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Natuzza Evolo (1924-2007)

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Natuzza Evolo (1924-2007)

Message par Her le Ven 18 Mar - 22:49

Natuzza Evolo
(2007)

Natuzza Evolo (Natuzza est le diminutif de Fortunata) est née le 23 août 1924, à Paravati, province de Catanzaro, dans le sud de l’Italie, Son père n’était plus là à sa naissance. Quinze jours avant, il était parti pour l’Argentine. Certains auteurs tentent d’expliquer son départ en mettant l’accent sur la misère qui régnait alors en Calabre. D’autres accusent plutôt l’inconduite constante de la mère de Natuzza qui lui valut même de la prison. Natuzza verra cependant un jour son père, sans l’avoir cherché, quand elle avait onze ans, mais en bilocation. Elle ne le connaissait alors qu’en photo.

En 1942, Natuzza fut recueillie par sa grand-mère maternelle, Giuseppa Rettura. Mais elle continua à veiller sur ses frères et soeurs. À plusieurs reprises, elle chercha de l’aide auprès de prêtres pour pouvoir entrer dans une communauté religieuse, mais elle en fut chaque fois dissuadée. Cependant, elle se trouvait entre-temps en âge d’être mariée. Les prétendants étaient nombreux mais elle n’en avait nulle envie. Natuzza finit cependant par tomber amoureuse d’un jeune du pays, un menuisier du nom de Pasquale Nicolace et ils se marièrent le 14 août 1943, alors que Natuzza venait d’avoir dix-neuf ans. Le mariage fut célébré par procuration, le jeune homme étant à l’armée. La bénédiction religieuse ne fut donnée au jeune couple que le 12 janvier de l’année suivante, à l’église Sainte-Marie-des-Anges, à Paravati.

Cependant Natuzza gardait quelques craintes de n’avoir pas vraiment fait la volonté de Dieu en se mariant. Or donc, cinq jours après le début de sa cohabitation avec Pasquale, le 17 janvier, alors qu’elle était éveillée, à trois heures de l'après-midi, elle vit, en extase, la Madone, le Christ et saint Jean. Elle eut grand-peur et se mit à pleurer. Le Christ lui demanda : "Pourquoi pleures-tu ?" "J’ai pensé qu’une fois mariée, je n’étais plus digne de votre amour et que je n’aurais jamais dû me marier..." Le Seigneur reprit alors : "Je t’ai toujours aimée et je t’aimerai encore davantage si tu accomplis ton devoir d’épouse et de mère ; mais, attention ! Je te mets dans les mains des fleurs fraîches et parfumées et malheur à toi si tu ne sais pas les garder ».

Natuzza est mère de 5 enfants et favorisée par le Ciel de très nombreux charismes. Sa vie présente un ensemble de phénomènes rares, certains même uniques dans toute l’histoire de la spiritualité : stigmatisation, bilocation, conversation avec les âmes du purgatoire, les damnés, les élus, cause des guérisons médicales miraculeuses, écritures miraculeuses sur sa peau. En réalité, l’âge auquel elle commença à servir est assez incertain.

C’est dans la maison de ses patrons que les morts commencèrent à apparaître à Natuzza, en juin 1939. Le phénomène se développa à partir de 1940, à la suite d’une expérience étrange. Pendant le Carême de cette année-là, Natuzza avait décidé de faire un jeûne complet de quarante jours, sans manger ni boire. Dans la nuit du samedi au dimanche des Rameaux, des défunts lui apparurent et lui annoncèrent qu’elle mourrait "en apparence" le jour de la fête de sainte Anne et de saint Joachim, le 26 juillet 1940. Natuzza crut pourtant qu’il s’agissait de sa vraie mort. Effectivement, ce jour-là, Natuzza tomba dans un état de léthargie qui dura sept heures. Des milliers de personnes se rassemblèrent. Les Colloca firent venir en vain plusieurs médecins. Les yeux clos, le corps raidi, elle semblait vraiment n’être plus qu’un cadavre. Que s’est-il passé pendant ces sept heures ? Ce phénomène de transe se reproduisit souvent et jusque vers 1958 ou 1960, selon les auteurs. Il se présentait comme une perte de conscience accompagnée de mouvements convulsifs et faisait naturellement penser à des crises d’épilepsie. Si nous ne savons rien de ce qui se passait en elle pendant cet état, il est très net qu’aussitôt après, à peine revenue à elle, elle disait avoir des visions du Christ et de la Sainte Vierge. Natuzza entrait en extase, fixant un point devant elle dans la pièce, parlait, toute seule, tombait à genoux et, si d’autres personnes se trouvaient avec elle, elle les invitait à en faire autant. Ces dialogues avec le Christ ou la Vierge se produisaient aussi en dehors de ces transes. Mme Alba Colloca raconte même comment un jour elle essaya d’en avoir le coeur net, en écoutant derrière la porte ce que Natuzza disait à la Sainte Vierge. Elle n’entendait évidemment pas ce que pouvait dire la Sainte Vierge, mais seulement Natuzza parlant à voix haute : "Ma petite Madone, quand est-ce que ça me passera, cette maladie ?... Vous m’avez dit de réciter un Ave, un Notre Père et un Gloria : à trois heures... Mais moi, je ne sais pas l’heure qu’il est !... Ah, vous avez dit qu’il est trois heures moins dix ?... Que voulez-vous encore ? Les neuf premiers vendredis ?... Mais qu’est-ce que c’est ?... Je ne vous comprends pas... pourquoi ne dites-vous pas que vous voulez une neuvaine ? Ah, vous voulez que je fasse la communion le premier vendredi pendant neuf mois. Très bien... Que dites-vous ? que Madame est derrière la porte à m’écouter ?..." Depuis lors, Madame n’insista pas.

Elle avait environ dix ans, lorsqu’un jour, assise devant la porte de la maison, elle vit un moine mendiant qui ressemblait fort à saint François de Paul qui lui était apparu en songe. Elle lui dit aussitôt qu’elle n’avait pas d’argent pour lui faire l’aumône. Mais, dans un sourire, il lui fit signe qu’il n’attendait rien d’elle. Un jour, en entrant dans la chambre des enfants, elle vit trois personnes assises sur les lits. Un peu étonnée, elle les pria d’aller s’asseoir au salon. Les intrus lui dirent qu’ils étaient morts. Très troublée, elle courut annoncer à sa patronne qu’il y avait trois morts assis sur les lits des enfants. Mme Alba se tourna alors en riant vers son beau-père, notaire, Antonio Colloca, lequel s’adressant à la pauvre servante désemparée, lui dit : "S’ils sont morts, pourquoi ne leur demandes-tu pas leurs noms ?" Natuzza retourna alors rapidement à la chambre, le temps de faire la demande suggérée, et revint en annonçant : "Ils s’appellent Nannina, Raffaele et Concettal." Tout étonné, le notaire remarqua que trois personnes de la famille portant ces noms étaient mortes il y avait longtemps. Cette vision des morts allait, désormais, faire partie de sa vie et de sa mission. C’est un saint mort qui le lui annonça : "Un soir, rapporte-t-elle, après avoir fermé la porte cochère, je m’étais à peine retirée dans ma chambre que je vis entrer des gens vêtus comme nous, qui me dirent qu’ils étaient des âmes de l’autre monde. C’était la deuxième fois qu’on me faisait de telles déclarations et que je voyais des morts. Elle se trouva donc ainsi devant son père et lui dit : "Vous ne me reconnaissez pas ? Je suis Natuzza, votre fille." Son père, bouleversé, lui répondit : "Alors, tu es morte !" " Non, je suis vivante reprit-elle, et je me trouve ici je ne sais comment." Revenue dans son corps de chair, elle raconta qu’elle avait vu son père et décrivit toute sa maison en détail. Son entourage pensa qu’il ne s’agissait que d’une affabulation d’enfant. Mais, à quelque temps de là, arriva d’Amérique une lettre du père, disant qu’il avait vu sa fille qu’elle lui était apparue dans sa maison et qu’il avait même parlé un peu avec elle. Des personnes apparentées qui étaient allées en Amérique confirmèrent peu après tout cela, disant que la maison était bien comme Natuzza l’avait décrite.

