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Madeleine Delbrêl (1904-1964) : la Charité passe par l’Eucharistie

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Madeleine Delbrêl (1904-1964) : la Charité passe par l’Eucharistie

Message par Her le Mer 16 Fév - 13:33

http://www.madeleine-delbrel.net/

Biographie de Madeleine Delbrêl

1904 Le 24 octobre naissance de Madeleine à Mussidan (Dordogne), fille unique d’un couple mal assorti : son père d’origine ouvrière devient cadre aux chemins de fer ; sa mère est issue d’une famille d’origine bourgeoise.
Enfance itinérante au gré des mutations professionnelles de son père. A 12 ans elle fait sa 1ère communion.

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A ce sujet, Madeleine dira elle-même, lors de sa dernière conférence, le 16 septembre 1964 : « J’ai vécu aussi, et cela fut une chance, hors des cloisonnements sociaux : ma famille était faite de tout ; par voie de conséquence, moi aussi. Dans cette situation anarchique, dès mon arrivée à Paris, vers treize ans, l’Intelligence avec un grand I eut la première place dans mon échelle de valeur. »
p. 309, « Nous autres, gens des rues », éditions du Seuil, 1966 – p.282 dans la collection Livre de vie,

1916 Arrivée à Paris, bien intégrée dans un milieu intellectuel et athée, elle aime la vie et le prouve : littérature, peinture, poésie. Présentation de ses premiers poèmes dans des cercles littéraires.

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Voici le début et la fin de « Dieu est mort, vive la mort », qu’elle écrivit à l’âge de 17 ans :

On a dit : « Dieu est mort. »
Puisque c’est vrai, il faut avoir le courage de ne plus vivre
comme s’il vivait.
On a réglé la question pour lui ; il faut la régler pour nous.
Tant que Dieu vivait, la mort n’était pas une mort pour de bon.
La mort de Dieu a rendu la nôtre plus sûre.
La mort est devenue la chose la plus sûre.
Il faut le savoir. Il ne faut pas vivre comme des gens pour qui
la vie est la grande chose.
(…)
On est tous tout près du même malheur, est-ce que oui ou non on aura le cran de le dire ? Le dire ? Mais avec quoi ? Les mots même Dieu les a esquintés…Peut-on dire à un mourant sans manquer de tact « Bonjour » ou « Bonsoir » ?
Alors on lui dit « Au revoir », ou « Adieu »…tant qu’on n’aura pas appris comment dire « A nulle part »… « A rien du tout »…

Version originale, « Eblouie par Dieu », corr. vol. 1, p29, mars 2004, éditions Nouvelle Cité

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Elle aime la vie et le prouve… mais cela ne l’empêche pas de se poser des questions de fond. Voici aussi un extrait d’un poème inédit du 18 mars 1922, « Chimère » :
La chimère apparaît à l’horizon des songes,
La chimère qui sait vous leurrer de mensonges
(…)
Et ce sera l’enchantement de vous sentir
Evadée du réel ; d’aller éperdue, ivre
(…)
Vers un monde d’amour, et d’art, et de Beauté,
L’idéal éclatera dans vos prunelles
(…)
Et vous voudrez bondir vers lui, mais la chimère
Sachant qu’il n’est jamais de songe sans réveil
Secouera son échine et de votre soleil
Stupide vous choirez dans l’ombre de la terre

1923 La jeune fille connaît un premier choc lorsque Jean, avec qui on la voyait fiancée, s’éloigne brusquement pour entrer chez les dominicains. Rencontre d’étudiants chrétiens, elle se pose des questions sur Dieu et écrit beaucoup. Au cours de l’année 1924 un 2ème drame surgit dans la vie de Madeleine avec la cécité de son père.

