment de foi humaine conforme aux règles de la prudence, qui nous les présentent comme probables et crédibles dans un esprit de piété»: mais la citation du Pape Benoit XIV par le Cardinal Ratzinger ignore assez habilement ce qui est si extraordinaire à Fatima et ce qui sort Fatima de la catégorie des autres révélations «privées»: le Miracle incroyable du soleil qui prouve que Fatima est un peu plus que justement «crédible pour la piété.»

Le Cardinal Ratzinger prend cette approche, semble-t-il, pour toutes les révélations extraordinaires des deux siècles passés. Par exemple, il réduit les révélations extraordinaires au sujet de la Fête-Dieu et du Sacré Cœur à Sainte Marguerite-Marie Alacoque, à un événement qui a eu simplement un «effet dans la liturgie elle-même.» Cela frise le blasphème quand on considère le destin de la France après le refus impertinent et désastreux de Louis XIV et de ses deux successeurs, d'obéir à la requête du Christ pour la Consécration de la France au Sacré Cœur, transmise à Sainte Marguerite Marie dans les mêmes révélations «privées19.»

La conception erronée de la prophétie chez le Cardinal Ratzinger est scandaleusement nette dans la déclaration suivante:

… il convient de tenir compte du fait que la prophétie, au sens biblique, ne signifie pas prédire l'avenir, mais expliquer la volonté de Dieu pour le présent, et donc montrer la voie droite vers l'avenir. Celui qui prédit l'avenir satisfait à la curiosité de la raison, qui désire ouvrir le voile de l'avenir.

C'est l'équivalent d'un déni de toute prophétie, communément appelée l'une des plus hautes de toutes les grâces généreusement accordées, les gratiae gratis datae. La prophétie implique souvent l'interprétation correcte du passé et du présent, mais en tant que telle, est comprise comme une prédiction de l'avenir. Ou bien Isaïe, David, le Christ et Saint Paul «ont répondu à la curiosité de l'esprit» et les Pères de l'Eglise et de nombreux Docteurs de l'Eglise ont simplement voulu «ôter le voile du futur,» ou bien le Cardinal Ratzinger a encore tort. Peut-on vous laisser la réponse?

Le Cardinal Ratzinger réduit la prophétie aux «signes des temps,» peut-être parce qu'il omet de voir les signes réels des temps, c'est-à-dire: les églises vides, l'hérésie, l'apostasie, le blasphème, la perversion sexuelle et l'impureté, le néo-paganisme et en fait, un total désaccord entre beaucoup d'évêques et de prêtres sur n'importe quoi dans l'Eglise Catholique. Le seul point d'accord parmi les pouvoirs dirigeants du Vatican, c'est la haine de la théologie catholique traditionnelle, qu'ils méprisent, en même temps que toute l'idée de la conversion de la Russie à la Foi Catholique, encore une fois, le conflit même de visions ecclésiales d'où est venu le crime que nous discutons ici.

Le Cardinal Ratzinger doit prétendre que ces vrais signes des temps n'ont rien à voir avec cet événement connu sous le nom du Concile Vatican II, où il est proclamé que le Saint-Esprit est venu pour la seconde fois. C'est évidemment faux, comme nous pouvons le voir d'après les fruits amers du Concile.

Alors qu'on peut nous traiter de «polémistes,» à la lumière de l'enseignement de l'Eglise sur la prophétie et l'importance que Saint Paul (suivant l'exemple du Christ!) et les Pères de l'Eglise ont attribué à ce Don Divin, la déclaration du Cardinal Ratzinger est à la limite du blasphème et de l'hérésie, c'est le moins qu'on puisse dire. Tout réduire, entre les Psaumes et Saint Jean Bosco ou Fatima à une «manière de répondre à la curiosité de l'esprit» équivaut à déclarer la Sainte Ecriture, les Pères de l'Eglise, la Tradition et presque toutes les révélations de l'avenir à une sorte de Presse cléricale Arc-en-Ciel, au niveau de publication le plus bas, à la caisse du supermarché local. L'implication que les prédictions d'avenir dans les prophéties divines sont de simples objets de vaine curiosité humaine, est une insulte à Dieu et aux Saints et cela ne peut jamais être pris à la légère.

A la page 38 de TMF, de nouveau, le Cardinal Ratzinger fait référence à la minimisation du sens de la vision par le Cardinal Sodano!

[les visions] «ne décrivent pas de manière photographique les détails des événements à venir, mais résument et condensent sur un même arrière-plan des faits qui se répartissent dans le temps en une succession et une durée qui ne sont pas précisées».

Que tous ces événements soient dans le passé et sans grand mystère, c'est ici le message évident de ces éminents Cardinaux.

iii) - «L'essai d'interprétation ...» du Cardinal Ratzinger

La première question qui se pose ici concerne la surprise du Cardinal Ratzinger. Dans TMF (page 39), il déclare que le Message de la Vierge indiquant la dévotion à Son Cœur Immaculé comme voie du salut est surprenant pour «des personnes provenant de l'ère culturelle anglo-saxonne et allemande.» Pourquoi le Cardinal Ratzinger dit-il cela? Les Anglais et les Allemands sont-ils trop ignorants pour avoir entendu parler du Sacré Cœur,20 de Sainte Marguerite Marie Alacoque et de Saint Philippe Beniti, sans parler de Pape Léon XIII, ou sont-ils trop intelligents pour tomber dans un tel romantisme italien ou espagnol? L'Allemand sérieux dit-il à sa amie: «Je t'aime de toute ma tête»? ou un Anglais décidé communiquerait-il sa passion par une sèche référence à sa faculté de la volonté? Quel est le but de déclarations si ridicules? La réponse peut résider dans les lignes qui suivent cette incompréhensible «surprise» parmi d'autres du Cardinal.

«La tentative d'interpréter le “secret” de Fatima» entreprise par le Cardinal Ratzinger est un échec total à interpréter ce qui, de toute façon, n'est pas le secret en tant que tel, puisque celui-ci n'a pas été révélé, mais il réussit à discréditer rien moins que l'Immaculé Conception Elle-Même. Cet éminent prince de l'Eglise semble avoir oublié que, en apparaissant à Lourdes, Elle ne S'est pas présentée comme «Conçue Immaculément,» mais Elle a dit plutôt «Je suis l'Immaculée Conception.» Seulement Elle, parmi toutes les simples créatures, a été conçue à jamais sans le Péché Originel et n'a jamais commis un péché. Seulement, Son cœur — la troisième faculté de l'âme, non l'organe interne, mais le cœur que Saint Thomas d'Aquin appelle le sensus communis — est par conséquent le Cœur Immaculé. Le Cardinal Ratzinger ne se refuse pas à élargir ce terme, réservé à la Mère de Dieu, pour inclure tout «cœur qui, à partir de Dieu, est parvenu à une parfaite unité intérieure et donc “voit Dieu”.» Il n'a même pas honte d'abuser de l'Evangile pour son interprétation en citant Matthieu 5:8, qui dit seulement: «Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.» Le Christ parle des purs de cœur, et non de «parfaite unité intérieure» et certainement pas du seul Cœur Immaculé. Si nous suivons ce déni implicite de l'exclusivité du Cœur Immaculé, en l'attribuant à tous ceux qui sont «purs de cœur,» alors nous pourrions aussi bien arriver à la conclusion logique que tous les prêtres ont un cœur sacré, puisqu'ils sont consacrés alter Christus (un autre Christ), ce qui pourrait expliquer leur titre latin de Révérendus (être révéré). Mais dire que tous les prêtres ont un cœur sacré serait blasphématoire, et c'est exactement ce qu'on devrait penser de la minimisation du Cœur Immaculé par le Cardinal Ratzinger.

Même l'objection «typiquement protestante» «que nous ne devrions pas placer un être humain entre nous-mêmes et le Christ» trouve une réponse chez le Cardinal Ratzinger qui apparemment ignore Notre-Dame: il cite l'exhortation de Saint Paul à «l'imiter,» au lieu d'expliquer que c'était Notre-Seigneur Lui-Même qui plaçait, entre Lui-Même et nous, un simple être humain en faisant de Sa Mère la Médiatrice de toutes grâces!

En examinant les seules images de la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc,» le Cardinal Ratzinger dit:

De cette manière est soulignée l'importance de la liberté de l'homme: l'avenir n'est absolument pas déterminé de manière immuable, et l'image que les enfants ont vue n'est nullement un film d'anticipation de l'avenir, auquel rien ne pourrait être changé21.

C'est encore le déni de la prophétie: les enfants n'ont pas eu une vision entièrement conditionnelle. Notre-Dame a nettement distingué l'avenir inchangeable des conséquences qui surviendraient si on ne tenait pas compte de Ses demandes. Déclarer comme changeable le véritable avenir en tant que tel, quoi qu'il arrive en fait, c'est contre l'enseignement de l'Eglise sur la Divine Providence et la Prédestination. Le plan éternel de la Divine Providence est immuable parce que Dieu est immuable et rien ne peut arriver indépendamment de la Providence22. Dans Sa Divine Sagesse, Dieu connaît tout l'avenir, qui est, donc, inchangeable, comme l'a enseigné avec autorité Vatican I. (D.S. 3003)

Si le Cardinal Ratzinger était bien conscient de ce qu'il dit, il serait hérétique au moins matériellement; s'il veut dire que nous pouvons changer l'avenir, en suivant la requête de Notre-Dame, alors sa conception de l'avenir est déviée. Si un homme décide de devenir prêtre plutôt que père de famille, il ne «change» pas son avenir, qui était décidé avant sa naissance; il a plutôt changé d'idée. La déclaration du Cardinal Ratzinger est soit l'expression d'un subjectiviste, soit d'un esprit hérétique. C'est ce dernier qui semble le cas, si nous considérons la déclaration: «Il n'existe pas de destin immuable23.»

La certitude subjective du Cardinal à nier toute sorte «d'image de film» (vu par les trois enfants de Fatima) montre qu'il semble se prendre pour le vrai prophète de Fatima — lui-même, et certainement pas Notre-Dame de Fatima.

Sœur Lucie enfin est discréditée comme voyante quand le Cardinal Ratzinger dit que la vision incorpore des images qu'elle «peut avoir vues dans les livres de piété24.» Cela équivaut à déclarer toute la vision comme produit de l'imagination et entre confortablement dans le plan de dissolution de Fatima «réduit à rien de plus que piété et platitudes catholiques du genre, impliquant des événements terminés dont on ne parle plus,» tels que dans son article, le Père Gruner, avec tant de justesse, dépeint le commentaire Bertone/Ratzinger25.

Comme nous en avons discuté dans un précédent chapitre, la dernière page de TMF déclare de nouveau que tout dans le Secret appartient au passé, y compris les mots de Notre-Dame: «Mon Cœur Immaculé triomphera,» dont le Cardinal enlève délibérément les mots: à la fin. Le Cardinal réduit tout Fatima au «fiat de Marie, la parole de Son Cœur, a changé l'histoire du monde26.» C'est évidemment une manière ridicule et maladroite d'éliminer entièrement Fatima de la scène.

iv) - Le Levain de Ratzinger

La tentative de démantèlement du Message de Fatima par le Cardinal Ratzinger sous le déguisement d'une «interprétation» savante rappelle l'une des admonitions de Notre-Seigneur à Ses disciples: «Attention, prenez garde au levain des Pharisiens et des Sadducéens.» (Mt. 16:6) Tout d'abord les disciples, qui étaient en train de manger du pain à ce moment-là, n'ont pas compris. Qu'est-ce que parler de levain dans le pain venait faire avec les Pharisiens? Bientôt cependant ils saisirent ce que voulait dire Notre-Seigneur: «alors, ils comprirent qu'Il n'avait pas recommandé de se méfier du levain du pain, mais de la doctrine des Pharisiens et des Sadducéens.» (Mt. 16:12)

Comme l'a expliqué l'Archevêque Alban Goodier, S.J. dans son commentaire classique sur ce passage de l'Ecriture, Notre-Seigneur enseignait à Ses disciples à être sur leurs gardes contre les subtilités des Pharisiens, qui étaient beaucoup plus dangereuses que toute opposition ouverte au Christ:

Ce n'était pas tellement leur opposition qu'Il craignait pour Les Siens, c'était leur subtilité (celle des Pharisiens). Auparavant, les Pharisiens l'avaient blâmé à cause de Ses Miracles et autres bonnes actions; Il savait que cela ne Lui enlèverait pas Ses amis. Or, ce matin, ils (les Pharisiens) étaient venus, avec une simplicité affectée, un air de désirer savoir la vérité, un intérêt appel à les prophètes, un zèle pour la tradition, un respect de la loi et de l'ordre et de l'obéissance aux pouvoirs en place. Et tout cela, Il le savait, affecterait vraisemblablement Les Siens, plus que toute hostilité ouverte. Comme le levain, à moins de vigilance, cela se répandrait parmi eux inconsciemment27.

La Vierge de Fatima, comme Notre-Seigneur Lui-Même, a été très directe dans Son Message. Mais le Cardinal Ratzinger, comme les Pharisiens d'autrefois, est plein de subtilités et de citations de l'Ecriture qui, habilement présentées, obscurcissent la simplicité de la vérité de Dieu. Et comme les Pharisiens, le Cardinal présente son obscurcissement avec grand étalage de respect pour la Messagère et le Message; mais sous l'apparence de respect gît un mépris finement déguisé. Au moment où le Cardinal se satisfait de son «tribut» pharisaïque à Fatima, il n'en reste plus rien. Pour lui, l'affaire est toute en subtilités — si subtile qu'elle s'évanouit.

Mais les apparitions de Fatima ne sont pas si subtiles. Elles furent données à des petits enfants qui ne savaient pas lire, pour l'édification et l'instruction des sages et des savants de ce monde, y compris les théologiens du Vatican. Ou bien Notre-Dame est apparue à Fatima ou bien Elle n'est pas apparue. Ou bien Elle a donné aux enfants un Message clair, facile à retenir et à répéter tout comme ils l'avaient entendu, ou Elle ne l'a pas fait. Ou bien Elle avait l'intention que ce Message soit passé au monde, ou bien Elle n'en avait pas l'intention. Ou bien Elle s'est assurée que Son Message serait précisément transmis ou bien Elle ne s'en est pas assurée. Ou bien, par le Miracle du Soleil, Elle a garanti au-delà de toute ombre de doute raisonnable que c'était Elle, en vérité, la Reine du Ciel et de la Terre, Qui est venue, Qui a parlé, Qui a donné des ordres, ou bien Elle ne l'a pas garanti. La réponse, dans tous les cas, est qu'Elle l'a fait, bien entendu, car Elle est la Mère de Dieu.

Comme les disciples dans leur rencontre avec les Pharisiens, nous devons être sur nos gardes contre les subtilités pharisaïques qui se sont répandues comme un levain empoisonné à travers toute l'Eglise, au cours des quarante dernières années. Or, ce dernier levain actuel des Pharisiens cherche à pénétrer le Message de Fatima, puisque le Cardinal Ratzinger nous dit que tout cœur peut être semblable au Cœur Immaculé et que «A la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera» signifie l'Annonciation d'il y a 2 000 ans. Les Pharisiens d'autrefois étaient dangereux, précisément parce qu'ils semblaient avoir un respect authentique pour la vérité. Aujourd'hui un respect simulé pour le Message de Fatima cache ses opposants les plus déterminés.

Conclusion

Dans l'un des événements plus étrange d'une Eglise post-conciliaire déjà très étrange, nous nous trouvons face à bon nombre de questions qui surgissent de commentaires non-orthodoxes fournis par le Cardinal Ratzinger et Monseigneur Bertone, à propos de la vision du Troisième Secret:

Pourquoi les paroles réelles de Notre-Dame, le vrai Troisième Secret, noté sur une simple feuille et — très probablement encore dans le coffre-fort du Pape sont-elles cachées au public, et même niées?
Pourquoi la vision publiée, qui traite évidemment du meurtre d'un Pape à l'avenir, est-elle associée à l'attentat du Pape de 1981 qui a échoué?
Pourquoi répéter le mensonge que la Consécration de la Russie a été faite?
Pourquoi la déclaration absurde que «la décision du Pape Jean-Paul II de rendre publique la troisième partie du “secret” de Fatima conclut une période de l'histoire, marquée par de tragiques volontés humaines de puissance et d'iniquité»?
Pourquoi les assistants et conseillers du Pape rendent-ils Sa Sainteté disponible pour des centaines de rencontres politiques mais ne trouvent pratiquement aucun temps pour Sœur Lucie?
Pourquoi répéter le mensonge sur la chute du Communisme en 1989?28
Pourquoi le Secret, longtemps dissimulé, est-il minimisé comme étant «aucun grand mystère» et réduit au symbolisme?
Pourquoi nier la prédiction de l'avenir dans la prophétie?
Pourquoi minimiser le Cœur Immaculé et le mettre à égalité avec «les purs de cœur»?
Pourquoi nier que l'avenir est immuable et nier, en même temps la Providence de Dieu, au moins implicitement?
Pourquoi minimiser la vision de Sœur Lucie en mentionnant «des livres de dévotion» comme source possible?
Pourquoi les prélats omettent-ils d'expliquer la ligne «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.»?
Quel est le but de publier en premier lieu la vision du Troisième Secret, alors que les paroles de Notre-Dame sont dissimulées et la vision réduite à rien?
La déposition apporte une seule réponse à toutes ces questions: toutes les fois que nous sommes face à un péché, un mensonge par exemple, il nous faut poser une question: Cui bono? — au profit de qui?

Les machinations et incohérences du Vatican sur le Troisième Secret et Fatima en tant que tel, ne peuvent être une comédie stupide jouée par quelques prélats qui s'ennuient. Il doit y avoir un but sérieux pour l'intervention de mensonges qu'on n'a pas grand peine à démasquer. Pourquoi risquer cette mise en scène, à moins d'un but important?

Comme il est évident que le Troisième Secret n'est pas truqué pour prédire des visions politiquement correctes ou avantageuses pour l'avenir, mais — au contraire — est réduit au passé et privé de toute importance, le seul but de tout l'acte de publication, doit être une déviation stratégique des paroles réelles de Notre-Dame: une vision et une prophétie sont transformées en duperie ou — comme il plaît de dire aux services de renseignements — gestion de perception.

Cette réponse n'est pas simple spéculation, loin de là. Toute pièce justificative dont nous avons discuté jusqu'à présent, y compris la vision elle-même du Troisième Secret et autres apparitions approuvées auxquelles s'est référé le Cardinal Ratzinger lui-même en 1984, mène à la conclusion que le vrai Troisième Secret doit être les paroles de Notre-Dame cachées au public et, peut-être, le texte authentique de la vision censément publiée.

Nous concluons ce chapitre par quelques questions supplémentaires soulevées par la déposition:

Pourquoi la presse internationale a-t-elle — le plus souvent sans commentaire ni objection — publié la «vision»? Habituellement ils sont très efficaces pour jeter le ridicule, le doute, la dénégation et la calomnie sur le sacré. Considérez simplement la réaction internationale à l'annonce par le Vatican de la béatification du Pape Pie IX. Nous admettons que ce n'est pas un argument strictement théologique. La considération de probabilité a, cependant, été acceptée par Saint Thomas d'Aquin dont le sens commun — comme le souligne G.K. Chesterton — «est le sens du probable.»

Pourquoi serait-on si sûr de l'authenticité du texte publié ou des affirmations «personnelles de Sœur Lucie» quant à leurs interprétations authentiques? Deux des plus hauts prélats du Vatican n'hésitent pas, dans leur «commentaire» commun, à déclarer que le Troisième Secret ne contient «aucun grand mystère.» Ils nous présentent une collection de déclarations absurdes et contradictoires qui vont de l'insulte à notre intelligence jusqu'aux limites du blasphème et de l'hérésie (pour dire le moindre).

En conséquence, peut-on être sûr que les lignes «de Sœur Lucie» ne sont pas le produit du software capable de reproduire l'écriture manuscrite et disponible pour moins de cent dollars? Et dans ce cas, qui serait autorisé à interroger Sœur Lucie sur la publication? Certainement aucun d'entre nous.

Ce n'est pas simple paranoïa, mais seulement doute prudent sur la fiabilité habituelle de personnes qui nous ont dit des mensonges démontrables. On n'est pas paranoïaque pour avoir des doutes à propos d'inconsistances et de contradictions avec soi-même.

Il ne peut y avoir beaucoup de raisons, s'il en est, pour dissimuler un message de Notre-Dame: il serait concevable que le message fût assez terrifiant pour causer la panique, comme la prophétie d'une catastrophe limitée localement, une inondation ou une attaque nucléaire. Ou le message pourrait être trop symbolique pour être compris, comme ce pourrait être le cas de quelques lignes de l'Apocalypse. Ou le message pourrait être explicite et clair, mais fort gênant pour ceux qui détiennent le pouvoir de le publier.

Il semble évident que les deux premières possibilités ne sont pas dans les caractéristiques de Fatima et de la plupart des apparitions mariales, ce qui nous mène à la troisième possibilité pour notre conclusion: le Vatican a quelque chose à cacher qui serait extrêmement gênant. Nous rappelons le témoignage du Père Joaquim Alonso qui pendant seize ans fut l'archiviste officiel de Fatima:

Il est donc tout à fait probable, écrit-il, que le texte [du troisième Secret] fasse des allusions concrètes à la crise de la foi de l'Eglise et à la négligence des pasteurs eux-mêmes (et aux) luttes intestines au sein de l'Eglise même et de graves négligences pastorales de la haute Hiérarchie29.

C'est absolument conforme à l'apparition et au message de Notre-Dame de La Salette en 1846, à l'apparition en 1634 de Notre-Dame de Bonne Fortune à Quito, et quelques autres. Et il est peut-être possible que nous connaissions le vrai texte du Troisième Secret. Voilà le récit fait il y a quelques années par un prêtre français apparemment fiable qui entendit un message surnaturel en écoutant un enregistrement dans une sorte d'Oratoire. Il déclare avoir entendu les lignes suivantes:

On programmera et préparera un mauvais concile qui changera le visage de l'Eglise. Beaucoup perdront la Foi et la confusion règnera partout. Les brebis chercheront en vain leur pasteur. Un schisme déchirera la tunique de Mon Fils. Ce sera la fin des temps, annoncée dans les Saintes Ecritures et rappelée par Moi à la mémoire en maints endroits. L'abomination des abominations atteindra son sommet et amènera le châtiment annoncé à La Salette. Le bras de Mon Fils, que Je ne pourrai plus retenir, punira ce pauvre monde qui doit expier ses crimes. On ne parlera plus que de guerres et de révolutions. Les éléments de la nature seront déchaînés et causeront de l'angoisse, même chez les meilleurs (les plus courageux). L'Eglise saignera de toutes Ses blessures. Heureux ceux qui persévéreront et chercheront refuge en Mon Cœur, parce que, à la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera.

Bien sûr, il n'y a absolument aucune preuve de l'authenticité de ce texte. On ne doit pas déclarer que c'est le vrai Troisième Secret. Cependant, il signifie beaucoup plus que tout ce qui est contenu dans «l'interprétation» vaticane de la partie de la vision du Troisième Secret.

Les hérésies et l'apostasie à la suite de Vatican II sont d'une importance si tragique et si vaste que le sens commun exige de croire que c'est le Troisième Secret, ou une partie du Troisième Secret. Est-il possible que Notre-Dame ait su la fin de la Première Guerre Mondiale, le début de la Seconde Guerre Mondiale sous Pie XI, que la Russie répandrait ses erreurs, que la Russie serait l'instrument du châtiment, qu'un futur Pape serait tué par des soldats, mais rien sur les évolutions du cataclysme dans l'Eglise à partir de Vatican II, événement qui spirituellement fait pâlir d'insignifiance toutes les guerres? Nous avons déjà mentionné ces paroles prononcées par nul autre que le Pape Paul VI:

L'Eglise se trouve à une heure d'inquiétude, d'auto-critique, on pourrait même dire d'auto-destruction! C'est comme une révolution interne, aiguë et compliquée, à laquelle personne ne s'attendait après le Concile. (7 décembre 1968)

Il a aussi mentionné «la fumée de Satan» qui était entrée dans l'Eglise. Même le Pape Paul VI qui se trouvait au centre de la crise, a perçu le désastre jusqu'à un certain point. Est-il concevable que Notre-Dame de Fatima n'ait rien eu à dire à ce sujet, alors que d'autres apparitions approuvées, de l'aveu même du Cardinal Ratzinger, parlent de dangers pour la foi? Il est clair que c'est impossible!

Et donc, alors qu'il n'y a aucune preuve — nous le répétons — de l'authenticité du message cité ci-dessus que le prêtre français déclare avoir reçu, il n'y a dans ces lignes aucune alternative logique au Troisième Secret. Cela peut simplement signifier qu'il existe un texte appartenant au Troisième Secret que le Vatican doit encore révéler — un texte qui suit les mots sur le dogme de la Foi préservé au Portugal. Nous en discuterons dans le chapitre suivant.



Le Père Caillon a dit «Un ordre est venu de Rome obligeant tout le monde à dire et à penser: “La Consécration est faite. Le Pape ayant fait son possible, le Ciel a daigné agréer ce geste”.» C'est à cette époque (1988-89) que beaucoup d'oeuvres de Fatima qui avaient répété avec insistance que la Consécration de la Russie n'avait pas été faite, se sont mises à affirmer soudain que la Consécration de 1984 accomplissait les désirs du Ciel (voir pages 71 et 223).



Notes:

1. Entre 1986 et 1991, plusieurs Sanpietrini, gardes en uniforme de la Basilique Saint-Pierre de Rome ont annoncé directement au Père Gregorius Hesse (qui a travaillé des années au Vatican) que, presque après chaque Messe du Pape sur la place Saint-Pierre, on trouve des Hosties Consacrées sur le sol.

2. Seule peut plaire à Dieu une religion par laquelle on peut être sauvé, et il y en a une seule (ce qui est un Dogme de la Foi), donc le contraire est une hérésie et c'est aussi un blasphème, puisque Dieu, Qui est la Vérité, ne peut prendre à la légère la Vérité, donc déclarer le contraire est un blasphème.

3. The Fatima Crusader, n° 64, p. 115.

4. Ibid., pp. 54ff.

5. Ibid., p. 55.

6. Ibid., p. 18.

7. Daniel Le Roux, Petrus, liebst du mich? (Pierre-M'aimes-tu?), Stuttgart 1990, p. 110, publiée par Instauratio Press, Yarra Junction, Australie, 1988.

8. Ibid., p. 112.

9. Ibid., p. 127.

10. Ibid., p. 155.

11. Ibid., p. 172.

12. Ibid., p. 177.

13. Ibid., p. 236.

14. Ibid., p. 144.

15. The Fatima Crusader, n° 64, p. 31.

16. Joseph Cardinal Ratzinger «Commentaire Théologique» Le Message de Fatima (TMF), 26 juin 2000, p. 32.

17. The Fatima Crusader, n° 64, pp. 34f.

18. Ibid., pp. 115ff.

19. Voir Monseigneur Emile Bougaud, The Life of Saint Margaret Mary Alacoque (La Vie de Sainte-Marguerite Marie Alacoque) (publiée par Benzinger, 1890, republiée par TAN Books and Publishers, 1990), Chap. 14, «The Last Grand Revelation - The King of France, 1689 (la Dernière Grande Révélation - Le Roi de France, 1689).»

20. Au 13e siècle, Ste. Gertrude, allemande, fut un «Héraut du Sacré-Cœur.» Voir St. Gertrude the Great (Ste. Gertrude la Grande), publié par le Couvent Bénédictin du Clyde (Missouri), republié par TAN Books and Publishers en 1979, pp. 26ff. Nous ne comprenons donc pas pourquoi «le monde culturel allemand» trouverait étrange la Dévotion au Sacré-Cœur ou au Cœur Immaculé.

21. Joseph Cardinal Ratzinger, «Commentaire Théologique» Le Message de Fatima, 26 juin 2000, p. 41.

22. Sainte Thomas d'Aquin, Summa Theologiae (Somme Théologique), I.q.22, a.2.

23. Joseph Cardinal Ratzinger, «Commentaire Théologique» Le Message de Fatima, p. 42.

24. Ibid.

25. The Fatima Crusader, n° 64, p. 51.

26. Joseph Cardinal Ratzinger, «Commentaire Théologique» Le Message de Fatima, (TMF) 26 juin 2000, p. 44.

27. Archevêque Goodier, S.J., The Public Life of Our Lord Jesus Christ, Vol. I (La Vie Publique de Notre-Seigneur Jésus-Christ), (Burns Oates & Washbourne Ltd., London, Angleterre, 1932), p. 462.

28. Le Cardinal Sodano, le 13 mai 2000 a dit à Fatima dans son discours, «Les événements successifs de 1989, dans l'Union Soviétique ainsi que dans beaucoup de pays de l'Europe de l'Est, ont mené à la chute des régimes communistes qui ont milité pour l'athéisme.»

29. Le Père Joaquin Alonso, La Verdad Sobre el Secreto de Fatima (La Vérité sur le Secret de Fatima) (Centro Mariano, Madrid, Espagne 1976), p. 73. Dans Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 472. Voir aussi The Fatima Crusader, n° 64, p. 121.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:45

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 12

Le Troisième Secret Se Compose-t-Il
de Deux Textes Distincts?

En dépit de leurs efforts suprêmes pour fermer le livre de Fatima, les alliés Sodano/Ratzinger/Bertone n'avaient pas réussi la conférence de presse du 26 juin 2000. Des Catholiques intelligents de par le monde, n'ont pas cru tout simplement qu'une vision sans paroles et ambiguë d'«un Evêque vêtu de Blanc» pouvait être tout le contenu d'un secret que le Vatican gardait sous clef depuis quarante ans.

Le meilleur témoin pour soutenir que quelque chose devait manquer était — assez ironiquement, le Cardinal Ratzinger lui-même — dans l'entrevue de 1984 pour la revue Jesus que nous avons déjà aigu-dehors. Que s'était-il passé pour la «prophétie religieuse» que le Cardinal avait mentionnée à ce moment-là, concernant les «dangers pour la foi et la vie du Chrétien et donc (la vie) du monde»? Que dire de sa déclaration de 1984: «Les choses contenues dans ce “Troisième Secret” correspondent à ce qui a été annoncé dans l'Ecriture et a été redit et répété dans maintes autres apparitions mariales, tout d'abord celle de Fatima elle-même dans son contenu [déjà] connu»? Rien dans la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc» ne répète ce qui a été dit en maintes autres apparitions mariales, car dans cette vision Marie ne dit rien du tout. Et si, comme le déclarait maintenant le Cardinal Ratzinger en 2000, «un Evêque vêtu de Blanc» était le Pape Jean-Paul II échappant à la mort en 1981, pourquoi le Cardinal Ratzinger ne l'avait-il pas simplement révélé en 1984 et déclaré que le Troisième Secret avait été accompli?

La conclusion absolument inévitable pour beaucoup de Catholiques absolument fidèles était la probabilité d'un autre document en parallèle avec la vision. Peut-être le degré de la gêne vaticane sur ce point s'est-il montré le 16 mai 2001, presque un an après la conférence de presse «Fatima est fini.» A cette date là, la Mère Angelica — défenseur à toute épreuve, s'il en est, du personnel du Vatican — exprima en direct à la télévision, le sens commun de millions de Catholiques:

Quant au Secret, eh bien! J'en arrive à me trouver au nombre de ces personnes qui pensent que nous n'avons pas eu le tout. J'ai bien dit! Je veux dire, vous avez le droit à votre opinion personnelle, n'est-ce pas, Père? Là, vous savez, c'est mon opinion. Parce que je pense qu'il est effrayant. Et je ne pense pas que le Saint Siège va dire quelque chose qui n'arrivera pas, qui pourrait arriver. Et alors, que se passe-t-il si ça n'arrive pas? Je veux dire que le Saint Siège ne peut se permettre de faire des prophéties1.

La question que nous devons aborder dans ce chapitre — la question soulevée par des Catholiques comme la Mère Angelica — c'est de savoir si le Troisième Secret de Fatima est tout entier contenu dans le seul document publié en juin 2000, ou s'il se compose de deux documents: La vision publiée en juin 2000 et un texte séparé contenant les mots de Notre-Dame pour expliquer la vision — mots qui probablement suivent immédiatement l'expression «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» au Quatrième Mémoire de Lucie.

La conviction se répand qu'il y a, en fait, deux documents pour contenir le Troisième Secret. Mais quelle preuve y-a-t-il pour soutenir l'existence d'un second document?

Comme nous l'avons noté au chapitre 4, l'existence de deux documents — l'un étant une lettre écrite sur une simple feuille de papier et cacheté dans une enveloppe, l'autre étant dans un cahier que Sœur Lucie a transféré en même temps que l'enveloppe — est clairement suggéré par l'affirmation de différents témoins crédibles, y compris Sœur Lucie. On peut trouver une discussion plus détaillée de leur témoignage dans le livre de Frère Michel: Toute la Vérité sur Fatima - Volume III: Le Troisième Secret. Les 20 000 copies de l'édition française du Volume III furent publiées en 1985 et 1986 (après plus de 4 ans de recherche) et 50 000 copies de l'édition anglaise furent publiées en 1990. A notre connaissance, ce livre n'a jamais été remis en question quant à l'authenticité ou à la perfection de la recherche. Le Volume III à lui seul offre plus de 1 150 notes, citant de nombreux documents, témoins et témoignages. De même, les sources de Frère Michel et ses propres témoignages n'ont jamais été remis en question; il faut donc considérer Frère Michel lui-même comme un témoin valide et crédible2.