C’était encore peu de temps après la grande guerre, le pays était pauvre et les patrons étaient les maîtres de tout. La mère de Natuzza se prostituait et elle dut continuer à le faire pour nourrir ses enfants. Natuzza, qui était l’aînée, restait à la maison pour les élever. À l’âge de huit ans, elle eut un songe qui lui révéla la volonté de Dieu. Elle vit une figure qu’elle reconnut pour celle de saint François de Paul. Elle lui demanda une grâce. " Dans trois jours, tu seras exaucée ", répondit saint François. Trois jours plus tard, très exactement, elle fut appelée par un avocat, Silvio Colloca, et, au bout d’un mois environ, elle entra à son service.

Si nous ne savons rien de ce qui se passait en elle pendant cet état, il est très net qu’aussitôt après, à peine revenue à elle, elle disait avoir des visions du Christ et de la Sainte Vierge. Natuzza entrait en extase, fixant un point devant elle dans la pièce, parlait, toute seule, tombait à genoux et, si d’autres personnes se trouvaient avec elle, elle les invitait à en faire autant. Ces dialogues avec le Christ ou la Vierge se produisaient aussi en dehors de ces transes. Mme Alba Colloca raconte même comment un jour elle essaya d’en avoir le coeur net, en écoutant derrière la porte ce que Natuzza disait à la Sainte Vierge. Elle n’entendait évidemment pas ce que pouvait dire la Sainte Vierge, mais seulement Natuzza parlant à voix haute : "Ma petite Madone, quand est-ce que ça me passera, cette maladie ?... Vous m’avez dit de réciter un Ave, un Notre Père et un Gloria : à trois heures... Mais moi, je ne sais pas l’heure qu’il est !... Ah, vous avez dit qu’il est trois heures moins dix ?... Que voulez-vous encore ? Les neuf premiers vendredis ?... Mais qu’est-ce que c’est ?... Je ne vous comprends pas... pourquoi ne dites-vous pas que vous voulez une neuvaine ? Ah, vous voulez que je fasse la communion le premier vendredi pendant neuf mois. Très bien... Que dites-vous ? que Madame est derrière la porte à m’écouter ?..." Depuis lors, Madame n’insista pas.

Elle avait environ dix ans, lorsqu’un jour, assise devant la porte de la maison, elle vit un moine mendiant qui ressemblait fort au saint François de Paul qui lui était apparu en songe. Elle lui dit aussitôt qu’elle n’avait pas d’argent pour lui faire l’aumône. Mais, dans un sourire, il lui fit signe qu’il n’attendait rien d’elle.
Un jour, en entrant dans la chambre des enfants, elle vit trois personnes assises sur les lits. Un peu étonnée, elle les pria d’aller s’asseoir au salon. Les intrus lui dirent qu’ils étaient morts. Très troublée, elle courut annoncer à sa patronne qu’il y avait trois morts assis sur les lits des enfants. Mme Alba se tourna alors en riant vers son beau-père, notaire, Antonio Colloca, lequel s’adressant à la pauvre servante désemparée, lui dit : "S’ils sont morts, pourquoi ne leur demandes-tu pas leurs noms ?" Natuzza retourna alors rapidement à la chambre, le temps de faire la demande suggérée, et revint en annonçant : "Ils s’appellent Nannina, Raffaele et Concettal." Tout étonné, le notaire remarqua que trois personnes de la famille portant ces noms étaient mortes il y avait longtemps.

Cette vision des morts allait, désormais, faire partie de sa vie et de sa mission. C’est un saint mort qui le lui annonça : "Un soir, rapporte-t-elle, après avoir fermé la porte cochère, je m’étais à peine retirée dans ma chambre que je vis entrer des gens vêtus comme nous, qui me dirent qu’ils étaient des âmes de l’autre monde. C’était la deuxième fois qu’on me faisait de telles déclarations et que je voyais des morts. J’eus grand-peur et je m’enfuis en criant
Comme on était en guerre et que le jeune marié était à l’armée, Natuzza se mit au service de Mme Anna Laureani. Les phénomènes de transe et d’hémographie continuèrent et même se développèrent, prenant des formes encore plus impressionnantes. D’un seul coup, elle perdait connaissance, son corps devenait rigide, insensible aux piqûres et, peu après, sortaient de sa bouche les paroles des morts. Elle devenait ce que l’on appelle en langage plus précis "médium à incorporation". Il s’agit donc d’un phénomène différent de celui que nous avions vu jusqu’ici. En effet, Natuzza ne répète plus ce que lui dit son ange gardien. Ce sont les morts qui parlent directement à travers sa gorge. Les timbres de voix pouvaient être très différents et correspondaient à ceux de défunts que les personnes présentes pouvaient reconnaître comme étant à ceux de parents ou d’amis décédés. Dans d’autres cas, ils n’étaient reconnus par personne mais, de toute façon, ce n’était jamais la voix de Natuzza. Presque toujours, ces voix déclinaient leur nom et leur identité. Natuzza délivrait alors des messages dans différentes langues, sans en connaître aucune. Les intonations, le style, les tournures de phrases, le vocabulaire pouvaient varier considérablement selon le milieu social et le caractère des défunts qui parlaient à travers elle.

Au début, cette transe se produisait deux à trois fois par jour et les gens commençaient à aller voir Natuzza dans l’espoir de rencontrer à travers elle leurs chers disparus. Un jour, rapporte Silvio Colloca, vers la fin de 1943 début de 1944, je me trouvais à l’huilerie, à Paravati, quand ma cousine Annina Laureani m’appela pour me dire que Natuzza était tombée en transe. Je montai aussitôt chez cette cousine et je trouvai Natuzza assise sur le divan du salon, appuyée sur l’accoudoir du divan, la tête posant sur son bras, les yeux clos. A peine entré, la voix enfantine d’un enfant me dit par la bouche de Natuzza : " Entre, entre !" Je m’approchai en demandant : " Toi, qui es-tu ? " " Je suis ton oncle Livio ". Je restai stupéfait... Mon oncle, cet enfant ? Je compris plus tard qu’il s’agissait d’un frère de mon père, mort à l’âge de huit ans, en 1873 ou 1874, il y avait environ soixante-dix ans, et auquel j’étais bien loin de penser. Je commençai alors à parler avec lui, lui demandant des nouvelles de ma soeur Stella, qui avait suivi son mari, le consul Simonetta, à Tarvisio. Il y avait eu le débarquement des Américains, l’Italie avait été coupée en deux et nous n’avions plus de nouvelles de ces cousins. "Soit tranquille, elle va bien, elle n"a besoin de rien" " N'ayez aucune inquiétude, me rassura la voix et, en effet, comme nous l’apprîmes plus tard, ma soeur allait très bien. Pendant que l’enfant parlait avec moi, mon beau-frère, le docteur Armando Macri, s’approcha pour toucher Natuzza. La voix enfantine de l’enfant dit alors : " Inutile de la secouer, tu peux la jeter par la fenêtre, elle ne se réveillera pas. "
" Je lui demandai encore d’autres choses ; il me répondit avec précision, mais, à un certain moment, il me dit : " Salut, mon oncle, la permission est terminée je dois m’en aller ; allez communier un jour pour moi. " Mon mari me traite comme une femme normale, sans rien d’exceptionnel", dit aujourd’hui Natuzza. Il en fut de même pour ses cinq enfants, nés à deux ou trois ans d’intervalle : Salvatore, né en 1945, Antonio, Anna Maria, Angela, Francesco. Il est vrai qu’au début elle eut un peu peur de ne pas arriver à concilier ses obligations de mère et d’épouse avec une existence si particulière.