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Madeleine raconte elle-même cet épisode de sa vie en 1957 en annexe de son livre « Ivry, ville marxiste, terre de mission. »
« Jusque-là, je n’avais autour de moi que très peu de chrétiens. (… ) Mes camarades, au contraire ne posaient, et brutalement, que les difficultés posées par une foi. Oui, ils étaient fort à l’aise dans tout mon réel ; mais ils amenaient ce que je devais bien appeler « leur réel », et quel réel ! (…)A les rencontrer souvent pendant plusieurs mois, je ne pouvais plus honnêtement laisser non pas leur Dieu mais Dieu dans l’absurde. C’est alors que ma question s’est métamorphosée ; alors aussi que, pour être fidèle à mon anti-idéalisme, je modifiai ce que je pensais être une attitude de détail dans ma vie. Si je voulais être sincère, Dieu n’étant plus rigoureusement impossible ne devait pas être traité comme sûrement inexistant. Je choisis ce qui me paraissait le mieux traduire mon changement de perspective : je décidai de prier. L’enseignement pratique de ces quelques mois m’avait d’ailleurs fourni cette idée un jour où, à l’occasion d’un tintamarre quelconque, on avait évoqué Thérèse d’Avila, disant de penser silencieusement à Dieu pendant cinq minutes tous les jours. »
p.251, éditions du Cerf, Foi Vivante, 1970, réédité par Desclée de Brouwer en 1995 ( voir p. 203 )

29 mars 1924 Conversion.

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« Je décidai de prier. (…) Dés la première fois je priai à genoux par crainte, encore, de l’idéalisme. Je l’ai fait ce jour-là et beaucoup d’autres jours et sans chronométrage. Depuis, lisant et réfléchissant, j’ai trouvé Dieu ; mais en priant j’ai cru que Dieu me trouvait et qu’il est la vérité vivante, et qu’on peut l’aimer comme on aime une personne. »
p.251 éditions du Cerf, Foi Vivante, 1970 – p.203 éd 1995

1926 Paroisse Saint Dominique. Rencontre avec l’abbé Lorenzo qui va l’aider dans cette vie chrétienne retrouvée. Sa seule certitude est de faire connaître et aimer ce Dieu qui l’a éblouie. Elle pense toujours à faire une carrière littéraire et pense aussi entrer au Carmel.

Prix Sully Prud’homme pour son recueil de poèmes « La Route ».
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« Excuse ce petit mot hâtif mais il vient de m’arriver une agréable chose. Le jury
du prix Sully-Prudhomme vient d’attribuer à mon manuscrit « La Route » ce prix
qui s’élève cette année à 8000 francs.
Comme tu peux le penser j’en suis très heureuse mais comme je me décide à me
lancer carrément dans cette voie, je suis littéralement accablée de visites et
de démarches de toutes sortes (14 visites par jour !) et de lettres de remerciements ! … »
Lettre à Louise Salonne, 18 juillet 1926, « Eblouie par Dieu », corr. vol. 1, p69, mars 2004, éditions Nouvelle Cité.

Fin 1926 Engagement dans le scoutisme.

« Comme vie active, changement de programme : pour des raisons multiples qui ne sont pas sans m’affliger, j’ai dû quitter le patronage dont je m’occupais. Sans travail, je me suis décidée à m’engager dans le scoutisme, mouvement en général assez mal connu et qui est une promesse de redressement moral et spirituel sur les générations qui viennent. Mais, pour être « cheftaine » ou « sous-cheftaine », ce que je serai, c’est-à-dire chef des plus petits scouts, il faut passer par toute une initiation, intellectuelle, pratique et aussi physique. Je fais exercice sur exercice, je rampe, saute, chante, etc... autant de sports qui m'étaient assez peu familiers comme tu dois le croire. En janvier, ma cheftaine et moi prendrons possession de notre troupe.
Lettre à Louise Salonne, 23 décembre 1926
« Eblouie par Dieu », corr. vol. 1, p81, mars 2004, éditions Nouvelle Cité

1927 Pour Pâques, elle écrit à sa mère qu’elle « souhaite travailler avec Lui dans le monde ». Elle donne là le premier signe de son engagement de chrétienne laïque dans le monde.

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Vendredi-Saint 1927
Ma Miou aimée.

Après des jours de réflexions, de prière et d’épreuve,
je suis certaine de faire la volonté de notre même Maître
en restant à travailler pour Lui dans le monde.
Je te promets donc, sur le Christ, de ne jamais te quitter.
Soyons bien heureuses toutes les deux
et aidons-nous ma Maman.
Madeleine
« Eblouie par Dieu », corr. vol. 1, p89, mars 2004, éditions Nouvelle Cité
1930/32 Son engagement scout et la découverte des pauvres l’orientent vers un projet de vie commune.