A partir de documents à notre portée dont certains ont déjà été exposés dans les chapitres précédents, nous entreprenons maintenant la tâche de prouver qu'il y a, en fait, deux manuscrits de Sœur Lucie se rapportant au Troisième Secret et que les deux documents ont été acheminés finalement vers le Vatican. Nous rappelons ce que Sœur Lucie a écrit à Monseigneur da Silva le 9 janvier 1944:

J'ai écrit ce que vous m'avez demandé; Dieu a voulu m'éprouver un peu, mais finalement, c'était bien cela sa volonté: [le texte] est cacheté dans une enveloppe et celli-ci est dans les cahiers...3

L'examen de l'original en portugais révèle que Sœur Lucie veut dire que le Secret proprement dit est dans l'enveloppe et que l'enveloppe est dans l'un de ses cahiers qu'elle confiait aussi à l'Archevêque Manuel Maria Ferreira da Silva (Archevêque de Gurza) pour transfert à l'évêque de Fatima, Monseigneur da Silva en juin 1944. Comme le déclare plus loin Frère Michel:

Discrètement, la voyante remit à l'évêque de Gurza le cahier dans lequel elle avait glissé l'enveloppe du Secret. Le soir-même, celui-ci remettait l'enveloppe entre les mains de Mgr da Silva...4»

Mais qu'est-il advenu du cahier? Il contient certainement quelque texte en rapport avec le Troisième Secret. Pour quelle autre raison Sœur Lucie aurait-elle confié à la fois l'enveloppe cachetée et le cahier à l'évêque de Fatima?

Le tableau suivant résume onze faits différents qui indiquent l'existence de deux manuscrits pour le Troisième Secret de Fatima: l'un dans l'enveloppe contenant les paroles de Notre-Dame, et un autre dans le cahier, contenant probablement la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc» qui fut révélée le 26 juin 2000. Nous examinerons ces faits dans les parties suivantes. Dés le début cependant, il nous faut bien faire remarquer qu'on ne peut escompter la possibilité de la perte ou de la destruction du texte de l'enveloppe et l'impossibilité de jamais le fournir.



Texte du Troisième Secret #1
Cité par Différents Témoins
(voir chapitre 4)

Texte du Troisième Secret #2
Publié par le Vatican
26 juin 2000

(1)

Le texte contient les paroles de Notre-Dame.

Le texte ne contient pas de paroles de Notre-Dame.

(2)

Texte transféré au Saint-Office - le 16 avril 1957.

Texte transféré au Saint-Office - le 4 avril 1957.

(3)

Ecrit sur une seule feuille de papier.

Ecrit sur 4 feuilles de papier.

(4)

Environ 25 lignes de texte.

62 lignes de texte.

(5)

Texte prêt le 9 janvier 1944.

Texte prêt le 3 janvier 1944.

(6)

Le Pape Jean-Paul II a lu le texte en 1978.

Le Pape Jean-Paul II a lu le texte le 18 juillet 1981.

(7)

Le Pape Jean-Paul II a consacré le monde le 7 juin 1981 après avoir lu le texte en 1978, mais avant de lire le texte de 4 pages qu'il n'a lu que le 18 juillet 1981.

Ce texte ne fut pas lu par le Pape avant son acte de consécration du monde le 7 juin 1981.

(

Ecrit sous forme de lettre (avec adresse et signature).

Pas écrit sous forme de lettre (ni adresse ni signature), mais comme une écriture dans le cahier de Sœur Lucie.

(9)

En réserve au chevet du Pape.

Dans le bâtiment du Saint-Office.

(10)

La simple feuille de papier a des marges de chaque côté de trois quarts de centimètre.

Les 4 feuilles de papier n'ont pas de marge.

(11)

Explique la vision.

Décrit la vision.

Fait #1:
Documentation de Preuves au Fait #1 -
Le texte #1 contient les paroles de Notre-Dame

Dans le chapitre 4, nous avons noté l'annonce du Vatican le 8 février 1960, communiqué de l'agence d'informations portugaise A.N.I. (à Rome), qui reconnaît que le texte du Troisième Secret (c'est-à-dire, le Texte #1 du tableau) contient les paroles réelles de Notre-Dame:

Dans des cercles du Vatican hautement dignes de foi, on vient de déclarer au représentant de l'United Press International qu'il est fort probable que la lettre dans laquelle sœur Lucie écrivit les paroles que la Vierge Marie adressa aux trois pastoureaux à la Cova da Iria, ne soit jamais ouverte5.

Nous avons aussi le propre témoignage de Sœur Lucie: Le Troisième Secret contient les paroles réelles de Notre-Dame, pas simplement une vision sans paroles. Le Frère Michel rapporte:

… Dans son troisième Mémoire, rédigé en juillet-août 1941, Sœur Lucie s'était contentée de mentionner l'existence d'une troisième partie du Secret, mais elle n'en n'avait encore rien dit. Ce fut quelques mois plus tard, dans son quatrième Mémoire, écrit d'octobre à décembre 1941, qu'elle se décida à en dire davantage. Elle retranscrivit alors presque littéralement le texte du troisième Mémoire, mais en ajoutant à la suite des derniers mots — «… et il sera donné au monde un temps de paix» — la nouvelle phrase: «Em Portugal se conservará sempre o dogma da fé, etc.6»

Cette nouvelle expression se traduit: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» — en citant directement les paroles de la Vierge à Fatima. Frère Michel rapporte aussi:

Si bien qu'en 1943, lorsque Mgr da Silva lui eut demandé d'en rédiger le texte [du Troisième Secret] et qu'elle rencontrait d'insurmontables difficultés pour obéir à cet ordre, elle déclara un jour que ce n'était pas absolument nécessaire de le faire, «puisque d'une certaine façon elle l'avait dit7.» Sans doute faisait-elle allusion aux dix mots discrètement ajoutés en décembre 1941 au texte du grand Secret, mais si discrètement que presque personne n'y prendra garde8.

Il est très remarquable que ces mots discrètement ajoutés — «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» sont ceux-là même que TMF essaye d'éviter en les réduisant à une note, comme s'ils n'étaient d'aucune importance et en se basant, pour le texte du Grand Secret, sur le Troisième Mémoire qui ne contient pas cet ajout.

Nous répétons la question posée plus haut: Pourquoi le Cardinal Sodano, le Cardinal Ratzinger et Mgr Bertone ont-ils choisi le Troisième Mémoire alors que le Quatrième Mémoire offre un texte plus complet du Message de Fatima? La réponse est claire: ils ont choisi le Troisième Mémoire afin d'éviter toute discussion de l'expression importante: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» Par cet expédient, ils ont habilement contourné une indication évidente que le Message de Fatima comporte des paroles ultérieures de la Vierge comprises à l'intérieur du «etc.», et que ces mots qui manquent doivent se rapporter au Troisième Secret. S'il n'en était pas ainsi, alors Sodano/Ratzinger/Bertone n'auraient pas montré une telle aversion pour cette expression. Ils auraient simplement utilisé le Quatrième Mémoire, incluant cette expression dans la discussion de TMF sur les deux premières parties du Grand Secret de Fatima. On peut seulement conclure que l'expression si répugnante pour eux est, en fait, la porte d'entrée au Troisième Secret de Fatima et qu'ils n'ont pas souhaité attirer les regards des fidèles ou du monde en général sur cette porte d'entrée, car elle soulève trop de questions sur ce qui se trouve au-delà.

Le reste du Secret indiqué par le «etc.» n'a pas été enregistré dans le Quatrième Mémoire, mais dans le texte plus tardif en contestation, le texte manquant du Troisième Secret qui explique la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc.»

En fait, les auteurs de TMF négligent de mentionner qu'immédiatement après: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.», nous trouvons dans le Quatrième Mémoire: «Cela, ne le dites à personne; A François, oui, vous pouvez le dire.» Or, si «cela» se référait seulement à la préservation constante de la Foi au Portugal, Notre-Dame aurait difficilement engagé les voyants à cacher ce compliment céleste au peuple portugais. Donc, le «cela» implique nettement une référence à la manière dont le dogme de la Foi ne serait pas toujours préservé en d'autres lieux — beaucoup d'autres lieux. C'est la conclusion même que les auteurs de TMF ont tenté de cacher en réduisant l'expression-clef à une note.

Comme nous l'avons souligné au chapitre 4, ces dix mots — «Em Portugal se conservara sempre o dogma da fe, etc. (Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.)» introduisent dans le Secret de Fatima une pensée nouvelle et incomplète. L'expression suggère, comme en a conclu tout expert respectable de Fatima qu'il y a une suite et que le «etc.» ne fait que remplacer la troisième partie du Secret. Mais le manuscrit du Troisième Secret, publié par le Vatican en juin 2000 (c'est-à-dire le Texte #2 d'après le tableau de la page 121), publié dans TMF ne contient aucun mot de Notre-Dame; il décrit seulement le vision du Secret vu par les trois enfants de Fatima. Ce texte n'explique pas la nouvelle phrase du Quatrième Mémoire et ne fournit pas non plus les mots compris dans le «etc.»

Les vraies paroles de Notre-Dame, prononcées personnellement par la Mère de Dieu, finissent-elles par «etc.»? Certainement pas. Il y a, sans aucun doute, un texte manquant après le «etc.» Qu'est-il devenu?

Que Peut-on Conclure pour le Fait #1

Ces faits montrent qu'il doit y avoir deux documents: l'un contenant les mots de Notre-Dame, l'autre contenant la vision des trois enfants, mais absolument sans aucune parole attribuée à Notre-Dame.

Le fait #2:
Documentation de Preuves au Fait #2 -
Dates Différentes de Transfert

Frère François nous dit quand le texte du Troisième Secret fut transféré au Saint-Office (maintenant Congrégation pour la Doctrine de la Foi):

Arrivé au Vatican le 16 avril 1957, le Secret fut sans doute placé presque aussitôt par le Pape Pie XII dans son bureau personnel, à l'intérieur d'un petit coffre de bois, portant la mention Secretum Sancti Officii: (Secret du Saint-Office)9.

Il est important de rappeler ce que nous avons noté plus haut: que le Pape était à la tête du Saint-Office avant la réorganisation de la Curie Romaine en 1967 par le Pape Paul VI. Il était donc tout à fait normal pour le Pape de garder en sa possession le Troisième Secret et pour la boite le contenant, de porter l'étiquette «Secret du Saint-Office.» Le Pape étant à la tête du Saint-Office, cette boite faisait partie des archives du Saint-Office.

Le commentaire du Vatican déclare, cependant, que le manuscrit original du Troisième Secret, écrit par Lucie, fut transféré au Saint-Office le 4 avril, 1957. De plus, l'Archevêque Tarcisio Bertone, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, nous dit:

Il existe un seul manuscrit, qui est ici reproduit photographiquement. L'enveloppe scellée fut gardée d'abord par l'évêque de Leiria. Pour mieux conserver le «secret», l'enveloppe fut remise le 4 avril 1957 aux Archives secrètes du Saint-Office10.

Que Peut-on Conclure pour le Fait #2

Cette différence de date confirme la conclusion qu'il y a deux documents: un document contenant la vision fut transféré aux Archives Secrètes du Saint-Office le 4 avril 1957; l'autre document, contenant les paroles de Notre-Dame de Fatima, fut transféré le 16 avril 1957 à l'appartement du Pape qui peut être considéré comme partie du Saint-Office.

Fait #3:
Documentation de Preuves au Fait #3 -
Le texte #1 est une seule Feuille de Papier

Comme nous l'avons montré au chapitre 4, le Cardinal Ottaviani, en tant que Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en 1967, a déclaré qu'il avait lu le Troisième Secret et qu'il était écrit sur une seule feuille de papier. Il a attesté ce fait le 11 février 1967, à une conférence de presse au cours d'un rassemblement de l'Académie Pontificale Mariale à Rome:

Et alors, qu'a-t-elle (Lucie) fait pour obéir à la Très Sainte Vierge? Elle a écrit sur une feuille, en portugais, ce que la Sainte Vierge lui avait demandé de dire...11

Le Cardinal Ottaviani est témoin de ce fait. Dans la même conférence de presse, il déclare:

Moi qui ai eu la grâce et le don de lire ce qui est le texte du Secret — mais je suis secret moi aussi parce que je suis tenu au secret...12

Notez bien: le Cardinal Ottaviani a lu le Troisième Secret. Le Cardinal Ottaviani a dit plus tard qu'il était écrit sur une feuille de papier. Mais le texte de la vision présenté par le Vatican le 26 juin 2000 est sur des feuilles multiples. Si le Troisième Secret cacheté dans l'enveloppe — celui qu'a lu le Cardinal Ottaviani — avait été sur des feuilles multiples, il l'aurait dit.

Par voie de confirmation, le Père Alonso rapporte que tous les deux, Sœur Lucie et le Cardinal Ottaviani, déclarent que le Secret était écrit sur une seule feuille de papier:

Lucie nous dit qu'elle l'a écrit sur une feuille de papier. Le Cardinal Ottaviani, qui l'a lu, nous a dit de même: «Elle a écrit sur une feuille...13»

Nous avons aussi le témoignage de Monseigneur Venancio, alors évêque Auxiliaire de Leiria-Fatima: il avait reçu l'ordre de Monseigneur da Silva (évêque de Leiria-Fatima), à la mi-mars 1957, de porter des copies de tous les écrits de Sœur Lucie — y compris l'original du Troisième Secret — au Nonce Apostolique de Lisbonne pour transfert à Rome. Avant de porter les écrits de Lucie au Nonce, Monseigneur Venancio regarda l'enveloppe contenant le Troisième Secret en l'élevant à la lumière et vit que le Secret était «écrit sur une petite feuille de papier14.» Frère Michel a été un témoin de première main pour cette attestation de haute preuve:

Cependant, grâce aux confidences de Mgr Venancio, à l'époque évêque auxiliaire de Leiria et qui fut intimement mêlé à ces événements, nous disposons maintenant de plusieurs données sûres que nous nous garderons bien de négliger. Je les ai moi-même recueillies de la bouche de Mgr Venancio le 13 février 1984, à Fatima. L'ancien évêque de Leiria me répéta sur ce sujet, presque mot pour mot, ce qu'il avait déjà dit auparavant à l'abbé Caillon, qui en a fait le récit très détaillé dans ses conférences15.

Voici le témoignage de Monseigneur Venancio, selon le Frère Michel:

Mgr Venancio raconte qu'une fois seul chez lui, il prit la grande enveloppe du Secret et qu'il essaya de voir, par transparence, quel en était le contenu. Dans la grande enveloppe de l'évêque, il discerna une enveloppe plus petite, celle de Lucie, et à l'intérieur une feuille ordinaire, avec trois quarts de centimètre de marge de chaque côté. Il prit le soin de noter la taille de tout cela. L'ultime Secret de Fatima est donc écrit sur une petite feuille de papier16.

Le manuscrit du Troisième Secret publié par le Vatican en juin 2000 est écrit sur quatre feuilles de papier. Il y a là vraiment quelque chose qui ne va pas.

Que Peut-on Conclure pour le Fait #3

Encore une fois, les preuves montrent l'existence de deux documents: l'un comprenant une seule feuille de papier, l'autre se composant de quatre feuilles de papier.

Fait #4:
Documentation de Preuves au Fait #4 -
Le texte #1, c'est 25 Lignes de Texte Calligraphié

Outre les textes cités à l'appui du Fait #3 quant au fait que le Troisième Secret est écrit sur simplement une seule feuille de papier, Frère Michel et Frère François s'accordent tous deux pour dire que le texte du Troisième Secret contient seulement 20 à 30 lignes.

… nous sommes aussi sûrs que les quelque vingt ou trente lignes du troisième Secret...17

L'ultime Secret de Fatima, écrit sur une petite feuille de papier, n'est donc très long. Probablement vingt à vingt-cinq lignes...18

[Monseigneur Venancio a regardé] l'enveloppe [contenant le Troisième Secret] en l'élevant à la lumière. Il a vu à l'intérieur une petite feuille dont il a mesuré la dimension exacte. Nous savons donc que le Troisième Secret n'est pas très long, probablement vingt à vingt-cinq lignes ...19

D'un autre côté, le manuscrit du Troisième Secret, publié par le Vatican en juin 2000, contient 62 lignes de texte calligraphié. Là encore, il y a vraiment quelque chose qui ne va pas.

Que Peut-on Conclure pour le Fait #4

La contradiction démontre qu'il y a deux documents: l'un avec 20 à 30 lignes de texte sur une seule feuille de papier, l'autre avec 62 lignes sur quatre feuilles de papier.

Fait #5:
Documentation de Preuves au Fait #5 -
Le texte #1 N'Etait Pas Prêt au 3 janvier

Comme nous l'avons montré au chapitre 4, Lucie a d'abord essayé de noter le texte du Troisième Secret en octobre 1943. Depuis cette mi-octobre jusqu'au début de janvier 1944, Lucie, était empêchée par une angoisse indicible de noter le Troisième Secret par écrit.

Nous avons aussi noté que l'ordre de rédiger le Secret est venu quand Sœur Lucie fut atteinte de pleurésie en juin 1943, ce qui amena le Chanoine Galamba et Monseigneur da Silva à craindre qu'elle mourût sans avoir révélé la partie finale du Grand Secret de Fatima. Le Chanoine Galamba convainquit plus tard Monseigneur da Silva de suggérer à Sœur Lucie qu'elle notât par écrit le Secret. Sœur Lucie, cependant, ne voulut pas s'y plier sans un ordre formel de l'évêque, qui fut donné finalement à la mi-octobre 1943.

Même alors, Sœur Lucie, pendant encore deux mois et demi, fut incapable d'obéir, jusqu'à une apparition de la Très Sainte Vierge Marie le 2 janvier 1944, pour confirmer que c'était la Volonté de Dieu qu'elle mît le Secret par écrit. C'est seulement alors que Lucie put surmonter ses craintes et angoisses et rédiger le Secret20. Mais c'est seulement le 9 janvier 1944 que Sœur Lucie a écrit à Monseigneur da Silva la note suivante pour l'informer que le Secret était enfin rédigé:

J'ai écrit ce que vous m'avez demandé; Dieu a voulu m'éprouver un peu, mais finalement, c'était bien cela Sa Volonté, [le texte] est cacheté dans une enveloppe et celle-ci est dans les cahiers ...21

Le manuscrit du Troisième Secret pour le Vatican, cependant était achevé le 3 janvier 1944, d'après la date apparaissant à la fin du document de 4 pages calligraphié par Sœur Lucie22. De plus, l'Archevêque Bertone nous dit:

La troisième partie du «secret» fut écrite «par l'ordre de Son Excellence l'évêque de Leiria et de la Sainte Mère» le 3 janvier 194423.

Que Peut-on Conclure pour le Fait #5

Considérant que Sœur Lucie avait enfin rédigé le Secret après une apparition de la Sainte Mère, pourquoi n'aurait-elle pas immédiatement informé Monseigneur da Silva dès que le document fut prêt, étant donné l'assurance de la Mère de Dieu que c'était pour elle la Volonté de Dieu de livrer le document? Pourquoi Sœur Lucie, entraînée à l'obéissance, attendrait-elle encore six jours — du 3 au 9 janvier — pour obéir à l'ordre du Ciel de rédiger le Troisième Secret avant d'en informer son évêque? Nous pouvons en conclure que le texte du Troisième Secret ne fut pas prêt avant le 9 janvier 1944 ou très peu avant.

Cette différence de date prête, par suite, un appui supplémentaire à l'existence de deux documents: l'un contenant la vision, achevé le 3 janvier 1944; l'autre contenant les paroles de Notre-Dame qui expliquent cette vision achevée le 9 janvier 1944 ou très peu avant.

De l'aveu général, cette conclusion dépend de preuves circonstancielles; mais les experts de Fatima sont obligés de se fier à ce genre de preuves parce que le mouvement anti-Fatima, depuis 1976, a bloqué la publication des œuvres du Père Joaquin Alonso, comportant plus de 5 000 documents en 24 volumes, résultat de ses 11 années de recherche jusqu'à cette date-là. Comme nous l'avons noté, le Père Alonso a été, pendant seize ans, archiviste officiel de Fatima.

Toutes les autres conclusions de cet article, sauf peut-être la conclusion concernant le Fait #11, ne dépendent pas de preuves circonstancielles.

Fait #6:
Documentation de Preuves au Fait #6 -
Différentes Dates où le Pape pour la premiere fois a Lu le Secret

Le 1er juillet 2000, le Washington Post rapportait que les officiels du Vatican avaient récemment fourni des dates contradictoires pour la première fois où le Pape Jean-Paul II a lu le Troisième Secret:

Le 13 mai, le porte-parole du Vatican Joaquin Navarro-Valls a dit que le Pape avait lu le secret pour la première fois dans les jours de son avènement au Pontificat en 1978. Le lundi, un collaborateur du Cardinal Joseph Ratzinger, Préfet au Vatican de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a dit que le Pape l'a vu pour la première fois à l'hôpital après l'attentat24.

Un article du numéro du 26 juin 2000 du New York Times a identifié le collaborateur du Cardinal Ratzinger:

«Jean-Paul II a lu pour la première fois le texte du troisième secret de Fatima après l'attentat,» a dit aux journalistes un des premiers collaborateurs de Ratzinger, Monseigneur Tarcisio Bertone, au cours d'une conférence de presse pour présenter le document25.

Selon le commentaire du Vatican, le Pape Jean-Paul II n'a pas lu le Troisième Secret jusqu'à le 18 juillet 1981. L'Archevêque Bertone nous dit:

Pour sa part, Jean-Paul II a demandé l'enveloppe contenant la troisième partie du «secret» après l'attentat du 13 mai 1981. Son Eminence le Cardinal Franjo Seper, Préfet de la Congrégation, remit à Son Excellence Monseigneur Eduardo Martinez Somalo, Substitut de la Secrétairerie d'Etat, le 18 juillet 1981, deux enveloppes: l'une blanche, avec le texte original de Sœur Lucie en langue portugaise; l'autre de couleur orange, avec la traduction du «secret» en langue italienne. Le 11 août suivant, Monseigneur Martinez a rendu les deux enveloppes aux Archives du Saint-Office26.

Que Peut-on Conclure pour le Fait #6

Toutes ces déclarations sont vraies et conciliables s'il y a deux documents: en 1978, le Pape a lu le document d'une page originellement cacheté dans l'enveloppe, contenant les paroles de Notre-Dame; et puis le 18 juillet, Sa Sainteté a lu le document de 4 pages décrivant la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc.»

Fait #7:
Documentation de Preuves au Fait #7 -
Le texte #1 a Inspiré au Pape de Consacrer le Monde

Tout de suite après la déclaration de l'Archevêque Bertone, cité en preuve du Fait #6, l'Archevêque continue à nous dire:

Comme on le sait, le Pape Jean-Paul II pensa aussitôt à la consécration du monde au Cœur immaculé de Marie et composa lui-même une prière pour ce qu'il définit «un acte de consécration» à célébrer dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure, le 7 juin 1981...27

Que Peut-on Conclure pour le Fait #7

Comment le Pape Jean-Paul II pouvait-il être poussé par le Troisième Secret à consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie le 7 juin 1981, alors que, selon l'Archevêque Bertone, le Pape n'a pas vraiment lu le Troisième Secret jusqu'à le 18 juillet 1981 — six semaines plus tard?

Là encore, les deux déclarations peuvent se concilier s'il y a deux documents: le Pape a lu, en 1978, le document d'une page, contenant les paroles de Notre-Dame — c'est le texte qui l'a poussé à consacrer le monde le 7 juin 1981 — et puis, il a lu le document de quatre pages décrivant la vision le 18 juillet 1981. Comme nous l'avons déjà montré au chapitre 6, les déclarations du Pape Jean-Paul II démontrent qu'il voit ces actes de consécration du monde comme préparant le terrain pour le jour où il se sentira enfin libre d'accomplir la Consécration de la Russie.

Fait #8:
Documentation de Preuves au Fait #8 -
Le texte #1 Est une Lettre

Sœur Lucie, elle-même, nous dit que le Troisième Secret a été écrit sous forme de lettre. Nous avons le témoignage écrit du Père Jongen qui, les 3-4 février 1946, a interrogé Sœur Lucie:

«Vous avez déjà donné à connaître les deux premières parties du Secret. Quand sera-ce pour la troisième?» «Cette troisième partie, je l'ai communiquée par une lettre adressée à Mgr l'évêque de Leiria; ...» a-t-elle répondu28.

Comme l'a attesté le Chanoine Galamba:

Quand Mgr l'évêque refuse de l'ouvrir, Lucie lui fait promettre qu'il serait ouverte définitivement et lu au monde à sa mort [à elle, Lucie], ou en 1960, selon ce qui se produirait d'abord29.

En février 1960, le Patriarche de Lisbonne déclara:

Mgr da Silva enferma (l'enveloppe cachetée par Lucie) dans une autre enveloppe sur laquelle il indiqua que la lettre devait être ouverte en 1960, par lui-même, Mgr José Correia da Silva, s'il était encore en vie, ou sinon par le cardinal patriarche de Lisbonne30.

Le Père Alonso nous dit:

D'autres évêques ont également parlé — et avec autorité — de la date de 1960 comme indiquée pour ouvrir le fameux document. Ainsi, quand l'évêque, alors titulaire de Tiava, et auxiliaire de Lisbonne, interroge Lucie au sujet de la date à laquelle sera ouvert le Secret, il reçoit toujours la même réponse: En 196031.

En 1959, Monseigneur Venancio, nouvel évêque de Leiria, a déclaré:

Je pense que la lettre ne sera pas ouverte avant 1960. La sœur Lucie avait demandé qu'elle ne fût pas ouverte avant sa mort, ou pas avant 1960. Or, nous sommes en 1959, et la sœur Lucie jouit d'une bonne santé32.

Enfin, l'annonce du Vatican le 8 février 1960 par l'agence de presse ANI nous dit aussi que le texte du Troisième Secret fut écrit comme une lettre.

… il est fort probable que la lettre dans laquelle sœur Lucie écrivit les paroles que la Vierge Marie adressa aux trois pastoureaux à la Cova da Iria, ne soit jamais ouverte. ...33

Or le texte de la vision du Troisième Secret a aussi été identifié comme lettre dans le commentaire du Vatican. Cependant, ce texte évidemment n'est pas une lettre puisqu'il:

n'est adressé à personne;
est daté à la fin, même si, selon la coutume au Portugal, depuis le 18ème siècle, aucune lettre n'est datée à la fin, mais seulement au début;
n'est pas signé par Sœur Lucie, ni personne d'autre;
est donc nettement tout, sauf une lettre.
Des copies de lettres écrites par Sœur Lucie ont été insérées dans ses Mémoires publiés; les lettres ont toutes un destinataire, une date et sa signature.

Nous pouvons donc être sûrs que le document d'une page, mis à disposition le 9 janvier 1944, est une lettre adressée à quelqu'un (Sœur Lucie a dit au Père Jongen, en février 1946, qu'elle l'avait envoyée à l'évêque de Léiria) et signée par Sœur Lucie.

Il est important de noter ici qu'on a offert à Sœur Lucie le choix d'écrire le Troisième Secret sous forme de lettre ou dans son cahier, et qu'elle a décidé de l'écrire sous forme de lettre. Selon le Père Alonso, Sœur Lucie a écrit à Monseigneur da Silva le 9 janvier 1944:

J'ai écrit ce que vous m'avez demandé; Dieu a voulu m'éprouver un peu, mais finalement, c'était bien cela sa volonté: [le texte] est cacheté dans une enveloppe et celli-ci est dans les cahiers34 ...

De nouveau, comme nous l'avons noté ci-dessus, Frère Michel rapporte que, le 17 juin 1944:

Discrètement, la voyante remit à l'évêque de Gurza le cahier dans lequel elle avait glissé l'enveloppe du Secret. Le soir-même, celui-ci remettait l'enveloppe entre les mains de Mgr da Silva ...35

Que Peut-on Conclure pour le Fait #8

Les preuves confirment cette conclusion hautement probable: il y a deux documents. Le texte du Troisième Secret contenant les paroles de Notre-Dame sous la forme d'une lettre d'une page et quatre pages de texte du cahier.

De plus, comme nous l'avons noté, le texte de la vision est daté du 3 janvier 1944, tandis qu'est daté du 9 janvier 1944 la lettre de Sœur Lucie à l'évêque de Fatima déclarant: «J'ai écrit ce que vous m'avez demandé; Dieu a voulu m'éprouver un peu, mais finalement, c'était bien cela Sa Volonté: [le texte] est cacheté dans une enveloppe et celle-ci est dans les cahiers.» Il est tout à fait possible que ces cahiers de Sœur Lucie contiennent nombre d'autres choses se rapportant au Troisième Secret, qu'elle a écrites dans la période 3-9 janvier 1944. Ces autres choses peuvent être des points de moindre importance se rapportant au Secret, menant à la révélation finale par la Vierge en Ses propres termes de la partie la plus terrifiante du Secret. Nous rappelons ici le témoignage du Père Schweigl cela il y a en effet deux parties du Secret: l'une se rapportant au Pape, et l'autre représentant la conclusion des paroles: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.»

A ce propos, il est important de se souvenir que Sœur Lucie avait reçu le choix d'écrire le Troisième Secret dans ses cahiers ou sur une feuille de papier. Evidemment, elle s'est servie des deux options. Là encore, pour quelle autre raison aurait-elle remis à la fois une enveloppe cachetée et un cahier à l'évêque de Gurza pour transfert à l'évêque de Fatima?

N'est-il pas tout à fait vraisemblable donc que la vision ambiguë-partie «plus sécurisante» du Troisième Secret — fut rédigée dans le cahier, tandis que l'explication concrète de la vision, dans les termes de la Vierge Elle-Même — dont l'impact était fort terrible — devait être cachetée dans l'enveloppe que Sœur Lucie a placée à l'intérieur du cahier? Il ne semble pas y avoir d'autre explication sensée de la raison pour laquelle Sœur Lucie, en réponse à l'ordre donné par l'évêque de Fatima de rédiger le Troisième Secret, lui a fourni et une enveloppe cachetée et un cahier.

Bref, la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc,» dont le texte couvre quatre feuilles de papier, était contenue dans le cahier, mais l'explication — sur l'unique feuille de papier, selon l'attestation de nombreux témoins — était cachetée dans l'enveloppe. C'est pourquoi le cahier accompagnait l'enveloppe cachetée.

Donc, les quatre pages du texte révélées par le Vatican le 26 juin 2000 sont peut-être la partie vision du Troisième Secret contenue dans le cahier, certainement pas la lettre d'une page cachetée dans l'enveloppe.

Fait #9:
Documentation de Preuves au Fait #9 -
Le texte #1 en Réserve dans l'Appartement du Pape

Frère Michel rapporte le témoignage du journaliste Robert Serrou qui, faisant un montage photographique au Vatican le 14 mai 1957 36, environ un mois après l'arrivée du Troisième Secret à Rome le 16 avril 1957, découvrit que le Troisième Secret était gardé dans l'appartement du Pape, à son chevet. Comme nous le dit Frère Michel:

… nous savons maintenant que la précieuse enveloppe transmise à Rome par Mgr Cento ne fut pas placée dans les archives du Saint-Office, mais que Pie XII voulut la conserver dans son propre appartement.

L'abbé Caillon recueillit cette information de la bouche du journaliste Robert Serrou qui la tenait lui-même la tenait de Sœur Pascalina. Voici comment. Robert Serrou effectua pour Paris-Match un reportage photographique dans les appartements de Pie XII. Sœur Pascalina, — cette femme de grand bon sens qui dirigeait les quelques religieuses assurant le service du Pape et qui recevait parfois ses confidences — était présente.

Devant un petit coffre en bois posé sur une table et portant l'inscription «Secretum Sancti Officii» (Secret du Saint-Office), le journaliste interrogea la sœur: «Ma sœur, qu'y a-t-il dans ce petit coffre?» Et celle-ci de répondre: «Il y a là-dedans le troisième Secret de Fatima …»

La photographie de ce coffret — que nous avons tenu à reproduire — fut publiée dans Paris-Match un an et demi plus tard ...37



Voici la photographie de ce coffre, publiée dans le numéro du 18 octobre 1958 de Paris-Match (n° 497, page 82). Les détails du témoignage de Serrou furent confirmés plus tard dans une lettre qu'il écrivit à Frère Michel le 10 janvier 1985. Dans cette lettre, Serrou déclare:

Il est exact que mère Pascalina m'a bien dit en me montrant un petit coffret portant une étiquette avec la mention “Secret du Saint-Office”: “Il y a là-dedans le troisième Secret de Fatima38.”

Le commentaire du Vatican nous dit, cependant, que le Troisième Secret avait été gardé dans le bâtiment qui abrite le Saint-Office. Là encore, selon l'Archevêque Bertone:

L'enveloppe scellée fut gardée d'abord par l'évêque de Leiria. Pour mieux conserver le «secret,» l'enveloppe fut remise le 4 avril 1957 aux Archives secrètes du Saint-Office39.

De plus, nous avons aussi démontré dans le Fait #6 que le Pape Jean-Paul II a lu le texte du Troisième Secret (c'est-à-dire le document d'une page contenant les paroles de Notre-Dame) en 1978, et puis il a lu le document de quatre pages décrivant la vision le 18 juillet 1981. Selon la discussion du Fait #6, le Saint-Office rappelle que le Pape Jean-Paul II a demandé le Troisième Secret en 1981, mais il n'y a aucune trace de la demande du Secret par le Pape en 1978 parce que ce n'était pas nécessaire — il était dans les appartements du Pape.

Que Peut-on Conclure pour le Fait #9

Ces témoignages établissent le fait qu'il y a deux documents en réserve en deux lieux différents et en deux archives différentes. En 1978, le Pape Jean-Paul II a lu le texte de la lettre d'une page contenant les termes de Notre-Dame qui était en réserve en son appartement, document que le Pape n'avait pas besoin de demander aux Archives Secrètes du Saint-Office. Mais en 1981, le Pape Jean-Paul II a lu les quatre pages de texte contenant la description de la vision dans le cahier de Sœur Lucie, qui était gardé dans le bâtiment du Saint-Office. C'est ce texte qu'il dut demander aux Archives Secrètes du Saint-Office.