La famille de Natuzza vivait très pauvrement. Avec la fin de la guerre et au retour du mari, la famille s’était installée dans sa propre maison, mais une maison bien pauvre et petite. Elle comportait un étage, mais ils n’en habitaient que le rez-de-chaussée. Elle était entourée d’une palissade en bois où étaient entrelacés des rosiers et du lierre. De chaque côté de la porte d’entrée, deux palmiers, l’un plus jeune et svelte, l’autre au tronc tout rouillé ; les deux assez déplumés. La porte était toujours ouverte, jusque tard dans la nuit. On entrait sans frapper, comme chez soi. La première pièce, toute petite, était rectangulaire. C’était la menuiserie de Pasquale. On le comprenait à la vue de trois ou quatre tables rabotées, d’un tas de copeaux, d’une hache et d’un rabot. En réalité, Pasquale n’avait pas toujours du travail. Les premières années du ménage furent assez dures, pleines de privations au fur et à mesure que les enfants naissaient. Mais Natuzza qui se dévouait tant à son prochain n’acceptait jamais ni argent, ni cadeaux, ni offrandes.
Comme il n’avait pas de travail, c’était souvent Pasquale qui accueillait les gens avec son gentil sourire. La deuxième pièce remplissait toutes les fonctions. C’était la chambre, la salle à manger et la salle de réception. Immédiatement à gauche de l’entrée, une commode, un grand lit et une couchette dans un angle de la pièce. Quelques chaises de paille et des caisses de sapin le long du mur de droite. Il fallait encore y ajouter un tableau de la Madone et des gravures des stations du chemin de Croix.

Il y avait du monde à toutes les heures, mais c’est surtout à partir de trois ou quatre heures de l’après-midi que les gens commençaient à affluer pour écouter "la radio de l’autre monde". Les communications avaient lieu le soir de 21 h à 23 h au printemps et en été, de 18 h 30 à 20 h 30 en hiver. Les premiers arrivés occupaient les quelques sièges et les caisses. Les autres attendaient dans la première pièce.
Les bilocations
C’est à partir de la deuxième moitié de 1939 que les phénomènes de bilocation commencèrent à se manifester, alors que Natuzza travaillait encore chez les Colloca. Cela se produisait aussi bien lorsqu’elle était éveillée que lorsqu’elle dormait. Son double la quittait et, généralement conduite par des défunts, elle allait chez des gens qu’elle connaissait ou ne connaissait pas. Elle pouvait ensuite décrire ce qu’elle y avait vu ou entendu. Elle pouvait y agir en ayant un effet concret sur notre monde matériel.

Une cousine de l’avocat Colloca, Giuseppina, venait d’avoir un bébé et elle était en train de l’allaiter, de nuit, lorsqu’elle entendit comme un bruit de pas. Elle leva les yeux et vit Natuzza en compagnie de son grand-père Francesco Romano, mort depuis bien des années. Ils étaient au centre de la pièce et s’avançaient vers elle. Terrorisée, Giuseppina se mit à trembler. Son mari, à côté d’elle, s’en aperçut et lui toucha le bras pour lui demander ce qu’elle avait. Mais la vision avait déjà disparu et son mari affirma qu’elle avait rêvé. Le lendemain, le mari se rendit chez les Colloca. Avant même qu’il n’ouvrît la bouche, Natuzza lui lança : "Je n’irai plus chez vous ! " Mais, que veux-tu dire ? " répondit le mari feignant de ne pas comprendre." Je n’irai plus chez vous, parce que votre dame a eu tellement peur, comme si elle avait vu, je ne sais quoi ! " Natuzza lui décrivit alors très exactement toute la scène, comment Giuseppina, pour protéger les yeux du bébé de la lumière, avait mis une carte postale sur la lampe ; elle décrivit la couleur de la couverture dans laquelle la maman avait enroulé le bébé et d’autres détails parfaitement exacts. Pourtant, Natuzza n’était jamais venue chez Giuseppina. On peut citer aussi, à titre d’exemple, le cas de Giuseppe Mamone qui se produisit en octobre 1939. Giuseppe Mamone se levait chaque matin à cinq heures pour prendre le train qui l’emmenait à Vibo Valentia où il allait à l’école. Mais, cette nuit-là il s’éveilla brusquement et demanda à sa mère quelle heure il était.

