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Bibliothèque - Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

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Bibliothèque - Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

Message par Her le Mer 23 Nov - 7:56

Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

livre édité en 1882 sous le titre :
Les Divines Paroles ou ce que le Seigneur a dit à ses disciples dans le cours des siècles chrétiens

Présentation du Révérend Père Auguste Saudreau Dominicain

Quelles sont ces « Divines Paroles » ? Ce ne sont pas, il est vrai, les paroles inspirées par Dieu à ses écrivains sacrés ou prononcées par Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont l'ensemble forme les livres saints de l'ancien et du Nouveau Testament.
Ce sont des paroles adressées à des âmes saintes par le Seigneur, le Dieu vérité et amour. Tantôt elles se faisaient entendre dans l'air comme une voix venant du Ciel ; tantôt elles paraissaient sortir de la bouche du Crucifix ; tantôt elles étaient prononcées dans le mystérieux silence de ces âmes pendant leurs sublimes extases ; tantôt Notre-Seigneur les leur adressait de ses lèvres dans ses divines apparitions.

Nous affirmons que toutes ces paroles ont été empruntées à des vies de saints et de saintes publiées par leurs pieux et savants auteurs, avec l'approbation de l'autorité eccélsiastique.

Nous les avons classées sous différents titres, pour qu'elles offrent des enseignements divins sur presque toutes les matières qui sont l'objet de la doctrine chrétienne :
Sur Dieu et ses principaux attributs ;
Sur Notre-Seigneur Jésus-Christ ;
Jésus consolateur ;
Jésus victime ;
Sur toutes les vertus théologales et morales ;
Sur la Foi et l'humilité ;
Sur l'Espérance et la confiance ;
Sur la mortification, la patience et l'amour de la Croix ;
Sur la Charité envers Dieu et envers le prochain ;
Sur le zèle ;
Sur la vie religieuse et ses trois vœux ;
Sur la perfection ;
Sur l'union à Dieu ;
Sur le parfait abandon ;
Sur les fins dernières ;
Sur la prière et le saint office ;
Sur le Sacrements et sur les dévotions.

Nous avions recueilli ces Divines Paroles dans le but de rendre nos oraisons et nos prédictions moins infructueuses. L'expérience et les conseils de Religieux éclairés nous donnant l'espoir que ces paroles pourraient faire du bien, nous les publions en les dédiant spécialement aux âmes sacerdotales, religieuses, pieuses, à toutes celles qui aspirent à une union plus intime avec Dieu, par Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Notre-Seigneur Jésus-Christ a dit à sainte Gertrude : « Si tu veux avoir des reliques qui attirent avec efficacité mon cœur vers celui qui les possède, lis le texte de ma passion, considère avec soin les paroles que j'ai prononcées avec le plus d'affection, écris-les et conserve-les comme des reliques. »

Âmes pieuses, voici le livre qui renferme les paroles que Notre-Seigneur a adressées à ses intimes. Acceptez-les, nous vous l'offrons comme un reliquaire sacré qui inclinera le cœur de Jésus vers votre cœur et vous inspirera de lui adresser souvent et toujours avec efficacité cette prière : « cœur de mon Dieu, soyez le Dieu de mon cœur. »

Nous vous l'offrons dans la pensée qu'après les Saintes Écritures, c'est celui qui peut-être vous fera mieux connaître et plus aimer le Seigneur votre Dieu. Chaque jour, prenez et lisez quelques pages de ce livre en disant à votre âme : « Mon âme, écoute le Seigneur et nourris-toi de sa Parole. »
Nous protestons que nous nous soumettons pleinement aux prescriptions du décret de Notre Très Saint-Père le Pape Urbain VIII, décret expédié à la Sacrée Congrégation de l'Inquisition universelle de l'Église romaine, le 13 mars 1625, et confirmé le 5 juillet 1634. Nous protestons encore de notre parfaite soumission au jugement de la sainte Église romaine.


Offrande à Dieu du livre des Divines Paroles

Seigneur, voici le Livre de vos Divines Paroles, je vous l'offre prosterné à vos pieds ; puisse votre infinie bonté l'accepter et le bénir, en disant de lui ce que vous avez dit du livre de sainte Mechtilde : « Tout ce qui est écrit dans ce livre a coulé de mon cœur divin et y reviendra ; tous ceux qui me cherchent avec un cœur fidèle y trouveront une cause de joie ; ceux qui m'aiment s'embraseront davantage en mon amour et ceux qui sont dans l'affliction y trouveront la consolation. »

Je vous l'offre, ce livre, vous suppliant humblement de faire pour lui ce que vous avez fait pour le livre de sainte Gertrude quand vous avez dit : « Je presse ce livre contre ma poitrine, pour en pénétrer toutes les lettres de la douceur de ma divinité, ainsi qu'un doux hydromel pénètre une bouchée de pain frais de pure fleur de froment, afin que celui qui, pour ma gloire, lira ce livre avec une humble dévotion en perçoive un fruit de salut éternel. Je sanctifie en ce moment, par ma céleste bénédiction, tout ce qui est écrit dans ce livre pour le salut de ceux qui voudront y lire avec une humble dévotion. Je pénètrerai de la douceur de mon amour divin et je féconderai toutes les paroles de ce livre qui m'est offert en ce moment. Quiconque venant à moi avec un cœur humilié, voudra y lire pour l'amour de mon amour, je le prendrai en mon sein et lui montrerai, comme de mon doigt, les endroits qui lui seront utiles. Et de plus, je m'approcherai alors si près de lui que, de même qu'une personne qui a la bouche pleine d'arôme exhale une douce haleine, sensible à ceux qui l'approchent, je lui ferai sentir alors, avec efficacité, le souffle de ma divinité pour le salut de son âme. »

Je vous l'offre, ce livre, en conjurant votre bonne Providence de le répandre partout où il pourra faire du bien ! Je vous l'offre et je vous supplie, ô mon Dieu, de le couvrir de votre bénédiction, afin que ces Divines Paroles produisent dans l'âme de ceux qui les liront ces mêmes fruits de grâces et de vertus qu'elles ont produits dans l'âme des saints qui les ont reçues de vos lèvres divines.

Sainte-Baume (Var), 22 juillet 1883, fête de sainte Madeleine.
NIHIL OBSTAT
D.DURESNE, CENSOR

IMPRIMATUR

Andegavi, die 25 Julii 1936.

Josephus, Episcopus Andegavensis.

Protestation

Humblement soumis aux décrets su Daint-Siège Apostolique, nous protestons qu'à tous les faits rapportés dans cet ouvrage, ainsi qu'aux épithètes de Bienheureux ou de Saint, s'il nous arrive de les attribuer à des serviteurs de Dieu non canonisés, nous n'entendons reconnaître qu'une autorité purement humaine ; nous protestons en outre que tout cet ouvrage, nous le soumettons sans restriction aucune, et dans les sentiments de la plus respectueuse et filiale obéissance au jugement de la Sainte Église.


PREFACE D'AUGUSTE SAUDREAU

L'ouvrage que nous donnons de nouveau au public fut composé en 1882 par notre oncle vénéré, le Révérend Père Saudreau, dominicain, alors gardien de la Sainte-Baume . Quand les éditions faites de son vivant furent épuisées, nous crûmes faire œuvre utile en préparant une quatrième édition.

Mais des retouches s'imposaient. Dans les premières éditions, toutes les citations étaient sans références ; l'auteur ne visant que l'édification, n'indiquait jamais ses sources. Nous avons pu, à force de recherches, faire connaître les livres et les chapitres de ces livres où étaient rapportées les paroles révélées; fort peu nous ont échappé. Il nous a paru bon d'augmenter ce recueil. Beaucoup de très belles paroles pouvaient y être ajoutées ; nous n'avons pas voulu en priver le lecteur. Cet appoint est considérable ; il forme plus de la moitié du présent ouvrage. Des chapitres nouveaux ont été insérés, composés en très grande partie de nouvelles citations. Certaines transpositions semblaient nécessaires, transpositions de paroles qui étaient mieux à leur place en d'autres chapitres, transpositions de quelques chapitres qui nous ont paru justifiées. Ainsi les trois vertus théologales, qui étaient séparées, ont été rapprochées ; l'ordre adopté nous a paru plus logique. Les textes ont été revus ; de presque tous les textes non français nous avons pu trouver l'original, et quand nous l'avons cru meilleur, nous avons corrigé la traduction. La plupart des titres ont été modifiés ; nous nous sommes appliqué à bien mettre en lumière dans le titre la pensée principale qu'exprimaient les Divines Paroles, la vérité pratique qu'elles voulaient nous communiquer.

C'est donc toute une refonte que nous avons faite, et nous l'avons faite sans scrupule, convaincu que si le vénéré auteur avait été vivant, il eût accepté de grand cœur ces modifications, ou plutôt qu'il eût lui-même amendé et perfectionné son œuvre
Dans cette cinquième édition (1936) ont été ajoutées un bon nombre de Divines Paroles fort instructives et très touchantes.
Quelle autorité faut-il attribuer aux paroles révélées que nous présentons au lecteur ? Les théologiens nous enseignent que, alors même qu'elles sont rapportées par les saints, on ne peut garantir avec pleine certitude la provenance divine des révélations privées ; les plus saints eux-mêmes ont pu parfois se tromper en croyant que c'était Dieu qui leur parlait .

Plusieurs de ces révélations ont, il est vrai, été recommandées par l'Église, mais quand l'Église approuve ou même recommande des révélations privées, elle se borne à déclarer qu'on peut les croire pieusement, qu'elles ne renferment rien de contraire à son enseignement, qu'elles sont édifiantes et salutaires.

Nous déclarons donc que nous n'affirmons pas d'une manière certaine l'origine divine des paroles citées dans cet ouvrage. Les probabilités pour toutes ne sont pas égales ; pour les bien peser il faudrait considérer, entre autres choses, si elles sont rapportées par le personnage même qui les a entendues ou par d'autres témoins, si la personne qui les a entendues les a rapportées ou écrites aussitôt après, ou après un long intervalle. Sainte Thérèse, à la fin du livre de sa vie (ch.39), fait la déclaration suivantes : « Beaucoup de choses que j'écris ici ne sont pas de ma tête, elles m'ont été dites par mon Maître céleste. Quand je dis expressément : j'ai entendu ceci, ou le Seigneur m'a dit, je me ferais grand scrupule d'ajouter ou de retrancher une seule syllabe ; quand je ne me rappelle pas tour ponctuellement, et qu'il peut y avoir du mien dans ce que je dis, je parle comme de moi-même. » Mais tous les privilégiés du Seigneur ne prennent pas les mêmes précautions, et plusieurs ont pu traduire avec une exactitude moindre les pensées qui leur étaient communiquées.

La grande règle qui doit nous conduire, quand on nous rapporte des révélations privées et quand le témoin est vraiment digne de foi, est celle que donne saint Paul : « Ne méprisez pas les prophéties, mais éprouvez tout et retenez ce qui est bon. » (1 Thess.,5,20.) Éprouver les paroles révélées, c'est surtout les rapprocher des enseignements de la foi ; garder ce qui est bon, c'est retenir ce qu'elles présentent de certain et d'édifiant.

Remarquons que les saints, indépendamment des paroles qu'ils entendent ou croient entendre, reçoivent certainement de Dieu, par le moyen des dons du Saint-Esprit, de grandes et précises lumières ; quand ils parlent, quand ils exposent leurs pensées, les lumières dont ils sont comblés par le Seigneur donnent beaucoup d'autorité à leurs paroles ; ils sont encore le plus souvent l'écho du Saint-Esprit, même s'ils ne rapportent pas des paroles sorties de la bouche de Dieu ; et s'ils se trompent en croyant inspirées les pensées qui viennent d'eux, encore est-il que ces pensées sont le fruit de leurs réflexions et des illuminations de la grâce.
Supposez même qu'aucune des paroles qui sont ici présentées au lecteur ne fût de Dieu, il est certain que cet ouvrage serait encore très édifiant, très instructif et rempli d'une doctrine très conforme à la doctrine révélée. Notre-Seigneur y apparaît vraiment tel qu'il se montre dans l'Évangile, plein d'amour, de bonté, de miséricorde et de sainteté.

Que le lecteur nous permette de lui faire une recommandation : qu'il ne cherche pas en lisant ce livre à satisfaire sa curiosité et à dévorer avidement un grand nombre de pages ; il serait déçu et il n'en retirerait guère de profit. La plupart des paroles ici rapportées ont plus de profondeur que d'éclat ; elles gagnent à être lues posément, à être savourées, à être relues encore.
Certaines personnes qui ne peuvent s'astreindre à une marche trop méthodique à l'oraison, et qui pour ce motif ne goûtent guère la plupart des livres de méditation, ont pourtant besoin de quelque bon livre pour se mettre dans de pieuses pensées au début de ce saint exercice ; la lecture d'une ou de plusieurs des paroles de cet ouvrage pourrait beaucoup les aider.

Certes, nous n'avons pas donné ici tous les enseignements que les saints ont attribués au Seigneur. Ainsi dans le beau livre des dialogues de saint Catherine de Sienne, nous n'avons pris que des extraits; D'autres pourront faire des recueils plus complets. Tel qu'il est, celui Que nous présentons au lecteur pourra faire du bien : c'est notre seule ambition et c'est notre doux espoir.
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Re: Bibliothèque - Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

Message par Her le Mer 23 Nov - 7:57

Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

livre édité en 1882 sous le titre :

Les Divines Paroles ou ce que le Seigneur a dit à ses disciples dans le cours des siècles chrétiens
Par le Révérend Père Auguste Saudreau Dominicain


CHAPITRE I : Encouragements divins à lire, à méditer et à faire connaître aux autres les paroles révélées

1. Le Seigneur ordonne d’écrire ses paroles

Sainte Thérèse entendit un jour le Seigneur lui dire : « Tu sais que je te parle quelquefois. Ne manque pas d’écrire mes paroles, car si elles ne te sont pas utiles à toi-même, elles pourront l’être à d’autres » (Relation, 52.) Et une autre fois : « Ne manque pas d’écrire les avis que je te donne, afin de ne pas les oublier. Puisque tu aimes à avoir par écrit ceux qui te viennent des hommes, comment regardes-tu comme une perte de temps d’écrire ceux que tu reçois de moi ? Un temps viendra où les uns et les autres te seront nécessaires. » (Relation, 64).
Le confident et le confesseur d’Angèle de Foligno ayant transcrit les paroles du Seigneur que lui avait rapportées la bienheureuse, celle-ci craignit qu’il ne se fût glissé dans ces pages quelque erreur. Le Seigneur dit à Angèle : « tout ce qui est écrit ici est véridique, il n'y a rien de mensonger. » Et une autre fois : « Tout ce qui a été écrit l'a été selon ma volonté et vient de moi … Je le scellerai. » (Traductions Doncœur, pp.81 et 181, et Ferré, pp 85, 249)
Il lui fut encore dit : « Fais écrire, à la suite des paroles que vous dites ceci : qu'on rende grâces à Dieu de tout ce que vous écrivez. » (Doncœur, p.84; Ferré, p.89)
Même recommandation faite par le Seigneur à sainte Brigitte : « Moi, Dieu, j'ai plusieurs enfants qui sont retenus dans les pièges du démon. Mon amour leur envoie les paroles de ma bouche par une femme. Entendez donc, vous, ô Frère Pierre , écrivez en langue latine ce qu'elle vous dira de ma part en langue vulgaire, et je vous donnerai pour chaque lettre, non de l'or et de l'argent, mais un trésor qui ne vieillira jamais. » (Révél. Extrav., ch. 48)
Sainte Gertrude répugnait à donner par écrit ses révélations, elle s'excusait en se disant qu'elle avait assez fait de vive voix pour l'utilité du prochain, mais le Seigneur lui opposa cette parole qu'elle avait entendu lire la nuit même aux Matines : « Si le Seigneur n'eût voulu faire connaître sa doctrine qu'à ceux qui étaient présents, il n'y aurait eu que des paroles et rien d'écrit. Mais aujourd'hui ses paroles sont aussi écrites pour le salut d'un plus grand nombre. » Et il ajouté : « Je veux avoir dans tes écrits un témoignage irrécusable de ma divine tendresse, pour ces derniers temps où je me dispose à faire du bien à un grand nombre; » (Liv. 2, ch.10)
Pendant que j'écrivais aujourd'hui dans ma cellule, raconte sainte sainte Véronique Juliani , j’entendis une voix intérieure qui me dit : " Je suis avec toi, que veux-tu de plus ? " Cette voix me paraissait être celle du Seigneur. Elle me causait tant de contentement que j’étais comme hors de moi ; cependant je continuais d’écrire. A la fin ne le pouvant plus, je voulus me mettre à faire oraison. Mais de nouveau j’entendis la voix qui me dit : " Écris ; la fatigue que tu éprouves m’est agréable autant que l’oraison, parce que ces choses (que tu écris) seront de grand profit aux âmes. Donc écris tout. Ce sont mes œuvres, n’en doute pas. " (Diario, 13 settembre 1697.)
« Tes écrits iront dans le monde entier, pour ma gloire et le bien des âmes. " (23 maggio 1697.)
« Ma fille, dit le Seigneur à Madeleine Vigneron , je veux vous découvrir les grâces que vous avez reçues de moi, votre Epoux, et que vous les écriviez avec les manquements que vous y avez apportés…à la vérité vous y souffrirez beaucoup, le démon vous tourmentera de toutes manières, mais, ma fille, ayez bon courage, je vous assisterai ; les tourments passeront, et si vous persévérez, il sera enfin confondu et votre Jésus règnera tout pur dans votre cœur. " (Ire part., ch. Ier.)
Le Sauveur fit le même commandement à la bienheureuse Varani d’écrire les révélations qu’il lui avait faites sur ses souffrances intérieures. (Opere spirituali, p. 53.)
Les directeurs de sainte Marguerite-Marie lui avaient ordonné d’écrire les grâces merveilleuses qu’elle recevait, mais elle éprouvait une vive répugnance à le faire ; son divin Maître l’en reprit : Pourquoi refuses-tu d’obéir à ma voix qui te demande de mettre par écrit ce qui vient de Moi et non de toi, car tu n’y as pour ta part qu’une simple adhérence ; considère ce que tu es et ce que tu mérites, et tu pourras connaître d’où vient le bien que tu possèdes. Pourquoi crains-tu puisque je t’ai donné pour asile le lieu où tout est rendu facile. " (Éditions Gauthey, I, p. 109.)
Comme Marguerite en accomplissant cette obéissance ressentait toujours la même peine et s’en plaignait à Notre-Seigneur : " Poursuis ma fille, poursuis, il n’en sera ni plus ni moins pour toutes tes répugnances ; il faut que ma volonté s’accomplisse ", lui dit Jésus. (II, p. 39.)
Notre Seigneur dit à Marie-Céleste : " Bien aimée de mon cœur, écris de moi. Ce que je t’ai communiqué dans le secret, dis-le publiquement. Car ma volonté est que tu manifestes les vérités que tu as reçues de ma sagesse sur mon Incarnation et la magnificence des œuvres que j’ai accomplies en prenant la nature humaine. Oh ! que de secrets sur ma vie et ma mort sont cachées aux hommes ! Je te commande donc d’écrire de moi afin que mon nom soit glorifié sur la terre. " (Vie, p. 362.)
Jésus déclara plusieurs fois à Sœur Benigna Consolata la mission qu'Il voulait lui confier, et lui fit comprendre qu’elle devait être son instrument. Ayant dit quelque chose à Jésus du désir que j’avais de faire connaître ses miséricordes, Il me dit : " Mais oui, tu le peux; tes écrits sont destinés à les faire connaître. Toute parole que tu écris chante ma miséricorde. Ecris le plus que tu le peux. Je veux avoir besoin de toi, pauvre petit rien, pour faire parvenir aux âmes mes miséricordes. " (Pp. 103, 104.)

2. Bénédictions promises à ceux qui ont écrit les paroles divines

Paroles du Seigneur à sainte Gertrude : " Celui qui transcrira ce livre recevra à chaque trait qui s'y trouve les flèches de l’amour que je lui lancerai de mon divin Cœur et qui exciteront dans son âme les sentiments les plus délicieux d’une divine suavité. " (Prologue.) " Le travail de la personne qui a écrit ce livre m’est aussi agréable que si elle avait suspendu en mon honneur autant de cassolettes qu’elle y formé de lettres. " (Liv. V, ch. III.) " Dis au frère qui écrit quand tu parles, dit le Seigneur à sainte Angèle de Foligno, de travailler à se faire petit. Il est aimé du Dieu tout-puissant. Dis-lui d’aimer le Dieu tout-puissant. " (Ch. L.)

3. Le Seigneur a aidé ceux qui ont transmis aux hommes ses paroles

Sainte Mechtilde sachant que deux de ses Sœurs -dont l’une n’était autre que, semble-t-il, que sainte Gertrude- écrivaient un livre de toutes les révélations qui lui avaient été faites, disait au Seigneur : D’où puis-je savoir que tout ce qui est écrit est vrai, puisque je ne l’ai ni lu ni approuvé ? Et encore le lirais-je que je ne m’en rapporterais pas parfaitement à moi-même. Le Seigneur lui répondit : " Je suis dans les cœurs de celles qui désirent t’entendre, en excitant chez elles ce désir. Je suis leur intelligence lorsqu’elles t’entendent, qui leur fait comprendre ce que tu leur rapportes. Je suis aussi dans leur bouche lorsqu’elles en parlent : je suis dans leur main lorsqu’elles l’écrivent, en tout je suis leur aide et leur coopérateur ; et de la sorte tout ce qu’elles dictent et écrivent en moi et par moi qui suis la vérité, est vrai… Ce qu’elles écrivent, bien que manquant de l’élégance avec laquelle je te l’ai communiqué, toutefois avec l’aide et la coopération de ma grâce, recevra le cachet et la confirmation de ma vérité. Tu m’as d’ailleurs si souvent prié de ne pas te laisser séduire par l’esprit d’erreur, que tu as toute raison de croire que ma bonté t’a exaucée en ce point. " (Ve part., ch. XXII.)
Plus tard, quand le livre fut achevé, le Seigneur lui dit : ne crains rien, c’est moi qui ai tout fait ; tout est donc mon ouvrage. Le don que tu as eu vient de moi, et aussi véritablement que tu l’as reçu de mon Esprit, de même c’est mon esprit qui a poussé vraiment celles-ci à écrire et à poursuivre ce travail. Elles ont en vérité écrit d’après mon Esprit tous les mots de ce livre, qui éternellement brilleront dans leurs couronnes devant mes yeux. " (Vie part. , ch. 31.)
Sainte Gertrude, dont une autre Sœur écrivait également les révélations, reçut du Seigneur la même assurance : " Puisque tu sais que ma volonté est que ce livre soit écrit, pourquoi te troubler ? C’est moi en effet qui pousse celle qui l’écrit, et je l’aiderai fidèlement. " (Prologue.)

4. Pourquoi Dieu choisit les simples pour être ses interprètes

On avait dit à la Sœur Mechtilde que le livre contenant ses révélations seraient brûlé. Hélas Seigneur, dit-elle, m’avez-vous donc fait illusion en m’ordonnant d’écrire ce livre ? Dieu apparut aussitôt à son âme affligée, et tenant ce livre dans sa main droite, Il dit : " Ma bien aimée, ne soit pas troublée à ce point ; on ne peut brûler la vérité. Celui qui me le prendra des mains devra être plus fort que moi… Considère avec attention mes paroles et vois avec quel amour elles manifestent mes secrets et ne doute plus de toi-même. " Et comme l’humble Sœur objectait son ignorance et sa misère : " Ma fille, reprit le Seigneur, beaucoup de gens perdent leur or précieux par leur négligence, ils ne suivent pas la voie qui les auraient conduits à une école supérieure… J’ai toujours cherché pour accorder mes dons spirituels les plus humbles, les plus petits. Les hautes montagnes ne peuvent recevoir la révélation de mes grâces, car mon Esprit-Saint les fait couler dans les humbles vallées. Beaucoup qui passent pour savants dans les Écritures ne sont à mes yeux que des insensés. C’est pour moi une grande gloire et c’est pour la sainte chrétienté (l'Église), une force puissante de voir une bouche ignorante donner des leçons, d’après mon Esprit-Saint, aux langues érudites. " (Introduction, V.)
Le frère Henri ayant manifesté son étonnement des révélations faites à Sœur Mechtilde, le Seigneur dit à celle-ci : " Demande-lui comment il se fit que les apôtres après avoir montré une si grande timidité, parurent si hardis quand ils eurent reçu le Saint-Esprit… demande-lui comment Daniel prit la parole, quand il n’était qu’un enfant, qu’il convainquit de mensonge les vieillards iniques et qu’il délivra Suzanne. " (Liv.II, ch. XXII.)