Fait #10:
Documentation de Preuves au Fait #10 -
Le texte #1 a une Marge de ¾ de centimètre de Chaque Côté

Voici le témoignage de Monseigneur John Venancio, le second évêque de Fatima, qui a examiné un profil du texte sous forte lumière et a noté avec précision les contours de marge de la page sur laquelle il était écrit:

Mgr Venancio raconte [à Frère Michel] qu'une fois seul chez lui, il prit la grande enveloppe du Secret et qu'il essaya de voir, par transparence, quel en était le contenu. Dans la grande enveloppe de l'évêque, il discerna une enveloppe plus petite, celle de Lucie, et à l'intérieur une feuille ordinaire, avec trois quarts de centimètre de marge de chaque côté. Il prit le soin de noter la taille de tout cela. L'ultime Secret de Fatima est donc écrit sur une petite feuille de papier40.

Encore une fois, les quatre pages contenant la vision du Troisième Secret ne laissent aucune marge quelconque — petite différence mais significative, à ajouter à toutes les autres différences.

Que Peut-on Conclure pour le Fait #10

Cette différence démontre aussi que le texte rendu public par le Cardinal Ratzinger et Monseigneur Bertone le 26 juin 2000 n'est pas le texte du Troisième Secret contenu dans l'enveloppe, et par conséquent on ne nous a pas encore donné le texte complet du Troisième Secret, même si les hauts dignitaires du Vatican prétendent le contraire.

Fait #11:
Documentation de Preuves au Fait #11 -
Le Texte #1 Explique la Vision

Dans le Quatrième Mémoire de Sœur Lucie, nous lisons que, au cours de l'Apparition de Notre-Dame, le 13 juin 1917, quand Lucie eut demandé d'emmener au Ciel les trois voyants, Notre-Dame répondit:

Oui, Jacinthe et François, Je les emmènerai bientôt mais toi, tu resteras ici pendant un certain temps. Jésus veut se servir de toi afin de Me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à Mon Cœur Immaculé. À qui embrassera cette dévotion, Je promets le salut ...41

Sœur Lucie procède ensuite à nous donner une description de la vision dont les trois voyants furent gratifiés immédiatement après les paroles ci-dessus prononcées par Notre-Dame — paroles qui expliquent la signification de la vision:

«Ce fut au moment òu Elle prononça ces dernières paroles qu'Elle ouvrit les mains et nous communiqua, pour la seconde fois, le reflet de cette lumière immense. En Elle, nous nous vîmes comme submergés en Dieu. Jacinthe et François paraissaient être dans la partie de cette lumière qui s'élevait vers le Ciel, et moi dans celle qui se répandait sur la terre.»42

Nous voyons donc que, lorsque Notre-Dame procure une vision aux enfants, Elle l'explique également. En vérité, même dans TMF nous lisons la description que fait Sœur Lucie (prise dans son Troisième Mémoire) de la vision de l'Enfer donnée aux trois petits bergers pendant l'apparition de Notre-Dame le 13 juillet 1917.

Notre-Dame nous montra une grande mer de feu, qui paraissait se trouver sous la terre et, plongés dans ce feu, les démons et les âmes, comme s'ils étaient des braises transparents, noires ou bronzées, avec une forme humaine. Ils flottaient dans cet incendie, soulevés par les flammes, qui sortaient d'eux-mêmes, avec des nuages de fumée. Ils retombaient de tous côtés, comme les étincelles retombent dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, avec des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur. Les démons se distinguaient par leurs formes horribles et dégoûtantes d'animaux épouvantables et inconnus, mais transparents et noirs. Cette vision dura un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui auparavant nous avait prévenus, nous promettant de nous emmener au Ciel (à la première apparition). Autrement, je crois que nous serions morts d'epouvante et de peur43.

A la suite de ce récit, Sœur Lucie procède alors à nous dire les paroles de Notre-Dame expliquant la signification de cette vision, même si c'était tout à fait évident que la vision était une vision de l'enfer:

Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Si l'on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d'âmes seront sauvées et on aura la paix44.

Donc, même si les enfants savaient ce qu'ils voyaient, néanmoins, Notre-Dame leur dit: «Vous avez vu l'enfer». Une fois encore, nous voyons que lorsque Notre-Dame procure une vision aux enfants, Elle l'explique également.

En contraste avec les visions notées ci-dessus et les paroles correspondantes de Notre-Dame les expliquant, TMF fournit seulement le texte d'une vision comprenant ce qui suit, qui exige clairement une explication:

Après les deux parties que j'ai déjà exposées, nous avons vu sur le côté gauche de Notre-Dame, un peu plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la main gauche … Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un arrosoir de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des Martyrs et avec lequel ils irrguaient les âmes qui s'approchaient de Dieu45.

Ce texte du Troisième Secret ne contient aucun mot de Notre-Dame. Pourquoi Notre-Dame expliquerait-Elle quelque chose d'aussi évident que la vision de l'Enfer, sans offrir aucun mot pour expliquer le passage fort ambigu présenté par le Vatican?

Il faut noter ici que immédiatement après les mots: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.», Notre-Dame a dit à Sœur Lucie: «Cela, ne le dites à personne. A François, oui, vous pouvez le dire.» Le «cela,» qu'on peut dire à François, se rapporte à la dernière parole dite pendant la vision. Si c'était seulement une vision, sans explication, alors François n'avait pas besoin d'entendre dire quelque chose, puisqu'il avait déjà vu lui-même. Mais si «cela» se rapporte à des paroles supplémentaires de la Vierge pour expliquer la vision, alors il faudrait le dire à François, puisque, comme nous le savons, il n'entendait pas Notre-Dame pendant les Apparitions de Fatima. François voyait, mais n'entendait pas — et il aurait donc fallu l'informer sur ce qu'avait dit Notre-Dame à propos de la vision.

Et on ne peut arguer non plus, de manière plausible, que «vous pouvez le dire à François» se rapporte simplement aux paroles prononcées par Notre-Dame pendant la seconde partie du Secret. L'expression: «Cela, ne le dites à personne. A François, oui, vous pouvez le dire.» suit immédiatement après «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.46» Clairement alors, le «etc.» désigne les mots, non encore rédigés, que Sœur Lucie pourrait dire oralement à François. Il est clair que ces mots appartiennent au Troisième Secret qui fut rédigé finalement en 1944 sous les ordres de l'évêque de Fatima.

Que Peut-on Conclure pour le Fait #11?

Où sont, donc, les paroles de Notre-Dame pour expliquer cette vision? Si Notre-Dame n'a rien dit pour expliquer cette vision, Ses actions auraient été inconsistantes tout au cours des apparitions. Etant donné que l'autorité enseignante de l'Eglise — c'est-à-dire une déclaration formelle papale ou conciliaire — n'impose pas une interprétation spécifique de cette vision, et si nous n'avons reçu aucune grâce spéciale pour comprendre cette vision par nous-mêmes, alors il y a d'autant plus de raisons de croire que Notre-Dame nous expliquerait la signification de la vision du Troisième Secret de Fatima. Et de toute évidence, il y a absolument besoin d'une véritable explication par Notre-Dame Elle-Même.

En fait, dans TMF, le Cardinal Ratzinger reconnaît que son commentaire personnel n'est qu'une tentative d'interprétation de la vision du Troisième Secret:

Donc, dans ce qui suit, on pourra seulement chercher à donner de manière approfondie un fondement à cette interprétation à partir des critères développés jusqu'ici47. (c'est nous qui soulignons)

Le Cardinal Ratzinger a également confirmé qu'une interprétation spécifique de cette vision n'est pas imposée. Le 1 erjuillet 2000, le Washington Post a rapporté:

Sollicité pour commenter la lecture de la vision par le Pape, Ratzinger a dit qu'il n'y a ‘pas d'interprétation officielle’ et que le texte n'est pas un dogme48.

Or, est-il vraisemblable que la Vierge de Fatima ait donné aux trois enfants une vision si ambiguë que même la tête de la CDF puisse seulement «essayer» de l'interpréter, alors que le reste du Message de Fatima est non seulement clair comme du cristal, mais complètement expliqué par les paroles mêmes de la Vierge dans tous les aspects de la vision — même la vision évidente de l'enfer?

De plus, la probabilité que Notre-Dame ait fourni une explication détaillé de la vision du Troisième Secret s'élève au niveau de la certitude, quand on considère «l'interprétation» nettement frauduleuse offerte par Sodano/Ratzinger/Bertone — c'est-à-dire que le meurtre d'un Pape et de nombreux membres de la hiérarchie par des soldats soit simplement l'attentat manqué contre le Pape Jean-Paul II en 1981. Et puis, il y a «l'interprétation» factice du Cardinal Ratzinger — aux limites du blasphème — de la dévotion au Cœur Immaculé, qu'il rabaisse au «cœur immaculé» de quiconque évite le péché, et le triomphe du Cœur Immaculé qu'il réduit au fiat de la Vierge il y a 2 000 ans.

Ce ne sont pas seulement des mensonges, mais des mensonges maladroits. Certainement, Notre-Dame de Fatima a prévu ces mensonges et a fourni une explication décisive de la vision pour les combattre. La Mère de Dieu ne permettrait jamais que tienne debout une interprétation si frauduleuse de Son Message. Ce la rend d'autant plus urgente la révélation de la véritable interprétation qui se trouve, nous en sommes moralement certains, dans les mots de la Vierge qui manquent-très probablement indiqués par le «etc.»

Conclusion Générale à Partir des Preuves

En conclusion, les preuves confirment, de manière éclatante, l'existence de deux documents:

Un document se compose de quatre feuilles de papier (sans marge) contenant 62 lignes de texte, copiées dans cahier de Sœur Lucie (non écrites sous forme de lettre), qui décrivent une vision qu'ont eu les trois enfants de Fatima, mais ne contiennent aucune parole de Notre-Dame. Ce texte fut rédigé par Sœur Lucie le 3 janvier 1944, transféré au Saint-Office le 4 avril 1957, lu par le Pape Jean-Paul II le 18 juillet 1981 (mais évidemment, ne l'a pas poussé — et n'a pas pu le pousser — à consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie le 7 juin 1981, six semaines plus tôt) fut gardé au Saint-Office, et révélé par le Vatican le 26 juin 2000.

L'autre document est une lettre d'une page (avec des marges de ¾ de centimètre), contenant environ 25 lignes des paroles mêmes de Notre-Dame ce qui expliquent la vision et cachetée dans une enveloppe. Ce texte fut rédigé par Sœur Lucie le 9 janvier 1944 ou très peu avant, transféré au Saint-Office le 16 avril 1957, lu par le Pape Jean-Paul II en 1978 (le poussant à consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie le 7 juin 1981) fut gardé dans l'appartement du Pape à son chevet, et jusqu'à ce jour demeure non révélé par le Vatican.

Pouvons-nous déclarer toutes ces conclusions avec une certitude absolue? Non, mais nous pouvons les déclarer avec la certitude morale qu'elles sont vraies, parce qu'elles sont étayées par une montagne de preuves indiquant que quelque chose manque à ce que les dignitaires du Vatican ont révélé le 26 juin 2000. De plus, se basant sur le témoignage d'une série de témoins absolument sûrs mentionnés ci-dessus, on peut déclarer avec totale certitude qu'un document comportant une seule feuille de papier, avec environ 25 lignes de texte, se rapporte au Troisième Secret mais n'a pas encore été révélé. Il est donc certain que quelqu'un nous ment. Ou bien nous mentent tous les témoins qui ont parlé de la référence du Troisième Secret à une apostasie ou à l'abandon de la foi et de la discipline dans L'Eglise, ou bien nous mentent les Cardinaux Sodano et Ratzinger, et l'Archevêque Bertone. Ou bien Lucie ment ou bien ce sont Sodano/Ratzinger/Bertone qui mentent. On ne peut pas avoir les deux solutions. Mais puisque nous pouvons avoir la certitude morale que Sœur Lucie n'est pas la menteuse, il s'ensuit donc que nous pouvons avoir la certitude morale que les mensonges émanent de Sodano, Ratzinger et Bertone.

Et qui, après tout, est le plus crédible témoin? Le Cardinal Ratzinger, par exemple, qui a changé visiblement son témoignage depuis 1984, ou Sœur Lucie de Fatima, qui fut choisie par Dieu pour être témoin du Message de Fatima et dont le témoignage a été invariable49? De plus, si un témoin tel que le Cardinal Ratzinger change son témoignage sans se donner la peine d'expliquer son changement, n'est-il pas évident qu'il trompe? Même si ce n'était pas le cas, nous avons encore le droit de mettre en question son changement de témoignage et tout Catholique — en fait, le monde entier — a droit à une explication.

Y-a-t-il de bonnes bases pour refuser de croire ces hommes et pour exiger une investigation? Certainement. Une cause probable existe pour accuser ceux que nous avons nommés, non seulement de dénaturation frauduleuse du Message de Fatima, mais également de dissimulation frauduleuse.

En vérité, ces différences fort troublantes sont capitales parmi les raisons qui rendent impossible pour le Vatican d'enterrer le Message de Fatima. Le scepticisme de la part même de loyalistes tels que Mère Angelica n'est que le sommet d'un iceberg de doute croissant parmi les fidèles avec chaque jour qui passe.

Notes:

1. Mother Angelica Live (Mère Angelica en Direct), 16 mai 2001.

2. Avec quelques documents, nous traitons de preuves circonstanciées, cela pour deux raisons: 1) plus de 5 000 documents originaux en 24 volumes composés par le Père Alonso — à la suite de onze ans de recherche par Père Alonso, alors archiviste officiel de Fatima — sont interdits de publication depuis 1976 par des autorités religieuses (c'est-à-dire l'évêque de Fatima et le Provincial des Claretins basé à Madrid, en Espagne) et 2) l'imposition continue à Sœur Lucie d'un régime de silence (en vigueur depuis 1960) même si on nous dit maintenant qu'elle n'a rien de plus a révéler.

3. Cité par le Père Alonso, Fatima 50, le 13 octobre 1967, p. 11. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1985), p. 38.

4. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 40.

5. Cité par le Père Martins dos Reis O Milagre do Sol e o Segredo de Fatima (Le Miracle du Soleil et le Secret de Fatima) pp. 127-128. Cf. Père Joaquin Alonso, «La Verdad Sobre el Secreto de Fatima» (La Vérité sur le Secret de Fatima), Centro Mariano, Madrid, (Espagne) 1976, pp. 55-56. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 386.

6. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 458.

7. Père Alonso, «La Verdad Sobre el Secreto de Fatima» (La Vérité sur le Secret de Fatima), p. 64. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 458.

8. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 458.

9. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial (édition française Contre-Réforme Catholique, France, 1991), p. 291.

10. Archevêque Tarcisio Bertone, SDB, «Introduction» Le Message de Fatima (TMF), 26 juin 2000, p. 4.

11. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 486.

12. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 488.

13. Le Père Alonso, «La Verdad Sobre el Secreto de Fatima» (La Vérité sur le Secret de Fatima), p. 60. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 437. Egalement la note n° 4 dans Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 397.

14. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 291. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, The Secret of Fatima … Revealed (Le Secret de Fatima ... Révélé), (Immaculate Heart Publications, Buffalo, New York, U.S.A., 1986), p. 7.

15. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 320. Voir aussi l'exposé du Père G. Freire, O Segredo de Fatima, a terceira parte e sobre Portugal? (Le Secret de Fatima, la troisième partie est-elle sur le Portugal?), p. 50-51.

16. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 321.

17. Ibid., p. 419.

18. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 291.

19. SFR, p. 7.

20. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, pp. 32-38.

21. Cité par le Père Alonso, Fatima 50, p. 11. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 38.

22. Texte original de Sœur Lucie «Troisième Partie du Secret» TMF, p. 21.

23. Archevêque Tarcisio Bertone, SDB, «Introduction» TMF, p. 4.

24. Bill Broadway and Sarah Delancy, «3rd Secret Spurs More Questions; Fatima Interpretation Departs From Vision (Le Troisième Secret Suscite d'Autres Questions; l'interprétation de Fatima S'Ecarte de la Vision),» The Washington Post, 1er juillet 2000.

25. The Associated Press, «Vatican: Fatima Is No Doomsday Prophecy (Le Vatican: Fatima N'Est Pas une Prophétie de la Fin du Monde),» The New York Times, 26 juin 2000.

26. Archevêque Tarcisio Bertone, SDB, «Introduction» TMF, p. 4-5.

27. Ibid., p. 5.

28. Revue Médiatrice et Reine, octobre 1946, pp. 110-112. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 313.

29. Cité par le Père Alonso, «La Verdad Sobre el Secreto de Fatima» (La Vérité sur le Secret de Fatima), pp. 46-47. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 313.

30. Novidades, 24 février 1960, cité par la Documentation Catholique, 19 juin 1960, col. 751. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 314.

31. «La Verdad Sobre el Secreto de Fatima» (La Vérité sur le Secret de Fatima), p. 46. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 316.

32. «La Verdad Sobre el Secreto de Fatima» (La Vérité sur le Secret de Fatima), p. 46. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 318.

33. Cité par le Père Martins dos Reis O Milagre do Sol e o Segredo de Fatima (Le Miracle du Soleil et le Secret de Fatima), pp. 127-128. Cf. Père Alonso VSF, pp. 55-56. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 386.

34. Cité par le Père Alonso, Fatima 50, p. 11. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 38.

35. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 40.

36. Ibid., p. 324.

37. Ibid., pp. 323-324.

38. Lettre à Frère Michel de la Sainte Trinité, 10 janvier 1985. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 324.

39. Archevêque Tarcisio Bertone, SDB, «Introduction» TMF, p. 4.

40. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 321.

41. Sœur Lucie, dans un compte-rendu écrit pour son confesseur, le Père Aparicio à la fin de 1927. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1983), pp. 208-209.

42. Sœur Lucie, «Quatrième Mémoire,» 8 décembre 1941, p. 65. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, p. 209.

43. Traduction du texte du «Troisième Mémoire» de Sœur Lucie cité dans «Première et Seconde Partie du “Secret”» TMF, pp. 15-16. Voir aussi Sœur Lucie, «Quatrième Mémoire,» Fatima avec les Paroles de Lucie (Postulation Center, Fatima, Portugal, 1976), p. 162. Voir aussi Sœur Lucie, Memorias e Cartas da Irma Lucia (Mémoires et Lettres de Sœur Lucie), (Porto, Portugal, 1973, édité par le Père Antonio Maria Martins), p p. 338-341.

44. Sœur Lucie citée en TMF, p. 16. Voir aussi Sœur Lucie, «Quatrième Mémoire» p. 162. Voir aussi Sœur Lucie, Memorias e Cartas da Irma Lucia, pp. 340-341.

45. Traduction de Sœur Lucie, «Troisième partie du “Secret”» TMF, p. 21.

46. Le Père Fabrice Delestre, Fraternité Saint Pie X «26 juin 2000, révélation du Troisième Secret de Fatima ou une révélation écourtée» SSPX Asia Newsletter, juillet-août 2000, p. 24.

47. Joseph Cardinal Ratzinger «Commentaire Théologique» TMF, p. 39.

48. Bill Broadway and Sarah Delancy, The Washington Post.

49. Le témoignage de Sœur Lucie est discuté en détail au chapitre 14 de ce livre ainsi que l'effort de Monseigneur Bertone pour changer ce témoignage en entretien secret le 17 novembre 2001 dont aucune transcription m'a jomais été produite.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:46

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 13

Le Troisième Secret Entièrement Révélé

Si, comme c'est le cas, semble-t-il — et comme le croient des millions de Catholiques responsables — le Troisième Secret comporte autre chose qu'une vision ambiguë d'«un Evêque vêtu de Blanc» sans aucune explication de Notre-Dame de Fatima sur la manière de l'interpréter, alors en quoi consisterait la partie manquante du Secret? Nous avons déjà suggéré une réponse. Dans ce chapitre, nous développerons la réponse quelque peu détaillée.

Tous les témoins sont d'accord

Le témoignage de chaque témoin particulier qui a parlé de la question mène à une conclusion unique: la partie manquante du Troisième Secret de Fatima prédit une perte catastrophique de la foi et de la discipline dans le milieu humain de l'Eglise — c'est, en bref, une grande apostasie. Rappelons à ce sujet, les témoignages déjà présentés au Chapitre 4.

Le Pape Pie XII

Je suis tracassé par les messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima. Cette insistance de Marie sur les dangers qui menacent l'Eglise est un divin avertissement contre le suicide par l'altération de la Foi, dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme.

Le Père Joseph Schweigl

Je ne peux rien révéler de ce que j'ai appris à Fatima concernant le Troisième Secret, mais je peux dire qu'il est en deux parties: l'une concerne le Pape; l'autre, logiquement (bien que je ne doive rien dire) devrait être la continuation des paroles: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi.»

Le Père Fuentes

Le 26 décembre 1957, avec imprimatur et approbation de l'évêque de Fatima, le Père Fuentes a publié les révélations suivantes de Sœur Lucie concernant le Troisième Secret:

Père, la Très Sainte Vierge est bien triste, car personne ne fait cas de Son message, ni les bons ni les mauvais. Les bons continuent leur chemin, mais sans faire cas du message. Les mauvais, ne voyant pas tomber sur eux actuellement le châtiment de Dieu, continuent leur vie de péché sans soucier du message. Mais, croyez-moi, Père, Dieu va châtier le monde et ce sera d'une manière terrible. Le châtiment céleste est imminent.

Que manque-t-il, Père, pour 1960 et qu'arrivera-t-il alors? Ce sera bien triste pour tous, nullement réjouissant si auparavant le monde ne prie pas et ne fait pas pénitence. Je ne peux donner d'autres détails puisque c'est encore un secret. ...

C'est la troisième partie du message de Notre-Dame qui restera secrète jusqu'à cette date de 1960.

Dites-leur, Père, que la Très Sainte Vierge, plusieurs fois, aussi bien à mes cousins François et Jacinthe qu'à moi-même nous a dit que beaucoup de nations disparaîtront de la surface de la terre, que la Russie sera l'instrument du châtiment du Ciel pour le monde entier si nous n'obtenons pas auparavant la conversion de cette pauvre nation (...).

Père, le démon est en train de livrer une bataille décisive avec la Vierge, et comme il sait ce qui offense le plus Dieu et qui en peu de temps lui fera gagner le plus grand nombre d'âmes, il fait tout pour gagner les âmes consacrées à Dieu, car de cette manière il laisse le champ des âmes désemparé, et ainsi il s'en emparera plus facilement.

Ce qui afflige le Cœur Immaculé de Marie et celui de Jésus, c'est la chute des âmes religieuses et sacerdotales. Le démon sait que les religieux et les prêtres, en manquant à leur belle vocation, entraînent de nombreuses âmes en enfer … Le démon vuet s'emparer des âmes consacrées; il essaie de les corrompre pour endormir les autres dans l'impénitence finale.

Le Père Alonso

Avant sa mort en 1981, le Père Joaquin Alonso, qui pendant seize ans fut archiviste officiel de Fatima, attesta ce qui suit:

Il est donc tout à fait probable que le texte [du troisième Secret] fasse des allusions concrètes à la crise de la foi de l'Eglise et à la négligence des Pasteurs eux-mêmes. Il parle plus loin de «luttes intestines au sein même de l'Eglise même et de graves négligences pastorales de la haute Hiérarchie ...»1

… dans la période qui précède le grand triomphe du Cœur de Marie se produiront des choses terribles qui sont l'objet de la troisième partie du Secret. Lesquelles? Si «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi,» … on peut en déduire en toute clarté que dans d'autres parties de l'Eglise, ces dogmes ou bien vont s'obscurcir, ou bien même se perdre.2

Le texte inédit parle-t-il de circonstances concrètes? Il est fort possible qu'il ne parle pas uniquement d'une véritable crise de la foi dans l'Eglise pendant cette période intermédiaire, mais que, comme par exemple le fait le secret de La Salette, il y ait des références plus concrètes aux luttes intestines des Catholiques ou aux défaillances des prêtres et des religieux. Peut-être même y a-t-il référence aux défaillances de la haute Hiérarchie de l'Eglise.

Rien de tout cela, du reste, n'est étranger à d'autres communications qu'a eues Sœur Lucie sur ces points3.

Le Cardinal Ratzinger

Parce que, selon le jugement des Papes, cela n'ajoute rien d'autre à tout ce qu'un Chrétien doit savoir la Révélation: un appel radical à la conversion, le gravité absolue de l'histoire, les périls qui menacent la foi et la vie du Chrétien, et donc du monde. Et puis l'importance des derniers temps. … Si on ne le publie pas, — du moins pour le moment —, c'est pour éviter de voir confondre la prophétie religieuse avec le sensationnalisme. Mais les choses contenues dans ce Troisième Secret correspondent à ce qu'annonce l'Ecriture et sont confirmées par beaucoup d'autres apparitions mariales, à commencer par celles mêmes de Fatima, dans ce qu'on en connaît4. (11 novembre 1984)

L'Evêque Amaral

Son contenu, ne concerne que notre foi. Identifier le Secret avec des annonces catastrophiques ou avec un holocauste nucléaire, c'est déformer le sens du message.

La perte de la foi d'un continent est pire que l'anéantissement d'une nation; et il est vrai que la foi diminue continuellement en Europe5.

Il est important de noter que, participant à la tentative générale de dissimuler et de taire la vérité sur Fatima, l'Evêque Amaral subit des pressions pour retirer ses remarques peu de temps après eux ont été faits. Mais ensuite, dix ans plus tard, et alors à la retraite en toute sécurité, l'évêque, fortuitement, a réaffirmé son témoignage à l'occasion d'une interview publique en 1995, ajoutant un trait capital de preuve: «Avant d'affirmer à Vienne (en 1984) que le Troisième Secret concernait seulement notre Foi et la perte de la Foi, j'avais consulté Sœur Lucie et obtenu d'abord son approbation6.» Donc Sœur Lucie a confirmé elle-même, indirectement, une fois encore, que le Troisième Secret de Fatima, véritable et complet, prédit l'apostasie dans l'Eglise.

Le Cardinal Oddi

Il [le Troisième Secret] n'a rien à voir avec Gorbachev. La Sainte Vierge nous alertait contre l'apostasie dans l'Eglise.

Le Cardinal Ciappi

A ces témoins, nous devons en ajouter deux autres. Le premier est le Cardinal Mario Luigi Ciappi, rien moins que le théologien personnel du Pape Jean-Paul II. Dans une communication personnelle à un Professeur Baumgarter de Salzbourg, le Cardinal Ciappi a révélé que:

Dans le Troisième Secret, il est prédit, entre autres choses, que la grande apostasie dans l'Eglise commencera au sommet7.

Le Père Valinho

Puis, il y a le Père José dos Santos Valinho, le propre neveu de Sœur Lucie. Dans un livre de Renzo et Roberto Allegri intitulé Reportage su Fatima [Milan 2000], publié — assez providentiellement — très peu avant la révélation de la vision du Troisième Secret et la publication de TMF de Ratzinger/Bertone, le Père Valinho a exprimé le point de vue que le Troisième Secret prédit l'apostasie dans l'Eglise8.

Bref, chacun des témoins, en fin de compte, même le Cardinal Ratzinger en 1984, est parvenu à la même affirmation: le contenu du Troisième Secret de Fatima se rapporte à une crise de la foi dans l'Eglise Catholique, une apostasie avec de graves conséquences pour le monde entier. Pas un seul témoin n'a jamais nié que ce soit l'annonce du Troisième Secret. Sœur Lucie n'a jamais corrigé aucun de ces témoignages, alors que toute sa vie elle n'a jamais hésité à corriger ceux qui dénaturaient le contenu du Message de Fatima.

Le Pape Jean-Paul II a Deux Fois
Révélé l'Essence du Secret

Comme si tout cela ne suffisait pas, à deux reprises, dans ses propres sermons à Fatima, le Pape Jean-Paul II lui-même a confirmé le contenu essentiel du Troisième Secret. Apparemment, le Pape Jean-Paul II nous a dit les éléments essentiels du Troisième Secret dans son sermon à Fatima le 13 mai 1982, ainsi que dans son sermon pendant la cérémonie de Béatification de la Bienheureuse Jacinthe Marto et du Bienheureux François Marto à Fatima le 13 mai 2000.

Dans la première circonstance, le Pape a demandé dans son sermon: «La Mère qui, avec toute la force de l'Amour qu'Elle porte au Saint-Esprit et désire le salut de chacun, peut-Elle demeurer silencieuse quand Elle voit sapées les bases mêmes du salut de ses enfants?» Puis, le Pape a répondu à sa propre question: «Non, Elle ne peut rester silencieuse.» Ici, le Pape lui-même nous dit que dans le Message de Fatima, Notre-Dame nous avertit que les bases mêmes de notre salut sont en train d'être sapées. Remarquez le parallèle frappant entre ce témoignage et celui du Pape Pie XII qui parlait du suicide par l'altération de la Foi dans la liturgie et la théologie de l'Eglise, dans Son âme même.

Puis le 13 mai 2000, le Pape dans son sermon, pendant la cérémonie de Béatification a donné aux fidèle l'avertissement suivant:

«Un autre signe apparut dans le Ciel: regardez, un grand dragon rouge.» (Apoc. 12:3) Ces paroles de la première lecture de la Messe nous font penser à la grande lutte entre le bien et le mal, montrant comment, si l'homme met Dieu de côté, il ne peut parvenir au bonheur, mais finit par se détruire. …

Le Message de Fatima est un appel à la conversion, avertissant l'humanité de n'avoir rien de commun avec le «dragon» dont «la queue a balayé le tiers des étoiles du Ciel et les a attirées sur la terre.» (Apoc. 12:4)

Le but final de l'homme est le Ciel, sa vraie patrie où le Père Céleste, avec Son amour miséricordieux, attend chacun. Dieu ne veut la perte de personne; c'est pourquoi il y a 2 000 ans, il a envoyé Son Fils sur la terre «pour chercher et sauver ce qui était perdu.» (Lk. 19:10)

Dans Sa sollicitude maternelle, la Sainte Vierge est venue ici à Fatima pour demander aux hommes et aux femmes «d'arrêter d'offenser Dieu, Notre-Seigneur, qui est déjà trop offensé.» C'est une tristesse de mère qui La pousse à parler; la destinée de Ses enfants est en jeu. Pour cette raison, Elle demande aux petits bergers: «Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs; beaucoup d'âmes vont en enfer, parce que personne ne prie et ne se sacrifie pour elles.»

Nous avons déjà noté que Sa Sainteté a cité le Chapitre 12, versets 3 et 4 du Livre de l'Apocalypse et que la référence de ces versets, d'après l'interprétation commune, signifie que un tiers du Clergé Catholique tombe de sa position élevée par la perte de la foi et la corruption morale — et nous voyons certainement l'un et l'autre dans le Clergé d'aujourd'hui. Remarquez l'exacte coïncidence entre le sermon du Pape et l'avertissement de Sœur Lucie au Père Fuentes: «Le démon sait que les religieux et les prêtres qui abandonnent leur belle vocation entraînent beaucoup d'âmes en enfer.»

Il semble donc parfaitement clair que le Pape Jean-Paul II essayait de nous dire que le Troisième Secret se rapporte à la grande apostasie prédite dans la Sainte Ecriture. Pourquoi le Pape n'a-t-il pas dit ces choses directement et explicitement, mais plutôt de manière en quelque sorte cachée, en un langage que saisiraient seulement les plus savants? Le Pape essayait-il de faire signe aux plus astucieux sur ce qui, dans sa pensée, allait être bientôt révélé — c'est-à-dire l'ensemble du Troisième Secret? Comme les choses se sont présentées, nous n'avons reçu que la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc» et le prétendu «commentaire» dans TMF. Peut-être le Pape a-t-il reconnu la force de résistance posée par le Cardinal Sodano et ses collaborateurs et a-t-il espéré pouvoir au moins révéler dans son sermon l'essentiel du Secret dans l'espoir que, tôt ou tard, toute la vérité éclaterait. Peut-être le Pape n'a-t-il pas le sentiment de pouvoir parler librement, précisément parce qu'il s'était laissé entourer par des clercs, religieux, évêques et cardinaux qu'il a maintenant découverts peu fiables, mais qu'il sent ne pas pouvoir remplacer, qui sont encore en fonction et qui sont sapent la Foi, qui sont partie de ce tiers des âmes consacrées destituées par le démon de leur haute dignité. Peut-être le Pape ou bien ne sait pas qui ils sont ou bien il le sait mais ne pense pas pouvoir faire une déclaration publique et survivre longtemps après. (Nous rappelons ici la mort subite du Pape Jean-Paul I.) Quelle qu'en soit la raison, le Pape ne parle pas très clairement — pourtant assez clairement pour qu'on puisse discerner ce qu'il veut dire. Comme l'a dit Jésus à Ses disciples dans une circonstance: «Celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende.»

Donc, non seulement tous les témoins depuis le futur Pape Pie XII dans les années 1930, en passant par le propre neveu de Sœur Lucie en l'an 2000, sont unanimes sur ce point, mais le Pape régnant ajoute sa propre voix à la leur: Le Troisième Secret prédit une vaste perte de la foi et une déchéance de la grâce parmi le Clergé Catholique à différents échelons.

Or les deux premières parties du Secret de Fatima ne disent absolument rien sur l'apostasie dans l'Eglise. De même, la partie de la vision du Troisième Secret, concernant «un Evêque vêtu de Blanc» ne dit absolument rien sur une apostasie. Si tous les témoins disent que le Troisième Secret parle d'une apostasie dans l'Eglise, et que pourtant ces parties du Message de Fatima révélées jusqu'à présent, y compris la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc,» n'en disent rien, la conclusion inévitable est que quelque partie du Troisième Secret a été occultée. Que dit en fait cette partie?

En premier lieu, il faut logiquement commencer par l'expression révélatrice que les dignitaires du Vatican se sont bien efforcés de minimiser et de garder dans l'ombre, comme si c'était une simple note au Message de Fatima: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» Cette expression est la seule référence évidente à une apostasie prochaine, dans les parties publiées du Message (cependant, nous nous hâtons d'ajouter que, même sans cette expression, il serait encore clair, à partir de toutes les preuves, que le Troisième Secret se réfère à une apostasie dans l'Eglise). Ici, et seulement ici, la partie révélée du Message intégral de Fatima touche à la question des dogmes de la Foi, et comment ils seront préservés au Portugal.