La signora Francesca alluma la lumière dans sa chambre et, regardant le cadran du réveil posé sur sa table de nuit, elle lui répondit qu’il était cinq heures et qu’il était temps pour lui de se lever pour ne pas manquer son train. Mais Giuseppe, qui sentait qu’il n’avait pas eu son temps de sommeil, voulut vérifier la position des aiguilles. Il se leva, vint dans la chambre de sa mère et constata qu’il n’était que minuit vingt-cinq. Sa mère avait pris la grande aiguille pour la petite et inversement. Le garçon se remit au lit et se rendormit. Mais, pour Francesca l’histoire continue. Après avoir éteint, quand elle voulut se rendormir, elle vit à côté de son lit Natuzza, nu pied et vêtue d’un vêtement d’été qu’elle ne lui avait encore jamais vu. "Mais, que fais-tu là ? lui cria-t-elle." Comment as-tu fait pour entrer ‘alors que la porte était fermée ?"- "Non, elle était ouverte", répondit Natuzza et elle ajouta, en lui prenant le poignet comme pour lui tâter le pouls :"Vous voulez rejoindre les morts ?" À cette phrase, Francesca commença à trembler et s’écria : "Va-t’en ou je te tue !" Natuzza disparut, mais Francesca resta très troublée. Avait-elle rêvé ? Le lendemain, Francesca se rendit chez les Colloca où elle trouva Natuzza dehors, en train de laver le linge. Elle était habillée comme elle l’avait vue dans la nuit. Natuzza, la voyant, lui demanda aussitôt : "Comment allez-vous, dame Ciccia ?" Francesca répondit, menaçante : "Oh ! je vais te tuer". Effrayée, Natuzza se réfugia dans la maison en refermant la porte derrière elle. Alors Francesca lui cria : "Pourquoi me demandes-tu comment je vais ?"
"Parce que cette nuit une vieille femme m’a conduite chez vous en me disant que vous étiez malade. Quand nous sommes arrivées, la lumière était allumée et nous ne sommes pas entrées. Puis, quand vous avez éteint la lumière, je me suis approchée de vous et je vous ai pris la main en vous demandant comment vous alliez"- "Ce n’est pas vrai, interrompit Francesca. tu m’as pris la main et tu m’as dit : " Vous voulez rejoindre les morts ? " Et qui était cette vieille femme avec laquelle tu es venue ?"- "Elle habite en face de la maison de Naccari. Si vous voulez, je vous fais voir la maison d’ou elle est sortie." Il s’agissait d’une tante de Francesca ; Mariana Cutulli morte depuis deux ou trois ans.
Le récit ne dit pas expressément que Natuzza se trouvait au même moment dans son lit, mais Francesca demeure convaincue que sa porte était fermée et qu’elle ne vit pas Natuzza sortir de sa chambre, mais disparaître Comme il ne peut s’agir d’une apparition puisque Natuzza a saisi la main de Francesca, il s’agit bien d’un cas de bilocation.
Un autre récit montre bien l’action matérielle de Natuzza en bilocation. Natuzza, étant allée à Catanzarc pour voir sa mère hospitalisée, arriva avant l’heure autorisée pour les visites aux malades. Elle décida donc d’aller d’abord chez une amie. Elle y resta le temps de prendre un café, mais, en partant elle oublia, sur un fauteuil, son foulard noir.
Vers la fin de l’après-midi, cette amie, qui s’appelait Italia Deodato, aperçut le foulard. C’était celui que Natuzza se mettait sur la tête quand elle allait à l’église. Elle téléphona aussitôt à Natuzza pour lui dire de ne pas s’inquiéter. Le foulard était chez elle et elle le lui ferait parvenir à Paravati, à la première occasion. Mais, le lendemain, voulant prendre le foulard sur ce fauteuil, elle ne le trouva plus. Personne dans la famille ne savait ce qu’il était devenu. Elle téléphona donc à Natuzza pour lui dire, très ennuyée, que le foulard avait mystérieusement disparu. "Ne vous inquiétez pas, lui répondit Natuzza. Ce matin, avant d’aller à la messe, j’ai eu l’impression de passer chez vous. J’ai aperçu le foulard et je l’ai repris."
"Ce n’est jamais moi qui provoque la bilocation, explique Natuzza. Des défunts ou des anges se présentent à moi et me conduisent dans des lieux où ma présence est nécessaire. Je vois parfaitement tout ce qui se trouve autour de moi. Je peux le décrire, je peux parler et être utile aux personnes que je trouve. Je peux ouvrir et fermer les portes, je peux agir. Je suis ici chez moi, je parle avec les miens et je me sens en même temps dans un autre lieu où je parle et j’agis de la même façon. La bilocation, ce n’est pas comme un film que l’on voit au cinéma ou à la télévision. Je me trouve vraiment au milieu de l’endroit que je visite. Je reste dans cet endroit le temps nécessaire pour l’accomplissement de ma mission, quelques secondes ou quelques minutes. Je suis bien consciente que mon corps physique se trouve à Paravati (ou en quelque autre lieu, mais différent de celui que je visite).
Mais c’est comme si j’avais un autre corps. Le phénomène se produit aussi bien pendant que je dors ou de jour, tandis que je parle avec quelqu’un ou fais quelque chose. Parfois, je me trompe et je donne à la personne qui se trouve devant mon corps physique le message que je devais donner à la personne que je suis en train de visiter. Souvent je ne sais pas où je suis allée, à moins que je n’y sois déjà allée auparavant, mais normalement. C’est mon accompagnateur qui me donne le nom de la ville que je visite. Il le fait spontanément, ou à ma demande. Il n’y a pas longtemps, je suis allée à Genève, une autre fois à Londres. Le voyage ne semble pas avoir pris de temps. Je me trouve instantanément là où je dois arriver, quelle que soit la distance. Quand je vais chez quelqu’un, je me trouve directement dans la pièce ou, plus souvent, dans une pièce contiguë à celle où se trouve la personne que je dois visiter. J’ouvre la porte et je la referme, l’action terminée. Je n’ai jamais eu l’impression de traverser des murs ou des cloisons matérielles. Je me trouve directement là où je dois aller. Parfois je me rends dans une rue ou un espace extérieur. Quand je voyage ainsi, je n’observe jamais les choses d’en haut comme si je volais. Il me semble donc que le voyage ne s’effectue pas dans le monde physique mais dans le monde spirituel. Pourtant, je n’ai pas non plus l’impression de passer par un tunnel et je n’ai jamais vu de corde d’argent entre mon corps physique et mon corps spirituel.
Il m’est arrivé aussi de connaître une trilocation. Je me manifestais alors en deux endroits en même temps et dans les deux, j’étais vue par des personnes différentes.
Les bilocations n’ont lieu que par la permission de Dieu, les âmes me le disent très clairement, et elles ont un but bien précis. Comme un phénomène n’en exclut pas un autre, elle pouvait fort bien laisser en souvenir quelque hémographie chez les personnes qu’elle visitait en bilocation, par exemple sur les draps ou les taies d’oreiller. En voici un exemple : Une (belle) nuit de la semaine sainte de 1972, Mme Anna Cosentino venait de se coucher, lorsque, tout d’un coup, elle voit Natuzza assise au pied de son lit. Effrayée, elle se cache la tête sous les draps. Le lendemain, en faisant son lit, elle découvre sur le drap des marques de sang formant des dessins en relation avec la Passion du Christ : une lance, une cordelette, des clous et une autre lance transperçant un coeur. Vu du côté de Natuzza, l’épisode donne ceci :"Au moment de me mettre au lit, vers les onze heures du soir, j’ai eu l’impression de me trouver chez Mme Cosentino, à Vérone. Ça n’a duré qu’un instant. J’ai vu la dame au lit, je lui ai souri, et quand, saisie par la peur, elle s’est cachée sous les draps, je me suis approchée et j’ai essayé de soulever le drap pour la rassurer. Mais j’ai fait quelques taches de sang sur le drap et comme j’en étais ennuyée, Jésus m’est apparu et, tout triste, m’a dit : " Ne t’inquiète pas ; je me manifesterai par ton sang afin que tous puissent voir, savoir et croire." Le lendemain matin, à peine éveillée, je racontai à mes enfants ce qui était arrivé pendant la nuit et les priais de m’appeler s’ils entendaient sonner le téléphone, car j’étais certaine que quelqu’un allait se manifester.
De fait, il n’était pas encore huit heures lorsqu’un monsieur, sans dire qui il était, me demanda par téléphone si, dans la nuit, je m’étais rendue en esprit en un pays lointain. Je lui racontai ce que j’avais eu l’impression d’avoir fait pendant la nuit, et c’est seulement alors que ce monsieur me dit qu’il était l’avocat Cosentino, le mari de Mme Anna. Quelques mois plus tard, l’avocat vint me voir et me montra un morceau de drap avec les signes de la passion de Jésus marqués par mon sang."
Nous avons donc bien ainsi, dans ce cas, une confirmation de plus de la réalité de cette bilocation.