5. Fruits que doivent produire les paroles divines

Le Fils de Dieu dit à sainte Brigitte : " Les paroles que vous entendez dans vos révélations raniment comme une bonne boisson ceux qui désirent la charité, elles échauffent les froids, elles apaisent les troublés, elles affermissent les faibles d’esprit. " (Liv.V, n° 11.)
A la Sœur Mechtilde furent dites ces paroles : " J’envoie ce livre à tous les gens d’église, bons ou mauvais, parce que si les colonnes se renversent, l’édifice ne peut plus se soutenir…C’est moi qui l’ait fait, ne pouvant plus me retenir de répandre au dehors mes faveurs…Dans ce livre toutes les âmes désolées, troublées trouveront leur consolation, mais ceux qui chercheront ailleurs leur consolation recevront de ces paroles un trouble plus grand encore. " (Introduction, VI.) " Ce livre est écrit avec le sang de mon cœur. " (Liv. II, ch. XII.)
Sainte Gertrude entendit le Seigneur lui dire : " Si quelqu’un veut lire en ce livre pour son progrès spirituel, je l’attirerai près de moi de telle sorte qu’il semblera que je tiens le livre dans mes mains et que je m’associe à sa lecture… J’aspirerai le souffle de ses désirs qui viendront émouvoir mes entrailles en sa faveur ; je lui inspirerai le souffle de ma divinité, et mon esprit renouvellera son intérieur. " (Prologue.) " Je retrouve partout dans le livre l’inexplicable douceur de l’amour divin, qui l’a fait écrire ; j’y respire la suave odeur de la bonne volonté de la personne qui l’écrit, enfin je suis agréablement flatté d’y contempler l’image de ma gratuite bonté, qui se manifeste à chaque page. " (Liv. V, ch. XXXIII.) " Je pénétrerai de la douceur de mon amour divin et je féconderai toutes les paroles de ce livre… qui a été vraiment écrit sous l’impulsion de mon esprit. Quiconque venant à moi avec un cœur humilié voudra y lire pour l’amour de mon amour, je le prendrai en mon sein, et lui montrerai, comme de mon doigt, les endroits qui lui seront utiles… et je lui ferai sentir le souffle de ma divinité pour le salut de son âme. " (Ibid., ch. XXXIV.)
Semblables promesses furent faites à sainte Mechtilde : " Tout ce qui est écrit dans ce livre a coulé de mon Cœur divin et y reviendra… Tous ceux qui me recherchent avec un cœur fidèle, trouveront dans ce livre une cause de joie, ceux qui m’aiment s’embraseront davantage de mon amour et ceux qui sont dans l’affliction y trouveront la consolation. " (Liv. II, ch. XLIII.)

6. Les paroles divines ont aussi pour but de guérir les hommes de leurs péchés

Sainte Brigitte fut chargée de transmettre à son archevêque les paroles suivantes : " Vous admirez pourquoi je parle. Mais " élevez vos yeux, voyez et écoutez. Demandez comment je suis méprisé de tous, rejeté de tous ; personne ne veut m’avoir en son amour. Le cœur de l’homme est dévoré par une cupidité insatiable du levant jusqu’au couchant, cruel même jusqu’à verser le sang de son prochain. Tout le monde s’habille avec orgueil. Les hommes se livrent à la volupté comme des animaux. Quels sont les défenseurs de la foi; en trouve-t-on qui combattent les ennemis de Dieu, où sont ceux qui donnent leur vie pour le Seigneur ? Vous trouverez bien peu d’hommes qui soient mes amis. Pensez à ces choses et vous verrez que je ne parle pas sans sujet… Prenez donc mes paroles et voyez si elles sont, non pas pourries, mais pures et entières, si elles témoignent une foi saine et droite ; voyez si elles sont dignes de mon or, si elles conduisent de l’honneur du monde à l’honneur de Dieu, de la voie de l’enfer à la sublimité du ciel. " (Révél extrav., 51.)

7. Les péchés des hommes peuvent empêcher le fruit des paroles divines

Toutes les œuvres de Dieu peuvent être combattues par les créatures. Ainsi il peut se trouver des obstacles qui empêchent, au moins momentanément la parole divine de porter son fruit ; le Seigneur l’a déclaré en ces termes à sainte Brigitte : Ce royaume (de Suède) est souillé par un grand péché qui depuis longtemps reste impuni ; c’est pourquoi mes paroles n’y peuvent fructifier, comme je l’expliquerai par une comparaison. Si l’on plantait en terre un noyau sur lequel on mettait un fardeau pesant, la tige ne pourrait monter. Le noyau étant bon, ne pouvant pousser en haut, pousserait en bas et étendrait très profondément ses racines ; et après, non seulement il portera de bons fruits, mais encore il anéantira tout ce qui s’oppose à sa croissance, et il s’étendra par-dessus l’obstacle. Ce noyau signifie ma parole, qui ne peut fructifier en ce royaume, à raison du péché ; elle profitera plus ailleurs jusqu’à ce que, ma miséricorde grandissant, l’endurcissement de cette terre et de ce royaume soit ôté. " (Liv. V, ch. XII.) Ainsi beaucoup d’œuvres divines combattues persévèrent dans la prière et le sacrifice, elles n’en produisent que de plus grands fruits.

8. Il ne faut pas mépriser les révélations divines

Sainte Gertrude se demandait pourquoi le Seigneur la pressait de manifester ce qui est écrit dans son livre, car elle n’ignorait pas que certains petits esprits feraient peu de cas de ses dons et s’en serviraient comme d’un texte à calomnies. Le Seigneur lui dit : " Pour ceux qui voudraient calomnier ces dons, que le péché leur en retombe sur leur tête. (Liv. Ier, ch. XV.)
Je ne souffre pas ceux qui pervertissent le sens de ces révélations et qui parlent contre ces écrits ; au reste je triompherai d’eux comme des autres. " (Liv. V. ch. VII.)
Celui qui, poussé d’une veine et orgueilleuse curiosité, faussera le sens de ce livre, je ne le supporterai pas et je n’hésiterai pas à le renverser par ma vertu divine et à le couvrir de confusion. " (Liv. V. ch. XXXIV.)
" Moins il y a du vôtre dans ces écrits, plus ils sont de moi, dit le Seigneur, dit le Seigneur à Madeleine Vigneron, sachez que mon dessein n’est autre que d’avancer votre perfection et non point de la retarder. Les démons qui ont fait passer la conduite de ma vie pour criminelle, bien qu’elle fut l’innocence même voudraient encore faire passer pour telle la conduite que je tiens sur votre âme, quoi qu’elle fut remplie de mes plus grandes miséricordes… Quand ces écrits viendraient à être méprisés comme un récit qui passe par la croyance, cela ne doit point vous décourager, puisque les hommes ont condamné ce qu’ils m’ont vu faire d’extraordinaire ; quoique je l’ai autorisé par des raisons divines et que ce fût pour leur salut, ils n’ont pas laissé de me persécuter jusqu’à me procurer la mort. Ainsi ces écrits pourront bien être condamnés de plusieurs esprits sur cette raison que l’on n’a point accoutumé d’entendre des choses semblables ; mais ils doivent savoir que cette condamnation fondée sur cette seule raison est très injuste et très injurieuse à ma miséricorde, que j’étends extraordinairement sur qui il me plaît. " (Ire part., ch. XI.)

9. Il faut lire peu à la fois, puis méditer et relire souvent les divines paroles

Le Seigneur dit à Mechtilde : " Quand une colombe vient à un tas de blé elle ne l’emporte pas tout entier, mais elle y choisit ce qui lui plaît davantage ; fais de même lorsque tu entends ou que tu lis la parole de Dieu, et que tu ne peux tout retenir dans ton esprit, recueilles-en pour toi quelques traits, sur lesquels tu exerceras ta mémoire, pensant ainsi : Voyons, qu’est ce que ton Bien-Aimé t’annonce dans cette lecture. " (IIIe partie., ch. XLI.)
Et à Sœur Mechtilde de Magdebourg : " Ce livre n’annonce au monde que moi seul, et il révèle dignement mes secrets. Quiconque voudra bien comprendre ce livre, devra le lire neuf fois. " (Introduction, VI.)


Dernière édition par Hercule le Mer 23 Nov - 8:02, édité 1 fois
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Re: Bibliothèque - Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

Message par Her le Mer 23 Nov - 7:57

Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

livre édité en 1882 sous le titre :

Les Divines Paroles ou ce que le Seigneur a dit à ses disciples dans le cours des siècles chrétiens
Par le Révérend Père Auguste Saudreau Dominicain


CHAPITRE II : Dieu Amour

I. Les qualités de l'amour divin

1. Amour de Dieu le Père pour son Fils et du Fils de Dieu pour son Père

Le Père éternel parla ainsi par la bouche de sainte Madeleine de Pazzi : « l’âme de mon Verbe, se tenant dans mon sein, me regarde et je la regarde moi-même avec un regard de contemplation, d’admiration, d’amour, d’anéantissement, de pureté, de paix, de conseil, de piété, de libéralité, de miséricorde, de justice, de bonté, de sagesse, de puissance, de communication, de vérité, d’union, d’éternité, de clarté, de transformation et de glorification… O ma fille, épouse de mon fils unique, écoutez attentivement, si vous voulez comprendre ce que je vais vous dire : au moment où l’âme du Verbe entra dans mon sein (au jour de l’Ascension) elle me regarda, mais d’un regard ineffable et incompréhensible pour vous, et ce regard fut pour elle la source d’une joie immense.

Sans doute elle jouissait déjà de la gloire auparavant, puisqu’elle ne cessa de m’être unie depuis son Incarnation, mais elle en reçut alors une auréole plus éclatante que je lui donnais en récompense de la victoire qu’elle venait de remporter sur la mort et le péché ; comme aussi de l’obéissance et de l’amour avec lequel elle avait accompli l’œuvre de votre Rédemption, que je lui avais imposée, amour si ardent et si immense que nulle créature ne peut s’en faire une idée, bien loin de le comprendre. La beauté de cette âme, rehaussée par la splendeur de cette gloire nouvelle et par cet amour immense, que je voyais dans mon Verbe pour la créature, me plut tellement, qu’au moment ou elle entra dans mon sein et fixa ses regards sur moi, je fixais aussi les miens sur elle, et ce regard réciproque, qui rendit plus ardent ce foyer d’amour et plus éclatante cette gloire de la divinité, fit jaillir sur la terre une abondante et ineffable rosée de grâces…

Demande de l’âme : Dites-moi, je vous prie, ô mon Père, ce que le Verbe regardait dans votre sein.
Réponse du Père : « Il regardait la divinité et l’égalité qu’il tient de moi, qui suis, en qualité de Père le principe et la source vitale de la Très Sainte Trinité, à laquelle son âme était unie en moi. Il regardait avec une complaisance infinie cette Essence divine qu'Il avait reçue de moi, et son âme se contemplant en moi comme dans un miroir voyait les grâces immenses, les trésors infinis qui Lui avaient été communiqués par cette union et qu’elle recevait à un titre nouveau en vertu de ce regard. » (Ire part., ch. XXIV.)

2. Dieu nous a aimés avant de nous créer et cet amour est tout gratuit

Notre-Seigneur dit à sainte Catherine de Gênes : « Si tu savais combien j’aime les âmes tu ne pourrais plus jamais savoir autre chose en cette vie ; car cette connaissance te ferait mourir ; et si tu vivais, ce serais par l’effet d’un miracle… Mon amour est infini et je ne puis qu’aimer ce que j’ai créé. La cause de mon amour n’est autre que lui-même, et comme tu n’es pas capable de l’entendre, demeure en paix et n’entreprends pas de chercher ce que tu ne saurais trouver. (Dialogue, IIe part., ch. V, p. 347.).
Seigneur, disait la même sainte, qu’est ce donc que l’homme dont vous avez tant de soin ! Je ne sais si vous êtes son Seigneur ou son serviteur ; il semble que l’amour vous ait aveuglé à tel point que vous ne connaissiez plus nos misères. Le Seigneur lui répondit : Tu demandes une chose si grande que tu ne saurais la comprendre ; mais pour contenter ton intelligence faible et pauvre, je t’en montrerai quelque chose ; si je t’en donnais une plus claire vue, tu ne pourrais vivre, à moins que la grâce ne te soutînt…
« Sache d’abord que je suis Dieu immuable et que j’aimais l’homme avant de le créer. Je l’aimais d’un amour infini, pur, simple, sans cause aucune ; je ne puis pas ne pas aimer ce que j’ai créé et destiné selon son degré à contribuer à ma gloire. De plus j’ai amplement pourvu l’homme de tous les moyens convenables pour parvenir à sa fin. Je lui ai accordé des dons naturels et des grâces surnaturelles, qui, de ma part, ne lui manquent jamais. De plus mon amour infini l’entoure par divers moyens et voies afin de le soumettre à ma providence, et je ne trouve rien qui me soit contraire que le libre arbitre dont je l’ai doué. Je combats toujours ce libre arbitre par l’amour jusqu’à ce que l’homme me le donne et m’en fasse un présent ; puis, après l’avoir accepté, je le réforme peu à peu par une opération secrète et avec un soin amoureux et jamais je ne l’abandonne que je ne l’ai mené à la fin à laquelle il est destiné. » (IIIe part., ch. 1er, p. 372.)

3. Dieu nous aime malgré nos défauts qu’Il combat sans cesse

« Quant à ton autre question : pourquoi j’aime cet homme qui m’est si contraire et qui est plein de misères, dont l’infection monte de la terre au ciel, je te réponds : à cause de mon infinie bonté et du pur amour dont j’aime l’homme, je ne puis m’arrêter à ses défauts, ni cesser de faire mon œuvre, laquelle consiste à le combler toujours de bien. Je lui montre ses faiblesses à ma lumière et les lui fais connaître ; lorsqu’il les connaît, il les pleure, et lorsqu’il les pleure, il s’en purifie. Mais je suis offensé par l’homme lorsqu’il met obstacle à l’opération que j’ai ordonnée pour le mener à sa fin, en d’autres termes lorsque mon amour ne peut agir selon les besoins de la créature ; cet obstacle c’est le péché. Quant à cet amour que tu demandes à connaître, tu ne saurais le comprendre, car il n’a ni forme ni mesure ; tu ne peux le connaître par la voie de l’entendement, parce qu’il n’est pas intelligible ; il se connaît quelquefois par ses effets. Quiconque qui n’aurait pas perdu la foi et verrait les effets que je produis dans les hommes par ces rayons d’amour que je répands secrètement dans leurs cœurs, en serait certainement enflammé à tel point qu’il ne pourrait vivre, car la véhémence de cet amour le réduirait à néant. Quoique la créature soit presque toujours dans l’ignorance à cet égard, tu vois cependant que poussés par cet amour inconnu, des hommes abandonnent volontairement le monde, les biens, les amis, les parents ; les autres amours et les plaisirs leur deviennent alors odieux. Cet amour porte l’homme à se vendre pour être esclave, à devenir sujet des autres jusqu'à la mort ; il augmente tellement qu’il ferait endurer mille martyres, comme l’expérience le fait voir continuellement. » (Dialogue, IIIe part., ch. Ier.).

4. L’amour de Dieu pour nous est toujours en éveil

L'Éternel dans son Ineffable clémence jeta sur Catherine (de Sienne) un regard plein de tendresse et voulut lui expliquer comment la divine providence ne manque jamais à personne. Il s’exprime ainsi : « O ma fille bien aimée, combien de fois te l’ai-je répété, oui je veux faire miséricorde au monde et assister chacun selon ses besoins ; mais l’homme ignorant trouve la mort où j’ai placé la vie et il se rend ainsi cruel à lui-même. Moi je veille toujours et je veux que tu saches que ce que je donne à chacun est réglé par mon infinie providence. Avec ma providence j’ai créé l’homme et quand je l’ai regardé en moi-même, je me suis passionné pour la beauté de ma créature, car il m’avait plu de la créer à mon image et à ma ressemblance. » (Dialogue, ch. CXXXV, n°1 et 2.)
Sainte Brigitte vit un jour, assis entre les saints sur un siège majestueux, Jésus-Christ, qui lui dit ces paroles : « Je suis la vraie charité ; tout ce que j’ai fait de toute éternité je l’ai fait par amour ; de même tout ce que j’ai fait et ferai procèdera de mon amour. Mon amour est aussi grand et aussi incompréhensible maintenant qu’il l’était le jour de ma passion, quand par ma mort, dans un excès d’amour je délivrai des limbes tous mes élus. S’il était possible que je mourusse tout autant de fois qu’il y d’âmes en enfer, je souffrirais pour chacune d’elle comme je souffris alors pour toutes ; mon corps serait encore tout disposé à endurer tous ces tourments. » (Liv.VII, ch. XIX.)

5. L’amour de Dieu pour nous est fort, éternel, plein d’ardeur

O Seigneur, disait Mechtilde de Magdebourg, aimez-moi beaucoup, aimez moi souvent, aimez-moi longtemps… Elle entendit cette réponse : Que je t’aime souvent, cela est dans ma nature, car je suis moi-même l’amour. Que je t’aime fortement, c’est selon mon désir, car je veux être fortement aimé. Enfin que je t’aime longtemps, cela est du ressort de mon éternité, car je suis sans fin. » (Liv. IV, ch. V.)
Sainte Mechtilde vit le Seigneur ouvrir la plaie de son très doux Cœur, et il lui dit : « Regarde toute l’étendue de mon amour pour le bien connaître ; tu ne pourras le trouver nulle part plus clairement que dans les paroles de l'Évangile car on n’en jamais entendu qui exprimassent un amour plus fort ou plus tendre que celles-ci : Comme mon Père m’a aimé, ainsi je vous ai aimé (Jean XV, 9), ainsi que d’autres semblables que j’ai adressées tant à mes disciples qu’à mon Père en comblant ceux-là de mes bienfaits. (Ière part., ch. XXI.).
Un jour Notre Seigneur dit à sainte Angèle de Foligno : »Ma fille, ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée. » Cette parole, écrit la chère sainte, me porta dans l’âme un coup mortel, car mes yeux s’ouvrirent, et je vis dans la lumière de quelle vérité cette parole était vraie. Je voyais les actes, les effets réels de cet amour et jusqu’où, en vérité, il avait conduit le fils de Dieu. Je vis ce qu’il supporta dans sa vie et dans sa mort pour l’amour de moi par la vertu réelle de cet amour indicible qui lui brûlait les entrailles. Non, non, il ne m’avait pas aimée par moquerie, mais d’un amour épouvantablement sérieux, vrai, profond, parfait, et qui était dans ses entrailles. Et alors, mon amour à moi, mon amour pour lui m’apparut comme une mauvaise plaisanterie, comme un mensonge abominable. Ici, ma douleur devint intolérable, et je m’attendais à mourir sur place. Et d’autres paroles vinrent qui augmentèrent mes souffrances : « Ce n’est pas par grimaces que je me suis fait ton serviteur, ce n’est pas de loin que je t’aie touchée. » Eh bien ! moi, m’écriai-je, c’est tout le contraire. Mon amour n’a été que plaisanterie, mensonge et affectation. Je n’ai jamais voulu approcher de vous en vérité, pour partager les travaux que vous avez endurés pour moi, et que vous avez voulu endurer ; je ne vous ai jamais servi dans la vérité et dans la perfection, mais dans la négligence et dans la duplicité. » (Hello, ch. XXXIII ; Doncœur, p.240 ; Ferré, p. 341.)
Une nuit que sainte Mechtilde se trouvant éveillée saluait le Seigneur du plus profond de son cœur, elle Le vit venir à elle du palais du ciel et lui dire en plaçant son Cœur divin sur son propre cœur : « Une abeille ne se précipite jamais dans les prés verdoyants pour y butiner parmi les fleurs avec plus d’avidité que je suis prêt à venir dans ton âme quand elle m’appelle. » (IIe part., ch. III.)
Un jour, la même sainte s’inclinant sur le sein de son Bien-aimé entendit à l’intérieur du Cœur divin résonner comme trois battements : « Ces trois battements, lui dit le Seigneur marquent trois paroles que j’adresse à l’âme aimante. La première est : viens, c'est-à-dire sépare-toi de toutes les créatures ; la seconde est : entre, avec la confiance d’une épouse ; la troisième : dans le lit nuptial qui est le Cœur divin. » (Ire part., ch. XX.)

6. L’amour de Dieu pour nous est d’une profondeur infinie.

Il m’arriva, raconte Marcelline Pauper , qu’étant au lit une voix forte m’éveilla, me disant : « Lisez. » Je vis une grande lumière et une main qui me présenta ce mot écrit en lettres d’or : « amour ». Je considérai fort attentivement l’ O qui se trouve au milieu de ce mot, dont la figure était très parfaite. La voix me dit : « Considère » et je vis dans cette main écrit de même en caractères d’or : Croix, l’O également au milieu d’une beauté infinie et il me fut dit : « L’un s’éprouve par l’autre. » (Vie, ch. VI.)

7. Le cœur de l’homme fait les délices de Jésus

Le Cœur de Jésus se révélait à sainte Mechtilde : « Rien ne me donne autant de délices que le cœur de l’homme, dont je dois toutefois souvent me passer. J’ai tous les biens en abondance, le cœur de l’homme seul m’échappe souvent. » ( IVe part., ch. XXXIV.)

8. Les maux comme les biens viennent de l’amour

Notre-Seigneur, dit Sœur-Marie-aimée de Jésus , me montra qu’il m’avait créée pour lui en me plaçant dans le chœur de ses vierges ; que de même que dans la cire une partie est recueillie pour brûler devant son tabernacle, et l’autre pour des usages vulgaires, de même il m’avait attirée dans le cloître afin que son amour me consumât en sa sainte présence. Puis Il lui découvrait de combien de maux elle eût été affligée en cette vie, si elle avait eu le malheur d’être assez ingrate pour Lui préférer une créature ; et elle comprit que la vengeance de ce céleste Epoux eût été une vengeance d’amour dans le seul but de la ramener à Lui. Et Notre-Seigneur lui dit : « Si l’épouse infidèle eût été si ardemment aimée, combien penses-tu que doit l’être l’épouse fidèle ? »

9. L’amour souffre de ne pouvoir donner

Étant à l'Église devant le Saint Sacrement, raconte Madeleine Vigneron, Notre-Seigneur me fit connaître que le refus des grâces Lui est insupportable, car Il n’est dans le Saint Sacrement que pour les communiquer. Ne trouvant personne sur qui décharger son amour, cet amour est comme un feu renfermé qui Le consumerait entièrement s’il en était capable et qui Lui causerait beaucoup plus de souffrances que son Père ne Lui en avait envoyé sur la croix. (Vie, IIe part., ch XV)

10. Jésus est heureux d’avoir souffert pour nous

La vigile de sainte Claire, Marguerite de Cortone après avoir reçu dévotement le corps du Fils de Dieu, l’entendit lui dire : « Fille bénie, pour l’amour de qui j’ai pris un corps dans le sein de la bienheureuse Vierge Marie, qu’elles soient bénies, ces peines auxquelles je me suis soumis pour toi ! Qu’elle soit bénie aussi mon Incarnation. Bénis soient également les travaux que j’ai endurés ! Béni soit enfin l’amour qui m’a uni aux hommes ! Je compte peu de justes en ce moment parmi mes enfants par rapport au nombre des méchants. N’en eussé-je qu’un seul dans le monde, je bénirais à cause de lui toutes les souffrances que j’ai endurées. » (Sa vie, par son confesseur, traduction Brivain, ch. V, § 44.).
Notre bon Sauveur me dit, raconte Julienne de Norwich : » Vois combien je t’ai aimée. » Ce qui était me dire : ma bien-aimée vois donc, moi qui suis ton Seigneur et ton Dieu, ton créateur et ton bonheur sans fin, quelle satisfaction et quelle joie je trouve dans ton salut, et par amour pour moi, réjouis-toi avec moi. Je t’ai aimée à ce point qu’avant de mourir pour toi, je le désirais ardemment. Et maintenant que je l’ai fait, après avoir souffert volontiers tout ce que j’ai pu souffrir, mes souffrances les plus affreuses sont changées en une joie, en un bonheur éternel pour toi comme pour moi. Comment pourrait-il se faire que si tu me demandes n’importe quoi de ce qu’il te plaît, je n’éprouve pas un grand plaisir à te l’accorder. » (Xeme Révélation, trad. Meunier, p.96.)
« Es-tu contente de ce que j’ai souffert pour toi ? » dit à Julienne de Norwich le bon Sauveur. « Oui mon bon Maître, soyez-en béni. » « Eh bien si tu en es satisfaite, je le suis encore davantage ; c'est pour moi une joie, un bonheur, une satisfaction sans fin d'avoir enduré ma passion pour toi, et si je pouvais souffrir encore plus, je le ferais. (Ch. 22.)
Il est heureux parce que ses souffrances sont la cause de notre bonheur : « Tant que j’ai été sur la terre, a-t-il dit à Marguerite de Cortone, mon corps n’a pas eu un seul jour de bonheur complet, et pourtant j’enivre ici-bas mes amis des joies célestes en leur donnant le repos et la paix. « (Vie intime, IX, 38.)

11. L’amour de Dieu est gratuit

La Mère Françoise de la Mère de Dieu étant un jour dans un profond sentiment de sa bassesse et de son indignité, disait à Notre Seigneur : Vous savez ce que je suis ; que ne faites-vous vos miséricordes à des âmes qui vous soient fidèles, pourquoi vous arrêter à un si chétif rien ? Il lui dit : « Je sais bien que vous n’êtes rien, et ce n’est pas à cause de ce que vous êtes, mais parce que vous avez dérobé mon cœur. Oui, par ma seule bonté, je me suis laissé dérober mon cœur, et parce que par ma miséricorde, je me suis établi en vous, je ne puis rien vous refuser. » (Vie. Ch. XIII, P 186.)
Une autre fois, le Seigneur lui dit : « Celles auxquelles je veux me donner ne doivent pas penser qu’elles sont mieux disposées que les autres, mais je veux me donner à elles pour les exciter à m’aimer et me servir plus fidèlement. Quand je suis venu sur la terre, je n’y ai trouvé que pécheur et péchés, et je n’ai pas laissé de vevenir pour les attirer à moi. Ainsi, quoiqu’il y ait de l’imperfection dans une âme, je ne laisse pas de me donner à elle pour l’attirer par ma bonté. « (Vie, ch. XXVIII, p .384.)