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« A la suite d’une longue histoire d’âme, d’un passé, plusieurs jeunes filles (…) formèrent un petit groupe à couleur assez scoute, mais pas exclusivement scout, sous l’impulsion de M. l’abbé Lorenzo.
Nous désirions vivre autant que nos situations le permettaient, une vie d’Evangile. Nous désirions continuer la charité de l’Evangile selon son mode le plus simple, soigner, consoler, aider, visiter, vêtir, matériellement et surnaturellement. Dès le début nous avions refusé de chercher notre travail et de chercher des ouvriers ; le Seigneur était seul responsable de désigner l’un et de choisir les autres. Il s’en est merveilleusement acquitté. Il a sans cesse proportionné la tâche et nos mains, nous donnant beaucoup d’ouvrage quand nous avions beaucoup de forces (mourants à assister, mamans à suppléer, vieillards à visiter, infirmes à aider), supprimant toute demande de service dès que nous étions malades, nous ne gardions jamais un sou devant nous et nous avons toujours ce qu’il nous faut. Tous les quinze jours, une réunion nous groupe. Nous lisons les Actes des apôtres et Mr. l’Abbé nous apprend à moins mal aimer le Bon Dieu. Nous sommes dix huit !

Lettre à l’abbé Plaquevent, 12 janvier 1932,
« Eblouie par Dieu », corr. vol. 1, p178, mars 2004, éditions Nouvelle Cité

Oct.1932 Début d’études d’assistante sociale.

15 /10/33 Installation de Madeleine à Ivry avec 2 amies : Suzanne et Hélène. Découverte du communisme et de son athéisme militant. Les équipes laïques qu’elles fondent avec l’abbé Lorenzo rassemblera jusqu’à une quinzaine de femmes et existe toujours.

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+ Le 15 octobre 33

Bien chère Louise

Je ne veux pas partir sans avoir réparé près de toi un long silence.
J’entre ce soir dans un groupe religieux nouveau : la « Charité de Jésus », donné à la vie évangélique et au service des paroisses.
Je te reste unie et t’embrasse

Ta Madeleine

207 Route de Choisy Ivry s/ Seine

Lettre à Louise Salonne, datée du jour du départ.
« Eblouie par Dieu », corr. vol. 1, p218, mars 2004, éditions Nouvelle Cité
1935 Installation au 11 rue Raspail.
1936 Madeleine obtient son diplôme d’assistante sociale, sa thèse de fin d’études est publiée en 1937 sous le titre « Ampleur et dépendance du Service Social ».

« Je ne veux pas présenter le service social comme omniscient et omnipotent. Je veux simplement dire qu'il y a peu d'action, dans la société, à laquelle il ne soit mêlé ou de laquelle il ne soit appelé, logiquement, à se mêler ; qu'il y a peu de science sociale qui doive, au moins par un de ses aspects, le laisser indifférent. Dans l'action, il a cette chance d'être présent à tous les bouts de l'horizon social. Dans la pensée, il a cette autre chance de connaître expérimentalement. De là, une objectivité et un réalisme qui lui appartiennent et que j'ai voulu souligner. »

Introduction de « Ampleur et dépendance du Service Social », éd Bloud et Gay, 1937.


1938 Publication de « Nous autres, gens des rues » : s’y trouve définie la spiritualité du groupe.

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« Il y a des lieux où souffle l’Esprit, mais il y a un Esprit qui souffle en tout lieux.
Il y a des gens que Dieu prend et met à part.
Il y en a d’autres qu’il laisse dans la masse, qu’il ne « retire pas du monde. »
(…)
Nous autres, gens de la rue, croyons de toutes nos forces que cette rue, que ce monde où Dieu nous a mis est pour nous le lieu de notre sainteté.
Nous croyons que rien de nécessaire ne nous y manque, car si ce nécessaire nous manquait, Dieu nous l’aurait déjà donné. »

Premières phrases de « Nous autres, gens des rues », publié dans les Etudes Carmélitaines en 1938, puis en 1966 aux éditions du Seuil, dans le recueil qui porte son titre.


1939 La mairie d’Ivry l’embauche dans le service social, elle y travaillera toutes les années de guerre et d’après-guerre.