Mariée, Mère de 5 enfants, stigmatisée, bilocation, converse avec les âmes du purgatoire, les damnés, les élus, cause des guérisons médicales miraculeuses, écritures miraculeuses sur sa peau


LA MYSTIQUE DE PARAVATI
Natuzza Evolo est une mystique de notre temps. J’ai eu l’honneur et le bonheur de la rencontrer personnellement deux fois au cours d’un bref séjour dans son village. Sa vie présente un ensemble de phénomènes rares, certains même uniques dans toute l’histoire de la spiritualité.
Nous insisterons évidemment sur cet aspect de sa vie, puisque c’est le sujet même du livre, mais nous essaierons néanmoins d’apercevoir aussi, au-delà, un peu du mystère profond dont ces phénomènes ne sont que des signes extérieurs. Inconnue en France, elle est cependant depuis très longtemps bien connue en Italie. "C’est pourquoi nous disposons déjà d’un certain nombre d’études très sérieuses en italien. Une des plus anciennes, mais toujours considérée par ses proches comme une des meilleures est celle de Francesco Mesiano, parue en 1974 (1.) L’ouvrage est aujourd’hui épuisé, mais je dois à l’amitié de l’éditeur d’en avoir une photocopie.
1. Francesco Mesiano, I fenomeni paranormali di Natussa Evolo, Edivoni Mediterranee, Roma,1974.
p 104 LES MIRACLES ET AUTRES PRODIGES
Une autre étude, capitale, celle de Valerio Marinelli, professeur à la faculté d’arts et métiers de l’université de Calabrel. C’est une véritable somme de témoignages, passés au crible de critique. Elle comporte déjà cinq volumes. D’autres ouvrages, que j’utiliserai au passage, sont plutôt destinés au grand public.
Il m’a paru difficile de faire un récit chronologique linéaire de son existence. Plusieurs phénomènes à la fois se sont manifestés très tôt dans sa vie, mais comme il ne s’agit pas tant de faire ici un portrait de Natuzza Evolo que d’étudier ces phénomènes pour eux-mêmes, il m'apparut préférable, le plus possible, de les regrouper par espèces.
Mais disons auparavant quelques mots de son enfance : Fortunata 3 est née le 23 août 1924, à Paravati, province de Catanzaro. Son père n’était plus là à sa naissance. Quinze jours avant, il était parti pour l’Argentine. Certains auteurs tentent d’expliquer son départ en mettant l’accent sur la misère qui régnait alors en Calabre. D’autres accusent plutôt l’inconduite constante de la mère de Natuzza qui lui valut même de la prison. Natuzza verra cependant un jour son père, sans l’avoir cherché, quand elle avait onze ans, mais en bilocation (4). Elle ne le connaissait alors qu’en photo.
1. Valerio Marinelli, Natussa di Paravati, Edizioni Mapograf, Vibo Valentia, 1985, 1989, 1993 et 1998. Pour le premier tome, j’utilise la réédition de 1993 qui comporte quelques légères modifications, notamment dans la chronologie des événements.
2. Incontrare Natussa, ouvrage anonyme, Mapograf, 2e édition, 1993, et Anna Maria Turi, Natussa Evolo/a mistica di Paravati, Edizioni Mediterranee, Rome.
3. Natuzza est le diminutif de Fortunata.
4. La bilocation est une sorte de dédoublement. La personne apparaît et agit en deux lieux en même temps.
p 105 DES MIRACLES AU QUOTIDIEN
Elle se trouva donc ainsi devant son père et lui dit : "Vous ne me reconnaissez pas ? Je suis Natuzza, votre fille." Son père, bouleversé, lui répondit : "Alors, tu es morte !" " Non, je suis vivante reprit-elle, et je me trouve ici je ne sais comment." Revenue dans son corps de chair, elle raconta qu’elle avait vu son père et décrivit toute sa maison en détail. Son entourage pensa qu’il ne s’agissait que d’une affabulation d’enfant. Mais, à quelque temps de là, arriva d’Amérique une lettre du père, disant qu’il avait vu sa fille qu’elle lui était apparue dans sa maison et qu’il avait même parlé un peu avec elle. Des personnes apparentées qui étaient allées en Amérique confirmèrent peu après tout cela, disant que la maison était bien comme Natuzza l’avait décrite.
C’était encore peu de temps après la grande guerre, le pays était pauvre et les patrons étaient les maîtres de tout. La mère de Natuzza se prostituait et elle dut continuer à le faire pour nourrir ses enfants. Natuzza, qui était l’aînée, restait à la maison pour les élever. À l’âge de huit ans, elle eut un songe qui lui révéla la volonté de Dieu. Elle vit une figure qu’elle reconnut pour celle de saint François de Paul. Elle lui demanda une grâce. " Dans trois jours, tu seras exaucée ", répondit saint François.Trois jours plus tard, très exactement, elle fut appelée par un avocat, Silvio Colloca, et, au bout d’un mois environ, elle entra à son service.
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En réalité, l’âge auquel elle commença à servir est assez incertain. Les souvenirs de Natuzza sont imprécis et les témoignages des autres personnes interrogées ne concordent pas. Les estimations vont de huit ans à quatorze ans, cette dernière paraissant la mieux établie.