12. Dieu aime certaines âmes d’un amour de préférence

Dieu dit un jour à sainte Véronique Juliani : « Je t’ai choisie pour ma plus grande gloire. Ce qui te manque, je le suppléerai par ton amour. Je veux te faire tant et de si grandes grâces, que tu deviennes un incendie d’amour : tu seras embrasée et tu communiqueras tes ardeurs au prochain comme je le voudrai ; et j’opérerai tout par ton intermédiaire. Mais je te fais savoir que désormais je ne veux plus d’ingratitude, mais fidélité et pur amour. » (Diario, 10 giugno 1699.)
Combien d’âmes aimées d’un amour de prédilection, prévenues de grâces de choix, ne répondent pas aux desseins de Dieu !

13. La fidélité rend l’âme plus chère à Dieu

A une personne, très vraisemblablement sainte Gertrude qui nous a transmis ce fait, qui priait pour sainte Metchilde le Seigneur dit : Ma bien-aimée pour qui tu m’as si souvent rendu des actions de grâce, entre les vertus insignes qu’elle possédait, m’a plu surtout pour les suivantes : pour son parfait renoncement à elle-même, pour l’union parfaite de sa volonté et de la mienne, car elle n’a jamais voulu que l’accomplissement de ma volonté et toutes mes œuvres et mes jugements avaient toujours son assentiment. Ensuite elle était très compatissante, portant secours et consolation avec une admirable affection à tous les affligés. Quatrièmement elle aimait absolument le prochain comme elle-même et de toute sa vie elle n’a fait aucun mal au prochain. Cinquièmement elle eut un cœur tranquille et pacifique et jamais elle ne permit qu’il y séjournât rien qui pût troubler mon repos en elle… rendez-moi grâces pour tout le bien que j’ai opéré et opère encore en elle et que j’opérerai dans toute l’éternité, spécialement pour ces délices et ce doux repos que j’ai goûtés en elle, pour ce courant de félicité que j’ai versé en elle, pour la sainte opération de mon Esprit en elle, et pour la parfaite jouissance qui me permettait de goûter en elle mes délices les plus chères . » (Ve part., ch.XXVI.)

14. Jésus intercède près de son Père pour l’âme imparfaite et indifférente

Dans sa jeunesse la vénérable Élisabeth Canori bien que remplissant fidèlement ses devoirs de religion n’était pas pieuse. Plus tard, comme elle demandait à Jésus : Mon bien-aimé Jésus, que pensiez-vous quand j’étais si éloignée de vous ? Peut-être pensiez-vous à m’écraser des foudres de votre justice. Et Jésus, dit-elle, lui répondit : « Non, ma chère fille ; je plaidais ta cause auprès de mon Père avec autant d’instances que si ma félicité eût dépendu de la possession de ton amour. » ( Ch. III..)
Une autrefois Il lui déclara que ses ingratitudes n’avaient ni diminué, ni altéré l’amour qu’Il avait toujours eu pour son âme et ne l’avait pas empêché de Lui accorder toutes les grâces qu'Il lui aurait accordées si elle eût correspondu fidèlement. (Ch. XXXV.) Il lui avait donc été donné de regagner par sa générosité les pertes qu’elle avait faites.


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Re: Bibliothèque - Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

Message par Her le Mer 23 Nov - 7:58

Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

livre édité en 1882 sous le titre :

Les Divines Paroles ou ce que le Seigneur a dit à ses disciples dans le cours des siècles chrétiens
Par le Révérend Père Auguste Saudreau Dominicain


CHAPITRE II : Dieu Amour

II. Tendresses de Jésus

15. Le Seigneur se plaît à nous redire son amour

Toutes les fois que la vénérable Esprite de Jésus , du Tiers-Ordre de Saint-Dominique, prononçait le très saint Nom de Jésus, elle croyait entendre ce doux Sauveur lui répondre dans le fond de son cœur : « Je te regarde toujours ! « et lorsqu’elle disait : « Où êtes-vous, mon Dieu ? « elle croyait entendre la même voix lui dire : « Je suis dans ton cœur, mon amour ! » Quand elle élevait les yeux vers le ciel, Dieu la remplissait d’une pensée très vive de l’amour qu’il avait pour elle ; elle croyait alors intérieurement ces paroles du prophète : « Je t’ai aimé de toute éternité ! »
Lorsqu’elle se sentait triste à la vue de ses misères, elle croyait que Jésus lui disait : « Je t’aime de tout mon cœur. » Un jour après la sainte communion, son âme étant pénétrée de la pensée de l’amour qu’avait pour elle son Sauveur, Il lui dit : « Mon épouse, ma fille, mon cœur est à toi, mon cœur t’aime, tous les anges te regardent, et ils sont ravis de voir l’amour que j’ai pour toi ! » Ch. X.)
Comme sainte Gertrude s’étonnait que Jésus la comblât de ses faveurs et de ses largesses divines, elle si peu digne, le Seigneur lui dit : « L’amour m’a forcé. » (Liv. III, ch. XVI)

16. Comment Jésus prend ses complaisances dans l’âme fidèle

Elles sont touchantes les louanges adressées par Jésus à Sœur Mechtilde : « Tu es une lumière devant mes yeux, tu es une lyre à mes oreilles, tu es la voix de mes paroles, tu es l’honneur de ma sagesse, tu es une vie dans moi vivant, tu es une louange dans mon existence. » Liv. IV, ch. IX.) Et une autre fois : Tu es mon désir, tu es le sentiment de mon amour, tu es un doux rafraichissement pour mon sein, tu es un baiser puissant de ma bouche, tu es la joie délicieuse de mes merveilles. Je suis en toi et tu es en moi ; nous ne pouvons être plus rapprochés, car nous sommes tout deux fondus et passés en une seule forme et nous resterons ainsi éternellement sans nous lasser jamais. » (Liv. IV, ch. X.).
« Je t’ai désirée avant le commencement du monde ; je te désire et tu me désires. Quand deux désirs ardents se rencontrent, c’est l’amour parfait. » (Liv. VII, ch. XVI.).

17. Jésus prend ses délices dans tout ce que ses bien-aimés font pour Lui

Sainte Gertrude disait au Seigneur : « Je ne puis rien trouver sur la terre en quoi je puisse me plaire, sinon vous seul, mon Seigneur si doux. » « Et moi, répondit le Seigneur, je ne trouve au ciel et sur la terre aucunes délices sans toi, parce que je t’associe par l’amour à toutes mes joies en sorte que je ne jouis d’aucune douceur que je n’en jouisse avec toi ; car plus il y a pour moi de douceur, plus il y a pour toi de fruit. » (Liv. Ier, ch.XI.)
« Mon amour s’est tellement enlacé en toi que je ne puis vivre heureux sans toi…Celui qui a toujours été privé d’un membre, n’en éprouve pas de douleur, comme celui à qui on le coupe lorsqu’il a grandi ; aussi depuis que j’ai placé mon amour sur toi, je ne pourrais souffrir que nous fussions séparés. » (Liv. III, ch. V.) « L’œil de ma divinité se plaît d’une manière ineffable à s’arrêter sur toi, que j’aie crée si belle et si agréable en tout par tant de grâces et de faveurs dont je t’ai enrichie. Mon oreille reçoit comme les sons de la plus douce harmonie, toutes les paroles d’amour que tu m’adresses quand tu me pries pour les pécheurs ou pour les âmes du purgatoire, ou que tu reprends, ou que tu instruis, ou que tu profères de quelque manière que ce soit une parole pour ma gloire. Quand même il n’y aurait aucune utilité pour personne ou aucun résultat, toutefois à raison de ta bonne volonté et de l’intention pure qui n’a que moi pour objet, cela résonne avec suavité dans mes oreilles et vient m’émouvoir jusqu’au fond de mon divin Cœur. L’espérance aussi qui te fait sans cesse soupirer après moi exhale pour moi une odeur délicieuse. Tes gémissements et tes désirs sont à mon goût plus agréables que les mets les plus exquis. Enfin je trouve dans ton amour les charmes des embrassements les plus doux. » (Liv.III, ch. I.) Une nuit que Gertrude, forcée par la maladie, n’avait pu rester que fort peu de temps à Matines : Que peut-il vous revenir de gloire, mon Seigneur dit –elle, des courts instants qu’une indigne comme moi a pu consacrer aux divins offices ? Quel avantage, lui fut-il répondu, un époux peut-il retirer des tendresses que son épouse pendant l’espace d’une seule nuit lui prodigue pour contenter son propre cœur ? Or aucun époux n’a jamais pu trouver autant de charme aux caresses de son épouse que je n’en goûte même dans le court instant où mes élus me donnent leur cœur pour que je me délecte avec eux. » (Liv. IV, ch. XXXVIII.)

18. Aime-moi, puisque je t’aime

Marguerite de Cortone, toute confuse des paroles de tendresse que Jésus lui adressait, s’en regardait comme très indigne et disait : « Si ces paroles flatteuses que je viens d’entendre sont celles de l’ennemi qui se transforme en ange de lumière, je t’ordonne de cesser de parler et de t’éloigner. » « Celui qui te parle, répondit Jésus, est Celui que tu as crucifié, Celui qui t’a ressuscitée de la mort du péché, Celui qui t’appelle aux amertumes de la pénitence, par lesquelles l’âme se purifie de toute souillure. Moi, ton Rédempteur, que tu aimes et que tu recherches en tout, je te dis que tu es ma fille bien-aimée , que je veux t’enrichir des dons les plus précieux de ma grâce à ce point que nulle femme de ton temps n’en a encore reçu de si grands…Aime-moi donc, puisque je t’aime. Publie mes louanges et je te louerai et te ferai louer dans le monde entier…Toutes les grâces que tu as reçues jusqu’à ce jour ne sont rien en comparaison de celles que je te réserve, car l’œil ne saurait voir, le cœur n’oserait penser ni croire aux grâces sublimes que je me dispose à t’accorder… Ma fille, mon Père t’aime, ma Mère et tous les saints aussi…Tu es ma fille, parce que tu m’obéis. Tu es mon épouse, parce que je suis ton seul amour; tu es ma Mère parce que tu accomplis dans la mesure de tes forces les volontés de mon Père et j’ajoute que sur la terre il n’y en a pas que j’aime plus que toi. Cependant que ces paroles ne te remplissent pas de présomption, car ces consolations tu ne les a pas encore achetées ; un temps viendra ou tes souffrances t’apprendront le prix que m’a coûté ton salut. » « Seigneur Jésus, pourrai-je supporter ces peines ? » « J’en ai souffert de plus grandes pour toi, ma fille », répondit Jésus. (Vie intime, ch. IV, § 3, 7, 8.)

19. Les invitations affectueuses de l’Epoux divin.

Jésus dit à sainte Véronique Juliani : « Je suis ton Epoux. Quand donc te décideras-tu à m’aimer véritablement ? Je suis tout à toi ; je viens à toi pour t’attirer en moi ; je viens à toi pour faire une seule chose avec moi ; je viens à toi pour te transformer toute en moi. » (Diario, 18 giugno 1697.)
Le Seigneur, dit la bienheureuse Marie-Madeleine Martinengo , dans son infinie bonté m’adressait intérieurement des paroles d’une céleste douceur. Si, transpercée de douleur pour mes péchés, je Lui demandais pardon, Il me répondait dans le sanctuaire intime de mon cœur : « Ma fille, tu as été déjà purifiée dans mon sang. » Si je Lui demandais sa sainte dilection, je voyais s’ouvrir son divin Cœur. Il plaçait dans cette fournaise d’amour mon cœur qui restait enflammé de saintes ardeurs. Si je lui disais : Mon Dieu, je suis toute à vous, Il me répondait : « Et moi, ma fille, je suis tout à toi. » A chaque parole que je lui adressais, j’entendais en retour des paroles de vie éternelle qui me liquéfiaient de douceur. Elle n’était encore que pensionnaire. (Vie, ch. II.)
Le vénérable Bernard-François de Hoyos ayant passé par des épreuves intimes très pénibles, reçut, le 15 août 1730, la faveur du mariage spirituel : « Désormais, lui dit le Seigneur, tu es à moi et je suis à toi ; tu peux te dire et signer Bernard de Jésus ; tu es Bernard de Jésus et je suis Jésus de Bernard ; mon honneur est le tien, et ton honneur est le mien. » (Vida, ch. XII.)
« Ma fille disait le Seigneur à la bonne Armelle , tu est la fille de l’amour. »
Jésus dit à Sœur Saint-Martinien , le 17 octobre 1861, après la sainte communion : « tu es mon épouse, tu es ma fille, tu es chère, oui, bien chère à mon Cœur ; ma Mère et mes saints t’aiment ; mon Père et l’Esprit-Saint te voient ; ils contemplent avec plaisir le triomphe de ma grâce en toi. Je t’aime, mais aime moi bien, toi aussi. Ne crains pas, je serai toujours avec toi ; mais sois-moi bien fidèle. Fais connaître tout à ton père spirituel et obéis en tout et partout. Demande-moi ce que tu voudras, car je suis ton Epoux, mais aussi ton Créateur, ton Dieu, ton Père ; demande, ne crains pas. »
Une autre fois, le 1er novembre 1861, Jésus lui dit encore : « Aime-moi et je t’aimerai ; si mon Cœur a besoin d’être aimé, le tien en a aussi besoin. Prends part à mes peines et je prendrai part aux tiennes. »

20. Ma bien-aimée est à moi et je suis à elle

Jésus adressait parfois à Sœur Marie-Josèphe Kumi des paroles d’une ineffable tendresse : « J’ai une épouse qui demeure cachée en mon Cœur et qui est au gré de mon Cœur ; elle a ma forme ; elle est vêtue de la couleur de mon vêtement, elle tient les clefs à la main, et en véritable épouse, elle règne sur les inépuisables trésors de ma charité. Les flèches de son amour blessent mon Cœur. Le sien est toujours ouvert pour que je puisse y venir à volonté et me soulager par sa tendresse des injures que je reçois des hommes. La bonne volonté de son cœur m’a tellement charmé que je l’ai faite maîtresse de mes trésors ; elle est enrichie de l’or de mon pur amour ; plongée dans la mer insondable de la paix, et pourtant elle ne s'y abreuve pas (c'est-à-dire elle ne recherche pas sa satisfaction) ; elle se trouve sur la terre et ne la touche pas, parce qu’elle n’y est attachée à rien. Elle ne voit pas le ciel, parce qu’elle agit moins pour lui que par amour. Elle s’élève chaque jour plus haut dans la perfection de l’amour parce qu’elle s’abaisse dans son néant. Elle est imprimée dans mon Cœur et moi dans le sien. » (Vie, ch. IX.)

21. Le duel d’amour

Dans une lettre à sainte Jeanne de Chantal, le P. Galice, barnabite, raconte un combat mystérieux qui s’était engagé entre le divin Maître et sa fidèle servante Anne-Marguerite Clément dont il était le directeur : Notre-Seigneur vint assaillir son cœur de la plus vive blessure d’amour qu’elle eut encore éprouvé et il lui dit : « Je veux t’enrôler dans ma milice, je veux te couvrir de mes armes… Je veux t’apprendre à devenir habile au combat, non pas contre le monde et le diable ; ce sera contre moi-même que tu te serviras de mes propres armes ; il faut que nous entrions dans la lice pour combattre à nous deux. » Il lui montra ensuite une armure complète et se servit des armes dont parle saint Paul pour lui en donner l’explication. « L’amour doit commencer cette guerre, continua le divin Maître, le même amour la poursuivre et ton pauvre cœur l’achever. Je ne veux point d’autre but à mes coups que ton cœur même. Je prétends le faire mourir d’amour. » Puis comme un habile archer Il lança trois flèches brûlantes du feu de son amour dans le cœur de sa servante, qui crut qu’elle en perdrait la vie…Mais le combat n’était pas achevé ; elle devait combattre à son tour. Jésus donc lui ordonna de se remettre sur pied et de porter des coups à son Cœur divin. « Voici ton blanc, dit-Il en lui montrant ce Cœur ? et le but de tes flèches. » Cette jeune guerrière, se sentant peu habile, faisait résistance : Quoi Seigneur, blesserai-je votre divin Cœur. Avec quelles armes puis-je le faire ? « Tes flèches, repartit Jésus, ne sont autres que les mouvements de ton amour envers moi ; aime-moi donc et tu blesseras mon Cœur. » Elle le perça en effet par la force de l’amour que l’amour même alluma en elle et fit une ouverture suffisante pour se cacher dans ce Cœur adorable, où Jésus l’unit à Lui. (Vie, de 1915, p. 279.)
Une autre fois, c’était la veille de la fête de la conversion de saint Paul, son divin Epoux lui dit : « Tu me persécutes plus violemment que Saul, mais bien différemment, car tu me persécute par la violence de l’amour ; tu ne me donnes point de repos… Tu as blessé mon Cœur par la pointe de tes désirs et par les flèches de tes amours ; tu as été si impitoyable que tu m’as blessé de toutes parts. » Elle vit le Cœur divin tout couvert de plaies, dont une était assez grande pour lui donner entrée. Elle y fut tirée par cet Amant victorieux…Le lendemain Jésus revenant à elle, lui dit : « Je veux à mon tour entrer dans ton cœur et y amener toute la Trinité. » Et le Père y prit place, ainsi que le fils et le Saint Esprit. (Ibid., p. 438.). Jésus lui dit encore : « Je suis un aigle royal qui ne se nourrit que de cœurs. » (p. 413.)

22. Jésus à ses intimes agonisants

Peu de temps avant de mourir, Angèle de Foligno dit à ceux qui l’entouraient : Jésus Christ, Fils de Dieu, m’a présentée au Père. (Ferré, p. 515 ; Doncœur, p. 349.) Et plus tard elle entendit ces paroles : « O mon épouse, ô toute belle, ô toi que j’ai aimée en vérité, je ne veux pas que tu viennes à moi chargée de douleurs, mais parée de la joie inénarrable. Il convient au roi de revêtir celle qu’il aima depuis longtemps d’un manteau royal. » Et on me montra un manteau de lumière, capable de vêtir une âme… Et le Verbe me dit : « Viens, ma bien aimée, que j’ai aimée d’un grand amour ; viens, car tous les saints t’attendent en grande joie. Je ne te confierai ni aux anges ni aux saints ; je viendrai en personne et je t’enlèverai moi-même. Tu es telle qu’il faut pour me convenir ; tu es très haute devant ma Majesté. » (Hello, ch.LXX ; Doncœur, p. 352 ; Ferré, p. 519.)


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Re: Bibliothèque - Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

Message par Her le Mer 23 Nov - 7:58

Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

livre édité en 1882 sous le titre :

Les Divines Paroles ou ce que le Seigneur a dit à ses disciples dans le cours des siècles chrétiens
Par le Révérend Père Auguste Saudreau Dominicain


CHAPITRE II : Dieu Amour

III. Jésus veut être aimé

23. Le ciel doit être désiré par amour

« On demande, dit le Seigneur à Brigitte, pourquoi les peines de l’enfer ne sont point vues. Si les peines de l’enfer étaient vues comme elles sont, l’homme sécherait de crainte et chercherait le ciel non par esprit d’amour, mais par crainte. Or c’est parce que personne ne doit désirer le ciel par crainte de la peine, mais par la charité, que je cache la peine des damnés. » (Liv. V, ch. II.)

24. Donne-moi ton cœur

Souvent la divine Sagesse se montrait à Henri Suzo sous une forme d’une exquise beauté et avec un sourire plein de grâce et de majesté ; elle lui disait : « Mon fils, donne-moi ton cœur. Ne crains rien, je serai avec toi. Je te secourrai dans toutes les peines, parce que je t’aime d’une manière toute spéciale. Pour preuve de ma tendresse, je veux changer ton nom. Tu ne sera plus Frère Henri, tu seras Frère Amant ; si le monde l’ignore, les anges du ciel le sauront, et les hommes mêmes l’apprendront un jour, afin qu’ils voient combien mes serviteurs me sont chers. » (Œuvres, trad. Cartier, § 41, d’après Surius.)

25. Je t’aime beaucoup plus que tu ne m’aimes !

Le Seigneur me provoquait à l’amour, rapporte sainte Angèle Foligno, et Il disait : « Ô ma fille chérie, ô ma fille et mon temple ! ô ma fille et ma joie ! Aime moi, car je t’aime beaucoup plus que tu ne m’aimes. » Parmi ces paroles, en voici qui revenaient souvent : « Ô ma fille, ma fille et mon épouse, que tu m’es douce ! » Puis Il ajoutait : « Oh ! je t’aime beaucoup. Ô ma fille et mon épouse ! je me suis posé et reposé en toi ; maintenant pose-toi et repose-toi en moi. Tu as prié mon serviteur François. François m’a beaucoup aimé, j’ai beaucoup fait en lui, mais si quelque autre personne m’aimait plus que François, je ferais plus en elle. » (Hello, ch. XX ; Doncœur, p. 60 ; Ferré p. 49.)
Et Il se plaignait de la rareté des fidèles et de la rareté de la foi et Il gémissait et Il disait : « J’aime d’un amour immense l’âme qui m’aime sans malice (sans doute : sans mêler à l’amour qu’elle a pour moi quelque autre affection déréglée). A une telle âme je ferais de plus grandes grâces qu’aux saints des siècles passés, par qui Dieu fit les prodiges qu’on raconte aujourd’hui. Or, personne n’a d’excuses, car tout le monde peut aimer ; Dieu ne demande à l’âme que l’amour car il aime, lui, Il est l’amour de l’âme. » Et qu'elles sont profondes ces dernières paroles, ajoutait Angèle, Dieu ne demande à l’âme que de l’aimer !
Il m’expliquait sa passion et tout ce qu’Il a fait pour nous et Il ajoutait : « Regarde bien ; trouves-tu en moi quelque chose qui ne soit pas amour ? » Il se plaignait de trouver en ce temps peu de personnes en qui il puisse déposer sa grâce… (Ch. XX, Bolland., n° 50, 51 ; Ferré, p.83 ; Doncœur, p.79.)
« Tu ne peux jamais répandre sur moi de parfums si doux, dit le Sauveur à Sainte Mechtilde, que de me faire reposer sans interruption dans ton âme. » (Liv. IV, 9.)
Jésus parlait de même à Sainte Brigitte : « O toi ma fille, que j’ai choisie pour moi, aime-moi de tout ton cœur, non pas comme un fils ou une fille, ou comme les parents aiment leurs enfants, mais plus que tout ce qui est au monde ; car moi qui t’ai créée, je n’ai épargné aucun de mes membres pour l’amour de toi, et j’aime tellement ton âme, que j’aimerais mieux être crucifié une autre fois, si c’était possible, que de m’en priver. » (Liv, Ier, ch. Ier.)

26. Jésus, pour être plus aimé, communique quelque chose de son amour

La Mère Anne-Marguerite Clément voyait souvent Notre Seigneur qui se réjouissait de la conquête de son cœur, comme ferait un victorieux qui s’est assujetti un royaume. Une fois ce bon Sauveur lui fit connaître la joie qu’Il avait eue de s’incarner pour elle. Elle voulut Lui donner son cœur en retour, mais elle se souvint qu’elle l’avait mis dans le Cœur de Dieu et qu’elle n’avait plus rien à offrir. Jésus lui dit « Donne-moi celui que je te donne ; désormais tu auras les œuvres de ce cœur nouveau ; pour cela met ta main dans le mien pour y puiser tout ce que tu voudras. » Et que peut-on puiser dans ce cœur divin, si ce n’est l’amour ? (Vie, 1915, p. 437.)

27. Jésus cache son amour pour aviver nos désirs

Le divin Sauveur me dit, raconte sainte Angèle de Foligno : « Je t’aime d’un amour immense, mais je ne te le montre pas, je te le cache… Mes yeux voient tes défauts, mais c'est comme si je ne m’en souvenais plus. J’ai déposé, j’ai caché en toi mon trésor. » Comme Il me cachait, me disait-Il, son amour à cause de mon impuissance à le porter : si vous êtes, lui dis-je, le Dieu tout-puissant, vous pouvez me donner la force de porter votre amour. Il répondit : « Tu aurais alors ce que tu désires et ta faim diminuerait ; je veux au contraire que tu me désires, que tu aies faim de moi, que tu languisses d’amour. » (Hello, ch. XXI ; Ferré, p. 79 ; Doncœur, p.78.)

28. Les préférés de Jésus. Ils doivent tout faire par amour

Jésus dit à Gertrude-Marie , pendant sa retraite de 1902 : « J’ai des préférences pour toi ; tu dois en avoir pour moi. La preuve de mes préférences, ce sont mes grâces de choix ; la preuve des tiennes, ce sera ta générosité. Tu prépares ton année, tu cherches les moyens de me faire plaisir, et moi, ton Dieu, je te prépare mes faveurs. Plus tu sens le besoin de me donner, plus mon cœur sent le besoin de te combler de faveurs. Change tout en or de l’amour ; transforme chacun de tes actes en une pièce d’or pour payer la dette des ingrats. A mesure que tes répugnances augmenteront, que la vertu te deviendra plus pénible, donne d’avantage et plus joyeusement » (Ch. VI.)
Jésus m’a dit : « Je t’enrichis pour que tu enrichisses les autres. » (Ch. CXCIV.)