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« Travaillant de plus en plus avec les communistes, de plus en plus d’accord avec eux sur le monde scandaleux où nous vivions ensemble et l’efficacité qu’exigeait la suppression de son scandale, j’arrivai à envisager une décision qui me paraissait harmonieuse. Je leur laissai leur athéisme, je gardai notre Dieu et ensemble nous luttions pour la justice humaine.
Avant de prendre cette décision, il me parut normal de relire l’Evangile d’un bout à l’autre. En effet, si je ne l’avais pas abandonné, je m’étais peu à peu spécialisée sur des pages auxquelles je revenais sans cesse: celles où le Christ stigmatise mauvais riches et pharisiens; appelle au secours vers les pauvres; celles où le Christ m’apparaissait comme le leader révolutionnaire des petits et des opprimés. C’est une espèce de besoin d’honnêteté qui me fit entreprendre une relecture complète.
Tout en exigeant que j’aime mes amis communistes infiniment plus que je les aimais, l’Evangile éclairait brutalement entre moi-même et le communisme un désaccord fondamental jusqu’à nouvel ordre irréductible. J’étais fort ennuyée...
(...) ( Elle lit aussi « Lénine et la religion », une brochure du Parti)
Je le rappelle, j’étais convertie récente - j’avais été et je reste éblouie par Dieu. Il m’était, comme il me reste, impossible de mettre sur une même balance Dieu d’un côté, de l’autre tous les biens du monde, que ce soit pour moi ou pour toute l’humanité.
Je dis les choses telles que je les vivais à mes camarades.. et depuis je les ai redites aussi souvent qu’il a fallu. A Ivry, j’ai accepté de travailler avec eux pour des objectifs définis, limités dans le temps, chaque fois où ces objectifs coïncidaient avec les commandements du Seigneur. (...)

Dernière conférence de Madeleine, le 16 septembre 1964, publiée dans « Nous autres, gens des rues ». p.311, éd du Seuil

6 mai 1952 Madeleine part prier à Rome, ce qu’elle fit à Saint Pierre tout au long de la journée. Elle était convaincue que le soubassement de la prière de tous les chrétiens manquait aux prêtres ouvriers.

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Elle écrira à son retour trois pages publiées en 1966 dans « Nous autres, gens des rues » et dont voici quelques extraits :
« C’est la pensée du Christ que l’Eglise ne soit pas seulement quelque chose de vivant mais quelque chose de bâti ».
« Quand on parle de l’obéissance des saints, on réalise mal, je crois, combien elle s’apparente dans le corps de l’Eglise, à cette lutte interne des organismes vivants, où l’unité se fait dans des activités, des oppositions. »
« Il m’est apparu à quel point il faudrait que l’Eglise hiérarchique soit connue par les hommes, tous les hommes, comme les aimant. Pierre : une pierre à qui on demande d’aimer. J’ai compris ce qu’il fallait faire passer d’amour dans tous les signes de l’Eglise. »


1955 Décès de Jean Maydieu, puis de Jules et de Lucile Delbrêl à quelques mois d’intervalle.

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Elle écrit à des amis :
« Je n’avais pas douté un instant que la mort de mon Père serait un deuil pour vous aussi. Mais je n’avais pas imaginé que vous seriez là si vite et qu’en étant si fraternels pour mon Père, vous apporteriez à moi ce qui était après Dieu le plus fortifiant : quelque chose de mon enfance qui vécut encore… au moment où, sur la terre, je n’étais plus l’enfant de personne. Cette douleur, humblement humaine, vous l’avez unie à des paroles de Foi. De tout cela, je ne sais comment vous remercier. »
Lettre à M et Mme Durand, le 11 octobre 1955


Lucile était très proche de sa fille, au point qu’elle désira être enterrée à Ivry. Madeleine écrit :
« J’ai su, il n’y a pas longtemps, qu’elle avait exprimé le désir que son corps soit déposé à Ivry. Je puis le faire sans un passe-droit que je n’aurais pas accepté. Là, beaucoup d’amis, de camarades, l’ont précédée. Ce sera pour moi, ma « naturalisation » ivryenne… jusqu’au jour où Dieu voudrait que j’en prenne une autre. »
Lettre à Mgr Veuillot, le 7 décembre 1955
Nov.1953 Interdiction des prêtres ouvriers.
1954/58 Elle va vivre intensément les grands moments de la vie de l’Eglise, les rapports avec le marxisme et la « crise » des prêtres ouvriers.