La vision des morts

C’est dans la maison de ses patrons que les morts commencèrent à apparaître à Natuzza, en juin 1939. Le phénomène se développa à partir de 1940, à la suite d’une expérience étrange. Pendant le Carême de cette année-là, Natuzza avait décidé de faire un jeûne complet de quarante jours, sans manger ni boire. Dans la nuit du samedi au dimanche des Rameaux, des défunts lui apparurent et lui annoncèrent qu’elle mourrait "en apparence" le jour de la fête de sainte Anne et de saint Joachim, le 26 juillet 1940. Natuzza crut pourtant qu’il s’agissait de sa vraie mort. Effectivement, ce jour-là, Natuzza tomba dans un état de léthargie qui dura sept heures. Des milliers de personnes se rassemblèrent. Les Colloca firent venir en vain plusieurs médecins. Les yeux clos, le corps raidi, elle semblait vraiment n’être plus qu’un cadavre. Que s’est-il passé pendant ces sept heures ? Nous n’en savons rien, mais apparemment ce sommeil étrange n’avait rien à voir avec les Expériences aux frontières de la mort (E.F.M.), aujourd’hui bien connues.
Ce phénomène de transe se reproduisit souvent et jusque vers 1958 ou 1960, selon les auteurs. Il se présentait comme une perte de conscience accompagnée de mouvements convulsifs et faisait naturellement penser à des crises d’épilepsie.
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Si nous ne savons rien de ce qui se passait en elle pendant cet état, il est très net qu’aussitôt après, à peine revenue à elle, elle disait avoir des visions du Christ et de la Sainte Vierge. Natuzza entrait en extase, fixant un point devant elle dans la pièce, parlait, toute seule, tombait à genoux et, si d’autres personnes se trouvaient avec elle, elle les invitait à en faire autant. Ces dialogues avec le Christ ou la Vierge se produisaient aussi en dehors de ces transes. Mme Alba Colloca raconte même comment un jour elle essaya d’en avoir le coeur net, en écoutant derrière la porte ce que Natuzza disait à la Sainte Vierge. Elle n’entendait évidemment pas ce que pouvait dire la Sainte Vierge, mais seulement Natuzza parlant à voix haute : "Ma petite Madone, quand est-ce que ça me passera, cette maladie ?... Vous m’avez dit de réciter un Ave, un Notre Père et un Gloria : à trois heures... Mais moi, je ne sais pas l’heure qu’il est !... Ah, vous avez dit qu’il est trois heures moins dix ?... Que voulez-vous encore ? Les neuf premiers vendredis ?... Mais qu’est-ce que c’est ?... Je ne vous comprends pas... pourquoi ne dites-vous pas que vous voulez une neuvaine ? Ah, vous voulez que je fasse la communion le premier vendredi pendant neuf mois. Très bien... Que dites-vous ? que Madame est derrière la porte à m’écouter ?..." Depuis lors, Madame n’insista pas.
1. Valerio Marinelli, op. cit., tome I, p.19.
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Elle avait environ dix ans, lorsqu’un jour, assise devant la porte de la maison, elle vit un moine mendiant qui ressemblait fort au saint François de Paul qui lui était apparu en songe. Elle lui dit aussitôt qu’elle n’avait pas d’argent pour lui faire l’aumône. Mais, dans un sourire, il lui fit signe qu’il n’attendait rien d’elle.
Un jour, en entrant dans la chambre des enfants, elle vit trois personnes assises sur les lits. Un peu étonnée, elle les pria d’aller s’asseoir au salon. Les intrus lui dirent qu’ils étaient morts. Très troublée, elle courut annoncer à sa patronne qu’il y avait trois morts assis sur les lits des enfants. Mme Alba se tourna alors en riant vers son beau-père, notaire, Antonio Colloca, lequel s’adressant à la pauvre servante désemparée, lui dit : "S’ils sont morts, pourquoi ne leur demandes-tu pas leurs noms ?" Natuzza retourna alors rapidement à la chambre, le temps de faire la demande suggérée, et revint en annon-çant : "Ils s’appellent Nannina, Raffaele et Concettal." Tout étonné, le notaire remarqua que trois personnes de la famille portant ces noms étaient mortes il y avait longtemps.
Cette vision des morts allait, désormais, faire partie de sa vie et de sa mission. C’est un saint mort qui le lui annonça : "Un soir, rapporte-t-elle, après avoir fermé la porte cochère, je m’étais à peine retirée dans ma chambre que je vis entrer des gens vêtus comme nous, qui me dirent qu’ils étaient des âmes de l’autre monde. C’était la deuxième fois qu’on me faisait de telles déclarations et que je voyais des morts. J’eus grand-peur et je m’enfuis en criant
1. Fr. Mesiano, op. cit., p.14 ; A. M. Turi, op. cit., p. 31.
2. Idem, op. cit., p.16, complété pour la suite par A. M. Turi, p. 36.
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Paolina, abbesse du Conservatoire de l’Immaculée de Vibo Valentia.
En 1942, Natuzza fut recueillie par sa grand-mère matemelle, Giuseppa Rettura. Mais elle continua à veiller sur ses frères et soeurs. À plusieurs reprises, elle chercha de l’aide auprès de prêtres pour pouvoir entrer dans une communauté religieuse, mais elle en fut chaque fois dissuadée. Cependant, elle se trouvait entre-temps en âge d’être mariée. Les prétendants étaient nombreux mais elle n’en avait nulle envie.
Natuzza, médium à incorporation
Natuzza finit cependant par tomber amoureuse d’un jeune du pays, un menuisier du nom de Pasquale Nicolace et ils se marièrent le 14 août 1943, alors que Natuzza venait d’avoir dix-neuf ans. Le mariage fut célébré par procuration, le jeune homme étant à l’armée. La bénédiction religieuse ne fut donnée au jeune couple que le 12 janvier de l’année suivante, à l’église Sainte-Marie-des-Anges, à Paravati. Cependant Natuzza gardait quelques craintes de n’avoir pas vraiment fait la volonté de Dieu en se mariant. Or donc, cinq jours après le début de sa cohabitation avec Pasquale, le 17 janvier, alors qu’elle était éveillée, à trois heures de l'après-midi, elle vit, en extase, la Madone, le Christ et saint Jean. Elle eut grand-peur et se mit à pleurer. Le Christ lui demanda : "Pourquoi pleures-tu ?" "J’ai pensé qu’une fois mariée, je n’étais plus digne de votre amour et que je n’aurais jamais dû me marier..." Le Seigneur reprit alors : "Je t’ai toujours aimée et je t’aimerai encore davantage si tu accomplis ton devoir d’épouse et de mère ; mais, attention ! je te mets dans les mains des fleurs fraîches et parfumées et malheur à toi si tu ne sais pas les garder ."
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Comme on était en guerre et que le jeune marié était à l’armée, Natuzza se mit au service de Mme Anna Laureani. Les phénomènes de transe et d’hémographie continuèrent et même se développèrent, prenant des formes encore plus impressionnantes.D’un seul coup, elle perdait connaissance, son corps devenait rigide, insensible aux piqûres et, peu après, sor-taient de sa bouche les paroles des morts. Elle devenait ce que l’on appelle en langage plus précis "médium à incorporation". Il s’agit donc d’un phénomène différent de celui que nous avions vu jusqu’ici. En effet, Natuzza ne répète plus ce que lui dit son ange gardien. Ce sont les morts qui parlent directement à travers sa gorge. Les timbres de voix pouvaient être très différents et correspondaient à ceux de défunts que les personnes présentes pouvaient reconnaître comme étant à ceux de parents ou d’amis décédés. Dans d’autres cas, ils n’étaient reconnus par personne mais, de toute façon, ce n’était jamais la voix de Natuzza. Presque toujours, ces voix déclinaient leur nom et leur identité. Natuzza délivrait alors des messages dans différentes langues, sans en connaître aucune. Les intonations, le style, les tournures de phrases, le vocabulaire pouvaient varier considérablement selon le milieu social et le caractère des défunts qui parlaient à travers elle.
1. Fr. Mesiano, op. cit, p.22 ; A. M. Turi, op. cit, p. 54.