29. Adorable jalousie de Jésus

Sainte Rose de Lima vit la Vierge du Rosaire abaisser ses regards, avec un visage joyeux, sur l’enfant-Jésus qu’elle tenait dans ses bras, puis la regarder elle-même. Le divin Enfant en fit autant et dit : « Rose de mon cœur, soyez pour toujours mon épouse fidèle. » ( Vie, ch. XVI.)
Il est dit dans l’écriture que Dieu est jaloux ; en effet, toute rivalité lui déplaît, n’existât-elle que dans une fleur. Rose de Lima cultivait des fleurs pour les autels, ses soins surtout se portaient sur un basilic qui, à cause de son parfum, lui semblait plus digne d’être offert au Roi des cieux. Un matin, elle trouva sa plante chérie déracinée. Sensible à cette perte, elle se retirait en gémissant, lorsque Jésus vint à sa rencontre, et lui dit: « pourquoi vous affligez-vous? Moi, qui suis la fleur des champs, je vous reste. N’êtes-vous pas plus heureuse de me posséder que votre basilic et toutes vos plantes parfumées, qui ne durent qu’un instant ? Je veux être votre basilic, et c’est pour cela que j’ai détruit l’autre. Reversez donc sur moi l’amour que vous lui portiez. » Dès lors, toutes les fleurs devinrent indifférentes à Rose, et Notre Seigneur l’aima plus tendrement que jamais, comme il le fit connaître à une pieuse femme de Lima : « Je porte ma Rose, lui dit il, dans l’endroit le plus intime de mon Cœur, parce que le sien est tout à moi, et que j’en ai seul la possession tranquille. » (Ch. XX.)
« Aime-moi de tout ton cœur, de toutes tes forces et de toutes tes puissances, disait Jésus à Anne-Marguerite Clément, car je ne veux pas que tu aimes autre chose que moi. Je veux être l’unique roi de ton cœur. Si tu m’aimes, je te pardonnerai tous tes péchés ; l’amour est la pénitence que je te demande. Aime-moi donc, ma fille, car je suis ton Dieu et ton salut. » (Vie, 1915, p. 461.)


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Re: Bibliothèque - Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

Message par Her le Mer 23 Nov - 7:58

Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

livre édité en 1882 sous le titre :

Les Divines Paroles ou ce que le Seigneur a dit à ses disciples dans le cours des siècles chrétiens
Par le Révérend Père Auguste Saudreau Dominicain


CHAPITRE II : Dieu Amour

IV. Délicatesse de Jésus

30. Combien Jésus est sensible à ce que l’on fait pour Lui et contre Lui

Pendant que Françoise de la Mère de Dieu vaquait avec activité à ses fonctions de maîtresse des novices, Notre Seigneur la tenait toujours bien près de Lui, soit pour l’aider dans sa charge, soit pour procurer sa sanctification personnelle. Si quelques-unes de celles dont Notre-Seigneur lui donnait le soin se laissaient aller en quelque dissipation ou infidélité, Il s’en plaignait à elle, lui disant : « Une telle m’a fait telle et telle chose. » Si d’autres fois ces âmes embrassaient quelques pratiques de vertu avec fidélité, Il s’en réjouissait avec elle, lui disant : « Telle sœur que vous aimez a fait telle chose pour moi. » Comme fois elle admirait cette bonté et cette familiarité de Notre-Seigneur, et en était toute confuse, Il lui dit : « Qu’est-ce qu’un père ne fait point pour son enfant? Pourquoi vous étonnez-vous ; ne suis-je point votre père ? « (Vie, ch. XIII.)

31. Bénédictions accordées à ceux qui font du bien aux amis de Jésus

Le Seigneur dit à Marguerite de Cortone : « Ma fille, si je considérais les œuvres des habitants de Cortone, ils mériteraient d’être châtiés de différentes manières, mais eu égard à leur respect et à leur dévouement pour toi, je leur ferai grâce et ils n’auront rien à souffrir du péril qui les menace. J’accorderai la même faveur à tous ceux qui par amour pour moi t’aimeront et te protègeront. Au contraire, j’affligerai ceux qui te molesteront soit par leurs paroles, soit par leurs actions, soit même dans le cœur. » Aussitôt la sainte intercéda pour ceux-ci, à l’exemple de Moïse priant pour sa sœur et pour ceux qui l’outrageaient. (Vie intime, ch. VI, § 11.)
Une autre fois le Seigneur lui dit : Dis à tel Frère Mineur (le P. Giunta) de te visiter et de te consoler par amour pour moi. Je l’en récompenserai par de grandes grâces sur la terre et par une gloire plus grande dans le ciel…Tous ceux pour lesquels tu me prieras en ressentiront de suite l’heureux effet. Je vais plus loin en t’assurant que j’aime ceux qui t’aiment ; et ceux qui ne t’aiment pas ne sentiront point la saveur de ma grâce. » (Ibid., ch. IX, § 26.)
« Sache, dit un jour le Seigneur à la vénérable Marie-Céleste, que je donne des grâces et des bienfaits à tous ceux qui t’aiment ou qui te font quelque bien, et je recevrai comme fait à moi-même ce qu’on te fera à toi, car je me réjouis de voir aimé ce que j’aime. Vois donc jusqu’où va mon amour pour toi. » (Vie, p. 154.)
Combien le Seigneur est un ami fidèle et délicat ! N’a-t-il pas dit à son peuple : « Si tu écoutes ma voix et si tu fais tout ce que je te dis, je serai l’ennemi de tes ennemis et j’affligerai ceux qui t’affligent. » (Exode, XXIII, 22). Auparavant il avait dit à Abraham : « Je bénirai ceux qui te béniront et je maudirai ceux qui te maudiront. » (Genèse, XII, 3.) S’il a dit : « Toutes les fois que vous aurez fait – de pareilles œuvres de charité – au moindre de mes frères, c’est à moi que vous l’aurez fait » (Matth., XXV, 40 ), combien est-il plus sensible encore à tout ce que l’on fait pour ou contre ses vrais amis !

32. Bontés de Dieu pour les amis de ses amis

Parlant de Sainte Mechtilde à une autre religieuse, qui semble bien avoir été sainte Gertrude, le Seigneur dit : « Tous ceux qui l’aimeront à cause de moi, je les attirerai à moi avec plus de douceur et d’intime suavité ; à ceux qui me loueront ou me rendront pour elle des actions de grâces et me féliciteront d’avoir élu et perfectionné une telle âme, je donnerai ce qui leur aura plu davantage en elle, et j’ajouterai même ce qui m’y aura plu davantage à moi-même. Quand elle sera à ses derniers moments et que je viendrai pour la prendre avec moi, à vous qui alors avec désir et dévotion préparerez vos cœurs pour ma grâce, me remerciant pour les bienfaits que je lui ai départis, je vous donnerai selon vos désirs les grâces suivantes : à certains je verserai les consolations spirituelles ; à d’autres j’accorderai, soit l’illumination de l’âme, soit la ferveur de l’amour ; à d’autres une sagesse intelligente ou une utile doctrine qu’elles enseigneront au prochain, à d’autres l’avancement dans la religion afin qu’elles servent d’exemple à autrui. » (Ve part., ch. XXVI.)
« A tous ceux qui ont confiance en toi, dit Jésus à sainte Lutgarde , et qui seront aimés de toi, je ferai du bien à cause de toi. » (Ch. VIII.) Et un jour qu'elle priait pour un pécheur, le Seigneur lui répondit : « Voici que je lui pardonne parce qu’il s’est confié en toi ; je ferai la même miséricorde à ceux que tu aimes et qui mettent en toi leur espérance. » (Ch. IX)
Comment se fait-il, pensait une fois la Mère Françoise de la Mère de Dieu, que ce sont toujours les mêmes pour lesquelles Notre-Seigneur m’accorde toujours ses grâces particulières ? Et elle Le priait de se donner à toutes. Jésus-Christ lui demanda ; « N’aimez-vous pas celles qui m’aiment ? » Elle répondit : oui, mon Seigneur, et je voudrais leur faire quelque bien, parce qu’elles vous aiment. Il lui dit : « et moi aussi, j’aime qui vous aime et comme vous n’avez rien à leur donner, je veux y suppléer et me donner moi-même aux personnes qui vous aiment. » (Vie, ch. XXVIII, p. 384.)
« Je prendrai soin de récompenser ou de venger tout ce qui te sera fait, a dit Jésus à Sainte Marguerite-Marie. » (Ed. Gauthey, II, p. 192.)
Et à Sainte Angèle de Foligno : « demande-moi une grâce pour toi, pour tes compagnons, pour tout ceux que tu veux, et prépare-toi à recevoir, car je suis beaucoup plus prêt à donner que toi à recevoir. » ( Hello, ch. XX ; Doncœur, p.61 ; Ferré, p. 51.)

33. Jésus aime nos amis plus que nous ne les aimons

Françoise de la Mère de Dieu suppliait instamment Notre Seigneur de délivrer une âme du purgatoire. Jésus lui dit avec un grand témoignage d’amour : Je suis saint et ma sainteté ne peut souffrir aucune impureté. J’ai plus de désir de la délivrer qu’elle et vous n’en avez ; mais il faut que mon ordonnance soit accomplie ; j’excite à prier pour elle . » (Vie, ch. X, p. 130)


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Re: Bibliothèque - Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

Message par Her le Mer 23 Nov - 7:58

Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

livre édité en 1882 sous le titre :

Les Divines Paroles ou ce que le Seigneur a dit à ses disciples dans le cours des siècles chrétiens
Par le Révérend Père Auguste Saudreau Dominicain


CHAPITRE II : Dieu Amour

V. Les plaintes de l'amour

34. Le Cœur de Jésus est bien mal payé de ses bienfaits

Un jour, le Saint Sacrement étant exposé, Marguerite-Marie vit son bon Maître tout éclatant de gloire, avec ses cinq plaies, brillantes comme autant de soleils. De sa sacrée humanité sortait des flammes, surtout de sa divine poitrine. L’ayant ouverte, Il lui découvrit son divin Cœur, les merveilles de son amour et jusqu’à quel excès il l’avait porté à aimer les hommes dont Il ne recevait que de l’ingratitude : Ce qui m’est plus sensible, lui dit il, que tout ce que j’ai souffert en ma passion. S’ils rendaient quelque retour à mon amour, j’estimerais peu ce que j’ai fait pour eux, et voudrais, s’il se pouvait, en souffrir davantage ; mais ils n’ont que des froideurs et rebuts pour tous mes empressements à leur faire du bien. Mais, du moins, donne-moi ce plaisir à suppléer à leur ingratitude, autant que tu pourras en être capable. » (Ed. Gauthey, II, p. 71.).
Une autre fois l’aimable Cœur de Notre-Seigneur se présenta à Marguerite-Marie, en lui disant ces paroles : « J’ai une soif ardente d’être honoré des hommes dans le Saint Sacrement, et je ne trouve presque personne qui s’efforce, selon mon désir, de me désaltérer, usant envers moi de quelque retour. » (II, p.876.)
Il disait encore : « Si tu savais combien je suis altéré de me faire aimer des hommes, tu n'épargnerais rien pour cela … J'ai soif, je brûle du désir d'être aimé (II, p. 600)

35. L’Amour n’est pas aimé

Marie-Dominique Moes était encore une enfant quand elle entendit ces plaintes du Sauveur : « Ah ! ma chère enfant, combien je suis content de trouver de la compassion chez toi ! Comme je trouve peu d’âmes qui m’aiment ! Au lieu d’amour je ne trouve que haine et mépris. Si seulement ces âmes connaissaient l’amour immense que je leur porte, il ne serait pas possible qu’elles me méconnussent à un tel point. Combien je voudrais toutes les cacher dans mon cœur ; mais non, elles ne le veulent pas. Elles passent à côté de moi, comme si je n’avais rien fait pour elles. Ma chère enfant, je veux établir ma demeure dans ton petit cœur enfantin. Je m’y cacherai lorsque mes enfants ingrats m’y persécuteront. Ton cœur doit partager mes souffrances Et parce que tu désires tant souffrir davantage encore avec moi, j’arrangerai les choses de manière à te faire trouver de plus grandes douleurs dans tes maux d’yeux, ainsi que de la négligence et des privations au lieu de pitié. Par ces souffrances et plusieurs autres tu seras préparée à l’œuvre que je veux accomplir par toi malgré toutes les contradictions et persécutions. » (I Teil, Kap. II, n. 5, seite 41.)
Le jour de la fête du Sacré-Cœur, en 1859, Jésus dit à Marie-Dominique : « Ô hommes aveuglés, qu’êtes-vous devenus ? N’ai-je pas répandu tout mon sang pour vous et ne me suis-je pas donné moi-même à vous en nourriture ? Et tout cela ne suffit pas pour faire naître en vous un amour réciproque ? Ah ! quelle douleur pour mon Cœur aimant ! (1 Teil, Kap. XIV, seite 224.).
Notre Seigneur, dit encore la même servante de Dieu, s’est plainte à moi de l’ingratitude des hommes envers son Cœur si affectueux; Il s’est plaint surtout des âmes qui Lui ont promis une inviolable fidélité et qui malgré cela continuent de méconnaître son amour. Puis il me parla de ces âmes ferventes qui procurent à son Cœur une grande joie et qui lui servent comme de refuge quand Il est repoussé par tant d’ingrats. Heureuses les âmes, dit Il, dans lesquelles je fais mon entrée ; elles seront rendues participantes de tout le torrent de mes grâces. » (III Teil, Kap. Vin, n. 3, seite 623, 624.)

36. Jésus a sans cesse sous les yeux le spectacle des péchés de tout l’univers

Sainte Catherine de Sienne pleurait en pensant aux maux de l'Église « Ma bien douce fille, lui dit le Seigneur tes larmes sont toutes puissantes, parce que elles sont répandues par amour pour moi. Je ne puis résister à tes désirs. Mais regarde les souillures qui déshonorent le visage de mon épouse. Elle porte comme une lèpre affreuse l’impureté ; l’amour propre, l’orgueil et l’avarice de ceux qui vivent dans son sein. (Dialogue, ch. XIV) Rappelles toi qu’avant la peste, je t’ai montré combien j’avais en horreur le vice impur et combien le monde en était infecté… Je te fis voir alors l’univers tout entier. Tu vis ce malheureux péché dans presque toutes les conditions, et les démons qui s’enfuyaient pour ne pas le voir, et l’infection qu'il causait ; la peine que tu en ressentais dans ton âme était si grande que tu te croyais sur le point de mourir. Et tu n’apercevais pas pour toi et pour mes autres serviteurs un endroit où vous puissiez vous réfugier, car cette lèpre était répandue partout ; tu ne trouvais aucun asile parmi les petits et les grands, parmi les vieux et parmi les jeunes… la plupart avaient l’âme et le corps souillés de ce vice maudit. Je t’ai montré cependant, au milieu de tous ces coupables, un certain nombre de préservés ; car, parmi les méchants j’ai toujours des élus dont la vertu et les bonnes œuvres retiennent ma justice et m’empêchent de commander aux rochers d’écraser les coupables, à la terre de les engloutir, aux animaux de les dévorer et aux démons d’emporter leur âme et leur corps. Je cherche même des moyens pour pouvoir leur faire miséricorde en les faisant changer de vie ; j’y emploie mes serviteurs qui sont purs de cette lèpre et je les fais prier pour eux. » (Dialogue, ch. CXXIV.)
Une nuit, raconte la Sœur Mechtilde, je vis Notre-Seigneur sous la forme d’un pèlerin qui semblait voyager par toute la chrétienté. Je tombais à ses pieds et lui dis : « Cher pèlerin, d’où venez-vous ? » Il répondit : « Je viens de Jérusalem (il voulait dire l'Église), et j’ai été chassé de chez moi. Les païens ne me connaissent pas, les Juifs ne veulent pas de moi et les chrétiens m’attaquent. » Je priais alors pour l'Église. Notre Seigneur se plaignit des affronts qu’il avait essuyés de la part des chrétiens, rappelant tout le bien qu’Il leur avait fait dès le commencement, combien Il avait travaillé pour eux et ajoutant qu’il cherchait encore tous les jours une place où il pût répandre ses grâces. « Avec leur libre arbitre, dit Il, ils me chassent du logis de leur cœur ; quand ils mourront, tels je les trouverai, tels je les jugerai. » (Liv.VIII, ch. XIII.)

37. Jésus voit renouveler sa douloureuse passion

Non moins touchantes sont les plaintes adressées par le Sauveur à Sainte Brigitte : « J’ai voulu que mon corps pur de tout péché fût déchiré pour les péchés de tous, depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête et qu’il fut cloué à la croix. Il est maintenant immolé tous les jours sur l’autel, afin que l’homme m’aime davantage et se ressouvienne plus souvent des bienfaits dont je l’ai comblé. Mais maintenant je suis oublié de tous, négligé, méprisé et chassé de mon propre royaume comme un roi à la place duquel le larron infernal est élevé et honoré. C’est dans le cœur de l’homme que je devais régner, et j’avais bien le droit d’être son roi et seigneur puisque je l’avais créé et racheté. Or il a enfreint la foi qu’il m’avait promise au baptême, il a violé et méprisé les lois que Je lui avais données, il aime sa propre volonté et dédaigne de m’écouter. En outre il exalte le démon, ce pernicieux larron, et il lui a donné sa foi…il est donc juste et raisonnable qu’il expérimente sa tyrannie…Mais bien que je sois si méprisé, je suis si miséricordieux que quiconque me demandera pardon et s’humiliera, je lui pardonnerai toutes ses fautes, mais celui qui persistera à me mépriser, je le visiterai en ma justice, en sorte qu’il tremblera de peur à ma voix. » (Liv. Ier, ch. Ier.)
« Combien il y a maintenant dans le monde de gens de la même trempe que ceux qui me crucifièrent. Ils m’attachent au bois par la volonté qu’ils ont de pécher ; Ils me flagellent par leur impatience, car ils ne veulent pas supporter une parole pour l’amour de moi ; ils me couronnent des épines de leur orgueil ; ils percent mes mains et mes pieds par le fer de leur endurcissement … Je suis assez puissant pour les écraser et tout le monde avec eux ; mais si je les écrasais, ceux qui resteraient me serviraient par crainte, tandis que c’est par amour qu’ils doivent me servir… Je mourrais certes de grand cœur, poussé par l’incomparable amour que j’ai pour l’homme, si cela était possible. » (Liv. Ier, ch. xxx.)

38. Il y a dans le monde un terrible abus des grâces

Les pécheurs, dit le Père éternel à sainte Marie-Madeleine de Pazzi, sont plongés dans un gouffre si profond qu’il ne faut pas moins que toute ma puissance et ma bonté pour les en retirer. Aussi mes élus sont maintenant plus persécutés que jamais. Le temps est venu où les hommes pêchent plus par malice que par fragilité ; plus ma bonté leur prodigue de grâces et de bienfaits, plus on voit augmenter leur perversité. Si quelque chose pouvait exciter l’étonnement des esprits bienheureux, ce serait sans aucun doute, cette malice extrême des créatures, qui est d’ailleurs si faiblement combattue par ceux qui la connaissent…Ne voyez vous pas que le jardin de mon Église est tout environné de ronces et d’épines et que les fleurs des bons désirs en sont tellement étouffées qu’ils ne peuvent qu’à grand peine produire leurs fruits ? La bonté que je communique à mes créatures trouve tant d’opposition dans la sagesse humaine qu’elle demeure presque partout stérile. La vie des hommes n’est plus qu’un vain étalage de cérémonies trompeuses, et quand on s’approche du saint tribunal, institué par mon Verbe pour rendre aux pécheurs la grâce qu’ils ont perdue, il semble qu’on y va plutôt pour s’excuser que pour s’accuser ; ce qui fait qu’on augmente ses péchés plutôt que d’en obtenir le pardon. Les chrétiens, mes enfants, ne s’inquiètent plus de leurs obligations, ils n’ouvrent plus les yeux pour voir ce qu’ils doivent corriger… D’où vient ce lamentable relâchement ? Du maudit respect humain, de l’amour propre et de l’orgueil qui jette un voile sur leurs yeux… Ma fille bien-aimée, j’ai fait de toutes les créatures comme autant de canaux magnifiques que j’ai rempli d’une onde pure et limpide, mais elles la convertissent en une fange impure. »(IVe part. , ch. XXI.)
Il y a quelques jours, raconte Gemma Galgani , à peine eus-je reçu Jésus dans la communion qu’il m’adressa cette parole : « Dis-moi, ma fille, m’aimes tu ? Si tu m’aimes tu feras tout ce que je veux de toi. » Puis il continua en soupirant : Quelle ingratitude et quelle malice il y a dans le monde ! Les pécheurs s’obstinent à vivre dans le péché ; les âmes viles et lâches ne se font aucune violence pour dompter la chair ; les âmes affligées tombent dans l’abattement et le désespoir ; chaque jour en tous l’indifférence va en s’aggravant et personne ne se réveille. Pour moi du haut du ciel je ne cesse de dispenser grâces et faveurs à toutes mes créatures, lumière et vie à l'Église, vertu et force à ceux qui la dirigent, sagesse à ceux qui doivent éclairer les âmes vivant dans les ténèbres, constance et force à ceux qui sont appelés à me suivre, grâces de toutes sortes à tous les justes et même aux pécheurs qui restent dans leurs antres ténébreux; je leur fais parvenir jusque-là ma lumière, jusque-là je cherche par tous les moyens à les attendrir, à les convertir. Et à tout cela qu’est-ce que je gagne? Quelle correspondance est-ce que je trouve dans mes créatures que j’ai tant aimées? Personne ne se soucie plus de mon Cœur ni de mon amour. Je suis oublié comme si je ne les eusses jamais aimés, comme si je n’eusse jamais souffert pour eux, comme si je fusse pour tous un inconnu ! Mon cœur est constamment dans la peine ; presque toujours je reste seul dans les églises, et lorsque l’on s’y réunit en grand nombre on a de tout autres motifs, et je dois souffrir de voir mon église, ma maison changée en un théâtre et lieu de divertissement. Beaucoup sous des dehors hypocrites me trahissent par des communions sacrilèges. » Jésus aurait continué, mais je fus contrainte de Lui dire : O Jésus, Jésus je n’en puis plus. (Ch. XXX.).
« Il est besoin, lui dit une autre fois Jésus, d’une grande expiation particulièrement pour les péchés et les sacrilèges des ministres du sanctuaire. Si ce n’était des anges qui assistent à mon autel, combien de ceux-là je foudroierais sur le coup. » (Ch. XXXII.)

39. Jésus compte sur la terre bien peu de vrais amis

Notre Seigneur dit à sainte Thérèse : « Ah ! Ma fille qu’il y en a peu qui m’aiment véritablement ! S'ils m’aimaient, je ne leur cacherais pas mes secrets. Sais-tu ce que c’est que m’aimer véritablement ? C’est de bien comprendre que tout ce qui ne m’est pas agréable n’est que mensonge. Cette réalité que tu ne comprends pas maintenant tu l’entendras clairement un jour par le profit qu’en retirera ton âme. » (Vie, ch. XL.)
Françoise de la Mère de Dieu entendit de la bouche du Sauveur des plaintes semblables : « Oh! combien j’ai peu de vrais amis, en comparaison du grand nombre de ceux qui m’offensent, je veux que vous suppléiez. » Et Il lui montra que ce qu’il demandait de ses vrais amis est une adhérence, une adoration et un amour perpétuel envers Lui. (Ch. XIV.)
« Je cherche partout des âmes pour me donner et communiquer à elles, et j’en trouve si peu dans lesquelles je puisse faire pleinement ce que je veux, » (Ch. XV.)
Une autre fois Il lui fit comprendre l’excès de ses bontés et la valeur des dons qu’Il veut faire aux âmes, et Il se plaignit à elle de ce qu’il trouve si peu de cœurs disposés à le recevoir, de ce que les uns lui ferment la porte par le péché et l’ingratitude ; de ce que d’autres ont des cœurs petits qui ne se soucient point de recevoir ses grâces, pourvu qu’ils se sauvent, sans vouloir prendre part aux intérêts de sa gloire. Il lui dit : « Ne soyez pas ainsi, je veux que vous ayez un grand cœur, un cœur étendu par la charité sur toute la terre, pour prendre mes intérêts et pour réparer, par amour et zèle de mon honneur ce que tant d’âmes manquent de me rendre. Je vous ai choisie pour mon lieu de refuge, et pour vous donner les grâces que les autres refusent. » (Ch. XXVIII.)
Elle le vit un jour tout couvert de petites croix. Il lui dit : « Ce sont les péchés et les imperfections de toutes les âmes qui m’ont été autant de croix. Oh ! Qu’il y en a peu, ma fille, qui pensent à mes souffrances comme je le désire ; pensez-y pour tout ceux qui ne le font point. Il y a en cela un grand gain, car je vous donnerai tout ce que je leur donnerais s’ils y pensaient. » (Ch. XXXIII)
Une autre fois après la sainte communion, le divin Sauveur lui dit : « Je veux vous donner vie, mais auparavant il faut que je détruise votre vie propre. Quand je veux être vie à une âme et être sa seule vie, je suis premièrement en elle, non seulement comme un serviteur, mais comme un valet ; car bien souvent un serviteur ne fait que suivre son maître, tandis que le valet nettoie la maison. Ainsi je suis en cette âme, la nettoyant, la purifiant et ôtant toutes les ordures, pour la rendre une demeure qui me soit agréable ; car je ne peux prendre de plaisir en elle qu’elle ne soit toute purifiée. Mais quand je l’ai rendue nette, alors je n’y suis plus comme serviteur, mais comme maître absolu. Je me repose en elle, j’y établis ma demeure et je me rends seul vivant en cette âme. Je suis l’unique principe de ses actions, de ses mouvements, de ses respirations, de ses paroles, et de ses pensées. Elle ne peut plus agir ni se mouvoir que par moi. Comme je suis sa vie, je donne une vertu, une valeur, une efficacité à tout ce qui procède d’elle, selon le bon plaisir de ma volonté, afin qu’en aucune chose, elle ne s’en puisse détourner en un seul point ! Oh ! qu’il y en a peu en qui je trouve lieu de donner cette vie ! Qu’il y en a peu qui veuillent souffrir ce qu’il faut porter pour la recevoir ! Je l’offre à beaucoup mais peu la reçoivent. » Mais mon Seigneur, dit Françoise, dans le monde entier n’y en a-t-il pas des milliers qui vous donnent lieu ? Il lui répondit en soupirant et en poussant une douloureuse exclamation : « Oh ma fille, je ne veux point vous le dire, je vous affligerais trop. » (Ch. XXIX.)
Notre-Seigneur dit à Marie-Aimée que bien petit était le nombre des âmes qui ne se recherchaient point en Le servant et qui pouvaient dire à son exemple : Pour moi, je ne recherche point ma gloire. (Ch. XVII.)