Quelle serait l'intention de Notre-Dame en mentionnant la préservation du dogme au Portugal, sinon de nous avertir que le dogme n'allait pas être préservé ailleurs dans l'Eglise? Et comme nous l'avons suggéré plus haut, le «ailleurs» est sans doute développé dans les paroles comprises dans le «etc.» de Sœur Lucie.

Etant donné que la vision publiée le 26 juin 2000 ne contient pas de paroles supplémentaires de Notre-Dame, on peut seulement conclure que les paroles de Notre-Dame qui manquent se trouvent dans la «bande sonore,» pour ainsi dire, du Troisième Secret dans laquelle Notre-Dame expliquait la vision. La vision, semble-t-il, est le résultat final de cette perte catastrophique de la Foi: Le Pape et la hiérarchie restante sont pourchassés et tués aux portes de la ville de Rome à demi ruinée, peut-être (nous ne pouvons que le conjecturer puisque les mots de Notre-Dame manquent) après un holocauste nucléaire.

En vérité, cela correspond parfaitement à l'aveu du Cardinal Ratzinger en 1984: le Troisième Secret se réfère aux «périls qui menacent la foi et la vie du Chrétien, et donc du monde.» Au niveau figuratif, les cadavres qui entourent le Pape sur son parcours hésitant vers la colline, où il est exécuté par les soldats, représenteraient les victimes de l'apostasie, et la cité à demi ruinée, la condition de l'Eglise durant ce temps d'apostasie.

La Plus Grande de Toutes les Menaces:
La Perte du Dogme Catholique

Quand la Mère Angelica déclarait à la télévision nationale le 16 mai 2001 qu'elle croit que «nous n'avons pas eu le tout» [c'est-à-dire tout le Troisième Secret] parce que «je pense que c'est effrayant,» elle avait sûrement raison. Il n'y a rien de plus effrayant que le danger d'une vaste perte de la Foi dans l'Eglise, surtout quand le danger émane «du sommet» comme l'a dit le Cardinal Ciappi, le propre théologien personnel du Pape, à propos du Troisième Secret. Le résultat de ce danger, s'il n'est pas détourné, sera la damnation éternelle de millions d'âmes. Et qui sait combien déjà ont été perdues, faute des avertissements salutaires et des conseils du Troisième Secret?

La vison publiée le 26 juin, cependant, n'exprime absolument rien de si effrayant. La vision, en fait, n'exprime rien d'assez terrible pour que le Vatican l'ait gardé sous clef pendant quarante ans. En fait, le Cardinal Ratzinger voudrait nous faire croire que le Troisième Secret, tel que représenté par la vision seule, ne contient «pas de grandes surprises.» C'est parce que les surprises suivent la conclusion encore cachée de l'expression: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» — encore une fois, l'expression même que le «commentaire» du Cardinal a enlevé du texte intégral des paroles de Notre-Dame dans le Quatrième Mémoire de Sœur Lucie.

Or, quand le Pape a dit que «les bases mêmes de notre salut sont sapées» dans son discours de Fatima en 1982, il a certainement voulu parler de la sape de la Foi Catholique. Nous savons ceci de l'enseignement constant de l'Eglise Catholique. Par exemple, le Credo d'Athanase dit «Quiconque veut être sauvé doit adhérer avant tout à la Foi Catholique. Il doit préserver cette foi entière et inviolée; autrement très certainement il périra dans l'éternité.» Le fondement de notre salut appartient à l'Eglise Catholique et tient à notre Foi Catholique entière et inviolée. La perte de cette base doit être ce qui est concerné par le Troisième Secret. Tous les témoins le disent, le Pape Jean-Paul II le dit, et aussi le dit l'expression révélatrice «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.»

Comme Notre-Seigneur nous en a avertis: «Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il vient à perdre son âme éternelle?» Si quelqu'un perd son âme à cause de la nouvelle orientation de l'Eglise, du Nouvel Ordre Mondial, de l'Unique Religion Mondiale, ou de la promesse de la paix et de la prospérité dans le monde, cela ne lui sert de rien, car il brûlera en enfer pour toute l'éternité. Pour cette seule raison, le Troisième Secret est pour nous d'une importance vitale. Il est d'importance primordiale, puisqu'il concerne le salut de notre propre âme individuelle. Il concerne aussi le salut de l'âme du Pape, des Cardinaux, des évêques, des prêtres et en vérité de toute personne vivante. Le Troisième Secret concerne donc tout homme, toute femme et tout enfant sur la face de la Terre, et particulièrement les Catholiques.

Nous rappelons encore qu'en 1984 le Cardinal Ratzinger a reconnu que si le Secret n'était pas publié «au moins pour le moment,» c'était pour «éviter de confondre prophétie religieuse et sensationnalisme» — cri lointain par rapport à sa déclaration actuelle qui, selon la Ligne du Parti de Sodano, donne pour point culminant du Troisième Secret la tentative d'assassinat manqué de 1981. De plus, le Troisième Secret est une prophétie qui a commencé à se réaliser en 1960, l'année où Sœur Lucie dit que ce sera beaucoup «plus clair» (mais claro). Comme le fait remarquer Frère Michel, une prophétie qui commence à se réaliser devient évidemment beaucoup plus claire. C'est donc une prophétie qui nous parle de notre temps. C'est un avertissement affectueux de la part de Notre-Dame, et aussi des conseils sur la manière de faire face au danger clair et actuel dans l'Eglise.

Maintenant examinons de plus près l'essence du Troisième Secret. Comme l'a reconnu il y a dix-huit ans le Cardinal Ratzinger — une fois de plus, avant l'intervention de la Ligne du Parti de Sodano sur Fatima — le Troisième Secret concerne tout d'abord les dangers pour la Foi. Saint Jean nous dit ce qui est victorieux du monde: il dit que c'est notre foi. Afin donc que le monde soit plus fort que l'Eglise, il faut d'abord qu'il soit vainqueur de notre foi de Catholiques.

L'essence du Troisième Secret concerne donc les efforts du monde pour vaincre notre Foi Catholique. Comme nous l'avons amplement démontré dans les chapitres précédents, les forces du monde ont dirigé depuis 1960 un assaut majeur sur la Foi Catholique. C'est absolument indiscutable, vu les preuves accablantes que nous n'avons fait ici qu'esquisser.

Plus particulièrement encore, le Secret concerne le dogme de la Foi. Notre-Dame de Fatima a parlé sur le dogme de la Foi toujours préservé au Portugal, pas simplement «la Foi.» Pourquoi Notre-Dame a-t-Elle attiré l'attention sur le dogme catholique? C'est clair. Elle l'a fait parce que le Secret est une prophétie qui annonce que le dogme catholique, spécifiquement, serait la cible de ceux qui attaqueraient l'Eglise de l'intérieur et de l'extérieur. Comme nous en avertissait Notre-Seigneur Lui-Même dans l'Ecriture Sainte: «Car il se lèvera de faux Christs et de faux prophètes qui montreront des signes et des merveilles pour séduire, s'il était possible, même les élus.» (Marc 13:22) Comme le montre la crise arienne, même des prêtres et des évêques peuvent être au nombre des faux prophètes. Nous pouvons citer ici la célèbre description de cette époque de l'histoire de l'Eglise par le Cardinal Newman: «Les relativement rares qui restèrent fidèles furent discrédités et exilés; les autres étaient soit des trompeurs soit des trompés.» Dans de telles périodes de crise, les Catholiques doivent adhérer aux dogmes de la Foi.

Qu'est-ce que le dogme? Le dogme est ce qui a été infailliblement défini par l'Eglise. Le dogme est ce que les Catholiques doivent croire afin d'être Catholiques. Les dogmes de la Foi sont ce qui est contenu dans les définitions solennelles infaillibles du Magistère — c'est-à-dire le Pape seul, parlant d'une manière qui oblige clairement l'Eglise Universelle à croire ce qu'il prononce, ou un Concile œcuménique de tous les évêques catholiques sous la présidence du Pape qui fait le même genre de déclarations contraignantes, ou les enseignements du Magistère Ordinaire et Universel de l'Eglise.

Que faut-il entendre par définition infaillible du dogme? Le mot infaillible signifie qui «ne peut faillir.» Par conséquent, les définitions de la Foi, solennellement définies par l'Eglise, ne peuvent faillir. Nous savons ce qu'est la Foi, ce que sont les dogmes de la Foi, au moyen de définitions infaillibles. Si nous croyons et tenons ferme à ces définitions infaillibles, alors nous ne pouvons nous tromper sur ces sujets ainsi définis.

Comment savons-nous qu'un sujet a été défini infailliblement comme article de Foi Catholique? Nous le savons par la manière dont l'enseignement est présenté.

Quatre Sources de l'Enseignement Infaillible

L'enseignement de l'Eglise se présente à nous infailliblement de quatre manières principales:

D'abord, par la promulgation de credos par le Pape et les Conciles œcuméniques qui produisent un résumé de ce que doivent croire les Catholiques afin d'être Catholiques.

Deuxièmement, au moyen de solennelles définitions avec des expressions telles que «Nous déclarons, prononçons et définissons» ou quelque formule similaire indiquant que le Pape ou le Pape en union avec un concile œcuménique ont clairement l'intention d'obliger toute l'Eglise à croire à l'enseignement. De telles définitions sont habituellement accompagnées d'anathèmes (condamnations) contre ceux qui nieraient d'une manière ou d'une autre l'enseignement défini.

Troisièmement, les définitions du Magistère Ordinaire et Universel, c'est-à-dire l'enseignement constant de l'Eglise d'une manière «ordinaire,» toujours et partout, même si l'enseignement n'est jamais solennellement défini par des mots tels que «Nous déclarons, prononçons et définissons ...» (Un exemple en est l'enseignement constant de l'Eglise, dans toute Son histoire, que la contraception et l'avortement sont gravement immoraux).

Quatrièmement, il y a des jugements définitifs du Pape, habituellement des propositions condamnées, c'est-à-dire, ces propositions qu'il est interdit à un Catholique de croire. Quand un Pape, ou un Pape en union avec un Concile, condamne solennellement une proposition, nous pouvons savoir infailliblement qu'elle est contraire à la Foi Catholique.

Un exemple de credo: la Profession de Foi promulguée par le Concile de Trente. Nous le présentons ici, disposé de manière pratique, sous forme de points, avec le texte non modifié:

Je N., crois d'une ferme foi, et confesse tous et chacun, les articles qui sont contenus dans le Symbole de la foi, dont se sert la sainte Eglise romaine, comme il s'ensuit:
Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles, et
un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, et né du Père avant tous les siècles, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu du vrai Dieu, engendré et non fait consubstantiel au Père, par lequel toutes choses ont été faites;
qui, pour l'amour de nous hommes et pour notre salut, est descendu des cieux, et a vris chair de la vierge Marie, par la vertu du Saint-Esprit, et s'est fait homme;
qui a été aussi crucifié pour nous, sous Ponce Pilate, a souffert et a été enseveli;
Qui est ressuscité le troisième jour selon les Ecritures, et est monté au ciel;
Est assis à la droite du Père, et viendra une seconde fois avec gloire juger les vivants et les morts; duquel le règne n'aura point de fin;
Et au Saint-Esprit Seigneur et vivifiant, qui procède du Père et du Fils, qui, avec le Père et le Fils, est conjointement adoré et glorifié, qui a parlé par les prophètes;
Et l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique.
Je reconnais un seul baptême pour la remission des péchés, et j'attends la résurrection des morts, et la vie du siècle à venir. Ainsi soit-il.
J'admets et j'embrasse fermement les traditions apostoliques et ecclésiastiques, et toutes les autres observations et constitutions de la même Eglise;
De plus j'admets la sainte Ecriture, selon le sens que tient et a tenu la sainte mère Eglise, à qui il appartient de juger du véritable sens et de la véritable interprétation des saints Ecritures, et je ne l'entendrai ni ne l'interpréterai jamais autrement que suivant le consentement unanime des SS. Pères.
Je confesse aussi qu'il y a proprement et véritablement sept sacrements de la nouvelle loi, institués par Jésus-Christ Notre-Seigneur, et pour le salut du genre humain, quoi-que tous ne soient pas nécessaires à chacun;
C'est à savoir: le baptême, la confirmation, l'Eucharistie, la pénitence, l'extrême-onction, l'ordre et le mariage, qui confèrent tous la grâce, et entre lesquels le baptême, la confirmation et l'ordre ne peuvent être réitérés sans sacrilège.
Je reçois et admets aussi les usages de l'Eglise Catholique, reçus et approuvés dans l'administration solennelle des susdits sacrements.
Je reçois et j'embrasse toutes et chacune les choses qui ont été définies et déclarées dans le saint Concile de Trente, touchant le péché originel et la justification.
Je confesse pareillement que le véritable sacrifice, propre et propitiatoire, est offert dans la messe pour les vivants et pour les morts; et que dans le très-saint sacrement de l'Eucharistie est véritablement, réellement et substantiellement le corps et le sang, ensemble avec l'âme et la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, et qu'il se fait une conversion de toute la substance du pain en son corps, et de toute la substance du vin en son sang, lequel changement l'Eglise Catholique appelle transsubstantiation.
Je confesse aussi que Jésus-Christ tout, et entier, et le véritable sacrement, est reçu sous l'une ou sous l'autre des deux espèces.
Je tiens constamment qu'il y a un purgatoire, et que les âmes qui y sont détenues sont aidées par les suffrages des fidèles.
Semblablement aussi que les saints qui règnent avec Jésus-Christ doivent être honorés et invoqués, et qu'ils offrent leurs prières à Dieu pour nous; et que leurs reliques doivent être honorées.
Je tiens très-fermement que les images de Jésus-Christ et de la Mère de Dieu, toujours vierge, aussi bien que des autres saints doivent être gardées et retenues, et qu'il leur faut rendre l'honneur et la vénération convenable.
J'assure aussi que la puissance des indulgences a été laissée par Jésus-Christ dans l'Eglise, et que leur usage est très-salutaire au peuple chrétien.
Je reconnais l'Eglise romaine, catholique et apostolique, pour la mère et la maîtresse de toutes les églises.
Et je jure et promets une véritable obéissance au pontife romain, vicaire de Jésus Christ, successeur de saint Pierre, prince des apôtres.
Je confesse et reçois aussi sans aucun doute toutes les autres choses laissées par tradition, définies et déclarées par les saints canons et par les conciles oecuméniques, et particulièrement par le saint et sacré Concile de Trente; et pareillement aussi:
Je condamne, je rejette et anathématise toutes les choses contraires et toutes les hérésies, quelles qu'elles soient, qui ont été condamnées, rejetées et anathématisées dans l'Eglise.
Cette foi véritable et catholique, hors laquelle personne ne peut être sauvé, que je professe présentement de mon plein gré, et que je tiens véritablement, je, N., jure, promets et m'engage de la tenir et professer, avec le secours de Dieu, constamment et inviolablement en son entier, jusqu'au dernier soupir de ma vie; et que j'aurai soin, autant qu'il sera en moi, qu'elle soit prêchée, enseignée en gardée par ceux qui dépendront de moi, ou par ceux qui en vertu de mon emploi seront commis en mon soin. Ainsi Dieu me soit en aide, et ces saints Evangiles de Dieu.
Quant aux définitions solennelles et infaillibles du dogme Catholique, voici un exemple récent: la Lettre Apostolique du Pape Pie XI, Ineffabilis Deus (1854), définissant infailliblement le dogme de l'Immaculée Conception de Marie:

Nous déclarons, Nous prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et par conséquent qu'elle doit être crue fermement et inviolablement par tous les fidèles. C'est pourquoi, si quelqu'un avait la présomption, ce qu'à Dieu ne plaise, de penser contrairement à Notre définition, qu'il apprenne et qu'il sache que, condamné par son propre jugement, il aurait souffert naufrage dans la foi et cessé d'être dans l'unité de l'Eglise; et que, de plus, il encourt par le fait même les peines de droit, s'il ose exprimer ce qu'il pense de vive voix ou par écrit, ou de toute autre manière extérieure que ce soit. (C'est nous qui soulignons)

Donc, si quelqu'un ose — ce que Dieu défend! — penser autrement que ce qui a été défini par Nous, qu'il sache et comprenne qu'il est condamné par son propre jugement, qu'il a sombré dans sa foi, qu'il s'est séparé de l'unité de l'Eglise et que, en outre, par sa propre action, il encourt les peines établies par la loi s'il ose exprimer verbalement ou par écrit ou par tout autre moyen extérieur les erreurs qu'il porte en son cœur. (c'est nous qui soulignons)

Nous rappelons ici que dans TMF le Cardinal Ratzinger sapait indiscutablement ce dogme — et le Message de Fatima — en osant déclarer que «Le “cœur immaculé” est, selon Mt. 5:8, un cœur qui, à partir de Dieu, est parvenu à une parfaite unité intérieure et donc “voit Dieu”» par conséquent. Non, non et non! Le «Cœur Immaculé» n'est pas «un» cœur, mais le Cœur — le seul et unique Cœur — de la Bienheureuse Vierge Marie, Qui est le seul être purement humain Qui fut conçu sans le Péché Originel et Qui, pendant Sa vie glorieuse sur cette terre, n'a jamais commis le moindre péché personnel.

Et voilà enfin la proposition condamnée. Un premier exemple en est le Syllabus des Erreurs du Bienheureux Pie IX, dans lequel ce grand Pape énumérait les nombreuses erreurs du libéralisme sous la forme de propositions qu'il condamnait solennellement, définitivement et infailliblement, comme erreurs contre le Foi10, y compris la proposition #80, que nous avons mentionnée précédemment: «Le Pontife romain peut et doit se réconcilier et faire un compromis avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne.»

Comme nous l'avons montré, le Cardinal Ratzinger, ici également, a cherché à saper l'enseignement précédent de l'Eglise, en nous disant que l'enseignement de Vatican II était un «contresyllabus,» c'est-à-dire «un essai de réconciliation officielle avec la nouvelle ère inaugurée en 1789» et un effort pour corriger ce qu'il osait appeler «la partialité de la position adoptée par l'Eglise sous le Bienheureux Pie IX et Saint Pie X en réponse à la situation créée par la nouvelle phase de l'histoire inaugurée par la Révolution Française ...11» Pour rendre encore plus explicite son refus de l'enseignement solennel, infaillible du Bienheureux Pape Pie IX, le Cardinal Ratzinger déclare que, au Concile Vatican II, «l'attitude de réserve critique envers les forces qui ont laissé leur empreinte sur le monde moderne doit être remplacée par une entrée en dialogue avec leur mouvement12.» Cette opinion du Cardinal Ratzinger contredit carrément l'enseignement du Bienheureux Pape Pie IX disant que l'Eglise ne doit pas «entrer en dialogue» avec «le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne.»

Le dénigrement outrageant du dogme de l'Immaculé Conception par le Cardinal Ratzinger et son rejet arrogant du Syllabus comme «partial» dévoile le cœur même de la crise post-conciliaire de l'Eglise: un assaut contre les définitions infaillibles du Magistère.

Or, la plupart du temps, cet assaut a été plutôt indirect. La définition infaillible n'est pas habituellement niée directement, mais plutôt sapée par la critique ou la «révision.» Les novateurs de l'Eglise ne sont pas assez stupides pour déclarer simplement que l'enseignement infaillible de l'Eglise est erroné. Et dans leurs prétendues «lumières», ces novateurs, probablement, pensent en fait qu'ils «approfondissent» et «développent» l'enseignement catholique pour le bien de l'Eglise — encore une fois, nous ne jugeons pas leurs motivations subjectives. Mais l'effet de leurs actes est évident: la sape des enseignements définis infailliblement par le Magistère.

Autre exemple de cette sape: l'attaque du dogme que, hors de l'Eglise Catholique, il n'y a pas de salut. Le Credo tridentin, cité en entier ci-dessus le déclare: «Je garderai très constamment et professerai cette vraie Foi Catholique, hors de laquelle nul ne peut être sauvé ...» Au Chapitre 6, nous montrons comment, à maintes reprises, le Magistère a solennellement défini le dogme selon lequel il n'y a pas de salut hors de l'Eglise Catholique. Cependant, aujourd'hui ce dogme est nié et sapé par une «œcuménisme» qui déclare que ni les hérétiques protestants ni les schismatiques orthodoxes n'ont besoin de revenir à l'Eglise Catholique, parce que c'est une «ecclésiologie périmée13.» Et en beaucoup de lieux aujourd'hui, ce dogme est nié directement, et en d'autres lieux, il n'est pas directement nié, mais en pratique il disparaît par des attaques insidieuses, répétées et indirectes et, en conséquence, on n'y croit plus et dans ces lieux, on ne le suit plus.

Indéniablement, depuis Vatican II, une nuée de nouvelles notions se sont répandues dans l'Eglise comme «développements» de la doctrine catholique, même si ces nouveautés, au moins implicitement (et parfois explicitement) contredisent et sapent les définitions infaillibles. L'idée, par exemple, que le document conciliaire Gaudium et Spes est un «contresyllabus» qui va à l'encontre des condamnations solennelles du Bienheureux Pie IX14 sape l'intégralité du Magistère infaillible. Un tel discours est un assaut contre la crédibilité même du service d'enseignement de l'Eglise et, finalement, un assaut contre le dogme catholique lui-même.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:47

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 13 (Suite)

Il ne peut y avoir
Une «Nouvelle Compréhension» du Dogme Catholique

Cette attaque post-conciliaire contre le dogme par la sape et la contradiction implicite ne peut se justifier comme «développement» ou «nouveau discernement» du dogme. Comme l'a enseigné solennellement le Concile Vatican I: «Car le Saint- Esprit n'a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu'ils puissent révéler une nouvelle doctrine, mais pour qu'ils puissent, avec Son aide, garder comme sacrée la révélation transmise par les Apôtres et le dépôt de la Foi et qu'ils puissent le répandre fidèlement15.»

De plus, selon l'enseignement de Vatican I, il ne peut y avoir de «nouveau discernement» de ce que l'Eglise a déjà défini infailliblement:

Cette compréhension de ses dogmes sacrés doit être gardée perpétuellement, une fois que Notre Sainte Mère l'Eglise l'a déclarée, on ne doit jamais se départir de cette signification sous le prétexte d'un approfondissement16.

C'est donc matière de Foi Catholique de croire que aucune nouvelle doctrine n'a été révélée par Dieu depuis la mort du dernier Apôtre, Saint Jean, et que aucune nouvelle compréhension de la doctrine n'est apparue à cause de Vatican II ou autrement.

Par conséquent, cette «nouvelle» doctrine ou «contre»-doctrine dont nous avons tellement entendu parler depuis Vatican II, ne peut être que pseudo-doctrine. Pseudo-doctrine actuellement enseignée très subtilement. Quand une pseudo-doctrine contredit des doctrines qui ont été infailliblement définies, alors les Catholiques doivent tenir fermement aux doctrines infaillibles et rejeter les «nouvelles» doctrines.

Le dogme de la Foi ne peut faillir, mais les nouveautés sont faillibles. Les hommes sont faillibles; les laïcs sont faillibles; les évêques sont faillibles; les Cardinaux sont faillibles; et même le Pape est faillible dans les domaines qui ne relèvent pas de son charisme d'infaillibilité, comme nous l'a montré l'histoire chez plus d'un Pape qui enseignait ou paraissait enseigner quelque «nouveauté».

Par exemple, le Pape Honorius fut condamné à titre posthume par le Troisième Concile de Constantinople en 680 pour avoir soutenu et encouragé l'hérésie17, et cette condamnation fut approuvée par le Pape Léon II et renouvelée par les Papes ultérieurs. Autre exemple: le Pape Jean XXII, en 14 e siècle (1333 après Jésus-Christ), a prononcé des sermons (mais non des définitions solennelles) où il répétait avec insistance que les défunts bienheureux ne jouissent pas de la Vision Béatifique avant le Jour du Jugement Général. Il fut dénoncé sur ce point et corrigé par des théologiens et finalement, sur son lit de mort, rétracta son opinion hérétique.

Dans le cas du Pape Jean XXII,17a des Catholiques intelligents (théologiens en l'occurrence) savaient que l'enseignement de Jean XXII sur le Jugement Particulier était erroné. Ils savaient qu'il y avait erreur dans l'enseignement de Jean XXII parce qu'il contredisait ce qu'avait toujours cru l'Eglise, même s'il n'y avait pas encore eu de définition infaillible. Les Catholiques qui connaissaient leur foi au 14e siècle n'ont pas dit simplement: «Oh! le Pape a fait un sermon, nous devons donc changer ce que nous croyons.» Considérant l'enseignement constant de l'Eglise sur la Vision Béatifique des défunts bienheureux immédiatement après le Purgatoire, les théologiens savaient que Jean XXII était dans l'erreur et ils le lui ont dit.

En définitive, l'immédiateté de la Vision Béatifique fut solennellement et infailliblement définie par le successeur de Jean XXII en 1336. Ceci plaçait l'affaire au delà de toute discussion ultérieure — ce qui est précisément la raison d'être d'une définition infaillible. Ce qui est également vrai de toute autre matière infailliblement définie par l'Eglise. Nous pouvons et nous devons fier avec absolue certitude à ces définitions infaillibles, rejetant toutes opinions contraires — même si les opinions contraires devaient venir d'un Cardinal ou même du Pape.

Il y a d'autres exemples de Papes défaillants. Même le premier Pape, Saint- Pierre, a défailli, comme le montre la Sainte Ecriture — non par ce qu'il a dit, mais par l'exemple qu'il a donné. Saint-Pierre refusait de se mettre à table avec les Gentils convertis à Antioche vers l'an 50 ap. J.C. En évitant ces convertis, il donnait la fausse impression que le Premier Concile de Jérusalem était dans l'erreur en enseignant infailliblement qu'était abolie pour l'Eglise Catholique la loi rituelle mosaïque, qui interdisait aux Juifs de manger avec les Gentils «impurs.» C'est pour cet incident que Saint Paul, en public, blâma Saint-Pierre en face. (Gal. 2:11)

Autre exemple: le Pape Libérius en 357 ap. J.C. qui se trompa en signant un Credo que lui proposaient les Ariens, supprimant toute référence à la consubstantialité du Fils avec le Père. Il le fit après deux ans d'exil et sous menace de mort. Et il se trompa aussi (contraint et forcé en exil) en condamnant et excommuniant à tort — excommunication seulement apparente en réalité — Saint Athanase, qui défendait la Foi dans cette matière. Libérius, le premier Pape à ne pas être proclamé saint par l'Eglise, était dans l'erreur parce que Athanase enseignait la doctrine catholique — la vraie doctrine, la doctrine infaillible — enseignée infailliblement par le Concile de Nicée en 325 ap. J.C. C'était cette définition infaillible et non l'enseignement défectueux du Pape Libérius qui, dans ce cas, devait être suivi.

Par ces exemples de l'histoire de l'Eglise, nous apprenons que tout ce qui est proposé à notre foi doit être jugé d'après ces définitions. Et donc si un Cardinal, un évêque, un prêtre, un laïc ou même le Pape nous enseigne quelque nouveauté contraire à toute définition de la Foi, nous pouvons savoir que l'enseignement est erroné et qu'il doit être rejeté pour le salut de notre âme immortelle. Oui, même le Pape peut se tromper, et il se trompe s'il exprime une opinion contraire à une définition solennelle infaillible de l'Eglise Catholique. Cela ne veut pas dire qu'en l'occurrence l'Eglise se trompe, mais seulement que le Pape a fait une erreur sans l'imposer à toute l'Eglise. Et bien entendu, si même le Pape peut faire une erreur en enseignant quelque nouveauté, alors certainement, des Cardinaux, des évêques et de prêtres peuvent faire des erreurs dans leur enseignement et leurs opinions.

Et donc, quand Notre-Dame parle du «Dogme de la Foi,» Elle nous indique que le danger pour la Foi — et pour «la vie du Chrétien et donc (la vie) du monde,» pour rappeler l'aveu du Cardinal Ratzinger — apparaîtra quand seront contredites et sapées les définitions dogmatiques solennelles de la Foi Catholique; car ce sont ces définitions qui sont le fondement même de la Foi Catholique, et par conséquent le fondement de notre salut, pour rappeler le sermon du Pape en 1982 à Fatima.

Si on objecte que de simples prêtres, ou de simples laïcs, ne peuvent être en désaccord avec des prélats de haut rang comme le Cardinal Ratzinger, ou même le Pape (comme dans le genre de cas dont nous avons donné des exemples), il faut répondre: «C'est pourquoi l'Eglise a des définitions infaillibles.» C'est en mesurant tout enseignement donné sur les définitions solennelles infaillibles, qu'on peut savoir si un enseignement est vrai ou faux — non sur le rang occupé par la personne dans le clergé. Comme Saint Paul l'a enseigné: «Même si l'un d'entre nous, ou un Ange du Ciel vous prêche un Evangile autre que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème.» (Gal. 1: Les fidèles doivent considérer même un Apôtre comme anathème — maudit, séparé de l'Eglise, digne du feu de l'enfer — s'il contredit l'enseignement infaillible de l'Eglise. C'est pourquoi les théologiens purent corriger le Pape Jean XXII dans son enseignement erroné du haut de la chaire; et c'est pourquoi les Catholiques aujourd'hui peuvent distinguer le vrai du faux enseignement, même s'ils sont d'un rang inférieur au prélat qui commet l'erreur.

Un très bon exemple historique se trouve dans le cas d'un homme de loi nommé Eusèbe, qui releva l'erreur de Nestorius, Archevêque de haut rang de Constantinople, premier prélat dans la hiérarchie après le Pape, qui niait la Maternité Divine de Marie. Eusèbe se leva de son banc le jour de Noël, pendant la Messe, et dénonça Nestorius pour avoir prêché l'hérésie. Pourtant tous les prêtes et évêques de «haut rang» avaient gardé le silence, face à l'hérésie de Nestorius. Donc un simple laïc avait raison et tous les autres étaient dans l'erreur. Le Concile d'Ephèse fut réuni pour entendre l'affaire et il y fut solennellement et infailliblement défini que Marie est la Mère de Dieu. Et Nestorius refusant de se rétracter, fut déposé et déclaré hérétique. Nestorius fut excommunié!

En résumé, la vérité n'est pas affaire de nombre ou de rang; la vérité concerne ce que le Christ et Dieu ont révélé dans la Sainte Ecriture et la Tradition, ce qui a été solennellement défini par l'Eglise Catholique, et ce que l'Eglise Catholique a toujours enseigné — enseigné toujours et non pas seulement depuis 1965!

Les Effets Désastreux
de la Manipulation de Définitions Infaillibles

L'histoire nous fournit également un premier exemple de ce qui peut arriver à l'Eglise en cas de contradiction à grande échelle, ne serait-ce que d'un dogme. L'hérésie de l'Arianisme provoqua une confusion catastrophique dans l'Eglise de 336 à 381 après Jésus-Christ. L'arianisme fut condamné en 325; et pourtant en 336, il réapparut. Commençant vers 336, l'hérésie en vint à revendiquer environ 90% des évêques, avant d'être finalement vaincue environ cinquante ans plus tard. Dans la confusion et la perte de la foi qui en résultèrent, même le grand Saint Athanase fut «excommunié» par le Pape en 357. Vers 381, l'Arianisme avait été vaincu par le Premier Concile de Constantinople. Cependant il fut encore très florissant pendant quelque temps entre 360 et 380. Il en résulta une complète dévastation pour l'Eglise.

La crise arienne a autre chose à nous enseigner sur le contenu probable du texte du Troisième Secret qui manque. Une raison du succès des Ariens pour un temps, c'est qu'ils attaquaient «avec succès» un dogme qui avait été solennellement et infailliblement défini au Concile de Nicée en 325 — que le Christ est Dieu de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel au Père. Cette définition solennelle et infaillible est dans le Credo du Concile de Nicée que nous récitons à la Messe chaque dimanche.

Les Ariens transformèrent la définition en faisant plaider beaucoup de «fidèles» pour la remplacer par une fausse définition qui n'était pas infaillible. En 336, ils remplacèrent le mort grec Homoousion par un autre mot Homoiousion. Le mot Homoousion signifie fondamentalement «consubstantiel» au Père. Pour que Dieu le Fils soit consubstantiel au Père, le Fils doit non seulement être Dieu, mais le même seul Dieu que le Père, de sorte que la substance du Père soit la substance du Fils, même si la Personne du Père n'est pas la Personne du Fils. Il y a donc trois Personnes en un seul Dieu — Père, Fils et Saint-Esprit — mais il n'y a qu'un seul Dieu, avec une seule substance en trois Personnes. C'est le mystère de la Sainte-Trinité. Le nouveau mot cependant, Homoiousion, signifie «de substance semblable» au Père. Ainsi l'expression critique du dogme — «consubstantiel au Père» — devint «de substance semblable au Père» ou «comme le Père.»

Les Ariens créèrent ainsi une confusion massive dans l'Eglise en ajoutant une seule lettre au mot Homoousion pour créer un nouveau mot avec une nouvelle signification: Homoiousion. Ils attaquèrent une définition solennelle, déclarant que leur nouvelle définition serait meilleure que la déclaration solennelle. Mais, bien entendu, leur nouvelle définition ne pouvait être meilleure que la définition solennelle, puisque la définition solennelle du Concile de Nicée était infaillible.

En ajoutant une seule lettre à un seul mot, les Ariens se débarrassaient d'une définition infaillible. C'était ouvrir la voie aux Ariens et aux semi-Ariens, pour amener un véritable état de guerre. On martyrisait, persécutait, menait au désert, exilait à cause de cet unique changement d' un seul dogme infaillible. Saint Athanase fut exilé cinq fois différentes par le Synode d'Egypte (et en conséquence, passa au moins dix-sept ans en exil). Mais il avait raison et les évêques hérétiques de ce Synode étaient tous dans l'erreur.