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Au début, cette transe se produisait deux à trois fois par jour et les gens commençaient à aller voir Natuzza dans l’espoir de rencontrer à travers elle leurs chers disparus. Un jour, rapporte Silvio Colloca, vers la fin de 1943 début de 1944, je me trouvais à l’huilerie, à Paravati, quand ma cousine Annina Laureani m’appela pour me dire que Natuzza était tombée en transe. Je montai aussitôt chez cette cousine et je trouvai Natuzza assise sur le divan du salon, appuyée sur l’accoudoir du divan, la tête posant sur son bras, les yeux clos. A peine entré, la voix enfantine d’un enfant me dit par la bouche de Natuzza : " Entre, entre !" Je m’approchai en demandant : " Toi, qui es-tu ? " " Je suis ton oncle Livio ". Je restai stupéfait... Mon oncle, cet enfant ? Je compris plus tard qu’il s’agissait d’un frère de mon père, mort à l’âge de huit ans, en 1873 ou 1874, il y avait environ soixante-dix ans, et auquel j’étais bien loin de penser. Je commençai alors à parler avec lui, lui demandant des nouvelles de ma soeur Stella, qui avait suivi son mari, le consul Simonetta, à Tarvisio. Il y avait eu le débarquement des Américains, l’Italie avait été coupée en deux et nous n’avions plus de nouvelles de ces cousins. "Soit tranquille, elle va bien, elle n"a besoin de rien" " N'ayez aucune inquiétude, me rassura la voix et, en effet, comme nous l’apprîmes plus tard, ma soeur allait très bien. Pendant que l’enfant parlait avec moi, mon beau-frère, le docteur Armando Macri, s’approcha pour toucher Natuzza. La voix enfantine de l’enfant dit alors : " Inutile de la secouer, tu peux la jeter par la fenêtre, elle ne se réveillera pas. "
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" Je lui demandai encore d’autres choses ; il me répondit avec précision, mais, à un certain moment, il me dit : " Salut, mon oncle, la permission est terminée je dois m’en aller ; allez communier un jour pour moi. " Mon mari me traite comme une femme normale, sans rien d’exceptionnel", dit aujourd’hui Natuzza. Il en fut de même pour ses cinq enfants, nés à deux ou trois ans d' intervalle : Salvatore, né en 1945, Antonio, Anna Maria, Angela, Francesco. Il est vrai qu’au début elle eut un peu peur de ne pas arriver à concilier ses obligations de mère et d’épouse avec une existence si particulière.
La famille de Natuzza vivait très pauvrement. Avec la fin de la guerre et au retour du mari, la famille s’était installée dans sa propre maison, mais une maison bien pauvre et petite. Elle comportait un étage, mais ils n’en habitaient que le rez-de-chaussée. Elle était entourée d’une palissade en bois où étaient entrelacés des rosiers et du lierre. De chaque côté de la porte d’entrée, deux palmiers, l’un plus jeune et svelte, l’autre au tronc tout rouillé ; les deux assez déplumés. La porte était toujours ouverte, jusque tard dans la nuit. On entrait sans frapper,comme chez soi. La première pièce, toute petite, était rectangulaire. C’était la menuiserie de Pasquale. On le comprenait à la vue de trois ou quatre tables rabotées, d’un tas de copeaux, d’une hache et d’un rabot. En réalité, Pasquale n’avait pas toujours du travail. Les premières années du ménage furent assez dures, pleines de privations au fur et à mesure que les enfants naissaient. Mais Natuzza qui se dévouait tant à son prochain n’acceptait jamais ni argent, ni cadeaux, ni offrandes.
1.A M. Turi, op. cif., p. 52-53.
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Comme il n’avait pas de travail, c’était souvent Pasquale qui accueillait les gens avec son gentil sourire.La deuxième pièce remplissait toutes les fonctions. C’était la chambre, la salle à manger et la salle de réception. Immédiatement à gauche de l’entrée, une commode, un grand lit et une couchette dans un angle de la pièce. Quelques chaises de paille et des caisses de sapin le long du mur de droite. Il fallait encore y ajouter un tableau de la Madone et des gravures des stations du chemin de Croix.
Il y avait du monde à toutes les heures, mais c’est surtout à partir de trois ou quatre heures de l’après-midi que les gens commençaient à affluer pour écouter "la radio de l’autre monde". Les communications avaient lieu le soir de 21 h à 23 h au printemps et en été, de 18 h 30 à 20 h 30 en hiver. Les premiers arrivés occupaient les quelques sièges et les caisses. Les autres attendaient dans la première pièce.
Les bilocations
C’est à partir de la deuxième moitié de 1939 que les phénomènes de bilocation commencèrent à se manifester, alors que Natuzza travaillait encore chez les Colloca. Cela se produisait aussi bien lorsqu’elle était éveillée que lorsqu’elle dormait. Son double la quittait et, généralement conduite par des défunts, elle allait chez des gens qu’elle connaissait ou ne connaissait pas. Elle pouvait ensuite décrire ce qu’elle y avait vu ou entendu. Elle pouvait y agir en ayant un effet concret sur notre monde matériel.
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Une cousine de l’avocat Colloca, Giuseppina, venait d’avoir un bébé et elle était en train de l’allaiter, de nuit, lorsqu’elle entendit comme un bruit de pas. Elle leva les yeux et vit Natuzza en compagnie de son grand-père Francesco Romano, mort depuis bien des années. Ils étaient au centre de la pièce et s’avançaient vers elle. Terrorisée, Giuseppina se mit à trembler. Son mari, à côté d’elle, s’en aperçut et lui toucha le bras pour lui demander ce qu’elle avait. Mais la vision avait déjà disparu et son mari affirma qu’elle avait rêvé. Le lendemain, le mari se rendit chez les Colloca. Avant même qu’il n’ouvrît la bouche, Natuzza lui lança : "Je n’irai plus chez vous ! " Mais, que veux-tu dire ? " répondit le mari feignant de ne pas comprendre." Je n’irai plus chez vous, parce que votre dame a eu tellement peur, comme si elle avait vu, je ne sais quoi ! " Natuzza lui décrivit alors très exactement toute la scène, comment Giuseppina, pour protéger les yeux du bébé de la lumière, avait mis une carte postale sur la lampe ; elle décrivit la couleur de la couverture dans laquelle la maman avait enroulé le bébé et d’autres détails parfaitement exacts. Pourtant, Natuzza n’était jamais venue chez Giuseppinal. On peut citer aussi, à titre d’exemple, le cas de Giuseppe Mamone qui se produisit en octobre 1939. Giuseppe Mamone se levait chaque matin à cinq heures pour prendre le train qui l’emmenait à Vibo Valentia où il allait à l’école. Mais, cette nuit-là il s’éveilla brusquement et demanda à sa mère quelle heure il était.
1. A. M. Turi, op. cit., p. 72-73.
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La signora Francesca alluma la lumière dans sa chambre et, regardant le cadran du réveil posé sur sa table de nuit, elle lui répondit qu’il était cinq heures et qu’il était temps pour lui de se lever pour ne pas manquer son train. Mais Giuseppe, qui sentait qu’il n’avait pas eu son temps de sommeil, voulut vérifier la position des aiguilles. Il se leva, vint dans la chambre de sa mère et constata qu’il n’était que minuit vingt-cinq. Sa mère avait pris la grande aiguille pour la petite et inversement. Le garçon se remit au lit et se rendormit. Mais, pour Francesca l' histoire continue. Après avoir éteint, quand elle voulut se rendormir, elle vit à côté de son lit Natuzza, nu pied et vêtue d’un vêtement d’été qu’elle ne lui avait encore jamais vu. "Mais, que fais-tu là ? lui cria-t-elle." Comment as-tu fait pour entrer ‘alors que la porte était fermée ?"- "Non, elle était ouverte", répondit Natuzza et elle ajouta, en lui prenant le poignet comme pour lui tâter le pouls :"Vous voulez rejoindre les morts ?" À cette phrase, Francesca commença à trembler et s’écria : "Va-t’en ou je te tue !" Natuzza disparut, mais Francesca resta très troublée. Avait-elle rêvé ? Le lendemain, Francesca se rendit chez les Colloca où elle trouva Natuzza dehors, en train de laver le linge. Elle était habillée comme elle l’avait vue dans la nuit. Natuzza, la voyant, lui demanda aussitôt : "Comment allez-vous, dame Ciccia ?" Francesca répondit, menaçante : "Oh ! je vais te tuer". Effrayée, Natuzza se réfugia dans la maison en refermant la porte derrière elle. Alors Francesca lui cria : "Pourquoi me demandes-tu comment je vais ?"