40. Jésus persécuté par ceux qu’Il a le plus aimé

Un jour à son réveil, la bienheureuse Marguerite-Marie entendit une voix qui lui disait : le Seigneur se lasse d’attendre ; Il veut entrer dans son grenier pour cribler son froment et séparer le bon grain d’avec le chétif. Mon peuple choisi me persécute secrètement ; il a irrité ma justice ! Mais je manifesterai ses péchés secrets par des châtiments visibles. Je criblerai les coupables, dans le crible de ma sainteté de justice, pour les séparer d’avec mes bien-aimés, les ayant séparés, je les environnerai de cette même sainteté qui se met entre le pécheur et ma miséricorde, et quand elle a un fois environné le pécheur, il est impossible qu’il se reconnaisse, sa conscience demeure sans remords, son entendement sans lumière, son cœur sans contrition ; il meurt enfin, dans son aveuglement. » Lui découvrant ensuite son Cœur tout déchiré et transpercé de coups : « Voilà, lui dit-il les blessures que je reçois de mon peuple choisi. Les autres se contentent de frapper sur mon corps ; les religieux attaquent mon Cœur qui n’a jamais cessé de les aimer. Mais mon amour cédera enfin à ma juste colère, pour châtier ces orgueilleux attachés à la terre, qui me méprisent et n’affectionnent que ce qui m’est contraire, me quittant pour les créatures, fuyant l’humilité pour ne chercher que l’estime d’eux-mêmes. Et leurs cœurs étant vides de charité il ne leur reste plus que le nom de religieux. » (Ed. Gauthey, II, p. 173.)

41. Quelles sont les causes des tristesses de Jésus

Sainte Véronique Juliani écrivait à son confesseur la lettre suivante que nous abrégeons :
Votre Révérence m’ayant commandé de demander à Dieu la raison pour laquelle le crucifix est devenu si triste, je l’ai demandé pendant cinq nuits.
La première nuit, il me dit que l’une des raisons est le peu de cas que l’on fait de sa sainte Passion ; on la médite, il est vrai, mais en courant, et personne n’imprime profondément dans son esprit les peines et les douleurs qu’Il a endurées pour notre amour.
La seconde nuit, se montrant plus que la première fois défiguré et le visage baigné de larmes : « Vois, dit-ll, comment je suis traité et à quoi je suis réduit. Tout ceci provient des horribles blasphèmes que vomissent sans cesse contre moi mes créatures. »
La troisième nuit, Il se montra tout meurtri et défiguré : « Je me fais voir ainsi à toi, dit et à beaucoup d’autres, afin de les porter à aimer d’un amour véritable les souffrances et les croix. Mais je vois tout le contraire car peu nombreuses sont celles qui aiment la croix en union avec ma volonté. »
La quatrième nuit, Dieu me montra un lieu obscur tout plein d’instruments de douleurs. Au milieu il y avait une croix toute resplendissante dont les rayons illuminaient tout le reste et faisaient voir distinctement tous ces instruments de mort. Le Seigneur m’inspira que tous ces instruments ainsi éclairés par la croix signifiaient que nos souffrances doivent être unies aux mérites de la très sainte croix et à toutes les douleurs qu’Il endura dans sa Passion. Le lieu obscur où étaient déposés ces instruments signifiait que celui qui n’unit pas ses souffrances à celles de Jésus, demeure enseveli dans les ténèbres et n’a aucun mérite devant Dieu. Il me parut que le Seigneur me dit en même temps que l’on manquait beaucoup en cela dans notre monastère, que les souffrances de quelques-unes étaient comme cachées dans les ténèbres, parce qu’elles étaient endurées par force et que la perte d’un si précieux trésor était une des raisons du changement remarqué dans son image.
La cinquième nuit Notre Seigneur me découvrit trois points particuliers qui Lui déplaisaient souverainement : 1° Le peu de respect que l’on a pour les supérieures ; 2° Les aigreurs et rancunes dont l’ennemi tire tant d’avantages et qui nuisent grandement aux âmes ; 3° La manière de vivre trop commodément et non selon la sainte pauvreté. (Diaro, vol.II, p. 713.)
Cette nuit, rapporte ailleurs la même sainte, le Seigneur m’a fait connaître que maintenant dans le monde entier, il n’y a que péchés. « Tous me fuient et feignent de ne pas entendre mes appels et mes inspirations. » Alors il m'a fait voir une multitude d’âmes entraînées par le démon ; et Il m’a fait comprendre que c’était des âmes de religieux. « Je te les fais voir, dit-Il, afin que tu aies à cœur de prier pour eux. Il y en a que tu reconnaîtrais, mais je ne veux pas te les manifester.. » (Diario, 14 giugno 1797.)
Gertrude-Marie reçut elle aussi, plus d’une fois les plaintes du doux Sauveur : Depuis vendredi 26 avril, une tristesse profonde pèse sur mon âme, une tristesse que Notre-Seigneur me fait partager. Je Lui en ai demandé la cause : « C’est que, m’a répondu Jésus, en ce moment il y a des âmes qui m'abandonnent, des âmes que j’aime d’un amour spécial, des âmes que j’ai comblées ! des âmes sur lesquelles j’avais droit de compter pour me consoler, pour me dédommager de l’oubli, de l’ingratitude des autre hommes ! Et ces enfants privilégiés, ces âmes choisies m’abandonnent ! » (30 avril 1907.)
Ce matin Jésus s’est présenté à moi sous la figure d’un voyageur et Il m’a dit : « Viens avec moi ; je parcours le monde entier, je frappe à la porte de tous les cœurs, la plupart m’en refusent l’entrée. Viens, accompagne-moi partout ; quand je frapperai, tu prieras ; quand je serai rebuté, tu me consoleras. » (22août 1907.)
Aujourd’hui, après la communion, j’ai vu dans le Cœur de Jésus des milliers et des milliers d’épines. Les unes ne laissaient apercevoir qu’une toute petite tête ; d’autres plus ressorties laissant paraître une large tête. En me faisant remarquer les premières, Notre-Seigneur m’a dit : « Ces épines enfoncées si avant dans mon Cœur représentent les péchés souvent renouvelés. A chaque péché l’épine s’enfonce davantage. » (17 janvier 1907.)
« Mon Cœur déborde déborde de toutes parts. Il ne peut plus contenir toutes les grâces que les âmes refoulent sans cesse. Prends, ma fille, prends. » (26 décembre 1906.)


42. Les déceptions de Jésus

Au mois de mai 1910 une religieuse visitandine de Paris étant à l’article de la mort eut une visite de Jésus qui la guérit miraculeusement et qui lui dit : « … Et surtout aime-moi. J’ai tant besoin d’amour et j’en trouve si peu, même auprès des cœurs qui me sont consacrés. Je suis l’Epoux fidèle ; en moi il n’y a pas de déception ; mais qu’elles sont rares mes épouses auprès desquelles je ne rencontre pas bien des déceptions. »
Les religieuses ne sont pas toujours assez religieuses, dit aussi le Sauveur à Gertrude-Marie, elles ne sont pas assez mortifiées ; elles ne savent pas assez s’oublier ; même les meilleures ne sont pas tout ce qu’elles devraient être. » (27 novembre 1906.)

43. Beaucoup d’âmes religieuses aiment peu parce qu’elles ne désirent pas assez l’amour

Adressant une exhortation à ses religieuses le 13 octobre 1553, sainte Catherine de Ricci entra en extase et leur rapporta alors des paroles que Jésus l’avait chargée de leur dire : « Lève-toi, prends avec moi ta croix ; anime-toi à instruire tes Sœurs par mes exemples, et dis leur que, par amour pour elles, je me suis passionné pour la croix, voulant agir et faire, avant d’enseigner. Va donc avec ardeur et dis à mes filles qu’il ne doit pas leur paraître pénible de porter leur croix par amour pour moi, puisque moi, l’auteur de l’amour, j’en ai porté une si pesante par amour pour elles. »
« Leurs croix à elles, c’est l’observance des trois vœux, des règles et des constitutions, observance dont bien peu se préoccupent, et, s’il y en a encore quelques-unes qui y pensent, elle n’est que le dernier de leur souci, tandis qu’elle devrait être leur affaire la plus importante. Elles m’ont toutes oublié, elles ont toutes négligé mon amour, moi qui les ai tant aimées et qui ai tant souffert pour elles ! Oh ! qu’ai-je dû faire pour toi et pour elles, que je n’aie point fait ? Les grâces qui leur ont manqué, ce sont elles-mêmes qui s’en sont privé volontairement par leurs mauvaises dispositions, ou en ne les demandant pas, ou en ne les cherchant pas, ou en ne les désirant pas. Moi, je n’attendais, pour les leur donner que de les voir désirer ardemment et demander avec ferveur. On ne donne pas des joyaux et des perles à ceux qui n’en connaissent pas le prix. Ni moi non plus, je ne livre pas mes dons et mes faveurs à ceux qui ne savent pas les apprécier. Je ne les donne qu’aux âmes qui les recherchent jusqu’à se rendre importunes en les demandant, nuit et jour, à force de soupirs et de larmes. »
« Elles ne se souviennent plus de moi, elles ont presque entièrement oublié de m’aimer. Et pourtant qui aime ne désire et ne mérite rien tant que d’être aimé. Oh ! Dis-moi, est ce qu’elles ne sont pas mes délices? Est-ce qu’elles ne sont pas consacrées à mon service et au zèle de ma gloire ? Eh ! Ne voient-elles donc pas où en est le monde et combien peu s’y souviennent de moi ? C’est que la voie de la perdition est large et suivie par le grand nombre, tandis que celle de la perfection est étroite et difficile au commencement ; mais à quiconque y entre pour mon amour, je sais la rendre bientôt douce et facile. Non, ce n’est pas moi qui néglige quelque chose pour leur venir en aide ; ce sont elles qui négligent d’invoquer mon secours et de penser à moi, moi qui ai tant d’amour pour elles, moi dont elles font les délices et qui me sens si heureux de me trouver au milieu d’elles. »
« Mais je ne veux plus qu’elles persévèrent dans cette voie : Je veux qu’elles secouent le sommeil de leur négligence, quelles sortent de leur ornière et qu’elles se gardent de tout murmure, dans la mesure de leurs forces. Loin de moi de vouloir qu’elles s’attristent outre mesure de mes reproches et qu’elles en demeurent abattues et découragées. Non, je ne désire que de les voir revenir à moi avec confiance, moi qui peux et veux les changer en ferventes religieuses. Je sais bien qu’elles ne peuvent rien sans ma grâce ; mais qu’elles mettent courageusement la main à l’œuvre, pleines de confiance en mon secours, et je les délivrerai de toute peine et de toute angoisse. Quelles viennent à moi, qui les attends les bras ouverts sur la croix. Quelles prennent de grand cœur, sur leurs épaules, leur croix des trois vœux, des règles et des constitutions, et que rien ne soit plus capable de la leur faire abandonner. Qu’elles l’étreignent vigoureusement avec les mains des bonnes œuvres à l’exemple de tant de vierges saintes qui ont renoncé a toutes les choses du monde et à elles-mêmes pour mon amour et qui ont sacrifié leur propre vie dans un saint et généreux martyre. Aussi quand leur Epoux est venu au-devant d’elles, voyant la lampe de leur cœur allumée et toute pleine de l’huile de la charité et des bonnes œuvres, il les a introduites avec allégresse dans le lieu de leurs noces éternelles. » (Vie, ch. XX.)


Dernière édition par Hercule le Mer 23 Nov - 8:21, édité 2 fois
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Re: Bibliothèque - Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

Message par Her le Mer 23 Nov - 7:58

Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

livre édité en 1882 sous le titre :

Les Divines Paroles ou ce que le Seigneur a dit à ses disciples dans le cours des siècles chrétiens
Par le Révérend Père Auguste Saudreau Dominicain


CHAPITRE III : Dieu Bonté

1. Heureux qui s’applique à connaître la bonté de Dieu

Parole du Seigneur à Sœur Mechtilde : « Celui qui méditera combien je suis bon s’attachera à moi pour jamais. » (Liv. V, ch. XX.)
Ô mon unique bien-aimé, disait sainte Mechtilde au Seigneur, qu’aimez-vous mieux que les hommes connaissent de vous ? Le Seigneur répondit : « Ma bonté et ma justice : ma bonté qui me fait attendre miséricordieusement l’homme jusqu’à ce qu’il se convertisse, à quoi je l’attire continuellement par ma grâce ; mais quand il ne veut absolument pas se convertir, ma justice réclame sa damnation. » L’âme : « Et que dites vous de votre charité ? » Le Seigneur : « Un fidèle ami fait part de tous ses biens à son ami et lui révèle ses secrets ; ainsi je fais moi aussi. » (Ire part., ch. XIII.)

2. Bonté du Père éternel

Un soir, raconte sainte Thérèse, comme j’étais à Matines, Notre Seigneur se plaça entre mes bras, comme les peintres Le représentent mort entre les bras de la Sainte Vierge. Ce fut par une vision intellectuelle, mais si vive, qu’elle ressemblait à une vision imaginative. Notre Seigneur me dit : « Ne t’étonne pas de ceci. Mon Père est avec ton âme dans une union bien plus grande, sans comparaison. » (Relation, 44.)
Et une autre fois la même sainte rapporte ceci : le Père éternel m’approchait de Lui et m’adressait des paroles pleines de douceur. Il me dit entre chose en me témoignant beaucoup d’amour : « Je t’ai donné mon Fils, l’Esprit-Saint et la Vierge. Et toi, que pourras-tu me donner ? » (Relation, 22.)
Il m’est impossible, dit Marie Brotel , d’exprimer l'immense bonté de Dieu le Père. Il me regardait d’un regard paternel qui m’anéantissait d’amour. Je croyais que dans Dieu le Père il y avait surtout la grandeur et la puissance ; mais non, c’est surtout et au dessus de tout l’amour que j’y ai vu. Il m’a dit : « Ma fille, les hommes ne me connaissent pas et c’est pour cela qu’ils me servent avec une crainte servile et comme étant bien sévère ; mais tu vois mon amour pour mes créatures et mon désir de les voir heureuses » (Vie, appendice, I, n° 16.)

3. Bonté de Dieu qui se donne Lui-même et au premier appel

Au moment de l’élévation de l’hostie, le Seigneur dit à sainte Mechtilde : « Voici que je me livre tout entier avec tout le bien qui est en moi, en la puissance de ton âme, afin qu’il soit absolument en ta puissance de faire de moi tout ce qu’il te plaira. » (IIe part., ch.II.) Et une autre fois : « Voici que je me remets en ta puissance pour être ton captif et pour que tu commandes de moi tout ce que tu voudras, et moi, tel qu’un captif qui ne peut que ce que son maître lui ordonne, je serai à tes ordres. » (Ch. XXXI) « Toutes les fois que tu gémis tu m’attires en toi, je me suis rendu plus facile à obtenir que toute autre chose ; il n’est objet si vil et si insignifiant, un brin de fil ou une paille qu’on puisse acquérir par un simple acte de volonté ; mais moi, un seul vouloir, un seul soupir suffit pour me mettre en la possession de l’homme. » (IIIe part., ch. XXXV.)

4. Dieu se donne autant qu’on veut le recevoir

Sainte Gertrude vit le Seigneur qui, répandant de toutes parts les flots de son amour divin, se donnait à toute la communauté avec ces paroles : « Je suis tout à vous ; que chacun de vous jouisse de moi selon son désir. » (Liv. III., ch. XVII.) Mais ce désir, d’après lequel le Seigneur mesure le don qu’il fait de Lui-même, est le fruit d’une volonté sincère et efficace et non le produit d’une simple velléité.
Jésus dit à Bénigna : « On a une idée trop petite de la bonté de Dieu, de sa miséricorde, de son amour envers les créatures; on mesure Dieu par les créatures, mais Dieu n’est pas limité, aussi sa bonté est sans limite ! Oh ! Pouvoir se servir, profiter de Dieu et ne pas le faire ! Et pourquoi ne le fait-on pas ? parce que, dans le monde on ne Le connaît pas. Je suis un trésor infini, mis par mon Père éternel à la disposition de tous ; mes créatures me refusent, et combien c’est à leur détriment, elles le comprendront seulement dans l’éternité. » (Notice, pp. 88, 89.)

5. Dieu par bonté s’est rabaissé et mis à notre portée dans l’Incarnation

Le Seigneur a expliqué à sainte Brigitte pourquoi sa divinité ne s’était pas manifestée d’une manière éclatante : « l’infirmité corporelle n’aurait pu la supporter ; si les yeux corporels voyaient la divinité, ils se fondraient comme la cire devant le feu ; et même si l’âme avait cette faveur de voir la divinité, le corps se fondrait et deviendrait comme de la cendre. Ma divine bonté ne l’a pas voulu, car si je montrais ma divinité, qui est incomparablement plus brillante que le feu et que le soleil, j’irais contre moi-même, qui ai dit : Nul homme ne me verra sans mourir. (Exode, XXXIII, 20.) Les prophètes eux-mêmes ne m’ont pas vu comme je suis en la divinité. Aussi moi qui suis le Dieu de miséricorde, afin que l’homme m’entendît mieux, je me suis montré à lui sous une forme qui pouvait être vue et ressentie, c'est-à-dire dans mon humanité. » (Liv. v, ch. v.)

6. Bonté toute gratuite. Âmes choisies

Le Seigneur dit à Mechtilde : « Moi qui suis le Créateur de l’univers, je n’ai besoin d’aucune récompense, mais tu es toi-même ma récompense, car mon Père céleste t’a donnée à moi pour être mon épouse et ma fille. » La sainte s’écria : « Pourquoi, Seigneur très aimant, agissez-vous ainsi avec moi? » « Uniquement par un effet de ma bonté, parce que j’ai placé en toi les délices de mon Cœur. » (IIe part., ch. VIII.)
Le Seigneur dit à Gertrude : « Ma fille, je ne suis resté que depuis la sixième heure jusqu’à celle des vêpres, attaché à la croix, et cependant je l’ai bien élevée en honneur. Vois par là de quels bienfaits je me propose de récompenser les cœurs où j’ai reposé des années entières. » A ces paroles la sainte dit : Hélas ! je vous ai donné bien peu de contentement en mon cœur ! – « Et quel contentement ai-je eu sur ce bois ! répondit le Seigneur. Mais ma gratuite bonté qui l’a choisi de préférence à d’autres, m’a induit à l’honorer. De même je récompenserai ceux que j’aurai choisi par un effet gratuit de ma bonté. » (Liv. IV, ch.LII.)

7. Dieu est maître de ses dons

Le confesseur de Françoise de Bona la reprenant sévèrement lui dit qu’il était à craindre que toutes ses visions et ses révélations ne fussent des tromperies du démon : « Dis de ma part à ton confesseur, dit le Seigneur à l’humble religieuse : N’est-il pas en mon pouvoir de faire de mes servantes ce qu’il me plaît ? « (Liv. II, ch. xv II.)

8. Bonté qui n’oublie personne sur cette terre

« Il n’y a personne au monde, dit le Seigneur à sainte Brigitte, quelque enraciné qu’il soit avec le diable que le bon Esprit ne visite quelquefois et ne lui excite et émeuve le cœur. Il n'y a personne aussi, quelque bon qu’il soit, que le diable ne tourmente par quelque tentation. » (liv. Ier, ch. LIV.)

9. Bonté qui accroît ses dons selon les efforts de l’âme

« Ceux qui commencent à porter mon joug et qui font des efforts, à ceux là je donnerai ma grâce. Ceux qui supportent mon fardeau, c'est-à-dire qui s’efforcent d’un jour à l’autre, pour l’amour de moi, d’avancer dans le chemin de la perfection, je travaillerai avec eux, je serai leur force et les enflammerai d’amour, afin qu’ils me désirent davantage. Ceux qui sont nuit et jour dans les peines, qui souffrent avec patience et ne s’abattent pas, mais brûlent et s’enflamment de plus en plus, au point que tout ce qu’ils font leur semble peu de choses, ceux-là sont mes amis très chers, mais ils sont en petit nombre. » (Ibid., liv. Ier, ch. xv)

10. Bonté qui se révèle ou qui se cache selon le besoin des âmes

Sainte Gertrude, considérant la clarté du soleil, se dit un jour : Si le Seigneur qui a créé ce soleil et qui est Lui-même un feu consumant, était aussi véritablement en moi, qu’il se montre fréquemment devant moi, comment serait-il possible que mon cœur demeurât si froid, et que j’eusse une conduite si peu raisonnable et si peu vertueuse ? Le Seigneur lui répondit : « En quoi exalterait-on ma toute-puissance si, par-dessus tout, je ne pouvais en quelque lieu que je me trouve, me contenir en moi-même, ou révéler ma présence quand cela me convient le mieux, selon les circonstances de lieu, de temps et de personne ? » (Liv. II, ch. XVII.)

11. Bonté qui met son plaisir à nous faire du bien

Le Père céleste dit à Bénigne Gojoz : « Ma fille, lorsque vous serez parfaitement convaincue de votre néant et de votre misère, vous apprendrez à exalter mon nom et à vous réjouir dans le Seigneur, en reconnaissant que tout bien vient de moi, le Tout-Puissant, qui élève la poussière jusqu’à moi et fait le tout du rien ; vous saurez que ma miséricorde est infinie et que je me plais à la faire éclater puissamment en la sanctification des âmes, mes choisies, qui ne me résistent point, mais qui s’abandonnent avec une humble confiance à ma Providence. Retenez ces leçons, Bénigne, et vous saurez que je suis Celui qui remplit et qui rassasie l’âme qui a faim de moi ; que si je parle, j’exécute ; que si vous vous quittez vous-même, vous me posséderez ; que si vous vous séparez du cœur des créatures, vous aurez ma jouissance éternelle et la familiarité des anges ici bas ; que si vous quittez vos propres prévoyances, ma Providence prendra tout soin de vous, parce que j’aime surtout l’abandon et la dépendance des cœurs qui sont à moi ; je me plais à faire des miracles pour eux et en leur faveur ; je les pourvois de tout, comme une ville qui est mon séjour. La fille qui quittera le mieux sa terre et sa parenté (psaume XLIV) sera aussi celle qui entrera le mieux dans l’intérieur de Jésus-Christ, vraie terre promise. Les lumières qui viennent immédiatement de moi qui suis nommé le Père des lumières, sont les moins sensibles et les plus dégagés de forme, parce qu’elles partent de la vérité. L’âme la plus anéantie est la plus absorbée en moi. Le meilleur moyen de se tenir à moi est de connaître mon immense bonté, de savoir que tout votre bien vient de moi, et qu’ainsi vous ne vous devez rien attribuer. Le Tout donne et le rien reçoit. » (Vie, IIIe part., ch. III.)
« Un époux, dit Jésus à Bénigna, saisit toutes les occasions d’offrir des dons à son épouse, et il jouit plus à les lui faire qu’elle à les recevoir. » (Vie, p. 37.)
Nous sommes loin de connaître tous les bienfaits que nous recevons de Dieu, combien de grâces nous sont faites que nous ne connaîtrons qu’au ciel ! Notre Seigneur me dit, raconte Jeanne-Bénigne Gojoz : « Ma fille, remercie-moi d’une grâce que je t’ai faite et qui t’es inconnue. C’est qu’à pareil jour, je t’ai préservée de tomber dans un grand risque de m’offenser chez ton père, dans ta plus tendre jeunesse, quelqu’un des domestiques ayant été séduit et payé pour te mettre dans le péril. (Vie, IIIe part., ch. XIII.)

12. Bonté qui ne suspend ses bienfaits que pour les multiplier ensuite

Notre Seigneur confirma les faveurs accordées à Gertrude, en condescendant d’une façon admirable aux plaintes de sa servante, qui l’accusait de n’avoir pas scellé ses promesses en la frappant la main dans la main, ainsi que font ceux qui prennent quelque engagement. « Pour couper court à tes plaintes, approche et reçois la confirmation de mon engagement. » Le Seigneur ouvrit alors de ses deux mains son Cœur déifié, cette arche de la divine fidélité et de l’infaillible vérité, et ordonna à Gertrude d’y porter sa main droite. Fermant alors cette ouverture, où sa main resta retenue, le Sauveur lui dit : «Voilà que je te promets de conserver dans leur intégrité les dons que je t’ai confié ; si cependant quelquefois, par une économie de ma Providence, j’en suspens pour un temps les effets, je m’engage à t’en dédommager ensuite au triple. » (Liv. II, ch. xx.)