Les Définitions Infaillibles sont Supérieures
à Tout Savoir ou à Toute Dignité dans l'Eglise

Pourquoi Athanase savait-il qu'il avait raison? Parce qu'il s'attachait à la définition infaillible, malgré les dires de tous les autres. Tout le savoir du monde, toute la hiérarchie, ne peuvent remplacer la vérité d'un seul enseignement Catholique défini infailliblement. Même le plus simple des fidèles, s'attachant à une définition infaillible, sauva plus que le théologien le plus «savant» qui nie ou sape la définition. Tel est tout le but de l'enseignement infailliblement défini de l'Eglise — nous rendre indépendant des simples opinions des hommes, quel que soit leur savoir, quel que soit leur rang.

Or, en 325, la définition solennelle du Concile de Nicée était infaillible mais alors, beaucoup n'avaient pas compris complètement que les définitions solennelles de la Foi étaient infaillibles. C'est-à-dire que, à cette époque de l'histoire de l'Eglise, n'avait pas encore été publiée par l'Eglise la définition solennelle enseignant que les définitions de la Foi sont infaillibles. Mais en 1870, le Concile Vatican I a, solennellement et infailliblement, défini l'infaillibilité des définitions solennelles de l'Eglise. Maintenant, infailliblement, nous savons que les définitions solennelles sont infaillibles. Une fois de plus, elles ne peuvent faillir — à jamais.

A Notre Epoque,
Les Définitions Infaillibles Sont Attaquées

A notre époque, il n'y a donc pas d'excuse de se laisser prendre par l'hérésie et d'abandonner la défense des définitions solennelles. Pourtant, c'est ce qui arrive précisément aujourd'hui, tout comme au temps d'Arius. Les hommes d'Eglise jugent les choses à la lumière du Concile Vatican II au lieu de juger Vatican II à la lumière des définitions infaillibles. Ils ont oublié que ce sont les définitions infaillibles, et non Vatican II, qui servent de mesure constante à toute doctrine, tout comme un bâton de 36 pouces est le modèle constant pour mesurer un yard. On ne décide pas soudain que le nouveau modèle pour mesurer un yard est un bâton de 35 pouces. De même l'Eglise ne peut décider soudain que Vatican II est le nouvel étalon de la Foi.

Et nous arrivons donc encore une fois, après un examen plus détaillé, à l'énigme du Troisième Secret. C'est la raison pour laquelle il commence par la référence de Notre-Dame au dogme de la Foi. C'est pourquoi Sœur Lucie a dit que le Troisième Secret serait beaucoup «plus clair» après 1960. Et il faut noter ici que, nettement, nous vivons au milieu de la période de calamité prédite par le Troisième Secret. Comment le savons-nous? Parce que la Vierge nous a dit que le Secret serait «plus clair» après 1960 et Elle nous a dit aussi que à la fin Son Cœur Immaculé triomphera. Puisque, de toute évidence, le Triomphe du Cœur Immaculé n'est pas encore là, nous devons vivre la période intérimaire entre 1960 et ce Triomphe final — c'est-à-dire la période délimitée par le prophétie du Troisième Secret.

Or, ce que nous avons vu depuis le Concile Vatican II est, encore une fois, une attaque — une attaque indirecte, très subtile — contre les définitions solennelles de l'Eglise. Nous avons eu un concile soi disant pastoral qui a refusé de parler de définitions solennelles et — au regard de certains — est allé en fait contre certaines définitions solennelles. Mais le Concile, comme nous l'avons vu, se voulait «pastoral,» pour éviter les définitions solennelles, pour éviter les condamnations d'erreur, selon la déclaration du Pape Jean XXIII dans son discours d'ouverture.

Et alors, quel mal à cela? Le mal, c'est que, par l'erreur subtile de refuser de faire des déclarations solennelles, la porte est ouverte au Concile pour user d'un langage qui pourrait saper les définitions solennelles existantes — exactement le tour joué par les Ariens au Quatrième Siècle afin de mettre la confusion dans l'Eglise. Et ils ont presque réussi à dominer toute l'Eglise.

Ce même procédé se reproduit encore depuis l'ouverture du Concile Vatican II. Mais les fidèles ont un remède au problème: Vatican II n'est pas contraignant dans la mesure où il n'exerce pas son Magistère suprême, son pouvoir de définir la doctrine et son pouvoir d'anathématiser l'erreur. Puisqu'il n'a pas exercé cette autorité, tout enseignement de Vatican II qui n'a pas été enseigné avant Vatican II doit être examiné à la lumière des définitions et enseignements dogmatiques infaillibles de l'Eglise Catholique.

Cependant, ce n'est pas ce qui se passe aujourd'hui. Ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'on redéfinit «la foi» à la lumière de Vatican II. C'est sûrement de ce procédé que parle Notre-Dame de Fatima quand, allant droit au cœur du problème, Elle dit que le dogme de la Foi sera toujours préservé au Portugal — mais nettement perdu en beaucoup d'autres lieux — disant à Sœur Lucie que cet avertissement doit être publié vers 1960, époque où le Concile avait été annoncé.

Cette conclusion est confirmée par les sermons du Pape à Fatima en 1982 et 2000. En 1982 le Pape a dit que les bases de notre salut étaient en train d'être sapées. Et en 2000, dans son sermon pour la béatification de la Bienheureuse Jacinthe et du Bienheureux François, le Pape Jean-Paul II nous a avertis des dangers pour notre salut aujourd'hui, en nous disant que «Le Message de Fatima est un appel à la conversion, alertant l'humanité de n'avoir rien à faire avec le “dragon” dont “la queue balayerait un tiers des étoiles du Ciel et les attirait sur la terre”.» (Apoc. 12:4) Encore une fois, où trouvons-nous cela dans les parties révélées du Message de Fatima? Nulle part. Donc ce doit être dans le Troisième Secret. Le Pape nous dit que le Troisième Secret concerne les dangers pour la Foi et que le tiers du clergé Catholique est impliqué.

L'Attaque Vient de l'Intérieur de l'Eglise

Maintenant nous allons encore fixer notre attention sur une autre particularité de l'essence du Troisième Secret. Le Pape a également relevé que l'attaque contre la Foi Catholique vient de l'intérieur. Il a dit en 1982: «La Mère avec toute la force d'amour qu'Elle puise dans le Saint-Esprit et qui désire le salut de chacun, peut-Elle garder le silence en voyant saper les bases mêmes du salut de ses enfants?» Le mot saper implique un affaiblissement de la base de notre salut provenant de l'intérieur. Un ennemi externe à l'Eglise attaque de l'extérieur, un infiltré de l'intérieur. Dans ce dernier cas, l'attaque est inattendue, nul n'est sur ses gardes, l'attaquant est considéré comme un «ami».

Donc, nous entendons le Pape Jean-Paul II nous dire que la Foi Catholique est en train d'être sapée de l'intérieur (13 mai 1982: «saper les bases mêmes du salut de Ses enfants») par le clergé catholique (13 mai 2000: «un tiers des étoiles du Ciel»).

En conclusion de ce point, nous notons qu'il existe une autre source dont nous pouvons glaner cet aspect du Troisième Secret. En 1963, la publication allemande Neues Europa révéla ce qui voulait passer pour faire partie du Troisième Secret: que le Cardinal s'opposerait au Cardinal, l'évêque s'opposerait à l'évêque. Nous savons que lorsqu'on lui demanda si le rapport de Neues Europa devait être publié, le Cardinal Ottaviani, qui avait également lu le Troisième Secret — qui avait une personnalité très sèche et pas mal d'indifférence par rapport à la plupart des apparitions — s'écria avec grande insistance: «Publiez 10 000 copies! Publiez 20 000 copies! Publiez 30 000 copies!18»

Puis, nous avons le témoignage du défunt Père Malachi Martin selon lequel le message de Garabandal contient le Troisième Secret ou des parties du Troisième Secret. Le Père Martin, qui connaissait le Troisième Secret pour l'avoir lu lui-même et qui a lu aussi le message de Garabandal, a dit que le Vatican ayant choisi de ne pas révéler le Troisième Secret en 1960, Notre-Dame était apparue à Garabandal en 1961 afin de dévoiler le Troisième Secret. Qu'y a-t-il dans le message de Garabandal? Le message de Garabandal dit, entre autres choses: «beaucoup de Cardinaux, d'évêques et de prêtres sont sur le chemin de l'enfer, “attirant” avec eux beaucoup d'autres âmes.» Remarquez encore une fois l'idée d'attirer des âmes en enfer. La même terminologie apparaît dans la remarque de Sœur Lucie au Père Fuentes: «Le démon sait que les religieux et les prêtres déchus de leur belle vocation attirent en enfer beaucoup d'âmes,19» et dans le sermon du Pape, le 13 mai 2000, qui rapporte la scène du Livre de l'Apocalypse dans lequel la queue du dragon précipite du Ciel un tiers des étoiles (âmes consacrées).

Alors que les apparitions de Garabandal ne sont pas formellement approuvées, l'évêque qui a juridiction sur Garabandal — c'est-à-dire l'évêque de Santander — a dit que rien dans le message n'était contraire à la Foi Catholique.

L'Attaque Comporte de Mauvaises Pratiques
Ainsi qu'une Mauvaise Doctrine

Il faut noter ici que pour déterminer si un membre du clergé (ou un laïc) est bon ou mauvais, il ne suffit pas de considérer seulement si ses paroles affirment ou non la Foi. Outre la comparaison de l'enseignement (c'est-à-dire les paroles) d'un prêtre, d'un évêque, d'un Cardinal ou du Pape avec l'enseignement infaillible du Magistère, il faut voir si la personne soutient aussi les pratiques orthodoxes de l'Eglise Catholique par ses paroles (écrites et orales), par ses actions et par la conduite chrétienne de sa vie. Il faut savoir si la personne (prêtre, évêque, Cardinal ou Pape) s'engage dans l'heteropraxis — pratiques contraires à la Foi — par exemple l'irrespect envers le Saint Sacrement.

La Foi peut être attaquée par des actions, soit ouvertement, soit de manière subtile. Nos actions doivent confirmer nos paroles. Nous maintenons la Foi en maintenant les doctrines dans nos pensées, nos paroles et nos écrits et aussi en maintenant les pieuses pratiques de l'Eglise qui confirment notre adhésion à la Foi. En introduisant dans la paroisse locale (ou le diocèse local ou la province ecclésiastique ou même dans l'Eglise Universelle, comme cela peut arriver, selon les écrits des Docteurs Catholiques) de nouvelles pratiques qui donnent l'impression de mettre en doute la Foi définie par cette heteropraxies ou scandalisent les petits et même certaines âmes instruites.

Ainsi, nous savons par les solennelles définitions du Concile de Trente que nous sont garanties par Dieu cela Sa Présence Réelle, en vérité dans l'Hostie consacrée — c'est-à-dire le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ainsi que Son Ame et Sa Divinité. Or, les Protestants rebelles ont voulu nier cet article de la Foi et ils ont voulu influencer les autres à faire de même. Donc on a réintroduit la pratique de la Communion dans la main (elle avait été originellement introduite comme pratique largement répandue par les Ariens hérétiques du Quatrième Siècle pour nier la Divinité de Jésus). Par cette action symbolique, leur reniement se voulait clair pour tous.

L'heteropraxis a été mise en usage par les ennemis de l'Eglise pour amener, par le scandale beaucoup de Catholiques à perdre la Foi en la Présence Réelle. C'est pourquoi l'abus de la Communion dans la main fut interdit par la loi universelle de l'Eglise pendant de nombreux siècles et est encore interdit par la loi de l'Eglise jusqu'à ce jour. Le récent indult (c'est-à-dire autorisation) d'aller contre la lettre de la loi n'est autorisé que si cette pratique ne mène pas à l'amoindrissement de la Foi en la Présence Réelle et ne mène pas à moins de respect pour la Présence Réelle. Mais elle y mène toujours, comme nous le voyons par notre propre expérience quotidienne, sous cette forme d'heteropraxis20.

Les pratiques qui soutiennent la doctrine orthodoxe, d'autre part, sont désignées sous le terme d'orthopraxis (c'est-à-dire pratiques orthodoxes). Elles comportent: la génuflexion en présence du Saint Sacrement, la distribution et la réception de la Communion sur la langue, le maintien du tabernacle qui contient le Saint Sacrement au point principal d'attention (et de culte) au centre du sanctuaire; et le comportement solennel du clergé dans le sanctuaire, manifestant la révérence appropriée envers la Présence de Dieu dans le Saint Sacrement. Ces exemples d'orthopraxis (actions orthodoxes soutenant la Foi) confirment la vérité du dogme que le Saint Sacrement est la Présence Réelle de Dieu — le Corps, le Sang, l'Ame et la Divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ sous l'apparence du pain — ainsi que le respect dû à Dieu par l'homme.

Les exemples d'heteropraxis contre le dogme de la Présence Réelle comportent la Communion dans la main. Cette forme d'heteropraxis transmet aux fidèles le message erroné que le Saint Sacrement n'est pas si important, que C'est simplement du pain et favorise l'hérésie que Ce n'est pas la Présence Réelle de Dieu — le Corps, le Sang, l'Ame et la Divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ sous l'apparence du pain. Autre exemple d'heteropraxis dans ce domaine: le déplacement habituel du tabernacle qui contient le Saint Sacrement depuis le sanctuaire jusqu'à une pièce latérale ou un placard à balais, de sorte que le principal point d'attention (et de culte) dans le sanctuaire devient la chaise du «célébrant» ou du «Président» de «l'assemblée.» Message subtilement donné, et reçu: la personne assise dans la chaise est plus importante que le Saint Sacrement. Et puisque le «Président» (ou président de «l'assemblée») représente le peuple, alors le message subtilement donné est que Dieu est moins important que le peuple.

Ces exemples nous rappellent encore une fois les mots du Pape Pie XII déjà cités:

Supposez, cher ami, que le Communisme [l'une des «erreurs de la Russie» mentionnée dans le Message de Fatima] fût seulement le plus visible des instruments de subversion à utiliser contre l'Eglise et les traditions de la Divine Révélation … Je suis tracassé par les messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima. Cette insistance de Marie sur les dangers qui menacent l'Eglise est un divin avertissement contre le suicide par l'altération de la Foi dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme … Un jour viendra où le monde civilisé niera son Dieu, où l'Eglise doutera comme Pierre a douté. Elle sera tentée de croire que l'homme est devenu Dieu … Dans nos églises, les Chrétiens chercheront en vain la lampe rouge là où Dieu les attend, comme Marie-Madeleine en pleurs devant le tombeau vide, ils demanderont, «où L'ont-ils emporté21?»

D'après les paroles du Pape Pie XII, il semble donc que ces formes d'heteropraxis ci-dessus mentionnées contre le Saint Sacrement ont été explicitement citées dans le Troisième Secret de Fatima car, alors que le Pape Pie XII les rattache au Message de Fatima, elles ne sont mentionnées dans aucune partie du Message qui a été publié. C'est pourquoi elles doivent être mentionnées dans le Troisième Secret — c'est-à-dire, la partie non encore publiée. Le Pape Pie XII dit clairement que c'est Notre-Dame de Fatima qui nous avertit contre «le suicide par l'altération de la Foi dans Sa liturgie, Sa théologie, et Son âme.» Le Troisième Secret nous avertit donc à la fois de fausse doctrine et d' heteropraxis comme attaques contre le «dogme de la Foi.»

L'Attaque Comporte
la Corruption Morale du Clergé dont
Nous Sommes Maintenant Témoins

Comme nous le voyons aujourd'hui, avec le déchaînement d'un scandale mondial massif impliquant l'inconduite sexuelle de membres du sacerdoce, il y a une troisième ligne d'attaque contre l'Eglise, en ce temps de grande crise: la corruption morale de nombreuses âmes consacrées. La queue du dragon fait tomber les âmes des cieux — de leur état de consacrés — non seulement par l'heterodoxie et l'heteropraxis, mais aussi par l'immoralité. Rappelons les déclarations de Sœur Lucie au Père Fuentes:

Le démon veut s'emparer des âmes consacrées; il essaie de les corrompre pour endormir les autres dans l'impénitence finale.

Ce qui afflige le Cœur Immaculé de Marie et celui de Jésus, c'est la chute des âmes religieuses et sacerdotales. Le démon sait que les religieux et les prêtres, en manquant à leur belle vocation, entraînent de nombreuses âmes en enfer ...

Aujourd'hui nous voyons largement répandue parmi le clergé catholique la corruption qui se manifeste actuellement par des scandales sexuels, d'une nature inexprimable, dans des diocèses sur toute l'Amérique du Nord, l'Europe et l'Afrique. La queue du dragon a fait tomber beaucoup de membres du clergé dans les formes les plus excessives de l'immoralité.

En conséquence, la crédibilité des nombreux prêtres qui honorent bien leurs engagements et gardent la foi se détruit, en même temps que la véritable crédibilité de l'Eglise en tant qu'institution. Même en cas de bonne doctrine et de bonne pratique, les bienfaits en sont souvent niés, quand la crédibilité de l'Eglise est sapée par la corruption morale.

Qui est Responsable?

Maintenant se pose la question: mais qui est identifié dans le Troisième Secret comme étant responsable de la sape de la Foi par l'heterodoxie, l'heteropraxis, et la corruption morale et la chute des âmes consacrées? Tout d'abord, les membres de l'organisme du Vatican lui-même. Nous notons encore la révélation du Cardinal Ciappi, théologien papal officiel du Pape Jean-Paul II: «Dans le Troisième Secret, il est prédit, entre autres choses, que la grande apostasie de l'Eglise commencera au sommet.» Ainsi, la responsabilité en incombe d'abord et avant tout aux hommes du Vatican. Nous voyons en cela non seulement l'accomplissement du Troisième Secret, mais aussi l'avertissement du Pape Saint Pie X dans son encyclique Pascendi de 1907, où il écrit: «Les partisans de l'erreur ne sont pas à chercher seulement parmi les ennemis connus de l'Eglise; mais ... dans Son sein même et qui sont d'autant plus nuisibles qu'ils agissent moins à découvert.» Ces ennemis sont des laïcs et des prêtres «complètement imbus des doctrines empoisonnées, répandues par les ennemis de l'Eglise,» et qui se mettent en avant «comme réformateurs de l'Eglise22.»

Saint Pie X insiste:

«L'Eglise n'a pas de plus grands ennemis, car ils mettent en pratique leurs desseins de la détruire, non de l'extérieur, mais de l'intérieur. C'est pourquoi le danger est présent presque dans les veines mêmes et le cœur de l'Eglise, dont la blessure est d'autant plus assurée du fait qu'ils La connaissent plus intimement23.»

«Ils mettent la main sur le professorat dans les séminaires et les universités et peu à peu en font des chaires de contagion24.»

«Il est temps de démasquer ces hommes et de les montrer à l'Eglise tels qu'ils sont25.»

Mais alors, on posera la question: «Comment savons-nous qui, dans le clergé, fait partie du tiers des étoiles auquel fait allusion le Pape Jean-Paul II; comment savons-nous quels sont les partisans de l'erreur?» La réponse se trouve encore dans ce qui a été infailliblement défini: ceux qui maintiennent la Foi, qui tiennent ferme à la doctrine de Jésus, sont Ses amis. (Apoc. 12:17) Ceux qui ne le font pas sont Ses adversaires. Comme a dit Notre-Seigneur, «A leurs fruits, vous les reconnaîtrez.» (Mt. 7:16) On peut reconnaître ceux à qui se fier, s'ils maintiennent la Foi Catholique selon les définitions solennelles. Autre signe: s'ils vivent également leur Foi Catholique.

En conclusion, quand le Pape Paul VI déplorait en 1967 que «la fumée de Satan soit entrée dans l'Eglise» et en 1973 que «l'ouverture au monde soit devenue une véritable invasion de l'Eglise par la pensée mondaine,» il ne faisait que confirmer le contenu de Troisième Secret; de même le Pape Jean-Paul II dans ses déclarations plus voilées de 1982 et 2000. Les deux premières parties du Grand Secret de Fatima nous avertissent de la diffusion des erreurs de la Russie à travers le monde. Le Troisième Secret, dans son entier, est certainement l'avertissement de l'infiltration de ces erreurs dans l'Eglise elle-même et surtout de leur emprise par «l'ouverture au monde» au Concile Vatican II. L'infiltration de l'Eglise Catholique par des éléments maçonniques, communistes, néo-modernistes et homosexuels est visible dans les résultats ruineux de leurs activités et la perte de la foi parmi les Catholiques dans le banc.

A ceux qui se moquent de l'affirmation qu'un tel désastre ait atteint l'Eglise de notre temps, nous pouvons seulement dire qu'ils sont aveugles et qu'ils se sont désintéressés de l'histoire de l'Eglise qui montre qu'il est déjà arrivé quelque chose de très semblable auparavant. Nous avons fait allusion ci-dessus à la description, par le Cardinal Newman, de l'état de l'Eglise au cours de l'hérésie arienne. Une citation plus longue tirée de cette description, dans son livre On Consulting the Faithful in Matters of Doctrine (De la Consultation des Fidèles en Matières de Doctrine) suffit à prouver que l'état des affaires de l'Eglise aujourd'hui n'est pas sans précédent:

Le corps des évêques a été infidèle dans la confession de la Foi … Ils ont parlé différemment, l'un contre l'autre; après Nicée, il n'y avait plus rien de ferme, d'invariable, pas de témoignages consistant, pendant presque soixante ans. Il y avait des Conciles non fiables, des évêques infidèles; il y avait faiblesse, crainte de conséquences, égarement, tromperie, hallucination, sans fin, sans espoir, qui se répandaient dans presque tous les lieux de l'Eglise Catholique. Ceux qui, relativement rares, demeuraient fidèles, étaient discrédités et exilés; les autres étaient ou trompeurs ou trompés26.

Le livre du Cardinal Newman montre que c'étaient les laïcs, attachés au dogme défini de la Foi, avec quelques bons évêques comme Saint Athanase, qui au temps de la crise arienne ont gardé vivante la Foi. Ainsi en est-il aujourd'hui.

Mais l'une des grandes différences entre la crise arienne et la crise actuelle de l'Eglise, c'est que la Vierge Marie, nous a donné, bien des années avant la crise actuelle, non seulement un avertissement, mais aussi le moyen de l'éviter, en suivant Ses requêtes à Fatima. Avoir privé l'Eglise de l'avertissement contenu dans le Troisième Secret, avoir occulté la prophétie de l'apostasie impliquant les hommes mêmes qui ont imposé à l'Eglise une nouvelle orientation ruineuse, et L'ont laissé envahir par l'ennemi, avoir ainsi empêché les fidèles de comprendre la cause de tout cela et de s'armer en conséquence, voilà un autre élément clef du grand crime terrible dont il est ici question.

Cependant l'occultation n'a pas réussi. Le Message de Fatima n'a pas été enterré; le refus de croire à la prétendue révélation intégrale du Troisième Secret est largement répandu et va croissant. S'en apercevant, les membres du appareil du Vatican, que nous avons identifiés, ont encore tenté un autre enterrement le 17 novembre 2001, aggravant ainsi leur crime contre l'Eglise et le monde. Nous allons maintenant considérer cet événement.

Notes:

1. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1985), p. 472.

2. Ibid., p. 460.

3. Ibid., pp. 472-473.

4. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, pp. 555-556. Voir aussi Jesus Magazine, 11 novembre 1984, p. 79. Voir aussi The Fatima Crusader, n° 37, Eté 1991, p. 7.

5. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 453.

6. Contre-Réforme Catholique, décembre 1997.

7. Voir Père Gérard Mura, «The Third Secret of Fatima: Has It Been Completely Revealed? (Le Troisième Secret: A-t-Il été Complètement Révélé?),» le périodique Catholic (publié par les Redemptoristes Transalpins, Orkney Isles, Scotland, Great Britain), mars 2002.

8. Ibid.

9. Les mots entre parenthèses de ce paragraphe sont maintenant insérés dans la profession de foi tridentine par ordre du Bienheureux Pape Pie IX dans un décret édité par le Saint-Office le 20 janvier 1877 (Acta Sanctae Sedis, X, 1877), pp. 71ff.

10. Dans le Paragraphe 6 de l'Encyclique Quanta Cura qui parut avec le Syllabus, 8 décembre 1864, le Bienheureux Pape Pie IX déclara solennellement, «Au milieu donc d'une telle perversité d'opinions corrompues, Nous souvenant de Notre charge Apostolique, dans notre plus vive sollicitude pour notre très sainte religion, pour la saine doctrine, et pour le salut des âmes à Nous confiées par Dieu, et pour le bien de la société humaine elle-même, Nous avons jugé bon d'élever à nouveau Notre Voix Apostolique. En conséquence, toutes et chacune des opinions déréglées et des doctrines rappelées en détail dans ces Lettres, Nous les réprouvons, proscrivons et condamnons de Notre Autorité Apostolique; et Nous voulons et ordonnons que tous les fils de l'Eglise catholique les tiennent absolument pour réprouvées, proscrites et condamnées.» (c'est nous qui soulignons). Extrait de The Popes Against Modern Errors (Les Papes contre les Erreurs Modernes), (TAN Books and Publishers, Rockford, Illinois, 1999), p. 21.

11. Le Cardinal Joseph Ratzinger, Principles of Catholic Theology (Principes de Théologie Catholique), (Ignatius Press, San Francisco, 1987), pp. 381-382.

12. Ibid., p. 380.

13. The Balamand Statement (La Déclaration de Balamand), n° 30, 23 juin 1993.

14. Voir note 10 de ce chapitre.

15. Concile Vatican I, 1870 A.D. Voir Denzinger, (Dz.) 1836.

16. Concile Vatican I. Voir Dz. 1800.

17. Par sa négligence, le Pape Honorius avait été, en grande partie, responsable de la diffusion de l'hérésie monothélite en affirmant qu'il n'y a qu'une seule volonté dans le Christ, la Volonté divine — erreur qui implicitement nie que le Christ soit à la fois Vrai Dieu et Vrai homme —, bien qu'il le comprît au sens Catholique, c'est-à-dire qu'il ne pouvait y avoir conflit entre la Volonté divine et la Volonté humaine du Christ. Cependant, sa formulation permettait aux hérétiques monothélites d'affirmer qu'il y avait une seule Volonté dans le Christ et que le Pape était d'accord avec eux.

18. Témoignage personnel de la retraité Vatican Monseigneur Corrado Balducci au Père Nicolas Gruner, Christopher Ferrara, et différents autres témoins. Ce fait est aussi attesté par Marco Tosatti dans son livre Il Segreto Non Svelato (Le Secret Non Révélé), (Edizioni Piemme Spa, Casale Monferrato, Italie, mai 2002), p. 86.

Marco Tosatti écrit, «Le Père Mastrocola, directeur d'un bulletin religieux “Santa Rita,” demanda au Cardinal Ottaviani la permission de réimprimer des prophéties faites dans “Neues Europa.” La réponse fut encourageante, mais à la lumière de la “révélation” du secret du 26 juin 2000, embarrassante. “Faites-le, faites-le” — répondit le Cardinal gardien du Troisième Secret — “publiez autant de copies que vous voulez, car la Madone voulait qu'il soit déjà publié en 1960.” Et de ce texte, Radio Vatican a parlé aussi en 1977 à l'occasion du dixième anniversaire du voyage du Pape Paul VI à Fatima. Le texte de “Neues Europa” a connu une grande diffusion et à été republié même dans L'Osservatore Romano, édition du dimanche 15 octobre 1978.»

L'original italien est comme suit, «Padre Mastrocola, direttore di un foglio religioso, “Santa Rita,” chiese al cardinale Ottaviani il permesso di riprendere l'anticipazione fatta da “Neues Europa.” La riposta fu incoraggiante, ma alla luce dello “svelamento” del segreto del 26 guigno 2000, imbarazzante. “Fatelo, fatelo pure — rispose il porporato custode del terzo segreto — pubblicatene quante copie vi pare, perché la Madonna voleva che fosse reso noto già nel 1960.” E di quel testo parlò anche la Radio Vaticana nel 1977, nel decennale del viaggio di Paolo VI a Fatima. Il testo di “Neues Europa” conobbe grande fortuna, e venne ripreso persino il 15 ottobre 1978 dall' “Osservatore della Domenica.”»

19. Voir Francis Alban, Fatima Priest (Le Prêtre de Fatima) Première Edition (Good Counsel Publications, Pound Ridge, New York, 1997), Appendix III, «A Prophetic Interview With Sister Lucy of Fatima (Entretien Prophétique Avec Sœur Lucie de Fatima),» p. 312. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, pp. 335-339 pour le texte de cet entretien ainsi que des explications supplémentaires du Frère Michel.

20. Voir Fatima Priest (Le Prêtre de Fatima), editions 1 et 2, Appendix V, «Regarding Communion in the Hand (Sur la Communion dans la Main).» Voir aussi The Fatima Crusader, n° 28, juin-juillet 1989, pp. 33ff, 34ff, 36ff, The Fatima Crusader, n° 29, septembre-novembre 1989, p. 16 et The Fatima Crusader, n° 8, Printemps 1981, p. 11.

21. Le Pape Pie XII cité dans le livre, Pie XII devant l'Histoire, pp. 52-53.

22. Le Pape Saint Pie X, Pascendi Dominici Gregis, para. 2.

23. Ibid., n° 3.

24. Ibid., n° 61.

25. Ibid., n° 3.

26. John Henry Newman, On Consulting the Faithful in Matters of Doctrine (Sur la Consultation des Fidèles en matière de Doctrine), (Kansas City, Sheed and Ward, 1961) p. 77.
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:47

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 14

Ecoutons le Témoin,
Pour l'Amour du Dieu

Peu de révélations ont été aussi peu convaincantes que la version Vaticane du Troisième Secret de Fatima. Ceux qui croyaient, ou espéraient, que la révélation de juin 2000 par le livret de la CDF, Le Message de Fatima, mettrait fin au problème, sont probablement surpris par le récent tumulte sur Fatima dans la presse. Il n'y a pas de surprise à avoir. Depuis plus de quarante ans, presque toutes les tactiques — silence, intimidation, mauvaise théologie, désinformation — sont utilisées pour enterrer le vrai Message de Fatima. Pourtant le bouchon continue à faire surface. Les attaques terroristes du 11 septembre 2001 ont déclenché une réaction en chaîne de propos sur Fatima. D'après la rumeur dans la presse et sur Internet, les attaques faisaient partie du Troisième Secret de Fatima qui n'avait pas encore été complètement révélé.

Quelle exaspération pour la CDF, les rédacteurs du Message de Fatima (TMF) qui prétendent que tout le Secret se trouve sous la couverture du livret. On ne les croit pas, tout simplement, en partie parce qu'ils ne sont pas crédibles, mais aussi à cause d'une certaine conscience collective, sentiment partagé d'un sort qui nous menace. Au fond, nous savons qu'une «civilisation de l'amour» est une stupidité utopique qui n'a jamais existé. Le vrai Message de Fatima le confirme implicitement; l'enfer est réel et beaucoup d'âmes y vont parce qu'il n'y a personne pour prier et se sacrifier pour elles. Le remède céleste n'est pas les rencontres de prières inter-religieuses bien médiatisées, mais la Consécration et la conversion de la Russie, la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, et le Rosaire. Le vrai Message de Fatima n'est pas une requête d'autres excuses papales. C'est une supplication à Jésus pour qu'Il «pardonne nos péchés,» «nous préserve du feu de l'enfer.» Nous ne vivons pas le nouvel avènement de l'humanité. Nous sommes sur le Titanic au moment où il glisse dans les ténèbres et le monde a le sentiment d'un sort qui le menace, tout en continuant d'entasser sur lui-même le jugement.

Cependant, pas même les événements du 11 septembre 2001 n'avaient dissuadé les fonctionnaires du Vatican d'exécuter la Ligne du Parti de Sodano: Fatima «appartient au passé.» Au contraire, l'effort pour imposer à l'Eglise l'interprétation de Fatima par Sodano ne fit que s'intensifier, comme si le Cardinal Sodano et les autres avaient reconnu que les événements du 11 septembre pourraient en fait projeter les Catholiques dans une prise de conscience — juste un moment! — que Fatima n'est pas fini, puisque de toute évidence nous ne voyons rien qui ressemble au Triomphe du Cœur Immaculé de Marie et à la période de paix promise. Il fallait une autre sorte d'action audacieuse pour affirmer de nouveau la nécessité de la Ligne du Parti.

Le 12 septembre 2001, littéralement dans les heures qui ont suivi la chute des Tours Jumelles, le Bureau de Presse du Vatican sortit son bulletin suprême de la journée: une «Déclaration» de la Congrégation pour le Clergé concernant, non pas les attaques terroristes, non pas les scandales horribles qui éclatent presque tous les jours dans les rangs des prêtres, non pas la profusion de l'hérésie et de la désobéissance dans le clergé depuis quarante ans, mais le Père Nicholas Gruner, «le Prêtre de Fatima.» La Déclaration se prétendait émise par «mandat d'une autorité supérieure» — désignation vaticane pour le Secrétaire d'Etat, le Cardinal Sodano, non pas le Pape (qui est la plus haute autorité).

La Déclaration avertissait le monde catholique tout entier d'une menace sérieuse pour le bien de l'Eglise. Une menace d'une telle amplitude que la Congrégation pour le Clergé ne pouvait même pas attendre que la poussière soit retombée sur les anciennes Tours Jumelles. La menace consistait en une conférence à Rome sur la paix mondiale et Fatima, dirigée par l'œuvre du Père Gruner.

Oui, la priorité suprême du Vatican, dans les heures de la pire attaque terroriste de l'histoire du monde, était de dire à tout le monde d'éviter une conférence sur la paix mondiale et Fatima. Pourquoi? Parce que, selon la «Déclaration», la conférence «ne jouit pas de l'approbation de l'autorité ecclésiastique légitime». Bien entendu, l'auteur de la «Déclaration» savait très bien que aucune «approbation», selon la loi de l'Eglise, n'est nécessaire pour les conférences du clergé et des laïcs. Le Code de Droit Canon promulgué par le Pape Jean-Paul II (Canons 212, 215, 278, 299) reconnaît le droit naturel des fidèles de se rencontrer pour discuter de sujets d'intérêt dans l'Eglise d'aujourd'hui, sans aucune «approbation» de qui que ce soit. En vérité, le Vatican n'émet aucune annonce sur le manque d'«approbation» pour d'innombrables conférences dirigées par les avocats de l'ordination des femmes et autres hérésies multiples, même si les participants à ces conférences violent le droit naturel et causent à l'Eglise un mal considérable. On pourrait tout aussi bien dire que la conférence de l'œuvre à Rome n'avait pas été approuvée par l'Association Médicale Américaine. Et quoi encore?