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"Parce que cette nuit une vieille femme m’a conduite chez vous en me disant que vous étiez malade. Quand nous sommes arrivées, la lumière était allumée et nous ne sommes pas entrées. Puis, quand vous avez éteint la lumière, je me suis approchée de vous et je vous ai pris la main en vous demandant comment vous alliez"- "Ce n’est pas vrai, interrompit Francesca. tu m’as pris la main et tu m’as dit : " Vous voulez rejoindre les morts ? " Et qui était cette vieille femme avec laquelle tu es venue ?"- "Elle habite en face de la maison de Naccari. Si vous voulez, je vous fais voir la maison d’ou elle est sortie." Il s’agissait d’une tante de Francesca ; Mariana Cutulli morte depuis deux ou trois ans.
Le récit ne dit pas expressément que Natuzza se trouvait au même moment dans son lit, mais Francesca demeure convaincue que sa porte était fermée et qu’elle ne vit pas Natuzza sortir de sa chambre, mais disparaître Comme il ne peut s’agir d’une apparition puisque Natuzza a saisi la main de Francesca, il s’agit bien d’un cas de bilocation.
Un autre récit montre bien l’action matérielle de Natuzza en bilocation. Natuzza, étant allée à Catanzarc pour voir sa mère hospitalisée, arriva avant l’heure autorisée pour les visites aux malades. Elle décida donc d’aller d’abord chez une amie. Elle y resta le temps de prendre un café, mais, en partant elle oublia, sur un fauteuil, son foulard noir.
1. A. M. Turi, op. cit., p. 71-72.
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Vers la fin de l’après-midi, cette amie, qui s’appelait Italia Deodato, aperçut le foulard. C’était celui que Natuzza se mettait sur la tête quand elle allait à l’église. Elle téléphona aussitôt à Natuzza pour lui dire de ne pas s’inquiéter. Le foulard était chez elle et elle le lui ferait parvenir à Paravati, à la première occasion. Mais, le lendemain, voulant prendre le foulard sur ce fauteuil, elle ne le trouva plus. Personne dans la famille ne savait ce qu’il était devenu. Elle téléphona donc à Natuzza pour lui dire, très ennuyée, que le foulard avait mystérieusement disparu. "Ne vous inquiétez pas, lui répondit Natuzza. Ce matin, avant d’aller à la messe, j’ai eu l’impression de passer chez vous. J’ai aperçu le foulard et je l’ai repris."
"Ce n’est jamais moi qui provoque la bilocation, explique Natuzza. Des défunts ou des anges se présentent à moi et me conduisent dans des lieux où ma présence est nécessaire. Je vois parfaitement tout ce qui se trouve autour de moi. Je peux le décrire, je peux parler et être utile aux personnes que je trouve. Je peux ouvrir et fermer les portes, je peux agir. Je suis ici chez moi, je parle avec les miens et je me sens en même temps dans un autre lieu où je parle et j’agis de la même façon. La bilocation, ce n’est pas comme un film que l’on voit au cinéma ou à la télévision. Je me trouve vraiment au milieu de l’endroit que je visite. Je reste dans cet endroit le temps nécessaire pour l’accomplissement de ma mission, quelques secondes ou quelques minutes. Je suis bien consciente que mon corps physique se trouve à Paravati (ou en quelque autre lieu, mais différent de celui que je visite).
1. A. M. Turi, op. cit., p. 73-74 ; même récit chez Fr. Mesiano, op. cit., p. 86-87.
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Mais c’est comme si j’avais un autre corps. Le phénomène se produit aussi bien pendant que je dors ou de jour, tandis que je parle avec quelqu’un ou fais quelque chose. Parfois, je me trompe et je donne à la personne qui se trouve devant mon corps physique le message que je devais donner à la personne que je suis en train de visiter. Souvent je ne sais pas où je suis allée, à moins que je n’y sois déjà allée auparavant, mais normalement. C’est mon accompagnateur qui me donne le nom de la ville que je visite. Il le fait spontanément, ou à ma demande. Il n’y a pas longtemps, je suis allée à Genève, une autre fois à Londres. Le voyage ne semble pas avoir pris de temps. Je me trouve instantanément là où je dois arriver, quelle que soit la distance. Quand je vais chez quelqu’un, je me trouve directement dans la pièce ou, plus souvent, dans une pièce contiguë à celle où se trouve la personne que je dois visiter. J’ouvre la porte et je la referme, l’action terminée. Je n’ai jamais eu l’impression de traverser des murs ou des cloisons matérielles. Je me trouve directement là où je dois aller. Parfois je me rends dans une rue ou un espace extérieur. Quand je voyage ainsi, je n’observe jamais les choses d’en haut comme si je volais. Il me semble donc que le voyage ne s’effectue pas dans le monde physique mais dans le monde spirituel. Pourtant, je n’ai pas non plus l’impression de passer par un tunnel et je n’ai jamais vu de corde d’argent entre mon corps physique et mon corps spirituel.
Il m’est arrivé aussi de connaître une trilocation. Je me manifestais alors en deux endroits en même temps et dans les deux, j’étais vue par des personnes différentes.
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Les bilocations n’ont lieu que par la permission de Dieu, les âmes me le disent très clairement, et elles ont un but bien précis. Comme un phénomène n’en exclut pas un autre, elle pouvait fort bien laisser en souvenir quelque hémographie chez les personnes qu’elle visitait en bilocation, par exemple sur les draps ou les taies d’oreiller. En voici un exemple : Une (belle) nuit de la semaine sainte de 1972, Mme Anna Cosentino venait de se coucher, lorsque, tout d’un coup, elle voit Natuzza assise au pied de son lit. Effrayée, elle se cache la tête sous les draps. Le lendemain, en faisant son lit, elle découvre sur le drap des marques de sang formant des dessins en relation avec la Passion du Christ : une lance, une cordelette, des clous et une autre lance transperçant un coeur. Vu du côté de Natuzza, l’épisode donne ceci :"Au moment de me mettre au lit, vers les onze heures du soir, j’ai eu l’impression de me trouver chez Mme Cosentino, à Vérone. Ça n’a duré qu’un instant.J’ai vu la dame au lit, je lui ai souri, et quand, saisie par la peur, elle s’est cachée sous les draps, je me suis approchée et j’ai essayé de soulever le drap pour la rassurer. Mais j’ai fait quelques taches de sang sur le drap et comme j’en étais ennuyée, Jésus m’est apparu et, tout triste, m’a dit : " Ne t’inquiète pas ; je me manifesterai par ton sang afin que tous puissent voir, savoir et croire." Le lendemain matin, à peine éveillée, je racontai à mes enfants ce qui était arrivé pendant la nuit et les priais de m’appeler s’ils entendaient sonner le téléphone, car j’étais certaine que quelqu’un allait se manifester.
1. A. M. Turi, op. cit., p. 74-75,
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De fait, il n’était pas encore huit heures lorsqu’un monsieur, sans dire qui il était, me demanda par téléphone si, dans la nuit, je m’étais rendue en esprit en un pays lointain. Je lui racontai ce que j’avais eu l’impression d’avoir fait pendant la nuit, et c’est seulement alors que ce monsieur me dit qu’il était l’avocat Cosentino, le mari de Mme Anna. Quelques mois plus tard, l’avocat vint me voir et me montra un morceau de drap avec les signes de la passion de Jésus marqués par mon sang."
Nous avons donc bien ainsi, dans ce cas, une confirmation de plus de la réalité de cette bilocation.
1. Fr. Mesiano, op. cit, p. 90-91; même récit chez A. M. Turi, op. cit., p. 80-81.
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