13. Bonté qui attend le moment le plus opportun

Pour communiquer ses grâces « Ma fille, dit le Seigneur à Madeleine Vigneron, j’ai vu autrefois mon Père porté à faire sur toi de grandes décharges de ses grâces pour le grand amour qu’Il te portait ; mais comme j’ai vu que tu n’étais pas bien disposée à les recevoir et qu’elles eussent été répandues inutilement et sans profit pour toi, je les ai mises en réserve pour te les donner en temps et lieu. » Et Notre-Seigneur faisait connaître qu’Il en usait ainsi envers tous les fidèles. (IIe part, ch. XIX.) Souvent nos prières ne sont pas exaucées aussi vite que nous le désirons ; l’effet en est suspendu, Dieu s’en souviendra à son heure.

14. Bonté qui voudrait donner davantage

J’ai entendu, raconte sainte Véronique Juliani, que le Seigneur me disait : « Je suis tout à toi, et tu es toute à moi. » Et alors Il m’a communiqué un peu de son amour infini. Cet amour me faisait comprendre que je ne devais chercher qu’humilité, charité et obéissance ; j’entendis que le Seigneur me dit : « Voilà ce que je veux de toi ; et sans toi, je ne puis mener à bonne fin tout ce que j’ai dessein de faire à ton âme. » Et je l’entendis me dire encore et me répéter : « Sans toi, je ne puis pas. » (Diario, 19 gennaio 1697.) Trop souvent, en effet, le Seigneur brûle de nous accorder ses dons, et nous l’en empêchons. Nous ne sommes pas capables, dit ailleurs la même sainte, de posséder le pur amour, si Dieu dans son infinie bonté , ne le met en nous ; mais cette grâce , Il l’accorde quand Il trouve un cœur disposé à la recevoir, et si grande est sa libéralité qu’il voudrait que tous nous fussions embrasés de son amour : « Je te fais ces grâces, me disait-Il, pour montrer que je fais du bien même aux ingrats, et pour encourager toutes les âmes à m’aimer. Tout ce que je t’accorde, je l’accorderais à toutes les créatures, si elles voulaient me servir. » (Diario, 19 décembre 1715.)
Dieu me fit connaître, dit Marcelline Pauper, que si les âmes étaient fidèles, Il remplirait leurs capacités de ses grâces et les enrichirait des dons du Saint-Esprit. Il me dit : « Je ne cherche qu’à me répandre, mais je demande des âmes pures. » (Vie, ch. XVIII.)
Gertrude-Marie a écrit : « Nul ne sait, m’a dit Jésus, jusqu’où irait ma familiarité avec une âme qui se livrerait totalement à moi. Quand une âme prononce avec beaucoup d’amour ces mots : Notre Père, qui êtes aux cieux, elle va droit à mon Cœur, c’est une flèche qui la transperce, c’est une flèche qui le transperce. » (10 mai 1907.) « Ah ! vous ne connaissez pas le Cœur de Dieu, m’a dit Notre-Seigneur, vous ne savez pas vous approcher de Lui ; vous ne savez pas crier : Père. Peu d’âmes sur la terre pratiquent à l’égard de Dieu cette familiarité que cependant Il attend de ses enfants. » (30 juin 1907.) Je me suis rappelé cette parole divine que j’ai entendue au mois de décembre : « On me chasse de partout, je me rapproche. On ne veut pas que je sois connu ; je me découvrirai aux âmes, je me communiquerai à elles. » (27 février 1907.)

15. Quand Dieu demande, c’est pour donner

Sainte Gertrude, voyant le Seigneur dans sa gloire, les mains pleines de présents mais ne pouvant distinguer à quoi il paraissait si fort occupé, l’interrogea, et Il répondit : « Je distribue des dons. Veux-tu m’offrir aussi ce que tu as gagné de mérites, pour accroître cette libéralité que je te fais ? » La sainte aussitôt offrit au Seigneur, non seulement ses biens, mais ceux de toute la communauté, et le Sauveur lui dit avec bonté : « Attache-toi à moi seul, et jouis de toute la douceur de ma grâce. » (Liv. 3, ch.9)

16. Bonté qui se sert des âmes saintes pour répandre ses grâces sur les autres

Le Seigneur a maintes fois déclaré à sainte Gertrude qu'elle serait le canal de ses grâces : « Ma bonté naturelle me fait toujours pencher vers ceux qui sont les meilleurs, et en les embrassant de toute ma divinité, je cache les moins parfaits sous ceux qui le sont davantage. » (Liv.3, ch. 16)
« Quiconque sous le poids de la peine et de la tristesse s'en viendra en toute vérité et simplicité chercher la consolation dans tes paroles, ne sera jamais frustré dans son attente ; parce que je veux, moi, Dieu, résidant en toi, suivant l'irrésistible impulsion de ma tendresse et de mon amour, je veux par toi répandre mes bienfaits sur un grand nombre ; et la joie que ton cœur en ressent, est vraiment puisée dans la source surabondante du divin cœur. » (Liv Ier, Ch. 14)
« Je prendrai plaisir à me servir toujours de ton cœur comme d'un canal, par où je verserai, de la source jaillissante de mon très doux cœur, des torrents de divine consolation sur tous ceux qui se disposeront à recevoir ces effusions, c'est-à -dire qui auront recours à toi avec confiance et humilité. » (Liv.3, ch. 57)
« Voilà que je mets à ta disposition toute la douceur de mon cœur divin, afin que tu puisses en faire part à tous, autant que tu le voudras. » (Liv. 4, ch.58)
Il fut dit à la bienheureuse Angèle que le Dieu tout-puissant ayant béni les aumônes qui lui étaient faites, tous ceux auxquels elle les distribuerait en tireraient profit et que ce profit serait proportionné aux dispositions de leur âme. (Doncœur, p.85 ; Ferré, p. 91)
Une autre fois, elle entendit ces Divines Paroles : « Moi qui te parle, je suis la puissance divine qui t'apporte une grâce : je veux qutu sois utile à tous ceux qui te verront et non seulement à eux, mais encore que tu sois en aide à ceux qui penseront à toi ou qui t'entendront nommer ; plus quelqu'un me possédera, plus tu lui sera utile. » (Doncœur, p103 ; Ferré, p 120).

17. Bonté qui a su tirer le bien du mal. O felix culpa !

Si Adam n'eût pas péché, dit le Père éternel à sainte Madeleine de Pazzi, et que le Verbe ne fût pas mort pour vous, nous n'en auriez pas moins joui de la gloire éternelle, mais dans une mesure plus restreinte … Vous eussiez mérité en partie la récompense que je vous aurais accordée, mais vos mérites eussent été beaucoup moindres, et les saints n'auraient pas eu les couronnes qui brillent maintenant sur leurs fronts. Ils n'auraient pu acquérir la couronne du martyre, faute de persécuteurs, ni celle de la virginité, faute de concupiscence. L'Église n'aurait point eu ses docteurs pour enseigner la vérité et combattre l'erreur, puisque l'ignorance et la mauvaise foi eussent été inconnues parmi les hommes. Enfin votre gloire eût été beaucoup moindre, parce que vous n'eussiez pas eu à combattre contre vous-mêmes et contre le monde ; il vous eût été fort facile d'observer mes commandements, parce qu'il n'y aurait eu en vous aucun penchant mauvais. En un mot il y aurait eu entre la gloire que je vous aurais donnée et celle que je vous donne maintenant la même différence qu'il y a entre une créature ornée du sang de mon Fils et une autre qui ne l'est pas. Oh! Qu'elle est grande, ma fille, la gloire que je vous donne maintenant! Oh! Combien le sang de mon Verbe a grossi le torrent de volupté du Paradis. » (4è part., ch. 12)

18. Bonté qui nous prépare d'ineffables récompenses

Gertrude baisant les plaies du Seigneur Lui disait : »Je vous salue, Jésus, époux plein de grâce et de fraîcheur, je vous embrasse dans la joie de votre divinité avec tout l'amour du monde entier, et je vous baise ainsi en votre plaie d'amour. »
« Toutes les fois, lui dit le Seigneur, que tu te retournes vers moi dans une semblable disposition, je te recevrai comme un ami reçoit son ami qui lui demande l’hospitalité d’un jour ; il lui témoigne par ses actes et ses paroles toutes sortes d’amitiés, avec une bienveillance et une attention remplie de joie et de délicatesse. En recevant ces marques de tendresse, cet ami songerait plus d’une fois comment il pourrait rendre la pareille à son ami, lorsque celui-ci viendrait aussi à le visiter : ainsi moi-même je pense sans cesse en mon Cœur et je règle avec soin comment pour toutes les amitiés que tu m’as faites sur la terre, je te récompenserai en la vie éternelle, selon la royale libéralité de ma toute puissance par des prévenances et des amitiés multipliées au centuple. » (Liv. III, ch. XLVII, p. 216.)

19. Bonté qui accorde la grâce d’une bonne mort

Le Seigneur dit à Gertrude : « Quand je vois à l’agonie ceux qui, parfois, ont eu quelque douce pensée ou mémoire de moi, ou qui ont accompli quelque œuvre méritoire, je me montre à eux, au dernier moment, si bon, si tendre et si aimable, qu’ils se repentent du plus profond de leur cœur de m’avoir offensé et ce repentir fait qu’ils sont sauvés. Aussi, je voudrais, pour cet excès de bonté, être glorifié par mes élus, et, parmi les actions de grâces qu’ils m’adressent pour mes bienfaits, en recevoir pour celui-ci de particulières. » (Ed. lat., p. 187, liv.III, ch. XXX, n° 20.)
Une fois que Marie-Aimée de Jésus priait pour la multitude des infidèles et qu’elle représentait combien le salut était difficile pour ces pauvres âmes qui ne Le connaissaient pas et n’avaient ni ses enseignements, ni ses exemples, ni ses sacrements pour résister aux penchants de la nature déchue, Notre-Seigneur la consola en lui disant qu’aucune âme ne sera damnée sans l’avoir voulu absolument. (Vie, ch. XVII.)
Un jour, que la pensée du mystère de la prédestination causait à sainte Rose de Lima le plus grand effroi, Jésus lui dit : « Ma fille, je ne condamne que ceux qui veulent être condamnés. Bannissez donc de votre esprit, à partir d’aujourd’hui, toute inquiétude sur cet article. »
La Sœur Mechtilde rapporte cette parole du Seigneur: « Je te dis en vérité, qu’il y en à un plus grand nombre dans la sainte Église qui vont après leur mort au ciel qu’il n’y en a qui descendent en enfer éternel. La justice néanmoins retient toujours ses droits ; je n’enlève jamais de ses mains les fautes commises en sa présence, mais je veux, avant tout, venir comme un père à l’âme accablée sous son fardeau, si je découvre en elle quelque bien et pas de désespoir ; j’y suis comme forcé par les sentiments paternels que je ressens pour les fils que j’ai engendrés. » (Ed. franç., liv. VI ch. XI ; éd. lat., liv. VI, ch. XV.)
Jésus dit à Marie de Jésus Crucifié : “Ce n’est pas moi qui choisis l’enfer pour vous ; vous faites ce choix vous-même. Pas une âme ne se perd sans que je lui aie parlé mille fois au cœur. » (Vie, p. 55.)
Il dit de même à Bénigna-Consolata : « Celui-là seul se perd qui le veut et qui le veut obstinément, en dépit des efforts répétés, des efforts amoureux de ma grâce pour le conduire au bien. » (Notice, p.22.)

20. Dieu ne laisse pas facilement se perdre les âmes qui Lui ont coûté si cher

Mechtilde priait pour une personne et disait : Mon Seigneur, je vous demande d’en agir miséricordieusement avec elle à ses derniers moments en lui donnant l’assurance de rester avec vous.- « Quel est l’homme sage qui jetterait et détruirait un trésor aimé, acquis à force de travail ? répondit le Seigneur. » (IVe part., ch. XXVIII.)
La même sainte demandant pour une de ses sœurs en religion qu’elle eût à ses derniers moments un avant goût de la vie éternelle, savoir, l’assurance de n’être jamais séparée de son Dieu, reçut une réponse aussi consolante : « Quel est le marin qui, après avoir heureusement amené ses biens au port, les jetterait alors volontairement à la mer ? » (Ibid., ch. XXXV, p.26.)

21. Bonté qui tient compte des bonnes intentions

Une dame avait consacré à Dieu son enfant, même avant sa naissance, et voulut que, si c’était une fille, elle fut fiancée à Dieu ; mais l’enfant mourut dans la deuxième année de son âge. Son âme apparut à Mechtilde comme une vierge très belle et lui dit : Tous les dons que je devais recevoir du Seigneur, si réellement j’avais pris l’habit religieux, Il me les accorde maintenant par un effet de sa grande libéralité ; et j‘ai en plus une récompense particulière pour avoir été consacrée à Dieu dès le sein de ma mère. » Comme cela étonnait beaucoup Mechtilde, le Seigneur lui dit : Pourquoi t’étonner ? Est-ce que les enfants baptisés ne sont pas sauvés par la foi d’autrui ? J’ai accepté la volonté bien déclarée de la mère pour le fait, et je récompense , dans son enfant, tous les biens qu’elle lui avait désirés .
– Mais pourquoi , mon bien-aimé, avez-vous si tôt enlevé cet enfant ?
– Elle était si aimable, répondit le Seigneur, qu’il n’était pas expédient pour elle de rester sur la terre ; ensuite son père, après la mort de son aînée, aurait annulé le vœu de sa mère, et l’aurait gardée pour le siècle. » (Ve part., ch. XII.)

22. Bonté qui récompense le dévouement de ceux qui se dépensent pour les amis de Dieu

L’intendant des religieuses d’Helfta se donnait beaucoup de peines et de fatigues pour bien gérer les affaires du monastère. Sainte Gertrude priant le Seigneur de l’en récompenser reçut cette réponse : « Son corps qui s’épuise si souvent de fatigue pour moi en de tels travaux est pour moi comme un trésor dans lequel je mets en dépôt autant de pièces d’argent qu’il fait de mouvements pour satisfaire à la charge qu’il a reçue, et son cœur est un coffre-fort dans lequel je me plais à déposer une nouvelle pièce d’or, chaque fois qu’il recherche comment pourvoir pour ma gloire aux besoins de ceux dont il est chargé. »
Sainte Gertrude fit remarquer que cet homme n’était cependant pas poussé par des motifs tout désintéressés, et qu’au désir de faire son devoir se mêlait aussi celui d’obtenir pour lui-même quelque gain. « Sa volonté, reprit le Seigneur, est tellement soumise à ma volonté divine que je suis toujours la cause principale de ses actions ; c’est pourquoi dans toutes ses pensées, ses paroles et ses actions, il gagne un fruit inestimable. Néanmoins s’il procédait dans chaque affaire avec une intention plus pure, ses œuvres deviendraient d’un plus grand prix, autant que l’or l’emporte sur l’argent. Enfin, si avec une intention plus pure encore il dirigeait vers moi ses pensées et ses sollicitudes, elles en deviendraient d’autant plus belles et plus nobles qu’un or pur et raffiné vaut mieux qu’un or vieilli et obscurci. ». (Liv. III, ch. LXIX.)

23. Bonté qui récompense les moindres actes d’amour

Ayant lancé vers le Seigneur des paroles de tendresse, l’humble Gertrude se demandait si son indignité ne rendait pas insipide au Bien-Aimé ses protestation d’amour. Le Seigneur la rassura en ces termes : « Qu’importe la nature du vase où l’on agite les parfums, pourvu qu’il exhalent toujours la même odeur ? De même lorsqu’on m’appelle : Ô très doux, ô très aimé, tout en se regardant comme une vile créature, la douceur qui m’est naturelle ne laisse pas d’en être émue jusqu’en ses profondeurs, et me fait exhaler à moi-même un arôme d’une merveilleuse suavité, qui répand sur celui qui a provoqué ma douceur par ces paroles de tendresse, une odeur de salut pour l’éternité. » (Liv. 4, ch. Ier.)
Comme ses Sœurs s’inclinaient profondément en récitant à l’office ces mots : « Verbum caro factum est », elle entendit que le Seigneur lui disait: « Chaque fois qu'une personne s'incline à ce mot avec une pieuse reconnaissance, me remerciant de ce que, par amour pour elle, j'ai daigné me faire homme, autant de fois, pressé par ma propre bonté, je m'incline à mon tour vers elle, et du plus profond de mon cœur j'offre en double à dieu les fruits de ma bienheureuse humanité pour ajouter à sa béatitude éternelle. » (Liv. 4, ch. 3)
Un jour qu'à l'Office de la nuit, bien qu'elle l'eût récité avec une dévotion sincère, elle n'avait pas reçu les lumières très élevées qui d'ordinaire lui étaient communiquées, elle pensa qu'elle s'était attiré cette privation par quelque négligence. Elle reçut alors cette divine leçon : « Certainement, dans la balance de la justice tu as mérité d'être privée des douceurs intérieures, des illuminations spirituelles, pour avoir cédé à ta volonté propre et pris un plaisir tout humain à chanter, néanmoins, sache que tu as gagné un accroissement dans la récompense future, parce que, en t'acquittant de ce devoir, tu as préféré le travail à ta commodité. » (Liv. 4, ch. 41)

24. Bonté qui récompense même le bien fait par des créatures coupables

Dieu le Père donna à sainte Catherine de Sienne cette instruction : « L'âme qui est en péché mortel ne peut faire aucune chose méritoire pour la vie éternelle, puisqu'elle n'est pas en état de grâce. Elle ne doit pas cependant abandonner les bonnes œuvres, parce que tout bien est récompensé et toute faute punie. Le bien fait en dehors de la grâce ne sert pas à la vie éternelle, comme je viens de le dire ; mais ma divine bonté et ma justice donnent une récompense imparfaite comme est imparfaite l'œuvre que l'âme me présente. Quelquefois je la récompense par des biens temporels, quelquefois je lui accorde la vie de la grâce par le moyen de mes serviteurs que j'aime et que j'écoute. Ainsi l'ai-je fait pour mon glorieux apôtre saint Paul qui, par la prière de saint Étienne, cessa d'être infidèle et de persécuter les chrétiens. En quelque état que l'homme se trouve, il ne doit jamais cesser de bien faire. » (Dialogue, ch. 93)

25. Bonté qui récompense les vertus en en faisant pratiquer de plus grandes

Mechtilde demandait au Seigneur pourquoi le comte B… avait été choisi pour fondateur de sa communauté. Le Seigneur répondit : " C’était un homme d’un cœur doux et bienveillant ; tout ce qu’il a pu commettre de péchés, il l’a fait sans malice ; c’est pourquoi ma sagesse a trouvé pour lui cette voie de salut ; car j’aime beaucoup un cœur bienveillant, tandis qu’un péché commis par malice devient un lourd fardeau pour l’âme ; et comme celui-ci a fondé ce monastère, non pour la faveur des hommes, mais pour ma gloire et le salut de son âme, et qu’il a fortement aimé la congrégation, par un droit spécial il s’est acquis les mérites de chaque personne, et jouit des biens de tous comme des siens propres. " (Ve part., ch. X.)

26. Bonté qui accepte la bonne volonté pour le fait

Le Seigneur dit à Gertrude : « J’ai accepté ta bonne volonté pour le fait ; car ma bonté, toujours désintéressée, exige que, lorsqu’une personne s’est proposée sincèrement quelque bonne œuvre ou quelque dévote pratique, quoique, par fragilité humaine ou par autre motif, elle n’en fasse rien, je ne laisse pas d’avoir égard à sa bonne volonté, de l’accepter pour le fait et de l’en récompenser largement. » (Liv. IV, ch. XXV)
Mechtilde entendant lire dans l'Évangile ces paroles : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » (Jean, XXI, 15) fut ravie en esprit et se trouva en présence du Seigneur, qui lui dit : Je vais aussi t’interroger, et tu me répondras dans toute la sincérité de ta conscience. Est-il au monde quelque chose qui te soit si cher que tu ne voudrais pas, si cela était en ton pouvoir, l’abandonner pour mon amour ? " La sainte répondit : Vous savez, Seigneur, que si tout le monde était à moi, avec tout ce qu’il renferme, je l’abandonnerais en entier pour votre amour. » Le Seigneur accepta cette réponse de Mechtilde, comme si, en effet, elle eût été la maîtresse de l’univers, et l’eût abandonné pour Lui.
L’interrogeant une seconde fois : « est-il quelque travail ou quelque joug d’obéissance que tu ne voudrais pas subir pour mon amour ? » - Seigneur, je suis prête à tout souffrir pour votre nom. « Est-il quelque souffrance si grave, que tu refuserais de l’endurer pour mon amour ? " » Mon Seigneur, avec vous et avec votre aide, je suis prête à endurer toutes les souffrances. Le Seigneur accepta toutes ces réponses comme si elles eussent été suivies de l’effet. (IVe part., ch.LX.)
Gertrude demanda au Seigneur de lui enseigner par quelle vertu elle pourrait lui plaire davantage. Le Seigneur lui répondit : " Puisque l’Esprit-Saint est la bonne volonté, applique-toi donc à avoir cette bonne volonté et ainsi tu pourra posséder ce que chaque vertu a de beauté et de perfection spéciale, car par la bonne volonté on gagne plus qu’on ne pourrait jamais le faire par des œuvres. Celui qui a la bonne volonté de me louer, de m’aimer par-dessus toute créature, de me rendre grâce, de compatir à mes douleurs et de pratiquer toutes les vertus de la manière la plus parfaite, s’il le pouvait, celui-là sera infailliblement récompensé par ma divine libéralité, et même plus largement que celui qui accomplirait l’œuvre de fait, sans avoir la même bonne volonté. " (Liv. IV, ch. XVII.)

27. Bonté qui aime mieux regarder la sainteté future que les défauts présents

Le Seigneur dit à Mechtilde qui priait pour une personne plongée dans la tristesse : «S’il lui vient à l’esprit qu’elle n’est pas du nombre des élus, qu’elle fasse comme un homme qui serait dans une vallée obscure ; si cet homme était désireux de voir le soleil, il monterait de la vallée sur la colline, et sortirait ainsi des ténèbres. Elle, de même, lorsqu’elle est plongée dans les ténèbres de la tristesse, qu’elle gravisse la montagne de l’espérance, et qu’elle me regarde des yeux de la foi, Moi, le céleste firmament dans lequel sont fixées comme des étoiles les âmes de tous les élus. Quoique ces étoiles soient obscurcies par les nuages du péché et les brouillards de l’ignorance, elles ne peuvent toutefois s’obscurcir dans leur firmament, c'est-à-dire dans ma divine clarté, parce que les élus bien que parfois enveloppés de péchés énormes, sont toujours regardés par moi, dans ma charité en laquelle je les ai élus, et dans cette clarté où ils doivent parvenir. C’est pourquoi il est bon qu’on se rappelle souvent avec quelle bonté gratuite on a été élu par moi, par quels secrets et merveilleux jugements je regarde comme un juste celui qui est en plein péché, avec quel amour j’ai changé en bien tout ce qui était mal en lui, et qu’on me bénisse, moi, l’éternel firmament des élus « (IVe part. ;ch. XXIV.)

28. Le chef-d'œuvre de la bonté divine est de conduire l’âme à la perfection

« Dans toute l’œuvre de la Rédemption, dit le Seigneur à Gertrude, je me suis plus servi de la sagesse et de la bonté que de la puissance et de la majesté. Et cette sagesse, unie à la bonté, brille surtout en ce que je souffre les imparfaits, jusqu’à ce que je les conduise par le libre choix de leur volonté à la voie de la perfection. » ( Liv. IV, ch. LXVIII.)

29. Bonté qui nous fait d’autant plus de bien qu’on nous fait plus de mal

Le Seigneur dit à Gertrude : « On te fait quelquefois de la peine en parlant mal de toi ? Eh bien ! Des paroles de tes détracteurs fais-toi autant de vertus ; et lorsque tu en seras ornée, tu pourras venir à moi, et, ma compassion aidant, je te recevrai avec bonté. Plus on blâmera sans raison ta conduite, plus mon Cœur te donnera de témoignages d’amour, parce que cela te rendra toute semblable à moi, dont on s’est plu à mal interpréter toutes les actions. » (Liv IV, ch. LXVIII.)

30. Bonté qui nous apprend à nous servir de l’amour infini

Mechtilde priait pour une personne qui s’était plainte à elle de la peine qu’elle ressentait de ne pas assez aimer son Dieu et de ne pas Le servir avec assez de dévotion ; la sainte en conçut elle-même une grande tristesse, se croyant de tout point inutile, puisque Dieu, qui lui avait conféré de si grands bienfaits, n’était pas aimé comme Il devait l’être. Le Seigneur lui dit : « Allons, ma bien-aimée, ne t’afflige pas : tout ce qui est à moi est à toi. » La sainte reprit : Si vraiment tout ce qui est à Vous est à moi, votre amour est donc mon amour, et l’amour c’est vous, ainsi que le dit saint Jean : Dieu est amour. (Jean, IV, 16.) Je vous offre donc cet amour, afin que, par lui, soit suppléé tout ce qui me manque. Le Seigneur accepta cette offrande et lui dit : « Tu feras très bien de la sorte, et, lorsque tu voudras me louer ou m’aimer et que tu ne pourras accomplir ton désir, tu diras : Bon Jésus, je vous aime; et pour tout ce qui manque à mon amour, je vous prie d’offrir pour moi à votre Père l’amour de votre Cœur. Tu diras à la personne pour laquelle tu pries de faire de même, et si elle y revient mille fois par jour, autant de fois j’offrirai pour elle mon amour au Père sans lassitude ni ennui. » (IVe part., ch. XXIII.)