Mais là n'était pas le pire. La Déclaration ajoutait que le Père Gruner avait été «suspendu» par l'évêque d'Avellino. Suspendu pour quelle raison? Pour rien, apparemment, puisque aucun domaine n'était cité. La raison de cette curieuse omission fut claire pour qui connaît les procédures canoniques du Père Gruner: Les «domaines» étaient si inconsistants que les déclarer publiquement eût été ridicule.

Comme nous l'avons déjà noté, le seul prétexte jamais donné pour la «suspension» était l'obligation pour le Père Gruner de retourner à Avellino (Italie) (où il fut ordonné en 1976) ou d'être suspendu. Pourquoi? Parce qu'il «n'avait pas réussi» à trouver un autre évêque pour l'incardiner. Mais la «Déclaration» omettait de mentionner que trois évêques sympathisants avaient successivement offert d'incardiner le Père Gruner avec permission expresse de continuer son oeuvre, et que les trois incardinations avaient été bloquées (ou déclarées «inexistantes») par les mêmes bureaucrates du Vatican qui avaient annoncé maintenant la «suspension» qui en résultait. C'est-à-dire que le Père Gruner avait été «suspendu» pour avoir omis «d'obéir» à un ordre auquel il avait été empêché d'obéir par ses accusateurs eux-mêmes (et sans mentionner que l'évêque d'Avellino le 12 septembre 2001 n'avait absolument aucune autorité sur le Père Gruner — puisque le Père Gruner était maintenant incardiné dans un autre diocèse).

Presque quarante ans après le début du «printemps» de Vatican II, la Consécration de la Russie — pas du monde, pas de «la jeunesse en quête de sens,» pas «des chômeurs,» mais de la Russie — n'est toujours pas faite. Le monde est convulsé par des guerres régionales, le terrorisme islamique, l'holocauste de l'avortement, tandis que d'heure en heure, il devient plus clair que nous fonçons vers une apocalypse. Les fondamentalistes islamiques, que les diplomates du Vatican aiment appeler maintenant «nos frères musulmans,» nous détestent et désirent nous dominer ou nous tuer, en accord avec les ordres de leur Coran. Après quarante ans de «dialogue œcuménique» absolument inutile, les sectes protestantes sont encore plus décrépites qu'au début, les Orthodoxes sont encore plus inflexibles que jamais pour le rejet de la soumission au Vicaire du Christ. L'Eglise est gravement blessée par l'hérésie et le scandale dans les diocèses du monde entier, où Elle a perdu toute crédibilité à cause de la corruption de Ses membres humains. La nouvelle orientation de Vatican II est une débâcle totale, un échec ruineux. Cependant au milieu de toute cette mort, le chaos, l'hérésie, le scandale et l'apostasie, tout cela maintenant à leur apogées respectives, le Vatican avait considéré impératif — tout de suite! — d'alerter le monde sur la «menace» du Père Nicholas Gruner.

Donc un jour après le 11 septembre 2001, le Père Gruner — qui n'avait commis aucun délit contre la foi et la morale, qui observait ses vœux depuis ses 25 ans de sacerdoce, qui n'avait tourmenté ni femmes, ni enfants de chœur, qui n'avait pas volé d'argent ni prêché d'hérésie — fut publiquement condamné devant toute l'Eglise dans une Déclaration qui ne citait aucune base de condamnation, et qui citait le «mandat» d'une «autorité supérieure» anonyme qui n'avait même pas le courage de se nommer. De mémoire vivante de l'Eglise, rien de pareil n'était jamais arrivé à un prêtre catholique fidèle. L'obsession du Secrétaire d'Etat pour détruire le Père Gruner — symbole de résistance à la Ligne du Parti — avait atteint le niveau de l'obscénité.

Pourquoi? Peut-être une antipathie profondément ancrée envers le Message de Fatima et tout ce qu'il comporte pour la nouvelle orientation de l'Eglise que le Cardinal Sodano (ami de Gorbachev) et ses collaborateurs exécutent si imperturbablement. Fatima les alarme plus, semble-t-il, que l'état actuel de l'Eglise et du monde. Et pourtant l'état de l'Eglise et du monde certainement connaîtrait un changement radical en mieux, si seulement les persécuteurs du Père Gruner faisaient simplement ce que Notre-Dame a demandé à Fatima: «Si on écoute Mes requêtes, beaucoup d'âmes seront sauvées et il y aura la paix.»

Mais le Cardinal Sodano avait sûrement fait erreur de calcul. La publication de cette condamnation non fondée du «prêtre de Fatima» dans les heures du 11 septembre a été si mal ressentie que beaucoup de ceux qui autrement auraient pu être disposés à accepter pour argent comptant la «Déclaration» ont commencé à s'interroger sur l'inopportunité grotesque du moment choisi. Dans une Eglise sapée et défigurée par les traîtres cléricaux dans toutes les nations, pourquoi les fonctionnaires du Vatican se sont-ils acharnés autant sur ce seul prêtre, qui n'était même pas accusé d'un délit spécifique?

Faire du Père Gruner un bouc émissaire ne réussirait pas mieux que les autres stratagèmes contre Fatima. Contrairement à ce que semblent espérer certains prélats du Vatican, la controverse sur Fatima ne peut se réduire au statut d'un seul prêtre. Dans les semaines qui ont suivi la «Déclaration» à propos du Père Gruner, d'autres Catholiques éminents se sont mis à exprimer des doutes sérieux sur la Ligne du Parti de Sodano à propos du Troisième Secret. Mère Angelica n'est pas la seule personne à croire que «nous n'avons pas eu le tout.»

Le 26 octobre 2001, l'affaire «a éclaté au grand jour,» comme disent les journalistes quand le service d'information A l'Intérieur du Vatican (ainsi que différents journaux italiens) ont produit un article intitulé: «Le Secret de Fatima: Du nouveau à venir?» L'article rapportait: «La nouvelle vient de paraître que Sœur Lucie dos Santos, la dernière visionnaire survivante de Fatima, adressa il y a quelques semaines au Pape Jean-Paul II, une lettre l'avertissant, dit-on, que Sa vie est en danger. Selon des sources vaticanes, la lettre déclarant que les événements évoqués dans le “Troisième Secret” de Fatima, ne s'étaient pas encore produits, fut apportée au Pape Jean-Paul II quelque temps après le 11 septembre par l'évêque émérite [retraité] de Fatima, Alberto Cosme do Amaral.»

Interrogé sur la lettre, l'évêque actuel de Fatima, Serafim Ferreira de Sousa, «n'a pas nié l'envoi d'une lettre de Sœur Lucie au Pape, mais a dit (faisant une distinction jésuitique) “qu'aucune lettre de la voyante n'exprime de la crainte pour la vie du Pape”.» L'article de A l'Intérieur du Vatican a révélé en outre que «Les sources ont aussi suggéré que la lettre de Sœur Lucie encourage le Pape à révéler entièrement le Troisième Secret» et que la lettre de Sœur Lucie au Pape «contient, dit-on, cet avertissement: “bientôt il y aura grand soulèvement et châtiment”.»

L'article «A l'Intérieur du Vatican» rapporte encore une autre rencontre secrète avec Sœur Lucie derrière les murs du couvent — seulement celle-ci ne suit pas la ligne Bertone/Ratzinger. Selon A l'Intérieur du Vatican, un prêtre italien diocésain, le Père Luigi Bianchi, «déclare avoir rencontré Sœur Lucie dos Santos la semaine dernière dans son cloître, au Carmel de Coimbra (Portugal).» En écho aux soupçons de Mère Angelica, le Père Bianchi «a spéculé sur la possibilité que le Vatican n'ait pas révélé tout le secret pour éviter de provoquer la panique et l'anxiété dans la population, pour ne pas effrayer.»

En ce qui concerne «l'interprétation» absurde du Secret par Bertone/Ratzinger comme prophétie de l'attentat de 1981 contre la vie du Pape Jean-Paul II, le Père Bianchi a déclaré que «le message ne parle pas seulement d'une tentative contre le Pontife, mais parle “d'un Evêque vêtu de Blanc” qui marche parmi les ruines et les cadavres d'hommes et de femmes assassinés ... Ceci veut dire que le Pape aura beaucoup à souffrir, que certaines nations disparaîtront, que beaucoup de personnes mourront, que nous devons défendre l'Occident de l'islamisation. C'est ce qui arrive de nos jours.»

A l'Intérieur du Vatican eut soin de relever, comme The Fatima Crusader, que Sœur Lucie «n'est autorisée à parler avec personne qui n'ait d'abord reçu l'autorisation du Vatican ...» En conséquence, A l'Intérieur du Vatican chercha des faux-fuyants en déclarant «qu'à première vue on ne sait pas clairement si Bianchi a reçu cette approbation, a prétendu qu'il en avait besoin, ou n'a pas vraiment rencontré Sœur Lucie comme il le soutient». Mais personne, y compris Sœur Lucie n'a jamais nié que la rencontre avec le Père Bianchi ait eu lieu.

Que, au moins certaines des sources de A l'Intérieur du Vatican se trouvent à la Curie elle-même, c'est ce que suggéra la réaction du Cardinal Ratzinger à ces événements. A l'Intérieur du Vatican il a cité: «Les récentes rumeurs au sujet d'une lettre ne sont que la continuation “d'une ancienne polémique nourrie par certaines personnes de crédibilité douteuse” ayant pour objectif de “déstabiliser l'équilibre interne de la Curie Romaine et de troubler le peuple de Dieu”.» À noter cependant, que le Cardinal Ratzinger non plus ne nie pas, en réalité, l'existence de la lettre de Sœur Lucie au Pape.

La remarque du Cardinal Ratzinger est tout à fait révélatrice. Comment des personnes de «crédibilité douteuse» pourraient-elles déstabiliser «l'équilibre interne de la Curie Romaine»? Si leur crédibilité était si douteuse, la Curie Romaine serait à peine déstabilisée par leurs dires. Et qui sont au juste ces personnes de «crédibilité douteuse»? L'article de A l'Intérieur du Vatican suggérait que le Cardinal Ratzinger faisait peut-être allusion au Père Gruner. Mais alors, et Mère Angelica? Et le Père Bianchi? Et A l'Intérieur du Vatican lui-même, dont le rédacteur, Robert Moynihan, est, dit-on, lié à l'administration du Vatican, comme le suggère le titre de sa revue. Et les millions d'autres Catholiques qui nourrissent le soupçon bien-fondé que Monseigneur Bertone et le Cardinal Ratzinger ne sont pas tout à fait prêts à s'expliquer sur leur déclaration que les prophéties du Message de Fatima, y compris le Troisième Secret, «appartiennent au passé» et que les avertissements d'un grand châtiment de l'Eglise et du monde ne nous concernent plus? En vérité, quel Catholique sérieux croit réellement cela dans son cœur, étant donné l'état de danger du monde aujourd'hui?

En dépit d'un effort déterminé pour imposer la Ligne du Parti de Sodano (effort auquel s'est jointe maintenant une déclaration de style soviétique que le Père Gruner doit être considéré comme «inexistant» dans l'Eglise), les Catholiques, de par le monde, continuent de se demander ce qui est arrivé aux paroles qui suivent l'expression clef: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» Pourquoi TMF avait-il esquivé cette expression en l'enlevant du Message de Fatima pour la reléguer dans une note? Qu'est-il arrivé aux paroles de la Vierge qui manquent? Où est la conversion promise de la Russie? Pourquoi n'a-t-on pas eu la période de paix, selon la promesse de la Vierge?

Face à ces questions persistantes, les fonctionnaires du Vatican ont de nouveau encore tenté de mettre le couvercle sur la spéculation naissante d'une occultation avant que le contenu du pot ne passe par-dessus et ne devienne incontrôlable. En vérité, la déclaration du Cardinal Ratzinger sur la déstabilisation de la Curie indiquerait que la Ligne du Parti rencontre maintenant, à propos de Fatima, une résistance provenant de l'intérieur de la Curie elle-même, peut-être au vu de la déstabilisation croissante du monde en général, qui cadre difficilement avec la notion Ratzinger/Bertone/Sodano que les avertissements de Fatima appartiennent au passé.

Le stratagème, cette fois, serait une autre entrevue secrète de Sœur Lucie dans son couvent de Coimbra. L'entrevue était dirigée le 17 novembre 2001 par l'Archevêque Bertone, mais pour quelque raison les résultats ne furent révélés qu'un bon mois plus tard. C'est seulement le 21 décembre 2001 que l'Osservatore Romano (édition italienne) publia le bref communiqué de Monseigneur Bertone sur l'entrevue intitulé: «Rencontre du Son Excellence Mgr Tarcisio Bertone avec Sœur Marie Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé» qui fut suivi d'une traduction dans l'édition anglaise de l'Osservatore Romano du 9 janvier 2002.

En substance, dans ce communiqué, Sœur Lucie dit, selon Monseigneur Bertone, que la consécration du monde en 1984 suffisait pour une Consécration de la Russie et que «tout a été publié; il n'y a plus de secrets.» Comme nous l'avons démontré au chapitre 6, la première déclaration contredit tout ce que Sœur Lucie a dit la plupart du temps pendant soixante-dix ans. La dernière déclaration est présentée comme réponse à une question sur le Troisième Secret — mais la question, assez bizarrement, ne nous est pas donnée.

Or, quand un journal ou une revue publie une interview avec une personne célèbre, le lecteur s'attend à juste titre à une série de questions complètes suivies de réponses complètes, de sorte que le lecteur puisse voir par lui-même — dans l'ensemble du contexte — ce que l'invité interrogé avait à dire en ses propres termes. Dans ce cas, il n'en est pas ainsi. Même si nous avons l'information que Monseigneur Bertone et Sœur Lucie ont conversé «plus de deux heures», Monseigneur Bertone est le seul à résumer la conversation, aspergée de quelques mots attribués à Sœur Lucie elle-même. Aucune transcription, enregistrement audio-oral ou audiovisuel de la session de deux heures n'a été produit. En fait, moins de dix pour cent de ce qui est cité de Lucie parlait du but déclaré de l'interview, c'est-à-dire la réponse aux doutes continuels dans l'esprit de millions de Catholiques sur la Consécration de la Russie et l'intégralité de la révélation vaticane sur le Troisième Secret.

Nous aurions peut-être dû nous habituer à des irrégularités suspectes sur la manière dont les fonctionnaires du Vatican traitent Sœur Lucie, et cette «interview» elliptique, tardivement révélée, n'était pas une exception. Le communiqué de Monseigneur Bertone démontre que Sœur Lucie est encore traitée comme si elle était membre du Programme Fédéral de Protection des Témoins. Oui, bien entendu, c'est une religieuse cloîtrée. Mais une interview est une interview, les deux heures de conversation, c'est deux heures de conversation. Où est l'interview et qu'est-il advenu des deux heures de conversation? Et comment concilier ce curieux substitut d'une véritable interview avec la déclaration que Sœur Lucie nous a dit tout ce qu'il y a à savoir sur le Message de Fatima? Si elle nous a dit tout ce qu'elle sait, alors il n'y a rien à cacher. S'il n'y a rien à cacher, pourquoi ne pas publier tout ce qu'on lui a demandé et tout ce qu'elle a répondu pendant ces deux heures? En vérité, pourquoi ne pas tout simplement permettre à Sœur Lucie de parler elle-même au monde et laisser toutes les questions de côté?

Cependant, malgré la publication de TMF censée être le dernier mot sur Fatima, révélant tout ce qui reste à savoir, Sœur Lucie était encore tenue à l'écart des micros publics et des témoins neutres. Elle était complètement invisible pendant le processus de la «révélation» du Troisième Secret en mai-juin 2000, et elle reste invisible aujourd'hui, même si — selon la Ligne du Parti — Fatima «appartient au passé.»

Avant d'étudier les détails de «l'interview» de novembre 2001, y compris le grand total de quarante-quatre mots attribués à Sœur Lucie elle-même pendant soi-disant deux heures de conversation sur les points controversés — il faut noter que le communiqué de Monseigneur Bertone mine immédiatement sa propre crédibilité par la déclaration suivante: «Continuant à discuter le problème de la troisième partie du secret de Fatima, elle (Sœur Lucie) dit avoir lu attentivement et médité le livret publié par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi [c'est-à-dire Le Message de Fatima (TMF)], et qu'elle confirme tout ce qu'il dit.»

Ceci ne pourrait absolument être rien d'autre qu'une duperie. Pour commencer, Monseigneur Bertone demande aux fidèles de croire tout ce qui suit:

Sœur Lucie «confirme» TMF quand il prétend que la vision contenue dans le Troisième Secret incorpore des images que Sœur Lucie «a pu voir dans les livres de piété» et «ses propres intuitions de la Foi.» En d'autres termes, Sœur Lucie «confirme» qu'elle a fait un montage.1
Sœur Lucie «confirme» l'éloge de Ratzinger sur le Jésuite moderniste Edouard Dhanis d'«éminent connaisseur» sur Fatima, même si Dhanis, a classé comme «fabrications inconscientes» tous les aspects prophétiques du Message de Fatima — depuis la vision de l'enfer, jusqu'à la prédiction de la Seconde Guerre Mondiale, jusqu'à la consécration et la conversion de la Russie. (Voir discussion plus complète ci-dessous.)
Sœur Lucie «confirme,» essentiellement, qu'elle pourrait très bien être une faussaire pieuse et sincère, qui n'a fait qu'imaginer l'appel de la Vierge Marie à la consécration et la conversion de la Russie, de sorte que TMF avait parfaitement raison d'ignorer ces éléments clés du Message de Fatima, en les traitant comme s'ils n'existaient pas.
Il faut user ici, de bon sens. Quand un fonctionnaire du Vatican, quelle que soit sa stature, sort d'un couvent cloîtré et déclare qu'à l'intérieur une Sœur de 94 ans «confirme tout» dans un document de quarante pages dont il est co-auteur, des esprits raisonnables s'attendent à un peu plus dans le sens de la corroboration. D'autant plus quand le document de quarante pages suggère poliment que la religieuse en question a concocté une pieuse fable qui a tenu l'Eglise en haleine, inutilement, pendant plus de 80 ans.

Sur ces seuls points, il faut conclure que la plus récente interview avec Sœur Lucie n'est qu'une autre tentative de manipuler et d'exploiter un témoin captif, et qui doit encore recevoir l'autorisation de s'avancer pour parler en détail aux fidèles dans ses propres termes non censurés. La dernière visionnaire survivante est encore soumise à des interviews à huis clos où elle est entourée de manipulateurs qui transmettent son «témoignage» par petits bouts et morceaux — réponse sans question, question sans réponse. Et alors, on demandait aux fidèles d'avaler le gros mensonge que Sœur Lucie, la voyante divinement choisie de Fatima, est d'accord avec «tout» dans les 40 pages de «commentaire» néo-moderniste qui, ainsi même que l'a pu voir le Los Angeles Times, «déboulonne en douce le culte de Fatima.»

Alors que sur ces seuls points, nettement, «l'interview» du 17 novembre 2001 apparaît hautement suspecte, il reste encore l'obligation de le démontrer plus amplement pour mémoire historique.

Pour commencer, «l'interview» de Bertone était expressément destinée à écraser le doute croissant parmi les fidèles sur la campagne tapageuse du Vatican pour consigner à la poubelle de l'histoire le Message de Fatima — comme l'admet le communiqué de Monseigneur Bertone:

Dans ces derniers mois, surtout depuis le triste événement de l'attaque des terroristes du 11 septembre dernier, dans des journaux italiens et étrangers ont paru des articles concernant de prétendues nouvelles révélations de Sœur Lucie, des annonces de lettres d'avertissement au Souverain Pontife, des ré-interprétations apocalyptiques du Message de Fatima.

De plus, on a émis avec insistance des soupçons sur la non-intégralité du texte de la troisième partie du “secret” publié par le Saint Siège, et certains mouvements “fatimistes” ont accusé de nouveau le Saint-Père de n'avoir pas encore consacré la Russie au Cœur Immaculé de Marie.

Pour cette raison il a paru nécessaire d'organiser une rencontre avec Sœur Lucie. ...
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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:48

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 14 (Suite)

Nous rappelons ici que le Message de Fatima contient à la fois des promesses en cas d'accomplissement des requêtes de la Vierge, et des avertissements sur les conséquences d'une désobéissance:

Les Promesses:

Si la Russie est consacrée au Cœur Immaculé —

Le Cœur Immaculé triomphera,
la Russie se convertira,
beaucoup d'âmes seront sauvées de l'enfer (montré aux trois voyants dans une vision terrifiante),
et une période de paix sera accordée à l'humanité.
Les Avertissements:

Si la Russie n'est pas consacrée au Cœur Immaculé —

La Russie répandra ces erreurs à travers le monde,
suscitant guerres et persécutions contre l'Eglise;
les bons seront martyrisés,
le Saint-Père aura beaucoup souffrir,
et plusieurs nations seront anéanties.
Alors que l'accomplissement final des prophéties de Fatima est inévitable — «A la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père, Me consacrera la Russie, qui se convertira; et une période de paix sera accordée à l'humanité» — la question pour nous aujourd'hui est de savoir si d'abord le monde devra subir dans leur entier les châtiments prédits, y compris l'anéantissement des nations, événement nettement suggéré par la cité à demi en ruine aux portes de laquelle le Pape est exécuté dans la vision du Troisième Secret. Nous rappelons l'avertissement de Sœur Lucie au Pape (un an après la tentative d'assassinat sur la Place Saint-Pierre) dans la lettre de circonstance en date du 12 mai 1982, reproduite dans TMF même:

Et si nous ne constatons pas encore la réalisation totale de la fin de cette prophétie, nous voyons que nous y acheminons peu à peu à grands pas2. Si nous ne renonçons pas au chemin de péché, de haine, de vengeance qui viole les droits de la personne humaine, d'immoralité et de voilence, etc.

Et ne disons pas que c'est Dieu qui ainsi nous punit; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment.

L'interview de Bertone avait omis cependant de répondre à l'intérêt public de l'Eglise concernant les avertissements de Fatima. Tout au contraire, Monseigneur Bertone avait fixé toute sa position et en fait le destin du monde sur la Ligne du Parti, auquel il avait adhéré très fidèlement faisant dans TMF (son propre commentaire) la déclaration absurde: «La décision du Pape Jean-Paul II de rendre publique la troisième partie du «secret» de Fatima conclut une période de l'histoire, marquée par de tragiques volontés humaines de puissance et d'iniquité, ...» Ainsi l'interview de Bertone avait un seul but: persuader le monde que la paix est à la portée de la main, que la saga de Fatima est terminée et peut maintenant en toute sécurité être classée comme partie de l'histoire.

Examinons les circonstances de l'interview avec référence aux modèles de crédibilité requis même par les tribunaux civils sans Dieu pour l'accueil favorable d'un témoignage important. Nous ne suggérons pas que Sœur Lucie doive être soumise à quelque chose de tel que l'indignité d'un procès civil, mais seulement que les présentateurs du plus récent «témoignage» de «Sœur Lucie» se réfèrent au moins à ces modèles pour nous demander de le croire.

Circonstance suspecte #1: Bien que Sœur Lucie soit accessible pour témoigner personnellement, elle n'a jamais été présentée par le parti qui contrôle l'accès à elle, c'est-à-dire, le Cardinal Joseph Ratzinger.

Le communiqué de Bertone révèle que Sœur Lucie ne pourrait même pas parler à l'Archevêque Bertone sans la permission du Cardinal Ratzinger. Ceci confirme ce que rapporte depuis des années The Fatima Crusader et ce qu'a noté aussi l'article déjà cité dans A l'Intérieur du Vatican: nul n'a le droit de parler à Sœur Lucie sans l'autorisation du Cardinal. Restriction très curieuse à la liberté d'un témoin qui, nous dit-on, n'a rien à ajouter à ce qu'elle a déjà dit.

Selon les modèles minimaux de crédibilité dans les procès civils, on requiert des témoins de faire leur déposition personnelle, s'ils sont accessibles, de sorte que les parties du procès dont les droits peuvent être affectés par le témoignage, auront l'occasion de poser des questions au témoin. Si un parti a un témoin sous sa dépendance mais qu'il omet de le ou la présenter, les juges civils instruisent les jurys qu'ils peuvent tirer la conclusion que la déposition de ce témoin aurait été défavorable à ce parti. C'est tout simplement du bon sens: un parti ne manquerait pas de présenter un témoin favorable, mais, très vraisemblablement, omettrait de présenter un témoin défavorable.

Sœur Lucie est accessible pour «la barre du tribunal» de l'histoire dans l'Affaire Fatima. Elle n'est pas clouée au lit, ni infirme, ni atteinte d'autre incapacité de comparaître. Au contraire, le communiqué de Bertone déclare que, à la date de l'interview secrète, Sœur Lucie «paraissait en pleine forme, lucide et enjouée.» Pourquoi ce témoin lucide et enjoué, accessible pour témoigner, n'était jamais présenté par le parti qui contrôle tout accès à elle? Pourquoi son plus récent «témoignage» a-t-il été obtenu derrière les portes closes et présenté de seconde main par un communiqué de l'Archevêque Bertone?

Qu'arriverait-il, dans une affaire civile, si, une des parties présentait un rapport fragmentaire de la déposition d'un témoin clé, alors que le témoin lui-même pourrait être prêt à témoigner personnellement? Le jury conclurait avec raison qu'on cacherait quelque chose. Dans l'Affaire Fatima, on peut, on devrait déduire que Sœur Lucie a été tenue «à l'écart de la barre» parce que son témoignage en direct, non censuré contredirait la Ligne du Parti de Sodano. Si l'on pouvait compter sur Sœur Lucie pour trancher en faveur de la Ligne du Parti, alors il y a longtemps qu'on l'aurait présentée pour témoigner en personne, et avec tous les détails, devant l'Eglise et devant le monde. Au lieu de cela, c'est Monseigneur Bertone qui témoigne, et non le témoin lui-même.

Et en supposant même que Sœur Lucie fût clouée au lit, ou autrement inaccessible pour témoigner, les autres circonstances de l'interview en question ne pourraient manquer de susciter des soupçons dans l'esprit de toute personne raisonnable. Continuons.

Circonstance suspecte #2: L'interview de cette religieuse de 94 ans fut dirigée en secret par l'Archevêque Bertone, personnage d'autorité clairement motivé pour manipuler le témoin.

Dans un contexte de loi civile est présumée illégitime l'influence d'une personne en position d'autorité, de domination, sur une personne très âgée dont on arrache une déclaration comme un testament ou un pouvoir d'homme de loi. Dans ce cas, l'Archevêque Bertone est nettement un parti dominant, muni de l'autorité imposante d'un titre du Vatican, alors que Sœur Lucie est non seulement très âgée, mais a fait vœu de se soumettre, par la sainte obéissance, aux requêtes de ses supérieurs dont elle était entourée pendant la session de deux heures.

De plus, Monseigneur Bertone était nettement décidé à utiliser l'«interview» pour défendre sa propre crédibilité contre la montée du scepticisme public vis-à-vis de la Ligne du Parti qui met fin à Fatima. Etant donné les événements mondiaux récents, l'Archevêque Bertone souffrait évidemment d'avoir massivement perdu la face lors de sa déclaration absolument indéfendable dans TMF que la décision de publier le Troisième Secret «conclut une période de l'histoire, marquée par de tragiques volontés humaines de puissance et d'iniquité, ...» Monseigneur Bertone étant seulement humain, aurait tous les motifs pour amener Sœur Lucie à confirmer sa déclaration ridicule sur la paix mondiale due au grand «accomplissement» du Troisième Secret en 1981, au moment où le Pape a survécu à la tentative d'assassinat. (Même le commentateur de radio laïque, Paul Harvey, a méprisé ouvertement «l'interprétation» du Troisième Secret par Ratzinger/Bertone.)

Dans ces circonstances, Monseigneur Bertone dirigeant l'«interview», puis en rapportant les résultats, ressemble à un plaignant interrogeant un témoin-clé et puis témoignant à la place du témoin, tenu à l'écart de la salle d'audience. Objectivement parlant, Monseigneur Bertone aurait dû être la dernière personne à mener l'interview. L'Eglise et le monde ont le droit d'entendre ce témoin essentiel directement, plutôt que de recevoir des rapports de la part d'un interrogateur partisan qui sert des buts égoïstes.

Circonstance suspecte #3: Le communiqué de Bertone est extrêmement bref, occupant un simple quart de page dans l'Osservatore Romano. Pourtant le communiqué déclare que l'entrevue à duré «plus de deux heures.»

De quoi ont discuté pendant plus de deux heures Bertone et Sœur Lucie, étant donné que le communiqué entier peut se lire en moins de deux minutes? A titre de comparaison, un discours d'une heure débité à vitesse normale de parole, exigerait en gros 14 pages de transcription dactylographiée avec espace simple; un discours de deux heures exigerait 28 pages, ou approximativement 14 000 mots.

Cependant, le communiqué de Bertone concernant une interview de soi-disant deux heures fournit simplement 463 mots3 mis sur les lèvres de Sœur Lucie elle-même. Ces 463 mots se répartissent comme suit:

165 mots: une citation littérale de l'opinion du Cardinal Ratzinger dans TMF (le commentaire Ratzinger/Bertone du 26 juin 2000): l'expression «Mon Cœur Immaculé triomphera» (d'où comme nous l'avons mentionné, le Cardinal gomme visiblement les mots: «A la fin») ne se réfère pas à de futurs événements mais au fiat de Marie consentant à devenir Mère de Dieu il y a 2 000 ans.
On nous demande ici de croire que Sœur Lucie maintenant «confirme» que lorsque Notre-Dame de Fatima a prédit quatre événements futurs — «A la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père Me consacrera la Russie qui se convertira et une période de paix sera accordée au monde.» — Elle faisait allusion à l'Annonciation en l'an I 1avant Jésus-Christ! La Lucie de Bertone «confirme» apparemment aussi la suppression, par le Cardinal Ratzinger, dans la prophétie de Notre-Dame, des mots-clés «A la fin.»

Nous notons que la citation littérale [de 165 mots] de TMF comporte une citation entre parenthèses par le Cardinal Ratzinger de Jean 16:33. Ou bien Sœur Lucie à 94 ans a une mémoire visuelle développée, ou bien quelqu'un a ajouté à sa «réponse» toute la citation; ainsi que la citation de la Sainte Ecriture entre parenthèses. (Ou peut-être TMF était-il placé devant Sœur Lucie pour qu'elle lise tout haut par «obéissance» à ses supérieurs).

100 mots: La signification du cœur vu par Sœur Lucie dans la main gauche de la Vierge pendant l'apparition à Fatima.
Le communiqué de Bertone nous informe que c'est «un détail non publié» ajouté par Sœur Lucie au Message de Fatima. C'est très intéressant mais quel rapport avec le sujet de l'interview pour laquelle Bertone a fait le voyage au Portugal dans un but si primordial?

A remarquer aussi que le communiqué de Bertone annonce ce nouveau détail avec une grande passion — en italiques, pas moins. Soudain, Sœur Lucie redevient la visionnaire fiable, à l'opposé de l'enfant impressionnable du Cardinal Ratzinger qui invente à partir de ses lectures dans les livres de piété. Bien entendu, ce détail est une diversion intentionnelle — par rapport au sujet en question.

69 mots: Sœur Lucie dément les articles de presse qui la disent «très inquiète des événements récents» et «ne pouvant plus dormir et priant nuit et jour.»
Là encore, on est à côté de la question. Mais en tout cas, la Lucie de Bertone donne cette réponse plutôt cavalière: «Comment pourrais-je prier le jour, si je ne me reposais pas la nuit?» Evidemment nul n'avait déclaré en fait qu'elle ne dort jamais. Autre diversion.

Sœur Lucie ajouta, dit-on: «Combien de paroles me mettent-ils sur les lèvres? Combien d'actions me donne-t-on l'air de faire?» Oui, mais qui met faussement des paroles sur les lèvres de Sœur Lucie et lui attribue des actions qu'elle n'a jamais faites? Les témoins objectifs cités précédemment, qui ont parlé ouvertement à Sœur Lucie à des instants non censurés, ou les personnages imposants qui entouraient Sœur Lucie pendant l'interrogatoire secret de deux heures par Bertone?

Le lecteur notera que la Lucie de Bertone ne nie jamais son inquiétude sur les événements récents. Quel esprit normal ne serait inquiet? C'est très révélateur, ou ne l'interroge jamais sur sa lettre urgente au Pape (Nous relevons cela comme la Première Omission Qui Saute aux Yeux dans l'entrevue.) ou sur son face-à-face avec le Père Bianchi, au cours duquel selon Bianchi, elle a jeté le doute sur l'interprétation Bertone/Ratzinger du Troisième Secret. (c'est l'Omission #2 Qui Saute aux Yeux)

39 mots: L'effet qu'ont eu les apparitions de Fatima sur la vie de Sœur Lucie.
Que viennent faire ces réminiscences dans le propos déclaré de l'interview secrète d'urgence dans le couvent? Sœur Lucie a couvert ce sujet de manière exhaustive dans ses volumineux Mémoires. Est-ce pour cela qu'un fonctionnaire du Vatican a fait le voyage du Portugal pour une rencontre de deux heures?

34 mots: Sœur Lucie nie avoir reçu de nouvelles révélations.
Assez étrangement, tandis que la Lucie de Bertone nie des révélations ultérieures de la part du Ciel, dans le même communiqué, elle déclare — contrairement à tout son témoignage antérieur — que la Consécration du monde en 1984 «a été acceptée par le Ciel.» (Voir ses soi-disant paroles à ce sujet à une page postérieure de ce chapitre sous l'en-tête «21 mots sur la Consécration de la Russie. ») Comment le saurait-elle, sans nouvelle révélation?