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« Parce que nous rêvons d’un Christ-Eglise triomphant aux yeux des hommes, nous ne savons pas que le mystère du Christ est le mystère de l’Eglise et que jusqu’à la fin des temps il sera le sauveur humilié, camouflé sous des hommes limités et pécheurs, et que c’est en eux qu’il nous faudra le reconnaître. »
p .120 de « Nous autres gens des rues »

1959/60 Elle effectue de nombreux voyages et notamment en Pologne et en Afrique.

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De ces voyages elle a traduit une incarnation de la bonté :

« J’étais dans une grande ville, il y a plusieurs années, à l’étranger, c’étaient les dernières heures de quelques jours passés là. Je n’avais presque plus d’argent, j’étais très lasse, je souffrais de cette douleur qui frôle en nous l’animal dans l’animal raisonnable que nous sommes : la douleur de la mort, de plusieurs morts, des morts de la même chair que la mienne. Je ne crois pas que je représentais une catégorie humaine. Les vêtements que j’avais étaient sans particularité.
Je marchais depuis plusieurs heures dans les rues pour attendre le moment du train. Pourquoi ne pas dire que je pleurais ?
(…)
Mais tout d’un coup, mes deux épaules ont été prises dans un bras réconfortant et cordial. Une voix me dit : « Vous, café. Moi, donner. » C’était absolument clair. Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé après : c’est une chance car je suis sans goût pour le ridicule.
J’ai souvent parlé de cette personne, pensé à elle, prié pour elle avec une reconnaissance inusable et aujourd’hui, cherchant la bonté en chair et en os, c’est elle qui s’est imposée à moi. »
p. 157 de « Nous autres gens des rues »

13 oct 1964 Ses compagnes la trouvent sans vie à sa table de travail.

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Christine de Boismarmin, une de ses compagnes, conclut la biographie qu’elle a rédigée de Madeleine en citant un poème qu’elle écrivit quelques mois avant sa mort :
Un jour
Avant qu’il y ait des jours,
L’étoile a jeté sa lumière
A travers tout
Vers nous.
Nous tous qui n’existions pas,
Nous que Dieu préparait à vivre
Quelque part, on ne sait pas où.
La lumière arrive aujourd’hui,
Elle nous touche à la fin de ce jour,
Au soir de cette nuit dont elle crève l’ombre.
Et nous ne savons plus notre âge
Car nous ne savons plus ce que c’est que le temps.

Correspondance inédite, 1964, p. 194 de « Madeleine Delbrêl, rues des villes, chemins de Dieu », éd Nouvelle Cité, 1985 réédité en 2004
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Re: Madeleine Delbrêl (1904-1964) : la Charité passe par l’Eucharistie

Message par Her le Mer 16 Fév - 13:36

Le sens de la souffrance

Je suis persuadée que ce n'est pas l'épreuve qui est malfaisante fatalement. C'est le fatalisme, le désespoir ou la non espérance devant ce qu'on n'a pas pu éviter.
("Indivisible Amour", Centurion , 1992 - p.70)

Il ne nous est pas demandé d'être forts aux moments de souffrance. On ne demande pas au blé d'être fort quand on le broie mais de laisser le moulin en faire de la farine.
("Indivisible Amour", Centurion , 1992 - p 66)


La gaîté proverbiale de Madeleine, la joie profonde qu'elle puisait dans sa foi au Christ pouvaient faire penser qu'elle surmontait aisément les difficultés rencontrées au long de sa vie dans sa famille, sa santé ou ses engagements.

Sa joie pourtant n'était jamais naïve et se logeait au creux de la souffrance humaine à l'image du levain dans la pâte.

Une exploration récente * de la correspondance inédite et de certains poèmes a permis d'entrer plus avant dans la réflexion de Madeleine sur la souffrance.

Pour elle, celle-ci est d'abord un mal à combattre et son vrai sens ne peut être trouvé ailleurs que dans une communion au Christ crucifié, source de vie.
Son expérience rejoint donc celle de nombreux mystiques chrétiens.

* cf : "La souffrance chez Madeleine Delbrêl" de B. Pitaud, Madeleine Delbrêl connue et inconnue, Nouvelle Cité, mars 2004.
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