31. Bonté qui répare nos négligences et supplée à notre impuissance

Sainte Gertrude ne pouvant mettre dans la récitation de l’office divin toute l’attention et toute la ferveur qu’elle désirait, en était tout affligée. Le Seigneur, ne pouvant souffrir qu’elle fût triste, lui présenta son Cœur divin, sous la forme d’une lampe ardente, lui disant : « Voilà que je présente aux yeux de ton âme mon très doux Cœur, l’organe de l’adorable Trinité. Tu lui remettras avec confiance, pour qu’il y supplée, tout ce que tu ne peux accomplir parfaitement toi-même, et de la sorte, mes yeux ne verront rien en toi qui ne soit de la dernière perfection. Car de même qu’un fidèle serviteur est toujours à la volonté de son maître, ainsi mon Cœur sera désormais toujours à ta disposition, pour réparer à toute heure tes négligences. »
Cette bonté du Seigneur remplit la sainte d’admiration et d’épouvante. Mais Lui, l’encourageant par cette comparaison, lui dit : « Si, ayant une voix sonore et flexible, et de plus aimant beaucoup à chanter, tu étais avec quelqu’un dont la voix serait désagréable et qui ne saurait pas chanter, tu serais indignée s’il ne voulait pas te laisser exécuter ce que tu peux rendre si facilement, et que lui ne peut, qu’à grande peine, faire entendre. Eh bien ! mon Cœur divin, qui connaît la faiblesse et l’inconstance de l’homme, désire d’une ardeur incroyable que tu l’invites, sinon de paroles, au moins de quelque signe, à te remplacer et à exécuter pour toi ce que de toi-même tu es complètement incapable de faire. Car, pour pouvoir et savoir l’accomplir, il a une vertu toute puissante et une sagesse inscrutable ; et la douceur et la bonté qui lui sont naturelles font qu’il n’a qu’un désir qui est de s’en acquitter avec joie et bienveillance. » (Liv. II, ch. XXV.)
L’aimable Sauveur rassura de la même manière sainte Lutgarde : « Âme troublée, ne te bouleverse plus l’esprit en récitant tes Heures : tes prières ont été exaucées et sont montées jusqu’à Dieu comme un agréable encens… Ne crains rien, moi même je suppléerai à ce qui te manque. » (Vie, par le P. Jonquet, ch. v.)

32. Bonté qui fait ce que nous aurions dû faire

Un vendredi soir, Gertrude regardant le crucifix fut saisie de douleur d’avoir passé ce jour sans se rappeler, à chaque heure, ce que le Sauveur avait souffert pour son amour et elle Lui en exprima son profond regret. Jésus lui répondit de la croix : « Ce que tu as négligé, je l’ai fait pour toi ; à chaque heure j’ai recueilli en mon Cœur ce que tu aurais dû recueillir dans le tien ; j’attendais, avec une grande impatience, l’heure où tu devais me dire ton regret. Appuyé sur ce sentiment que tu m’exprimes, je veux offrir à Dieu mon Père tout ce que j’ai suppléé pour toi en ce jour, parce que, sans ton intention, tout ce que j’ai fait ne pourrait te profiter. » (Liv. III, ch. XLI.)

33. Bonté qui efface les taches des âmes

Sainte Gertrude dit au Seigneur : Où sont donc les taches produites par l’impatience que j’avais en mon cœur, et que j’avais tant soit peu manifestée dans mes paroles ? – « Le feu de ma divinité les a totalement consumées, dit le Seigneur, comme c’est ma coutume de consumer toutes les taches, et de corriger toutes les difficultés dans une âme vers laquelle je m’incline gratuitement poussé uniquement par ma bonté. » (Liv. III, ch. XVI.)

34. Bonté qui nous ramène à la présence de Dieu

Le Seigneur dit à Gertrude : « Lorsque tu veux saisir quelque objet, tu étends la main, et lorsque tu as pris ce que tu voulais, tu la retires à toi ; ainsi moi-même, tout languissant d’amour pour toi, quand tu te dissipes aux choses extérieures, pour te reprendre, je te présente mon Cœur ; puis lorsque, m’obéissant, tu rentres en toi-même pour t’occuper de moi, je retire à moi mon Cœur avec toi, et je t’offre en lui la douceur de toutes les vertus. » (Liv. III, ch.. XXVI )

35. Bonté qui réconforte

Le 22 août 1815 Élisabetta Canori pleurait ses infidélités, et si vive fut sa douleur que son cœur fut sur le point d’éclater, il lui sembla que ce fut un miracle qu’elle n’en mourût pas. Soudain elle entendit la voix très suave du Seigneur qui lui dit : « Ne t’étonne pas de ta misère ; tourne tes yeux et regarde. » Je regardai, écrit la servante de Dieu et je vis présentes devant moi et comme alignées en bon ordre toutes les bonnes œuvres que, avec la grâce de Dieu, j’ai accomplies depuis le premier usage de ma raison jusqu’aujourd’hui. » Ecris, continua mon doux Seigneur, écrit les bons effets qu’a produit en moi ta grâce, » A ces mots je me mis à pleurer abondamment et je Le suppliai de ne pas exiger de moi pareille obéissance. Ma résistance ne Lui déplut pas, mais Il continua : « Ma fille bien-aimée, pourquoi veux-tu cacher les fruits de mes fatigues et de mes sueurs ? Manifeste plutôt mes éternelles miséricordes. » (Vita, ch. XXX.).

36. Bonté incomprise

Une Sœur du Carmel de Dieppe, dont la mort très prompte surprit et affligea la communauté, apparut, une heure après son décès, à la Mère Françoise de la Mère de Dieu. Comme Françoise s’étonnait qu’elle venait si tôt à elle, Notre-Seigneur lui dit : « C’est quelle m’a été bien fidèle durant sa vie, et j’ai eu soin d’elle à la mort. » Mais Françoise ne pouvait s’empêcher de faire cette plainte : Mon Seigneur, vous avez laissé mourir notre chère Sœur sans sacrements ; j’espérais de votre bonté qu’elle aurait la grâce de vous recevoir. Il lui répondit ; ce n’a pas été le manque de bonté, mais un surcroît de miséricorde, car je connaissais bien qu’elle n’avait pas besoin d’autre chose et je l’ai permis ainsi pour donner exemple aux autres. On a trop de crainte de faire recevoir si tôt les sacrements et de faire entrer pour cela les prêtres. Il vaut mieux le faire trois fois que d’en manquer une dans une chose si importante. On a tant de soin qu’il ne manque rien au corps, il faut avoir encore bien plus de soin pour les âmes. » Puis comme Françoise Le priait pour la défunte, Il lui dit : « Je la récompenserai bien des vertus qu’elle a pratiquées, qui n’ont point paru aux créatures, mais bien devant moi à qui rien n’est caché. » (Vie, ch. XI.)

37. Bonté divinement affectueuse

Comme Mechtilde venait de saluer du fond de son cœur son Bien-Aimé, Il lui répondit : « Quand tu me salues, je te salue à mon tour ; quand tu me loues je me loue moi aussi en toi ; et quand tu rends grâces, moi aussi en toi et par toi je rends grâces à Dieu le Père. » La sainte dit : « Mon Bien-Aimé, quelle est cette salutation que vous adressez à mon âme, et que je ne sens pas ? » – « Ma salutation n’est pas autre chose que ma tendre affection pour l’âme. Ainsi qu’une mère caresse son enfant sur ses genoux, lui apprend les paroles qu’il doit lui adresser à elle-même, reçoit avec un cœur de mère ce qu’il lui dit et quelquefois l’en récompense par un baiser, ainsi j’instruis l’âme, par une inspiration divine et un mouvement d’amour à me saluer, et, quand elle s’en acquitte dans sa petite mesure, j’accepte ses efforts dans la mesure de la grande affection d’un père et de là, je rends à l’âme son salut par une effusion de grâces quelle peut bien ne pas toujours ressentir. » (IIIe part., ch. IX.)

38. Bonté qui nous bénit et qui nous garde

Le Seigneur s’adressant à une personne pour laquelle Mechtilde priait, lui dit : « Personne ne m’enlèvera jamais ton âme. » Puis, la bénissant, il fit sur elle le signe de la croix en disant : « Que ma divinité te bénisse, que mon humanité te fortifie, que ma tendresse te réchauffe et que mon amour te conserve ! » (4e part., ch. XXVI.)

39. Bonté qui varie ses dons par sagesse

Sainte Gertrude ayant demandé à Notre-Seigneur pourquoi les révélations dont Il la favorisait différaient de celles de ses compagnes, Notre-Seigneur répondit : « Si un maître était interrogé par plusieurs personnes d’un langage différent et qu’il répondit à toutes dans une seule langue, cela ne serait compris par personne ; mais, s’il parlait à chacun dans sa propre langue, en latin à celui qui serait latin, en grec à celui qui serait grec, on admirerait d’autant plus sa science et sa sagesse. Semblablement, plus je mets de diversité dans les dons que je communique, plus est évidente la profondeur insondable de ma sagesse, qui me fait répondre à chacun selon la portée de son intelligence, et lui révéler, ce que je veux révéler, selon la capacité et le sens que je lui ai moi-même accordés ; parlant aux plus simples par des images et des comparaisons plus sensibles, et au plus éclairés d’une manière moins imagée et plus cachée, mais plus élevée et plus spirituelle. » (Liv. III, ch. XLVIII.)

40. Bonté de Dieu et sa patience à l’égard des pécheurs obstinés

Le Seigneur fit souvent savoir à sainte Brigitte combien il était bon et patient envers les pécheurs ; voici quelques-unes des paroles qu’il lui dit sur ce sujet :
« Tu admires, ô mon épouse, pourquoi je souffre les méchants avec tant de patience, c’est parce que je suis miséricordieux. D’abord ma justice les supporte afin que leur temps soit entièrement accompli…Puis parce qu’ils ont fait quelque bien dont ils doivent être récompensés, afin qu’il n’y ait pas un bien, quelque petit qu’il soit, fait pour l’amour de moi, qui n’ait pas sa récompense. Enfin, je les souffre pour faire voir à tous les yeux combien est grande la patience divine ; c’est pour cela que j’ai supporté Pilate, Hérode et Judas. » (Liv. Ier, ch. XXV.)

41. Ce que Dieu est pour l’âme

Le Seigneur découvrit à la Mère Anne-Marie Clément les offices différents qu’Il remplissait à son égard ; 1° De Pasteur, qui la gouvernait ; 2° De Roi, qui voulait avoir un parfait empire sur elle ; 3° D’Epoux, très cher, mais jaloux, qui la conduisait dans ses celliers pour l’enivrer d’un vin délicieux ; 4° De Médecin, qui guérissait ses blessures par les remèdes de ses sacrements ; 5° De Maître et de Docteur qui lui enseignait ses vérités ; 6° De législateur, qui imprimait de son doigt son nom et ses lois dans son cœur ; 7° De Conseil et de Guide, la faisant marcher dans les sentiers de la justice et de l’équité ; 8° De Pilote, pour la faire arriver heureusement au port ; 9° Enfin de nourriture et de pain de vie, qui devait la fortifier. (Vie, 1915, p. 189.)
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Re: Bibliothèque - Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

Message par Her le Mer 23 Nov - 8:40

Recueil d'Apparitions de Jésus aux Saints et aux Mystiques

livre édité en 1882 sous le titre :

Les Divines Paroles ou ce que le Seigneur a dit à ses disciples dans le cours des siècles chrétiens
Par le Révérend Père Auguste Saudreau Dominicain


CHAPITRE IV : Dieu Justice

1. Il ne faut pas scruter les jugements de Dieu

Sainte Thérèse récitant à l’office ces paroles du psalmiste : Vous êtes juste, Seigneur, et vos jugements sont équitables (ps. CXVIII, v. 137), se demandait comment un Dieu si juste lui accordait à elle, si indigne, tant de faveurs et de consolations, qu’Il refusait à des âmes qui lui paraissaient bien plus fidèles et plus dignes qu’elle. Soudain elle entendit cette parole qui fut la première de toutes celles que le Seigneur lui adressa dans toute sa vie : « Sers-moi et ne t’occupe pas d’autre chose. » (Vie, ch. XIX.)

2. Dieu respecte la liberté de ses créatures

Françoise de la Mère de Dieu écrivait, le 18 octobre 1642, au P. Gibieuf, qui fut, après le cardinal de la Bérulle, supérieur des Carmels de France : Je suis dans un grand désir que tout le monde se rende à Dieu et je lui dis quelquefois ; Vous savez, ô mon Dieu, que si je pouvais attirer à Vous toutes les âmes, je le ferais. Mais d’où vient que vous, qui pouvez toutes choses, vous permettez qu’il y en ait tant qui se perdent ? Il me dit une fois : « C’est que j’ai donné la liberté à l’homme et je lui en laisse la disposition, à moins que, volontairement, il ne me redonne cette liberté ; et alors je la prends et la fait se rendre à ce que je veux. » Et Il me fit entendre quel grand bien c’est pour une âme de n’avoir plus de liberté et d’être captive de Lui. Il me fit connaître qu’Il prenait une nouvelle puissance sur moi pour que je sois de plus en plus captive et dépendante de Lui et de cette captivité me donnerait plus de liberté, m’affranchissant de tout ce qui pourrait m’empêcher de l’aimer. (Vie, ch. VIII.) Les passions seules asservissent, parce qu’elles font faire à l’homme ce qu’il voudrait ne pas faire ; au contraire, là où est l’Esprit Saint, là est la liberté : ubi Spiritus, ibi libertas. En effet, ceux qui renoncent à leur liberté pour se laisser conduire en tout par le Saint-Esprit, ne font, sous sa divine influence, que ce qu’ils se réjouissent de faire.

3. Réversibilité des grâces. Le compte qu’il faut en rendre

Je sentis, dit Françoise de la Mère de Dieu, la divine Majesté qui me paraissait n’être pas contente de la lâcheté et négligence de quelques âmes, qui ne cherchaient qu’à se satisfaire elles-mêmes et ne travaillaient point à Lui plaire et il me dit : « Oh ! Combien perdent ces âmes par leur faute », me faisait comprendre que la grâce qu’Il leur voulait donner, Il la donne aux âmes fidèles (Vie, ch. XVI.) C’est la sentence de l'Évangile : ôtez-lui la mine et donnez-la à celui qui en a dix… On donnera à celui qui à déjà et il sera dans l’abondance ; mais à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a. » (Luc, 19, 25, 26.) Dieu me fit entendre, dit encore Françoise, que venant juger l’âme, Il lui demande compte particulièrement de l’usage qu’elle a fait de sa vocation, de toutes ses actions, pensées, paroles et intentions, du temps qu’elle à passé sans l’employer à sa perfection. (Ibid.) Mais à ceux qui sont fidèles, il est accordé grâces sur grâces. « Ne vous étonnez pas, dit un jour la Sainte Vierge à Françoise, de ce que mon fils fait en vous, car lorsqu'Il a choisi une âme pour se communiquer à elle et qu’elle Lui est adhérente (unie de cœur et de volonté), on ne peut comprendre ce qu’Il opère, la favorisant à la place de tout ceux qui ne Lui donnent point lieu de régner en eux. » (Vie, ch. XI.)
Notre-Seigneur, dit Madeleine Vigneron, m’a fait connaître que son occupation dans l’Eucharistie était de présenter des grâces à toutes les personnes qui se trouvaient là présentes devant Lui et que, si quelques-unes les refusaient, Il les reprenait et en faisait largesse aux autres qui étaient fidèles à les recevoir. De sorte que si, dans cette assemblée, il n’y a qu’une âme fidèle à les bien recevoir, elle s’en retourne remplie de toutes les grâces des autres. (2e part., ch. XV.)

4. Les bontés de Dieu rendent plus rigoureux les droits de sa justice

Le Père éternel donna à sainte Marie-Madeleine de Pazzi les instructions suivantes : « Mon Verbe ayant pris sur Lui l’expiation des péchés du monde, il semble au premier coup d’œil que la justice n’ait plus rien à faire, là où s’est déployée une si grande miséricorde…Elle ne laisse pas cependant d’exister toujours et même elle doit s’exercer dans l’avenir avec plus de rigueur et de sévérité. Car le verbe, ayant anéanti sur la croix tous les péchés des hommes, ne peut plus, pour ainsi dire, supporter la vue du moindre défaut dans la créature… Le sang et la mort de mon Verbe ayant comblé la créature de biens infinis, elle se trouve beaucoup plus étroitement obligée qu’auparavant à nous servir et à nous aimer, pour reconnaître l’amour avec laquelle nous l’avons créée et rachetée, d’où il suit que les fautes qu’elle commet dans son ingratitude sont plus grandes et exigent une plus grande punition. Il est vrai cependant, ma fille, que le sang et les mérites du Verbe, lorsqu’on les applique aux âmes souffrantes par le sacrifice de l’autel, diminuent beaucoup la rigueur de leurs peines, car la vue de ce sang m’est tellement chère qu’elle apaise facilement mon courroux. » (Ire part., ch. XXIII.)

5. La miséricorde méprisée est vengée par la justice

Dieu dit à sainte Catherine de Sienne : « Tu le vois, ma fille bien-aimée, les hommes ont été régénérés dans le sang de mon Fils et rétablis dans la grâce : mais ils la méconnaissent et s’enfoncent de plus dans le mal ; ils me poursuivent de leurs outrages et méprisent mes bienfaits. Non seulement ils repoussent ma grâce, mais ils me la reprochent, comme si j’avais d’autres buts que leur sanctification. Plus ils s’endurciront et plus ils seront punis ; leur châtiment sera plus terrible qu’il ne l’aurait été avant la rédemption. N’est-il pas juste que celui qui a beaucoup reçu soit tenu de donner davantage à son bienfaiteur ?
« Les hommes me sont bien redevables, eux qui ont reçu le trésor de ce sang précieux qui les a rachetés, et la dette est plus grande après la rédemption qu’avant. Ils me doivent l’amour envers le prochain ; ils me doivent des vertus sincères et véritables et s’ils ne s’acquittent pas, plus ils me doivent, plus ils m’offensent. Ma justice alors demande que je proportionne la peine à l’offense et que je rende plus terrible pour eux la peine de l’éternelle damnation. Aussi le mauvais chrétien est-il beaucoup plus puni que le païen. Le feu terrible de ma vengeance, qui brûle sans consumer, le torture davantage, et le ver rongeur de la conscience le dévore plus profondément. Quels que soient leurs tourments, les damnés ne peuvent perdre l’être ; ils demandent la mort sans pouvoir l’obtenir, le péché ne leur ôte que la vie de la grâce. » (Dialogue, ch..XV.)

6. Les promesses de la miséricorde et les menaces de la justice

Le Seigneur se plaignit souvent à sainte Brigitte des désordres des pécheurs et lui fit connaître combien il est terrible pour eux de tomber entre les mains de sa justice : « Je veux entrer dans leurs cœurs ; mais ils disent : nous aimons mieux mourir que de quitter nos volontés. Vois, ô mon épouse, de quelle trempe ils sont : je les ai faits, et d’une seule parole je pourrais les détruire ; cependant vois comme ils s’enorgueillissent contre moi. Maintenant, à cause des prières de ma Mère et de tous les saints, je suis encore si miséricordieux et si patient que je veux leur envoyer des paroles sorties de ma bouche et leur offrir ma miséricorde. S’ils veulent la recevoir, je serai apaisé et je les aimerai ; sinon, je leur ferai ressentir ma justice et ils seront confondus publiquement devant les anges et les hommes, et ils seront jugés comme des larrons. Comme des larrons pendus au gibet sont dévorés par des corbeaux, de même ceux-ci seront dévorés par des démons sans jamais se consumer ; comme ceux qui sont punis par le cep de bois ne trouvent aucun repos, de même ceux-ci seront en tout et partout environnés de douleur et d’amertume. Un fleuve de feu coulera en leur bouche ; de jour en jour ils seront en proie à de nouveaux supplices. » (Liv. Ier, ch V.)
O mon Seigneur, dit Brigitte, donnez-leur la force d’éviter le péché et la grâce de vous aimer. Notre-Seigneur lui répondit : « Ils sont accoutumés aux souillures et ne peuvent être enseignés que par les verges. Et plût à Dieu qu’ils se connussent et se repentissent de leurs fautes quand ils seront châtiés. » (Liv. IV, ch. CXXXI.)
O Seigneur, dit encore Brigitte, ne vous indignez-pas si je parle. Envoyez quelqu'un de vos amis qui les avertissent des périls prochains et terribles qui pendent sur leur tête. « Il est écrit, dit Notre-Seigneur, que le mauvais riche du fond de l’enfer demanda qu’on envoyât quelqu’un pour avertir ses frères, afin qu’ils ne se perdissent pas comme lui, et il lui fut répondu : non, car ils ont Moïse et les prophètes pour les enseigner. Je dis maintenant de même : ils ont maintenant les évangiles, les prophéties, les exemples et les paroles des docteurs ; ils ont la raison et l’intelligence ; qu’ils en usent et ils seront sauvés ; car si je t’envoie, tu ne pourras pas crier si haut que tu sois entendue. Si j’y envoie mes amis, ils sont en si petit nombre qu’à peine les entendront-ils. Néanmoins j’enverrai mes amis à ceux qu’il me plaira, et ils prépareront la voie à Dieu. » (Liv. IV, ch. XXXVII.)

7. Dieu retient sa justice et épanche sa miséricorde

Le Fils de Dieu montra à la vénérable Marguerite du Saint-Sacrement deux fleuves qui sortaient de son côté ouvert l’un se répandait continuellement sur toute la terre et l’autre, qui de sa nature ne demandait qu’à prendre son cours, était arrêté par la main du Sauveur : « Ce fleuve qui se répand, dit-Il, c’est ma miséricorde, qui est ouverte aux pécheurs ; l’autre que je retiens de ma main, c’est ma justice, dont j’empêche les effets durant cette vie afin de donner lieu à la pénitence. C’est toutefois en telle sorte que ceux qui méprisent ma grâce tombent secrètement dans ma justice, qui, moins elle châtie par des peines manifestes, plus elle punit par des aveuglements secrets. (Liv. V, ch. V.)

8. Les âmes fidèles doivent s'efforcer de faire contrepoids aux iniquités des pécheurs

« Ma fille, dit le Père éternel à sainte Marie-Madeleine de Pazzi, la malice des créatures est si grande que si ma colère n’était apaisée par mes élus et les épouses de mon Verbe, j’en tirerais une vengeance dont vous ne pourriez même pas supporter la vue. Ne vous laissez donc pas endormir par une lâche indifférence, mais appliquez-vous, conjointement avec mes élus, à expier tant d’outrages qui sont faits à moi et à ma vérité. Sachez que ceux qui ne font rien contre le péché s’en rendent en quelque sorte complice et que les iniquités des hommes crient vengeance avec plus de force que le sang d’Abel…
Savez-vous à quoi ressemble la malice des créatures ? A un mur infranchissable qui s’élève entre elles et qui empêche mes grâces d’arriver jusqu’à leur cœur. O ma fille, ne cessez pas d’offrir à moi et à ma vérité le sang de mon Verbe Lui-même pour apaiser ma colère…
Voyez comme tous les hommes sont entre les griffes du démon ! Voyez comme sa gueule est ouverte pour les dévorer ! Bien loin de l’éviter ils vont s’y jeter d’eux-mêmes et il n’en est aucun qui lui échapperait, si mes élus ne les sauvaient par leur prière. Pour moi, j’écris dans un livre qui vous est inconnu, toutes les iniquités des méchants, et je mets en regard tous les secours qui leur ont été donnés par mes élus.
Au jour du jugement, j’ouvrirai ce livre devant mon Verbe, a qui j’ai donné le pouvoir de les juger, afin qu’ils voient la justice de leur condamnation aux peines éternelles. Je fais aussi enregistrer dans le plus grand détail toutes les bonnes actions de mes élus, pour en donner connaissance à toutes les créatures en ce grand jour, et leur faire voir que c’est à juste titre que je leur donne la gloire éternelle. » (IVe part., ch. XXI.)

9. Les bons eux-mêmes portent la peine de leurs négligences et de leurs défauts

Un certain homme, très remarquable par sa science et fort habile en droit civil, quitta son pays et vint demander à Marguerite de Cortone de prier pour qu’il obtînt d’être consolé dans ses peines. Marguerite ayant prié obtint de Dieu cette réponse : « Dis à cet homme qu’il s’est attiré la peine dont il souffre, non pour avoir eu l’intention de commettre le péché, mais pour sa négligence à l’éviter. Car au moment où il se sentit porté au péché, il a résisté à la tentation, mais il n’en a pas fui pleinement les occasions, et pour cela les imaginations mauvaises sont entrées dans son âme, qui l’ont empêché de recevoir mes grâces avec autant d’abondance que s’il eût été plus vigilant. Quant à cet abattement d’esprit dans lequel il se trouve, dis-lui d’en attribuer la cause à ce que, tout en désirant me servir, il conserve dans son cœur un attrait trop sensible aux hommes du siècle, et il a une grande présomption de ses qualités intellectuelles. » (Vie, ch. IX, § 17.)