12 mots: Sœur Lucie dit que la communauté du Carmel a refusé les tracts de pétition que le groupe du Père Gruner fait circuler pour la Consécration de la Russie.
Qu'est-ce que cela? Qu'en est-il de la Consécration de la Russie? Est-elle faite ou pas?

Jusque-là nous avons exposé 419 des 463 mots attribués à Sœur Lucie dans les citations littérales en question du communiqué. Il ne reste que 44 mots pour traiter les questions posées par des millions de Catholiques.

Oui, fait assez incroyable, le communiqué de Bertone répercuté à son de trompette ne contient que quarante-quatre mots de «Sœur Lucie» concernant le sujet même — la Consécration de la Russie et la Révélation du Troisième Secret — qui est censé avoir poussé Bertone à voyager jusqu'au couvent de Coimbra à une base emergente. Voici comment se répartissent les quarante-quatre mots:

10 mots concernant, (nous dit-on), le Troisième Secret: «tout a été publié, il n'y à plus de secrets.»
La question qui a soulevé cette réponse n'est pas fournie. A la place, le communiqué de Bertone déclare: «A quiconque imagine qu'on a caché quelque partie du secret, elle a répondu: ...» — suivi des dix mots cités.

Répondu à quoi? Qu'a-t-on exactement demandé à Sœur Lucie sur la révélation vaticane du Troisième Secret? Quel était le contexte entier de la question et de la réponse? Et pourquoi n'a-t-on pas posé à Sœur Lucie la seule question que posaient des millions de personnes dans le monde: Où sont les mots de Notre-Dame qui suivent l'expression: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.»? Nous relevons cela comme Omission #3 Qui Saute aux Yeux.

A noter également que, ici, au nœud même de l'affaire, rien n'indique même une seule question précise posée à Sœur Lucie, du genre:

Quels sont les mots de Notre-Dame qui suivent «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.»?
Des mots ont-ils été prononcés par Notre-Dame pour expliquer la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc» dans le Troisième Secret?
Le Troisième Secret comprend-il un texte séparé pour expliquer la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc»?
Que dit Sœur Lucie sur l'affirmation de nombreux témoins (y compris l'évêque de Fatima et le Cardinal Ottaviani) selon lesquels le Troisième Secret fut écrit sur une simple feuille de papier, par opposition aux quatre feuilles où est décrite la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc»?
Tous ces détails sont évités avec soin. On ne trouve même pas la formulation d'une seule question effectivement posée. C'est l'Omission #4 Qui Saute aux Yeux.

14 mots sur l'interprétation Bertone/Ratzinger du Troisième Secret: «Ce n'est pas vrai. Je confirme entièrement l'interprétation [du Troisième Secret] faite au cours de l'Année Jubilaire.»
Ici Sœur Lucie est censée nier les rapports de presse où elle a exprimé des doutes au Père Luigi Bianchi et au Père José Santos Valinho sur l'interprétation du Troisième Secret par TMF. Pourtant, Bertone n'a jamais interrogé Sœur Lucie sur sa lettre au Pape, selon le rapport du Père Bianchi, et elle n'a pas nié avoir eu un face-à-face avec le Père Bianchi au couvent de Coimbra où ils ont discuté de l'interprétation du Troisième Secret par Sodano.

Nous sommes donc censés croire que Lucie est d'accord pour dire que le Troisième Secret a été accompli lors de la tentative d'assassinat manqué contre le Pape Jean-Paul II le 13 mai 1981, même si sa propre lettre au Pape le 12 mai 1982 — un an plus tard — ne dit rien sur l'attentat mais démolit plutôt la Ligne du Parti en avertissant que «nous n'avons pas encore vu tout l'accomplissement de la partie finale de cette prophétie.» Et encore une fois, dans la même lettre, Sœur Lucie n'établit aucun lien entre la tentative d'assassinat et le Troisième Secret.

21 mots sur la Consécration de la Russie. «J'ai déjà dit que la Consécration désirée par Notre-Dame a été faite en 1984 et a été acceptée par le Ciel.»
Ces paroles sont supposées avoir étés prononcées par Sœur Lucie en réponse à la question: «Que répondez-vous aux affirmations constantes du Père Gruner qui recueille des signatures pour que le Pape puisse enfin consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie, ce qui n'a jamais été fait?»

Tout d'abord, que le Secrétaire de la CDF voyage jusqu'à Coimbra afin d'obtenir des commentaires sur le Père Gruner pour les publier à toute l'Eglise, cela démontre aux yeux de tous que l'appareil du Vatican voit l'œuvre du Père Gruner comme lieu principal d'opposition à la Ligne du Parti.

De plus, que veut dire «Sœur Lucie» par la curieuse affirmation qu'une Consécration du monde a été «acceptée» par le Ciel comme Consécration de la Russie? «Sœur Lucie» déclare-t-elle sérieusement que le Ciel a «accepté» un compromis imposé par les diplomates du Vatican? Depuis quand le Ciel accepte-t-il un substitut humain pour un acte précis commandé par Dieu? En outre, comment «Sœur Lucie» saurait-elle que le Ciel a «accepté» si, comme le déclare Monseigneur Bertone, elle a dit aussi ne pas avoir reçu de nouvelles révélations?

Or, Dieu, peut-être, «accepte» nos refus d'accomplir Sa Volonté dans ce sens qu'Il nous laisse la liberté de Lui désobéir en cette vie. Mais cela ne veut pas dire que ce que Dieu a «accepté» Lui plaise.

Ce qui plus est, en disant que l'acte de consécration du monde en 1984 fut «accepté», Sœur Lucie ne dit-elle pas simplement qu'elle a été «acceptée» au même titre que la Consécration de 1942 par Pie XII qui a écourté la Seconde Guerre Mondiale, même si elle n'accomplissait pas la requête de Notre-Dame de Fatima? Sœur Lucie essayait-elle peut être de répondre à la question de manière à satisfaire son enquêteur, Monseigneur Bertone, tout en signalant que, même si ce qui était «accepté» pouvait procurer des bienfaits au monde, ce ne serait pas la période de paix mondiale promise par la Vierge de Fatima au cas où Sa requête précise serait honorée? En vérité, où est la période de paix qu'Elle a promise? Que nous ne l'ayons pas vue, cela démontre seulement que, même si le Ciel a «accepté» la cérémonie de 1984 pour ce qu'elle valait, le Ciel n'a pas jugé cette cérémonie être l'accomplissement de la requête spécifique de Notre-Dame de Fatima. Quelle que soit l'autorité de Monseigneur Bertone et de ses collaborateurs du Vatican, ils ne peuvent pas simplement déclarer l'existence de quelque chose que notre bon sens nous dit ne pas exister: la conversion de la Russie et l'ère de paix mondiale qui suivrait une consécration particulière de cette nation au Cœur Immaculé de Marie.

En tout cas, nous avons déjà démontré abondamment que Sœur Lucie à maintes reprises, a affirmé, lors de déclarations largement diffusées, que les cérémonies de consécration de 1942 et 1984 n'ont pas suffi à honorer la requête de Notre-Dame, parce que, en aucune occasion, la Russie ne fut mentionnée et l'épiscopat mondial n'a participé. Selon l'interview de Bertone, cependant, le témoin a inversé ses affirmations et atteste maintenant que la cérémonie de Consécration de 1984 «a été acceptée par le Ciel.»

Ce que signifie «accepté par le Ciel» est laissé au gré de chacun. Le Ciel a-t-il décidé «d'accepter» moins que les requêtes de Notre-Dame de Fatima après négociations entre le Ciel et le Cardinal Sodano?

A noter, en tout cas, que Sœur Lucie n'est pas interrogée sur ses nombreuses déclarations antérieures par rapport au contraire et on ne lui demande pas d'expliquer son prétendu changement de témoignage. C'est l'Omission #5 Qui Saute aux Yeux. Evidemment nous sommes censés admettre que rien des dires précédents de Lucie n'a de poids, et que c'est seulement en parlant dans secret à Monseigneur Bertone qu'elle dit la vérité sur cette affaire.

Il est tout à fait significatif que la Lucie de Bertone ne nous dit pas quand, où et à qui elle a «déjà dit» que la consécration de 1984, jugée autrefois par elle inacceptable, est maintenant acceptable. Pourquoi une telle imprécision alors que Monseigneur Bertone avait toute opportunité de fixer cette question en suscitant un témoignage spécifique? Par exemple, pourquoi ne lui a-t-il pas demandé d'authentifier certaines des différentes lettres à l'ordinateur qui ont commencé à circuler mystérieusement en 1989, munies de sa prétendue signature, lettres qui affirment que la consécration avait été accomplie en 1984?

Et ce qui est très suspect: comme nous l'avons noté, TMF se fie parfaitement à l'une de ces lettres douteuses, datée du 8 novembre 1989, pour preuve que la Consécration a déjà été accomplie. Nous avons noté aussi que la crédibilité de cette lettre a été ruinée par sa fausse déclaration que le Pape Paul VI à consacré le monde au Cœur Immaculé de Marie lors de sa brève visite à Fatima en 1967 — consécration qui n'a jamais eu lieu. Pourquoi Bertone ne s'est-il pas efforcé de faire authentifier par Lucie cette lettre, objet de chaudes discussions, alors que c'était la seule preuve citée dans TMF?

Ce qui est très significatif, sous ce rapport, c'est que l'œuvre de Fatima du Père Gruner avait publié la preuve que la lettre (dont le destinataire, Walter Noelker, n'est pas même révélé dans TMF) est un faux évident. La preuve fut publiée dans le numéro 64 du Fatima Crusader, dont quelque 450 000 copies circulaient à la date de l'interview de Bertone en novembre 2001.

Or Monseigneur Bertone n'était certainement pas sans savoir que The Fatima Crusader avait expliqué le caractère frauduleux de la lettre de 1989, pourtant il a omis de demander à Sœur Lucie d'authentifier la lettre et par conséquent de porter un sérieux coup à la crédibilité de l'œuvre du Père Gruner. Cette omission n'a pas pu être par inadvertance, puisque la tentative de réfuter la position prise par le Père Gruner et son oeuvre fut la raison même en premier lieu, du montage de l'entrevue de Monseigneur Bertone avec Sœur Lucie.

Pourquoi Monseigneur Bertone a-t-il laissé tomber une occasion en or d'utiliser Sœur Lucie, son «témoin vedette,» pour réfuter la déclaration du Père Gruner selon laquelle la lettre de 1989 était un faux? Evidemment, parce que Monseigneur Bertone avait dû savoir que c'était un faux et donc il n'aurait pas osé, pendant l'interview, demander à Sœur Lucie de l'authentifier. Nous devons relever cela comme l'Omission #6 Qui Saute aux Yeux.

Voici donc, la somme totale — quarante-quatre mots — de ce que Sœur Lucie est supposée avoir dit pendant une interview de deux heures sur l'une des plus grandes controverses de l'histoire de l'Eglise. On nous demande d'accepter ces quarante-quatre mots comme finales de l'histoire de Fatima, de la part d'un témoin enfermé. Ces mots sont supposés modérer tous les doutes, les questions et les craintes de millions de fidèles — même si la Russie manifestement ne s'est pas convertie et même si les forces réunies de la violence et de la rébellion contre Dieu et Sa loi étendent leurs menaces de jour en jour.

Circonstance suspecte #4: Aucun enregistrement sur cassette ni transcription de l'interview n'ont été mis à disposition.

Pourquoi aucune transcription, aucune cassette audio, aucune cassette vidéo ni aucune autre trace particulière de l'interview n'ont-elles été produites afin de montrer les questions précises posées par Monseigneur Bertone, les réponses complètes données par Sœur Lucie, la séquence des questions et des réponses et tous commentaires ou suggestions qui auraient pu être faites à Sœur Lucie par Monseigneur Bertone et d'autres pendant «plus de deux heures» qu'ils étaient ensemble dans la même pièce? Où est l'échange de réparties qu'on voit toujours dans les interviews publiées?

En outre, pourquoi Monseigneur Bertone a-t-il eu besoin de plus de deux heures pour arracher quarante-quatre mots à Sœur Lucie sur les questions en jeu? En supposant qu'il ait fallu à Sœur Lucie une bonne minute pour prononcer ces 44 mots, qu'a-t-elle dit et qu'ont dit Monseigneur Bertone, le Père Kondor et la Mère Supérieure, pendant les 119 minutes restantes de la rencontre? A-t-on rappelé à Sœur Lucie son devoir «d'obéissance»? A-t-il été impliqué que toute l'Eglise dépendait d'elle pour donner les réponses qui mettraient fin à cette controverse, «cause de division»? Fut-il suggérer que la fidélité au «Saint-Père» exigeait qu'elle acceptât la Ligne du Parti, même si sa propre lettre supposée de 1982 la contredit? Lui a-t-on dit l'importance pour l'Eglise qu'elle assure à tout le monde que la Russie a été consacrée, même si elle a dit tout le contraire pendant toute sa vie? Lui a-t-on donné l'impression que parler autrement serait contredire le Pape lui-même?

Ou peut-être Sœur Lucie a-t-elle donné beaucoup de réponses non satisfaisantes pour son enquêteur, seulement pour s'entendre répéter les mêmes questions de différentes manières jusqu'à ce qu'elle donne les «bonnes» réponses? A quelles subtiles ou moins subtiles importunités a-t-on soumis le témoin durant les deux heures où elle fut entourée de personnages imposants dans une salle close?

Assurément, s'il n'y avait rien à cacher, Monseigneur Bertone se serait assuré qu'une interview si capitale, avec le seul témoin survivant des apparitions de Fatima, âgé de 94 ans à l'époque, fût enregistrée sur audio ou vidéo cassette, ou au moins transcrite littéralement en sténographie de sorte que les déclarations du témoin puissent être conservées en cas de mort — ce qui à son âge est certainement très proche. Nous garantirions cependant qu'il n'y a pas d'enregistrement, pas de transcription, pas de trace indépendante quelle qu'elle soit, de l'entrevue de Bertone. Car il semble qu'on craigne terriblement de permettre à ce témoin de parler longuement, dans ses propres termes, en réponse à une série de questions simples et directes. Chacun des quarante-quatre mots de «Sœur Lucie» qui apparaît dans le communiqué de Bertone, est soigneusement mesuré, comme au compte-gouttes.

Sans doute le risque de créer un tel enregistrement était trop grand. Qu'arriverait-il si Sœur Lucie donnait constamment les «mauvaises» réponses? Et si les réponses qu'elle fournissait devaient être obtenues par questions insidieuses ou subtile persuasion de la part de l'enquêteur ou des autres assistants? Que pourrait-on faire d'un enregistrement révélateur de telles choses? Comment pourrait-on le retirer du public ou ne le révéler que partiellement? Comment pourrait-il être caché ou détruit une fois créé?

Nous serions heureux de recevoir la preuve que nous sommes dans l'erreur. Peut-être y a-t-il un enregistrement ou une transcription de toute la session de deux heures. Mais dans ce cas, ce sera très révélateur si le Vatican refuse de le publier.

Circonstance suspecte #5: Le communiqué italien prétend être signé par Monseigneur Bertone et Sœur Lucie, mais la version anglaise se passe de la «signature» de Lucie.

En premier lieu, pourquoi Sœur Lucie signe-t-elle la déclaration en italien de Monseigneur Bertone pour ce qu'elle est supposée avoir dit en portugais? Pourquoi Sœur Lucie ne fait-elle pas et ne signe-t-elle pas sa propre déclaration en sa propre langue? Si Sœur Lucie a vraiment parlé avec Monseigneur Bertone pendant plus de deux heures, pourquoi ne pas simplement préparer une transcription fidèle de ses propres paroles en portugais et le lui faire signer ensuite, au lieu du communiqué à usage personnel de Monseigneur Bertone?

En outre, pourquoi la «signature» de Sœur Lucie avait-elle disparu de la traduction anglaise du communiqué? En fait, à quel document sa «signature» fut-elle apposée en premier lieu — au communiqué italien ou à l'original portugais du même document qui n'a jamais été publié?

De quelle valeur, en tout cas, est la «signature» de Sœur Lucie sur un document écrit dans une langue qu'elle ne parle pas, qui cite partiellement son témoignage, mais seulement en version italienne (Sœur Lucie ne parle pas l'italien) et sans donner en entier les questions posées ni les réponses entières données?

Conclusion incontournable: Monseigneur Bertone et les fonctionnaires du Vatican n'ont pas l'intention de jamais permettre à Sœur Lucie de donner au complet sa propre déclaration, dans ses propres termes, sur les questions majeures qui demeurent, par rapport au Message de Fatima. Ceci est corroboré par la circonstance suspecte suivante.

Circonstance suspecte #6: Le livre de 303 pages de Sœur Lucie qui vient d'être publié sur le Message de Fatima évite complètement tous les sujets supposés couverts par l'interview secrète de Bertone.

En octobre 2001, la Maison d'Edition de la Bibliothèque Vaticane a publié un livre de Sœur Lucie intitulé: Les Appels du Message de Fatima. L'introduction du livre par Sœur Lucie, revue et approuvée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, déclare: Il a pour but de répondre et «d'apporter une clarification aux incertitudes et questions qui me sont adressées.» La Préface, par l'évêque actuel de Leiria-Fatima, fait observer également que Sœur Lucie avait demandé au Saint Siège la permission d'écrire un livre sur Fatima afin de «répondre aux multiples questions de manière globale, ne pouvant répondre individuellement à chaque personne.»

Cependant, malgré le but déclaré du livre, les 303 pages omettent la réponse à certaines des «incertitudes et questions» principales sur le Message de Fatima. Les erreurs de la Russie, le Triomphe du Cœur Immaculé, la Consécration et la conversion de la Russie, la période de paix promise par la Vierge comme fruit de la Consécration, et le Troisième Secret ne sont pas mêmes mentionnés dans le livre, sans parler d'être discutés. Pas même n'est mentionnée la vision de l'enfer dans la discussion de Sœur Lucie sur la vie éternelle et la recherche du pardon de Dieu. Bref, le livre présente un Message de Fatima complètement expurgé, dépourvu de chacun de ses éléments prophétiques et admonitoires — précisément en lien avec la Ligne du Parti. La version de Fatima présentée dans ce livre a requis à peine un Miracle du Soleil pour le confirmer.

Or c'est très curieux: Alors que, Sœur Lucie est autorisée à écrire un livre de 303 pages pour répondre aux «incertitudes et questions» concernant le Message de Fatima, elle ne dit rien sur les incertitudes et questions réelles de millions de personnes. C'est seulement lors d'une interview secrète avec un enquêteur qui sert ses propres intérêts et qui se trouve être un personnage imposant par son autorité, que «Sœur Lucie» est quelque part autorisée à approcher ces incertitudes et questions. Même alors cependant, ses réponses sont fragmentaires et ne viennent pas d'elle directement, en sa propre langue. Au lieu de cela, elles sont transmises par l'Archevêque Bertone, qui nous communique quarante-quatre pertinent mots sur la question pour deux heures de conversation avec son témoin captif.

Résumons maintenant les circonstances suspectes qui entourent la manipulation du témoin clé de l'Affaire Fatima:

Nul ne peut parler au témoin sans la permission d'une seule partie du procès, la partie qui contrôle tout accès à elle, même si nous sommes avertis qu'elle n'a rien d'autre à nous dire.
Quand surgissent des doutes sur la version officielle de la déposition du témoin, à l'âge de 94 ans elle est soumise à une interview secrète dirigée par une autorité imposante qui présente alors ses réponses fragmentaires aux questions qu'il pose, dans un communiqué auquel la signature du témoin est apposée, même si le communiqué n'est pas rédigé en sa propre langue.
Une version du communiqué prétend porter la signature du témoin sous celle de son interrogateur, mais sa signature est enlevée d'une autre version sur laquelle n'apparaît que la signature de l'interrogateur.
Le communiqué omet de communiquer en entier les questions posées et les réponses données par le témoin dans leur contexte complet.
Sur les 463 mots attribués au témoin dans le communiqué, seulement 44 se rapportent au sujet en controverse — au cours des deux heures de conversation!
Il n'est fourni aucune transcription ou autres enregistrements réservés a de la déposition du témoin.
Le témoignage fragmentaire, secrètement provoqué, contredit beaucoup de déclarations antérieures du même témoin.
Aucun effort n'est fait par le témoin ni par nul autre, pour expliquer son inconsistance par rapport aux déclarations antécédentes.
Pendant l'interview secrète du témoin, il ne se fait aucune tentative d'authentification des «lettres,» à elle attribuées, d'une authenticité nettement douteuse, ni aucun effort pour authentifier la «lettre» même sur laquelle l'enquêteur lui-même avait placé son seul appui comme preuve du prétendu changement de déclarations du témoin [concernant la Consécration de la Russie].
L'examen secret du témoin évite toutes questions spécifiques sur les divergences majeures largement connues, sur l'affaire dont le témoin possède une connaissance particulière — y compris les six omissions patentes exposées ici.
Quand le témoin est autorisé à publier un livre entier pour répondre aux «incertitudes et questions» qu'elle a reçues concernant le Message de Fatima, le livre ne contient aucune référence à aucune des incertitudes et questions qui en réalité concernent des millions de personnes, lesquels incertitudes et questions ne trouvent réponses que dans une entrevue secrète dont il n'y a ni transcription ni autre enregistrement indépendant.
L'Archevêque Bertone et le Cardinal Ratzinger sont des hommes à hautes fonctions dans l'Eglise. Avec tout le respect dû à leurs fonctions, rien ne peut cependant éliminer le soupçon raisonnable que font naître ces circonstances et les omissions patentes dans les esprits raisonnables. Aucun tribunal sur terre n'accepterait la déposition d'un témoin chargé de tant d'indications de non fiabilité. Dans l'Eglise nous pouvons certainement nous attendre à trouver au moins la même mesure d'ouverture et de révélations que requerrait un juge civil. Entendons le témoin, pour l'amour du Dieu!

Nous devons, objectivement, déclarer la conclusion, évidente, pour tout observateur neutre, de la manipulation mystérieuse de Sœur Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé: il y a toute raison de croire qu'une fraude est en train de se perpétrer; qu'on est en train de suborner un témoin clé — en fait le dernier témoin survivant. Cette manipulation frauduleuse d'un témoin est un autre élément du crime en question.

Mais pourquoi? Au-delà du motif que nous avons déjà démontré — celui de faire progresser à tout prix la nouvelle orientation de l'Eglise qui se heurte au Message de Fatima — nous croyons qu'un motif plus profond existe, au moins dans le cas du Cardinal Ratzinger. Nous basons cette conclusion sur ce que nous avons discuté au chapitre 8: l'approbation expresse, par le Cardinal Ratzinger dans TMF, des idées d'Edouard Dhanis, S.J. — le «déboulonneur» néo-moderniste de Fatima. Reconnaissant Dhanis comme d'«éminent connaisseur» de Fatima, le Cardinal Ratzinger a montré clairement qu'il considère, avec Dhanis, que les éléments prophétiques du Message concernant la Russie et le reste — encore une fois rapetissés par Dhanis sous le terme «Fatima II» — ne sont guère plus que des inventions d'une personne simple et bien intentionnée, mais sérieusement égarée.

Comme nous l'avons noté précédemment, le Cardinal Ratzinger a suivi la Ligne de Dhanis en déclarant dans TMF (le commentaire Ratzinger/Bertone) que le Troisième Secret lui-même peut-être en grande partie une concoction: «La conclusion du “secret” rappelle des images que Sœur Lucie peut avoir vues dans des livres de piété et dont le contenu provient d'anciennes intuitions de foi.» Si c'était vrai du Troisième Secret, ce serait vrai aussi de tout le Message de Fatima. Quel autre conclusion le Cardinal aurait-il pu avoir l'intention de suggérer?

Nous rappelons ainsi que le Cardinal lui-même a réduit l'apogée du Message de Fatima — le Triomphe du Cœur Immaculé — à rien de plus que le fiat de la Vierge Marie il y a 2 000 ans. De la même manière, le Cardinal a démoli la prophétie de la Vierge: «Pour les sauver [c'est-à-dire les âmes de l'enfer], Dieu veut établir dans le monde la dévotion à Mon Cœur Immaculé.» Selon l'interprétation du Cardinal (qui plairait certainement à Dhanis), la dévotion au Cœur Immaculé ne signifie rien de plus que l'acquisition — et une fois encore nous sommes ici confrontés à un blasphème — d'un «cœur immaculé» en soi-même. Pour citer encore TMF: «Le “cœur immaculé” est, selon Mt. 5:8, un cœur qui, à partir de Dieu, est parvenu à une parfaite unité intérieure et donc “voit Dieu”. La “dévotion” au Cœur Immaculé de Marie est donc une façon de s'approcher du comportement de ce cœur, dans lequel le fiat — que ta volonté soit faite — devient le centre qui informe toute l'existence.» C'est le Cardinal Ratzinger qui enlève toutes les majuscules de «Cœur Immaculé,» afin de le réduire au «cœur immaculé» que n'importe qui peut avoir en se conformant à la Volonté de Dieu. Par cet exercice de réductionnisme clairement délibéré, le Cardinal a achevé d'enlever systématiquement toute partie du contenu prophétique explicitement catholique du Message de Fatima.

Nous arrivons maintenant au motif supplémentaire précis dans le procès du Cardinal: étant donné son évidente incrédulité vis-à-vis des prophéties authentiques du Message de Fatima — incrédulité qu'il partage avec Dhanis, la seule «autorité» sur Fatima que cite le Cardinal — il semblerait que le Cardinal Ratzinger ne pense pas du tout qu'il fraude. Il croit peut-être bien qu'en ne publiant pas en entier et sans entraves le témoignage de Sœur Lucie, il rend en fait service à l'Eglise. Ce que nous entendons par là, c'est que le Cardinal Ratzinger ne croit pas vraiment aux éléments prophétiques du Message de Fatima concernant la nécessité de la consécration et de la conversion de la Russie, ni au triomphe du Cœur Immaculé à notre temps, ni aux conséquences désastreuses pour l'Eglise et le monde si l'on omet de tenir compte de ces éléments de prophétie. Par conséquent, le Cardinal considérerait le silence sur ces éléments comme le silence sur des mensonges dangereux, «troublants» pour les fidèles, même si Sœur Lucie les croit vrais.

Il est assez clair, d'après tout ce qu'a dit le Cardinal lui-même, que le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi place, comme Dhanis, peu ou pas de crédit dans le témoignage de Sœur Lucie en ce qui concerne la requête de la Vierge sur la consécration et la conversion de la Russie, afin d'apporter au monde le triomphe du Cœur Immaculé de Marie. De toute évidence, le Cardinal ne croit pas que, par le Miracle du Soleil, Dieu ait authentifié ce témoignage au-delà de toute incertitude. Quelle autre conclusion peut-on tirer du parti pris flagrant du Cardinal pour le «théologien» même qui a tenté de déboulonner la prophétie de Fatima dans son entier?

Voici donc le motif secondaire pour tout cela: Dans la pensée du Cardinal, il protège l'Eglise de la rupture causée pendant trop longtemps par une «révélation privée» à laquelle, d'accord avec Dhanis, il ne donne pas grand poids. Donc réviser ou taire le témoignage de Sœur Lucie sur ces points, selon les perspectives du Cardinal, ne serait pas un mal. Tout au contraire, il se peut bien que le Cardinal le considère comme un devoir. Et alors, il doit à l'Eglise et à l'humanité d'être sincère sur ces vraies intentions. Le Cardinal ressemble peut-être aux autres «éclairés» du Vatican qui pensent que «les simple fidèles» ne sont pas assez intelligents pour savoir ce qui est le mieux pour eux. C'est peut-être pourquoi le Cardinal ne s'embarrasse pas de révéler ses préjugés aux «non éclairés,» mais espère plutôt que tout le monde fera confiance à son «bon» jugement.

En somme, impossible, semble-t-il, d'éviter la conclusion que le Message de Fatima se trouve actuellement à la garde de ceux qui tout simplement n'y croient pas et souhaitent le liquider une fois pour toutes, alors qu'ils posent leurs regards sur la nouvelle politique du Vatican, sur l'œcuménisme, le «dialogue inter-religieux,» une fraternité mondiale de religions, et une «civilisation de l'amour» à la suite des Nations Unies.

Mais comme le monde s'enfonce toujours plus rapidement dans la violence et la dépravation morale, tandis que monte toujours plus, à la vue d'un Dieu vengeur, la preuve que la Russie ne s'est pas convertie, dans de telles circonstances, nous, les simples fidèles laïcs catholiques, aussi bien que les prêtres et les évêques, devons continuer à poser les simples questions et oeuvrer et prier pour ce jour où les hommes qui contrôlent au Vatican les leviers du pouvoir, permettront enfin au Pape de faire exactement ce que lui a demandé la Mère de Dieu il y a 73 ans. Que Dieu délivre l'Eglise de leur mauvaise autorité, et bientôt! Pour hâter ce jour, nous, les fidèles, avons le droit d'origine divine de faire pétition au Souverain Pontife pour que, dans cette débâcle, soient destitués de leurs fonctions les accusés et leurs collaborateurs — remède que nous discutons dans le chapitre final.

Les cahiers de Sœur Lucie rapportent que à Rianjo (Espagne) en août 1931, Notre-Seigneur, parlant d'un retard prolongé de Ses ministres à consacrer la Russie, lui a dit: «Fais savoir à Mes ministres, étant donné qu'ils suivent l'exemple du Roi de France en retardant l'exécution de Ma demande, qu'ils le suivront dans le malheur.»

Jésus a dit aussi: «Ils se repentiront et ils le feront, mais ce sera tard.» A quel point ce sera tard, combien encore le monde et l'Eglise auront-ils à souffrir, cela dépend de ceux qui ont la garde du Message de Fatima et qui contrôlent tout accès au dernier témoin vivant à qui le Ciel l'a livré.

Et dans une certaine mesure, il dépend de chacun de nous de faire notre part pour dénoncer et combattre la fraude qui se commet contre le monde, mettant en danger des milliards d'âmes et menaçant la paix et la sécurité de nations entières.

C'est pourquoi nous avons écrit ce livre.

Notes:

1. Au contraire, selon les documents du Père Alonso, Sœur Lucie a affirmé que «tout ce qui se rapportait aux apparitions de Notre-Dame ne constituait plus pour elle la vision d'un simple souvenir, mais d'une présence imprimée sur son âme comme par le feu. Elle nous signale elle-même que ces choses restent imprimées en son âme de telle manière qu'il ne lui serait plus possible de les oublier. Ces réminiscences de Sœur Lucie sont, par conséquent, plutôt comme des inscriptions à relecture qui sont à jamais gravées au plus profond de l'âme de l'auteur. Elle semble encore “voir” plutôt que “se souvenir.” La facilité du “souvenir” est si grande en vérité qu'elle n'a qu'à “lire,” pour ainsi dire, dans son âme.» Le Père Joaquin Alonso, «Introduction» Fatima in Lucia's Own Words (Fatima avec les propres mots de Sœur Lucie), p. 13.

2. Voir note 48 en Chapitre 8.

3. De temps à autre, dans les références ou citations du communiqué Bertone, ce chapitre utilise parfois The Vatican Information Service (le service d'Information du Vatican), traduction anglaise de l'original italien de décembre 2001. D'autres fois, c'est la traduction anglaise, utilisée dans l'édition anglaise de L'Osservatore Romano du 9 janvier 2002. Et très rarement, est utilisée notre propre traduction de la version italienne.
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Her

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Re: Les Signes des Temps - Fatima - Père Paul Kramer : "Ultime Bataille du Démon"

Message par Her le Mer 23 Mar - 15:49

Livre sur Fatima - Père Paul Kramer - La Bataille Finale du Démon

Chapitre 15

Calcul du Prix

«A la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père Me consacrera la Russie et elle se convertira, et une période de paix sera accordée au monde.» C'est ce qu'a promis la Mère de Dieu à Fatima.

Mais quelque chose ne va pas. Les prophéties de Fatima, accomplies sans erreur à tous autres égards, n'ont pas été accomplies en cela. La Mère de Dieu nous a-t-Elle induits en erreur? Ou est-ce plutôt certains hommes qui nous ont trompés?

Le 3 mars 2002, la revue Time rapportait que «un mois après les attaques du 11 septembre, les fonctionaires fédéraux supérieurs, craignaient qu'une arme nucléaire en provenance d'un arsenal russe ait été introduite clandestinement à New York. Le Groupe de Sécurité Contre-terroriste de la Maison Blanche, qui fait partie du Conseil de Sécurité Nationale, fut averti du danger par le rapport d'un agent sous le nom de code DRAGONFIRE (feu de Dragon) selon la revue, mais les officiels de New York et les doyens du FBI ne furent pas informés, afin d'éviter la panique.»

Bien que le rapport se soit révélé plus tard inexact, un «gouvernement clandestin» a été installé, à la capitale de Washington, dans des forts souterrains, et des détecteurs nucléaires ont été placés à des points-clefs sur tous les Etats-Unis en anticipation de ce que le Président et ses conseillers croient être une attaque, inévitable et beaucoup plus mortelle, pour des terroristes musulmans. Comme l'a rapporté le 3 mars 2002 Le Washington Post: «Alarmée par des allusions croissantes aux progrès de Al Qaeda pour l'acquisition d'une arme nucléaire ou radiologique, l'administration Bush déploie des centaines de sensoriels sophistiqués depuis novembre vers les frontières des Etats Unis, les installations maritimes et les points sensibles autour de Washington. Elle a placé le Delta Force, unité de commando d'élite de la nation, en nouvel état d'alerte proche pour saisir le contrôle de matériel nucléaire que peuvent détecter les sensoriels.»