10. La justice divine trouve encore à punir, même chez les âmes vertueuses qui ont fait une très précieuse mort

Au monastère d’Helfta mourut, pendant que vivait sainte Gertrude, une jeune religieuse qui avait eu une grande dévotion à Marie: munie de tous les sacrements, elle était à l’agonie lorsque de ses mains déjà mourantes elle prit le crucifix et salua les saintes plaies avec des expressions si tendres, et les couvrit de baisers si ardents que les assistants en éprouvèrent une merveilleuse componction. Elle fit ainsi diverses prières avec une admirable piété et s’étant un peu reposée, elle mourut à ce moment. Gertrude ayant appris qu’elle avait dû être purifiée avant de sortir de son corps, demanda au Seigneur quelle souillure elle avait pu contracter par fragilité humaine. Le Seigneur lui répondit : « Elle se complaisait quelque peu dans son propre sens et je l’en ai purifiée en permettant qu’elle trépassât avant que le couvent n’ait achevé la prière commune qui se disait pour elle ; ce qui lui causa une très vive anxiété, car elle craignit de perdre beaucoup de n’avoir pas eu les suffrages du couvent. Ainsi a-t-elle été purifiée de cette tache. » Mais Seigneur, reprit Gertrude, ne pouvait-elle être purifiée de cette tache par la contrition du cœur lorsqu’elle demandait, au moment de sa mort, la rémission de tout ses péchés ? Le Seigneur répondit : « Une contrition générale de la sorte n’a pu la purifier, parce qu’elle est restée quelque peu à son sens propre, en ne se rendant pas pleinement à ce qu’on lui enseignait. Il fallait donc qu’elle souffrit quelque chose pour être purifiée. » (Liv. V, ch. III.)
Sainte Gertrude demandait au Seigneur pourquoi la vierge E…, dont Il lui avait révélé la gloire avait éprouvé, en son agonie, une grande frayeur, reçut cette réponse : « C’est mon excessive fidélité qui en a été cause. Quelques jours auparavant comme elle m’avait, dans sa maladie, prié par ton intermédiaire, de la recevoir après sa mort sans délai et que sur ta promesse, elle y comptait pleinement, j’ai voulu récompenser la confiance qu’elle montrait. Mais elle était d’un âge où l’on est rarement quitte de quelques négligences légères, comme de se plaire en des choses qui ne sont pas grandement nécessaires. Elle a dû se purifier de ses taches dans la maladie, et lorsque je l’appelai à la gloire, je n’ai pas souffert que ces douleurs, supportées avec tant de patience, ne lui donnassent pas aussitôt une gloire éternelle. C’est pourquoi j’ai permis qu’elle fût effrayée de l’aspect du démon, ce qui lui a tenu lieu de purgatoire tandis que ses autres souffrances restaient en elle comme un titre de sa gloire éternelle. » - Et pendant ce temps où étiez-vous, ressource des désespérés? Dit Gertrude.- « Je m’étais caché à sa gauche ; mais aussitôt qu’elle fut purifiée, je me suis présenté à elle, et l’ai prise avec moi pour le repos et la gloire éternelle. » (Liv. V, ch. II.)

11. Dieu, même en punissant le péché, tient compte des vertus du coupable

« Il arrive, dit le Seigneur à sainte Brigitte, que les justes pour leur plus grand mérite font une mort très pénible, afin que ceux qui ont aimé la vertu s’envolent au ciel délivrés de leurs péchés. Ainsi est-il écrit que le lion tua le prophète désobéissant et ne mangea point son corps, mais le garda. (III Rois, 24.) S’il le tua ce fut par ma mission, afin que le prophète fût puni, mais ne mangea point son corps pour manifester les bonnes œuvres de l’apôtre et afin que celui-ci étant purifié en cette vie, fut trouvé juste dans l’autre . » (Liv. V, ch. IX)

12. Dieu corrige sévèrement les âmes fidèles mais Il corrige en Père

Jeanne-Bénigne Gozoz s’étant trop arrêtée à réfléchir sur son peu de mérites et sur ses infidélités, Notre Seigneur lui fit connaître que ce retour sur elle-même, qui dénotait sans doute trop peu de confiance en Dieu, ne Lui agréait pas : « Tu veux toujours te plaindre et parce que je te gratifie avec des distinctions si merveilleuses, tu voudrais te voir sans défaut. Eh bien, je vais te punir rigoureusement ; choisis donc une de ces trois punitions : la première de ne trouver plus de satisfaction en rien que tu fasses et qui te soit offert ; la deuxième que tu sois attaquée de grands maux corporels ; la troisième que le prochain ne trouve plus en toi la douceur qu’il a trouvée jusqu'ici ici .» Contre son ordinaire de laisser à Dieu le choix de tout ce qui la concernait, elle choisit soudain la première et la dernière, sentant une grande opposition et aversion à la deuxième ; A ce coup son Epoux se plaignit fortement : « Eh quoi, dit-Il, ne pourrai-je donc point encore disposer de cette ingrate à mon élection et à ma volonté ! » Alors, raconte-t-elle dans mes mémoires, Il me dit en termes exprès que je ne serais jamais sans souffrance corporelle. Je m’y soumis, Lui demandant un humble pardon et Lui promettant une soumission aveugle. Au même instant ce Dieu « qui blesse et qui guérit, qui tue et vivifie » (Deuter., XXXII, 39) vint fondre sur moi par un torrent de grâces en me disant : « Eh bien tu souffriras les trois châtiments. » Mais je n'eus pas lieu de me plaindre de cet arrêt, me trouvant d’autre part comblée de biens. (Vie. Ch. V.).

13. Les péchés des hommes attirent les châtiments divins

Le jour de la fête de la purification de Marie, Notre Seigneur dit à Marguerite de Cortone : « Sache que le monde sera affligé de différentes tribulations pour les péchés dont il se rend coupable. La multitude des iniquités des hommes s’est tellement accrue en ce siècle que je puis te dire que c’est à peine si j’ose prier mon Père pour eux, et ma Mère elle même, l’avocate des pécheurs, redoute de le faire près de moi, son Fils, à cause de tant d’iniquités. » Après cette révélation divine, les Sarrasins remportèrent la victoire, et des maux incalculables fondirent sur Rome, la Toscane, la Sicile, l’Angleterre, la France et sur beaucoup d’autres provinces. (Vie, ch. IX, § 32.)
Le second dimanche de l’Avent, Notre-Seigneur dit à Marguerite: « Je te dis que mon peuple ne me reconnait plus, qu’il m’oublie et n’a cure de moi. Cependant ces mépris et ces offenses dont je souffre, je ne m’en plains pas auprès de mon Père, comme je le fais avec toi, afin de ne pas attirer sur lui les châtiments qu’il mérite, mais j’intercède afin de lui éviter une sentence de condamnation. Je t’avertis que les pécheurs auront à souffrir d’amères tribulations, car avant la fin de ce siècle, ils auront à essuyer les fléaux de la peste, de la famine et de la guerre. La puanteur de leurs vices, tant du corps que de l’esprit, est montée jusqu’à moi et je ne puis plus la supporter. Aujourd’hui la malice des chrétiens pour inventer de nouveaux crimes surpasse celles des Juifs au temps de ma passion. » (Ibid., ch. XI, § 9.)

14. Jugement d’un mauvais riche

Un homme noble, qui se souciait peu de Dieu, étant à table et blasphémant les saints, mourut subitement. Sainte Brigitte vit son âme comparaître au jugement et le Souverain Juge lui dit : « Bien que je sache toute chose, réponds-moi, et que Brigitte entende ta réponse : N’as-tu pas entendu ce que j’ai dit : je ne veux point la mort du pécheur, mais sa conversion ? Pourquoi donc, le pouvant, n’est-tu pas revenu à moi? » Il répondit : « Certes je l’ai entendu, mais je ne m’en suis pas soucié ». Le Juge dit derechef : « N’as-tu pas entendu : allez, maudits, au feu éternel et venez mes élus ? »- « Je l’ai entendu, mais je n’en croyais rien ». Le Juge dit encore : « N’as-tu pas entendu dire que j’étais juste Juge et éternellement redoutable ? Pourquoi donc ne m’as-tu pas craint ? » -Je l’ai entendu, mais je m’aimais trop et j’ai fermé mes oreilles, j’ai endurci mon cœur afin de ne pas y penser. – Le Juge dit : « Il est donc juste que la tribulation et l’angoisse ouvrent ton esprit, puisque tu n’as pas voulu entendre quand tu le pouvais ». Alors l’âme fut rejetée et une voix fut entendue qui disait : « Comme le premier principe de toute chose n’aura point de fin, de même ton malheur n’en aura point. » (Liv. VI, ch. XXVIII.)

15. Jugement d’un religieux infidèle

Parlant d’un moine dissolu le Seigneur dit à sainte Brigitte : « Le cœur de cet homme crie à moi comme par trois voix. La première dit : Je veux faire mes volontés ; je dormirai et je me lèverai quand il me plaira, je parlerai selon mon bon plaisir. Ce qui est de mon goût entrera dans ma bouche. Je ne me soucie point de la sobriété, mais je cherche l’assouvissement de la nature; je lui donnerai tout ce qu’elle désire ; je désire avoir de l’argent en ma bourse, des vêtements moelleux. Quand j’aurai toutes ces choses, je serai content ; c’est en cela que je fais consister le bonheur. La deuxième voix dit : la mort n’est pas si dure qu’on le dit ; le jugement n’est pas si sévère qu’il est écrit. Les prédicateurs nous menacent de choses terribles pour nous faire prendre garde à bien vivre, mais elles seront plus douces à raison de la Miséricorde divine. Pourvu que je puisse accomplir ici mes volontés, faire ce qui me plaît et jouir de ce qu’il y a de meilleur, que l’âme aille ou elle pourra. La troisième voix criait : Dieu ne m’aurait point créé s’il n’eût voulu me donner le ciel ; Il n’aurait pas souffert, s’il n’avait pas voulu m’introduire dans la patrie des vivants. Je ne connais que par ouï-dire le royaume céleste, je ne sais si je dois croire ou non. Pour moi, le royaume céleste est ce que je tiens. Voilà ce qu’étaient ses pensées et ses volontés.
« Je vais répondre à la première voix : mon ami ta voix ne tend point au ciel ; tu ne te plais pas à considérer ma passion ; c’est pourquoi l’enfer t’est ouvert, car tu désires et tu aime les choses viles et basses. Je réponds à la seconde voix : mon fils, la mort te sera très dure, le jugement te sera intolérable ; il est impossible que tu l’évites ; tu auras une peine très amère, si tu ne te corriges. Je réponds à la troisième voix : mon frère, tout ce que j’ai fait, je l’ai fait par amour pour toi, afin que tu me fusses semblable, et que, si tu t’es retiré de moi, tu puisses revenir à moi. Or maintenant ma charité a été éteinte en toi ; mes œuvres te sont à charge et à dégoût, mes paroles te semblent des fadaises, mes voies te paraissent difficiles ; c’est pourquoi il te reste un supplice amer et la compagnie des diables, si tu me tournes le dos à moi, qui suis ton très débonnaire Créateur et Seigneur. »
Or ce moine infidèle fut tué par ses ennemis et sainte Brigitte entendit le Seigneur lui dire : « Va, maudit, aux incirconcis que tu as suivis, puisque tu n’as pas voulu entendre la voix de ton Père.» (Liv, ch. XIX.)

16. Jugement d’un damné et d’un élu

Sainte Brigitte voyait au jugement divin deux démons d’un aspect très hideux. L’un dit au Juge : « Donnez-moi pour épouse cette âme qui m’est semblable. » Le Juge lui dit : « Quel droit y as-tu ? » Le démon répondit : … « De quelle espèce est cette âme, à qui est-elle semblable, aux anges ou aux démons ? » ...Le Juge reprit : « Bien que je sache toutes choses, cependant pour l’amour de mon épouse ici présente, dis comment cette âme est semblable à toi. » Le démon dit : « Je ne veux rien voir qui vous appartienne ; elle aussi n’a pas voulu voir, quand elle le pouvait, ce qui concernait le salut de son âme, mais elle s’amusait aux choses temporelles. Comme moi elle n’a rien voulu entendre qui fût à votre honneur… Tout ce qu’elle a pu prendre, elle l’a retenu et l’eût gardé plus longtemps, si vous eussiez permis qu’elle vécut davantage... ses désirs insatiables étaient sans bornes, sa cupidité était telle que toute la terre ne pouvait l’assouvir ; telle est ma cupidité, car si je pouvais perdre toutes les âmes du ciel, de la terre et du purgatoire, je le ferais. Sa poitrine est aussi froide que la mienne, car elle ne vous aima jamais, ni ne prit goût à vos avertissements…Dès le commencement de ma création, ma volonté s’est tournée contre Vous, de même la volonté de cette âme fut toujours contraire à vos commandements... Donc puisque nous sommes semblables en tout, jugez-nous et unissez-nous. »
Alors un ange pris la parole : « Seigneur, depuis que cette âme fut unie à un corps je la suivis toujours. Maintenant je la laisse comme un sac vide de toutes sortes de biens. Elle réputait vos paroles à mensonge ; elle croyait que votre jugement était faux, elle réputa votre miséricorde pour néant. Il est vrai, elle fut fidèle dans le mariage, mais par affection à celle à qui elle était unie ; elle allait à la messe, mais pour ne pas être rejetée par les chrétiens, et aussi pour obtenir la santé et pour conserver les richesses et les honneurs du monde. Or, Seigneur, vous lui avez donné plus que ne méritaient ses services ; vous lui avez donné des enfants, la santé, la richesse, et vous lui avez épargné les infortunes quelle redoutait... Vous lui avez donné cent pour un ; tout ce qu’elle a fait a été récompensé. Je la quitte maintenant, vide de toutes sortes de biens. »
Le démon parla à son tour : « Ô Juge, puisqu’elle a suivi mes volontés, jugez qu’elle me soit unie… » Le Juge dit : « Que l’âme dise ce qu’il lui semble de votre mariage avec elle.» Elle dit au Juge : « J’aime mieux être dans les peines de l’enfer que de venir dans les joies du ciel, afin que Vous, ô Dieu, vous n’ayez en moi aucune consolation. Vous m’êtes tant à haine que je ne me soucie point de mes peines, pourvu que vous n’ayez aucune joie de moi. » Et le démon reprit : « J’ai les mêmes sentiments ; j’aime mieux être éternellement tourmenté que de jouir de votre gloire, si vous devez avoir de là quelque contentement. »
Alors le Juge s’étant tourné vers moi, Brigitte, qui voyait tout ceci, me dit : « Malheur à cette âme ! Elle est pire que le larron ; elle a eu son âme vénale ; elle a été insatiable des immondices de la chair ; elle a trompé son prochain ; c’est pourquoi tous crient vengeance contre elle ; les anges détournent leur face, les saints fuient sa compagnie.» Puis s’adressant au démon, le Juge lui dit : « Si vous vous humiliiez, je vous donnerais la gloire ; si cette âme eût demandé pardon avec résolution de s’amender au dernier moment de sa vie, jamais elle ne fût tombée entre tes mains ; mais parce qu’elle a persévéré jusqu’à la fin en ton obéissance, la justice veut qu’elle soit éternellement avec toi. Néanmoins les biens qu’elle a faits en sa vie, s’il y en a quelqu’un, restreindront ta malice et t’empêcheront de la tourmenter autant que tu veux. » » Comme le diable semblait se réjouir grandement, le Juge lui dit : « Pourquoi te réjouis-tu tant de la perte d’une âme ? Dis-le, de sorte que mon épouse, ici présente, l’entende. » Le démon dit : « quand cette âme brûle, je brûle plus ardemment ; plus je la tourmente, plus je suis tourmenté. Mais parce que Vous l’avez rachetée de votre sang, que vous l’avez tellement aimée que vous vous êtes donné à elle, lorsque par mes suggestions je puis vous l’arracher, je me réjouis. »
Le Juge lui dit : « ta malice est grande. Mais regarde, je le permets. » Et voici qu’une étoile montait au plus haut des cieux, et le démon la voyant devint muet. C’était l’âme du Frère Algotte, prieur et docteur en théologie, qui ayant été trois ans aveugle et tourmenté de la pierre, finit ses jours heureusement. Notre-Seigneur dit au démon : « A qui est-elle semblable? » Le démon répondit : « elle est plus brillante que le soleil, comme je suis plus noir que la fumée ; elle est toute pleine de douceurs et jouit de l’amour divin et moi je suis plein de malice et d’amertume. »
Notre-Seigneur lui dit : « Quelles pensées en as-tu dans ton cœur et qu’est-ce que tu voudrais donner pour qu’elle fût en ta puissance ? » Le démon répondit : « Je donnerais toutes les âmes qui sont descendues en enfer depuis Adam jusqu’à maintenant pour avoir celle-là et je voudrais endurer les peines les plus dures, comme si on me donnait tant de coups de poignards qu’il ne restât pas sur moi l’espace de la pointe d’une aiguille. »
Notre-Seigneur reprit : « Ta fureur est grande contre moi et contre mes élus, et moi je suis si charitable que, s’il en était besoin, je mourrais encore, et j’endurerais pour chaque âme et pour chacun des esprits immondes le même supplice que j’ai enduré une fois sur la croix pour toutes les âmes. » Puis Il dit à cette âme qu’on voyait comme une étoile : « Viens, ma bien aimée, jouir des contentements indicibles que tu as tant désirés ; viens à la douceur qui ne finira jamais ; viens à ton Dieu et Seigneur que tu as tant de fois appelé de tes désirs. Je me donnerai à toi moi-même, moi en qui sont tous les biens et toutes les douceurs. »
Alors Notre-Seigneur se tournant vers moi, Brigitte, qui voyais tout cela en esprit, me dit : «Ma fille, tout ceci a été fait en un instant, mais parce que tu ne peux entendre les choses spirituelles que par des similitudes, j’ai voulu te les montrer ainsi, afin que l’homme comprenne combien je suis rigoureux aux méchants et combien débonnaire aux bons. » (Liv. VI, ch. XXXI.)

17. Jugement, purification et délivrance de l’âme d’un soldat

On lit dans les révélations de sainte Brigitte : Un démon apparut au jugement divin, qui tenait l’âme d’un défunt toute tremblante. Voici de la proie, dit-il au Juge, votre ange et moi avons suivi cette âme depuis sa naissance jusqu’à la fin de ses jours, lui pour la sauver, moi pour la perdre. Elle est à la fin tombée dans mes mains, mais votre justice ne s’est pas prononcée ; c’est pourquoi je ne la possède pas avec assurance. Je la désire avec autant d’ardeur qu’un animal affamé et si tourmenté par la faim qu’il mange ses membres. Pourquoi est-elle tombée en mes mains plutôt qu’en celles de son ange ? » – Le juge répondit : « Parce que ses péchés sont en plus grand nombre que ses bonnes œuvres. » Le démon dit : « j’ai un livre tout plein de ses péchés. Le nom de ce livre est Désobéissance. En ce livre sont sept livres et chacun a trois colonnes, et chaque colonne n’a pas moins de mille paroles et souvent plus. » Puis sur l’ordre du Juge, le démon énuméra en détail les péchés d’orgueil, de cupidité, d’envie, d’avarice, de paresse, de colère et de volupté commis par le défunt. Quand il eût fini son accusation, la Mère de Miséricorde s’approcha, et invitée par son divin Fils à parler, elle dit au démon : « Sais-tu toutes les pensées des hommes ? » - Non, répondit le diable, je ne connais que celles qui se manifestent par les œuvres extérieures et ce que je puis en conjecturer.- La Sainte Vierge reprit : « Qu’est ce qui peut effacer les écrits de ton livre ? » « Une seule chose, qui est la charité ; quiconque l’obtient, soudain l’écriture de mon livre est effacée. » – « Dis-moi, poursuivit Marie, quelqu’un peut-il être si méchant et si corrompu qu’il ne puisse venir à résipiscence pendant qu’il vit ? » - Il n’y à personne, répondit le démon, qui, s’il le veut, ne le puisse avec la grâce ; quand un pécheur, quel qu’il soit, change sa mauvaise volonté en une bonne, tous les démons ne sauraient le retenir.
Alors la Mère de Miséricorde dit à ceux qui étaient autour d’elle : « Cette âme à la fin de sa vie s’est tournée vers moi et m’a dit : Vous êtes Mère de Miséricorde. Je suis indigne de prier votre Fils, parce que mes péchés sont trop grands et trop nombreux. Je vous supplie donc d’avoir pitié de moi, car vous ne refusez jamais votre Miséricorde à qui vous la demande. Je me tourne donc vers vous et je vous promets, si je vis, de me corriger, de tourner ma volonté vers votre Fils et de n’aimer que Lui… » Le diable reprit : « Je n’ai rien su d’une telle volonté. » Se tournant vers le Juge, la Sainte Vierge lui dit : Ô mon Fils, que le démon ouvre maintenant son livre et qu’il voie s’il y a quelque chose d’effacé. » Et le démon dut reconnaître que tous les péchés de cette âme étaient effacés.
Le Juge dit alors au bon ange qui était là présent : « Où sont donc les bonnes œuvres de cette âme. » Et le bon ange les énuméra. Et le diable cria, s’adressant à Marie : « Malheur, malheur, vous m’avez déçu. J’ai perdu, je suis vaincu. » Le Juge dit au démon : « Je te permets maintenant de voir la vérité et la justice ; dis, que ceux qui sont ici l’entendent, quelle est ma volonté et quel doit être le jugement de cette âme. » Le démon répondit : « qu’elle soit purifiée de telle sorte qu’il n’y reste aucune tache ; car elle ne peut arriver à Vous avant qu’elle soit purifiée. Combien de temps sera-t-elle en mes mains ? » Le Juge répondit : « Je veux que tu n’entres point en elle, mais tu dois la purifier jusqu’à ce qu’elle ait enduré la peine selon la grandeur de sa faute. Elle doit voir ses péchés et ses abominations ; elle doit te voir en ta méchanceté ; elle doit voir les peines terribles des autres âmes. Elle doit entendre les malheurs horribles, parce qu’elle a voulu entendre les cris épouvantables et les moqueries des démons. Elle sera brûlée d’un feu très ardent, tant au-dedans qu’au dehors, de sorte qu’il n’y aura pas la moindre tache qui ne soit effacée par ce feu ; elle souffrira une grande rigueur de froid, parce qu’elle brûlait de l’ardeur de ses passions et elle était glacée dans ma charité ; elle sera aux mains du démon, afin qu’il n’y ait pas la moindre pensée qui ne soit purifiée. Et comme elle aurait voulu vivre en son corps jusqu’à la fin du monde, elle devra être dans la souffrance jusqu’à la fin du monde. Celui qui me désire ardemment et aspire à quitter le monde pour être avec moi mérite d’avoir le ciel sans peine, les épreuves de la vie présente lui servant de purification ; celui qui craint la mort et pour la mort elle-même et pour les peines qui la suivent, celui-là mériterait une peine plus légère ; mais celui qui désire vivre jusqu’au jour du jugement par amour pour cette vie, mérite d’être retenu dans le purgatoire jusqu’au jour du jugement. »
Alors la Vierge Marie, pleine de miséricorde, dit : « Béni soyez-vous, mon Fils, pour votre justice qui est unie à la miséricorde. Bien que nous voyions et sachions toutes choses en vous, néanmoins pour l’instruction des autres, dites-nous quel remède on peut appliquer pour diminuer un si long temps, et quel remède pour éteindre un feu si ardent, et délivrer cette âme des mains du démon.- Il y a trois choses, répondit le Fils, qui abrégeront la peine, éteindront le feu et l’arracheront aux mauvais esprits ; la première, si par quelque peine on expie ses injustices ; la deuxième par de très grandes aumônes car, par l’aumône, les flammes sont éteintes comme le feu par l’eau ; la troisième par les messes et sacrifices et par les prières de ses amis. » La Mère de Miséricorde reprit alors : En quoi lui profitent maintenant les bonnes œuvres qu’il a faites pour vous ? » - Le fils répondit : « Il n’y aura pas la moindre parole dite pour mon honneur, pas la moindre bonne pensée qui n’aie sa récompense. Tout ce qu’il a fait pour l’amour de moi est maintenant devant lui et lui sert de soulagement dans ses peines; et moindres sont les rigueurs du feu. »
La Mère de Dieu intercéda encore, alléguant que cette âme avait certaines pratiques en son honneur, comme de jeûner la veille de ses fêtes, de réciter son office, de chanter ses louanges, et elle obtint que cette âme ne vît point les démons dans toute leur horreur, qu’elle n’entendît point les paroles qui l’eussent couverte de confusion, qu’elle ne ressentît point le froid glacial qu’elle avait mérité par sa froideur pour Dieu.
Puis les saints intercédèrent à leur tour et obtinrent que les démons n’aient pas le pouvoir de l’aveugler et de l’empêcher de se consoler par la pensée que ses maux prendraient fin et que la gloire lui serait donnée.
Cette âme était celle d’un soldat, doux et ami des pauvres. Sa femme fit pour lui de grandes aumônes. Quatre après cette vision, sainte Brigitte la vit derechef comme un jeune enfant très beau et à demi vêtu. La sainte intercéda pour elle et le Juge lui dit : « des larmes de charité m’ont été présentées pour elle. Qu’on la porte au séjour du repos que l’œil n’a point vu , que l’oreille ne peut entendre, qu’elle-même, si elle était en la chair, ne pourrait comprendre ; là ou il n’y a point de ciel au dessus ni de terre au dessous; là ou la hauteur est incompréhensible, la longueur indicible, la largeur admirable et la profondeur inexprimable ; là où Dieu est sur toute chose, autour et au-dedans de toutes choses, où il régit et contient toutes choses sans être contenu par aucune. »
Alors sainte Brigitte vit que cette âme montait au ciel, aussi brillant qu’une étoile. (Liv. V, ch. XL.)

18. Dieu, quand il punit ses intimes, les punit en père

Jésus dit à sainte Marguerite-Marie : « Lorsque tu feras des fautes, je les purifierai par les souffrances, si tu ne le fais pas par la pénitence, et je ne te priverai de ma présence pour cela, mais je te la rendrai si douloureuse qu’elle tiendra lieu de tout autre supplice. »

(Ed. Gauthey, 11, p. 564.)
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