Se basant sur des renseignements humains faillibles, les chefs politiques montrent une prudence suffisante pour parer au pire, qu'ils voient venir. Mais les révisionnistes de Fatima au sein du Vatican, à la suite de la Ligne du Parti de Sodano, nous disent que nous pouvons en toute sécurité, déconsidérer les renseignements célestes de source infaillible, qui nous avertissent de l'anéantissement des nations. Pire, ils cachent à l'Eglise une partie vitale de ces renseignements célestes — les paroles du Troisième Secret qui manquent encore — tout en nous assurant que tout a été dévoilé. Et tandis que le monde se bouscule, semble-t-il, vers le désastre, l'Eglise n'est pas à court d'idiots utiles, seulement trop heureux de faire écho à la Ligne du Parti, tout en aidant à dénoncer quiconque la remet en question.

A considérer par rapport à cet écrit, que dix-huit ans se sont écoulés depuis la consécration supposée de la Russie le 25 mars 1984 — au cours d'une cérémonie vaticane dont toute mention de la Russie fut volontairement omise. Sur les dix-huit années écoulées, il n'y a pas eu de triomphe du Cœur Immaculé — et la Russie ne s'est pas convertie. Tout au contraire, pendant la même période, l'appareil du Vatican a ouvertement refusé, comme «ecclésiologie périmée,» toute tentative de chercher à convertir au Catholicisme en Russie.

En Russie et dans le monde entier, l'holocauste de l'avortement brûle toujours plus haut sous le regard de Dieu. Il y a eu au moins 600 millions de victimes de la guerre des non-nés depuis la «consécration» de 1984, le sang de chaque victime criant vengeance vers le Ciel.

Pourtant, pas même, semble-t-il, la catastrophe du 11 septembre 2001, ou la menace d'événements pires à l'avenir, ne détournera l'appareil du Vatican de poursuivre la nouvelle orientation «post-Fatima» de l'Eglise. Au lieu de la Consécration de la Russie, le Vatican a programmé une autre rencontre de prière pan religieuse, la Journée Mondiale de prière pour la Paix à Assise le 24 janvier 2002. Catholiques, Orthodoxes, Protestants, Hindous, Musulmans, Juifs, Animistes africains, Bouddhistes, Shintoïstes, Confucianistes, Tenrikyvistes et Zoroastriens furent transportés du Vatican à Assise dans ce que l'Osservatore Romano a appelé «un train de la paix.» Les «représentants des religions du monde,» y compris un docteur sorcier, donnèrent tous des sermons sur la paix mondiale depuis un grand pupitre en bois établi en bas de la Basilique Saint François. Au cours de l'événement, chaque «religion» non chrétienne se vit attribuer une pièce dans le Saint Couvent de Saint François pour accomplir des rites païens et offrir des prières pour la paix à différents dieux et esprits. A la fin de l'événement, les «représentants des religions du monde» ont placé de petites lampes à huile allumées sur une table pour symboliser leur engagement supposé à la fraternité inter-religieuse et à la paix mondiale, et puis on est rentré chez soi.

Par la suite, il n'y eut, bien sûr, aucune paix. Le lendemain même, les Israéliens se mirent à bombarder les cibles palestiniennes, puisque le conflit arabo-israélien continuait à se lancer vers une guerre sans frein, tandis que l'Inde testait un missile nucléaire. Au cours des quelques semaines suivantes, les Hindous et les Musulmans dont les «représentants» étaient allés à Assise déposer leurs lampes à huile sur la table, se mirent à se massacrer en Inde Occidentale; en simplement trois jours d'émeute, le total des morts était de 3001.

Pas de paix dans le monde et pas de paix en Russie. Nous sommes plutôt, comme l'a dit le Pape Jean-Paul II à Fatima en 1982, confrontés à «des menaces quasi apocalyptiques se profilant sur les nations et l'humanité dans l'ensemble.» C'est la conséquence du mépris des avertissements dans le rapport de renseignements célestes transmis au monde à Fatima.

Et qu'en est-il de la paix à l'intérieur de l'Eglise Elle-même? La aussi la Vierge de Fatima nous a donné un avertissement. Là aussi, il fut déconsidéré par les hommes qui nous disent que le Troisième Secret de Fatima «appartient au passé.» Aujourd'hui la corruption et l'effondrement de l'élément humain de l'Eglise, au cours des quarante dernières années, éclatent au grand jour, pour la chronique quotidienne et la risée du monde entier. Cela vient de ce que les ecclésiastiques ont rejeté le Message de Fatima qui nous donnait le moyen de connaître par avance et de prendre des mesures pour éviter l'infiltration homosexuelle du monde sacerdotal qui fait rage sans frein aujourd'hui.

On sait depuis longtemps que la majorité des Catholiques, victimes de décennies de «réformes» liturgiques et œcuméniques insensées, ne possèdent plus la foi dans la Sainte Eucharistie et ne considèrent plus leur Eglise comme essentiellement différente d'une dénomination protestante; et ne se sentent pas obligés de suivre l'enseignement de l'Eglise sur le mariage et la procréation. Mais en l'année 2002, l'Eglise subirait un autre coup dévastateur pour Sa crédibilité.

Au moment où ce livre s'écrivait, la presse exposait le scandale massif de la pédophilie dans l'Archidiocèse de Boston — où le Cardinal Law cachait depuis des décennies les activités de prêtres prédateurs. Evidemment dans une panique de danger éventuel, un diocèse après l'autre en Amérique du Nord s'est mis soudain à produire des listes de prêtres suspectés d'abus sexuels à des autorités de renforcement de la loi — après avoir caché pendant des années cette information de la part des victimes et de leurs familles et avoir déplacé les coupables d'un lieu à l'autre. La revue diocèse par diocèse d'abus sexuels de prêtres sur des petits garçons fut fournie à la une de Newsweek et de National Review et dans une quantité de cas sur les journaux nationaux et locaux. On ne peut qu'imaginer ce qui gît sous la pointe de cet iceberg.

Les séminaires et les couvents d'Amérique du Nord et d'Europe sont pratiquement vides ou fermés, excepté ceux tenus par de petits ordres «traditionalistes» (comme la Société Saint Pie X ou la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre) qui suivent «les anciennes voies.» Il n'y a pas tout de suite assez de vocations pour remplacer les anciens prêtes qui meurent ou se retirent dans le «courant principal» de l'Eglise. Et il est largement connu que parmi les quelques hommes qui entrent quand même dans les séminaires du «courant principal» adhérant aux «réformes» post-conciliaires, il y a un très gros pourcentage d'homosexuels. Le Père Donald Cozzens, directeur du Séminaire Sainte Marie à Cleveland (Ohio), n'a fait qu'admettre ce que tout le monde voit, quand il fait remarquer dans son livre: The Changing Face of the Catholic Priesthood (La Face Changeante du Sacerdoce Catholique):

Finalement au début du 21e siècle, on perçoit de plus en plus que le sacerdoce est, ou devient, une profession gay … Les séminaristes hétérosexuels sont incommodés par le nombre de gays qui les entourent … Le séminariste droit ne se sent pas à sa place et il est possible qu'il interprète sa déstabilisation intérieure comme le signe qu'il n'a pas la vocation au sacerdoce … Les contacts sexuels et les unions romantiques parmi les séminaristes gays créent des réseaux d'intrigue et de jalousie intenses et compliqués2.

La plaie de l'abus sexuel et de la perversion parmi le sacerdoce ne se limite guère à l'Amérique du Nord. L'Angleterre, la France et l'Espagne ont leurs propres scandales impliquant des prêtres homosexuels et pédophiles et même l'un des principaux Archevêques polonais a été renvoyé au Vatican par des prêtres confrères qu'il a séduits et violentés sexuellement. Et en Afrique, un vaste scandale impliquant l'abus sexuel de religieuses par des prêtres africains a été rapporté dans la presse mondiale et reconnu par le Vatican. Le porte-parole du Vatican, le Père Bernardo Cervellera, (directeur de Fides, service d'information missionnaire du Vatican) a présenté l'excuse outrageante que «le problème était limité à l'Afrique subsaharienne et y était lié à des points de vue culturels négatifs des femmes et de la valeur du célibat … Ce ne sont pas des cas de violence “psychopathique” contre des femmes, mais plutôt, “une manière culturelle de vivre” c'est commun dans toute la région ...» L'abus des nonnes par des prêtres africains est «une manière culturelle de vivre» en Afrique! Tout simplement, les prêtres africains n'apprécient pas la «valeur» du célibat! Selon Reuters, le Vatican «examine la situation, … mais aucune action directe n'a été menée3.»

Aucune action directe par le Vatican contre les prêtres qui abusent sexuellement de religieuses; mais le Père Nicholas Gruner a été déclaré «suspendu» dans la Congrégation pour le Clergé, c'est l'unique annonce publique concernant la «discipline» pour n'importe lequel des 260 000 prêtes diocésains de l'Eglise en 2001 — et pour le crime d'avoir répandu le Message authentique de Fatima. Telles sont les priorités vaticanes dans la nouvelle orientation de l'Eglise Catholique.

Bien qu'à tous points de vue, la nouvelle orientation de l'Eglise soit un échec désastreux, ne produisant rien que les plus amers des fruits, les membres de l'appareil du Vatican, qui harcèlent le Père Gruner, persévèrent dans leur poursuite de nouveautés ruineuses. Dans la mesure de leurs intérêts, il n'y aura pas de retour au «modèle» de l'Eglise représentée par le Message de Fatima. Il n'y aura pas de consécration publique «gênante» de Fatima. Il n'y aura pas de conversion «périmée» de la Russie à la Foi Catholique. Il n'y aura pas de triomphe du Cœur Immaculé, car ce serait une entrave au «dialogue œcuménique» avec les Protestants et les Orthodoxes. Et donc la Russie ne s'est pas convertie et il n'y a pas de paix mondiale et l'Eglise Catholique demeure dans un état proche du chaos — sans doute prédit dans le Troisième Secret.

En Russie, après quarante ans de «dialogue œcuménique» sans courage, les Orthodoxes russes sont plus farouches que jamais dans leur rejet de la primauté papale et leur opposition à l'Eglise Catholique. La hiérarchie orthodoxe russe a explosé en outrages, en février 2002, à l'annonce du Vatican que ses «administrations apostoliques» en Russie seraient désignées comme diocèses. Ceux-ci ne seraient même pas des diocèses au sens catholique traditionnel. Par exemple, il y aurait seulement un «Archidiocèse de la Mère de Dieu à Moscou»; et l'Archevêque chargé de cette structure ne portera pas le titre d'Archevêque de Moscou, de crainte pour le Vatican, d'offenser le Patriarche Orthodoxe Russe de Moscou, l'ex-agent du KGB, Alexis II.

Après la création des «diocèses» catholiques, la rage anti-catholique de la hiérarchie orthodoxe russe — héritière illégitime de paroisses catholiques et de croyants catholiques dépouillés de la véritable Eglise à la pointe du fusil par Joseph Staline — s'est déchaînée. La visite du Cardinal Kasper à Moscou fut annulée en signe de protestation de la création des diocèses. Dans sa déclaration écrite pour annoncer l'annulation, le Métropolite Orthodoxe Kyrill de Smolensk, qui devait conduire la délégation orthodoxe russe pour encore une autre ronde de négociations «œcuméniques» futiles, a déclaré avec colère: «Nous n'avons rien à dire les uns les autres.» Conclusion adéquate à une action qu'il était inutile d'entreprendre. Le 2 mars 2002, le Pape a dirigé un office de prière du samedi qui fut radiodiffusé du Vatican en Russie par satellite. L'émission a été absolument interdite par les mêmes réseaux de la télévision russe maintenant sous la coupe de Vladimir Putin. C'est seulement en introduisant dans le pays un équipement spécial (gardé à la douane jusqu'au dernier moment) que quelques milliers de Catholiques ont pu voir le Pape sur les écrans de télévision installés à la Cathédrale de l'Assomption à Moscou. Selon un rapport de la BBC, le «Patriarche Alexis de l'Eglise Orthodoxe Russe a dit que (l'émission par satellite) était une “invasion de la Russie” et a fait allusion à l'occupation polonaise de Moscou au début du 17e siècle. Jean-Paul est d'origine polonaise4.» Après quarante ans d'Ostpolitik et de «dialogue œcuménique,» la hiérarchie orthodoxe ne tolérera même pas en Russie une image vidéo du Pape. C'est la conversion de la Russie promise par Notre-Dame de Fatima?

Essayant de faire bon visage à la débâcle de la Russie, l'Archevêque Tadeusz Kondrusiewicz, le nouveau chef de l'«Archidiocèse de la Mère de Dieu à Moscou» a déclaré «C'est tout un malentendu.» L'Eglise Catholique n'a pas l'intention de faire des convertis parmi les Orthodoxes, pas l'intention de chercher la conversion de la Russie. Après tout, c'était le même Archevêque Kondrusiewicz qui avait publiquement déclaré en 1998 (comme nous l'avons noté), «Le Concile Vatican II a déclaré que l'Eglise Orthodoxe est notre Eglise Sœur et a la même voie du salut. Donc, il n'y a pas de raison d'avoir une politique de prosélytisme.» Une anecdote de l'Associated Press sur la réaction de Kondrusiewicz à l'hostilité orthodoxe notait que «des Paroissiens sont venus récemment en larmes trouver Kondrusiewicz, se plaignant que la rhétorique indignée des chefs orthodoxes aux informations nationales depuis le 11 février, leur a fait craindre de pratiquer leur foi5.» Tandis que les prélats orthodoxes maudissaient l'Eglise Catholique aux informations nationales, «les ultra nationalistes ont joint leurs forces à l'Eglise Orthodoxe de Russie en critiquant l'Eglise Catholique de son “prosélytisme” [et] un panneau parlementaire présente un plan d'investigation6.»

Ce n'est pas comme si les prélats orthodoxes de Russie défendaient de leur côté une Eglise vibrante. Presque tous ceux qui se désignent orthodoxes russes ne pratiquent pas leur religion. The Economist note que «la Russie subit une crise de la foi. Selon la revue, 94% des Russes de 18 à 29 ans ne vont pas à l'église7.» La dégénérescence morale de la société russe que nous avons déjà mentionnée continue à la même cadence: deux avortements pour toute naissance vivante (une moyenne de cinq à six avortements pour chaque femme russe), l'alcoolisme effréné, et la mort prématurée par maladie et crime de violence, une épidémie de SIDA qui bourgeonne, suite à la légalisation de l'homosexualité par Boris Eltsin, une industrie pornographique prospère pour enfants, et le reste.

Mais l'Eglise Catholique n'aura pas l'autorisation de remplir le vide spirituel que ne peut remplir l'Orthodoxie russe. La loi de 1997 en Russie sur la «liberté de conscience» continue à accorder à l'Orthodoxie russe un statut légal particulier, ainsi qu'au Judaïsme, à l'Islam et au Bouddhisme, tout en interdisant le «prosélytisme» catholique et en exigeant l'enregistrement des églises catholiques par des bureaucrates locaux. L'Eglise Catholique garde un profil si bas en Russie que le bureau de Moscou d'où l'Archevêque Kondrusiewicz dirige les affaires de l'Eglise est «fourré derrière le bureau d'un commandant militaire et ne porte aucune enseigne indiquant la résidence du gouvernement russe de l'Eglise Catholique8.»

En l'année 2002, les Catholiques demeurent en Russie une petite minorité dans les ténèbres. Il y a peut-être 500 000 Catholiques de nom dans une nation de 144 millions. Le petit pourcentage de Catholiques qui vont même à la Messe le dimanche (la plupart en Sibérie) dépendent presque entièrement de prêtres non-russes autorisés à entrer en Russie seulement avec un visa de visiteur qui requiert un départ du pays tous les trois mois pour chercher un renouvellement, qui peut être refusé à tout moment et pour n'importe quelle raison et sans raison du tout. Le Secrétaire même de la Conférence Episcopale Catholique de Russie, le Père Stanislaw Opiela, s'est vu refuser trois fois le visa d'entrée sans explication: «Je ne pense pas que j'essaierai une autre fois. Cela n'en vaut pas la peine,» a-t-il dit. «Peut-être y aura-t-il un genre de protestation9.» Et puis, en avril 2002, Monseigneur Jerzy Masur, assigné par le Vatican à l'administration de la région de Sibérie, vaste (mais de faible densité de population) fut chassé de Russie, son visa d'entrée confisqué sans explication. Monseigneur Masur a appris qu'il avait été ajouté à une «liste» secrète de personnes considérées comme «indésirables» et n'aura plus l'autorisation d'entrer sur le territoire de Russie.

Tous ces événements en Russie ont mené l'Archevêque Kondrusiewicz à faire paraître une protestation formelle de la part de la Conférence Episcopale Catholique de Russie, intitulée «La Liberté Religieuse en Russie Est En Grave Danger.» La protestation déclare:

Les Catholiques de Russie se demandent: que va-t-il se passer ensuite? Les garanties constitutionnelles sont-elles aussi valides pour eux, y compris la liberté de conscience et du droit d'avoir leurs propres pasteurs, ce qui comporte le droit de les faire venir de l'étranger, sans oublier que pendant 81 ans, l'Eglise Catholique a été privée du droit de former et d'ordonner ses propres prêtres? Peut-être l'Etat considère-t-il vraiment les Catholiques comme des citoyens de seconde classe? Retourne-t-il (l'Etat) aux temps des persécutions de la foi? … L'expulsion d'un évêque catholique qui n'a pas violé de loi, surpasse toutes limites imaginables de relations civilisées entre l'Eglise et l'Etat … Avec inquiétude sérieuse, nous exprimons notre protestation décisive quant à la violation des droits constitutionnels des Catholiques10.

En fait, fin 2002, le propre porte-parole du Pape, Joaquim Navarro-Valls, a déclaré que les actions contre l'Eglise Catholique par les autorités russes avait atteint le niveau d'un «authentique persécution.» Donc, tandis que le Cardinal Sodano et les adeptes de sa Ligne du Parti insistent sur le fait que la Russie a été consacrée au Cœur Immaculé il y a 18 ans et que l'état actuel des affaires en Russie est le «miracle» de la «conversion» qui résulte de cette «consécration,» aussi bien le premier Prélat de l'Eglise Catholique de Russie que le porte-parole personnel du Pape dénoncent publiquement la persécution de l'Eglise en Russie et avertissent du grave danger couru par la liberté religieuse chez les Catholiques russes. Insensée: c'est le seul mot qui convient pour qualifier cette situation.

C'est encore pire pour l'Eglise Catholique dans les «anciennes républiques soviétiques» voisines. En Roumanie, au moins onze paroisses volées par Staline ont été rasées au bulldozer plutôt que d'être rendues à leur légitime propriétaire après la «chute du communisme» en 199011. En Biélorussie, selon un rapport de l'Office Mondial d'Information Catholique, du 10 janvier 2002, il y a «de nouvelles indications troublantes d'hostilité envers l'Eglise Catholique» et «la diffusion de la Messe du dimanche par l'Office de radio d'Etat a été annulée sans avertissement.» Comme l'a noté CWN, «La Biélorussie est un Etat officiellement laïque … [Son] Président autoritaire Aleksandr Lukashenko, bien qu'il se proclame athée, regarde néanmoins du côté de l'Eglise Orthodoxe pour soutenir sa politique “d'intégration” de la Biélorussie à la Russie.» Les exemples de persécution de l'Eglise Catholique en Biélorussie, au Kazakhstan, en Moldavie, en Roumanie, en Transylvanie et ailleurs dans «l'ancienne Union Soviétique» pourraient se multiplier à l'infini.

Et où est le Président de Russie, Vladimir Putin, dans tout cela? Il s'est occupé à rassembler les éléments jamais tout à fait démantelés d'une dictature de type soviétique. Selon le rapport de l'édition (online) du London Times du 12 janvier 2002, «la dernière station indépendante de télévision de la Russie a été fermée hier, laissant toutes les diffusions du pays sous contrôle du Kremlin» — la même diffusion qui dénonçait l'Eglise Catholique sur la question des diocèses en Russie. Comme par programme réorganisé, la même chose se passe en Ukraine. Le 21 décembre 2001, WorldNetDaily rapportait «La torche de la liberté a perdu de sa lumière dans l'ancienne République Soviétique d'Ukraine — comme dans la plus grande partie du territoire de l'ancienne URSS — avec la réduction au silence, par le gouvernement, du dernier service médiatique indépendant et la controverse qui continue autour du meurtre d'un journaliste populaire au franc-parler.» Il y a eu beaucoup de meurtres et «d'accidents» fatals impliquant des journalistes depuis la «chute du communisme.»

En relation avec sa mainmise systématique sur les mass-média sous prétexte de «collection de dettes» et «d'évasion d'impôts,» Putin a restauré l'hymne national soviétique, consolidé le contrôle du Kremlin sur les provinces russes et signé un traité «d'amitié» militaire et diplomatique avec la Chine Rouge. Putin a même ordonné la création d'un calendrier commémoratif glorifiant l'ère soviétique, la Prison de la Lubyanka (pierre angulaire du goulag soviétique) et le boucher de l'ère soviétique Félix Dzerzhinsky qui a fondé le KGB, autorisé la torture et l'exécution de prêtres catholiques, et présidé la liquidation de la classe moyenne russe par Lénine. Le calendrier est en usage dans les bureaux du KGB qui a été stratégiquement rebaptisé le FSB.

Comme par coïncidence magique, un culte national à Vladimir Putin est en train de naître «spontanément.» Selon le rapport de l' Electronic Telegraph du 8 mai 2001:

[Le] culte du Président Putin a reçu un nouvel élan hier où des milliers d'étudiants ont célébré, sous les murs du Kremlin, le premier anniversaire de sa prise de pouvoir. Le rallye, où beaucoup portaient des T-shirts ornés du visage de M. Putin, a sondé de nouvelles profondeurs d'abjection vis-à-vis de l'ancien colonel du KGB, déjà immortalisé dans les livres d'enfants, la sculpture et le reportage obséquieux des médias. Les orateurs ont essayé de se surpasser dans leur louange du grand dirigeant. Leur rhétorique a livré de nouvelles pénétrations dans la pensée des loyalistes de Putin, qui maintenant dominent la bureaucratie, le parlement et la radiodiffusion d'Etat.

Tous ces événements furent résumés par Yelena Bonner, veuve du physicien dissident soviétique Andrei Sakharov: «Sous Putin, a commencé une nouvelle étape de l'introduction du Stalinisme modernisé. L'autoritarisme s'accroît, la société se militarise, le budget militaire augmente.» Bonner a averti que «sous l'actuel gouvernement, notre pays peut s'attendre, dans un avenir prévisible, à des soulèvements destructifs qui pourraient aussi affecter les pays voisins.» Elle a aussi établi des parallèles clairs entre la Russie «convertie» et la Russie de Staline: «environ un tiers de la population a travaillé pour rien ou pour des salaires symboliques pendant l'ère stalinienne. Dans la Russie moderne, les deux tiers de la population sont aux limites de la pauvreté: Le système de la santé est pire aujourd'hui que dans les années cinquante. Staline a massacré environ 20 millions (en fait plus vraisemblablement 50 millions) de personnes, tandis que dans la Russie d'aujourd'hui la population baisse de 1 million par an12.»

Au moment où la Russie embrasse un stalinisme modernisé, en avançant la déclaration mensongère que la Russie se «convertit» depuis la consécration du monde en 1984, le Cardinal Sodano continue son programme d'alignement de l'Eglise Catholique sur les forces du Nouvel Ordre Mondial qui émerge. Des organismes de presse catholique ont rapporté avec désarroi que le Secrétariat d'Etat du Vatican soutient activement la Cour Criminelle Internationale (ICC) nouvellement créée, jusqu'au point d'apporter une contribution financière à ses caisses13. Des commentateurs catholiques, rejoints par des commentateurs laïques, avertissent depuis longtemps que la ICC est une menace directe aux droits des nations souveraines et de leurs peuples parce qu'elle revendiquera une juridiction pour présider à des jugements politiquement motivés — jugements sans appels — de citoyens de toute nation, basés sur une liste toujours plus longue de «délits» à poursuivre14. Ces jugements seraient dirigés, sans aucune sauvegarde de procédure, sur témoignage et avec droit de confronter les témoins qui sont essentiels à un procès légal en due forme15.

Partout — dans l'Eglise, en Russie, dans le monde — les praticiens de la Ligne du Parti de Sodano sur Fatima voient la preuve de son échec. Pourtant les collaborateurs de Sodano au appareil du Vatican et leurs dupes révisionnistes de Fatima dans l'Eglise, continuent à dire avec insistance que la Russie a été consacrée au Cœur Immaculé il y a 18 ans, que des événements récents en Russie sont «un miracle,» que le Troisième Secret et le Message de Fatima dans son ensemble «appartiennent au passé» et sont devenus sans intérêt pour nous. Les Catholiques comme le Père Gruner qui continuent à relever les évidences, sont actuellement soumis à l'équivalent d'une purge stalinienne pour leur manque de fidélité à la Ligne du Parti. Ils sont dénoncés comme «désobéissants,» «schismatiques,» et leur «fidélité au Pape» est remise en question, même si le Pape n'a jamais personnellement reconnu ou imposé la Ligne du Parti de Sodano sur Fatima mais plutôt, donné des indications révélatrices de sa complète erreur.

Comment calculer le prix de la conspiration insensée qui vise à se débarrasser des prophéties de la Mère de Dieu à Fatima? Le prix en souffrances temporelles et en dommage pour les âmes est déjà au-delà de toute estimation humain : la misère du peuple russe et la persécution d'Etat des Catholiques de Russie qui se poursuit; l'holocauste de l'avortement dans toutes les nations; une marée montante de violence dans le monde entier; la perte d'âmes sans nombre par la destruction de la Foi Catholique et la corruption du clergé catholique, étalée maintenant aux yeux du monde entier. Et pourtant tout cela fut certainement prédit dans cette partie du Troisième Secret que nous n'avons pas été autorisés à voir; et tout cela aurait pu être évité si les hommes qui gouvernement l'Eglise aujourd'hui avaient suivi, plutôt que méprisé, les simples requêtes de la Vierge de Fatima.

Mais quel sera le prix dans les jours à venir, si le courant établi par les accusés pour l'Eglise ne se corrige pas bientôt? Notre-Dame de Fatima a déjà répondu à cette question: guerres et persécutions de l'Eglise, martyre des Catholiques, souffrance du Saint-Père, anéantissement des nations, perte de millions d'autres âmes.

Ceux qui ont agencé la nouvelle orientation de l'Eglise et imposé la Ligne du Parti à Fatima insistent sur le mépris de ces divins avertissements, même s'ils ont été confiés par la Mère de Dieu Elle-même et authentifiés par un miracle public sans précédent dans l'histoire des hommes. Non, nous ne pouvons mépriser les avertissements et le temps est venu où ce n'est pas le Message de Fatima que nous devons mépriser, mais le conseil humain de ces hommes bien trop faillibles. A leurs fruits, vous les reconnaîtrez, et les fruits de leur politique et de leurs jugements sont là, à la vue de tous: L'Eglise est au plus profond de sa crise en 2 000 ans et le monde se précipite vers une apocalypse.

Nous avons fait notre procès de notre mieux; nous nous sommes acquittés de notre devoir de conscience devant l'Eglise et au banc de l'histoire. Maintenant, lecteur, nous vous le soumettons: un devoir vous revient. Nous vous demandons de considérer les preuves que nous avons présentées et de rendre votre verdict — un verdict sur l'existence d'une bonne cause pour demander que la plus haute autorité de l'Eglise juge et corrige les actions de ces hommes, en réparant le dommage causé et faisant ainsi justice à l'Eglise et au monde.

Mais en attendant que la justice soit rendue, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous protéger d'un mal plus grand, nous protéger nous-même, ceux que nous aimons, nos coreligionnaires catholiques et le monde en général.

Cela veut dire, tout d'abord, qu'il nous faut rejeter les faux conseils de ces autorités qui ont essayé de remplacer les paroles de la Mère de Dieu par leurs propres paroles, et le plan de paix céleste par leur propre plan. Nous avons vu les résultats ruineux de leur sagesse humaine faillible qu'ils continuent à essayer d'imposer à l'Eglise contre l'évidence de notre bon sens, les impératifs de notre raison et les paroles mêmes de la Mère de Dieu Elle-Même. Avec tout le respect dû à leurs fonctions dans l'Eglise, nous devons dire de ces hommes que dans la mesure où sont concernés le Message de Fatima et ses implications dans l'Eglise et le monde, ils ont perdu leur propre crédibilité. Nous ne devrions plus les suivre.

Comme nous l'avons vu dans l'exposé correct de la crise arienne par le Cardinal Newman, la crise actuelle de l'Eglise ne serait pas la première de Son histoire où il fut laissé aux laïcs de maintenir la Foi, sans l'aide de la hiérarchie supérieure ou même de la plupart des évêques, en se basant à la place sur leur propre sensus catholicus et quelques bons prêtres et prélats qui ne succombèrent pas à la confusion régnante. Pendant la crise arienne presque toute la hiérarchie a perdu de vue quelque chose d'aussi fondamental que la divinité du Christ et les laïcs, pour la sécurité de leur âme, durent cesser de suivre les autorités pendant au moins quarante ans. Il est manifeste que s'est produite aujourd'hui une situation analogue. Celui qui regarde objectivement la condition actuelle de l'Eglise peut-il sérieusement nier qu'Elle subit une crise de la foi et de la discipline non moins grave que celle du temps d'Arius?

Dans Réforme de la Liturgie Romaine, le liturgiste réputé Monseigneur Klaus Gamber, déplorant la destruction ecclésiale causée par les «réformes» liturgiques du Pape Paul VI, a fait les observations suivantes:

Grande est la confusion! Qui peut encore y voir clair dans ces ténèbres? Où sont dans notre Eglise les chefs qui peuvent nous montrer le droit chemin? Où sont les évêques assez courageux pour couper court à l'expansion cancéreuse de la théologie moderniste qui s'est implantée et corrompt la célébration des plus sacrés mystères, avant que le cancer ne s'étende et ne cause encore des dommages plus importants? Ce qu'il nous faut aujourd'hui, c'est un nouvel Athanase, un nouveau Basile, des évêques comme ceux qui, au Quatrième Siècle, ont courageusement combattu l'hérésie arienne alors que presque toute la Chrétienté avait succombé à l'hérésie16.

En attendant qu'émergent dans l'Eglise de tels chefs, en attendant la fin de la crise actuelle et la remise en place des choses, nous devons nous former, et former les autres sur la Foi, en la défendant de notre mieux. A notre époque, cette tâche requiert que nous défendions aussi le Message de Fatima, car selon l'enseignement de Saint Thomas, à toute époque Dieu envoie des prophètes, non pour donner une nouvelle doctrine, mais pour rappeler aux fidèles ce qu'ils doivent faire pour sauver leur âme. Le grand prophète de notre temps est Notre-Dame de Fatima. Comme Sœur Lucie elle-même l'a dit dans la célèbre entrevue avec le Père Fuentes en 1957:

Père, la Très Sainte Vierge est bien triste, car personne ne fait cas de son message, ni les bons, ni les mauvais. Les bons continuent leur chemin, mais sans faire cas du message. ...

Dites-leur, Père, que la Très Sainte Vierge, plusieurs fois, aussi bien à mes cousins François et Jacinthe qu'à moi-même nous a dit que beaucoup de nations disparaîtront de la surface de la terre, que la Russie sera l'instrument du châtiment du Ciel pour le monde entier si nous n'obtenons pas auparavant la conversion de cette pauvre nation (...)

La conversion de la Russie n'a pas été obtenue. Quiconque a du bon sens peut le reconnaître. Puisqu'il en est ainsi, l'anéantissement des nations va sûrement arriver, à moins que les hommes qui gouvernent l'Eglise changent de direction, abandonnent leurs nouveautés destructrices, et fassent simplement ce qu'a requis la Mère de Dieu à Fatima. Nous ne pouvons plus simplement prendre le risque de nous en remettre aux conseils de ceux qui sont déterminés à ignorer les vrais signes des temps, les signes d'une apocalypse en résumé, prédite par la Vierge à Fatima. Implorant la grâce de Dieu, nous devrons faire progresser la cause de la vraie paix dans le monde, sans l'aide de nos supérieurs, dont un si grand nombre ont été aveuglés dans leur poursuite d'une vision de l'Eglise nouvelle et différente.

Dans cette entreprise nous devons nous rassembler sous le manteau de Notre-Dame de Fatima, priant sans cesse pour Son intercession dans ce temps de grande confusion, sans oublier jamais Ses promesses indéfectibles à l'Eglise et au monde.

Notre-Dame de Fatima, Priez pour Nous!

Notes:

1. New York Times, 2 mars 2002.

2. Donald Cozzens, The Changing Face of the Catholic Priesthood (Le Sacerdoce Catholique Change de Visage), (Liturgical Press, Collegeville, Minnesota, 2002), p. 135.

3. CNN, 21 mars 2001.

4. BBC Online, 2 mars 2002.

5. AP News, 2002.

6. Zenit News, 17 février 2002.

7. Zenit News, 22 décembre 2000.

8. Reportage et photographie de AP, 28 février 2002.

9. Catholic News Service Report, 8 mai 2001.

10. National Catholic Register Online Web Edition, 28 avril-5 mai 2002.

11. CWNews, 2 mars 2002.

12. Electronic Telegraph, 2 mars 2000.

13. Reportage de «Zenit,» 3 juillet 2002, «Le Vatican Contribue à la Cour Criminelle Internationale.»

14. «La Cour Mondiale Maintenant une Réalité» de Mary Jo Anderson, 11 avril 2002, WorldNetDaily, et «Stopper la Cour Criminelle Internationale» de Mary Jo Anderson (www.catholiceducation.org/articles/social_justice/sj0003.html).

15. «La Cour Criminelle Internationale contre le Peuple Américain,» par Lee A. Casey et David B. Rivkin Jr., reportage de la Fondation d'Héritage daté du 5 février 1999, qu'on trouve au (www.heritage.org/Research/InternationalOrganizations/BG1249.cfm).

16. Monseigneur Klaus Gamber, The Reform of the Roman Liturgy (La Réforme de la Liturgie Romaine), (Foundation For Christian Reform, Harrison, New York, 1993), p. 113.
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